Et voilà, après cette longue attente (entièrement due à l'éducation nationale et à ses examens et concours...), c'est une toute nouvelle Ediawé qui vous revient. Majeure, bachelière, débaguée, dépascalisée (euh, en fait non, ça il paraît que c'est plus ou moins incurable). La fic, en revanche, est toujours la même et j'espère qu'elle continuera à vous plaire !

Disclaimer : Les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Avertissement : Rien de spécial dans ce chapitre (mais il est quand même possible que vous soyez tenté de jeter violemment votre ordinateur au sol et de le piétiner rageusement).

Et une petite citation : « Agis toujours de telle sorte que tu traites l'humanité en toi et chez les autres comme une fin et jamais simplement comme un moyen » (Kant)

Le premier qui trouve le rapport avec ce qui suit aura le droit à toute ma considération.

***

-Et avec une canne à pèche ? proposa Sirius. On se met sur une hauteur, on accroche un bouquin de magie noire à l'hameçon, on attend qu'il passe et quand il mord à l'appât, hop ! D'un mouvement vigoureux du poignet, on l'expédie dans le lac. Qu'est-ce que t'en dis ?

Remus ne peut rien répondre : il riait tant qu'il pouvait à peine respirer.

Ils étaient tous deux installés dans la Salle commune déserte. C'était le début des vacances de Noël et à part les Maraudeurs, dont deux étaient actuellement en retenue, tous les Gryffondors avaient regagné leur foyer pour les fêtes. Ils partageaient le château avec une poignée d'autres élèves, dont Severus Snape. Du coup, ils dissertaient depuis une bonne heure sur les moyens de se débarrasser du Serpentard. Pour l'instant, Sirius l'emportait haut-la-main la palme des suggestions les plus farfelus.

-Et si on..., commença-t-il, une lueur vaguement dingue dans le regard.

-Arrête, le supplia son ami, j'ai mal au ventre !

Sirius marqua une pause pour le laisser reprendre son souffle. Le fou-rire de Remus avait coloré ses joues et fait briller ses yeux. Le jeune Black sentit de drôles de chatouillis dans l'estomac alors qu'il l'observait.

Remus réussit enfin à cesser de rire et secoua la tête.

-On est méchant quand même !

-C'est Snape, rappela Sirius.

Le loup-garou hocha vaguement la tête. On pouvait dire tout ce qu'on voulait, le Serpentard était réellement odieux.

Un silence empli de complicité s'installa entre eux. Dehors, des flocons de neige tourbillonnaient gracieusement devant la fenêtre. Sirius fit remarquer d'un ton légèrement soucieux :

-Tu risque d'avoir froid cette nuit.

La pleine lune était pour le soir même. Ils avaient convenu que, étant donné que James et Peter risquaient d'être retenus une bonne partie de la nuit, rester seul avec le loup serait trop dangereux pour Padfoot, aussi Moony passerait-il la nuit en solitaire. Ce n'était pas plus mal, songea-t-il, car la dernière fois, le loup s'était montré assez hargneux envers Prongs.

Remus haussa les épaules.

-Je ne pense pas. J'ai de la fourrure.

Il consulta sa montre et se leva.

-Il vaudrait mieux que j'y aille. Je dois passer à l'infirmerie avant.

Sirius hocha la tête en signe d'approbation.

-Tu veux que je t'accompagne ?

-Pas la peine, répondit son ami. Mais merci quand même, ajouta-t-il avec un sourire chaleureux.

-Pas de quoi, rétorqua le jeune Black en se levant à son tour. Je vais aller faire un petit tour dans le château pour compléter la carte.

Il posa la main sur l'épaule de Remus et la pressa doucement en murmurant :

-Bonne chance.

-Merci, répondit son ami d'un ton étranglé.

Pour tout dire, il savoura le contact sur son épaule un peu plus qu'il ne l'aurait dû si ses sentiments pour Sirius avaient été entièrement platoniques...

***

Le lendemain matin, quand Remus se réveilla, il eu l'impression de n'être que douleur. Il avait l'impression d'avoir été battu comme du plâtré puis écorché tout vif. Il réussit à émettre un gémissement plaintif à travers ses lèvres sèches.

-Remus ! Est-ce que ça va ?

Le jeune homme vit une silhouette floue apparaître dans son champ de vision. Il lui sembla que c'était Madame Pomfresh, hypothèse confirmée par le son de sa voix. Il secoua faiblement la tête.

-Pas trop. La pleine lune a été dure ?

Même à travers le brouillard de souffrance qui l'enveloppait, il sentit son hésitation.

-Très, finit-elle par dire. Vous devriez dormir pour récupérer ; le directeur viendra vous voir après.

Pourquoi diable le directeur voulait-il le voir, se demanda confusément Remus. Mais il n'eu pas le temps de s'interroger plus avant : déjà, les ténèbres l'enveloppaient.

***

Quand il se réveilla de nouveau, il se sentait déjà beaucoup mieux. Il se hasarda même à s'étirer pour tester ses muscles qui, il est vrai, protestèrent aussitôt vigoureusement. Il remarqua une barre chocolatée sur la table de nuit, probablement laissée par l'infirmière, et lui fit un sort dans la seconde. Puis il regarda autour de lui.

Aussitôt, il remarqua qu'il n'y avait pas traces d'une visite de ses amis : pas de boîtes de chocolats enrubannées, pas de friandises, pas de petites cartes pour lui souhaiter un bon rétablissement. Il ne put s'empêcher de se sentir blessé avant de se raisonner : vu son état, Madame Pomfresh avait sûrement interdit toute visite. Effectivement, un auto examen rapide lui révéla que la nuit avait ajouté une dizaine de nouvelles cicatrices à sa collection. Il soupira : à ce rythme, il allait finir par ressembler à la créature de Frankenstein. Comme s'il n'était pas assez monstrueux comme ça !

La porte s'ouvrit, interrompant ses réflexions, et Madame Pomfresh entra, suivie de Dumbledore. Le directeur lui adressa un sourire chaleureux quoiqu'un peu triste.

-Remus ! Comment vas-tu ?

-Mieux, merci beaucoup, répondit l'intéressé.

Puis, ne perdant pas de vue ses priorités, il ajouta :

-Mais je reprendrais bien un peu de chocolat.

Dumbledore et l'infirmière eurent un même sourire attendri, mais à nouveau teinté de cette touche de tristesse qui inquiétait le garçon. Madame Pomfresh alla chercher la friandise demandée et la tendit à Remus qui mordit dedans avec enthousiasme. Dumbledore, qui était resté silencieux, prit enfin la parole.

-La dernière pleine lune a été très difficile pour toi, commença-t-il.

« Je m'en serais douté » songea Remus mais il ne vocalisa pas sa pensée, de peur de paraître irrespectueux. D'ailleurs, il avait la bouche pleine.

-En fait, continua la directeur, c'est parce que l'isolement n'a pas été respecté.

Il marqua une pause, comme pour chercher ses mots, puis déclara d'un ton calme :

-Severus Snape a réussi à pénétrer dans la Cabane Hurlante et t'as vu.

Remus en oublia on chocolat. Tout pâle, il balbutia :

-Est-ce que... est-ce que je... je l'ai... vous savez...

-Non, il est sain et sauf, le rassura Dumbledore. Et ce grâce au jeune Potter : il a réussi à le rattraper et à lui faire faire demi-tour in-extremis. Une chance que le professeur McGonagall ait été clémente et l'ait laissé sortir plus tôt de retenue.

Remus se sentit bouleversé et s'en voulut d'avoir été si froid avec James depuis qu'ils avaient, en quelque sorte, « rompu ». Il se promit de s'excuser platement et de le remercier chaleureusement dès qu'il serait sorti.

-Tu n'as pas à t'inquiéter pour ton secret, continua Dumbledore. J'ai fait jurer à Severus qu'il ne répèterait rien et tu peux lui faire confiance.

Remus en pleurait presque de reconnaissance.

-Merci professeur, balbutia-t-il.

Dumbledore sourit et lui posa une main paternelle sur l'épaule.

-Ce n'est rien, mon enfant, ce n'est rien...

Quelque chose tracassait néanmoins Remus.

-Mais comment a-t-il pu trouver le passage ? Je croyais...

Dumbledore secoua la tête d'un air sombre.

-Il ne l'a pas trouvé tout seul. On le lui a montré pour lui faire une blague.

Le cœur de Remus semblait sur le point de s'arrêter de battre.

-On ? réussit-il à souffler.

-Sirius Black, précisa Dumbledore.

***

-Non ! Laissez-moi partir ! Je dois aller le voir, vous ne comprenez pas ! hurla Remus en se débattant.

Mais Madame Pomfresh était d'une force insoupçonnable pour une femme aussi frêle et elle le maintint fermement dans son lit.

-Calmez-vous, Remus ! Il est hors de question que vous alliez où que ce soit dans cet état.

Remus poussa un hurlement de rage et de désespoir, alors qu'il semblait pris de convulsions. Son visage était baigné de larmes brûlantes et tout son corps était en sueur. Il fut soudain secoué d'une violente nausée et un flot de bile vint inonder le lit, répandant une odeur âcre. Il fut pris d'un frisson alors qu'il sentait ses forces vaciller. L'infirmière en profita pour lui faire avaler la potion calmante posée sur la table de chevet. Il tenta de protester et de recracher le breuvage mais elle fut sans pitié et le força à déglutir. Rapidement, un brouillard chaud l'enveloppa. Il tenta bien de se débattre encore mais en vain. La potion le fit sombrer dans les ténèbres.

***

Quand il se réveilla, il faisait nuit noire. Pendant un court instant, il resta allongé dans les ténèbres, l'esprit vide, mais très vite, ses souvenirs revinrent au galop, lui arrachant un sanglot convulsif. Il allait s'abandonner au désespoir quand une idée lui traversa l'esprit : Madame Pomfresh devait être couchée. Il pouvait aller voir Sirius ; Sirius lui expliquerait, lui dirait que ce n'était rien et ils pourraient rire tous les deux des larmes de Remus.

Prudemment, il se leva et sortit de l'infirmerie à pas de loup. Le sol de pierre sous ses pieds était glacé mais il n'en avait cure. Il marcha dans les couloirs déserts et silencieux envahis par l'obscurité, pareil à un spectre avec son teint livide et sa chemise d'infirmerie immaculée qui lui battait les cuisses. Son cerveau ne pensait pas au risque qu'il y avait d'être pris à errer dans les couloirs en plein milieu de la nuit ; une seule chose comptait : les explications que Sirius allait –forcément- lui donner.

La grosse dame eu l'air très surprise lorsqu'il surgit devant elle en balbutiant le mot de passe mais conformément aux règles, elle le laissa entrer. Il fit irruption en titubant dans la Salle commune et s'arrêta en voyant trois silhouettes rassemblées près du feu qui crépitait faiblement.

Les trois autres Maraudeurs se retournèrent et leurs yeux s'écarquillèrent de stupeur en voyant leur ami devant eux, vêtu d'une simple chemise qui pendait sur ses épaules, les cheveux en désordre, le teint livide, une lueur fiévreuse dans le regard. On aurait dit un fantôme sorti du royaume des morts pour les hanter.

-Sirius, appela Remus d'une voix suppliante. Sirius...

Sirius se leva et tourna son visage vers le sien. Et Remus put alors voir son expression.

Triste.

Désolée.

Coupable.

Remus sentit ses jambes se dérober sous lui. Il tomba au sol, agité de violents tremblements. Sa respiration se fit difficile et ses poumons commencèrent à le brûler alors que l'air ne leur parvenait plus que faiblement. Au-dessus de lui le plafond d'un rouge sombre faiblement éclairé par la lumière vacillante du feu oscilla, comme s'il menaçait de s'effondrer sur lui.

Loin, très loin, il entendait des voix affolées.

-James, il n'arrive plus à respirer !

-Pousse-toi Wormtail !

Il commençait à avoir froid...

Soudain, il sentit une bouche se plaquer contre la sienne et une soudaine bouffée d'air envahit ses poumons en feu. La bouche salvatrice se retira puis revint pour lui apporter de l'air, une fois, deux fois. La respiration de Remus se calma, tout comme ses convulsions. Il se sentit brusquement soulevé de terre et porté par deux bras puissant comme un enfant sans défense. Quelques instants plus tard, il fut déposé sur son lit où il resta allongé, rompu d'épuisement, hébété de chagrin mais plus calme.

Une main lui caressait doucement les cheveux, comme sa mère le faisait quand il était petit et malade. Il ferma les yeux, sentant le sommeil l'emporter lentement. A côté de lui, la voix de James murmurait :

-Ca va aller, Moony, ça va aller.

***

BIP... BIP... Vous êtes bien sur la messagerie d'Ediawé. Pendant que vous lisiez ce chapitre honteux, l'auteur a lâchement pris la fuite en Patagonie. Pour laisser vos messages d'injure/menaces de mort, cliquez sur le petit bouton vert ci-dessous.