Titre anglais : The Depths of Winter

Titre français: Au Coeur De L'Hiver

Auteur : Cosmic (Bananacosmicgirl ici)

Traductrice : Jess HDH

Catégories : Post-Poudlard, Romance, Action/Aventure

Couple : HP/DM

Rating : M

Spoilers : Les cinq premiers tomes de HP

Etat actuel de la fic anglaise : Terminée. Elle compte 26 chapitres.

Où trouver la fic anglaise : Ici même, sur FFNet.

Résumé : Quatre ans après avoir quitté Poudlard, Harry vit seul dans le Monde Moldu. Il a tourné le dos au Monde Magique, jusqu'au jour où Draco Malfoy se fait renverser sous ses yeux par une voiture et se retrouve paralysé dans un fauteuil roulant.

Rythme des mises à jours de la version française : Un chapitre chaque samedi.

Disclaimer : Cette histoire est basée sur des personnages et des faits crées et appartenant à J.K. Rowling. Aucun argent n'en est retiré. L'histoire de cette fic appartient à son auteur, Cosmic, et la traduction à sa traductrice, Jess HDH.

Avertissement : Attention, ceci est un slash ! Homophobes, veuillez vous abstenir, merci.

Note de la traductrice : Un nouveau chapitre d'Au Coeur de l'Hiver, avec le retour d'un personnage attendu. Merci d'être aussi nombreux à me lire. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! Bonne lecture.

Merci à Serdra, Dop, Onarluca, Leviathoune, Natmangafan, Demoniac Cat's, Ange De Un Cisme, Lolie Shing, Lo Hana Ni, Shima-chan, Cachou, Lovely A, Nami, Shali Maxwell, Rainbow Colors, Kain, Tchaye, Ishtar205, Griselle, Alinemcb54, Mily Black, Luce.wiz, Ali Angel, Alana Chantelune, SahadaetVif d'Or.


CHAPITRE 6

Réveil

« Salut Harry. »

« Myra ? Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Harry, abasourdi et nerveux tout à coup. C'était samedi, et il avait eu l'intention de passer une journée tranquille, sans avoir à s'inquiéter à propos de ses amis. « Tu ne peux pas— »

« Je ne peux pas quoi, Harry ? Entrer ? ». Myra haussa un sourcil dans sa direction. « C'est quelque chose de dangereux que tu gardes ici ? »

« Non, non » répondit Harry, pris de panique, à travers la porte entrebâillée. « Non, rien de dangereux, je le jure. »

Myra ouvrit la porte en grand avec une force surprenante. Désormais dans le hall d'entrée, elle croisa les bras et lança un regard noir à Harry, qui agrippait toujours la poignée de la porte d'entrée, mal à l'aise. Myra avait l'air plutôt sur les nerfs, et il ne fallait mieux pas la contrarier quand elle était en colère.

« Ok » fit-elle. « Si ce n'est pas quelque chose de dangereux, ça ne doit pas te poser de problème que j'ai envie de voir ça. Ou lui. »

« Ce n'est pas – enfin— ». Finalement, Harry abandonna et poussa un profond soupir. « D'accord. »

Il longea le petit couloir en direction de son salon, là où Malfoy était allongé sur le canapé. Une couverture lui couvrait les jambes jusqu'à la taille, et il regardait devant lui d'un air absent, comme il le faisait depuis deux semaines. La télévision était allumée, et montrait une jeune femme teinte en blonde et trop maquillée.

« Myra, je te présente Draco Malfoy. Malfoy, voici mon amie Myra » fit Harry.

Comment on pouvait s'y attendre, Malfoy ne bougea pas d'un pouce. Ses yeux restèrent fixés sur la télé, regardant sans voir. Myra était bouche bée et regardait Malfoy, les yeux écarquillés.

« Malfoy est paralysé des pieds jusqu'à la taille » expliqua Harry en montrant le fauteuil roulant qui était dans un coin de la pièce. « Il vit avec moi pour le moment, car il n'a aucun autre endroit où aller. »

« Pourquoi – il ne bouge pas » fit remarquer Myra, interrompant sa question, un léger pli fronçant ses traits.

Harry soupira et regarda le sol. « Il est comme ça depuis plus de deux semaines » dit-il. « Il ne parle pas, ne voit pas, ne semble pas entendre. Je ne sais pas ce qui ne va pas, et en plus il est allergique aux médicaments mol – enfin, à la plupart des médicaments. »

« Allergique ? » répéta Myra, stupéfaite. Elle secoua la tête pour s'éclaircir les idées. « Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Et pourquoi n'est-il pas plutôt à l'hôpital ? »

« Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ? Il est allergique à presque tous les médicaments, alors l'hôpital ne peut rien faire pour lui » fit Harry. La frustration transparaissant clairement dans sa voix, il continua « Qu'est-ce qu'il fait ici ? Il mange quand je le nourris, il dort la nuit, il regarde la télé quand je le pose sur le canapé, il se lave quand je le douche, et le reste du temps, il regarde le mur d'en face. »

Il fit une pause pour foudroyer Myra du regard. « Tu comprends maintenant pourquoi je ne voulais pas que vous veniez ? »

Myra détourna le regard de Malfoy et se tourna vers lui. « En fait, non, pas vraiment » répondit-elle. « Je ne comprends toujours pas pourquoi tu nous as caché ça. Qu'est-ce que tu croyais ? Que tu baisserais dans notre estime parce que tu aidais un vieil ami ? En quoi c'est mal de faire ça ? »

Sa voix montrait qu'elle était plus agacée qu'énervée, et elle contenait quelque chose qui se rapprochait de la curiosité.

« Je ne sais pas » murmura Harry. « J'ignorais ce que vous diriez, et il ne se comporte pas franchement comme un être humain normal, donc je n'avais aucune idée de ce que vous alliez penser. »

Myra leva les yeux au ciel et eut un léger sourire. « Harry, tu es si bête que j'ai envie de te gifler parfois. Pourquoi diable aurais-tu baissé dans notre estime parce que tu aides ton ami ? Gros bêta, va. »

Harry lui sourit timidement en retour. Il décida de ne pas mentionner que lui et Malfoy n'avaient jamais été amis. C'était sans importance.

« Pourquoi ne pas s'asseoir pour boire un peu de thé ? » proposa Harry en conduisant Myra à la cuisine. Il mit une bouilloire sur le feu tandis que Myra s'asseyait à côté de la petite table. Ils étaient tous les deux silencieux. Le seul bruit était celui de l'eau qui commençait à chauffer.

Juste au moment où Harry allait verser de l'eau dans une tasse pour Myra, on sonna à la porte.

« Excuse-moi » fit-il à Myra.

Il quitta la cuisine et traversa le couloir en direction de la porte d'entrée. Il l'ouvrit juste au moment où Hermione allait à nouveau appuyer sur la sonnette.

« Salut » fit-elle en souriant. Quand elle vit son air stupéfait, elle poursuivit « Je dérange ? »

« Quoi ? Non, non, pas du tout » dit Harry. « C'est juste que...j'étais surpris. »

« Oh, c'est compréhensible » fit-elle. « Je pense que moi aussi je l'aurais été à ta place. »

Il eut un petit sourire. « Entre » dit-il, retrouvant ses bonnes manières. Il l'aida à enlever sa veste et lui dit qu'elle pouvait poser ses chaussures où elle le voulait. Elle remarqua la veste de Myra, que celle-ci avait hâtivement ôtée quand Harry l'avait conduite jusqu'à Malfoy.

« Tu as de la visite ? » demanda Hermione.

« Une amie qui est passée ». Harry lui fit traverser le couloir jusqu'à la cuisine. « Je te présente Myra. Myra, voici Hermione Granger. C'est une vieille amie d'école. »

« Enchantée de te rencontrer » fit Myra en tendant la main. Hermione la serra avec un sourire.

« De même » répondit-elle. « Alors tous les deux, vous êtes— »

« Non, non, pas du tout » la coupa Myra en riant, tandis que Harry rosissait légèrement. « On est simplement amis. En plus, Harry— »

« ...ne souhaite pas avoir de petite amie pour le moment » l'interrompit Harry en lui jetant un regard d'avertissement dans le dos de Hermione. Myra eut l'air momentanément perplexe, mais elle finit par comprendre et acquiesça.

« Il veut rester célibataire » fit-elle. « Même si je n'arrête pas de lui dire que, beau comme il est, il pourrait avoir n'importe qui, n'importe quand. »

Hermione haussa un sourcil dans la direction du jeune homme. « Tu sais », déclara-t-elle, « elle a raison. Je n'ai pas eu l'occasion de te regarder plus en détail la dernière fois, mais tu es très séduisant, Harry. »

La rougeur de Harry s'accentua. « Merci, Mione » fit-il en gardant les yeux fixés sur le sol.

« Comment vous vous êtes connus tous les deux ? » demanda Hermione.

« A l'université » répondit Myra. « On va à la même. C'est un de mes amis qui nous a présentés. »

« C'est...cool » fit Hermione.

Le silence retomba et Harry ressentit le besoin de le briser. « On était sur le point de prendre du thé avec des petits pains au lait. Tu en veux aussi ? » demanda-t-il.

« Je veux bien, si ça ne vous dérange pas » fit Hermione avec un regard rapide en direction de Myra, qui haussa les épaules.

« Tu peux rester si tu le souhaites, ça ne me dérange pas » assura Myra.

« Je ne vais pas rester très longtemps de toutes façons » continua Hermione. « Il faut que je retourne travailler. Je ne faisais que passer pour voir comment tu t'en sortais avec Malfoy. »

« Il dort sur le canapé » dit Harry en posant le plateau à thé avec des petits pains au lait sur la table. « Ou peut-être qu'il regarde la télé. J'en sais rien. On dirait qu'il est...dans les vapes, depuis deux semaines. »

« Ah bon ? C'est bizarre. Je ferais mieux d'aller lui jeter un coup d'œil » fit Hermione. Harry trouva du beurre et du fromage dans le frigo et les posa à côté des petits pains.

« Fais comme tu le sens. Moi, je n'ai pas la moindre idée de ce que ça peut être » répondit Harry.

« Tu es infirmière ? » s'enquit Myra.

« Non, je suis Gué – je suis médecin » se reprit Hermione en versant de l'eau dans sa tasse et en laissant tomber le sachet de thé au fond.

Myra haussa un sourcil, impressionnée. « Tu es bien jeune pour être médecin » fit-elle remarquer.

« Hermione était la première partout quand on a quitté l'école » expliqua Harry en buvant une gorgée de thé. « Elle est la personne la plus ambitieuse que je connaisse. »

« Enfin, je suis toujours en apprentissage » fit Hermione en rougissant légèrement. « Il me reste une année avant d'acquérir véritablement le statut de médecin. Tu es en fac de quoi ? ». Hermione semblait avoir désespérément envie de changer de sujet.

« De droit. Je veux devenir avocate » répondit Myra.

« Quel genre d'avocate ? » s'enquit Hermione. Elle mordit dans un petit pain après l'avoir tartiné de beurre et de fromage. « C'est délicieux, Harry. C'est toi qui les as faits ? »

« Oui, en effet, c'est moi » répondit Harry en rougissant une fois de plus.

« Oh, je suis désolée » dit Hermione en regardant Myra. « Je t'ai coupé la parole. Continue. »

« Ce n'est pas grave. J'étudie le droit familial » répondit Myra.

Hermione hocha pensivement la tête. « Ca a l'air intéressant. »

« Ca l'est » affirma Myra. « Il y a tellement de sujets à traiter... »

Tandis que Hermione et Myra se plongeaient dans une conversation sur le droit familial, Harry se leva avec un plateau d'une nouvelle fournée de petits pains et du thé. Il quitta la cuisine sans que les deux jeunes femmes ne s'en aperçoivent et entra dans le salon. La télé montrait à présent un homme qui serrait dans ses bras une femme deux fois plus jeune que lui, qui l'embrassait, et tenait ce qui semblait être une conversation très sérieuse en même temps. Encore un feuilleton à l'eau de rose, quoi.

Harry s'assit sur le canapé à côté de Malfoy.

« Tiens, un petit pain » fit Harry en le tendant au blond. « Tu en veux ? »

Comme il s'y attendait, Malfoy ne répondit pas. Harry soupira et en coupa un morceau. Il l'approcha de la bouche de Malfoy et celui-ci le mangea.

« Hermione est là » lui dit Harry. « Myra aussi. J'ai essayé de garder Myra en dehors de tout ça...Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai essayé. »

Il donna à Malfoy un autre morceau de petit pain. Pour une raison inconnue, cette scène apaisait Harry. Il entendait Hermione et Myra discuter à la cuisine, leurs voix tels des murmures en arrière-plan. Dehors, le ciel était rouge sombre. Le soleil venait de se coucher quelques minutes plus tôt seulement. Malfoy était étendu sur le canapé, pâle et le regard dans le vague. Sa silhouette paraissait chétive sous la couverture, comme un enfant, à part son visage. Son visage portait les marques de la guerre, des cicatrices sillonnant la peau et les traits parfaits, des cicatrices qui n'auraient pas dû se trouver sur quelqu'un de si jeune. Ses cheveux n'étaient pas soigneusement rabattus et lissés en arrière comme autrefois quand ils étaient à l'école ensemble. Harry ne voyait pas pourquoi il se mettait du gel alors qu'il était très bien sans. Il tendit la main et repoussa une des mèches rebelles du blond.

Il donna à Malfoy encore quelques bouts de petit pain, tout en souhaitant savoir ce qui n'allait pas. Il se surprit à espérer, comme il l'avait fait un million de fois ces deux dernières semaines, que Malfoy se réveille de la torpeur dans laquelle il se trouvait actuellement.

« Combien de temps vas-tu agir comme un zombie ? » lui demanda-t-il. « Parce que tu sais, c'est pas franchement drôle à regarder. »

Il n'avait pas remarqué que Hermione et Myra avaient terminé leur conversation, donc il ne s'était pas rendu compte qu'elles se tenaient désormais sur le pas de la porte qui séparait la cuisine et le salon.

« Comment va-t-il ? »

Harry sursauta en entendant la voix de Hermione. Des miettes de pain tombèrent de l'assiette qu'il avait dans la main sur la couverture qui recouvrait Malfoy. Harry se retourna vers ses deux amies.

« Pareil que depuis deux semaines. Il ne semble même pas remarquer ma présence » répondit Harry.

« Il ne se rend compte de rien ? » demanda Hermione. « C'est bizarre. »

« Il est comme ça depuis que sa fièvre est tombée, quatre jours après son arrivée chez moi. On dirait un robot : il mâche et avale quand je lui donne à manger, il boit quand je lui donne de l'eau, il urine quand je le mets sur les WC, mais c'est comme s'il n'était plus vivant. Comme s'il ne restait qu'une coquille vide. »

« Tu lui donnes à manger combien de fois par jour ? » lui demanda Hermione.

« Trois repas par jour, et un fruit en milieu d'après-midi si je suis à la maison » répondit Harry.

« Ca m'a l'air bien » approuva Hermione. « Mais il ne réagit à rien du tout ? »

« Non » dit Harry en secouant la tête.

« Peut-être que je devrais l'emmener à l'hôpital avec moi » proposa Hermione. « On lui fera passer quelques examens et on verra si on peut trouver ce qui ne va pas. »

Harry secoua à nouveau la tête. « Sans vouloir t'offenser, Mione, je ne crois pas que les résultats de tes examens vont résoudre le problème. Je pense que c'est tout dans la tête de Malfoy. »

« Même, tu ne penses pas que ce serait mieux si je l'emmenais ? Ca a l'air de te donner énormément de travail qu'il soit là. »

« Nan, merci Mione, mais je lui ai dit qu'il pouvait rester jusqu'à ce qu'il aille mieux » fit Harry avec un maigre sourire. « Je ne pense pas qu'il soit encore remis. Et en plus, je me suis habitué à ce qu'il soit ici. »

Myra avait suivi la conversation en silence jusque là, mais elle intervint alors. « Je suis d'accord avec Harry » dit-elle à Hermione. « J'ai pris des cours de psycho il y a quelques années et on dirait bien que c'est quelque chose qui se passe dans la tête de Malfoy, et ce n'est pas quelque chose qu'on peut étudier en lui faisant passer des examens. En plus, Harry m'a dit que Malfoy était allergique aux médicaments de toutes façons. »

Hermione pinça les lèvres. « Très bien » fit-elle d'une voix nettement plus froide. « Il peut rester ici. Mais tu sais où me trouver s'il est de trop. Vu comment il était à l'école, il deviendra dans peu de temps une vraie plaie, je n'en doute pas. »

Harry et Myra la regardèrent tous les deux, abasourdis, bien que Myra soit plus discrète que Harry. "Mione, qu'est-ce que tu as ? »

« Moi ? » fit Hermione, d'une voix à nouveau chaleureuse. « Rien du tout. »

Harry se rembrunit. L'air se chargeait de tension. Ce fut Myra qui rompit le silence.

« Je vais y aller, je crois » fit-elle, et sa voix résonna dans la pièce silencieuse. Malfoy était toujours allongé, le regard fixé devant lui.

Harry hocha la tête. « C'était...Je suis désolé de ne pas t'en avoir parlé » lui dit-il. « J'ai simplement pensé que c'était...personnel, je pense. »

Myra lui sourit, traversa la pièce et longea le couloir jusqu'au hall d'entrée, Harry sur ses talons. Elle prit sa veste sur le portemanteau et elle se tourna vers lui.

« C'est oublié, Harry, vraiment. J'arrive un peu à comprendre pourquoi tu as eu ce raisonnement » fit-elle. « Pas totalement, évidemment, mais là encore, je crois que je n'ai jamais réussi à te comprendre totalement. »

Harry fit la grimace. « C'est dur de me cerner, hein ? »

« Oui, en quelque sorte ». Elle l'étreignit puis ouvrit la porte. « On se voit demain à la Fac ? »

Harry acquiesça. « Ouais. Salut. »

Myra partit et Harry retourna au salon, où Hermione, assise près de Malfoy, était en train de lancer quelques sorts sur lui. Harry l'observa, incapable de comprendre les sorts qu'elle employait. Des chiffres apparurent au dessus de Hermione et elle avait l'air de savoir ce qu'ils voulaient dire, donc Harry la laissa faire. Hermione finit par se lever et elle se tourna vers Harry.

« Son dos va beaucoup mieux » annonça-t-elle. « Le sort disparaîtra dans deux semaines, comme je l'avais prévu. »

« Dois-je continuer à lui donner le médicament ? » demanda Harry.

Hermione hocha la tête et sortit un flacon de son sac, qui s'était soudainement matérialisé à côté d'elle. « En voici encore au cas où tu n'en aies pas assez » dit-elle. « Et souviens-toi, trois fois par jour. »

Harry acquiesça. « Je ne l'ai jamais oublié jusque là » fit-il en lui souriant.

Hermione lui rendit son sourire puis regarda sa montre. « Bon, je vais devoir y aller moi aussi. Je t'ai dit que je ne pourrais pas rester longtemps. »

Elle s'approcha de lui et le serra dans ses bras. « Ca m'a fait plaisir de te revoir » dit Harry. « Peut-être que la prochaine fois, on pourrait manger ensemble et, qui sait, discuter un peu plus. »

Elle sourit à nouveau. « Ca me parait être un bon plan. »

« Oh, Hermione ? » appela Harry juste comme elle était sur le point de partir.

« Oui ? »

« Comment tu as su où j'habitais ? »

Elle sourit. « J'ai cherché à Harry Evans dans l'annuaire téléphonique. J'ai entendu l'infirmière t'appeler 'Evans' au lieu de 'Potter'. »

« Ah, d'accord ». Harry fit un petit sourire pour montrer qu'il avait compris.

« Tiens, Harry » dit-elle en lui tendant un papier. « Mon adresse et mon numéro de téléphone. Si tu as envie de parler un peu ou de me voir. »

« Merci, Mione. »

« Pas de quoi. Salut, Harry. »

« Salut, Mione. »

Puis elle quitta à son tour l'appartement de Harry et celui-ci se retrouva de nouveau seul avec Malfoy.

Il retourna dans le salon pour nettoyer les miettes de pain qui étaient tombées sur la couverture un peu plus tôt. Il se pencha pour les ramasser et les mettre dans sa main, remettant la couverture en place par la même occasion.

« Eh bien, Malfoy, maintenant tu as fait la connaissance de Myra. Non pas que tu l'aies remarqué, mais bon... ». Il s'interrompit et regarda le blond sur le canapé avec une expression qu'un spectateur aurait sûrement considérée comme triste. Mais Harry n'était pas triste, pas vraiment. Ca ressemblait plus à de l'abattement, qui s'amplifiait chaque jour qui passait sans que l'état de Malfoy ne s'améliore. S'occuper de lui était une lourde tâche pour Harry. C'était un travail à plein temps, encore plus depuis que Malfoy était incapable de parler et dépourvu de réaction. Peut-être aurait-il dû laisser Hermione l'emmener ? Mais là encore, pour une raison inconnue, ça lui semblait mal : son instinct lui disait que Malfoy devait rester ici, aux bons soins de Harry. Il ignorait pourquoi, mais il faisait confiance à son instinct.

Cependant, au fur et à mesure que les jours passaient, la frustration occasionnée par le manque de réaction de Malfoy grandissait. Il ne voulait pas se l'avouer à lui-même, mais il savait qu'une des raisons pour lesquelles il voulait que Malfoy revienne à son état normal, bien qu'agaçant, était que Harry, quelque part en cours de route, s'était mis à s'intéresser à lui.

Il tomba à genoux à côté de Malfoy.

« Réveille-toi, pour l'amour de Dieu ! » cria Harry. Il donna une légère tape sur la joue de Malfoy. Puis il réalisa ce qu'il venait de faire et eut honte de lui-même. Il s'assit sur le canapé à la hauteur de la tête de Malfoy. « Désolé » marmonna-t-il au blond qui, évidemment, n'en tint aucun compte. Harry se passa la main dans les cheveux et s'adossa contre les coussins, souhaitant s'enfoncer en eux jusqu'à disparaître.

Il resta assis là, écoutant les bruits qui provenaient de l'extérieur : les oiseaux qui gazouillaient gaiement, la douce brise qui faisait voleter les feuilles. Il laissa son esprit dériver, et l'inquiétude à propos de son livre émergea. C'était une inquiétude à laquelle il s'était interdit de penser, mais le fait était que Pally avait raison : il n'avait jamais eu le moindre problème pour écrire ses livres précédents. Celui-là toutefois, on aurait dit qu'il ne voulait pas être écrit. Les mots ne jaillissaient pas de son esprit comme ils le faisaient auparavant et cela manquait à Harry. Il adorait écrire : il adorait ça depuis des années. Même chez les Dursley, Harry avait écrit, même si ce n'était rien d'aussi sérieux et complexe que les livres qu'il avait écrits plus tard.

Harry s'autorisa à penser brièvement à ses années à Poudlard. Ils écrivaient beaucoup à l'époque, mais rien qui ne ressemblât à des romans ou à des nouvelles. A l'école, c'était uniquement de l'écriture scolaire, et Hermione était toujours celle qui excellait dans ce domaine.

Au milieu de sa septième année, Harry avait commencé à tenir un journal intime. Il n'y écrivait pas chaque nuit comme il savait que Hermione faisait ; non, il écrivait quand il avait quelque chose à dire.

« Encore en train d'écrire, Harry ? A quel sujet ? »

Ron.

C'était douloureux de penser à son meilleur ami, mais c'était un bon souvenir, donc Harry le laissa continuer.

« Rogue » répondit Harry.

Ron fit la grimace. « J'espère que tu n'écris rien de positif sur ce connard. »

« Mais Ron », protesta Harry, « tu ne sais donc pas que je suis secrètement amoureux de notre cher professeur de Potions, grand, mystérieux et affreusement beau, depuis des années ? »

Ron lui jeta un coussin. « Tu me donnes des cauchemars. »

« Grand, sinistre et affreusement malveillant alors ? »

« Ca y ressemble beaucoup plus » approuva Ron. « 'Beau' et 'Rogue' dans la même phrase... ». Il frissonna. « Il devrait y avoir une loi contre ça. »

Harry sourit et termina d'écrire dans son journal, puis il mit le livre et sa plume de côté. « Tu veux me foutre une autre branlée aux échecs ? »

« Toujours. »

Ron l'avait battu. Il battait toujours Harry aux échecs. Et depuis la mort de Ron, Harry n'avait plus touché à un échiquier.

C'était en partie à cause de Ron qu'il s'était mis à écrire sérieusement. C'était après son départ du Monde Magique : il en avait tellement sur le cœur qu'il lui avait fallu un exutoire. Il avait écrit son premier livre en moins de trois mois, et les mots avaient jailli d'eux-mêmes, les phrases élaborant une histoire et happant le lecteur à l'intérieur. Pally avait été la première à le lire, la première à l'adorer. Après elle vinrent des milliers de lecteurs ; ces mêmes lecteurs qui à présent attendaient impatiemment son nouveau livre dont, même s'il n'était pas fini, la date de parution avait été fixée à l'automne.

Il se demanda si c'était ça le problème : il était obligé d'écrire. Il n'avait jamais été obligé d'écrire auparavant. Il avait écrit son deuxième livre avant que son premier n'ait gagné une quelconque publicité, et son troisième pendant que le monde était encore en train de se repaître du second. A présent, ça faisait presque deux ans qu'il n'avait publié aucun livre.

« Dans l'état actuel des choses, la maison attend ton prochain livre dans moins de trois mois...Et ils veulent un brouillon dans deux semaines. »

Un brouillon dans deux semaines. Harry avait envie de leur dire d'aller se faire quelque chose d'anatomiquement impossible.

Harry jeta un coup d'œil par la fenêtre, et il fut surpris de découvrir que la nuit était tombée. Il ne s'était pas rendu compte du temps qu'il était resté assis sur le canapé, à caresser inconsciemment les cheveux de Malfoy et à penser à son livre et à...Poudlard. En soupirant, Harry fit mine de se lever du canapé.

Il entendit alors un léger soupir. Harry ne l'aurait pas le moins du monde remarqué si Malfoy n'avait pas émis le moindre son depuis deux semaines.

« Malfoy ? »

Harry se tourna de manière à voir le visage et les yeux de Malfoy. Il fronça les sourcils : dans le regard de Malfoy, il n'y avait toujours aucun signe de reconnaissance ou d'énergie. Il regardait toujours droit devant lui, sans le savoir et sans voir quoi que ce soit. Croyant que c'était son imagination – et ses espérances - qui tournait la carte, Harry était à nouveau sur le point de se lever pour partir quand Malfoy fit une autre chose qu'il n'avait pas faite depuis qu'il était tombé dans ce coma éveillé.

Il battit lentement des paupières.

Quand les yeux de Malfoy se rouvrirent, Harry put voir qu'il ne fixait plus bêtement le mur en face de lui.

« Malfoy ? » répéta doucement Harry.

Malfoy cligna à nouveau des yeux, mais ne répondit pas. Pourtant, cette réponse était davantage que ce que Harry avait obtenu en deux semaines, si bien qu'il en fut enchanté. C'était bizarre de se sentir aussi heureux suite à un 'geste' de Malfoy, mais Harry refusa de s'attarder sur ce point.

Les yeux de Malfoy se levèrent pour regarder Harry. Il avait l'air troublé et fatigué. Bientôt, il referma les yeux, cette fois pour dormir. Se renfonçant dans le canapé, Harry décida qu'il n'avait aucunement besoin de se lever. Il resta donc assis à côté de Malfoy pendant plusieurs heures, et continua à caresser sans s'en rendre compte les cheveux de Malfoy sur un rythme apaisant.

Il se sentait étrangement paisible.

A suivre...