.
.
.
CHAPITRE V : LE RETOUR DU (pas) JOLI
(Ou : Le Super OS de la Mort qui Tue (et qui fait 60 pages voir plus *.*))
.
All in the golden afternoon
Full leisurely we glide;
For both our oars, with little skill,
By little arms are plied,
While little hands make vain pretence
Our wanderings to guide.
Ah, cruel Three! In such an hour,
Beneath such dreamy weather,
To beg a tale of breath too weak
To stir the tiniest feather!
Yet what can one poor voice avail
Against three tongues together?
Imperious Prima flashes forth
Her edict 'to begin it' -
In gentler tone Secunda hopes
'There will be nonsense in it!' -
While Tertia interrupts the tale
Not more than once a minute.
Anon, to sudden silence won,
In fancy they pursue
The dream-child moving through a land
Of wonders wild and new,
In friendly chat with bird or beast -
And half believe it true.
And ever, as the story drained
The wells of fancy dry,
And faintly strove that weary one
To put the subject by,
"The rest next time -" "It is next time!"
The happy voices cry.
Thus grew the tale of Wonderland:
Thus slowly, one by one,
Its quaint events were hammered out -
And now the tale is done,
And home we steer, a merry crew,
Beneath the setting sun.
Alice! a childish story take,
And with gentle hand
Lay it were Childhood's dreams are twined
In Memory's mystic band,
Like pilgrim's wither'd wreath of flowers
Pluck'd in a far-off land.
.
Part I :
.
Alice was beginning to get very tired (...) wen suddenly a White Rabbit with pink eyes ran close by her. (...) "Oh dear ! Oh dear ! I shall be too late !"
.
Je me lève en poussant un soupir de désespoir. Mais pourquoi les lundis existent-ils ?
Je déteste les lundis. Ils sont moches, il fait gris, et je dois retourner bosser alors que j'ai passé le week-end avec mon merveilleux petit copain et son tout aussi merveilleux corps. Je veux paaaaaaaas...
Le sol froid de mon appartement me gèle des pieds à la tête. Je grimace en me grattant la tête. Je hais les réveils.
Encore plus lorsque je me réveille seule, au vu de mon lit inhabité par le splendide beau gosse qui aurait du s'y trouver.
_... Gin, si jamais tu n'as ne serait-ce que pensé à me faire une nouvelle fois le coup de la mission au Hueco Mundo, sache que tes yeux vont rapidement se retrouver dans un endroit où le soleil ne brille jamais ! Je grogne en tournant la tête.
Mais il n'y a personne.
Après avoir retourné mon appartement, je dois finir par me rendre à l'évidence : Gin est très probablement déjà partie travailler.
Ce qui peut paraître étonnant quand on ne le connait pas. Mais en réalité, Gin aime bien être un capitaine. Chose que je ne comprends absolument pas, évidemment. Personnellement, je crois surtout qu'il aime avoir des tas de gens sous sa direction pour pouvoir les manipuler.
Hé, on est un sociopathe ou on ne l'est pas, hein.
Un petit silence s'écoule. Je fronce les sourcils.
Quelque chose ne va pas, c'est un fait.
"Je répéte : "on est un sociopathe ou on ne l'est pas, hein".
L'écho de ma voix se répercute dans mon monde intérieur, sans réponse.
...
"Kiki ?
Rien.
Hum. Aux grands maux les grands remèdes.
"Chiure de chiottes de couilles merdeuses et bordéliques de foutage de putain de merde !
Encore une fois, pas de réponse. Pas de "langage !" indigné, de remarque acerbe ou de rires stupides de la part d'Urah.
Il n'y a personne dans mon monde intérieur.
Nom d'un canard albinos.
Je m'habille précipitamment et plonge dans mon monde, pour ne me trouver face qu'à une étendue blanche inhabitée.
Okay. C'est la merde.
"KIKIIIIII ! URAAAAAAAAAAH ! VOUS ETES OUUUUUUUU ?
Au bout de dix minutes à hurler dans tous les sens, je me rends compte que ou Kiki et Urah ont été kidnappés, ou ils me font la gueule.
Et ils n'ont aucune raison de me faire la gueule.
Je dois aller voir Shinji.
Sans prendre la peine de bien mettre mon uniforme, je me jette hors de mes appartements, shunpote devant le quartier des Vizards et enfonce la porte d'un grand coup de pied.
_SHINJI ! MON ZANPAKUTO ET MON HOLLOW ONT ETE KIDNAPPES ! JE FAIS QUOI ?
Une boule de poussière roule dans l'indifférence la plus absolue.
Ma mâchoire se fracasse à terre lorsque je constate qu'il n'y a personne.
...
Oh putain. Oh PUTAIN !
Les Vizards ont également été kidnappés !
Je m'appuie contre un mur, les yeux ronds. Plus de Kiki, plus de Shinji... je dois aller voir ce qu'il en est à la onzième division.
.
Putain de bordel de chiure de couille de mes deux.
Il n'y a PERSONNE dans ce putain de Gotei !
Les genoux en gelée, je m'assois sur l'un des sièges de la quatrième division.
Oui, je suis bien à la quatrième division. J'ai poussé le vice jusqu'à aller voir si la Sorcière n'était pas dans son bureau tellement je suis en manque de contact humain.
On m'aurait dit ça il y a deux heures, j'aurais rit au nez de mon interlocuteur. Là, je suis prête à lui faire un câlin tellement je suis en manque.
_Je veux voir des gens ! Les entendre parler, même dans ma tête ! Je hurle, exaspérée.
N'importe qui, que se soit Renji, Sakura, ou encore Byakuya-
_BYAKUYA ! Je beugle en me mettant à courir.
La sixième division ! J'ai complètement oublié d'aller voir !
Mais quelle conne...
Je cours d'une seule traite jusqu'à mon lieu de travaille adoré, et enfonce la porte du bureau du capitaine.
_Plom plom plom, chantonne Byakuya en cherchant des fichiers dans un tiroir. Plom plom plom...
...
...
...
Hein ?
Byakuya sort trois feuilles des dossiers, les consulte, sans cesser de fredonner, et les fourre dans sa veste. Ensuite, il sort une montre de son haori, et pousse un hurlement d'horreur.
_Oh mon-dieu-mon-dieu-mon-dieuuu ! Je suis en retard, je suis très très en retard ! Je dois me dépêcher !
Il fait vivement volte-face et se met à sautiller rapidement, ses longues oreilles blanches restant bien droites alors qu'il court dans le couloir en bondissant.
...
_B-b-b-b-byakuya ? Je bredouille en me mettant à courir après lui.
Il ne se retourne même pas et tourne à un couloir, toujours en poussant des petits cris "je suis en retard ! je suis en retard !"
Nom d'un canard albinos. Mais qu'est-ce qu'il a but ?
Je me frotte les yeux, mais la vision devant moi est toujours la même : Byakuya a des oreilles de lapin. Et une petite queue ronde et blanche accrochée aux fesses.
Et il CHANTONNE !
C'est définitivement plus suspect que tout le reste (disparition de toute forme vivante au Gotei). Byakuya chantonne.
Mais comment le Gotei a-t-il autant pu changer en une seule nuit ?
Plus personne à bord, même chez moi, mis à part un Byakuya sous extasy et moi...
Peu importe, je décide. Je vais coller mon bien-aimé capitaine jusqu'à ce que je trouve une réponse à tout ça !
Soudain, je vois Byakuya ouvrir une porte et bondir dedans. Sans réfléchir, je le suis : je passe le pas de la porte du pied gauche, et pose fièrement le pied droit dans... du vide.
Et je tombe.
_AAAAAAAAAAAH ! Je hurle en battant des bras. AU SECOUUUUUUUURS !
Je regarde frénétiquement autour de moi. Des centaines d'étagères, accrochées aux murs du tunnel vertical dans lequel je tombe, défilent à toute vitesse, emplies d'objets plus ou moins étranges. Pas de Byakuya à l'horizon.
_AAAAAAAAAAH ! JE VEUX PAS MOURIIIIIIIIIIR !
Je me tortille misérablement pour m'agripper à l'une des étagères, sans succès. Je continue de tomber en braillant.
Je vais mourir. Je vais mourir en tombant au fond d'un trou bizarre dont j'ignorais jusqu'à l'existence (pourtant, la sixième division n'est pas si grande que ça) en poursuivant un Byakuya-lapin, et sans même m'être faite insulter une dernière fois par mon zanpakuto ou avoir pu profiter de mon petit-ami...
_MAIS QUELLE MORT DE MEEEEEEEERDE !
Tremblante, je ferme les yeux.
Bon, en toute objectivité, c'est peut-être le moment de me mettre à croire en Kami-sama, non ?
_Notre Kami-sama qui êtes aux cieux, je suis désolée d'avoir dit que vous étiez un connard et de vous insulter aussi souvent, et je promets d'être plus respectueuse et de manger mes légumes, mais pitié, SAUVEZ-MOI !
Je ferme les yeux en joignant les mains. Steuplait Kami-sama, tu peux bien me faire une petite faveur, non ? Je demande pas grand-chose, juste de pas mourir une deuxième fois !
Quelques secondes passent. Je tombe toujours.
_Pitié pitié pitié pitié...
Une minute plus tard, j'entrouvre une paupière -pour la refermer aussitôt en voyant que je n'ai pas atterrit.
_Pitiéééééé...
Vingt minutes plus tard, je suis confortablement assise dans l'air, bras croisés, à compter les pots de confitures.
Oui, il y a des pots de confitures un peu partout autour de moi. Certains montent tranquillement, d'autres descendent, et il y en a même un qui sautille autour de moi comme un petit chien. Il est à la fraise.
Je n'ai même plus la force de m'étonner.
Si seulement il pouvait y avoir un oreiller quelque part... je pourrais m'endormir et me réveiller demain dans mon lit, avec Gin, et réaliser que tout ça n'a été qu'un fichu rêve.
"Votre attention s'il-vous-plait, le vol numéro 1245 en direction du Pays des Merveilles va atterrir dans quelques secondes. Vérifiez que vous n'avez pas la tête pointée vers le bas et accrochez-vous aux pots de confiture. Nous espérons que vous avez passé un agréable voyage. Merci de votre écoute. L'équipe des Merveilles vous souhaite un agréable séjour !"
...
_Hein ? Je bredouille. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
"Impact imminent ! Nous vous prions de préparer votre postérieur !"
_Hey ! Vous êtes qui ? Je crie en me tortillant dans tous les sens. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
"3... 2..."
_Youhouuuuu !
"1 !'
_Hé o-AAAAAAAAAAAAH !
Avec un bruit de fracas, je m'écrabouille sur le sol en hurlant de douleur. A côté de moi, les pots de confiture frétillent d'un air impatient.
"On vous aura prévenu de préparer vos fesses !" Ricane la voix avant de s'éteindre.
_JE T'EN FOUTRAIS DES PREPARAGES DE FESSES, ESPECE DE SALE PETIT SALAUD ! Je beugle en brandissant mon poing -l'autre étant occupée à masser mon postérieur endolorie.
Personne ne me répond, mais un des pots de confiture -celui à la fraise-, se met à trembler et s'éloigne de moi.
Je me lève, attendant que la douleur de mon coccyx se calme, et j'en profite pour regarder autour de moi. Alors, où est-ce que j'ai atterrit ?
Une immense pièce mal éclairée s'étale autour de moi, recouverte de carrelage blanc et noir. On dirait le sol d'une cuisine. Il y a une petite table dans le fond, à laquelle je ne m'intéresse pas. Mais pas de porte. Je me gratte la tête en me tournant. Comment je sors de là, moi ? Je dois retrouver Byakuya et lui demander des explications (si tant est qu'il puisse me répondre autre chose que "plom plom plom" ou "je suis en retaaaard !") pour savoir ce qui se passe ici.
Je tourne autour de moi, toujours à la recherche d'une sortie.
Et là, j'en vois une.
Enfin, c'est pas vraiment une sortie. Plutôt une bébé-sortie.
_Mais qu'est-ce que c'est ce que cette porte de la taille d'une boite d'allumette ? Je glapis en désignant le tout petit morceau de bois qui me dévisage, collé contre le mur.
Ledit morceau de bois me renvoie un regard impassible.
_Comment voulez-vous que les gens passent par là-dedans pour entrer et sortir ? Je demande tout haut en croisant les bras. C'est du foutage de gueule ! Parfaitement monsieur, du foutage de gueule ! Je me plaindrais !
La question est : à qui ?
Mais passons.
Je pousse un soupir en constatant qu'il n'y a vraiment rien mis à part la table du fond. Je m'en approche dans l'espoir de trouver quelque chose.
Il y a un gateau et une bouteille. Il y a écris "MANGE-MOI" sur le premier, et "BOIS-MOI" sur la deuxième.
.
Part II :
.
So many out-of-the-way things had happened lately, that Alice had begun to think that very few things indeed were really impossible.
.
Cool ! Ils ont pensé à mon petit-déjeuner.
Je prend la bouffe dans la main gauche et me dirige à nouveau vers la petite porte.
_Vous êtes sur que vous ne voulez pas changer d'avis ? J'interroge à voix haute mon interlocuteur invisible (que je soupçonne être la source de toutes mes emmerdes actuelles). Genre, mettre une vraie porte ?
Pas de réponse.
_Moi je m'en fous, mais faudra pas venir vous plaindre après !
Toujours rien. Je mets la nourriture dans ma poche et retrousse mes manches.
_SUPER BIG BANG DE LA MORT QUI TUE ! Je hurle en explosant le mur.
Je t'avais prévenu, crétine de voix invisible !
Mon cul est vengé, je songe en contemplant les ruines de la salle. Héhéhé.
C'est en sifflotant que j'enjambe ce qui reste du mur... pour me retrouver dans une forêt.
...
Une forêt ? Non mais c'est une BLAGUE ?
_MAYURIIIIIII ! QU'EST-CE QUE T'AS FOUTU AVEC TES EXPERIMENTATIONS ? Je braille.
Il n'y a que lui pour faire ça ! Cet abominable scientifique de mer- OH PUTAIN !
Mais j'y suis !
C'est de sa faute ! Tout est de sa faute !
Je bats des paupières alors que les pièces du puzzle s'assemblent dans ma tête.
Mayuri a loupé une énième expérience qui a aspergé tout le Gotei, les faisant disparaitre... sauf moi, parce que je suis la classe incarnée... et il s'est servi de Byakuya (qui a du être protégé par son aura de glaçon) comme cobaye pour déterminer ce qui n'allait pas ! Sauf que son expérience a encore loupée, et du coup il s'est cassé pour échapper à ses responsabilités !
Je vais le butter.
_Je vais te butter !
Je retrousse les lèvres en écrasant quelques fleurs pour la forme. Je vais tuer Mayuri, de manière lente et douloureuse, et après lui avoir extorqué le moyen de ramener tout le monde (excepté Sakura Osokawa, la quatrième division et... tiens, Kokoro Kuchiki. Héhéhéhé).
Mais avant, petit-déjeuner !
Je salive en sortant de ma poche le gateau. "MANGEZ-MOI"... si c'est pas une invitation, ça.
Je croque goulument dans la patisserie.
Hmmm... un fondant au chocolat... miam.
Je finis le gateau, et pousse un soupir de plaisir. Ca, c'est définitivement le petit remontant qu'il me fallait.
L'estomac plein, je souris en contemplant les fleurs... qui sont marrons et vertes sur le dessus.
Hein ?
Je me penche pour en déraciner une, et découvre avec stupéfaction que c'est un arbre.
Je cligne des yeux.
_Tiens, salut la géante ! Dit un pigeon en volant avec décontraction près de mon nez, avant de s'éloigner.
Je contemple l'arbre. Puis le pigeon parlant qui s'éloigne. Puis l'arbre. Puis les nuages tout proches de moi.
OMH. Je viens de faire ma poussée de croissance. Et visiblement, c'est pas de la gnognote.
Je me regarde, hallucinée. Ma taille a tellement augmentée que mon pied fait concurrence aux arbres, et que mon nez touche les nuage (et les pigeons parlants).
Je suis foutue.
Comment je vais rentrer chez moi ? Et aller au bar ? Et embrasser Gin ? Et ne serait-ce que le voir sans l'écraser ?
_Ma vie est fichue !
Je sens les larmes monter au bord de mes yeux, et pousse un glapissement d'horreur. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? On dirait une femme enceinte !
_Ouinnnnnnnn...
Je chiale ! Putain, je chiale !
Je suis enceinte !
Je m'assois à terre, écrasant les arbres, et sanglote de tout mon soul en me flagellant intérieurement. Mais quelle chochotte ! Ca suffit, on arrête les larmes ! Tu es Haru ou pas ?
_Beuheuheu... je veux Giiiiiiiiin...
JE VAIS ME TUER !
Mais quelle honte... pleurer comme une gamine qui réclame son doudou... mais quelle honte !
Mais... Mais... Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?
Je sursaute en entendant la voix.
...
"KIKI ! T'es revenu !
Hein ? Qui est Kiki ? Et puis qu'est-ce que tu fiche ici ? Et quelle est cette taille ? Tu es sensée avoir rétrécie, pas grandie ! Ca c'est pour plus tard !
"Quoi ?
Bon dieu, mais qui m'a foutu une Alice aussi débile ?
Alice ?
Je bats des paupières, décontenancée, mais remarque avec une pointe de satisfaction que j'ai arrêté de chialer.
"Euh... t'es qui ?
Un soupir.
La narration pardi !
La narration ?
Quelle idiote... tu es sûre que tu es la bonne Alice ?
"Non. Moi c'est Haru.
... QUOI ? Tu... tu n'es pas Alice ?
"Bah non.
J'ai une tête à m'appeler Alice ?
Un silence dans mon esprit.
Oh. My. Lewis. On a un gros problème. Un énorme problème.
"Je crois que j'avais remarqué.
Arrête avec tes remarques intempestives Alice, j'essaie de réfléchir.
"C'est Haru.
La voix ne me répond pas. Je hausse les épaules et croise les bras en attendant.
Bon, fait finalement la voix en se raclant la gorge. Nous allons récapituler la situation.
"Si tu veux.
Au point où j'en suis, on pourrait même se mettre à danser la macarena en mangeant du chou que ça ne me dérangerait pas.
Tu n'es pas la bonne Alice, donc.
"Je ne suis même pas une Alice du tout. Pour la dernière fois, je m'appelle Haru !
Pourtant, tu lui ressemble beaucoup. Les cheveux blonds, le sourire niais... C'est vraiment étrange, mais soit. Admettons.
Le problème, c'est que Quelqu'un t'a confondu avec la véritable Alice, et que tu es passée dans le Scénario des Merveilles. Si je mets la main sur ces connards de l'administration, je vais déposer un rapport sur leur incompétence crasse dont ils me diront des nouvelles !
"Je te crois sur parole.
Merci Alice.
"C'est Haru merde quoi !
Bref. Tu es donc dans le Scénario des Merveilles à la place de la véritable Alice, ce qui fait que sa mission t'a également échouée. Tu suis ?
"Pas vraiment non.
Scénario ? Mission ?
"Moi je veux juste savoir pourquoi tous les gars du Gotei ont disparut et ce que je fais ici !
Mais tu m'écoute ou pas ? Je t'ai tout expliqué ! Non mais c'est pas possible, ces Alices, toutes les même, une galère incroyable à chaque fois, je me demande pourquoi je continue à faire ce boulot, franchement...
...
Je vais laisser tomber les explications.
"Mais toi alors, t'es qui ?
Un autre soupir exaspéré. On dirait Kiki, tiens.
Je suis la Narration, je te l'ai dit. C'est moi qui raconte l'Histoire et qui fais en sorte que tout se déroule comme prévu. Normalement, je ne dois pas intervenir, mais vu que tu as déjà bousillé la moitié du Scénario, je vais te guider pour t'empêcher de détruire définitivement l'oeuvre du Grand Lewis.
Lewis ? Kissekça ?
TU NE CONNAIS PAS LEWIS- ah oui, j'oubliais que tu es une fausse Alice. Bon, on fera sans. Contente-toi de faire ce que je te dis et tout ira bien. Compris, Alice ?
"C'est HARU bordel !
C'est ça Alice, c'est ça. Bon, maintenant il va falloir que tu rétrécisse, la Souris et sa troupe t'attendent.
"Hein ? Une souris ?
T'occupe et rétrécis.
Je regarde autour de moi.
Elle est bien gentille la Narration, mais comment je fais moi ?
*soupir* La bouteille, Alice, bois la bouteille.
La bout- ah ouiiiii !
Je fouille dans ma poche, et saisit la minuscule bouteille, qui doit faire la moitié de l'ongle de mon petit doigt.
...
Mais comment je fais pour boire ça, moi ?
Je lance la bouteille dans ma bouche et avale le tout sans même mâcher. Beuark, c'est dégueulasse !
Soudain, le monde autour de moi se met à défiler à toute vitesse, et je regagne ma taille normale avec un soupir de soulagement. Je m'appuie contre le tronc d'une fleur, fatiguée par tous ces changements corporels.
Et là, je réalise que la fleur fait deux fois ma taille.
_AAAAAAAAAAAAAH ! LA FLEUR A GRANDIE !
Mais quelle crétine... tu as rétrécis, Alice, tu sais ce que veut dire "rétrécir" ?
"J'étais sensée regagner ma taille normale ! Pas devenir un nain !
Je n'ai jamais dit que tu regagnerais ta taille normale. Maintenant cesse de geindre et vas à la recherche de la Souris.
...
"SALOPE !
Insulte-moi encore une fois et je te fais basculer dans le Scénario de Twilight. Et je doute que tu tienne à devoir jouer le rôle d'Isabella Swann.
"... C'est bon j'ai compris, je me tais et je marche.
Les mains dans les poches, j'avance en jetant des regards un peu partout autour de moi.
"Mais je vais où, en fait ?
C'est vrai que c'est une bonne question.
Ne t'occupe pas de ça. Au Pays des Merveilles, tu marche toujours dans la mauvaise direction, même si c'est la bonne.
Plus clair que ça, tu meurs.
Je décide de ne plus me poser de questions et marche pendant quelques minutes parmi la végétation, sans aucune idée de l'endroit où je vais.
_ALIIIIIIIIIIICE !
Je fais un bond de trois mètres de haut, avant de me faire écraser au sol par...
_Rangiku ? je bredouille. C'est toi ?
_Je suis siiiiii heureuse de te revoir, Alice, glapit-elle en se frottant contre moi. Siiiiii heureuse...
_Dodo ! Arrête d'étrangler Alice ! Ordonne une voix sévère.
_Mais...
_J'ai dit "arrête", Dodo !
Sous mes yeux ébahis, Rangiku, piteuse, se lève et va se planter à côté d'une petite bonne femme que je connais bien.
_Rukia ? Je bredouille.
.
.
Part III :
.
It was only a mouse that had slipped in like herself (…) The Mouse was looking at her rather inquisitively, and seemed to her to wink with one of its little eyes, but it said nothing.
.
Elle fronce les sourcils.
_Mais de quoi parle-tu, Alice ? Tu es ridicule. Allons, viens, on t'a assez cherché comme ça.
Hallucinée, je la regarde tirer son épée de son fourreau, se gratter l'une de ses immenses oreilles rondes et grises avec, et tourner les talons. Rangiku, uniquement vêtue d'un justaucorps de plumes, lui emboite le pas et se tourne vers moi avec un grand sourire.
_Viens Alice, on doit encore retrouver Tweedledum et Twedledee !
...
Mais c'est quoi cette histoire ?
Ce sont les personnages de ton aventure, fausse Alice. Ils peuvent te paraître familiers, mais ils font parti du Scénario.
"Gnuh ?
Contente-toi de les suivre. Ils vont te mener jusqu'à ta première destination.
"Ma destination ?
Arrête de poser des questions et suis-les !
Chef oui chef.
J'obtempère et suis Rukia et Rangiku, qui avancent prudemment dans la forêt en plissant les yeux.
_Mais où est-ce que ces deux-là ont bien pu passer ? Grogne Rukia alors qu'une de ses oreilles bat impatiemment.
_Ils doivent être près de la fleur, répond Rangiku. Il faut chercher une fleur !
_Mais il n'y a que ça ! Je proteste en désignant l'environnement alentour.
Elles me regardent d'un air effaré.
_Bien sur que non Alice, me sermonne Rukia en taillant une feuille qui tombait sur le sol de son épée. Ce ne sont pas des fleurs.
Je lève un sourcil.
_C'est quoi alors ?
_Des tulipes !
...
Alice, je t'ai déjà dit de ne pas chercher à comprendre. Ce monde n'est pas le tien, et la logique n'est pas la même. Tu vas juste avoir mal à la tête si tu continue.
"C'est Haru ! Et puis moi je veux bien que la logique soit différente, mais il n'y a juste AUCUNE logique, ici !
Tu me fatigues. Tais-toi et laisse-moi Narrer.
"Narrer quoi ? C'est une histoire à la première personne, JE suis celle qui narre !
...
Je ricane. Et toc !
Tu sais quoi ? Je vais me casser d'ici et te laisser gérer ça toute seule, puisque tu es siiiiii intelligente, Alice. A plus dans l'bus et démerde-toi bien !
"NON ! Reste là ! Je pige rien à cet univers et je veux trouver un moyen de rentrer !
La Narration renifle.
Très bien. Mais plus de remarques stupides !
"Promis.
Superbe.
Rukia m'agrippe le bras et pointe son épée face à une fougère.
_Recule, Alice, me commande-t-elle. On ne sait jamais.
_Oh mon dieu, piaille Rangiku. Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, Elle nous a trouvé, on va tous mourir !
_Ne dis pas de bêtise et sors ton arme, Dodo, la commande Rukia d'une voix dure. Ce n'est pas le moment de paniquer !
Les herbes hautes bougent, je lève mes poings et me mets en garde, alors que deux silhouettes apparaissent.
_Alice ! S'exclame Ichigo. Te voilà !
_Je te l'avais dit ! Rétorque Shirosaki à côté de lui.
_Non !
_Si !
_Non !
_Si !
_Tu veux te battre ?
_Un peu mon neveu !
_STOP ! Hurle Rukia. Tweedledee, Tweedledum, vous êtes intenables !
Piteux, les jumeaux baissent la tête en s'assassinant du regard.
Wow. Wow, WOW.
Dire que je pensais que la vodka c'était fort... j'ai du innover et prendre quelque chose de vraiment corsé pour avoir des hallucinations pareilles.
Eux aussi sont des personnages, alors arrête de t'extasier sur tout ce qui passe !
Je ne réponds pas à la narration, très occupée à observer Ichigo et Shirosaki, qui sont vêtus d'un uniforme d'écolier bleu, et dont la culotte courte laisse voir leurs jambes poilues.
Okay. Ca, c'est le pire tue-l'amour que j'ai jamais pu voir.
Je frissonne en détournant le regard. Soudain, Rukia frappe dans ses mains.
_Très bien ! Maintenant que nous sommes tous réunis, il faut que nous allions voir la Chenille ! Elle seule pourra aider Alice !
Les autres opinent tranquillement du chef.
Je reste figée.
_Euh...
_Oui, Alice ? Fait Rangiku.
_J'aime pas les insectes, on pourrait pas sauter cette étape ?
Rukia fronce les sourcils.
_Tu es sûre que tu es la vraie Alice ? Me questionne-t-elle.
_N-
NE DIS PAS UN MOT DE PLUS, MALHEUREUSE !
Je ferme rapidement la bouche, et Rukia se détourne, suspicieuse, pour poursuivre sa route.
Je peux savoir ce qui t'as prit ? Tu veux vraiment ruiner le Scénario ou quoi ? Espèce d'inconsciente ! Tu es Alice, ne l'oublie jamais !
"Mais je ne suis PAS Alice, justement !
Je m'en fiche, Alice !
Raaaaaaaaah !
Furieuse, j'enfonce mes mains dans les poches et suis la troupe de clowns.
Nous marchons depuis quelques minutes, dans des directions totalement aléatoires menant à des endroits plutôt étranges (dont une boutique de lingerie) mais qui semblent parfaitement logiques à tous. Sauf à moi, évidemment mais ça, personne n'en a rien à branler.
Soudain, Rangiku et Shirosaki se mettent à entonner une chanson un peu étrange :
_C'est la grosse Reine rougeuuuuh, qui nous court aprés-euuuuuu, mais nous on s'en tapeuuuuu, parce qu'on a Aliceuuuuu, et qu'elle va la butter pendant le jour Frabieuuuuu !
Rukia blémit et leur donne une énorme claque sur la tête.
_Taisez-vous ! Crache-t-elle. Vous voulez vraiment qu'Elle nous repère ?
_Mais, Souris, proteste Rangiku, on a Alice maintenant, on va forcément gagner !
_Il suffit, idiote de Dodo ! Nous ne sommes pas devenu invincibles, et si Elle capture Alice maintenant, nous sommes tous morts ! Alors plus un bruit, ordonne sèchement Rukia en regardant nerveusement autour d'elle.
Shirosaki renifle dédaigneusement mais ne dit rien, tandis que Rangiku baisse la tête, penaude.
_Désolé Souris, murmure-t-elle.
Wow. On voit bien que ce n'est pas ma Rangiku à moi. Ni même ma Rukia.
Evidemment : ce sont des personnages.
Sans écouter la Narration, je me raidis : Rukia vient de brandir son épée, les dents serrées. Ses narines remuent.
_Est-ce que quelqu'un d'autre sent ça ? Interroge-t-elle. Cette odeur de course...
Rangiku lève la tête et renifle les airs. Son visage se vide de toutes couleurs.
_Oui, dit-elle précipitamment. Ils sont là ! Ils approchent !
Ichigo échange un regard paniqué avec Shirosaki.
_Qu'est-ce qu'on fait ? Demandent-ils en même temps.
Je sursaute violemment en entendant des cris se rapprochant.
_Qu'est-ce qu'il se passe ?
_Merde ! Crache Rukia. Ils ont le Bandersnatch avec eux ! On est mort si on ne brouille pas la piste !
... Hein ?
Paaaaaarfait ! Ils sont à votre poursuite, et ils ont même le monstre Bandersnatch avec eux. Maintenant, Alice, tu vas te mettre à courir !
"Mais pourquoi ?
Parce que sinon tu meurs. Oh, attends, juste une minute ! Tu vas rester plantée là comme un piquet, le temps qu'ils te rattrapent. Ca fera un effet de suspens... oui, j'aime bien l'idée. Hop, pétrifie-toi !
"NON MAIS CA VA PAS ?
S'il y a un monstre, j'aime autant mieux pas rester là, hein.
Je m'appréte à me mettre à courir, lorsque je m'aperçois que mon corps refuse de bouger.
...
What the fuck ?
Héhéhé. Tu croyais que j'étais juste une voix en l'air ? Je suis la Narration, mon chou. J'ai quelques petits pouvoirs plutôt utiles.
"RELACHE-MOI TOUT DE SUITE !
Nope. Pas tant que je n'ai pas eu mon petit effet de suspens.
Je regarde autour de moi avec panique. Rukia et les autres ont fuis sur un "vas voir la Chenille, Alice, elle te renseignera ! La Chenille, rappelle-t-en !"
_Bande de lâcheurs ! Revenez ! Je m'égosille -en vain.
Et les cris qui se rapprochent...
"Relâche-moi tout de suite !
Nan.
"Tu l'auras voulu.
Je fronce les sourcils et concentre toute mon énergie spirituelle pour me défaire des liens invisibles qui m'entravent... ce qui ne marche absolument pas.
Je ne sais pas ce que tu as essayé de faire, mais ça ne marche pas.
"Comment ça se fait ?
Je suis la Narration. Je suis le Verbe, et j'agit par le Mot. Tu agis par le Corps. Nos champs d'action sont totalement différents, donc rien de ce que tu ne pourras faire ne m'atteindra.
C'est. pas. JUSTE !
Je me concentre de toutes mes forces, mais rien ne marche. Devant moi, les herbes commencent à remuer. J'ai peur. J'ai peur. J'ai peuuuuuur !
3... 2... 1 !
Brusquement, les liens qui me statufiaient disparaissent, et une masse de force brute me heurte dans l'estomac. Je suis projetée contre un arbre et esquive la prochaine charge tant bien que mal.
_GWAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Hurle mon assaillant en se redressant. QU'EST-CE QUE C'EST BON CA !
...
_K-k-k-k-k-k-kenpachiiiii ? Je glapis en le pointant du doigt.
.
.
Part IV :
.
This seemed to Alice a good opportunity for making her escape ; so she set off at once, and ran till she was quite tired and out of breath (...) her eyes immediately met those of a large blue caterpillar, that was sitting on the top with its arms folded, quietly smocking a long hookah.
.
Oh putain. Oh putain. Oh putain.
_J'vais m'éclater avec toi ! Rugit-il en éclatant de rire.
Je suis tellement trop morte. Tuée par un pote en plus.
Ce n'est pas l'un de tes amis. C'est le Monstre.
"Ce qui revient à peu près au même, le connaissant.
J'évite un coup de poing en déglutissant. Pour éviter une mort aussi douloureuse que violente, une seule solution. Je dégaine mon zanpakuto.
Tu as une ARME ? Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est totalement contre la législation ! Alice, repose ça tout de suite, tu vas te faire mal !
_Valse avec les ombres, Meeka no gen'sou ! J'incante en la brandissant.
J'attends patiemment que mon épée disparaisse et que ma queue débarque... mais il ne se passe rien.
"Kiki ! je hurle dans mon monde intérieur. Qu'est-ce que tu fous ? J'ai besoin de mon shikai là !
Ce n'est qu'ensuite que je me rappelle que Kiki a disparut.
...
_FAIS CHIEEEEEEEEER ! Je hurle en me mettant à courir.
Kenpachi me poursuit avec un hurlement avide.
Au secours ! Aidez-moi ! Quelqu'un ! Pitié !
Je balance quelques Big Bangs au hasard, sans même me retourner, en espérant très fort (mais avec peu d'espoir) que l'un d'eux assomme Kenpachi. Ou face s'écrouler un arbre qui assomme Kenpachi.
N'importe quoi, mais quelque chose, par PITIE !
Mais arrête de lui balancer des trucs, enfin ! Tu es une faible héroïne sans défense, pas une guerrière -pas encore-, Alice ! Suis un peu le Scénario enfin !
"Mais je m'en bats les reins, du Scénario ! J'essaie de rester en vie, tu permets ?
Cesse donc de t'inquiéter. Je prends ce genre de choses en charge, d'accord ? Tiens, tourne à droite là, et il va mystérieusement te lâcher.
Clignant des yeux, j'obéis tout de même, et entend avec stupéfaction les bruits de mon poursuivant s'amenuiser.
Il a vraiment disparut alors ? Trop fort !
Les voies de la Narration sont impénétrables.
Et voilà que l'autre se la pète, tiens.
Je pousse un soupir, avant de regarder autour de moi. C'est pas tout ça, mais faut quand même que je sache où je suis, moi.
Des fleurs de la taille d'arbres, et encore des fleurs. C'est presque lassant.
_A-li-ce ! Sifflote une voix joyeuse.
Je sursaute et me retourne soudainement.
Yoruichi ricane avant de me cracher un nuage de fumée dans la figure.
Je tousse bruyamment en enlevant la fumée. Puis je la fixe avec de grands yeux.
_T... tu fumes la chicha ?
Allongée sur un énorme champignon, Yoruichi aspire une bouffée de narguilé par l'espèce de grand tuyau qu'elle a fourré dans sa bouche.
_Un peu mon n'veu ! Lance-t-elle. Tu veux gouter ?
Je décline poliment. J'ai déjà bien assez l'impression d'être sous extasy pour qu'elle en rajoute.
_Tu sais pas c'que tu rate, Alice, me sermonne-t-elle en secouant la tête. Foi de Chenille, tu sais pas c'que tu rate !
...
Chenille ?
Ca me dit vaguement quelque chose...
Je fixe son corps, emberlificoté dans une espèce de costume vert qui lui joint les deux jambes. Mis à part le fait que ça jure horriblement avec ses cheveux violets, c'est assez space comme manière de s'habiller.
_Mais passons, fait soudainement Yoruichi, m'interrompant dans mes réflexions intérieures. Qu'est-ce qui t'amène ici, Alice ? C't'endroit, c'est pas pour les gosses, tu sais ?
Dixit la nana qui vient de me proposer de la drogue.
En plus, je suis pas une gamine !
_Alors ? Répète Yoruichi.
_Ben... j'me suis faite pourchasser, et j'ai atterrit ici quoi, je marmonne en me grattant la tête.
Une paire de grands yeux dorés se plantent juste devant moi.
_Ainsi donc, ça a commencé, souffle Yoruichi.
Un énorme sourire fleurit sur son visage.
_Trop cool ! Depuis l'temps que j'attends ça !
Elle se redresse et claque dans ses mains.
_On se réveille mes petits choux ! Alice est là, et le jour Frabieu va bientôt arriver !
... Hein ?
_Le jour Frabieu ? Chic, chic, chic !
Je fais trois pas sur le côté alors qu'apparait un énorme champignon, qui se tourne vers moi.
_Salut, Alice-chérie ! Prête pour la bataille ?
_Kisuke ?
Je m'étrangle quasiment dans ma salive. Mais c'est bien Kisuke, dans un grand costume de champignon qui laisse seulement voir sa tête et son bob.
_Alice. Maître Chenille, salue une autre voix -glaciale, celle-là.
Soi Fon, dans un autre costume de champignon, assassine Kisuke du regard alors qu'il lui fait de grands signes.
_Tu as vu Amanite-chérie ? Alice est là, et le jour Frabieu va bientôt arriver ! N'est-ce pas magnifique ?
_Si Maître Chenille dit que ça l'est, répond Soi Fon, imperturbable, alors ça l'est.
_Yeaaaaah ! S'exclame Yoruichi. On va bientôt faire la fête, mes petits !
_Super ! S'enthousiasme Kisuke.
_Je suis heureuse si vous êtes heureuse, Maître Chenille, lâche Soi Fon du bout des lèvres.
Hum. Certaines choses ne changent jamais on dirait...
_Alice ! S'exclame brusquement Yoruichi. Maintenant que mes deux champignons magiques sont là et que j'ai envie de te faire plaisir, est-ce que tu as un souhait précis ?
_Revenir dans ma dimension d'origine ! Je m'exclame.
Crois-y Alice.
_Pas de problème ! Sourit Yoruichi. Je vais te faire rajeunir !
...
Mais c'est pas du tout ce que j'ai demandé !
_Amanite ! Fais rajeunir Alice ! Ordonne-t-elle soudain.
Soi Fon s'avance vers moi, et dégaine... son zanpakuto ?
_Euh... au secours ? Je bredouille en m'éloignant.
Elle incante, et son zanpakuto devient une terrifiante griffe à son doigt. Ensuite, elle se jette sur moi.
_AAAAAAAAAH ! Je hurle en tentant d'esquiver.
Je veux pas mouriiiiiiir !
Deux fines piqures au bras me font glapir de douleur, et je me sens rétrécir.
Ah non, pas encore !
_Ze veux pas ! Faite-moi redevenir grande ! Ze veux être grande ! T'es rien qu'une méchante madame ! Je hurle en donnant un coup de pied à Soi Fon.
Ensuite, je comprends que je n'ai pas rétrécit. J'ai rajeunit.
_Je... Je suis une gamine !
Je regarde mon corps. Oui, effectivement, j'ai rajeunit. Je dois maintenant avoir six ou sept ans.
...
Je ne pourrais plus jamais avoir de relations sexuelles !
_FAIS-MOI VIEILLIR ! MAINTENANT !
Yoruichi bat des paupières.
_T'es sûre ?
_Certaine, je gronde en serrant les poings.
Elle hausse les épaules.
_C'toi qui vois. Trompette de la mort, steuplait, fais-la vieillir !
_Ca marche ! S'exclame joyeusement Kisuke en brandissant son zanpakuto.
Je déglutis lorsqu'il le pointe vers moi et incante. Une rafale de reiatsu plus tard, et me voilà revenu à...
_Hein ? Je bredouille en regardant mon corps. Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Un grand corps de femme mûre se tortille sous moi. J'ai... Trente ans ?
Hum. Pas mal, ce corps, tout compte fait. J'ai de la poitrine en plus !
La claaaaaasse... Je me demande si Gin va aimer...
Gin...
...
Oh MERDE !
_Tu peux pas me faire revenir à mon âge normal ? Je demande avec des sanglots dans la voix.
Yoruichi bat des paupières.
_Mais pourquoi donc ?
Parce que je ne veux pas être plus vieille que mon copain, voilà pourquoi !
Je retiens un hurlement de frustration. Maudite soit la beauté sans âge de Gin. Même si je demande à avoir juste vingt ans, je suis sûre que je ferais cougar à côté de lui.
Fais chier !
_Bon ben comme tu veux, Alice, marmonne Yoruichi. Amanite, Trompette de la mort, un, deux... trois !
Au même moment, les deux m'attaquent avec leurs zanpakutos, et je pousse un hurlement.
_CA FAIT MAL, BORDEL !
Je cligne des yeux et regarde mes mains.
Haha ! Je suis redevenue moi-même ! (et j'ai perdu par la même occasion toute la poitrine de mon double de trente ans. Snif).
Ouais super. Bon, on passe à la prochaine étape ?
Tiens, la Narration. Ca faisait longtemps.
Cache ta joie. Alors, la Chenille va te révéler les secrets du jour Frabieu, donc écoute-la bien, c'est important pour la suite.
"Mais qu'est-ce que c'est ce jour Frabieu à la fin ?
Tu vas bien voir...
_Avant que tu ne partes accomplir ta destinée, je dois t'informer d'une chose, Alice, me glisse Yoruichi en prenant un air concentré.
Fais donc.
_Oui ? Je l'interroge.
Elle s'approche de moi, et colle sa bouche à mon oreille, mortellement sérieuse :
_Ce que tu dois absolument savoir...
Suspens, suspens...
_C'est que...
Cette Chenille a une manière superbe de faire attendre le lecteur. On se sent tout de suite prit aux tripes par l'attente, non ?
_LE SAKE C'EST LA SANTE ! Me hurle-t-elle.
Je fais un bond sur le côté en grimaçant, les tympans explosés. Yoruichi se bidonne ouvertement, et je la fusille du regard. J'aurais du me douter qu'elle trouverait un moyen de faire son intéressante. Grrrr.
... Hein ? Mais qu'est-ce que c'est que cette révélation à la con ? Ce n'est pas du tout ce qui était prévu ! Elle n'a pas lu le Scénario ou quoi ?
"Ah parce qu'il y a un mode d'emploi à ce monde ? C'est gentil de prévenir !
Il n'est pas pour toi, maintenant laisse-moi voir ce qui ne va pas avec cette Chenille...
...
"Donc en fait, ce mode d'emploi est accessible à tout le monde sauf à moi.
En gros.
Scénario à la con. Qu'est-ce que c'est que ces manières d'informer TOUT LE MONDE sur ce qui se passe sauf l'HEROINE, qui est quand même le foutu PERSONNAGE PRINCIPAL de la choucroute ?
_Maintenant que te voilà prévenue, bonne route, Alice ! On se reverra p'têt un jour pour s'en fumer une, qu'est-ce que t'en dis ? Me crie Yoruichi depuis le haut de son champignon.
_J'y penserais, je marmonne avant de percuter le début de la phrase. En route pour où ?
Elle disparait brusquement et se jette sur moi, sa pipe à chiche à la main.
_Vers ton destin !
Ensuite, elle me souffle un énorme nuage de fumée au visage. J'ai à peine le temps de tousser (et de jurer une fois ou deux pour faire bonne mesure) que ma tête tourne.
Je m'évanouis.
.
.
Part V :
.
A large cat was sitting on the hearth and grinning from ear to ear. "Please, would you tell me," said Alice (...) "why your cat grins like that ?" "It's a Cheshire cat," said the Duchess, "and that's why."
.
Aliiiiiiiiiiice... debouuuuuut...
"C'est Haru... veux pas aller bosser...
Tu ne travaille pas. Tu as dix ans.
"... Hein ? Kessessé que cette connerie ? Laisse-moi dormir !
DEBOUT !
"SIR YES SIR !
Je me lève d'un bond en exécutant le salut militaire. La Narration soupire.
Saint-Lewis... mais qu'ai-je fait au monde pour mériter ça ?
"Tu as foutu une innocente jeune fille dans un mercier incroyable. Ca te suffit comme réponse ?
...
Je ricane en m'étirant. Ouah... ça a été une bonne sieste.
Ensuite, je m'aperçoit que Yoruichi et les champignons ont disparus.
Bon. Je ne vais pas m'étonner de ça. Après tout, je viens bien de rajeunir, vieillir puis rajeunir à nouveau. Il peut difficilement y avoir plus surréaliste, non ?
Tu as déjà vu un tableau de Dali ?
"Non. Quelque chose me dit que je ne veux pas voir.
Alors tu ne sais pas ce qui est vraiment surréaliste.
"Je te crois sur parole.
_Ohoooo... on dirait qu'il y a quelqu'un qui cherche son chemin... meow.
Un sourire félin se dessine dans les airs. Oui, juste un sourire, sans le visage qui va normalement avec. Wow.
"Et CA, c'est pas surréaliste, peut-être ?
_Alors Alice... tu es perdue ? Meooooow...
Je fronce les sourcils. C'est fou comme cette voix me dit quelque chose.
_On peut dire ça comme ça, je réponds tout de même.
_Meow, comme c'est amusant d'être perdu ! Et pourquoi t'es-tu perdue ?
J'ai été projetée hors de ma dimension dans un endroit où les gens ont des oreilles d'animaux sur la tête.
Ne lui répond surtout pas ça ! Demande-lui plutôt ton chemin.
"Pour aller où ?
Chez le Chapelier Fou, évidemment.
Oui, évidemment. Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Ca coule de source, le Chapelier Fou. J'aurais du le savoir tout de suite, si seulement j'avais eu le PUTAIN DE MODE D'EMPLOI.
_Alors, petite Alice, où vas-tu ? M'interroge à nouveau la voix familière. Meow ?
Souviens-toi ! Le Chapelier Fou !
_Chez le Chapelier Fou ? Je hasarde.
_Oooooooh... Chez le -meow- Chapelier Fou ? Comme c'est intéressant...
Une queue rose battant négligemment sort du vide pour s'enrouler autour de ma jambe, tandis que deux mains blanches se posent sur mes épaules.
_Veux-tu que je te guide, petite Alice ? Souffle Gin à mon oreille.
...
GIIIIIIIIIIIIN !
Je me retourne brusquement pour lui sauter dessus, pour retomber sur du vide : il a shunpoté.
Ma lèvre se met à trembler. Oh non, pas la femme enceinte, pas la femme enceinte, pas la femme enceinte !
C'est le Chat de Cheschire. Il fait toujours ça.
Je cligne des yeux. Un chat ?
Gin - est - un - chat ?
C'est visible, non ?
Je lève la tête vers l'arbre où Gin s'est téléporté, et où il me fixe avec amusement. Il est vêtu de son haori de capitaine, comme d'habitude, son sourire sur le visage, comme d'habitude, ses oreilles roses rayées de violet sur la tête, comme d'hab- OMH. OMFH.
Gin a des oreilles et une queue de chat. Et elle sont roses.
Et ça lui va super bien.
Je vais baver.
... Alice ?
"Ouais ?
TU N'ES PAS SENSEE PHANTASMER SUR LE CHAT DE CHESCHIRE !
"Mais c'est mon copain !
C'est un foutu CHAT !
_Meow... Tu vas bien Alice ? Tu as l'air distraite, remarque Gin en se téléportant juste devant moi.
_Je ne vais pas bien et ça n'ira pas mieux tant que je ne pourrais pas faire une certaine chose, mais passons, je grogne en rangeant mon envie d'enlever tous les vêtements de Gin dans ma poche avec un petit mouchoir dessus.
Arrête de grommeler et demande-lui de te guider jusqu'au Chapelier Fou. Et avec le sourire s'il-te-plait. Tu es Alice, une gentille petite fille qui est heureuse de vivre, ne l'oublie pas !
"Ca risque pas...
_Gi- Truc avec des oreilles ?
C'est "Chat de Cheschire". Chat. De. Cheschire. Pas compliqué à retenir pourtant, non ?
_Meow ?
_Il est où le Chapelier Fou ?
Gin apparaît soudainement à côté de moi. Je réprime une envie de lui sauter dessus lorsqu'il se penche à mon épaule.
_Et pourquoi veux-tu voir le Chapelier Fou ? Ronronne-t-il.
Sexy...
_Euh...
Euh... invente quelque chose ! Je n'ai pas le Scénario sous la main là, donc je ne peux pas te dire.
"Ah oui c'est sûr que si tu paume le mode d'emploi, on n'est pas prêt de s'en sortir !
Tu vas la fermer oui ?
_A-li-ce, serais-tu partie follatibuler sans moi ? Interroge Gin.
Follatikwa ?
Vocabulaire du Pays des Merveilles, cherche pas.
"Ah parce qu'il y a aussi une langue locale ? C'est gentil d'informer les visiteurs !
...
_Pour tout te dire, je réfléchissais à une raison d'aller voir un type que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam pour ne pas éveiller ta méfiance, je marmonne en haussant les épaules. Mais là j'ai vraiment pas d'idée, donc je vais me contenter de te demander le chemin.
...
"Ben quoi ? Etre honnête dans son couple, c'est important.
Je veux démissionner.
_Ca c'est un état d'esprit que j'aime, meow. Me lance Gin en disparaissant puis en réapparaissant devant moi, assis dans les airs.
Ca c'est mon copain !
_Et vu que tu m'adore (qu'on soit dans un univers bizarre où tu as des oreilles de chat ou dans notre univers), tu me réponds ? Je demande en battant angéliquement des cils. Ou mieux, tu m'y conduis, comme ça on pourra rester ensemble et trouver un coin tranquille où faire des tas de trucs interdits aux moins de dix-huit ans...
Tu fais ça, je te tue.
"Tu es une VOIX. Comment tu pourrais me tuer ?
Touché.
_Kufufufu... tu es vraiment très amusante, Alice, prononce Gin. Je me demande quel chemin tu devrais prendre pour aller voir le Chapelier... Regarde donc devant toi !
Je m'exécute, et m'aperçois que tous les arbres de la forêt ont reculés pour former deux chemins radicalement identiques. Sur l'un est écrit "Cheumin", sur l'autre, "Chemain".
... C'est quoi ces fautes d'orthographe ?
Quand on ne sait pas faire des questions grammaticalement correctes, on s'abstient de critiquer.
"Touché.
_Alors Alice, siffle Gin. Devrais-tu prendre le Cheumin ou le Chemain ? Droite ou gauche ?
_Lequel mène vers le Chapelier ?
Il apparait soudainement derrière mon épaule et montre le gauche.
_Celui-là...
Je lève un pied.
_N'y mène pas.
Je me tourne docilement vers l'autre.
_Mais celui-là n'y mène pas forcément non plus...
Tellement digne de Gin. J'aurais du prévoir le coup.
_Mais une chose est sûre, dit-il à mon oreille. Où que tu aille, c'est avec tes pieds...
_Peut-être, mais j'aimerais bien qu'ils me mènent là où je dois aller, je réplique avec un début de mauvaise humeur.
_Et où dois-tu aller ?
_Chez le Chapelier.
_Tu vas chez le Chapelier ?
_Visiblement.
_Alors pourquoi es-tu perdue.
_Parce que je ne sais pas où c'est.
_Où est quoi ?
_Le chemin.
_Le chemin pour aller où ?
_Chez le Chapelier.
_Tu vas chez le Chapelier ?
... Je vois. Il veut jouer à ça.
Sauf que, très cher Gin que j'aime, ça fait un certain temps qu'on est ensemble. Et tes petits jeux sournois d'embrouillage de neurone, ça ne marche plus avec moi ! Je résiste !
_Oui.
_Mais comment ?
_Avec mes pieds.
_Pourquoi ?
_Parce que c'est avec eux qu'on marche.
_Qu'on marche où ?
_Sur Terre.
_Pour aller où ?
_Là où on doit aller.
_Et où dois-tu aller ?
_Chez le Chapelier.
_Chez qui ?
_Le Chapelier.
_Tu vas chez le Chapelier ?
STOOOOOOOOOP ! Vous allez me rendre cinglée tous les deux !
"Qui ?
CA SUFFIT ! Alice, laisse tomber le Chat et prend le Cheumin.
"Y'en a deux.
Le Cheumin. Celui de droite.
Si elle précise pas, aussi...
_Bon, Gi- euh, le chat, tu viens avec moi ! J'ordonne. Je vais à droite !
_Alors je pars à reculons, meow. Au revoir, A-li-ce ! Nous ne nous reverrons jamais, sauf si nous nous croisons...
Sur ces derniers mots, son corps s'efface lentement. Ne reste que son sourire, qui m'envoie un baiser invisible.
_Bye bye, meow !
Le sourire s'envole dans le ciel. Je reste seule et soupire. C'est pas aujourd'hui que je passerais un jour tranquille avec mon copain.
Décidant de rester philosophe, je gonfle la poitrine et m'embarque sur le Cheumin.
.
.
Part VI :
.
"Why is a raven like a writing-desk ?"
.
_Trois kilomètres à pieds... ça useuuuh, ça useuuuuh... ça useuh les souliers !
.
_Trente kilomètres à pieds... ça useuuuuh, ça useuuuuh... ça useuh les souliers !
.
_Six cent quatre-vingt sept kilomètres à pieds... ça useuuuuh, ça uhseuuuuh... ça useuuh la plante des pieds !
.
_Dix-huit mille neuf cents kilomètres à pieds... ça useuuuuh, ça useuuuuh... ça use ET CA FAIT CHIER !
Je vais péter un plombs.
Rectification : je pête un plomb.
_PUTAIN DE BORDEL DE CHIURE DE COUILLE DE MEEEEEEERDE ! MAIS OU EST CET ENFOIRE DE CHAPELIER QUE JE L'ASSASSINE !
Alice !
"C'est Haru !
Tu te rends compte de ce que tu dis ? Des enfants en bas âge lisent cette histoire !
"Ca, fallait y penser AVANT de m'embaucher pour le truc !
Oh !
C'est ça, fais l'offusquée, Narration de mes deux.
Mon syndicat entendra parler de ça !
"Et tes fesses, elles en entendent parler ?
I- insolente !
Je décide de ne pas répondre. Je pourrais devenir vulgaire.
Ecartant de la main une fleur de la taille d'un éléphant (eh non, je n'ai toujours pas grandi depuis que j'ai du boire cette fichue fiole), je marche encore et toujours le long du Cheumin. Ce que je fais depuis maintenant deux heures et demi.
J'ignore qui est le Chapelier Fou, mais il a intérêt d'en valoir la peine.
Au lieu de grommeler et d'insulter les innocentes Narrations, tourne à gauche. C'est juste là.
J'obtempère sans répondre. Alors que le virage se finit, je peux voir que je suis sortie de la forêt, et que je me trouve à présent devant une petite plaine surmontée d'un moulin tordu, et d'une table où siègent trois personnes. Je m'approche en levant la tête. Evidemment, ils sont gigantesques, vu que j'ai la taille d'une fourmille. Fais chier !
_Aliiiiiiiice !
Une grande silhouette chapeautée traverse la table en écrasant les plats et s'accroupit devant moi, un sourire hilare sur les lèvres.
_T'as rétrécit au lavage ? Me demande Shinji en rigolant.
...
Connard.
Alice, voici le Chapelier Fou !
"C'est marrant, j'aurais plutôt vu Kisuke dans le rôle. M'enfin, j'imagine qu'il doit bien s'éclater en champignon aussi.
Mais c'est vrai qu'avec le bob, on tend à penser que voilà.
Bref.
_En fait j'ai bouffé une connerie et au lieu de prendre dix kilos j'ai perdu dix mètres, mais ce n'est pas le sujet, je marmonne en croisant les bras. Donc ici tu es le Chapelier Fou ?
_C'est exact !
Il enlève son chapeau et exécute une révérence.
_Pour vous servir, gente Alice.
Haru. H. A. R. U. C'est pourtant pas compliqué, si ?
Alice. A. L. I. C. E. C'est pourtant pas si compliqué, si ?
"Vas te faire foutre et dis-moi ce que je dois faire, O grande Narration.
Pour le moment, contente-toi de prendre le thé avec eux. La suite arrivera d'elle-même.
"Oui maître.
_Bon, on prend le thé ou quoi ?
_Mais avec plaisir gente Alice, s'exclame Shinji. Mais avant de t'assoir à notre table, une petite devinette... Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ?
Je cligne des yeux.
Hein ?
_Tu peux répéter la question ? Je bredouille.
_Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ?
Euh...
"Une réponse, capitaine ?
Nan. Débrouille-toi. C'est dans le Scénario.
"Alors file-moi le mode d'emploi !
Plutôt mourir.
"PUTAIN !
_Alors, Alice ? Une réponse ? Glousse Shinji.
Je fronce les sourcils.
_Bah... ils sont en bois tous les deux ?
... T'es sérieuse là ?
_Euh merde, non, je me suis gourée. Ils ont des plumes !
Hum. A la réflexion, c'est pas ça non plus.
_Laisse-moi réfléchir. Bureau... bureau égale rapport... rapport égale travail... travail égale sixième division... sixième division égale Byakuya... Byakuya égale glaçon... glaçon égale eau... eau égale mer... mer égale poissons... poissons égale sirènes... sirènes égale amour... amour égale sentiments... sentiments égale humain... humain égale mortel... mortel égale mort... mort égale faucheuse... faucheuse égale faux... faux égale vautour... vautour égale oiseaux... oiseaux égale CORBEAUX ! Je termine, triomphante.
Haha ! J'ai vaincue !
Oh. My. Lewis. OH MY FUCKING LEWIS !
"Admire mon génie.
Je... Je... Je vais faire une rupture d'anévrisme.
"Hein ?
Tais-toi Alice. Juste, tais-toi.
"Comme tu veux.
Abandonnant la Narration à sa rupture d'anévrisme, je me tourne vers Shinji, triomphante.
_Alors mon gros, satisfait ?
_Je suis très heureux d'avoir la réponse à cette question que je me pose depuis si longtemps, Alice, me dit-il gravement. Merci.
_Mais de rien, je répond charitablement. Alors, on le prend, ce thé ?
_Avec plaisir ! Dit Shinji en me tendant la main. Monte donc Alice, que je te présente au Lièvre et au Loir.
Je fixe ses cinq énormes doigts, avant de déglutir.
Si on m'avait dit que je me baladerais en main un jour...
Prenant mon courage à deux mains, je saute sur la paume ouverte de Shinji, qui me fait un gigantesque souvenir, rajuste son haut-de-forme et m'amène jusqu'à ce qu'il nomme "la table de non-anniversaire".
_Très chers amis, annonce-t-il à la cantonade, voici Alice !
_Yo les mecs, ça boume ? Je marmonne avant de lever la tête. Moi c'est Ha-PUTAIN !
_Langage !
_GWAHAHAHAHAHAHA !
...
...
...
...
Je viens de découvrir où sont passés mes deux voix intérieures.
_KIKI ? URAH ? Je beugle en sautant sur la table. C'est vous ?
_Et voilà qu'elle a des hallucinations. J'ignore pourquoi, mais je me doutais en la voyant que cette jeune fille ne serait pas très vive.
_GWAHAHAHAHAHAHAHAHA !
Bon, pas de doute, c'est bien eux.
Non. Encore une fois, ce sont des personnages. Tu ne les connais pas, ils ne te connaissent pas, un point c'est tout.
Ah oui, c'est vrai.
Je soupire, et fais un salut à Kiki et Urah, avant de détailler plus attentivement leurs costumes.
Kiki... n'a pas du tout changé. Grand, sombre et androgyne, seules deux énormes oreilles de lièvres (noires, évidemment), pointent hors de sa chevelure.
Quand à Urah, elle a gagné deux petites oreilles rondes et pelucheuses, ainsi qu'une petite truffe brillante sur le bout de son nez.
Okay. Il faut que je prenne des photos.
Lâche cet appareil tout de suite.
"Mais...
Tout. De. Suite.
Même pô juste, je songe en rangeant mon appareil photo.
_Trêve de plaisanterie, intervient soudain Kiki. Que prévois-tu pour le jour Frabieu, Alice ?
...
_Hein ?
Un de ses sourcils se hausse.
_Tu as un plan, non ? En tant qu'Elue par l'Oraculum, tu dois bien avoir inventé un plan qui nous permettra de vaincre la Reine Rouge et son monstrueux Jabberwocky, n'est-ce pas ?
Euh...
_Le quoi ? Vaincre qui et qui ?
Kiki me fixe avec de grands yeux.
_Tu... tu ne sais rien ?
Urah se met à hurler de rire.
_ON EST TOUS MORTS ! POUAHAHAHAHAHAHAHA !
Okaaaaaay...
_En même temps, je fais remarquer, si quelqu'un daignait m'expliquer ce qui se passe ici...
"Ou me donnait le FOUTU MODE D'EMPLOI...
Meurs.
_Bref, si on me renseignait, je pourrais probablement mieux saisir la situation et ce que tout le monde attend manifestement de moi, j'achève en haussant les épaules.
Shinji se gratte pensivement le menton.
_Ca se tient, admet-il. Je n'aime pas ça, c'est trop cohérent.
Tous frissonnent autour de moi.
Oui, quand on n'a pas l'habitude, la cohérence fait un peu peur, je l'avoue.
_Nous n'avons plus qu'à expliquer tout ce qui se trame à Alice, lance Kiki en buvant un peu de thé. Chapelier...
_Oui, je laisse le Loir commencer, sourit Shinji. Loir ?
_GWAHAHAHAHAHAHA !
_C'est tout à fait ça ! Approuve Shinji d'un air convaincu.
... Carrément. J'ai tout compris.
_Et avec un décodeur, ça donne ? Je demande en m'asseyant sur la nappe.
Shinji cligne des yeux.
_Ce que veut dire le Loir, c'est bien évidemment que-
_CHAPELIER ! Hurle soudain une voix.
Je sursaute et voit Rukia courir vers nous, avant de sauter sur la table en agitant les bras.
_C'est terrible ! Il s'est passé quelque chose d'atroce !
_Que veux-tu dire, Souris ? L'interroge Kiki.
Rukia prend une profonde inspiration et débite d'une seule traite :
_Nous avons été attaqué par l'armée de la Reine Rouge alors que nous venions de trouver Alice. Nous nous sommes enfuis, mais nous avons perdu Alice et sommes tombés dans une embuscade ! Dodo, Tweedledee et Tweedledum se sont fait capturer, il n'y a que moi qui ait pu m'échapper... et l'Armée de la Reine vient par ici, ils m'ont suivi au flair grâce à Bayard, mais je ne savais pas où aller... je suis désolée...
Elle s'évanouit dans mes bras, sous mon regard halluciné.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Ca commence vraiment...
"Quoi donc ?
L'action !
Et à ce moment précis, une cinquantaine de soldats pénètrent la clairière pour se jeter sur nous.
.
.
Part VII :
.
"It's the stupidest tea-party I ever was at in all my life !"
.
J'ai à peine le temps de sentir la main de Shinji se refermer sur moi et m'envoyer bouler au fond d'une théière que je crie en me cognant la tête contre la paroi.
_MERDE SHINJI, QU'EST-CE QUE TU FOUS ?
_Shhhh ! Me chuchote-t-il en posant la théière sur ces genoux (du moins c'est ce que je déduis d'après les endroits où je me cogne quand il la bouge). Ils sont venus pour toi, Alice, ne leurs donnons pas satisfaction, veux-tu ?
Ah. Okay. Si tu le dis bouffi, moi je veux bien obéir.
Mais j'aimerais aussi qu'on m'explique ce qui se passe, BORDEL !
_Chapelier, Lièvre, Loir, salut soudain une voix douce.
Une voix que je connais. Une voix qui hante mes plus profonds cauchemars.
Celle de Kokoro Kuchiki.
Oh my Haru. Oh my FUCKING Haru.
_Valet de Coeur, salut à son tour Shinji. C'est un plaisir que de vous revoir parmi nous ! Comment allez-vous ?
_Bien, je vous remercie, roucoule Kokoro. Les enfants, dites bonjour à nos hôtes !
Un concert de "bonjour" suit. Kiki et Urah ne parlent pas.
_Voyez-vous, Chapelier, poursuit Kokoro, je me promenais avec mon ami Bayard ici présent, lorsque ce dernier a senti l'odeur d'une personne que nous recherchons depuis longtemps, n'est-ce pas Bayard ?
Un faible "oui" retentit. Une autre voix connue, qui me fait m'étrangler dans ma salive.
Je me dresse sur la pointe des pieds pour soulever légèrement le couvercle de la théière et apercevoir la scène, et obtient confirmation de mes doutes : c'est bien Renji qui, enchainé, baisse la tête d'un air piteux.
Notant au passage qu'il a gagné une queue, des oreilles et une truffe de chien, je lève les yeux vers mon Pire Cauchemar numéro 2.
Sanglée dans une uniforme traditionnel japonais rouge, Kokoro Kuchiki monte avec grâce un immense cheval noir.
"Narration !
Oui ?
"Comment je fais pour reprendre ma taille normale ?
Eh bien tu trouveras dans tes poches des miettes du gâteau- attends une minute, ne me dis pas que tu veux les utiliser maintenant ?
"Tout juste !
Je fouille avec avidité dans mes poches, mais mon corps se paralyse soudainement.
"Mais qu'est-ce que tu fous ?
Je t'empêche de détruire le Scénario. Jure de ne pas manger le gâteau avant que je ne te le dise et je te relâcherais.
"Et si après je re-rétrécis ? Je retrouve ma taille normale, je poutre la gueule de Kuchiki-mère, et après je rétrécis ! C'est bien ça, non, comme compromis ?
Non. Jure ou tu reste paralysée.
Je soupire.
"Ca va, ça va, je jure. Lâche-moi maintenant.
Mon corps retrouve sa liberté de mouvement, et je m'assois au fond de la théière, dégoutée.
_Et donc, reprend Kokoro, je me demandais si par le plus grand des hasards, vous n'auriez pas vu notre petite Alice... la Reine est si impatiente de la rencontrer... huhuhu...
_Eh bien je suis navré, mais nous n'avons pas vu l'ombre d'une chevelure d'Alice ! Répond Shinji avec assurance. Mais si par hasard nous la croisions, croyez bien que je vous le dirais sans hésiter.
J'entend Kokoro pousser une exclamation dédaigneuse.
_Permettez que je vérifie ? Bayard, cherche ! Ordonne-t-elle sans attendre de réponse.
_Oui, acquiesce faiblement Renji.
Des bruits de pas accompagnés de reniflement. Je sens nettement Shinji se raidir, mais il ne dit rien.
Je regarde à nouveau par la fente de la théière, et voit qu'il s'est mis à quatre pattes pour passer sous la table... et arriver juste en face de moi. Son gros oeil se colle au mien, cligne, et Renji pousse un soupir.
_Désolé Alice, woof, souffle-t-il. Mais je vais devoir-
_Fais ça et je t'arrache les yeux pour les fourrer dans le seul endroit de ton corps où le soleil ne brille jamais. Et je ne parle pas de tes trous de nez, je déclare avec autant de froideur que possible.
Faites que ça marche, faites que ça marche, faites que ça marche...
_Woof, pitié, ne fais pas ça ! Me supplie Renji. Je n'ai pas le choix, je-
_Je me fous de tes arguments, je grogne. Tu me dénonce, tu vas avoir mal. Très mal. Et ton chéri ne sera pas là pour te supporter.
_Co- comment sais-tu à propos du Lapin et moi, woof ? S'exclame Renji.
Le Lapin ? Quel Lapin ?
Bon, ne cherchons pas à comprendre et profitons-en.
_Je sais tout. Et surtout que tu vas souffrir si tu ne te détourne pas en disant qu'il n'y a rien ici maintenant !
J'assortis le tout d'un petit Big Bang qui explose sur sa truffe. Renji bondit et fait précipitamment demi-tour. Je l'observe revenir vers Kokoro d'un air aussi naturel que possible.
_Alice n'est pas ici, déclare-t-il. Je le jure, woof.
Kokoro le fixe un long moment, avant de froncer les sourcils.
_Très bien, je te crois, énonce-t-elle. Mais sache que si tu nous a mentis, toi et ton Lapin en payeraient les conséquences. Et tu connais notre Reine...
Renji tremble, mais ne répond pas.
Finalement, Kokoro lève la main et ordonne à son armée (des soldats entièrement rouges et sans visages) de partir. Elle et Renji s'en vont en dernier. Bientôt, la clairière est déserte.
Wow. Ce n'était pas dans le Scénario, mais tu as réussi à les faire partir de manière plutôt efficace.
"Ca l'aurait été encore plus si tu m'avais laissé exploser la tête de la mégère.
Tu auras l'occasion de le faire, ne t'inquiète pas. Mais rien de trop violent, hein ! N'oublie pas que tu es une petite fille sage...
"Promis.
Ouais. Rien de trop violent.
Héhéhéhé.
Shinji soulève le couvercle de la théière.
_Eh bien eh bien, Alice, on dirait que tu as su convaincre notre ami Bayard de manière plutôt... efficace ! Rigole-t-il en me soulevant pour me reposer sur la table.
_Mouarf, c'est pas grand-chose, je marmonne en haussant les épaules. Je fais ça tout le temps au Gotei.
Surtout quand ça concerne des rapports compromettants à cacher hors d'atteinte du regard de Byakuya.
_Tout cela est bien beau, mais qu'allons-nous faire maintenant ? La Reine Rouge nous surveille, et ce sera un miracle si elle n'envoie pas son Bandersnatch à nos trousses ce soir !
_OH OUIHIHIHIHIHIHIHI !
Quel que soit l'univers où elle se trouve, Urah est toujours aussi inutile. Ca en devient un peu pitoyable. Surtout marrant, mais un peu pitoyable quand même.
_Alice n'est pas en sécurité avec nous. De plus, clame Shinji, pour réaliser sa mission, elle doit aller à la rencontre de la Reine Blanche.
... Hein ?
Kiki et Urah opinent du chef, et Shinji baisse la tête vers moi.
_Eh bien, Alice, il est temps pour nous de nous quitter ! Nous devons nous occuper de Souris, et toi de ton destin !
_Mais vous ne m'avez rien expliqué-
_Prête pour un petit voyage en chapeau ?
Un voyage en QUOI ?
Shinji me prend dans sa main et ôte son chapeau de l'autre.
_Attends une minute ! Je proteste. Il est hors de question que tu te débarrasse de moi comme ça ! Je veux savoir ce qu'il se passe ! LACHE-MOI TOUT DE SUITE ESPECE DE BLOND !
_Bon voyage, Alice ! Amuse-toi bien !
Il me pose sur le chapeau. Je m'apprête à en sauter, lorsque ce traître le lance.
Une seconde plus tard, me voilà en train de tourbillonner dans les airs en hurlant de toute la force de mes poumons, accrochée uniquement par le bout de mes doigts à un ruban qui dépasse du haut-de-forme.
_AAAAAAAAAAH ! AU SECOUUUUUUUUUUUUURS !
Le ciel et la terre défilent autour de moi, alors que je continue de hurler.
_JE VEUX PAS MOURIIIIIIIR !
_C'est une aspiration souhaitable, et bien commune à tous les êtres : qui donc souhaite mourir ? Meow.
J'entends des voix. Est-ce que ça veut dire que ma mort est proche ? Je ne suis pas sensée voir ma vie défiler ? (enfin, ma vie de shinigamie quoi)
_AAAAAAAAAAAAAAH !
_Qu'est-ce qui t'effraye autant, A-li-ce meow ?
Un sourire apparait juste devant moi.
Gin.
_CONNARD ! T'AS PAS HONTE DE ME FAIRE DES PEURS PAREILLES ? Je beugle.
Le sourire devient un point d'interrogation.
_Meow, qui diable insulte-tu ?
_TOI, ESPECE DE PETIT SALAUD SEXY !
Bon. Ce n'est pas vraiment une insulte. Mais c'est totalement vrai.
_Quelle grossièreté, meow.
_JE T'EMMERDE !
Gin apparait, flottant avec élégance dans les airs, au même rythme où je suis ballotée par ce fichu chapeau. Sauf que lui, il n'a pas les turbulences du voyage.
_CONNARD ! Je répète en m'agrippant de plus belle au chapeau.
Il ricane d'un air félin. Connard... mais fichtrement canon.
ARRETE CA. TOUT DE SUITE.
"Rabat-joie.
_Alors A-li-ce, pourquoi vole-tu à dos de meow chapeau ? M'interroge Gin en penchant la tête sur le côté.
_PARCE QUE JE N'AI PAS EU LE CHOAAAAAAAAAAH !
Je hurle alors qu'une petite pierre passe à deux millimètres de ma tête.
_CAILLASSES DE MERDE !
Tu es vraiment grossière, Alice. Tu te rends compte que des enfants nous lisent ? Je te prierais de modérer ton langage.
"RIEN A FOUTRE DES GOSSES ! J'VEUX DESCENDRE !
_Tu fais donc des choses contre ta volonté ? Meow, comme c'est étrange...
Je passe mon temps à faire des choses contre ma volonté.
_Je me sens désolé pour toi, meow.
...
_C'est vrai ? Je demande avec des étoiles dans les yeux.
Gin serait-il en train de devenir romantique ? (ou juste affectueux ?)
_Non. En fait, j'aime bien cet état de fait, meow.
CONNARD.
Mais pourquoi est-ce que je sors avec lui ?
Ah oui, je l'aime. C'est con, l'amour.
Je pousse un soupir énamouré. C'est peut-être un connard sans coeur, mais c'est le mien.
Pour la dernière fois, c'est juste un CHAT. Un banal, foutu CHAT.
"Insulte Gin encore une fois et je t'arrache les yeux. Juste un conseil d'amie, hein.
Je sens que je vais mourir avant la fin de cette aventure. Mais pourquoi moi ? Pourquoi, pourquoi MOI ?
"C'est une question que je me pose souvent.
_Au fait, A-li-ce, où vas-tu comme cela ? Demande soudainement Gin en agitant sa queue devant moi.
Euh... Très bonne question.
_AUCUNE IDEE ! Je crie pour couvrir le bruit du vent. ET TOI ?
_Je l'ignore également. C'est agréable de se promener, on rencontre des gens, on discute... qu'en pense-tu, meow ?
_JE PREFERERAIS FAIRE CA LES PIEDS SUR TERRE !
Gin hausse les épaules.
_Tes désirs sont des ordres, A-li-ce, commente-t-il avec un sourire mystérieux avant de lever la main pour taper sur le chapeau. L'effet est immédiat : déstabilisé par le poids, le haut-de-forme est violemment secoué. Tellement violemment que je décroche.
Et je tombe.
_Bye bye, A-li-ce ! Me salut Gin en me faisant un clin d'oeil, avant de disparaître dans les airs.
_CONNAAAAAAAAAAAAAAAAAAARD ! Je braille en brandissant mon poing contre lui.
Ensuite, je me tourne pour voir la terre qui avance de plus en plus vite vers moi. Oh merde. Oh merde. OH MERDE.
Je fais jaillir un Big Bang, qui ralentit légèrement ma chute. Bien. Plus que quelques-uns et je devrais pouvoir me poser sans trop de probl-
Je heurte violemment le sol, et m'y enfonce d'une dizaine de centimètres.
Et ça fait mal. Vraiment.
_Aieaieaieaieaiiiie... je gémis en bougeant tous mes membres pour vérifier qu'aucun n'est cassé. Je souuuuuffre !
Prenant appuis contre la terre, je sors du trou que j'ai (douloureusement et involontairement) creusé, pour regarder autour de moi. Je me trouve dans un grand jardin, uniquement peuplé de roses blanches. Devant moi, un énorme château me surplombe de toute sa hauteur. On dirait bien que je suis tombée juste devant l'entrée principale.
Je cligne des yeux pour chercher quelque chose qui pourrait me renseigner sur l'endroit où je me trouve. Un énorme panneau indicateur écarlate répond à ma question :
"PALAIS DE LA REINE ROUGE"
Hum.
J'ai comme un mauvais pressentiment...
.
.
Part VIII :
.
She found herself at last in the beautiful garden, among the bright flower-beds and the cool fountains. (...) the roses growing on it were white, but there were three gardeners at it, busily painting it red. (...) "why are you painting those roses ?" (...) Two began in a low voice :" (...) If the Queen was to find out, we should all have our heads cut off, you know."
.
Bon. Récapitulons.
Je viens de faire un crash en chapeau, dont je suis miraculeusement sortie vivante (mais Gin ne l'est plus pour longtemps, ce sale petit traître), et qui m'a envoyé en plein territoire inconnu -pas si inconnu que ça, certes, puisque je sais à présent que je suis au palais d'une certaine Reine Rouge. Et aussi que je suis en plein dans la merde, mais c'est accessoire.
La question est : que faire ?
Commence par faire le tour du château.
Heureusement, la Narration est là pour me donner des ordres étranges et sans explication. Quel bonheur d'avoir une amie qui vous soutient et vous aide à tout moment !
Tais-toi et marche.
"Oui maîîîîître...
J'avance le long des haies de roses blanches, jusqu'à entendre des éclats de voix pressés. Curieuse, je tend la tête pour voir ce qui se passe.
_AS DE COEUR ! ARRETE DE METTRE DE LA PEINTURE PARTOUT !
_Nan ! Je mets la peintureuuuuuh !
_AS DE COEUR, ARRETE CA OU JE TE DENONCE A LA REINE !
_Ouinnnn ! As de pique est trooop méchant avec moi ! J'VEUX MANGER DES BANANES ! CRETIN D'AS DE PIQUE !
_JE VAIS LA-
_VOS GUEULES !
Hiyori se saisit d'un pinceau et l'abat froidement sur la tête de Kensei et Mashiro.
Perso, je reste coite.
Il y a de quoi.
Tous les Vizards -Shinji excepté- sont là, sauf que leurs corps ont été remplacés par des cartes de jeu. Oh, et ils peignent les roses blanches en rouge en se hurlant dessus.
Surréaliste. Définitivement.
Décidant qu'il est temps pour moi de faire ma petite entrée, je débarque et me plante devant eux.
_Yo les mecs !
-HIIIIIIIIIIIIIII ! UNE SOURIS !
_ECRASEZ-LA !
_Moi j'aime bien les souris...
_TA GUEULE, AS DE COEUR !
Hiyori, en as de trèfle, se jette sur moi avec un pinceau.
_CREVE !
Mais qu'est-ce qu'elle fout ?
Rectification : AAAAAAAAAAAAAAH !
Je me mets à courir en zigzagant pour lui échapper, tout en braillant :
_JE SUIS PAS UNE SOURIIIIIIIS !
Mais... mais qu'est-ce qu'ils font ? Ca n'est pas sensé se passer comme ça !
"Vas leurs dire alors !
Je ne peux pas intervenir. Toi, dis leur.
"CA VA PAS NON ?
Je cours, jusqu'à sauter en plein dans un massif de roses en évitant les épines. De là, je me fais toute petite (ce qui n'est pas difficile au vu de ma taille actuelle), et attend patiemment que les Vizards arrêtent de vouloir me tuer.
Ce qu'ils font remarquablement vite.
_Elle arrive ! Piaille Rose. Finissez de peindre les roses, on s'occupera de la souris plus tard !
Bonne idée !
... Elle arrive ? Qui arrive ? Et pourquoi elle les terrifie autant ?
_Stop ! Qui c'est qui est là ? J'interroge en sortant la tête des roses, pour voir que les Vizards sont déjà partis. HEY ! REVENEZ !
Je trépigne quelques instants, avant d'entendre à nouveau d'autres éclats de voix. Bon, si c'est cette fameuse "Elle", je ferais mieux de la fermer.
Une armée d'hommes et de femmes débarquent, et je reconnais avec stupéfaction l'ensemble des divisions. Seule la onzième est absente.
_La Reine va maintenant procéder à sa partie matinale de croquet ! Annonce quelqu'un, que je reconnais comme étant Byakuya.
Très raide, les oreilles dressées, il se tient au milieu de l'herbe, impavide. On dirait qu'il a avalé un caisson de ballais en plus de celui qu'il a de naissance.
_Gentes dames, messieurs, annonce-t-il froidement, voici notre Maîtresse, la Reine Rouge !
Tous les courtisants font une révérence, tandis qu'arrive la... la... la... OH PUTAIN !
Non, c'est impossible. Kokoro, passe encore. Vraiment. Mais pas elle ! Pitié, PAS ELLE !
_Huhuhu, glousse Sakura, quel bonheur de vous voir tous ici !
NOOOOOOOOOON !
Tapis dans les roses, je gémis de désespoir. Mais pourquoi, pourquoi a-t-il fallu que je débarque dans la maison de Sakura FOUTUE Osokawa ?
Je suis maudite.
Sakura se saisit d'un maillet à la forme bizarre, et commence à pousser une boule bizarre dans une espèce de demi-cerceau vertical bizarre. Ce n'est qu'en plissant les yeux que je m'aperçois que le maillet est en réalité un des membres de la quatrième division, un certain Hanatarou, habillé en rose, que la boule est le crâne d'Ikkaku, qui grogne chaque fois qu'il doit passer dans un des cercles, et que lesdits cercles sont... des cercles, en fait.
Nom d'un canard albinos. Et dire que je pensais avoir tout vu lorsque j'ai dut réconcilier un transsexuel avec son frère.
Sakura continue à jouer, et je la détaille en plissant des yeux. Est-ce que sa tête fait la taille de son corps ou j'hallucine ?
Je n'hallucine pas. Sakura a bien une tronche de pastèque OGM. Et elle s'est fait une couleur aux cheveux, puisqu'ils sont maintenant rouges. Nom d'un canard albinos.
Je sens l'un de mes zygomatiques se soulever. Oh non Haru, retiens-toi, retiens-toi, retiens-t...
_POUAHAHAHAHAHAHAHA ! LA HONTE !
Je me tords de rire sur le sol. Kami-sama, elle est juste... juste...
_RIDICULE ! POUAHAHAHAHAHAHAHAHA !
SAKURA LA TOMATE !
... mais quelle conne... mais. Quelle. CONNE !
"Ouais, huhu, Sakura est une débile... une débile qui a la couleur d'un homard trop cuit ! OUAHAHAHAHAH !
C'est toi la débile, petite idiote d'Alice. Elle va te repérer maintenant !
Mon rire s'étrangle dans ma gorge. Oh merde.
_Qui a rit ? Tonne Sakura.
Mouvement de foule parmi les courtisants. Ils se regardent tous, gênés.
_Cela venait des buissons, votre Reinitude, formule Byakuya, de glace.
...
TRAITRE.
J'avale ma salive en voyant que Sakura s'approche rapidement des buissons. Vu ma taille et la sienne, elle pourrait m'écraser sans même y faire attention... un Plan, vite !
L'idée me frappe avec la force d'un boulet de canon.
Les miettes de gateau que je suis sensée trouver dans ma poche !
Quoi ? Non, pas maintenant !
"Tu préfères peut-être que le personnage principal meurt écrasé ?
Le Scénario...
"Peut aller se faire voir chez les grecs. Je bouffe le gâteau, que tu le veuille ou non !
Je fouille dans mes poches, et y trouve trois grosses miettes. Sans même me poser la question de savoir comment elles sont arrivée là, je les mange. Et l'instant d'après, j'ai retrouvé ma taille normale.
Et je louche sur l'énorme front de Sakura.
Oh, on dirait que je suis un peu plus grande que prévu.
_Qui... qui es-tu ? Balbutie Sakura. Et pourquoi es-tu plus grande que moi ? Rétrécis ! Je t'ordonne de rétrécir !
Elle a vraiment une énorme tête.
_T'as vraiment une énorme tête.
Oups. C'est sorti tout seul...
Mais que viens-tu de dire, malheureuse ? Retire ça tout de suite !
"Hmm... nan.
Avec une curiosité un peu étrange, je regarde la tête de Sakura rougir à toute vitesse. Soudain, alors qu'elle parait sur le point d'exploser, sa bouche gigantesque s'ouvre et hurle :
_QU'ON LUI COUPE LA TETE !
_C'est la tienne qu'on devrait raccourcir, je fais remarquer en ricanant.
_COUPEZ LUI LA TEEEEEEEETE ! Braille Sakura en piétinant le sol de ses pieds.
Je m'apprête à lui lancer une autre vanne lorsque je me rends compte que les courtisants ont tous sortis des haches.
...
Putain de bordel de merde de chiure de couilles.
Je regarde rapidement autour de moi. Bon, pas de sortie directe.
Un grand sourire se forme sur mes lèvres. Régle numéro 1 du bourrin de base : quand il n'y a pas de sortie, ON FONCE DANS LE TAS !
Et sans réfléchir, je mets un grand coup de tête à Sakura.
Je sens avec délectation mon crâne écraser le sien. Qu'est-ce que c'est BON !
Mais- mais qu'est-ce que tu fais ? ARRETE CA TOUT DE SUITE !
"Dans tes rêves !
_BANZAAAAAAAAAAAAI ! Je hurle en fonçant dans les courtisants.
J'esquive un coup de hache, assomme un gars et détruit les massifs de roses peintes avec de grands Big Bangs. Du coin de l'oeil, je vois Byakuya avancer vers moi avec une énorme épée. J'ai à peine le temps de penser que c'est une chance qu'il n'ait pas Sebonsakura qu'il engage le combat avec moi.
Mais pourquoi j'ai pas ma queueeeeeeeee... je gémis mentalement avec une grimace en évitant un coup qui aurait pu me trancher le bras.
Je lui retourne un uppercut qu'il bloque juste à temps. On dirait bien qu'être un Lapin lui a enlevé la majorité de sa force, sinon il m'aurait tué bien avant... glups.
En réalité, tu es protégée par le Consensus de l'Héroïne.
"Hein ?
Pour faire simple, l'Héroïne ne peut pas mourir ou être gravement blessée tant que ce n'est pas le combat final, sinon ça pourrirait tout le Scénario.
"Donc quoi que je fasse, je suis invincible.
En gros oui.
La claaaaaaaaaasse...
Je m'accroupis et envoie Byakuya bouler contre un mur. Putain, CA MARCHE ! Chuis invincible ! J'AI BATTU BYAKUYA !
_MOUAHAHAHAHAHAHAHA !
Kami-sama, ma vie vient de trouver un accomplissement. J'AI BATTU BYAKUYA !
Loué soit le Seigneur des canards albinos.
J'écrase un courtisant d'un grand coup de pied, avant de remarquer que la masse ne fait que grandir. Et que les Vizards, toujours en cartes à jouer, viennent grossir les rangs avec des centaines de leurs copains, qui leur ressemblent comme deux gouttes d'eau. Et ils ont tous des grands machins coupants et potentiellement mortels.
Hum. On va peut-être pas tester les limites du Consensus de l'Héroïne jusque-là, hein.
Time to go !
Je tourne les talons et commence à courir.
_BANZAAAAAAI !
Je traverse le château en galopant comme une tarée, poursuivit par l'équivalent d'un troupeau de fanatiques en furie qui rêvent de me couper la tête.
Une cachette, viiiiiiiite...
Je dérape en tournant, et me trouve sans savoir comment dans la cour du château. Il doit bien y avoir une porte, non ? Une porte donnant sur une pièce pour me cacher, c'est trop demander ?
Une grosse hutte cachée dans un coin sombre me répond. Hallelujah !
Je m'y engouffre sans réfléchir, et ferme avec précaution la porte derrière moi.
Ensuite, je me retourne.
Kenpachi me fait un grand sourire.
_Yo Alice. Un p'tit combat ?
.
.
Part IX :
.
"Off with her head !" (...) "How do you like the Queen ?" said the Cat, in a low voice. "Not at all," said Alice.
.
Hum.
Objectivement, je devrais peut-être retourner affronter les courtisants.
_Euh... j'imagine que si je te dis non, tu t'en foutras ?
Kenpachi se gratte la tête.
_Chais pas trop en fait. Humpty Dumpty ?
Humpty Dumpty ? Mais qu'est-ce qu'il fout là ?
Une petite tête rose sort de son haori. Yachiru, évidemment. Sauf que sa tête à la forme d'un oeuf -boarf, au point où j'en suis, un truc incroyable de plus ou de moins...
_Oui, Bandy ?
_On combat Alice ou pas ? J'me souviens plus des ordres.
_Bah...
Elle va dire oui, elle va dire oui, kami-samakami-samakami-sama, je dois trouver un truc pour les en dissuader... JE SAIS !
Il est temps pour un petit discours, huhuhu.
_Depuis quand des gens comme vous suivent les ordres d'une nana qui ressemble à un homard ? Je demande avec aplomb. Je veux dire, regarde toi Ken- Bandy ! T'es fort et tout, tu...
Il... euh... JE SAIS ! Ce qui marche dans mon univers marchera probablement dans celui-là...
_Tu pourrais te battre avec des gens beaucoup plus forts si tu la trahissais ! Tu as juste à ne pas me tuer, et à te barrer d'ici pour massacrer tout le monde ! C'est pas un bon plan ça ? Je débite avec toute la conviction dont je suis capable.
Il y a un silence. Je commence à prier pour que ça marche, lorsque Kenpachi tord la bouche en un sourire.
_Hey, c'pas con ça ! T'en pense quoi Humpty Dumpty ?
_ON S'CAAAAASSE ! Hurle Yachiru.
Kenpachi me fait un sourire sauvage avant de dégainer son zanpakuto.
_Allez en selle, Alice, on va butter du courtisant ! Me dit-il en me tendant la main.
Je la prend par automatisme, et me retrouve sans savoir comment assise sur une épaule, qui est étonnamment confortable. De l'autre côté, Yachiru me salue de la main.
_Un bonbon ?
_Non ça va aller merci, je marmonne. T'aurais pas un peu de saké plutôt ?
Elle n'a pas le temps de me répondre que Kenpachi défonce la porte de sa hutte et se jette dans la masse en faisant tourner son zanpakuto à tout va.
_Allez mon grand ! Je beugle à son oreille. Vers la sortie !
_GWAHAHAHAHAHAHAHA ! C'EST PARTI !
Oh my Lewis, est-ce qu'il est en train de découper des gens ?
"Ca arrive régulièrement lorsque quelqu'un manie dans tous les sens un objet coupant, tu sais.
Lewislewislewiiiis, ça va être censuré dans au moins trente pays ça ! Mais qui est l'incapable qui a triplé le budget d'hémoglobine ? On se croirait dans massacre à la tronçonneuse !
"Fallait pas embaucher Kenpachi, qu'est-ce que tu veux que je te dise.
Nous défonçons finalement la porte d'entrée de château, avant de nous sortir du jardin des roses peintes. Finalement, nous voilà dehors, à courir comme des malades. Enfin, Kenpachi court comme un malade. Moi je fais comme Yachiru : Je lève les bras et je hurle.
_YOUHOUUUUUUUU !
Kenpachi accélère, et Yachiru explose de rire en l'encourageant. Moi, je viens de me rendre compte des inconvénients de voyager sur le dos d'un gars qui fonce toujours dans le tas :
_BRANCHE D'ARBRE ! Je hurle en me baissant brutalement.
Ces cons d'arbres vont réussir là où les gugusses avec les épées ont échoués : je vais mourir décapitée !
_A DROITE TOUTE ! J'indique pour éviter un chêne.
_Woof, attendez-moi !
Je hausse un sourcil en tournant la tête pour apercevoir Renji, qui galope comme un beau diable pour nous rattraper.
_C'est moi -woof- Bayard ! Nous crie-t-il. Je suis venue rejoindre l'armée de la Reine Blanche avec le Lapin Blanc !
Et effectivement, près de lui, apparaît soudain Byakuya, qui parvient je ne sais comment à rester digne tout en courant comme un beau diable. Probablement un géne Kuchikien ou quelque chose dans le genre.
Mais pourquoi le Lapin Blanc trahit ? Il n'était pas sensé le faire ! Mais qu'est-ce qui lui prend à cet abruti ?
"La magie de l'Amouuuuuur...
Je rigole toute seule, avant de percuter le reste de la phrase de Renji.
_La Reine Blanche ? Quand est-ce qu'il a été décidé qu'on allait chez la Reine Blanche ? Et puis c'est qui d'abord ?
Ils me regardent avec de grands yeux.
_C'est l'Oraculum woof qui l'a dit, évidemment ! Le Jour Frabieux approche, Alice ! Enonce Renji. Woof !
_Et nous sommes en retard, ajoute Byakuya d'un ton pincé, comme s'il n'avait pas tenté de me tuer il y a à peine trois minutes. Très très en retard !
_Mais en retard pour quoi ? Je demande avec agacement.
_Le Jour Frabieux enfin !
Evidemment. Comment ai-je pu ne pas y penser ? Ce n'est pas comme si PERSONNE NE M'AVAIT RIEN EXPLIQUE.
Je n'aime pas ce ton accusateur.
"Je me faisais seulement quelques réflexions dans ma tête. Je me demande bien pourquoi tu t'es sentie visée...
Tais-toi et cours.
"Techniquement, je ne cours pas.
Techniquement, tu me fais chier. Alors ferme-là.
Vaincue, je me contente de ronchonner dans mon coin alors que Kenpachi continue de courir.
Plus d'une demi-heure s'écoule ainsi, et je viens de décider de piquer un somme lorsque la troupe s'arrête brusquement. Déstabilisée, je bascule par-dessus l'épaule de Kenpachi et me retrouve à terre, sonnée.
_ON EST ARRIVES, ALICEUH ! Braille Yachiru en sautant à son tour à terre.
_Je crois que j'avais compris, je marmonne avec une grimace. Pas besoin de hurler, merci.
D'ailleurs, "on est arrivés" c'est bien joli, mais on est arrivés où, au juste ?
Lève la tête.
"Chef oui chef !
Je m'exécute... et tombe sur un énorme panneau indicateur absolument immaculé. "PALAIS DE LA REINE BLANCHE".
Au moins, ils sont pas chiants avec les renseignements dans ce pays.
_Bon, je sais que vous devez atrocement m'en vouloir pour ma manie de poser des questions, mais je vais de nouveau embêter le monde en demandant qui est cette Reine Blanche, je lance à la cantonade.
_Demandez donc Alice, me répond Byakuya avant de chantonner (ce qui est définitivement flippant).
...
J'oubliais qu'ils n'ont pas le mot "second degré" dans leur vocabulaire.
_Qui est la Reine Blanche ?
_Tu ne le -woof- sais pas ? S'étonne Renji.
_Visiblement non, je réponds avec acidité.
_Il s'agit du leader de la Résistance -le mouvement qui s'oppose à la tyrannie de la Reine Rouge. La Reine Blanche était au départ supposée régner sur notre Monde, mais la Reine Rouge l'en a empêchée. Depuis, sa Royale Blanchitude vit ici, m'explique rapidement Byakuya. Plom plom plom.
_Ouais. On y va ? Grommelle Kenpachi en se mettant à marcher.
_Plom plom plom...
Vaguement hallucinée, je suis le groupe sans répondre. Nous sortons de la forêt, pour nous trouver devant...
_Nom d'un canard albinos, je souffle. Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Une immense allée de marbre blanc bordée d'arbres blancs donne sur un encore plus immense château blanc, qui brille de milles feux au soleil.
...
Est-ce que la nana qui habite ici n'est pas sensée être la chef d'un mouvement illégal donc secret ?
_MES AMIIIIIIIIS ! Hurle une voix suraiguë. BYAKUYAAAAAAAA !
Je fais un bond de trois mètres de haut alors que Akatsuki Kuchiki se jette sur son neveu et le serre dans ses bras.
_Mon petit Byakuaaaaa... je suis siiiiii heureuse de voir que tu as décidé de nous rejoindre... j'avais teeeeellement peur pour toi...
Découvrant sa robe de mariée blanche, un horrible doute me saisit.
_Est-ce que c'est elle la Reine Blanche ? Je demande en la pointant du doigt.
Akatsuki lève la tête vers moi.
_Oh, Aliiiiice ! Minaude-t-elle. Je suis siiiiii contente de te rencontrer ! Je me présente, Dame de coeur !
C'est à ce moment que je remarque le petit coeur rouge cousu sur le dos de sa robe.
Bon. C'est pas la Reine. Ouf.
_C'est un siiiii grand plaisir de vous voir, tous, réunis ! Ca ne veut dire qu'une chose : le Jour Frabieux approche ! Déclare gaiement Akatsuki.
_Et c'est quoi le Jour Frabieux ? Je questionne avec espoir.
_Venez, allons au château ! Me coupe Akatsuki en tournant les talons.
PUTAIN !
Grognant, je traine des pieds lorsqu'Akatsuki me prend le bras.
_Discutons un peu entre filles, ma petite Alice. Alors, que pense-tu de notre merveilleux pays ?
_Ben-
_Oui, moi aussi, hihihi. Et comment as-tu trouvé la compagnie de mon cher neveu ?
_Il est-
_Vraiment magnifique. Mon petit Lapin est un ange ! Et Bayard, son compagnon, est vraiment brave, n'est-ce pas ?
_Boarf, moi-
_Très très brave, je ne pouvais pas rêver mieux pour mon Lapin ! Surtout quand on voit ce que sa mère est devenue...
Et bla bla bla, bla bla bla, bla bla bla.
Je viens de me rappeler pourquoi tous les Kuchiki me sortent par les trous de nez, balai dans le cul ou pas.
Akatsuki continue de monologuer, tandis que je m'enfonce dans la dépression au fur et à mesure de notre progression jusqu'à l'énorme meringue qui sert de château à la Reine Blanche.
Et finalement, nous arrivons.
_Bien le bonjour, nous salut une voix douce que je ne reconnais pas de prime.
Akatsuki lâche mon bras, et court vers la silhouette blanche qui nous attend juste devant la porte du château. Silhouette que je reconnais avec stupeur.
_ALIEN SOUMIS ?
Nom d'un canard albinos. La Reine est... Alien Soumis ?
Hein ? Alien quoi ?
En état de choc, je regarde la silhouette blanche d'Alien me tendre la main avec un sourire.
_Alice, c'est un plaisir et un honneur de vous rencontrer.
_Euh... je... euh...
_Je suis le Roi de Coeur, enchanté, ronronne Alien en baisant ma main.
...
Une part de moi-même se réjouit qu'il ne soit pas la Reine Blanche. L'autre hurle d'horreur (IL A TOUCHE MA MAIN ! ALIEN SOUMIS A TOUCHE MA MAIN !).
_Alice ?
Mais réponds-lui enfin ! Tu ne veux pas passer pour une malpolie, quand même, n'est-ce pas ?
"Mais... euh... je...
Qui qu'il soit pour toi, ici, ce n'est qu'un personnage. Alors réponds-lui, bordel !
Je me ressaisit, et fait un sourire tremblant à Alien.
_Enchantée, Al- M'sieur.
Il me sourit à nouveau avec chaleur. Je frémis.
_Alors, mon Roi, les emmenons-nous voir la Reine Blanche ? Intervient soudain Akatsuki en se penchant vers Alien, qui se retourne pour lui prendre la main.
_Avec plaisir, ma Reine, roucoule-t-il en l'embrassant.
En l'embrassant...
Embrassant...
Brassant...
Ant...
...
AAAAAAAAH ! MES YEUX, MES YEUX BRULENT !
JE NE PEUX PLUS RIEN VOIR ! AU SECOURS !
Je me tourne brusquement, cherchant à échapper à l'horrible vision qui se joue devant moi. Je veux mourir. Maintenant.
Alien Soumis et Akatsuki Kuchiki. OMH. OMFH.
Je suis soudain prise de spasmes incontrôlables. Bon, le seul avantage c'est que... que...
Qu'ils ne sont pas Yamamoto et Mayuri. Mais c'est vraiment tout ce que je vois.
D'ailleurs, je me demande quel rôle jouent ces deux-là dans l'histoire... hum, finalement, mieux vaut probablement que je ne les vois pas.
Voyant qu'Akatsuki et Alien ont finit leurs échanges baveux, je me racle fort la gorge, et les voit avec délectation sursauter.
_Bon, on y va ? Je questionne en réprimant mon envie de vomir. Il me semble qu'on a une Reine à rencontrer, hmm ?
Alien acquiesce et nous fait signe de le suivre. Il s'engouffre ensuite dans le château, Akatsuki sur ses talons. Renji, Byakuya et moi leur emboitons le pas, tandis que Kenpachi et Yachiru partent dans la direction opposée. Sens de l'orientation foireux oblige, j'imagine.
Nous franchissons une dizaine de pièces toutes plus blanches les unes que les autres, et au moment où je sens une énorme conjonctivite frapper à la porte de mes paupières, Akatsuki et Alien s'arrêtent au pas d'une porte et se raidissent.
_Gentes dames, sieurs, voici le Hall de la Reine Blanche ! Déclament-ils en même temps. Veuillez entrer, elle vous attend.
Je ferme les yeux en pénétrant dans la pièce, les doigts croisés.
Faites que ce ne soit pas Yamamoto ou Mayuri, faites que ce ne soit pas Yamamoto ou Mayuri...
_Bienvenue, Alice, souffle une voix que je reconnaitrais entre mille. C'est un grand honneur de te rencontrer.
Eh non. Ce nest ni Yamamoto ni Mayuri.
C'est pire.
La Sorcière me fait un grand sourire alors que j'ouvre les yeux, tremblante.
_Je suis la Reine Blanche, ravie de te voir enfin, dit-elle doucement en allant vers moi.
Et là, elle me prend dans ses bras.
N'y tenant plus, je fais la seule chose rationnelle que mon cerveau puisse encore ordonner.
Je m'évanouis.
.
.
Part X :
.
"I know what you'd like !" the Queen said good-naturedly, taking a little box out of her pocket. "Have a biscuit ?"
.
Alice, debout...
"NON !
Debout...
"Plutôt crever. Je ne me réveillerais PAS !
Le simple fait que tu puisse me répondre est une preuve de ton réveil. Maintenant arrête de faire ta mauvaise tête et lève-toi.
"Je ne suis pas réveillée. Je ne dors plus, mais je ne suis pas réveillée. Parce que si je me réveille, la Sorcière sera là et c'est totalement HORS DE QUESTION.
Lève toi. Tout de suite.
"Jamais !
Alice...
"Crève ! Et c'est HARU !
DEBOUT SALE PETITE HEROINE INSOLENTE OU JE TE JURE QUE JE MODIFIE LE SCENARIO POUR QUE TU TE METTE EN COUPLE AVEC LA REINE BLANCHE !
"HIIIIIII ! Je me lève, je me lève, mais par pitié ne fais pas ça !
Je préfère ce genre d'attitude. Allez, au travail Alice !
J'ouvre immédiatement les yeux et me dresse au garde à vous.
_Haru au rapport, chef !
Renji hausse un sourcil.
_Woof ?
_Rien, je marmonne en me grattant la tête. C'est re-moi ! J'vous ai manqué ?
Je fais un grand sourire à l'assistance... qui se congèle aussitôt en remarquant la Sorcière et Alien.
Mes meilleurs amis de tout l'univers. Ha ha ha. Ha.
_Nous sommes ravis de te voir en pleine forme, Alice, dit doucement la Sorcière en s'approchant de moi (je recule instinctivement). Désire-tu quelque chose à manger ? Nous avons de tout : confiture de doigts de pieds, chocolats sanglants, pelote de laine, jambon d'amoureux...
...
Je sens que je suis bien partie pour crever de faim ici.
_Rien c'est bon, je marmonne. Pô faim.
Si l'envie te prend, essaie les chocolats sanglants. C'est plein de protéines.
Je vais oublier que j'ai entendu ça.
Alien tousse élégamment dans le creux de sa main, et tous se tournent vers lui.
_Maintenant que notre chère Alice est réveillée, que diriez-vous de mettre notre plan d'action au point ? Je prend la liberté de rappeler à sa Royale Blanchitude que le Jour Frabieu approche...
_Oui, approuve Akatsuki. Nous devons absolument nous préparer ! Le Chapelier, le Lièvre et le Loir sont en route, et ils emmènent la Souris avec eux. Il est juste dommage que nous n'ayons pu délivrer Dodo, Tweedledum et Tweedledee.
_Merci pour ton initiative, Reine de Coeur, dit la Sorcière en souriant. Le Roi et la Reine de Trèfle arrivent avec leur Cavalier, le Roi de Pique et celui de Carreau également. Ce sont les seules cartes qui nous restent, puisque les autres ont été capturées et corrompus par la Reine Rouge, achève-t-elle tristement. Quand au Chat, il apparaîtra selon son bon vouloir.
Les autres hochent la tête, sombres. Unohana me regarde.
_As-tu des remarques, Alice ? Me questionne-t-elle.
_A vrai dire oui.
_Je t'en prie, pose-les, nous sommes tous là pour te répondre.
_PUTAN MAIS C'EST QUOI CE JOUR FRABIEU A LA FIN ? Je hurle, exaspérée.
La Sorcière hausse un sourcil.
_Personne ne t'a expliqué ?
_Oui mais je pose la question pour le plaisir de vous emmerder, je réponds acidement.
Elle sourit.
_Oh, je vois. Tu es une farceuse, c'est très bien !
...
_C'ETAIT DU SECOND DEGRE !
Mais que quelqu'un leur donne des cours d'ironie, pour l'amour des canards albinos !
_Du quoi ? Demande innocemment Renji.
Je vais les tuer. De manière lente et douloureuse. A mains nues.
Non Haru. Inspire, expire, chasse tes pulsions meurtrières et repose ta question. Tout ira bien. La prison ne vaut pas cette satisfaction. Tout. Ira. Bien.
_Je disais donc, j'énonce d'une voix maitrisée, que je souhaiterais que quelqu'un m'explique ce qu'est le Jour Frabieu. Est-ce que c'est possible ?
_Evidemment ! Laisse-moi tout t'expliquer, lance Unohana. Le jour Frabieu a été décidé par l'Oraculum. Il s'agit de...
_YO ! Braille une voix.
Un bruit de porte défoncée se fait entendre.
_Roi de Pique. Vous êtes d'une brutalité affligeante.
_'Fais pas chier P'tit Carré ! J'fais c'que j'veux !
_C'est Roi de Carreau pour vous, Pique.
_Allons mes petits, vous vous montrez trop stressés... profitez et prenez donc un peu de vin...
_Roi de Trèfle, vous ne devriez pas proposer d'alcool à un enfant !
_JE NE SUIS PAS UN ENFANT et je me passe de votre aide, Cavalier de Trèfle.
_Allons allons, mon petit Carreau, tu ne devrais pas t'énerver... un bonbon ?
_Reine de Trèfle, ARRETEZ de me proposer des bonbons !
_Roi de Pique ! Roi et Reine de Trèfle ! Cavalier de Trèfle ! Roi de Carreau ! Comment allez-vous ? Salut Unohana en se dirigeant vers eux... et en arrêtant par la même occasion son explication.
Je vais voir rouge.
Pour me calmer, je regarde les nouveaux arrivants, dont l'identité n'est pas surprenante (ndPumkin : aurez-vous deviné, amis lecteurs ?). Le Roi de Pique n'est autre que Grimmjow, le Roi de Carreau Hitsugaya, le Cavalier de Trèfle Nanao, le Roi de Trèfle Shunsui, et sa Reine Ukitake.
Le pire étant que je ne suis même pas surprise de sa toute nouvelle transsexualité. En plus, la robe blanche lui va plutôt bien.
Je soupire. Quasiment toutes les personnes que je connais sont réunis, mais j'ai très très peur du rôle que tiennent celles que je n'ai pas encore vu. Glups.
Enfin, au point où j'en suis, un arrêt cardiaque de plus ou de moins...
_Bien le bonjour ! Salut soudain une voix joyeuse.
Me retournant à nouveau vers la porte, j'aperçois Shinji (qui a mystérieusement récupéré son chapeau), accompagné d'Urah et Kiki.
_Nous sommes venu aussi vite que possible avec Souris -il sort Rukia de sa poche, et elle nous fait un petit signe. Ca n'a pas encore commencé, au moins ?
_Non, ne vous inquiétez pas. Nous allions justement prendre le thé, sourit Unohana, viendriez-vous nous accompagner ?
Non. Nous n'allions pas prendre le thé. Nous allions expliquer à Haru ce putain de Jour Frabieu ! MAINTENANT !
Mais au moment où j'ouvre la bouche, Unohana sort de la pièce, accompagnée de toute sa troupe. Je reste bêtement plantée là, une envie de tout exploser à coups de poing. Je regarde autour de moi.
Oh et puis après tout, pourquoi pas... c'est pas comme si on allait faire payer les dégâts à l'Héroïne de l'histoire, pas vrai ?
Non.
"Pourquoi ?
Tu es l'Héroine. Les Héroïnes ne cassent pas les meubles.
"Les Héroïnes font ce qu'elles veulent, c'est le principe.
Les Héroïnes sont des jeunes filles bien élevées avec des jolis cheveux, des jolis robes, un langage châtié et une passion pour la cuisine. Alors vas prendre le thé avec tes amis et range-moi les canons lasers qui te servent de mains.
"J'ai des cheveux moches, j'aime pas les robes, mon langage t'emmerde et j'aime pas faire la cuisine. Alors laisse-moi décharger ma colère et VAS TE FAIRE CUIRE UN OEUF CHEZ LES GRECS !
Sans plus écouter la Narration, je tends la main, et fais jaillir un Big Bang.
Lequel s'éteint avec un "puf" misérable.
Je vais tuer la Narration.
"T'es vraiment une connasse.
Moi aussi je t'aime. Maintenant, vas t'isoler sur le balcon. On va faire une jolie scène mélancolique de nuit, ce sera magnifique. Et n'oublie pas de prendre un air rêveur, Alice !
"Un jour, je te butterais. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais je te butterais.
Dit-elle avant de se diriger vers le balcon, obéissant à son Seigneur et Maître la Narration...
Grognasse.
Faisant contre mauvaise foi bon coeur (enfin, faisant contre mauvaise foi mauvais coeur), je me dirige vers le balcon où -ô surprise- la nuit est tombée.
"T'es au courant que c'est genre pas crédible du tout ?
Le lecteur s'en fiche. Allez Alice, une petite moue triste. Lamente-toi sur ton sort !
"Mais avec plaisir.
Je m'accoude à la longue rambarde de marbre, pose une main sur mon coeur et déclame :
_Ah ! Pauvre de moi ! Forcée de quitter mon merveilleux monde pour cet univers pourri où mon copain est un connard habillé en rose et où personne ne m'explique la situation, et aussi où une crétine de voix intérieure se prend pour Dieu et paralyse mon corps à tout va, et où je suis tyrannisée par une Sorcière, et-
... Mais pourquoi j'ai cru qu'elle pourrait obéir SANS ruiner le Scénario ?
"Ben quoi ? Tu me demande de me lamenter, je me lamente.
RAAAAAAAAAH !
_Hey, mais si c'est pas la p'tite Alice ! Retentit soudain une petite voix fluette venant de ma droite.
Sursautant, je me retourne pour apercevoir Yoruichi, affalée le long da la rambarde en marbre, et toujours affublée de Kisuke et Soi Fon (en champignons).
_Vu ta taille, j'aurais tendance à te retourner le compliment, je grogne en louchant sur ses dix centimètres.
_Sois plus polie avec Maître Papillon ! Tonne Soi Fon en me lançant un regard assassin.
... Papillon ?
Devant mon regard étonné, Yoruichi se lève et déploie deux grandes ailes bariolées.
_La classe, hein ? C'est Trompette de la Mort qui me les a fabriqué.
Kisuke exécute une petite révérence.
_Cool, je commente. Mis à part ça, pourquoi t'es là ?
Yoruichi hausse les épaules.
_Bah, c'est un peu là que tout se déroule, non ? Le Jour Frabieu, toi, la chicha, le saké...
_T'as du saké ? Je la coupe avec empressement.
_Un peu mon n'veu ! Une coupe ? Me propose Yoruichi.
_Avec plaisir !
SAKEEEEEEEEEEEE !
Qu'on ne me prenne pas pour une alcoolique : je sais juste apprécier les bonnes choses. En plus, Gin a horreur de l'alcool (je pense personnellement que c'est parce qu'il ne le tient pas, mais il a un don pour éviter le sujet qui me laisse toujours patoise), et j'ai donc du substantiellement réduire ma consommation depuis que je suis avec lui.
Ce que je ne regrette pas du tout, soit dit en passant. Mais de temps en temps, une petite coupe clandestine ne peut pas faire de mal, pas vrai ?
Kisuke sort de son bob deux bouteilles de saké : il tend la première, qui est minuscule, à Yoruichi, et me refile la seconde -de taille normale. J'ignore comme il a fait ça, mais il vient de gagner mon respect éternel.
_Dur d'être une ivrogne géante, hein Alice ? Ricane-t-il ensuite.
Je retire tout ce que j'ai pu dire de gratifiant sur lui.
Yoruichi porte la bouteille à ses lèvres, et je fais de même, appréciant le saké qui coule dans ma gorge.
Jusqu'à ce que je me rende compte que c'est de l'eau.
Tu croyais vraiment que j'allais laisser une mineure boire de l'alcool ?
"Je... Je...
Les mots me manquent.
"JE VAIS TE BUTTER !
Ah non, en fait. Vive ma prodigieuse élocution.
Je fais ça pour ton bien Alice, vraiment.
"Et mon pied dans ton cul sera aussi pour mon bien, promis !
Tch. Décidemment, les gens qui t'ont choisi pour Héroïne sont vraiment des incompétents... qui voudrait d'une fille aussi grossière que toi pour Héroïne ?
(*à des kilomètres de là, une citrouille éternua*)
"Mais je t'en prie, vire-moi ! Je demande que ça moi !
Nan. Peux pas. Une fois que tu es dans le Scénario, ou tu le termine, ou...
"Ou quoi ?
Tu meurs.
...
"Je vais le terminer, hein.
Sage décision.
_Eh bien Alice, perdue dans tes pensées ? Dit Yoruichi.
_On peut dire ça comme ça, je marmonne.
_Haha, ça s'comprend. Après tout, le Jour Frabieu approche et tout et tout... stressée ?
_Non.
Elle bat des paupières.
_Sérieux ?
_Bah ouais, je réponds.
Yoruichi me regarde quelques instants, avant de sourire.
_C'est courageux de ta part.
Non. C'est juste que vu que personne ne m'a expliqué ce que ce Jour Frabieu était, je n'ai pas la moindre idée de ce qui m'attend.
Le pire étant que j'ai la flemme de demander à nouveau des explications, blasée que je suis. Néanmoins, il y a une chose qui me taraude...
_C'est quand ce Jour Frabieu au fait ? Je demande en buvant un peu d'eau.
La réponse m'assomme :
_Demain !
.
.
Part XI :
.
"And hast thou slain the Jabberwock?/ Come to my arms, my beamish boy!/ O frabjous day! Callooh! Callay!"/ He chortled in his joy."(extrait du poéme de Lewis Carrol, The Jabberwookie)
.
"Hush-a-by lady, in Alice's lap !/ Till the feast's ready we've time for a nap :/ When the feast's over, we'll go to the ball-/ Red Queen, and White Queen, and Alice, and all !"
.
_AAAAAAAAAAAAAAAH !
_Grraaaaaah...
_AU SECOUUUUUUUUUUUUURS !
_Graaah...
Une sortie, une sortie, une sortie, viiiiiiiite !
Il n'y a pas de sortie. Tu es dans un champ.
"Tu sais, les considérations linguistiques sont actuellement LA DERNIERE DE MES FOUTUES PRIORITES !
Je glisse sur une dalle de pierre, avant de recommencer à courir.
_Alice ! Me crie Shinji, qui se bat avec Kokoro. Tu dois le battre !
_PLUS FACILE A DIRE QU'A FAIRE, CONNARD ! Je réponds de toutes mes forces en accélérant la course.
_Vas-y, crie Sakura à la chose derrière moi. Tue-la ! COUPE LUI LA TETE !
Mais quelle maniaque celle-la. Coupe-lui la tête par-ci, coupe-lui la tête par là... ça en devient presque lassant.
_Grrrrraaaaah ! Braille le truc derrière moi, manifestement très enthousiaste à l'idée d'obéir à sa maitresse.
J'entend le bruit de sa course changer, signe qu'il double ses efforts pour me rattraper. Malheureusement pour lui, j'ai battu le record inter-dimensionnel de fuite depuis belle lurette. Ce qui ne m'empêche pas d'être effrayée à mort.
_AAAAAAAAAAAH ! AIDEZ-MOIIIIIII !
_Tu dois te battre seule, Alice ! Me dit sentencieusement la Sorcière en buvant du thé. C'est ton destin.
_JE SUIS PAS ALICE ! SAUVEZ-MOI !
Tu es Alice. Et tu vas te battre. Et vaincre, accessoirement.
"Tu as vu la taille de ce truc ? J'y arriverais jamais !
Eh bien dans ce cas, tu mourras.
"...
HEIN ?
"Mais- le Consensus de l'Héroïne !
Le Consensus est valable uniquement avant le combat final. Et ça, ma poule, c'est ton combat final.
"Tu veux dire que je suis livrée à moi-même ?
En gros.
...
Merde-merde-merde-merde-meeeeeerde !
_AU SECOUUUUUUUUURS !
Les poumons en feu (une heure à tenter d'échapper au truc visqueux derrière moi, ça laisse des traces, même pour la pro de la course que je suis), je tourne et m'éloigne sans le vouloir du champ de bataille.
Hum. Je me dirige vers un coin isolé d'allure sinistre loin de tout humain donc de toute aide potentielle. Mauvais plan. Très mauvais plan.
Demi-tour toute !
Je m'apprète à changer de direction... lorsque je m'aperçois que je ne contrôle plus mes jambes.
"NARRATION ! QU'EST-CE QUE TU FOUS ?
Là j'y suis pour rien poulette.
"ALORS POURQUOI MES JAMBES NE M'OBEISSENT PAS ?
Parce qu'un autre grand acteur s'est mis en marche...
Si elle me sort "ton Destin", je l'étripe.
Le stress ma grande. Tu flippe tellement que ton corps se barre en couille. C'est con hein ?
...
J'ai envie de pleurer.
_MAIS POURQUOI MOI ? Je hurle en continuant de m'éloigner du champ de bataille.
Et collé à mes basques, le monstre me répond d'un hurlement sinistre qui me file les chochottes.
Alors oui, pourquoi moi ?
Pourquoi me suis-je retrouvé dans ce foutu champ, avec ce foutu Jaberwoockie qui en rêve que de me trancher la tête ?
_FAIS CHIEEEEEER !
.
Flash-back : Une heure plus tôt...
Je baille à m'en décrocher la mâchoire.
Dodooooo...
Plus maintenant ! C'est le grand jour ! The Final Day !
"Et tu le dis en anglais parce que... ?
Je fais de la traduction pour les lecteurs étrangers. I am making translation for the strange lecturers.
"Tu crois qu'ils comprennent avec les fautes ?
Ta gueule. Shut up.
"C'est marrant, dès qu'on en vient aux insultes, ton anglais s'améliore.
Tu me fais chier. You are making me shit.
"... Tu crois que tu pourrais mettre des sous-titres en anglais correct ?
TAIS-TOI.
Héhéhé. Je n'ai peut-être plus Kiki et Urah, mais je peux toujours me défouler sur la Narration.
_Tenez-vous prêt, nous commande Kiki, qui marche à côté de moi, Urah et Shinji. Nous arrivons.
_Sans blague, je marmonne. Y'a juste un panneau mais mis à part ça, on aurait jamais su que c'était le champ de bataille.
C'est vrai : à quelques mètres de nous se trouve un gigantesque panneau indicateur, qui titre "CHAMP DE BATAILLE".
En fait, c'est plus un champ qu'autre chose, à en juger par les épis de blés qui poussent en grappe.
_C'est de la bataille, m'informe Shinji. C'est drôlement bon avec le thé.
_Okay, je dis sans même penser à m'étonner.
Un champ de bataille où pousse de la bataille. Le gars qui a conçu cet univers était un petit rigolo, non ?
N'insulte pas le grand Lewis. Et cette partie-là n'est pas de lui.
"De qui alors ?
Son nom ne te dirait rien.
En gros : arrête de poser des questions et marche.
N'oublie pas d'être majestueuse ! Don't forget to be majestuous !
"Et allez, elle rebalance les sous-titres...
Perdue dans ma passionnante conversation avec la Narration, je ne remarque pas que tout le monde s'est arrêté, et me cogne contre Shinji. Je me hisse sur la pointe des pieds pour voir par-dessus son épaule, et écarquille les yeux.
_Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Je lâche d'une voix aiguë.
Alien, quelques pas devant nous, se retourne et lâche d'une voix sombre :
_Ca, Alice, c'est l'Armée de la Reine Rouge.
_Nom d'un canard albinos.
On est tous morts.
Devant mes yeux ébahis, des milliers de copies de Rose, Love, Lisa, Kensei, Hiyori et Mashiro, toujours déguisés en cartes, nous regardent d'un air menaçant.
Je regarde derrière moi, et ce que je vois me rassure un peu : l'armée de la Sorcière est elle composée de milliers de Chizuru, Orihime et Tatsuki, toutes habillées en blanc.
Bon. On est à égalité. Ce qui signifie que je peux me sauver ?
N'y pense même pas.
« Mais-
N'y pense même pas j'ai dit. Tu tiens à ce que je paralyse encore ton corps ?
Fait chier.
_Sakura, ma chère sœur ! S'exclame la Sorcière en faisant un sourire à Sakura.
Celle-ci, la tête aussi énorme qu'à son habitude, renifle dédaigneusement.
_Retsu. Comment est la vie d'exilée ?
_Charmante, charmante. Oh, mais c'est ton Valet de Cœur ? Kokoro, comment vas-tu ?
Je frissonne en croisant le regard de Kuchiki-mère, qui m'assassine des yeux.
_Tréve de paroles, grogne Sakura. Donne-nous Alice !
Les regards se tournent vers moi. Euh… salut ?
_Non, rétorque tranquillement la Sorcière.
_Si ! Riposte Sakura. Elle m'a offensé ! JE VEUX LUI COUPER LA TETE !
Putain, mais elle fait chier avec ses histoires de tête !
Un silence s'abat sur le champ. Hum. Aurais-je parlé tout haut ?
Oui.
_QU'ON LUI COUPE LA TETE ! Hurle Sakura en sortant son épée. A L'ATTAAAAAAQUE !
Aussitôt, l'armée des Rouges se met en branle et fonce sur nous. Je bats des paupières. Oh merde. ELLE FONCE SUR NOUS !
La Sorcière lève la main.
_Chers amis, si vous voulez bien entrer dans la danse…
L'armée Blanche se jette sur la Rouge. Autour de moi, Shinji, Kiki, Urah, Alien et Akatsuki sortent leurs épées et se jettent sur les cartes.
Et moi ? Ben je reste plantée là comme une conne.
La bataille finale commence ! The final battle begins ! Les armées s'écrasent l'une sur l'autre dans un bruit terrible ! The two armies splash on each other with a terrible noise ! Mais Alice, perdue au milieu des flots humains, ne sait que faire ! But Alice, lost in translation, doesn't know what to do ! Elle a peur ! She is scared !
Et l'autre qui fait de la traduction à deux balles…
Plutôt que de ronchonner, tu ferais mieux de te préparer : la Reine Rouge ne devrait pas tarder à appeler le Jaberwoockie.
…
« Le quoi ?
Le Jaberwoockie. Tiens, sois prête parce qu'elle le fait !
« Hein ?
Je me tourne vers Sakura, qui lève son épée au ciel.
_Coupe la tête de mes ennemies ! Hurle-t-elle. JABERWOOCKIE !
Un éclair d'énergie se répand d'elle. Elle passe en… en Bankai ?
SAKURA A ATTEINT LE BANKAI ?
Son épée se transforme. Je recule de plusieurs pas, le visage pâle.
Nom d'un canard albinos.
Jusqu'ici, j'avais croisé tous les gens que je connaissais sauf Mayuri et Yamamoto.
Je viens de trouver Mayuri.
Un énorme bébé jaune se jette sur moi en braillant.
_C'est le Jaberwoockie ! Crie Shinji. Vite, tue-le et nous aurons gagné !
…
_Hein ? Je bredouille.
_C'est ton Destin Alice, ajoute la Sorcière. Celui que prédit l'Oraculum ! Tu dois tuer le Jaberwoockie !
…
_ET C'EST QUE MAINTENANT QU'ON ME PREVIENT ? Je hurle.
_Qu'est-ce que tu raconte ? Tu le sais depuis le début ! Dit Shinji en se battant avec Kokoro. Tu dois vaincre le Jaberwoockie, nous te l'avons tous dit !
Genre.
Je n'ai pas le temps d'ajouter quoi que se soit que le bébé monstrueux s'écrase sur moi. Je l'évite, et fait l'unique chose à faire.
Je cours.
Fin du flash-back.
.
_AU SECOUUUUUUUUUUURS !
Je grippe les marches d'un escalier quatre à quatre, sans même me demander ce qu'un escalier fout au beau milieu d'un champ.
Bien ! Continue de grimper, tu devrais arriver sur le ring final.
« Le QUOI ?
Alice court ! Alice runs ! Elle sait que sa destinée est là, et qu'elle ne pourra y échapper ! She knows that her destiny is here, and that she can't escape to it ! Elle décide de se prendre en main ! She decides to take herself in hand !
« Arrête de narrer et explique-moi !
Y'a rien à expliquer. Tu vas débarquer sur le ring et te battre contre le Jaberwoockie, c'est tout.
« Et c'est que maintenant que tu me dis ça ? CONNASSE !
Attention à la marche !
Je saute une marche traitresse pour me retrouver sur…
« Qu'est-ce que c'est que ça ?
Ton ring.
Je bats des paupières.
« Tu m'explique comment je suis sensée me battre sur une putain de MURAILLE ?
Tu es Alice.
« Je suis HARU !
Peu importe, Alice. Tu dois te battre contre le Jaberwoockie. Donc si tu pouvais arrêter de faire attendre le public et t'y mettre sérieusement, ce serait bien.
Je continue à courir sur la muraille, décidée à éviter autant que possible le choc frontale avec le Bankai de Mayuri.
Tu ne me laisse donc pas le choix… Freine !
J'obéis machinalement, avant de me rendre compte que j'ai bien fait : la muraille grise sur laquelle je cours depuis tout à l'heure vient de se détruire devant moi.
« … Je veux que tu sache que je te hais profondément.
Mais oui, mais oui. En attendant, FIGHT !
_Graaaaaaaaah !
J'évite de justesse un gros poing de bébé en sautant sur le côté. Le monstre jaune me regarde. Je soupire.
_Bon, puisque je n'ai pas le choix…
Je tends les mains.
_SUPER BIG BANG !
Deux Big Bangs partent s'écraser sur le bébé, qui pousse un geignement de douleur avant d'abattre ses bras sur l'endroit où je me trouve.
Je saute.
Contre le Bankai de Mayuri, mieux vaut éviter le contact physique d'après ce que je sais. Il ne reste donc qu'une seule solution :
_Hado no goja Hachi : TENRAN ! J'incante en tendant le poing.
Ca fait un bout de temps que je n'ai pas pratiqué de kido, mais c'est comme la bicyclette… j'espère.
La tornade qui jaillit de mon poing fermé me convainc que oui.
_Graaah, geint le monstre en reculant de quelques pas.
… Ca ne lui fait rien ?
Bon, eh bien passons au niveau supérieur.
_Hado no roku ja san : RAIKOHO !
Cette fois, l'éclair grille les sourcils de l'énorme bébé. Bien ! Encore quelques-uns, et il sera bon pour un barbecue !
… Mais qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi ces effets spéciaux de merde ? Tu es sensée te battre avec l'épée légendaire !
« Tu rigole ? Je suis nulle avec une arme dans les mains !
Mais quelle Alice de MERDE !
« Si t'es pas contente, t'avais qu'à pas m'embaucher !
_RAIKOHO ! J'incante de nouveau.
Cette fois, le monstre évite. Je me mets à réfléchir à toute vitesse en atterrissant sur le sol puis en effectuant une série de roulade pour éviter ses attaques.
Il faut que je trouve un truc suffisamment puissant pour l'immobiliser, et que je le tue. Comment ça se tue, en fait ?
Tu dois trouver seule.
« … Sympa.
C'est ton Destin.
« Tu veux pas me donner juste un petit indice ?
Non.
Bon. Si c'est non alors… Je n'ai plus qu'à me débrouiller seule.
_Bakudo no nija ichi : Sekienton !
Une épaisse fumée rouge suit une explosion. Le monstre tousse, et je shunpote derrière lui avant de lever la main :
_Détruis-toi, ô chien noir de Rondanini ! Lis, enflamme-toi et puis dévore ta propre gorge ! Bakudo no kya : GEKI !
J'ai toujours trouvé les incantations de kido d'un ridicule absolu. M'enfin, c'est pas le moment de s'arrêter là-dessus.
Une lueur rouge apparaît, qui immobilise le monstre. Le bébé braille en se secouant dans tous les sens, mais mon sort tient bon. De la sueur coule dans mes yeux alors que je me concentre pour le maintenir immobilisé. J'ai peut-être une certaine réserve de reiatsu, mais faut pas exagérer non plus ! S'il continue comme ça, je ne tiendrais plus très longtemps.
Je soupire et prend mon zanpakuto. Allez, plus qu'à lui trancher la tête et se sera fini.
Je m'avance vers le monstre, saute, et lui enfonce mon épée dans le crâne, ajoutant un coup de pied pour faire bonne mesure. Ensuite, avec une sinistre satisfaction, je le vois s'évaporer sur un dernier râle.
« Voilà, fini ! Autre chose, tant qu'on y est ? Une prophétie à remplir, Voldemort à tuer… non, parce que je me dis que vu que je suis chaude, autant que je m'y mette tout de suite si d'autres trucs doivent me tomber sur la gueule, pas vrai ?
…
Muahahahahaha. On dirait bien que j'ai cloué le bec à la Narration.
Tu… tu… ton combat final !
« Quoi, mon combat final ?
TU L'AS COMPLETEMENT FOIRE !
…
« Mais j'ai tué Jabermachin !
C'était RIDICULE ! Des lumières, des éclairs… t'es pas dans Harry Potter, crétine !
« Mais…
PAS DE MAIS ! J'espére que tu as honte de toi ! Ce sera un miracle si on n'a pas à refaire toutes les prises, par ta faute !
…
« NON MAIS J'HALLUCINE LA ? Tu me kidnappe de mon univers pour me balancer dans ce truc sans me demander mon avis, et tu crois que tu peux me reprocher des trucs ? Faudrait voir à te faire soigner !
Je t'interdis de me répondre sur ce ton, jeune fille !
_ALICE !
Je me tourne vers l'origine du cri, et tombe sur un ensemble de petites silhouettes qui agitent le bras.
_Tu as réussis ! Crie Shinji. Tu as vaincu le Jaberwoockie, et nous avons battu la Reine Rouge.
En effet, je remarque Sakura et Kokoro, qui sont enchainées un peu plus loin.
_Tu as accomplie ton Destin, fait la Sorcière en me souriant.
Je frissonne avant de sauter pour atterrir près de Kiki, qui me fait un signe de tête.
_Bravo, lâche-t-il/elle. C'était un beau combat.
Kiki qui me fait des compliments. J'aurais tout vu.
Un petit papillon vient soudain voleter près de moi.
_Bravo ! Crie Yoruichi en agitant les bras. C'était trop classe !
Près d'elle, Kisuke et Soi Fon, également vêtus d'ailes, approuvent. Je leur fais un sourire.
_Bof, c'était pas grand-chose. Des comme lui, j'en bouffe trois pour le petit-déjeuner.
Hahahahaha. Je suis la meilleure. Vive moi !
Tch.
_La paix va pouvoir revenir au Pays des Merveilles ! S'écrie Akatsuki. VIVE ALICE !
Les autres reprennent en cœur : « VIVE ALICE ! ». Je trouverais ça cool si Alice était mon vrai prénom, mais je suis trop fatiguée pour songer à corriger.
_Vive Alice, glisse une voix dans mon oreille. Meow.
Gin me fait un sourire félin.
_Tu t'es très bien débrouillée, meow, me félicite-t-il.
_Euh.. merci, j'imagine, je marmonne.
_Mais maintenant, il est temps de partir, A-li-ce, chantonne-t-il.
… Hein ?
Il apparaît brutalement devant moi.
_Bye bye, Alice-chan, ronronne-t-il. A bientôt…
Là, il m'embrasse. J'ai à peine le temps de penser « pas trop tôt », que Yoruichi me souffle un nuage de chicha à la figure –encore une fois.
Tout devient noir.
.
_Alice ? Alice ? Alice ? A… Haru ? Haaaaruuuu !
Gnrrph… dodoooo…
Mais quelle feignante. Debout là-dedans !
« Naaaaaan… veux paaaa-
Attendez une minute…
« KIKI ?
Non, c'est le pape. Sérieusement, qui veux-tu que se soit ?
« KIKIIIIIIIIIII ! T'ES REVENUUUUU !
Et moi je compte pour du beurre ?
« URAH, T'ES LA AUSSIIIIIII !
Je peux de nouveau les entendre ! Hallelujah !
Mais de quoi elle parle ?
« Si je pouvais, je vous embrasserais… snif, je crois que je vais pleurer.
… Wow.
Comme tu dis.
« Vous m'avez teeeeellement manquéééé… même la Narration est pas aussi cool que vous…
Hum. Je pense que le coup qu'elle s'est pris sur la tête a été un peu plus fort que prévu… Direction la quatrième division ma grande !
Le coup ? Quel coup ?
Tu ne te souviens plus de rien ?
« Euh…
Un soupir.
Tu allais livrer des rapports à la treiziéme, sauf que tu as un peu trop approché les labos de la douzième. Quelque chose a explosé, et tu as été heurtée par un bout de mur. Et je pense que tu as du respirer un peu trop des vapeurs bizarres qui se dégageaient.
…
Des vapeurs bizarres ?
Misére de misére… allez, à la quatrième division, et plus vite que ça !
« Mais-
Pas de mais ! Si tu ne le fais pas, je préviens Shinzo, qui préviendra Gin. Et je peux t'assurer que s'il apprend que tu as joué avec ta santé, c'est lui qui te portera à Unohana par la peau du cou !
Je renifle, maugrée, mais fini par me relever du sol où j'étais allongée. Dégoutée, je marche en direction de la quatrième division.
Dire que je viens de quitter la Sorcière pour me retrouver encore dans ses bras…
Je suis maudite. Définitivement maudite.
.
La Narration soupira en regardant Haru s'éloigner.
_Enfin fini, dit-elle tout haut. Pas trop tôt, je commençais à désespérer.
Un rire retentit dans les Ténèbres.
_Allons, ne me dit pas que tu n'as pas apprécié cette petite aventure, ricana une silhouette près de la Narration.
Laquelle renifla dédaigneusement.
_C'était atroce. Je n'ai jamais vu une version d'Alice aussi ridicule.
_Je l'ai trouvée très bien, moi, rétorqua la voix avec nonchalance.
La Narration leva les yeux au ciel.
_Evidemment que vous l'avait trouvée bien. C'est votre héroïne après tout.
_Tu marque un point, commenta la silhouette en sortant de l'ombre.
King Pumkin rajusta machinalement son chapeau, avant de l'enlever pour plonger une main dedans et en sortir un paquet de feuilles.
_Hum, dit-elle. Il me semble que je n'ai rien à ajouter, cette aventure est terminée… qu'en pense-tu ?
Totalement terminée, approuva la Narration avec force de conviction (elle ne tenait pas à se farcir soixante pages de plus avec cette Alice-là).
King Pumkin sourit et rangea ses feuilles.
_Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à poser le dernier mot sur le papier, déclara-t-elle.
Et, se tournant vers le public, elle s'inclina profondément :
_Chers amies, chers lectrices et lecteurs, après six chapitres de bonheur, voici la…
FIN !
.
