Bon, ça fait un bail que je n'ai pas mis à jour cette fic, et j'en suis désolée ! Pourtant, j'ai encore de quoi poster deux ou trois chapitres en réserve, mais j'avais du mal à découper tout ça justement, et je voulais terminer l'arc actuel, si je puis dire, pour vérifier qu'il n'y a pas d'incohérence, mais bon, je fais rarement ça en fait, donc y'a pas de raison, jetons-nous à l'eau ! Comme ça ça relance la fic et ça me motivera à me bouger à écrire la suite.

Si vous arrivez en cours de route, n'hésitez pas à reprendre la fic depuis le début, en espérant que vous aimerez malgré le concept un peu particulier. En tout cas, bonne lecture, et comme d'hab', n'hésitez pas à commenter ! Je posterais sans doute un chapitre de cette fic la semaine prochaine au lieu de Capacités Recherchées et Un secret de plus (le temps de continuer Un secret de plus et terminer Capacités Recherchées avec un peu de chance), mais rien n'est sûr, et comme d'hab' vous pouvez influencer mon choix en me donnant votre préférence en commentaire.

A la semaine prochaine !


Tandis que mon esprit partait dans une longue suite de jurons assez colorés, autant en japonais qu'en français, ce qui me fit voir au passage l'étendue de mots dont ces deux langues disposent en la matière, je cherchais à m'empêcher de reculer tandis que les deux types de devant se rapprochaient de nous, ce qui aurait été inutile vu que les deux qui étaient derrière faisaient de même et se rapprochaient aussi.

Bon, d'accord, je le sentais mal là. Très mal. Ils se rapprochaient lentement, comme pour savourer la peur qu'ils voyaient s'afficher sur le visage des trois autres – et un peu sur le mien aussi, il faut bien l'avouer – ce qui donnait une impression très désagréable, celle de se faire coincer. Par dessus le marché, on y voyait de moins en moins, ce qui avait tendance à me stresser encore plus car, en plus de m'empêcher de bien voir leur visage (surtout leurs yeux vu qu'ils sont cagoulés), cela gênait aussi ma perception des distances. On ne pouvait pas encore passer entre eux en courant ? Je n'étais pas bien sûr, et de toute façon ils nous empêcheraient de passer à coup sûr !

J'étais pas loin de paniquer – parce qu'ils étaient partis pour nous poignarder là, ou un truc du style – lorsque je saisis instinctivement mon poignet, ce qui me rappela la présence de la montre que le professeur Agasa m'avait donnée plus tôt. Sans que je sache pourquoi, mon esprit se fixa dessus, ce qui m'énerva un peu parce que j'avais autre chose à penser pour le moment.

Et puis cela fit tilt.

Oui, il faisait sombre, et donc nos yeux à tous, autant les miens que ceux des DB ou de nos agresseurs, étaient habitués à l'obscurité, et une forte source lumineuse correctement dirigée éblouirait facilement les hommes cagoulés. Et par bonheur, les montres du professeur Agasa avaient une fonction lampe torche intégrée dont j'avais déjà eu l'occasion de constater l'efficacité !

Aussitôt, je me mis à chuchoter mon plan à l'oreille des autres. Cela eu le mérite de les calmer un peu et de détourner leur attention des gens qui nous menaçaient, mais ces derniers ne parurent pas trop apprécier.

-Alors, on complote ? Ricana l'un d'eux. Vous pensez réussir à nous avoir comme vous avez eu nos deux copains ?

-Honnêtement ? Oui, leur répondis-je fièrement.

Puis à mon signal, nous brandîmes tous les quatre nos montres en les allumant. Les trois autres visaient les deux hommes qui nous barraient la route tandis que j'orientais la mienne vers ceux qui fermaient la marche.

-Maintenant ! M'exclamais-je en voyant que ma stratégie fonctionnait : ils étaient éblouis.

Aussitôt, ils se précipitèrent entre les deux hommes de devant, passant le plus loin possible d'eux et de leurs couteaux mais sans oublier de diriger le faisceau de leur lampe vers leurs yeux. Ils étaient toujours éblouis lorsque je passais à mon tour près d'eux, cependant les deux de derrière c'étaient remis, d'autant que je ne les éclairais plus, et ils se lançaient déjà à notre poursuite. J'exhortais les autres à accélérer sans cesser de braquer ma montre en arrière, mais plus le temps passait, plus l'effet diminuait, leurs yeux s'habituant, et surtout, même sans trop y voir, ils venaient de comprendre ce qu'on avait fait et se lançaient instinctivement à notre poursuite.

-Plus vite !

Les trois devant accélérèrent et on finit par arriver dans une rue mieux éclairée et un peu plus fréquentée. Je mis quelques secondes à me rendre compte que nos agresseurs avaient abandonné la poursuite à ce stade et j'en informais les autres.

-C'est bon, on les a lâchés !

Ils s'arrêtèrent aussitôt en lançant néanmoins des coups d'œil derrière eux, à bout de souffle. J'en profitait aussi pour tenter de retrouver une respiration normale, ce qui s'avéra être une tâche compliquée après pareil sprint ! Les trois autres, eux, n'eurent pas besoin d'attendre que leur respiration soit revenue à la normale pour commenter ce qui venait de se passer.

-C'est terrible ! Qu'est-ce qu'on va faire ? S'exclama Ayumi-chan.

-Il faut prévenir la police ! Proposa aussitôt Mitsuhiko-kun.

-Tu es fou ? Le contredis Genta-kun. Ils vont encore plus mal le prendre si on fait ça !

-Parce qu'ils ne sont pas encore assez sérieux là, peut-être ? Demandais-je en me redressant.

Il y avait quelques personnes dans la rue, on avait un peu attiré leur attention avec notre course, mais pas assez pour stopper des gens dans leur quotidien. Personne ne vint nous demander quoi que se soit, et je ne savais pas si c'était une bonne chose ou non mais dans tous les cas, je ne me sentais pas en sécurité dans la rue, même s'il y avait d'autres gens autour de nous.

-Vous croyez qu'ils savent où on habite ? S'inquiéta Ayumi-chan.

-Aucune idée. Mais comment ça se fait qu'ils nous soient tombés dessus comme ça ? Ça ne peut pas être un hasard. Songeais-je à haute voix.

-Vous croyez qu'ils nous ont suivit depuis chez le professeur Agasa ? Suggéra Mitsuhiko-kun.

-Oh non ! Alors le professeur, Conan-kun et Ai-chan seraient en danger ?

-Du calme ! Les tempérais-je. Il n'y avait que nous dans la cave, donc avec un peu de chance ils vont chercher à se venger de nous et c'est tout. En attendant, c'est dangereux de rester ici, dépêchons-nous d'aller chez Arō-san !

Que les criminels veuillent se venger de nous impliquait qu'ils pouvaient aussi s'en prendre à nos proches, mais ça, il valait mieux ne pas en parler. En tout cas, ce n'était pas l'endroit pour y réfléchir, et je suis sûr qu'Arō-san serait de bon conseil. Dans tous les cas, il fallait bouger d'ici et vite, plus personne ne nous courait après mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'ils avaient abandonné la poursuite pour ce soir, on devait faire attention.

-Vous savez comment rentrer en ne passant que par des grandes rues, où il y a du monde ? Questionnais-je.

Il ne fallait pas trop compter sur moi en tout cas, autant je connaissais le chemin de l'école jusqu'à chez moi, autant là, entre chez le professeur Agasa et chez moi, je ne reconnaissais pas grand chose.

-Oui, ne t'en fait pas, on est plus très loin, m'assura Mitsuhiko-kun.

Ils me guidèrent sur quelques rues et je reconnu rapidement l'itinéraire que je prenais pour aller à l'école. Heureusement que tout était dans le même quartier !

Il y avait toujours au moins quelques personnes dans la rue maintenant, mais je continuais de me retourner régulièrement. Après tout, ce n'est pas comme hier, où une fois les criminels attachés, on pouvait relâcher notre garde. Ici, ils étaient toujours en liberté, et on ne savait pas où, alors il fallait faire attention. La même astuce ne fonctionnerait pas deux fois et je n'avais pas d'autre idée si une situation semblable devait se reproduire, donc autant éviter d'avoir à se poser sérieusement la question. J'avais déjà assez de soucis avec mes histoires d'amnésie, j'ai pas envie d'avoir en plus à sauver ma peau et celle des DB tous les quatre matins.

En tout cas, je devenais peut-être trop parano mais j'avais parfois l'impression de voir comme des formes louches derrière nous, qui se cachaient dès que je me retournais. Mais si ça se trouve, j'avais tellement peur qu'ils nous aient suivit que je prenais la moindre ombre pour une silhouette ennemie. L'obscurité n'arrangeait pas les choses. Plus on se rapprochait, plus je me demandais si c'était une bonne idée.

Comment ont-ils fait pour nous trouver ? Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, comment savent-ils que l'on a quelque chose à voir avec ce qui s'est passé hier ? Les médias ont certes relayé l'info, mais ils ont simplement parlé de jeux d'enfants ayant permis de découvrir un lieu de stockage utilisés par des trafiquants. Nos noms ne sont pas présents, comme nous sommes mineurs, ni nos visages, et savoir que la cave en question se situait elle aussi dans les environs ne suffit pas pour nous trouver, alors comment pouvaient-ils savoir ? Et quel intérêt de nous agresser ? Cela ne fera pas revenir leur drogue.

-A quoi tu penses Nazuna-chan ? Me demanda Ayumi-chan.

-Je me demandais comment ils savaient que c'est nous qui avons découvert la drogue et permit l'arrestation de leurs deux copains. C'est vrai quoi, ils n'étaient pas là, et leurs compères n'ont pas pu le leur dire après avoir été arrêté ! En plus, eux non plus ne connaissent pas notre nom ni où on habite.

-C'est vrai ça, approuva Mitsuhiko-kun.

Ils commencèrent à élaborer plusieurs hypothèses plus ou moins crédibles que j'écoutais d'une oreille distraite tout en continuant de surveiller nos arrières, littéralement. Je commençai à me demander si c'était une bonne idée d'aller directement chez Arō-san. S'ils nous suivaient, alors ils sauraient maintenant où j'habite... Enfin, s'ils ne le savaient pas déjà.

Je réfléchissais activement sur le sujet, essayant d'envisager toutes les possibilités, de comprendre ce qui venait de se passer, tout ça en continuant régulièrement de jeter des coups d'œils suspicieux derrière moi, mais j'avais beaucoup moins l'impression de voir des ombres. Ils avaient vraiment abandonné, ou bien les silhouettes de tout à l'heure étaient une illusion ? En tout cas, je ne pus m'empêcher d'accélérer le pas. Plus vite on serait chez Arō-san, mieux se serait, et on n'était plus très loin.

D'ailleurs, à ma grande surprise, je l'aperçus au détour d'une rue, avec Eiki. Je m'apprêtais à l'appeler mais une silhouette cagoulée surgit soudain d'une rue adjacente et, trop occupée par le reste, je ne le vis qu'au dernier moment. J'eus cependant le réflexe de m'en écarter autant que possible, mais les DB étaient dans mon dos et m'empêchaient de reculer rapidement, d'autant que je n'avais pas anticipé leur présence.

Il y eu un éclat métallique et je ressentis soudain une douleur sur mon bras, mais avant que j'ai pu réagir, j'entendis Arō-san crier quelque chose et Eiki aboyer avec l'air de se précipiter vers nous. L'homme cagoulé prit aussitôt la fuite tandis que je titubais en arrière sans trop comprendre ce qui venait de se passer tellement tout avait été vite.

Eiki s'arrêta à mon niveau suite à un nouvel ordre d'Arō-san, elle grognait et montrait les dents dans la direction vers laquelle l'homme cagoulé avait fui, comme pour nous protéger. De leur côté, les DB prenaient conscience de ce qui venait de se passer, mais avant qu'ils ne se lancent dans de folles théories, Ayumi-chan s'exclama :

-Nazuna-chan ! Tu es blessée !

-Hein ?

Je me sentais perdue, alors pourtant que la situation était simple : un homme, probablement un de ceux qui nous avaient menacé tout à l'heure, nous avait retrouvé et avait essayé de nous poignarder, enfin surtout moi. J'avais eu l'heureux réflexe de m'écarter, et comme Eiki était dans le coin et l'avait coursé, il s'était enfui de peur d'être attrapé, et voilà. En tout cas c'est ce que je déduisais, alors pourquoi cette impression d'être complètement larguée ?

Je daignais enfin regarder mon bras, là où j'avais vu l'éclat métallique passer et où j'avais senti la douleur. C'était évident qu'il avait réussi à m'égratigner ici, mais je fus surprise de voir le sang qui avait commencé à couler. Ça saignait à ce point ? J'avais pourtant eu l'impression qu'il m'avait à peine effleuré sur le coup !

Des bruits de course me firent lever la tête et je vis Arō-san arriver près de nous, l'air inquiet.

-Vous allez bien les enfants ?

Il remarqua alors la blessure sur mon bras et jura.

-Tant pis pour l'autre gus, il est sans doute loin maintenant. Venez avec moi les enfants, on va aller chez moi, se sera plus sûr. Viens Eiki !

Il avait un ton suffisamment pressant et sérieux pour que les DB obtempèrent sans discuter, mais il se lâchèrent dès que la porte de l'appartement fut fermée.

-Ça va Nazuna-chan ? Me demanda Mitsuhiko-kun.

Je hochais la tête.

-Ça va, ce n'est pas très grave, mais ça fait un peu mal.

-Ne t'inquiète pas, j'ai de quoi soigner ça ! Dis Arō-san avant de s'éclipser, sans doute pour aller chercher le nécessaire.

Il revint quelques secondes plus tard et me demanda de m'asseoir pendant qu'il me soignait. Il demanda alors ce qui nous était arrivé exactement, et je laissais les Détective Boys résumer notre après midi, étant personnellement trop concentrée à résister à la douleur pendant que l'ont désinfectait la blessure. Et non, je ne suis pas une chochotte, mais ça pique !

-Donc, d'après vous, les hommes qui vous ont encerclé et l'homme de tout à l'heure font parti du même groupe de trafiquants de drogue que les deux que vous avez arrêté hier ? Résuma Arō-san.

Les DB hochèrent la tête.

-Ils l'ont dit eux-même ! Assura Genta.

-Oui, enfin, celui qui a essayé de me poignarder n'a pas vraiment eu le temps de dire ou non s'il était avec les autres, mais comme il avait le même genre de couteau et de cagoule que ceux qu'on a vu plus tôt, je suppose qu'il était avec eux, précisais-je.

-Ok, et voilà ! Fit Arō-san en terminant de fixer le bandage.

Il rangea un peu son matériel de premier secours puis se redressa, pensif.

-Comment ont-ils fait pour savoir que c'est vous qui avez aidé à l'arrestation des deux criminels de hier ? Enfin, peut importe, tout ça devient dangereux, je ne peux pas vous laisser entrer seuls ! Il faut que vous préveniez vos parents pour qu'ils viennent vous chercher.

-Il ne faudrait pas prévenir la police d'abord ? Questionna Mitsuhiko-kun.

-Est-ce qu'on doit aller à l'école demain ? Ils ne risquent pas de nous attendre en embuscade sur le chemin comme ce soir ? S'inquiéta Ayumi-chan.

Les deux autres renchérirent. Arō-san me jeta un regard, l'air de demander ce que j'en pensais. Je penchais la tête en faisant la moue : je n'avais pas vraiment envie de retourner à l'école primaire en ayant la trouille qu'on essaie de me poignarder à chaque coin de rue ! Et d'ailleurs, s'ils savaient pour nous, pourquoi ne nous avaient-ils pas attaqués avant ? Est-ce qu'ils avaient volontairement attendu une situation propice ? Ça paraissait logique, mais je doutais qu'il suffise d'éviter de se balader de nuit pour qu'ils arrêtent de s'en prendre à nous. Arō-san sentit mon appréhension et poussa un soupir, comme s'il cédait à contrecœur.

-Bon, ok, dit-il, voilà ce qu'on va faire...