Rating : K

Relation : Friend/Parental!RoyEd

Pour fêter la fin du brevet, je poste un nouveau thème ! \o/ Et j'ai tenu mon délai ! J'ai dit que j'allais poster le thème à la fin du mois. Soyez fiers de moi. 8D *meurt*

Ce coup-ci, c'est encore un thème pas joyeux, mais en ce moment je me sens d'humeur à écrire des choses déprimantes, ne me demandez pas pourquoi. En même temps, ce n'est pas pour rien que l'angst est mon genre préféré... *fuit*

Bref, je vous souhaite une bonne lecture !


26. Tears

La Vérité n'était ni Dieu, ni l'Univers, ni « Tout », ni « Un », ni le Monde, et encore moins « lui ». C'était simplement la « vérité ». Parce qu'elle ne montrait que les faits, le destin.

Dieu n'avait aucune raison de faire cela.

L'Univers n'en avait absolument rien à cirer.

Cela faisait partie du Tout.

Il était donc Un.

Et Edward n'aurait jamais, jamais, provoqué la mort de son frère.

Sous la pluie qui tombait doucement, Edward restait à genoux, le regard vide, fixé sur les restes d'armure sur le sol. Les morceaux, éparpillés, froids et irréguliers, reflétaient ses sentiments.

Cassé. Déchiré. Désordonné. Epars. Détruit. Morcelé. Anéanti.

Il ne sentit pas le manteau posé sur ses épaules. Il ne sentit pas la main réconfortante qui le soutenait. Il n'entendit pas son nom appelé. Il n'écoutait même pas. Il attrapa fébrilement un débris dans sa main gauche, et le détailla intensément. Comme s'il essayait de trouver une réponse, une faille, une explication, une solution, un espoir.

Malheureusement, il n'y en avait plus. Le sceau de sang avait été fissuré en deux ; une première partie sur un morceau d'armure, la deuxième sur un autre. Edward raffermit sa prise. Il entendait encore le bruit de métal brisé et fendu, les fragments retombant dans un vacarme insupportable, le son de sa voix criant son nom.

Alphonse était définitivement mort. Emporté une fois par la Porte, une deuxième fois par Scar.

— Edward…, appela une deuxième fois Mustang. Relève-toi. Va te mettre à l'abri.

L'adolescent releva lentement ses yeux vers son supérieur. Le Colonel eut un pincement au cœur à la vue de ces orbes dorés dénuées de toute expression, le néant les envahissant. Jamais les yeux du Fullmetal ne paraissaient aussi inanimés. Cette couleur d'ordinaire insufflée de détermination, de courage, d'entrain, enflammée de vie, d'espoir, d'optimisme… Rien. A cet instant, elle ne reflétait plus rien. Du vide. Mustang ne supportait pas cette vue. Comment un adolescent comme Edward pouvait-il se retrouver dans un état pareil ? Ce garçon dont la bonne humeur ravivait l'atmosphère morne des journées au QG, dont la présence égayait certains, ou même amusait d'autres. Là, il ne s'agissait que d'une coquille vide qui n'avait plus conscience de rien.

— Mustang… ? articula difficilement Edward.

Roy peina à afficher une expression neutre face à un spectacle aussi désolant.

— Oui, c'est moi, répondit-il. Viens, tu vas tomber malade.

Il l'attrapa d'abord par les épaules, mais voyant qu'il ne bougeait toujours pas, il soupira doucement. Il se mit face à lui et mit un genou à terre, le regardant droit dans les yeux. Il ne pouvait pas le laisser ainsi à regarder les restes d'armure d'Alphonse…

— Ecoute Edward, je sais que c'est dur, mais il faut que tu ailles te mettre à l'abri, déclara-t-il sur un ton un peu plus sévère.

— C'est drôle… parce que je ne sens pas vraiment la pluie, là, ricana Edward.

Un rire qui sonnait beaucoup trop douloureux aux oreilles. Le Fullmetal baissa la tête et sembla perdu dans un monologue, comme s'il parlait à lui-même, oubliant la présence du Colonel.

— Je dois être franchement pathétique à voir, hein ? murmura-t-il. Je n'ai rien pu faire pour le protéger. J'étais complètement incapable de faire quoi que ce soit. Il m'a attaqué, puis s'en est pris directement à Al… Il l'a tué sous mes yeux. J'ai été impuissant. Quel grand-frère abandonnerait son petit-frère comme ça ?

Mustang l'écoutait en silence, ne sachant que dire. La mort d'Alphonse l'attristait énormément, mais voir Edward détruit ainsi le déchirait. Malgré la pluie qui tombait depuis quelque temps, il voyait que les joues de son subordonné se trouvaient rayées de filets d'eau. La pluie, hein ? S'il posait la question, Edward lui répondrait certainement cela. De ce fait, il se contenta de le prendre dans ses bras, doucement, sans le brusquer, le serrant un peu plus fort, et tenta de le calmer.

— Calme-toi, Edward, personne ne te blâme, chuchota-t-il tendrement. Scar est le seul fautif dans cette histoire. Alphonse n'aurait pas voulu que tu t'apitoies ainsi.

— Je suis le grand-frère, je n'ai pas pu l'en empêcher, hoqueta l'adolescent.

— On ne peut pas tout prévoir. Le monde est imparfait, sinon pourquoi devrait-on se battre ? Tu n'y es pour rien Edward.

Il sentait contre lui que le Fullmetal tremblait et avait des soubresauts. Il lui caressa les cheveux.

— Une fois, c'est bon, tu n'as pas à t'en soucier, lui confia-t-il. Laisse-toi aller.

Edward était d'abord surpris par les gestes attentionnés du Colonel, mais cela le rassurait. Cela lui rappelait que quelqu'un se trouvait là pour lui, qu'il n'était pas seul. Malgré tout, l'absence d'Al était plus forte que tout, et même entouré ainsi, rien ne pourrait remplacer son frère.

Son unique frère.

Alors il s'accrocha désespérément à la chemise de Roy, laissant l'émotion envahir son corps. Ses cris de souffrance et de tristesse et de rage et de désespoir se mêlaient au vacarme de la pluie qui frappait la ville, tout comme ses larmes qui s'y mélangeaient. Des filets d'eau roulaient le long de ses joues, des perles s'écrasaient au sol tandis qu'il criait, hurlait, pleurait, manifestant son désarroi. Sa gorge lui faisait mal et était sèche. Sa tête tournait. Son esprit n'avait plus conscience du monde qui l'entourait. Son cœur semblait brûler et prêt à se réduire en cendres. Il maintint sa poigne contre Mustang, seule présence réelle qui l'empêchait de sombrer entièrement.

Roy continuait de lui caresser les cheveux et de le garder dans ses bras, apportant tout le soutien qu'il pouvait. Edward ne se montrait jamais aussi émotif, et le Colonel espérait de tout cœur que cela s'arrêterait bientôt, car il sentait déjà qu'il était prêt à fondre en larmes également. Alphonse ne méritait pas de mourir, privant ainsi son frère de sa présence, de sa vie, de son existence. Ce gentil garçon toujours à l'écoute, attentif et généreux… Les frères Elric n'existaient pas l'un sans l'autre.

Comment Edward allait-il surmonter cela ? Comment pourrait-il vivre sans son frère ? Comment Mustang parviendrait-il à aider le Fullmetal ? Comment annoncer cette tragique nouvelle à tous leurs proches ? Comment faire ?

Les pleurs d'Edward se calmèrent doucement et lentement, reprenant le contrôle de lui-même. Il sanglotait toujours un peu, mais Roy était déjà apaisé que l'adolescent se détende.

Les autres militaires avaient eu la décence de ne pas intervenir, même s'ils voulaient déplacer l'armure d'Alphonse. Ils attendaient que le Fullmetal soit en mesure de leur répondre, et malgré le fait qu'il soit Alchimiste d'Etat, il n'en restait pas moins un enfant. Un enfant ayant perdu sa seule famille.

Maintenant, il fallait aller de l'avant.


Et voilà. :) Je sais que cette scène a été vue et revue maintes fois, mais j'avais envie de l'écrire... Parce que Mustang qui réconforte Ed, c'est cool.

Une p'tite review ? :3