NdT : L'histoire est à Itar94 et Merlin à la BBC. Merci à tous de suivre cette histoire ;) Le rythme de publication risque cependant de se faire plus irrégulier, puisque je travaille en même temps sur d'autres traductions de Merlin ^^
Ce que Merlin n'a pas le droit de faire (selon le prince Arthur)
Chapitre 6 : Présenter des dragons aux Pendragon
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Il est au courant depuis près de trois mois. Sérieusement, à quoi vous attendiez-vous ? Merlin n'est pas vraiment subtil. C'est presque incroyable qu'il soit resté vivant aussi longtemps et qu'il ait réussi à se faire passer, devant autant de personnes, pour un simple paysan idiot qui n'a rien à cacher (seulement doté d'une chance incroyable pour se sortir de situations pénibles et d'un talent pour toujours les attirer à lui).
Non, il ne parle pas de la magie. Ça, il l'a compris depuis très longtemps – Merlin devrait vraiment apprendre à mieux cacher ses secrets (non pas qu'Arthur veuille qu'il y ait des secrets entre eux, mais c'est nécessaire pour que ni son père ni personne ne découvre la vérité – ce qui mettrait le serviteur dans de graves ennuis). Non, Arthur ne pense pas à la magie.
Il pense à cette créature infernale dans la grotte sous Camelot, nommée Kilgarrah mais plus communément appelée le Grand Dragon.
Bien qu'Arthur n'ait aucune idée ce qui peut être grand ou majestueux à son propos,à part son poids.
Trois mois plus tôt, il était insouciant et bienheureux. Et puis Merlin le traita d'imbécile et lui dit des choses étranges – qu'il devait arrêter d'être si hautain parce qu'il avait pour grande destinée d'être le Roi (comme si Arthur ne le savait pas déjà) d'Albion (ça, c'était nouveau, par contre), et que pour unifier les Royaumes, il devait arrêter d'être aussi idiot. Naturellement, Arthur lui dit de se taire et de polir son armure, mais ses mots résonnèrent dans son esprit et il passa des nuits à se battre avec eux dans son sommeil.
Bref.
Après exactement quatre jours, neuf heures et vingt minutes, il demanda au serviteur ce qu'il voulait dire par cette Affaire de Destinée.
Ce qui le mena à quelques Prophéties et au Grand Dragon qui vivait sous le château, celui qui dit à Merlin qu'il doit accomplir sa destinée à lui, qui est d'aider Arthur à accéder au trône sain et sauf. Selon le dragon, ils vont ramener ensemble la Prospérité, la Paix et la Magie au Royaume, par l'alliance du Roi qui fut et qui sera et de son Sorcier.
Ce n'est pas grand-chose, vraiment.
Sauf qu'Arthur a fini par comprendre pourquoi Merlin lui lance parfois des absurdités à moitié sages, pourquoi il risque sa vie sans hésitation, et d'où vient sa loyauté incontestable ; et, si le dragon dit la vérité (ce qu'il a fait jusque-là, ce qui est assez effrayant), Albion ne pourra naître que de leur union, car ils sont les deux faces d'une même pièce.
Pourrait-il y avoir plus de sous-entendus dans une seule phrase ?
(Le dragon doit s'ennuyer pour présenter les choses comme ça).
Lors de leur première rencontre, Kilgarrah était amusé et incroyablement énigmatique – ce qui est vraiment exaspérant, mais le dragon est enfermé dans cette grotte depuis vingt ans et Arthur peut comprendre que ça n'ait pas que de bonnes conséquences sur son esprit. La créature a une mauvaise influence sur Merlin, et quelqu'un devrait vraiment aller la voir pour la faire parler de ses propres problèmes ; cela aiderait probablement à éclaircir l'esprit du dragon et à lui rendre un peu de sa santé mentale. Bon, d'accord, Arthur comprend plutôt bien cette analogie sur la Même Pièce/la Lune et le Soleil.
Trop bien, en fait.
Ces pensées ne veulent pas tout simplement pas le laisser tranquille.
Rien ne s'arrange lorsque, un jour surprenant, il découvre que le dragon est apparemment télépathe. Tout empire lorsque le dragon s'introduit dans son esprit alors qu'il donne des ordres à Merlin, et qu'il imagine secrètement que le garçon ne polit pas son épée mais qu'il polit son épée, avec ses lèvres rouges et boudeuses et ses habiles mains pâles…
« Je vois que vous vous adaptez plutôt bien à votre destinée. »
Comment forcer une bête cracheuse de feu et télépathe, qui connait l'avenir et est âgée de plusieurs siècles, à rester loin de votre tête et de votre vie amoureuse ?
« Ah ! DEHORS ! » crie Arthur de toute la force de ses poumons – et non, ce n'est pas un hurlement de fillette. C'est un son très viril qui exprime tout son choc.
Merlin sursaute et le regarde, étonné, en laissant tomber le bout de tissu qu'il utilisait. Oups, Arthur n'a pas fait que penser son cri. Il répare en hâte son erreur et lève les mains en un geste rassurant (du moins, il l'espère), étant donné que Merlin semble être quelque peu bouleversé. Oh, ne pleure pas, s'il te plaît ne pleure pas, supplie mentalement Arthur.
« Mais non, pas toi, Merlin – c'est ce maudit dragon ; il me parle dans la tête. »
Une lueur de compréhension traverse le regard du serviteur, qui semble soudainement beaucoup plus calme. Ses épaules se détendent et il ramasse le tissu. « Oh. Oui, il peut vraiment être énervant.
— Je t'ai entendu, jeune sorcier ! »
Arthur grimace. « Il fait ça souvent, n'est-ce pas ? »
Le sorcier hoche vigoureusement la tête. « Ouais, presque tout le temps.
— Et il n'y a aucune façon de, je ne sais pas, le faire taire ?
— Non, pas vraiment. Il faut juste faire ce qu'il dit ou résoudre ses énigmes. Généralement, ça le rend heureux. »
Merlin lui adresse un sourire encourageant en guise de soutien et retourne à ses corvées.
Et merde. Arthur pioche de la nourriture dans son assiette. Pas question qu'il réalise les souhaits de ce foutu dragon quand la créature peut lire dans son esprit. C'est flippant. Depuis combien de temps cette chose l'observe-t-elle ? Et Merlin ? Peut-elle entendre les pensées de Merlin aussi clairement que les siennes, ou le garçon a-t-il une sorte de défense magique contre ça ?
« Le jeune sorcier fait parfois des rêves très mouvementés et audacieux », ronronne le dragon. Arthur tombe presque de sa chaise.
Non, il est totalement hors de question qu'il demande des précisions sur ces rêves.
« Voulez-vous arrêter ça ?
— Vingt ans dans une grotte puante et sombre – j'ai besoin de divertissement. D'ailleurs, vous feriez une faveur à tout Albion, jeune prince, » ajoute le dragon. Arthur peut imaginer son sourire suffisant et ses yeux dorés étincelants lorsqu'il lui montre, en un éclair, une image du prince et du sorcier entremêlés dans des draps de soie rouge, d'une manière qui fait subitement rougir Arthur et accélérer son pouls.
« Arrêtez de faire ça !
— Arthur, vous semblez un peu rouge », dit Merlin ; il pose une main sur son front. « Tout va bien ? Vous ne vous sentez pas malade ? Je ne crois pas que vous ayez de la fièvre, mais…
— N…non », dit faiblement le prince. Dieu merci qu'il ait eu la bonne idée de porter un pantalon ample.
« Vous êtes sûr ? Je devrais peut-être aller chercher Gaius.
— Ou bien vous devriez avoir un moment en tête à tête », ronronne le dragon.
Apparemment, seul Arthur peut entendre la bête parler à cet instant ; l'expression de Merlin reste inchangée, comme s'il n'avait pas entendu.
« Non ! Je… je ne suis pas malade. Tu n'as pas besoin d'aller chercher Gaius. Ou qui que ce soit. » Arthur agite la main. « Continue juste de faire tes corvées.
— Une autre corvée pourrait entraîner une joute très appropriée entre vous deux, suggère le dragon.
— D'accord… si vous le dites, Arthur. »
Pas entièrement convaincu, Merlin termine de polir l'épée, et, en voyant qu'Arthur ne mange plus, empile les assiettes sur un plateau et les emmène à la cuisine royale pour les nettoyer.
Le dragon sent le pouls du prince ralentir et il l'entend soupirer de soulagement lorsque le serviteur quitte la pièce. À son tour, Kilgarrah soupire, mais pour des raisons différentes.
« … Dommage… vous étiez tellement près d'accomplir votre destinée ! »
