C'est partit pour le chapitre 6 , que j'ai d'ailleurs écrit d'une seule traite ! Pardon d'avance pour les fautes.
J'espère que vous aimerez, n'hésitez pas à harceler le bouton review si l'envie vous prend !
Enjoy!Yelrak.
POV Charlie.
Quinn et Kurt marchent à la même vitesse, à la même hauteur, au même pas, mais ils ne marchent pas ensembles. Ils laissent entre eux une distance d'un mètre et demi environ.
L'épaule de Sam frotte parfois contre la mienne. Ca ne me dérange pas. Ca me rassure.
-Tu le sens comment ?
-Je dois être désespérée. J'ai demandé un coup de main à Quinn pour me préparer.
Je passe une main sur la tresse qui, au rythme de mes pas balance contre ma poitrine.
-C'est joli. Tu es jolie, Cha'.
Je hausse les épaules.
Et alors, Sam se remet à parler, je ne l'écoute pas vraiment. En fait, je me rends compte que j'ai la trouille. Que ça me prend à la gorge, aux tripes, et que je pourrais partir en courant dans la seconde.
Je me concentre sur le dos de Kurt, devant moi. Je me concentre sur ses épaules carrées et sur ses cheveux légèrement ébouriffés. Je me concentre sur cette sensation grisante qui m'a assaillit tout à l'heure, quand il m'a demandé si j'étais prête.
Mais ça ne me calme pas. Parce que ça aussi, ça me fiche la trouille, cette emprise qu'il peut avoir sur moi.
Kurt pousse la porte de la grande maison des Welter, et sans hésiter, sans attendre une seconde, il entre. Quinn le suit, avec un air euphorique que je ne lui connais pas.
De là où je suis, j'entends déjà la musique, forte, les discussions, les rires, les bruits de fêtes que je ne connais que par les films. Sam, dans l'encadrement de la porte, cherche mon regard.
Est-ce qu'il se rend compte que mon cœur redouble d'ardeur pour tenter de me garder en vie ? Que, pour la deuxième fois de la soirée, j'ai l'impression d'imploser, sauf que cette fois, ça n'a rien à voir avec les yeux de Kurt braqués sur moi ?Que je ne devrais même pas être là, comme si j'avais été propulsé d'un seul coup dans la vraie vie ?
Peut-être pas. Mais il me tend la main. Et je me dis que s'il y a quelqu'un ici qui peut avoir une chance de comprendre toutes ces choses, c'est lui. Alors je lui prends la main, et j'entre avec lui.
POV Quinn.
J'aime bien ça. Cette foule anonyme qui remue au rythme de la même musique qu'on ne reconnait plus au travers des voix, des éclats de rire et des explosions de joie. Le fait de pouvoir oublier, pour une soirée, une nuit peut-être, tout ce qui me donne envie de hurler. Le regard de ce garçon que je ne connais pas, à l'autre bout de la pièce. Le sourire qui me vient naturellement aux lèvres et le signe de main qui semble se faire de lui-même, pour l'inviter à venir vers moi.
La sensation de se retrouver.
POV Charlie.
Je m'attendais à ce qu'il y ait du monde, mais pas autant. Je m'accroche à la main de Sam, toute douce, toute chaude. Il m'entraine dans son sillage jusqu'à ce qui à l'air d'être le salon. Encore une chose qui me surprend, la chaleur. Comme si toute la chaleur du monde avait décidé de se réunir ici, dans ce salon miteux avec les canapés repoussé contre le mur pour l'occasion.
J'essaie de me maitriser, vraiment. De respirer normalement, de ne pas avoir les yeux trop écarquillés, de contenir le tremblement de mes mains, d'être une fille normale, à une fête normale, pour une fois.
Je n'y arrive. Je veux rentrer. Je veux enfouir ma tête sous ma couette. Je veux faire semblant de ne pas exister.
-Tu vas bien ?me demande Sam.
Il a finit par s'arrêter dans ce petit couloir, l'endroit sans doute le plus calme de la maison. Pourtant Sam doit crier dans mon oreille pour que je puisse l'entendre.
Ca m'énerve qu'il me demande ça. Et ça m'énerve de me rendre compte, de plus en plus alors que le temps passe, qu'il avait raison, et que j'aurais dût rester à la maison.
-Pourquoi ça n'irait pas ?
Mon ton est agressif. Mon ton ressemble à celui de Quinn.
Il hausse simplement les épaules, et fixe quelque chose derrière moi. Je sens bien que, pour l'instant du moins, je n'existe plus, même pour lui.
-Je vais me chercher à boire.
Je ne sais pas pourquoi je lui dis. Il s'en fiche.
Je prends une grande inspiration, empreinte de l'odeur de dizaines de corps pressés les uns contre les autres et m'enfonce à nouveau dans la foule.
Seule, cette fois. Ou plutôt, encore une fois.
POV Quinn.
Il s'appelle Zachary. Son prénom m'a donné envie de rire, surtout après qu'il m'ait remplis plusieurs fois mon verre.
L'alcool me fait tourner la tête. Pas au point d'être complètement anesthésiée du cœur, de ne plus rien sentir du tout, mais c'est déjà mieux que rien.
Le problème avec l'alcool, c'est que ça te fait ni oublier ni les lois, ni les risques, ni les problèmes, ni les conséquences, ça te fais juste t'en foutre.
Je sens toujours le torse de ce garçon, qui finalement n'est peut-être pas aussi attirant qu'il n'y paraissait, contre mon dos, dans une tentative de danse et de séduction à la fois. Je sens toujours le regard de Sam, par-dessus l'épaule de Charlie, qui me fixe, plein de reproches. Je sens encore que Kurt n'est pas dans le coin. Je sens encore que j'aurais bien aimé qu'il reste près de moi.
Je bois une autre gorgée.
-T'es sans doute la fille la plus canon que j'ai jamais vu.
Même sa voix est alcoolisée. Je ris, et je me rends compte que mon état est peut-être encore pire que le sien. Ca me fait rire encore plus fort, même si je ne sais pas vraiment pourquoi. Je suis en fait secouée par un énorme fou rire, franc et massif, comme ça faisait longtemps que je n'avais pas eu. Mes épaules tremblent et sursautent, une barre vient me bloquer la respiration et je sens même des larmes perler aux coins de mes yeux.
Zachary ne réagit pas, peut-être qu'il est trop déchiré pour ça. Je balaye la salle du regard à la recherche de quelqu'un qui pourrait rire aussi fort, et de la même chose que moi.
Mais je le vois, lui. Ou plutôt eux. Et je n'ai plus envie de rire du tout.
Kurt. Et Charlie. Et son bras sur ses épaules frêles. Et leurs regards qui se cherchent, se trouvent, s'accrochent.
Et là, au milieu du salon, avec un inconnu total qui essaye de m'embrasser et sous le regard indéchiffrable de Sam, il me paraît clair que je vais vomir.
POV Charlie.
-Alors petite Charlie ?
Je m'arrête. J'ai reconnu sa voix, et surtout, j'ai reconnu la façon qu'il a eut de m'agripper le poignet. J'ai reconnu sa main douce, ses ongles courts, sa poigne forte, sans être brutale.
-Salut, Kurt.
Je me retourne, et encore une fois nos regards se heurtent, si fort que je baisse les yeux en rougissant. Il lâche mon bras, et je me dis qu'il va partir, lui aussi, et que je me retrouverais toute seule, toute petite, toute perdue. Cette pensée me colle un frisson d'horreur, qui disparaît quand Kurt passe son bras sur mes épaules et commence à avancer. Je ne sais pas où il m'emmène, ni même si il m'emmène vraiment quelque part.
-Alors, alors... Comment se passe ta première petite soirée?
Et je comprends. Je comprends pourquoi il garde sa bouche aussi près de mon oreille, cette soudaine proximité, sa voix enrouée et sa difficulté à parler.
-Très bien.
Mon ton est si tranchant et catégorique qu'on pourrait presque croire que c'est vrai.
-Ca, Charlinette, c'est cooooooool.
Son bras se fait de plus en plus lourd sur mes épaules, et son souffle alcoolisé braqué sur mon visage me donne le tournis. J'ai envie qu'il s'en aille, et qu'il me laisse. Non, c'est faux. Ce moment d'attention, même dut au nombre de verre qu'il a but, me fait jubilé.
-Tu sais, Charlinette...
-Comment tu fais pour être déjà bourré ?
Un sourire étire lentement ses lèvres et avec son index, il m'indique une fille que je ne connais pas en train de remplir son verre.
-Comme elle.
Puis il me montre un garçon qui boit directement à la bouteille.
-Et comme lui.
Et avec un geste qui voudrait englober toute salle, et toutes les personnes présentes, il conclut:
-Et comme tout le monde ici.
Je ne dis rien, sans doute parce qu'il n'y a rien à dire. Je suis soudain prise d'une envie de pleurer qui me paraît insoutenable, alors je retire son bras de mes épaules et le pousse pour qu'il soit le plus loin possible de moi.
-Charlie…
Je ne me retourne pas, cette fois. Je m'enfuis, je mets le plus de distance possible entre lui et moi.
Et dire que la soirée ne fait que commencer.
