Chapitre 6 : Les apparences sont souvent trompeuses
Londres, Résidence Riddle.
Depuis l'épisode de la bague, plusieurs jours s'étaient écoulés tranquillement. Puis ce fut deux semaines qui passèrent apportant joie et instants précieux à Harry. En effet, il avait mis tous ses problèmes de conscience de côté. Problèmes qui n'avaient en fait été, petit à petit, que des frasques voluptueuses de son esprit. De plus, Riddle n'avait pas recommencé son petit manège, ce qui avait rassuré et aidé Harry.
Celui-ci savait très bien que son séjour à Londres touchait bientôt à sa fin. Il profitait alors pleinement de la présence du Lord et de son ami dans la ville qu'il avait à présent à cœur. Il reçut entre outre, plusieurs lettres de ses parents - en particulier de sa mère qui s'inquiétait - et avait su avoir les mots à chaque fois pour les rassurer. C'est d'ailleurs avec un sourire qu'il fermait sa dernière missive avec le sceau de la maison, avant de descendre rejoindre le reste des habitants. Lorsqu'il pénétra dans la salle à manger, trois paires de yeux se braquèrent sur lui. Le jeune homme salua respectueusement ses ainés avant de s'asseoir à côté de son meilleur ami.
"Harry ! Tu as l'air en forme ce matin," s'exclama le blond.
"Dray…Ça te dit de venir avec moi au centre un peu plus tard dans la matinée ? Il faut que je poste une lettre à mes parents."
"Bien sur !"
Harry enfourna alors un toast dans sa bouche, les yeux pétillants de plaisir. Il était bien loin le temps des soucis. Soudain le Lord entra vivement dans la pièce, faisant virevolter les pans de son long manteau noir.
"Je dois vous laisser. J'ai une commission urgente à faire. Ne m'attendez pas pour déjeuner."
Et sans demander son reste, il fit demi-tour et partit. Harry en fut un peu éberlué…Après tout, il était allé si vite qu'on aurait pu penser à un mirage. À bien y réfléchir, cela faisait plusieurs jours que le Lord agissait bizarrement. En effet, ils ne se parlaient plus beaucoup, et ne se côtoyaient plus autant qu'avant.. Le jeune homme en était presque arrivé à penser que le plus vieux faisait tout pour l'éviter. Peut-être avait-il pris conscience qu'Harry n'avait aucune valeur... Ou était-il tout simplement préoccupé par des problèmes personnels. Soupirant, Harry se flagella mentalement. Il n'avait pas le droit d'exiger quelque chose de sa part. Il l'avait déjà invité…N'était-ce pas assez ? Et pourtant…
Comme ce fut prévu plus tôt dans la journée, les deux jeunes hommes sortirent après le déjeuner afin de "poster" la lettre du brun. Mais aux yeux d'Harry, Drago se pavanait plus qu'autre chose. En effet, le jeune blond avait prit grand soin à se préparer. Il avait ainsi choisi de revêtir un élégant ensemble noir. Harry lui avait juste mit un pantalon cintré brun, avec une légère chemise blanche. Pourquoi faire compliqué et habillé ? De plus, cet air rebelle avec ses cheveux indomptables et ses habits légers plaisaient toujours à ces dames.
Lorsqu'ils arrivèrent à la poste, Harry se dépêcha d'envoyer sa missive, lorsqu'une main vint effleurer son avant-bras. Surpris, il se retourna et aperçut…
"Régulus Black !"
"Quelle coïncidence, n'est-ce pas Mr Potter ? Je suis heureux de vous revoir…et…Mais n'est-ce pas mon "cher" cousin…"
"Régulus…," cracha Drago.
Celui-ci ne fut pas un seul instant offusqué par le ton qu'avait prit Malfoy en s'adressant à lui. L'élégant brun se tourna alors vers Harry.
"Alors ? Que faites-vous ici ?"
"Nous venions poster une lettre à mes parents…"
"Ahhh…Comme c'est intéressant. Eh bien, puisque vous êtes ici, puis-je vous inviter à boire un thé?"
"Eh bien…"
Harry se retourna pour voir la réaction de son meilleur ami, qui haussa les épaules.
"Je suppose que cela peut se faire."
"Eh bien alors, allons-y."
Black les entraina dans un petit salon sur la place. Celui-ci était déjà bondé malgré l'heure matinale, mais le trio réussit à se dénicher une table vers le fond de la salle. Régulus commanda trois darjeelings avant de sourire à Harry.
"Cela faisait un moment que nous ne nous étions pas vu…J'ai cru pendant un instant que vous étiez retournés dans votre campagne et ce…Sans me dire au revoir."
"Régulus…Tu n'as vu Harry qu'une fois…Pourquoi aurait-il dû te prévenir de quoi que ce soit ?", le coupa Drago, un air boudeur sur le visage.
"Parce que j'ai senti le "courant passé" entre nous…Je suis sur que c'est aussi le cas pour Mr Potter…Et puis, c'est le filleul de mon frère après tout..."
"Alors vous le saviez ?!" s'exclama Harry.
"En effet. J'ai eu un doute au début, mais en voyant Drago apparaître, il m'était impossible de le garder !", s'exclama joyeusement Régulus.
"Je vois... Je me disais aussi... Malheureusement, Sirius ne m'a jamais parlé de vous"
"C'est parce qu'il a été renié par la famille Black", coupa Drago
"Vraiment ? "
Harry fut plus que surpris. Son parrain n'aimait déjà pas rester dans les normes sociales mais si son frère s'était fait renié, il avait dû faire quelque chose de pire que d'insulter des bourgeois.
"Oui…C'est une longue histoire, et ce ne sera pas moi qui vous la raconterai aujourd'hui. Peut-être mon frère..."
"Un chient galeux si tu veux mon avis …" recoupa Drago.
"Drago... Tu parles tout de même de mon parrain... Alors mesure tes paroles" répliqua Harry…"Je serais tout de même content que vous m'en parliez un jour... Après tout, nous sommes un peu de la même famille »
Harry offrit un sourire à l'homme avant de se tourner vers Drago pour lui faire une remarque mais voyant l'expression fermée de son ami, le jeune brun préféra ne pas s'aventurer sur cette pente trop glissante à son goût. Il semblait que le sujet "Black" soit difficile pour le jeune aristocrate. Harry savait que Narcissa, la mère de Malfoy, était une née Black, mais il ignorait évidement le conflit qui les habitait. Il se promit d'en parler avec le concerné mais ce, plus tard.
Régulus but une gorgée de thé avant de reprendre, comme si de rien n'était.
"Sinon, comment se passe votre séjour chez Tom ?"
"Le Lord est très accueillant…Merci", répondit Drago, en insistant sur le "Lord", comme pour rappeler son rang à cet importun.
"Oui…Drago a raison. C'est quelqu'un de vraiment très correct, accueillant et surtout, cultivé."
"Ah…Cultivé. Avec cela, je suis tout à fait d'accord. Et dire qu'il a commencé avec rien. Les voyages ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Tout cela lui a montré une autre dimension de l'humanité…"
"Comment ça?", demanda Harry, intéressé.
"Oh…Tom était -avant de partir - quelqu'un d'extrêmement renfermé, froid mais très intelligent (ce qu'il est toujours par ailleurs, si vous voulez mon avis). Une fois revenu, plus riche que jamais, son charisme avait évolué. Il était devenu un orateur très réputé, qui arrivait sans mal à manipuler son auditoire comme il le voulait. Ainsi, il exposa plusieurs idées…Qui furent suivies par plusieurs nobles…"
"Des idées ?"
"Oui…"
"Comme…?", demanda le blond, sa curiosité piquée à vif.
Drago commençait de plus en plus à être intéressé par la conversation. Après tout, il était rare d'entendre des "potins" sur le Lord qui n'étaient pas mélioratifs. Mais Black hésita et ce fut la seconde de trop.
"Pourquoi hésites-tu tant à nous le dire ?", continua son cousin, le taquinant.
"Eh bien…Vous êtes encore jeunes. Ce sont des idées assez extrémistes. Beaucoup y sont opposés…Mais Tom est très - trop si tu veux mon avis - puissant pour que quelqu'un lui interdise quoi que ce soit. Dans tous les cas, il a formé avec sa bande "d'amis" un club très fermé. On dit même qu'il est leur "Maître" et qu'ils se donnent des petits surnoms…", continua Black.
"Des…Surnoms ?", questionna Harry étonné.
"Oui…Tom serait nommé " Lord Voldemort" et ses fidèles, des "mangemorts"…"
"C'est complètement idiot…", rigola Malfoy, comme s'il n'y croyait pas. Harry lui, était plongé dans ses pensées.
" Et pourtant…"
"Comment le savez-vous ?", demanda Potter.
Régulus fut alors mal à l'aise, et se tortilla sur place.
"C'est à dire…Que…Enfaite, j'en faisais parti."
"Pardon ? Mais pourquoi les avoir quitté alors ?", questionna Drago, plus qu'étonné.
"Comme je l'ai dit tout à l'heure…Ce sont des idées bien trop extrémistes pour moi…Je les ai quitté alors que le club n'était encore qu'une germe. Bien sur, sa Seigneurie me prit en grippe et par la même occasion, ma famille qui est de son côté. Sauf Sirius. Mais qu'importe, je suis encore seul maître de moi-même et de mes opinions."
Il y eut alors un petit silence. Drago jeta un coup d'œil à son ami et le trouva fortement plongé dans ses pensées.
"Harry ? Ça va ?"
Celui-ci sursauta et acquiesça, pas vraiment certain. Les trois discutèrent encore pendant une bonne petite heure, avant de se séparer et de promettre de se revoir avant le grand départ des plus jeunes. Plus loin dans la rue, alors que Drago marchait à ses côtés, Harry l'entendit dire :
"Il n'est finalement pas si méchant…"
" Pourquoi dis-tu cela ?"
" Mes parents -enfin surtout mon père- ne font que le critiquer... Je me demande si cela à un rapport avec son départ de cet étrange cercle, s'il existe vraiment."
" Le fait qu'il en ait fait parti prouve que oui... Mais s'ils avaient cette attitude par rapport à son refus de coopérer, ça veut aussi dire que tes parents en font parti."
" Ridicule" conclut le blond.
Il fut pris dans ses pensées le reste du voyage. Lorsqu'ils arrivèrent à la demeure, l'heure du déjeuner était déjà bien entamée. Ils allèrent s'excuser, mais constatèrent que tous les Messieurs étaient absents. Les deux jeunes hommes se firent alors servir une légère collation, avant d'entamer une petite partie de cribbage. Ils étaient en pleine haleine - en effet, Harry était en tête - lorsque le Lord pénétra dans la petite salle.
"My Lord !" s'écria Harry surpris.
"Bonjour…Vous vous amusez bien?" demanda celui-ci un rictus planté sur ses lèvres en regardant le plateau posé au milieu de la table.
Ne savait-il donc pas sourire normalement ? se demanda Harry.
"Oui…Même si Harry gagne…", répondit le blond, avec un air mutin.
Les yeux émeraudes s'accrochèrent alors quelques instants avec ceux d'un noir profond avant qu'une voix se fit entendre de l'autre côté de la porte.
"Lord Voldem- Riddle…"
"J'arrive…", répondit le Lord en se tournant vers l'inconnu, masqué par le battant.
Tous les deux interloqués, Drago et Harry se jetèrent un coup d'œil, comme pour confirmer ce qu'ils avaient bien entendu.
"Bien…Ce soir, nous sommes invités à une soirée par la famille Nott. Nous nous donnerons donc rendez-vous dans le hall à 19h. Cela vous convient-il ?"
Les deux jeunes acquiescèrent.
"À tout à l'heure alors…"
Et la porte se referma sur sa longue silhouette. Drago s'excita alors sur le fait qu'enfin, ils allaient un peu sortir dans le monde londonien. Harry acquiesça mais fut préoccupé par bien d'autres choses. Qui était l'homme qui l'avait appelé "Lord Voldemort" ? Et surtout, qu'elle étaient les idées de ce club ? Il fut obnubilé par ces questions pendant tout le reste de l'après-midi, et finalement se retira tôt, prétextant vouloir se reposer avant la grande soirée.
OoOoO
Harry se trouvait devant le miroir de sa salle de bains. Il venait tout juste de sortir d'un bain qui lui avait fait le plus grand bien, détendant ainsi ses muscles. Il était finalement très pressé de passer cette soirée. Comme l'avait fait remarquer plus tôt Drago, ils allaient enfin côtoyer le grand monde de Londres, au côté de Lord Riddle tout de même. Il enroula une serviette autour de ses hanches, prenant le chemin de sa chambre. Il se dirigea directement vers son armoire quand un froissement de vêtement le tira hors de ses pensées. Se retournant, il aperçut le Lord, assit dans un fauteuil en velours. Décidément, cela devenait une habitude.
"My…My Lord ?"
Celui-ci ne bougea point, regardant Harry avec un regard des plus étrange. Ce dernier eut honte de sa tenue et croisa les bras sur sa poitrine, comme pour cacher sa mince musculature, qui faisait tâche à côté de celle du Lord.
"Harry…"
Sa voix rauque réveilla des instincts insoupçonnés chez le jeune homme. Observant son ainé se lever et s'approcher de lui, il ne put retenir un frisson lorsque le Lord caressa la ligne de sa mâchoire.
"Tu es si magnifique…"
Les yeux émeraudes s'agrandirent de stupeur, se mélangeant subtilement avec ceux sombres de l'homme. Les longs doigts s'attardèrent sur les fines lèvres pulpeuses, les redessinant à loisir. Soudain, le Lord se pencha et attrapa Harry dans un baiser profond et passionné. Ce dernier fondit littéralement dans les bras de Tom, s'accrochant comme il le pouvait à ses épaules. Doucement, une chose mouillée demanda l'accès à la bouche d'Harry. Celui-ci, fermant les yeux, se laissa pleinement aller, malgré sa raison qui lui disait de stopper immédiatement cette douce torture. Alors commença une danse endiablée de leurs deux langues, se rencontrant enfin après tant d'attente, de doute, d'envie et de suspicion.
Puis le Lord se retira aussi brutalement qu'il était venu. Ses yeux de braises, traversés par un éclat grenat, parcouraient le corps d'Harry avec envie. Mais le Lord se réprima et sortit quelque chose de sa poche.
"J'aimerais que tu portes cela…"
Il posa un petit coffret en bois sombre entre les doigts encore tremblants d'Harry, avant de se retourner et de sortir. Lorsqu'il franchit la porte de la chambre, un rictus mauvais s'installa sur les lèvres du Lord.
Avait-il gagné ?
Harry encore chancelant des derniers évènements, s'assit sur son lit. Puis observa la petite boite en bois, admirant la fine marqueterie. Lorsqu'il l'ouvrit, un lit de velours s'offrit à lui, avec en son centre, une broche de nœud de cravate en argent représentant un serpent. Ses yeux étaient d'émeraudes. Harry ne put s'empêcher d'admirer la finition du bijou et avec un sourire, conclut qu'il irait très bien avec son ensemble. Décidément, le Lord était dur à cerner… Entre ce baiser et cette brutalité... Il y avait de quoi perdre son langage. Mais ce revirement était-il à nouveau un faux espoir, ou une promesse de jours meilleurs ? Perdu, il se précipita vers son armoire, afin de ne pas être en retard.
OoOoO
19h tapante.
Harry descendit les marches du hall en marbre, un sourire bienheureux aux lèvres. Il avait finalement opté pour un ensemble noir aux finitions argentées. La bague était à son doigt et la broche bien fixée. Il avait essayé de faire quelque chose de ses cheveux, mais cela était assurément impossible.
Drago, dans un costume 3 pièces bleu marine l'accueillit avec un grand sourire. On lui donnait déjà son manteau.
C'est alors que descendit le Lord, vêtu d'une queue de pie en velours noir. Il était très élégant, dégageant une aura impressionnante. Celui-ci passa devant un Harry tout sourire, sans même lui jeter un regard et ordonna le départ. Harry un peut décontenancé suivit la troupe, non sans se poser une myriade de question.
OoOoO
Résidence des Nott.
Ils arrivèrent quelques minutes plus tard devant la majestueuse résidence des Nott. La lumière éclatante filtrant à travers les grandes fenêtres éclairait la rue vide de monde à cette heure. Un serviteur leur ouvrit et s'inclina devant le Lord. Soudain un homme d'une trentaine d'année, qu'Harry avait déjà vu, apparut dans le couloir. Alors qu'on leur prenait leurs manteaux, cet homme serra la main de Riddle, puis salua chaque arrivant tour à tour.
"Enchanté d'enfin vous connaître Mr Potter. Je suis Mr Nott. Bienvenue dans ma demeure."
"Merci Sir Nott", répondit poliment Harry.
Ils furent conviés à une table où une dizaine de personnes siégeaient déjà. Les présentations se firent rapidement et le jeune duo rejoignit Théodore qui les attendait avec impatience avec à ses côtés, Blaise Zabini et Pansy Parkinson.
La soirée se déroula extrêmement bien. Les mets étaient d'une finesse exquise et les conversations allaient bon train. Harry, qui lançait beaucoup de regards au Lord, vit une jeune et jolie jeune femme accrochée à son bras, le regardant avec un air ravageur. Le Lord n'en semblait guère perturbé ou même gêné.
"C'est Bellatrix Lestrange. Tout le monde sait qu'elle est folle du Lord…Pauvre Rodolphus." commença Blaise qui avait capté la direction du regard d'Harry.
"Rodolphus ?" demanda Harry.
"Son mari." précisa Drago.
En effet, en face de Bellatrix, un homme de grande taille siégeait. Ses cheveux coupés courts au niveau de sa nuque entouraient un visage froid, où une barbe naissante faisait son apparition. Il discutait tranquillement avec Lucius Malfoy, ne faisant guère attention à sa femme.
"Je trouve qu'elle a l'air…", commença Harry.
"D'une folle ?", termina Théodore avec un sourire crispé…" Harry, si tu savais…C'en est une…"
"Et le Lord ?", questionna Harry.
"Riddle ?", répondit Drago.
"Oui."
"Oh…", commença mal à l'aise Drago.
"Il ne dit rien…Il adore quand les femmes sont à ses pieds", termina Blaise, sans une once de gêne.
Leur conversation reprit son cours, déviant sur le cricket, sport qui leur tenait tous à cœur.
Plus tard, les invités se retirèrent dans une autre salle où il fut décidé que l'on y jouerait et danserait. Les couples se firent alors, virevoltants sur des musiques jouées par des musiciens présents exceptionnellement pour la soirée. Quand aux hommes d'affaire, ils se retirèrent autour des tables de jeux. Harry quand à lui, s'assit sur un canapé près d'une cheminée en marbre blanc et regarda Drago et Théodore danser avec des jeunes filles fortunées. Esquissant un sourire, il accueillit Blaise. Pansy, elle, était occupée à discuter avec son "fan-club" de petits héritiers.
"Ça va ?"
"Oui…"
"Tu ne veux pas danser ?", demanda le noir.
"C'est à dire que…"
"Ah…oui…C'est vrai…"
Harry le regarda avec un peu d'appréhension, avant que Blaise ne lui sourit.
"Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas homophobe. Ces personnes sont d'une fermeté d'esprit incroyable."
Harry esquissa un sourire. Oh, s'il seulement il savait à quel point. Ils continuèrent à parler d'autre chose, avant que Blaise lui même aille danser, ayant repéré et invité aussitôt une femme ayant le double de son âge mais toujours aussi jolie. Harry se retrouva donc seul et jeta un coup d'œil par la fenêtre.
Soudain, le Lord était devant lui, une main tendue.
"Vous dansez ?"
Harry, interloqué par la demande de Riddle, écarquilla des yeux, hébété.
" Pardon ? "
Riddle esquissa un sourire avant de reprendre, patient.
" Voudriez-vous danser avec moi ?"
" Ici ? Mais... "
" Ne vous en faites pas, ils ne diront rien. Et puis, je préfère que vous vous amusiez plutôt que vous restiez ici à perdre votre temps"
" Je... "
Etait-il fou ? Si quelqu'un les dénonçait, ils auraient une lourde sanction. Les sodomites n'étaient pas bien vus et étaient même considérés comme malades. Pourtant, il était bien vrai que personne n'allait dire un mot, tous sachant à quel point Riddle était puissant et influent. Alors pourquoi ne pas se laisser aller, juste le temps de cette soirée ? Dans un petit souffle, Harry se leva et fit face au Lord.
Celui-ci attrapa alors sa main, l'emprisonnant dans la sienne et l'entraina au milieu de la piste de danse sans aucune gêne. Là, Harry se laissa emporter par la musique et ses bras comme dans un rêve. Tom quand à lui, affichait son éternel petit rictus froid et avait plongé ses yeux noirs dans ceux émeraudes d'Harry, l'envoutant au rythme de ses pas.
Ils firent ainsi plusieurs danses sous les yeux éberlués des autres invités. Mais malgré les préjugés, personne ne disait effectivement rien. En effet, Harry comprenait maintenant les insinuations de Régulus…Le Lord dominait vraiment trop son entourage pour que quelqu'un lui dise quoi que ce soit.
Lorsqu'il jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de son compagnon, Harry put voir le regard chargé d'animosité que portait sur lui Bellatrix Lestrange. Mais haussant les épaules, il se replongea dans ce rêve éveillé.
Après un moment, ils se stoppèrent, et sans un mot, le Lord entraina Harry vers une table de jeu. Là il s'assit et ne détachant toujours pas sa main de celle du plus jeune, le fit asseoir sur ses genoux.
"Bien…Messieurs…Une partie de poker ?"
C'est ainsi qu'Harry passa toute sa soirée aux côtés du Lord sous les yeux réprobateurs d'une Bellatrix Lestrange furieuse et ceux protecteurs d'un Drago Malfoy suspicieux mais heureux pour lui. Allez, il pouvait bien se laisser aller à rêver, même si ce n'était qu'une seule fois.
OoOoO
Il ne lui avait pas lâché la main de toute la soirée. Une fois rentrées à la demeure, les personnes se dispersèrent pour se mettre au lit…Sauf Harry et le Lord. Ce dernier l'accompagna jusqu'à la porte de sa chambre.
"Eh bien…Ce fut une agréable soirée, My Lord."
"Ce fut pareil pour moi."
Tom dirigea alors la main d'Harry vers ses lèvres, où il y déposa de légers baisers. À travers cette caresse, il sentit le jeune homme tressaillir. Soudain, comme prit dans une fièvre violente, le Lord poussa Harry contre le battant de la porte et l'embrassa avec passion, plus violemment que le précédent baiser. Un gémissement se fit alors entendre à travers les lèvres du plus jeune.
D'un geste habile, Tom ouvrit la porte et, soulevant le corps frêle du plus jeune, les fit se coucher sur le lit, lui en position dominante. Ses lèvres commencèrent alors à explorer le cou d'Harry, lui laissant quelques marques ça et là.
"Je sur que vous en avez envie, n'est-ce pas…Je l'ai vu la première fois lorsque nos regards se sont croisés."
Harry ne répondit que par un gémissement, trop occupé par la bouche taquine qui le titillait pour comprendre réellement les paroles du Lord. Et puis tant pis pour sa morale qui crissait des dents, pour les normes de la société. Ce soir il voulait oublier et se laisser faire. Pauvre petite proie qu'il était.
"Ne résistez plus, adorable petit lion."
"Tom…", essaya de protester Harry.
"Eh bien quoi ! Osez dire que vous ne réclamez pas cela. En tout cas, votre corps dit le contraire."
Le plus vieux, taquin, laissa sa main parcourir le haut du pantalon d'Harry, effleurant légèrement son sexe. Celui-ci sursauta et gémit, ce qui confirma les dires de Tom. Le Lord défit alors habilement la chemise du plus jeune avant de l'envoyer valser à travers la pièce. Puis il s'attaqua aux tétons, les faisant rouler, les suçotant d'un air vicieux, excité de voir la réaction qu'une simple petite caresse pouvait faire sur Harry. Enfin. Enfin il exerçait pleinement son pouvoir, son emprise sur le jeune adolescent qui était complètement à sa merci. Doucement, une de ses mains descendit vers le bouton de pantalon du plus jeune qu'il fit exploser d'un geste vif, surprenant Harry qui poussa un petit cri. Mais celui-ci ne put s'attarder trop longtemps sur ce fait, qu'une main taquine vint se perdre sur son entrejambe, caressant à travers le tissu, son sexe qui commençait à se dresser.
Quelle extase pour le Lord de sentir ce corps si jeune se cambrer contre le sien aux caresses qu'il lui prodiguait.
Bientôt, Harry fut totalement nu et il ne sut pas vraiment comment. Ce fut juste le résultat d'une bataille acharnée pour qui arriverait à prendre le contrôle. Évidemment, Harry avait perdu, et se retrouvait avec un Lord à califourchon sur lui. Leurs regards se croisèrent, et à cet instant, Harry fut plus que surpris. En effet, les yeux de Tom étaient presque totalement grenats, lui donnant un air mystérieux, fauve, et presque maléfique. Ce dernier se lécha les lèvres et le plus jeune ressentit l'espace d'un instant un malaise. Il commença alors à déboutonner la chemise de son ainé avant que celui-ci n'attrape ses lèvres dans un baiser passionné. Mais ne lâchant prise, il entreprit par tous les moyens de le déshabiller. Finalement ils se retrouvèrent nus l'un contre l'autre.
Le Lord commença à frotter leurs deux virilités, le taquinant toujours un peu plus. Puis Harry le renversa, se mettant à califourchon sur lui. Il regarda avec convoitise cette verge tendue et commença à la titiller à l'aide de sa langue. Après de longues minutes où le plus jeune se délecta tel un enfant ayant une glace, le Lord, dans un râle inversa à nouveau les rôles, avant de venir lécher son lobe d'oreille. Il continua pendant un moment à faire monter le désir du plus jeune en le caressant. Puis simultanément, il commencer à introduire un doigt à l'intérieur d'Harry qui se cambra sous la surprise. Mais bientôt, il s'abandonna totalement dans les bras de son ainé.
Soudain, Riddle s'arrêta et sa voix rauque s'éleva dans la pièce.
"Dis le moi…"
Harry, ayant l'esprit totalement enivré par le désir, ne comprit pas immédiatement les paroles du Lord et gémit à son oreille.
"Qu…Quoi..?"
Celui-ci reprit, se relevant toujours un peu plus et le dominant ainsi de toute sa hauteur.
"Dis-moi que tu me veux…"
"Je…je te veux…", dit Harry, les yeux embués par le plaisir.
"Plus fort !"
"Han…Je…JE TE VEUX !… Prends-moi…Prends-moi !", gémit-il, tel un supplice, alors que le Lord venait d'ajouter le deuxième doigt à sa préparation.
Puis, un sourire sadique vint orner les lèvres de Tom lorsqu'il accéléra soudain le mouvement de ses doigts. Au bout d'un moment, Harry n'en pouvant plus le supplia.
"Prends-moi maintenant…TOM !"
Celui-ci ne se fit pas prier et à cette demande expresse, le pénétra non sans réelle préparation et avec violence. Un cri de douleur s'éleva dans la chambre avant de bientôt se faire remplacer par des gémissements, se rythmant aux coups de butoir de Tom. Leurs respirations haletantes s'accordèrent et se mirent à jouer en chœur, tel un opéra des sens et du plaisir, dévoilant ses plus belles arias et mélodies. Les danses, plus belles et sensuelles les unes que les autres les firent frémir et les conduisirent tout droit au final qui fut telle une explosion de désir, une jouissance suprême mêlée à la sensualité brute de ses deux acteurs principaux.
Oui, ils s'unirent enfin.
Après un dernier baiser, un dernier remerciement, ils quittèrent la scène, se retrouvant seuls en coulisse afin de partager au mieux, dans les bras l'un de l'autre, cette intimité qui les avait fait crier de délice.
OoOoO
Un bruissement de tissu fit sortir Harry de sa joyeuse semi-inconscience. Il s'était installé sur le ventre, enfouissant sa tête dans le coussin.
"Tom ? Que fais-tu ? Tu t'en vas…? "
Le Lord était de dos, cherchant ses vêtements éparpillés au sol.
"Je ne dors jamais avec les personnes qui m'ont satisfaites au lit…"
"Par…Pardon ?…"
Alors qu'il reboutonnait son pantalon et agrippait sa chemise pour la passer autour de ses épaules, il se tourna vers Harry qui s'était relevé sous le coup de la surprise. Il le regardait, un rictus planté sur ses lèvres.
"Félicitations…Tu as était une délicieuse petite catin au lit Potter…Exactement ce que j'espérai, même si je me serai bien passé de toute cette tendresse mielleuse et de devoir te courtiser pour en arriver à ça."
"Que…Qu…Quoi ?"
Harry écarquilla les yeux de stupeur et se leva d'un bond.
"Allons…Ne fais pas l'innocent", commença le Lord avec un ton moqueur mais tout de même dur.
"Je ne représente uniquement que cela à tes yeux ? Un corps que l'on peut facilement allonger ?", murmura Harry, totalement éberlué.
"Eh bien, oui. Rien de plus. J'étais certain que nous avions tous les deux ce désir, cette pulsion de s'unir. Alors j'ai voulu y gouter…Te tester…En sachant qu'une fois cela fait, tu ne m'apporterais plus rien par la suite et que cette envie me quitterait."
"Mon Dieu…", chuchota Harry. C'était à peine croyable.
Harry retomba sur le lit et agrippa les draps en soie, se retenant de vomir. Quel idiot ! Quel naïf ! Il évita alors son regard ténébreux, fixant la fenêtre.
"Tu croyais que je m'étais attaché à toi ? Que je m'étais entiché de ta personne ? Allons monsieur Potter. Mon idéal est bien au-dessus d'un adolescent sortant à peine de la puberté", fit Tom d'un ton condescendant. " Ce que tu as de plus est la fraicheur et la virginité de ton cul car je soupçonne Potter, que tu étais vierge, n'est-ce pas ?..."
"Je te hais.", murmura Harry en serrant les dents, retenant avec beaucoup de peine son envie de le tuer sur place, mais aussi ses larmes.
"Ne prends pas la mouche ainsi…Tel est le cours de la vie. Tu l'apprendras assez vite et ne trouveras pas toujours des gens gentils sur ton chemin. Tu devrais plutôt garder un bon souvenir de ce moment. Après tout, ce n'est pas donné à tout le monde de s'unir avec Lord Riddle..."
Et c'est avec un rire cruel qu'il quitta la chambre.
Harry, qui n'en revenait pas, resta figé. Les larmes commencèrent alors à couler le long de ses joues. Il ne pouvait plus se retenir. Qu'est-ce que cela signifiait ? Il le savait... Il l'avait su dès le départ alors pourquoi avoir succombé ? Bon Dieu, il avait envie de tout détruire. Fermant le poing jusqu'à ce que ses articulations blanchissent, il étouffa un cri de rage. Rien n'avait été sincère. Jamais. Tout avait été orchestré dès le départ. Toute cette séduction…Ce désir… Cette semi-complicité qui s'était installée au fil des jours…Rien n'était vrai. Pas un seul instant. Harry lui avait-il donné sa virginité sans même y faire plus attention ? Tout s'embrouillait dans sa tête.
Non…Il ne pouvait y croire. C'était faux…Il n'avait pas été sa "catin"…Ça ne pouvait pas être ça…Ses yeux…Ses yeux exprimaient bien du désir certes, mais Harry savait qu'il y avait aussi autre chose…Enfin, il l'avait espéré jusqu'ici…Et il semblait qu'il s'était trompé….
Mon Dieu…Que c'était douloureux.
Se roulant en boule, il laissa sa rage sortir, étouffant ses cris et pleurs dans l'oreiller en soie. Puis se calmant, son regard croisa la bague et la broche éparpillées au sol. Il l'avait payé avec ça. Des bijoux précieux. Se plongeant dans son oreiller, il souhaita tout oublier. Tout
Puis il finit par s'endormir après de longues heures passées à remuer dans tous les sens les éléments présents dans son esprit… Les larmes ayant cessé de couler d'elles-mêmes.
OoOoO
Lorsqu'un fin rayon de soleil vint le réveiller tôt le lendemain, il eut du mal à ouvrir les yeux. Ses paupières étaient-elles collées par les pleurs de la veille ou était-ce tout simplement sa volonté qui l'abandonnait ? Pourquoi se sentait-il aussi trahi et seul ? Aussi démuni face aux actions du Lord ? Il ne le connaissait que depuis peu et pourtant, l'homme avait exercé sur lui une forte attraction qui l'avait mené tout droit à sa perte. Il comprenait à présent les avertissements de ses proches et la réputation du Lord. Comment avait-il pu seulement penser qu'avec lui ce serait différent ?
S'asseyant, il se promit de tout faire pour oublier cet homme, oublier cet instant qui avait été le plus beau de sa vie et qui, quelques minutes plus tard, c'était transformé en véritable cauchemar…
Oui…Il devait oublier…Il devait L'oublier.
Et la première chose à faire était de partir.
Maintenant.
Ou il allait mourir…Étouffer.
Il passa alors à la salle de bains afin d'enlever toutes traces de son abominable nuit puis s'habilla en toute hâte, avant de rassembler ses affaires, de les fourrer dans ses sacs pèle-mêle et sortit de la pièce. Dans la chambre, trônait sur le lit, défait, une petite boite en bois.
Passant devant la chambre de Drago, il s'arrêta, hésita quelques secondes, puis finalement toqua légèrement au battant. C'est un blond, la crinière ébouriffée qui lui ouvrit quelques instants plus tard.
"Harry ? Mais…Que fais-tu debout si tôt ?…Et pourquoi as-tu tes val…Harry ? Ça va ? T'as une mine affreuse…Que…"
"Je m'en vais. Maintenant. Je voulais savoir si…Tu venais avec moi ou pas."
Le jeune avait débité tout cela d'une seule traite, en baissant la tête pour ne pas voir le regard qu'il savait ahuri de son meilleur ami.
"Comment ça ?"
"Dépêche-toi…Une calèche s'en va à 7h30."
"Comment sais-tu ça ? Oh…Harry… Que s'est-il passé ? Je…Ça peut s'arranger ? On n'a plus que quelques jours à passer ici…"
"Drago…Je ne resterais pas une minute de plus ici."
"Mais…Enfin…Harry. Hier soir ça allait plutôt bien avec le Lord…Ou…"
"Décide-toi.", coupa le brun.
"Je…Mais…Je ne peux pas …pas comme ça. Il faut prévenir mon père et…"
"Laisse, c'est bon. Je vais y aller seul. On se reverra dans le Hampshire. Préviens-moi lorsque tu seras rentré et excuse-moi auprès de ton père. Prétexte que j'ai eu une lettre urgente de ma mère me demandant de rentrer immédiatement. Au revoir mon ami."
Et sans un mot de plus, Harry l'enlaça avant de partir rapidement, ses valises cognant ses mollets. Il descendit les marches, le plus silencieusement possible, avant d'ouvrir la grand porte qu'il avait tant admiré quelques semaines plus tôt.
Les rues de Londres étaient encore froides et vides de monde à cette heure matinale. Harry ne s'y attarda pas, et se dirigea vers la grande place des départs. Là, il questionna plusieurs conducteurs avant de trouver la bonne diligence pour son voyage.
"Mr ?", demanda le conducteur.
"Un billet pour le Hampshire, s'il-vous-plait."
"Voulez-vous que l'on vous dépose quelque part en particulier."
"Oui…Si c'est sur votre route."
Harry tendit alors l'argent tout en disant son adresse.
"Vous avez de la chance…Ça l'est."
"Très bien."
"EN VOITURE !", cria le conducteur.
Harry grimpa alors et s'assit à côté d'une vieille femme. Soupirant, il observa une dernière fois Londres. Londres qui lui avait apporté rêves et cauchemars. Puis son regard riva vers la bague qu'il portait encore au doigt. Malgré tout, il n'avait pu se résoudre à s'en séparer et l'avait gardée tel un avertissement sur ses erreurs passées. Soudain, l'habitacle s'ébranla. Il était en route pour son chez lui, le seul endroit où il serait enfin… bien.
Il ne vit pas au loin, l'homme chevauchant un cheval noir qui l'observait partir dans un soupir.
