Yo mes kiwis ! Voici le nouveau chapitre ! Avec à nouveau plusieurs clins d'oeil à Amphisiologie ! Et de la débilité. Pleiiiin de débilité et d'humour, parce qu'après tout, c'est pour ça que vous lisez cette fic ! D'ailleurs en parlant de cette fic, je suis en train d'écrire un bonus sur la team Canada à l'époque de la guerre et du retour de Voldy. Un peu plus sombre que le ton général de la fic, mais avec quelques bonnes répliques quand même x) Ca vous intéresse ?

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Allez, il est temps de donner les réponses aux reviews !

Yo Prune Noire ! Oui, j'ai récupéré plein de noms du wikia d'Harry Potter. La lignée Shafiq surtout ! Bref. Contente de t'avoir fait rigoler avec les métaphores de Kath x) Je crois que ça viens d'un post sur Tumblr qui m'avais bien fait rire aussi...

Coucou Mlle Aline ! Voui, ce chapitre était taré xD Le cours d'éducation sexuelle des Serpentards surtout... Ca, ça a un succès fou ! J'adore cette fic. Je ne me suis jamais autant déchaînée que dans Polydipsie, ça doit être la plus barrée et la plus drôle d etoutes mes histoires x) Enfin bref. La St Valentin est dans ce chapitre !

Salut Lena ! Ah, c'est toi qui craque pour Lucas x) Trop mimi x) Et oui, cette fic est un vrai délire, des fois je m'étonne moi-même avec la quantité de conneries que j'y ait mises xD Mais si tu l'aimes comme ça cette histoire, c'est parfait !

Automne, mon amie, mon amour, ma fidèle revieweuse aux réponses de trois kilomètres xD Alors, Rosaline (la mère de Lucas) est mort peu avant qu'il n'entre à Poudlard. Quand il avait neuf ou dix ans, je ne suis pas fixée. Pour les Serpentard... Non, le quatuor de Kath va rester chez les Poufsouffle xD Mais ils font quand même chier les Serpy de temps en temps ! Et... CE COURS D'EDUCATION SEXUELLE ! C'était épique xD Contente que ça t'ai plu, parce que moi j'ai adoré l'écrire, tu peux pas savoir x) Bref ! Et sinon, OUI, c'est important le Patronus de Kathleen. Très importante même ! Tu verras plus tard pourquoi...

Hello Imthebest ! Oui, c'est la Coupe des Lèches-Culs plus qu'autre chose. Je pense que c'est dans une crack-fic appelée "Oh non! Not Again!" et où Harry revient dans le passé que j'avais vu cette théorie bien étalée (et de manière hilarante en plus) et que j'ai décidée de la recaser dans Polydipsie xD Bref ! CASSIE AU POUVOIR ! Mine de rien elle a quand même du pouvoir Cassie, elle est dans les petits papiers de pratiquement tout le monde à Poudlard, même ceux qui détestent sa bande de tarés x)

Yo EllieFowl ! Ah ah, elle est MORTELLE Candela. J'hésite à la faire apparaître dans les bonus (oui car j'écrirai des bonus). Tellement sarcastique et blasée, et pourtant elle en a ras-le-bol de ces quatre imbéciles XD Et bref. Sinon. Cassie est une grosse DAUBE en magie (je crois que c'est à peu près 60% de la raison pour laquelle elle est à Serpentard... Elle est nulle en magie mais WTF c'est une génie des relations humaines. Attends ce voir ce qu'elle fera quand elle sera grande xD). Bref ! Contente que ça t'ai plu !

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Et voici le chapitre. J'espère que vous allez bien vous marrer !

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Février

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Mardi 2 février 1988, bibliothèque, cinquième étage de Poudlard.

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– Vous êtes en retard, commenta Delmar en voyant arriver ses trois amis. Qu'est-ce qui vous a pris autant de temps ?

Le mardi, comme Delmar n'avait pas Botanique, il attendait les autres à la bibliothèque et prenait de l'avance sur ses devoirs. Ils se retrouvaient toujours à la même table, au fond de la bibliothèque, entre deux rayonnages de livres sur les Runes Anciennes.

– Chourave nous a fait nettoyer les feuilles d'une plante débile à cause de Lucas, grommela Cassie en balançant son sac sur la table.

– C'était un accident ! protesta le Serdaigle.

– Qu'est-ce que tu as fait encore ? soupira l'hindou.

– Il avait la flemme de se lever pour aller chercher une brosse alors il a utilisé un Sortilège d'Attraction, l'informa Kathleen d'un air blasé. Sauf que la brosse a bousculé un arrosoir plein qui a bousculé un Immacil en pot et que la plante s'est écrasée par terre et s'est mise à hurler !

– Ça hurle un Imma-truc ?

Delmar avait déjà du mal à différencier un choux de Bruxelles d'une Mandragore, alors les plantes du niveau ASPIC, c'était définitivement pas son rayon. Kathleen leva les yeux au ciel :

– Oui, ça hurle. Ce sont des plantes obsédées par la propreté, on les utilise pour juger de la toxicité de l'air… Et la balancer dans la poussière, ça lui a pas plu du tout !

– C'est pas ma faute si cette plante est trop sensible, maugréa Lucas.

– T'avais qu'à être moins fainéant ! râla Cassie.

– Elle n'a pas tort, s'amusa Delmar. Tu aurais pu te lever.

– Et ma réputation de flemmard invétéré alors ? fit mine de s'indigner le Serdaigle.

C'était vrai que parmi eux, c'était quand même Lucas qui était connu comme étant le gros paresseux du groupe, dormant jusqu'à pas d'heure, faisant ses devoirs à la dernière minute, évitant les efforts le plus possible. Cassie pointa un doigt accusateur sur lui :

– Justement, il y a des limites à la flemmardise acceptable !

Lucas haussa les épaules :

– Sachant que les Grecs croyaient que leurs dieux vivaient sur une colline super fastoche à escalader mais ne sont jamais allés vérifier, je pense que j'ai encore un peu de la marge.

– … Tu marques un point.

– Et de toute façon on s'en tape, conclu Delmar en poussant vers eux une pile de livres. J'ai fini le devoir de Métamorphose, il y a toutes les références dont vous avez besoin dans ces bouquins là. Je vais m'atteler au devoir de Sortilèges sur les Charmes Repousse-Moldus, vous avez des titres à chercher ?

– Il y a un bouquin de Rupert Flint là-dessus, l'informa Lucas en désignant vaguement un rayon de la bibliothèque. Un gros grimoire relié en bleu, je crois, je ne me souviens plus de son titre. Très raciste mais plein de sorts utiles.

– Ah ouais je vois lequel, lâcha Kathleen en se levant. C'est Protection contre les êtres sans magie, je vais le chercher.

– Delmar, tu me fais lire ta dissertation de Métamorphose ? demanda innocemment Cassie.

Elle n'avait pas de devoir de Sortilèges à faire, elle, alors elle allait tranquillement copier les notes du premier de la classe en Transfiguration !

Du coup, quelques minutes plus tard, ils étaient tous en train de lire ou d'écrire dans un silence religieux. Eh oui ! Ils avaient beau être des déconneurs jusqu'à la moelle de leurs os, ils avaient quand même les ASPICS à la fin de l'année et il fallait bosser. Kathleen privilégiait les Potions mais elle essayait d'avoir un niveau correct dans les autres cours pour que ça fasse beau sur son CV et que ce soit donc plus facile de trouver un apprentissage auprès d'un Maître des Potions. Cassie n'avait toujours pas de choix de carrière définie mais avec le peu de matière qu'il lui restait après ses échecs aux BUSE, elle essayait d'obtenir le plus d'ASPIC possible. Lucas, quant à lui, avait toujours eu un très bon niveau mais il se devait de le conserver s'il voulait apparaître comme un sorcier compétent et un digne successeur à son père. Et puis Delmar devait obtenir de bonnes notes en… A peu près tout, pour devenir Auror si jamais il n'était pas recruté dans un club professionnel de Quidditch.

Joueur professionnel restait évidemment son premier choix, mais il avait passé tout l'été de sa cinquième année à se renseigner dans les clubs divers et variés et à chaque fois, la réticence des entraîneurs avait été plus qu'évidente. Quand on avait un nom aussi inconnu que celui d'Hirapati et aucune relation dans le milieu sportif pour se porter garant de vous, obtenir un simple stage d'essai tenait de l'impossible. Alors être recruté ? Inenvisageable !

C'était une histoire de réseau, tout ça. Totalement injuste. Au moins, pour être Auror, on passait un concours et on était donc jugé sur ses compétences.

Des tas et des tas de compétences d'ailleurs.

Ouais, Delmar n'avait pas peur de travailler et c'était d'ailleurs pour ça qu'il avait de bonnes notes partout, mais quand même, parfois la quantité de boulot demandée était effarante ! Bah oui, en plus de devoir conserver de bonnes notes en Défense-Potions-Sortilèges-Métamorphose qui étaient le Saint Quatuor Des Futurs Aspirants Aurors, il devait aussi lire des bouquins que McGonagall lui avait conseillés sur le sujet (parce qu'il était son chouchou, même si elle ne voulait pas l'avouer). Des bouquins sur les sorts de guérison, des notes sur les techniques de furtivité, des brochures sur comment effectuer une filature, des guides sur la hiérarchie et l'histoire du Bureau des Aurors…

Donc voilà. Du coup Delmar savait à présent suturer une plaie et poser une attelle avec des sorts, il savait modifier la couleur de sa peau et la forme de son nez et de ses joues avec de petites métamorphoses de filature, et il pouvait réciter dans l'ordre ou le désordre tous les grades chez les chasseurs de mages noirs.

Et c'était beaucoup de boulot. Avec les entraînements de Quidditch en plus, et puis les fêtes fréquentes chez les Gryffondor, il n'avait plus un instant à lui !

D'ailleurs, à propos de Quidditch…

– Quelle est la mise pour notre match ? demanda-t-il d'un ton dégagé.

La semaine prochaine, Gryffondor affronterai Poufsouffle. Ce n'était qu'une fois par an que Delmar et Kathleen s'affrontaient dans le stade, et c'était l'occasion pour eux de pimenter un peu le jeu…

Depuis qu'ils étaient entrés dans leurs équipes respectives, à chaque début de février, ils pariaient sur l'issue du match qui allait opposer leurs Maisons. Évidemment, ils ne pariaient pas d'argent. Ils pariaient des gages. Ils se mettaient d'accord sur une action folle et bien souvent contraire au règlement, et le perdant devait l'exécuter sans se faire prendre. L'année dernière, par exemple, Poufsouffle l'avait emporté, et Delmar avait donc du aller faire pipi dans le bureau de Flitwick.

… Oui, ils étaient un peu en manque de sommeil quand ils avaient choisis le gage, il fallait l'admettre.

– Quelle excellente question, sourit Kathleen. J'allais suggérer un truc en rapport avec McGonagall.

– Hum, ça me va. Entrer par effraction dans ses appartements ?

Trouver les appartements privés d'un prof était relativement difficile, mais Delmar savait où se trouvait l'entrée de chez sa Directrice de Maison. Il était sûr, en revanche, que Kathleen l'ignorait.

A sa grande surprise, la Poufsouffle lui retourna un sourire carnassier :

– Trop facile.

– Tu sais où sont ses appartements ? fit aussitôt Delmar avec méfiance. Comment c'est possible, t'es pas une Gryffondor !

– Je suis sortie avec Gabriel je te rappelle, et il savait, puisqu'il était pote avec le Préfet de sa Maison. Comment est-ce que toi tu sais où est la piaule de McGo ?

– Euh…

– T'es le gigolo des profs ! Avoue !

– C'est parce que je suis sorti avec une Préfète, voilà, t'es contente ?!

– Quoi ?! Une figure d'autorité ? Trahison Delmar, trahison ! Tu fraternises avec l'ennemi, bientôt tu vas vouloir respecter des règles !

– Du calme les enfants, soupira Lucas en roulant des yeux. Du coup vous allez entrer chez McGonagall ou pas ?

Les deux complices se regardèrent, puis Kathleen haussa les épaules :

– Oui, mais pas que, parce que sinon ça serait trop facile. Lui voler un objet personnel ?

– Comme quoi, son pot d'herbe à chat ? se moqua Cassie.

Elle était persuadée que leur professeur de Métamorphose s'adonnait à l'usage récréatif de drogues Il fallait au moins ça pour supporter leur bande de cinglés dans ses cours pendant sept ans.

– Un bouquin ? fit Lucas plus pragmatique.

– Un chapeau peut-être, hésita Delmar. Ou bien ses lunettes. Ou une de ses robes de chambres écossaises qui ont l'air de gratter.

– Ou un soutif.

Tous les regards se tournèrent vers Cassie qui venait de faire cette innocente suggestion, puis Delmar et Kathleen se regardèrent :

– Accepté !

– Vous aller vous faire chopper, prophétisa Lucas.

– Je m'en fous, ça sera Delmar ! ricana Kathleen.

– C'est ça, tu peux rêver Diggory…

– On verra lors du match ! fit fermement Cassie. Ah et je dois vous prévenir que j'ai relancé une pétition pour que Lucas soit le commentateur. J'ai des tonnes de signatures ! Succès garanti !

– Si j'étais toi je ne me ferai pas trop d'illusions…

– Ça va marcher je vous dit !

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oOoOoOo

Samedi 13 février 1988, stade de Quidditch, parc de Poudlard.

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– J'arrive pas à croire que ça ait marché, marmonna Lucas en prenant le mégaphone dans ses mains. Elle a le Troisième Œil ou quoi ?

Derrière lui il pouvait sentir la désapprobation qui irradiait de McGonagall. A l'inverse, Rogue, Flitwick et Chourave observaient la scène d'un air très contents d'eux-mêmes, et le Serdaigle se demanda absurdement s'ils ne s'étaient pas alliés contre McGo pour l'obliger à lui rendre son poste, rien que pour faire chier la vieille sous-directrice.

… C'était complètement vraisemblable en plus.

Il esquissa un large sourire (derrière lui, le regard noir de McGonagall s'intensifia encore), leva le mégaphone, et clama :

– DEVINEZ QUI EST DE RETOUR ?!

Acclamations, hurlements, sifflements et applaudissements lui répondirent : le public était déchaîné, les septièmes années avaient bien fait passer le message aux plus jeunes. Lucas se pavana deux minutes, puis les joueurs entrèrent sur le terrain et il se lança avec enthousiasme dans son commentaire :

– ET VOICI LES JOUEURS ! Les Capitaines Hirapati et Chester se serrent la main… Si vous voulez mon avis c'est Diggory qui devrait être Capitaine ou du moins avoir le privilège de toiser Delmar en lui disant qu'il va s'en prendre plein la gueule, oui Chester je sais lire sur les lèvres, pas la peine de prendre cet air innocent…

– Ogden ne commencez pas, menaça McGonagall.

– Oh là là, tout de suite on m'agresse ! Enfin bref, les joueurs ont enfourchés leurs balais, et LE SOUAFFLE EST LANCÉ, C'EST PARTI ! La balle est à Jarvis !

Les Poursuiveurs de Poufsouffle étaient Zachary Jarvis (treize ans), Joan Knight (quatorze ans) et Penny Willmore (seize ans). Ils étaient bons, sans être brillants. Même chose pour leur Attrapeur et Capitaine, Henry Chester… La vraie force de l'équipe de Poufsouffle, c'était ses Batteurs, Kathleen Diggory et Victor Hiddelton : et sa Gardienne, Violette Ceria.

– Jarvis passe à Knight, Chester coupe la route d'Hirapati qui essayait d'intercepter, pas de bol mon ami, et Knight passe à Willmore ! Ils foncent vers les buts ! Une tentative d'interception… ET MICHAEL GRAY SE PREND UN COGNARD DANS LA GUEULE, on peut applaudir Diggory qui ne fait pas dans la demi-mesure ! Avec tout ça Willmore repasse à Knight ILS SE RAPPROCHENT DES BUTS, ILS VONT TIRER… Oh là là, réveillez-vous Gryffondor, vous avez bu ou quoi ! KNGHT TIRE… ET IL MARQUE ! DIX POINTS POUR POUFSOUFFLE !

Une bonne moitié du stade éclata en acclamations, et l'autre en huées. Pour ce match, les Serdaigle avaient décidés de soutenir Poufsouffle parce que Higg en voulait toujours à Delmar, et les Serpentard soutenaient majoritairement Gryffondor parce que Rosier avait catégoriquement refusé d'encourager Kathleen et qu'Elijah, big boss de la Maison, avait cédé à ses demandes. Cassie avait d'ailleurs parié sur les lions et comme ses prévisions étaient souvent justes, toute sa Maison avait suivi le mouvement.

C'était quand même pas tous les jours que les verts et argents encourageaient les rouges et or. Même Dudu avait l'air décontenancé.

Quand à Rogue, il avait soudain l'air très constipé.

– Hirapati reprend le Souaffle ! cria Lucas. Il passe à Gray, esquive un Cognard d'Hiddelton, va passer à Hallen… Et il se prend un Cognard qu'il évite de justesse ! Il tente de passer à Gray de l'autre côté et UN AUTRE COGNARD ! Ah ah on dirait que Kathleen va pas lui laisser une minute de répit ! Vous foutez quoi les Batteuses de Gryffondor ?

Lesdites Batteuses, Lara O'Mahel et Kelly Oswald, lui firent toutes deux un bras d'honneur. Le petit Hiddelton les tenait à distance, tandis que Kathleen réussissait à elle seule à harceler Delmar et à l'empêcher de passer aux deux autres Poursuiveurs de Gryffondor, Vincent Hallen et Michael Gray.

– Admirez quand même comment Diggory lui défonce sa face ! C'est pas possible on dirait que le Cognard est apprivoisé tellement elle le maîtrise ! Eeeeet en v'là encore un autre qui coupe l'avancée d'Hirapati ! Et un… OH PUTAIN, Charlie Weasley vint de se faire Kathleen, il lui est rentré dedans, c'était violent ! Et un coup de pute si je puis me permettre.

– Ogden !

– Pardon. Bref du coup Delmar a passé à Hallen, qui a passé à Gray, ils progressent vers les buts de Poufsouffle et PAN ! Oulà là là, Kelly Oswald vient de se prendre un Cognard de Diggory, elle a perdu sa batte, quelle nouille ! … Ah non en fait je crois qu'elle a le poignet cassé, autant pour moi. UN BATTEUR EN MOINS POUR LES GRYFFONDOR MAIS QUE VA-T-IL SE PASSER ?! Pas de coup de sifflet, le match continue apparemment, bon, admettons… Au passage Diggory balance un Cognard vers Weasley, je crois qu'elle lui en veut un peu d'avoir pourri sa technique pour stopper Hirapati… Mais justement Hirapati a le Souaffle et IL FONCE VERS LES BUTS, il va tirer, il va tirer, il feinte et IL TIRE ET MARQUE ! DIX POINTS POUR GRYFFONDOR !

Violette semblait rager : Delmar était le seul des Poursuiveurs de Gryffondor qu'elle n'arrivait presque jamais à arrêter.

– Ah Kelly Oswald quitte le stade et est remplacée par une grande perche pâle comme une endive dont je ne connais pas le nom…

– Il s'appelle Fitzmaren, gronda McGonagall.

– Mais attendez Fitzmaren c'est pas le gars de cinquième année qui s'est un jour planté une fourchette dans l'oreille sans faire exprès au dîner ?! Et vous lui donnez une batte ?!

– Le match, Ogden !

– Bon d'accord, l'autre brêle entre sur le terrain, youpi, c'est Hallen qui a la balle, il passe à Gray, il se prend un Cognard d'Hiddelton, et AH ! O'Mahel a renvoyé le Cognard droit dans sa gueule, Hiddelton a faillit se casser la nouille, vous avez vu ça ?! Ah et Willmore récupère la balle ! Non, Gray la bouscule et OOOOH, il lui a tiré les cheveux ! Professeur il lui a tiré les cheveux ! FAUTE ! FAUTE !

– C'était un accident ! gueula Gray.

– À d'autres ! Penalty pour Poufsouffle abruti ! Bon sang quitte à violer les règles essaie au moins de le faire discrètement ! Rah là là, j'vous jure !

– Ogden !

– D'accord, d'accord ! Bon, Knight a le penalty, il tire et… Arvore bloque. La balle est à Hirapati, il passe à Gray, GRAY SE PREND UN COGNARD DANS L'ÉPAULE, outch ça a du faire mal, et Jarvis récupère le Souaffle ! Bon sang Diggory est bien partie pour envoyer tous les joueurs à l'hosto ! Sauf que Jarvis se fait reprendre la balle par Hallen et HALLEN TIRE ET CERIA BLOQUE ! Magnifique manœuvre et PAR LES HEMORROÏDES DE GODRIC HIRAPATI A REPRIS LE SOUAFFLE ET IL TIRE ET IL MARQUE ! Nom d'une licorne à trois testicules !

– OGDEN VOUS ALLEZ VOUS CALMER OUI ?!

– Oh mais il ne faut pas le prendre comme ça professeur, c'est juste une expression d'enthousiasme… Respirez, ça ira mieux, vous êtes toute rouge !

– Le score, Ogden !

– Ah ben ne prenez pas le public pour un con non plus, ils savent bien que si les lions sont en train de gueuler comme des malades c'est pas parce qu'un Poufsouffle s'est éclaté la gueule par terre. M'enfin pour ceux qui ne savent pas compter ça fait VINGT A DIX EN FAVEUR DE GRYFFONDOR ! Et Gray quitte le terrain, apparemment Diggory a tapé fort, mais bon l'avantage est à Gryffondor puisque Hallen reprend le Souaffle… Ah non autant pour moi il vient de se prendre un Cognard d'Hiddelton et c'est donc Willmore qui récupère la balle ! Les Batteurs de Poufsouffles dominent le jeu, mais qu'est-ce qu'ils branlent les deux autres zigotos ? O'Mahel, Machin, vos potes ont besoin d'aide ! Et je sais que je suis pas censé prendre parti mais quand je vous vois tous les deux, avec l'air de compter vos orteils…

Du coup Fitzmaren baissa par réflexe les yeux sur ses bottes et Lucas ne manqua pas de le voir :

– Oui Machin, t'en a cinq à chaque pied, t'inquiète pas, et c'est pas en restant la tête dans le cul que tu te fera endommager ! ON VEUT DE L'ACTION !

– OGDEN ÇA SUFFIT AVEC CES GROSSIERTÉS !

– Ah ça, c'est la mauvaise influence de Cassie…

– Non mais je t'emmerde ! s'exclama une petite voix flûtée depuis les tribunes de Serpentard.

– Laissez votre camarade en dehors de tout ça monsieur Ogden ou je vous retire votre poste ! menaça McGonagall tandis que derrière elle les autres profs étaient pétés de rire.

– Qui commenterait alors, hein ? Laissez-moi deviner : un Gryffondor ! C'est d'un favoritisme évident ça professeur, si je ne me retenais pas je porterai plainte… OH REGARDEZ WILKES SE CURE LE NEZ !

Depuis les tribunes de Serdaigle fusèrent plusieurs insultes et Lucas ricana dans son mégaphone :

– Désolé mais je devais vous faire partager cette remarque. C'est fou comme on a une belle vue d'ici ! Enfin bref, pour en revenir à nos affaires, même Kathleen Diggory ne peut pas envoyer tous les joueurs de Gryffondor à l'infirmerie… Donc du coup Hirapati est en vie et a le Souaffle et fonce vers les buts ! Par Merlin quelle détermination, on sent la rage de vaincre, il se prépare, il feinte, il est pourchassé par les trois autres Poursuiveurs de Poufsouffle qui convergent vers lui à la vitesse du vent, il est devenu l'homme à abattre ! Quel suspense mesdames et messieurs, mais COMMENT VA-T-IL S'EN SORTIR ?! OH PAR LE SLIP DE SALAZAR IL SE PREND UN COGNARD EN PLUS ! Il glisse… IL TOMBE… NON IL SE RATTRAPE ! Un rattrapage superbe et in extremis et OH C'EST INCROYABLE ! LES TROIS CLAMPINS QUI LUI COLLAIENT AU CUL VIENNENT DE SE RENTRER DEDANS ! Ah ah, vite, que quelqu'un prenne une photo !

Ce que Cassie s'empressa de faire, se perchant sur les épaules d'Elijah pour avoir un meilleur angle.

– HIRAPATI TIRE… ET MARQUE ! TRENTE A DIX POUR GRYFFONDOR ! Et les Poursuiveurs de Poufsouffle ont tous l'air un peu sonné, ah, ça se présente mal pour eux ! Oh, Diggory a l'air d'avoir pris une décision, qu'est-ce qu'elle… Elle discuter avec Hiddelton ?! Non mais je rêve, ça a l'air d'être le moment opportun pour taper la discut' ? Vous ferez votre pause plus tard !

Sauf que ce n'était pas une pause, mais une concertation stratégique, vu que les deux Batteurs en jaune et noir levèrent leurs battes et frappèrent le prochain Cognard en même temps.

– ILS TIRENT SUR HIRAPATI ! Ah non ils l'ont manqué, ils… OH PUTAIN ! ILS VISAIENT CHARLIE WEASLEY ! Et il avait beau être à l'autre extrémité du terrain ils l'ont eut en plein dans le mille, outch, sa mère, ça doit faire mal, il vacille, IL VA TOMBER ! IL TOMBE… Et Henry Chester le rattrape, bien joué ! Positionnement stratégique quand même, il était juste en dessous… Vous pensez que les Poufsouffle ont prévu le coup ? Voilà qui casse le mythe des blaireaux tout gentils ! Enfin tous ceux qui ont rencontré Candela Panda après le couvre-feu savent qu'il ne s'agit que d'un mythe… Bref Chester dépose Weasley assommé sur le sol et reprend son envol ! Et… Pas de remplaçant… GRYFFONDOR N'A PLUS D'ATTRAPEUR !

Kathleen et Victor échangèrent un high-five de leurs mains libres, puis se relancèrent la poursuite des Cognards.

– Ne criez pas victoire trop vite les Poufsouffle ! les avertit Lucas. Hirapati n'a pas dit son dernier mot ! A vrai dire vu la tronche qu'il tire on dirait qu'à présent, c'est la guerre ! Tiens en parlant de guerre…

– Ça à un rapport avec le mach monsieur Ogden ? fit sèchement McGonagall.

– Euh non.

– Alors n'en parlez pas.

– Ah merci d'avoir donné votre avis là-dessus, ça me faut chaud au cœur, mais j'ai un public qui m'attend alors salut !

McGonagall en resta bouche bée tandis que Dumbledore essayait de faire semblant de se moucher pour cacher le fait qu'il se bidonnait.

– Je disais donc, à propos de guerre ! babilla joyeusement Lucas. Vous savez que demain c'est la St Valentin et qu'il a donc une sortie à Pré-au-Lard ? Bon alors la plupart des gens y vont en couple mais moi l'amour et les cœurs roses ça me donne envie de frapper des bébés faons. Bref ! Du coup je propose une activité saine et équilibrée consistant balancer de la neige à tous les couples que vous croiserez ! Le sort pour faire de la poudreuse, c'est Nivicare avec un mouvement de baguette vers le haut. Ah et si quelqu'un réussi à chopper Wilkes et Coleman, parce que je sais qu'ils sortent secrètement ensemble, je lui offre la boisson alcoolisée de son choix !

– FILS DE PUTE ATTEND QUE JE TE CHOPPE…

– OGDEN ! rugit McGonagall avec fureur. WILKES ÇA VAUT POUR VOUS AUSSI ! ET MISS COLEMAN BAISSEZ CETTE BAGUETTE !

– Au moins on s'ennuie pas quand c'est lui qui commente, remarqua Cassie toujours perchée sur les épaules d'Elijah.

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oOoOoOo

Dimanche 14 février 1988, rue principale, Pré-au-Lard.

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Bon au final Gryffondor avait quand même gagné le match. De dix points. Eh oui, le score final avait été de cent-quatre-vingt-dix à cent-quatre-vingt, autant dire que ça Delmar avait redoublé d'effort et marqué but sur but jusqu'au moment où il était devenu évident que Poufsouffle ne récupérerai jamais son retard, et Chester avait choppé le Vif pour limiter les dégâts.

Du coup, Kathleen et Delmar n'étaient pas allés à Pré-au-Lard comme les autres élèves. Ils réglaient leurs comptes : Kathleen devait voler un soutif de McGonagall, et Delmar la suivait et l'observait en ricanant. Cassie leur avait fait un salut narquois de la main avant de quitter le château avec Elijah.

Sauf que pour le tête-à-tête c'était raté : Rosier avait décidé de les accompagner pour veiller sur la vertu de son meilleur ami, et du coup Lucas avait décidé de s'inviter aussi.

Il était difficile de savoir qui, de Cassie ou de Rosier, était le plus agacé.

– Dis donc tu voudrais pas te casser ? grogna Justinien en direction du Serdaigle.

– Pas question, claironna joyeusement Lucas. Tu t'ennuierais si tu devais tenir la chandelle tout seul !

– J'ai pas besoin de ta compagnie !

– Et si vous vous teniez compagnie ailleurs ? geignit Cassie. J'essaie d'avoir un rencard là !

– Justement ! fit mine de s'insurger Rosier. Je ne veux pas que t'aille violer Elijah dans un coin sombre !

– Je ferai jamais ça ! Je chercherai un lit plutôt.

– Non mais tu t'entends ? Voilà pourquoi il faut constamment que tu sois sous surveillance !

– C'est pour ça que je suis là d'ailleurs, leur rappela innocemment Lucas.

– Ah non, t'en mêles pas. Tu es pire qu'elle ! Elijah, dis-lui de se casser.

– Ah, ne m'impliquez pas, protesta le grand métis.

– Tu es déjà impliqué, c'est à cause de tes pectoraux que l'autre ouistiti te colle comme une serviette hygiénique ! s'énerva Rosier.

… Comme choix de métaphore c'était audacieux mais au moins ça prouvait qu'il avait fait ses recherches après la petite remise à niveau que leur avait fait Kathleen.

– Pas que ses pectoraux, protesta Cassie. Je ne suis pas si superficielle ! Et d'ailleurs comment tu sais qu'il a des pectoraux, tu le mates sous la douche ?

– Quoi ?! Non !

– Mouais, c'est ce qu'ils disent tous…

Lucas leva les yeux au ciel. Il se demandait comment diable Rosier et Cassie pouvaient vivre dans le même dortoir, et même sympathiser, alors qu'ils se battaient comme des chats sauvages pour l'attention d'Elijah. Et le grand métis ne faisait rien pour les séparer, sachant que son intervention laisserait forcément un des deux adversaires avec le sentiment d'être lésé. Oui, il était gentil mais pas complètement con non plus, alors il laissait les deux andouilles se feuler dessus et attendait que ça passe.

Et ça durait au moins depuis leur quatrième année. Comment ils pouvaient encore se supporter, mystère. Ça devait être le charme de Cassie…

Parce que Cassie avait un don avec les gens. Elle était nulle en Sortilèges, foirait ses Potions, peinait en Métamorphose, bref elle était une nouille totale dans un grand nombre de matières scolaire. Son talent, ce n'était pas l'apprentissage académique, c'était son relationnel. Plus précisément, son intuition. Elle savait toujours comment calmer les gens, leur plaire, les faire rire, se faire accepter alors même qu'elle était bavarde et bruyante et envahissante comme pas possible. Cassie était la membre de leur petite bande que leurs ennemis même les plus colériques toléraient le mieux. Wilkes ne l'insultait jamais, Rosier la tolérait paisiblement, même McGonagall faisait preuve de patience !

Alors que Lucas, Kathleen et Delmar semblaient prendre les gens à rebrousse-poil de manière mystérieuse.

C'est vrai quoi, ils n'étaient pas si chiants que ça !

– On va voir la Cabane Hurlante ? proposa Elijah.

– A mon avis, elle a pas bougée, marmonna Rosier.

– C'était pour changer de sujet, andouille, soupira le grand métis avec un sourire en coin. Mais si tu veux que la conversation reste sur mes pectoraux, je t'en prie, j'ai hâte d'entendre ton avis.

Rosier grommela quelque chose d'inintelligible et s'essuya la bouche en réalisant qu'il s'était mit à postillonner. Ou à baver, puisqu'il devait avoir un gène de bouledogue et que la salive lui dégoulinait toujours sur les lèvres. Parfois Lucas ne voulait rien de plus que de lui balancer son sac à la gueule.

Mais il ne le faisait jamais. Vous pensez bien qu'il n'avait pas envie de le salir !

… Et puis il était fort probable qu'il l'ait déjà perdu.

– T'es pas gay quand même ? fit brusquement Cassie à Elijah.

– Euh, non.

– Cool ! Pas de fiancée, de maîtresse, de veuve avec trois enfants à charge dont je devrais être informée ?

– Non plus, répondit le métis en rigolant.

– Comment tu veux qu'il ait une veuve, andouille ? se moqua Lucas.

Cassie ne se dégonfla pas :

– Je prévois toutes les hypothèses.

– C'est pas comme si t'avais une chance pour commencer, déjà ! persifla Rosier.

Cassie croisa les bras d'un air déterminé, même si elle du pour cela lâcher la main du beau Préfet-en-Chef, et toisa Rosier d'un air supérieur :

– C'est ça, rigole. Mais tu verras, dans dix ans je serai la deuxième femme d'Elijah !

Le métis posa un regard alarmé sur elle :

– Qu'est-ce qui est arrivé à ma première femme ?

– Rien que tu puisses prouver, répondit Cassie d'un air très content d'elle-même.

Bien, c'était pas du tout flippant.

– Et si on allait aux Trois Balais ? suggéra Lucas. C'est pas qu'il fait froid mais… Bon, ok, c'était un mensonge. Il caille. On va au chaud et c'est pas négociable.

Rosier et Cassie ouvrirent la bouche pour refuser, mais la refermèrent aussitôt quand Elijah hocha la tête :

– Bonne idée. Je vous invite !

– Chouette ! pépia Cassie. Ça sera un double rendez-vous !

– C'est pas comme si j'avais rendez-vous avec l'autre courge de Serdaigle non plus, s'offensa Rosier.

– Ah ah, c'est pas ce que je dirai à tous ceux qui me poseront la question !

Ce fut presque assez pour faire détaler Rosier et Lucas. Comme quoi, surveiller la vertu d'un pote, c'était bien mignon mais il y avait des sacrifices qu'ils n'étaient pas prêts à faire !

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Bon. Finalement, ils ne s'enfuirent pas. Ils burent quelques Bièraubeurre au bar, puis ils s'engueulèrent avec des Gryffondor qui cherchaient noises à Rosier à cause du Quidditch. Du coup Rosmerta mit tout le monde dehors et ils reprirent leurs pérégrinations. Ils allèrent chez Zonko et achetèrent tous des trucs pendant qu'Elijah faisait semblant de ne rien voir, puis ils allèrent dans une boutique de fournitures scolaires où le grand métis se racheta une plume et quelques réserves d'encre.

Ils passèrent devant une animalerie où Lucas admira les chouettes mais où Cassie refusa catégoriquement d'entrer à cause de son karma négatif (décision que le Serdaigle aurait du suivre, parce qu'un de ces maudits piafs lui déféqua dessus), puis croisèrent Wilkes et Coleman, poursuivis par Tonks et Maxime Adler qui leur balançaient joyeusement de la neige. Évidemment, ils se joignirent à la course ! Puis Lucas se prit comme un con un Stupéfix en pleine poitrine, et Cassie interrompit la chasse pour le réanimer. Du coup ils perdirent la trace de leurs cibles, et se perdirent eux-mêmes dans le village afin de retrouver enfin la rue principale. Ensuite ils décidèrent de rentrer et, sur le chemin du retour, Rosier se racheta des gants dans un magasin à côté et Cassie s'extasia longuement sur une écharpe jusqu'à ce que Lucas, excédé, promette de la lui offrir pour son anniversaire.

– C'est trop loin mon anniversaire ! chouinait la petite Serpentard tandis qu'ils revenaient vers le château.

– Tu rigole, c'est en mars, dans moins d'un mois !

– C'est quand même trop loin, et j'ai froid maintenant, t'es sûr que tu veux pas me la passer ?

– Arrête d'insister, c'est non.

Cassie jeta ses bras en l'air dans un grand geste exaspéré :

– Très bien ! Mais si je choppe une pneumonie et que je meure ça sera de ta faute !

– Mais vous vous taisez jamais ? soupira Rosier.

Elijah lui tapota l'épaule d'un geste réconfortant :

– Au bout de sept ans, tu devrais être habitué. Et puis, tu remarqueras qu'ils ont été très silencieux devant l'animalerie.

– Du moins jusqu'à ce qu'une chouette fasse son petit caca sur Lucas, précisa Cassie en ricanant.

Pour la peine le blond lui envoya un coup de coude, qu'elle esquiva avec un rire qui se transforma en glapissement quand elle glissa sur une plaque de glace et manqua de s'écraser face première par terre. Rosier la rattrapa de justesse par le col, et la remit debout avec la même désinvolture que s'il s'agissait d'un chaton. Elijah leva les yeux au ciel, choisi d'ignorer l'incident, et demanda plutôt :

– Qu'est-ce qui te fait si peur chez les animaux ?

– C'est eux qui ont peur de moi ! protesta Cassie. Ils sont curieux au début puis très vite, ils paniquent, feulent et crachent, ils griffent, bref je leur fiche les jetons. Et puis tous les animaux qui restent en ma présence trop longtemps meurent mystérieusement ! Ils se suicident ou ils ont des accidents bizarres. Bref, je vais pas tenter le sort !

Elijah plissa le front, songeur :

– C'est quand même bizarre ton histoire.

– Ah, tu dis ça parce que tu aimes les petites bêtes mimi ! ronronna Cassie en s'accrochant à son bras. Et ne nie pas, tu sauves les chatons coincés dans les arbres quand personne ne regarde. Mais ce qui est cool c'est que tu relâche les chatons aussitôt après parce que tu es allergique aux poils de chats, et aux poils de chiens, en fait tu es allergiques à peu près tout. Et c'est un signe du destin vu que je fais crever toutes les bestioles avec mon karma !

– Tu es bien la seule qui prendrait une allergie pour un signe du destin ! se moqua Rosier.

Lucas, lui, avait haussé un sourcil surpris :

– Ça se soigne pas par potions, les allergies ?

– C'est dégueu, ça fait perdre du poids comme effet secondaire, et il faut en prendre tous les jours, lui répondit Elijah avec un soupir. Du coup je préfère éviter les animaux, c'est plus simple.

– Très bonne idée, approuva Cassie. Je détesterai te voir perdre ta belle musculature !

Du coup Lucas se mit à pouffer :

– Il a une musculature ? Première nouvelle.

– Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire ? protesta Cassie en s'accrochant d'un air protecteur au coude d'Elijah.

– C'est vrai ça, feignit de s'indigner Elijah. Je me maintiens en forme et j'ai un corps d'athlète, moi ! Qu'est-ce que tu insinue ?

C'était vrai que. Voilà. Pour un mec qui en faisait le moins possible, Elijah n'était pas particulièrement mou. Il avait les épaules larges, le ventre plat, et en été ses manches courtes révélaient des biceps de sportif dont l'origine était un grand mystère… Mais Lucas ne se démonta pas :

– Qu'on croirait que tu as une serpillière en guise de colonne vertébrale tellement tu ne fous jamais rien. Je suis un expert en flemme et pourtant même moi je suis soufflé. En classe tu fais le minimum et en études tu fais des parties de morpions !

– Je suis talentueux, c'est tout.

– T'es un gros flemmard.

– … Aussi, concéda le Préfet-en-Chef. Mais l'un n'empêche pas l'autre.

Cassie se racla bruyamment la gorge :

– On pourrait retourner au sujet principal, c'est à dire notre sortie romantique à nous deux tous seuls ?

– Non, fit aussitôt Rosier. Et crois-moi, c'est pas aujourd'hui qu'il va te déclarer sa flamme !

Lucas ne put s'empêcher de rigoler et d'ajouter :

– Par contre il pourrait déclarer sa flemme sans problème.

Elijah roula des yeux, puis se tourna vers Lucas et mit soudain un genou en terre, prenant les mains du Serdaigle entre les siennes (ce qui figea ce dernier de surprise) :

– Tu as raison, c'est le moment où jamais. Tu sais… J'ai quelque chose d'important à te dire… Voilà… J'ai la flemme de me relever, tu veux bien m'aider ?

Lucas en resta comme deux ronds de flan pendant un instant, parce qu'il ne l'avait pas vu venir : Rosier s'écroula de rire, glissant sur une plaque de neige et s'écroulant dans une congère : quant à Cassie, elle prit posément son appareil photo et immortalisa l'instant.

– Cassie ! glapit Lucas avec indignation en libérant ses mains.

– Honnêtement c'était trop beau, sourit la Serpentard en rangeant son appareil. On dirait vraiment qu'il va te faire une déclaration ! J'ai de quoi vous faire chanter maintenant.

– Brave petite, rigola Elijah en se remettant debout. Ça va, Rosier, tu tiens le coup ?

– Ah ah, non, c'était trop excellent ! se bidonnait son ami. Je l'ai pas vu venir celle-là. Cassie, je veux un double de la photo !

– Ah non, elle est à moi !

– Je te paierai !

– … C'est négociable.

Et ils reprirent leurs chemin, Cassie et Rosier se disputant sur le prix du cliché, tandis qu'Elijah ouvrait la voie en sifflotant joyeusement, et que Lucas grommelait d'un air mécontent parce qu'il s'était fait avoir comme un bleu et que ça ne lui arrivait pas souvent.

Puis Elijah marqua un temps d'arrêt :

– Eh, pourquoi il y a un soutien-gorge écossais accroché aux grilles ?

Effectivement, un soutif rouge à motif écossais flottait au vent tel une bannière avant-gardiste. Cassie retint un gloussement, et elle échangea un regard amusé avec Lucas. Apparemment, Kathleen avait réussi son gage !

– Je ne sais pas, mentit la petite Serpentard d'un air innocent. Mais tout à fait par hasard, vous ne connaitriez pas le Sort de Glue Perpétuelle ?

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oOoOoOo

Mercredi 17 février 1988, Grande Salle, rez-de-chaussée de Poudlard.

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Le mercredi, Cassie avait Divination juste avant le déjeuner et rejoignait donc le reste de ses condisciples en retard. Du coup ils étaient souvent assis chez les Poufsouffle quand elle arrivait… Et c'est donc avec surprise qu'elle constata que ce jour-là, ils étaient attablés avec les Serpentard. C'était assez rare pour être souligné. Ils ne mangeaient quasiment jamais chez les Serdaigle, l'inimitié avec la bande de Higg et Wilkes rendant l'atmosphère trop tendue : et même si les Gryffondor leur faisaient bon accueil, ça se voyait bien qu'ils ne toléraient leurs bizarreries que pour Delmar. Tandis que les Poufsouffle (et dans une moindre mesure les Serpentard) étaient habitués aux déluges de conneries qu'ils pouvaient débiter durant un repas, parce qu'ils fréquentaient quotidiennement Kathleen et Cassie. Et les Poufsouffle avaient beaucoup plus de patience que les Serpentard, sans compter que Candela s'était autoproclamée superviseuse attitrée de leur bande de dingues : c'était la raison pur laquelle ils bouffaient généralement avec les jaunes et noir.

Mais passons. Apparemment, ce jour-là, il y avait un changement de programme car leur petit club s'était mêlé aux Serpentard de septième année. Du coup Rosier faisait la gueule, Charlie Weasley boudait Kathleen (encore), Delmar frimait en jonglant avec des œufs durs, et Tonks, qui venait de renverser son assiette sur les genoux de Maxime Adler, s'excusait profusément. Bref, un déjeuner normal.

– Salut les gens ! babilla-t-elle en s'installant entre Maxime et Lucas. Je vois que vous avez commencé sans moi, c'est pas bien ça !

– Tu traînais, fit Elijah en guise de réponse avant de la servir galamment en patates.

– Trelawney m'as demandé une démonstration de xylomancie, apparemment c'est une forme de divination qu'elle ne pratique pas parce qu'elle n'a jamais fait de Runes. Enfin bref ! Quoi de neuf ?

– Je fais la gueule à Ethan, l'informa Kathleen.

– Ah bon ? C'est pour ça que vous mangez ici ! Mais pourquoi ?

– Il s'est fait attaquer par son furet, ricana Ludovic Cole.

Il avait assisté à toute la scène et il ne s'en remettait apparemment pas, gloussant sporadiquement dès que son regard tombait sur Ethan Bones à la table des Poufsouffle.

– Il s'est assis sur Chaussette ! s'indigna Kathleen. Franchement il devrait être content de pas avoir perdu ses boules !

– Pauvre Ethan, fit Lucas avec compassion.

– Pauvre furet oui ! gloussa Danny Valentine. Bones n'est pas exactement léger. Il est encore en vie ton animal ?

– En vie et prêt à bouffer les organes génitaux de quiconque posera son derrière sur lui, confirma Kathleen.

– C'est bon à savoir, rigola Elijah. Elle est où cette bestiole ?

Kathleen ouvrit un pan de sa cape, montrant Chaussette qui roupillait dans sa poche intérieure. Le furet ne remua même pas une moustache, plongé dans un profond sommeil.

– Moi mon Patronus sera un furet, fit rêveusement Lucas. On voue le même culte sans faille à la divinité du sommeil.

– En parlant de Patronus ! lança joyeusement Delmar. Je vais enfin pouvoir monter le mien à Graham cet aprèm', j'ai trop hâte ! Regardez ça. Expecto Patronus !

Une grande forme argentée jaillit de sa baguette et déploya ses ailes, survolant leur table avant de disparaitre.

– Ça va faire dix fois que tu nous montre ton piaf, grommela Franklin Silvernus.

– Et puis je pensais que tu n'aimais pas ce genre d'oiseau, railla Kathleen.

Delmar avait réussi à faire un Patronus corporel hier, durant leur séance d'entraînement. C'était une chouette des neiges. Un harfang, exactement comme celui que Kathleen aurait voulu avoir à Noël !

Et dire qu'à la place elle avait eut Chaussette. Pfff.

– J'ai jamais dit ça, fit dignement l'hindou. Je pensais juste que c'était un cadeau prétentieux.

– A toi en revanche, la prétention va comme un gant ! railla Rosier.

– … Moi j'ai un Patronus au moins !

– Quelles répliques percutantes, on se demande où tu vas les chercher…

– Du calme les enfants, soupira Elijah. C'est pas vrai, vous pouvez pas passer cinq minutes sans vous chamailler ?

Cassie lui tapota la main et lui déclara avec naturel :

– On n'aura pas d'enfants si tu veux.

Le grand métis s'étrangla, toussa, rougit, et tout le monde s'empressa de dissimuler un fou-rire. Les avances de Cassie à Elijah n'étaient pas près de cesser…

– Au fait, lança Tonks en se tournant vers Delmar. T'as pensé à quoi pour l'avoir, ta chouette ? Si ce n'est pas indiscret.

Delmar sourit de toutes ses dents :

– Non, pas du tout ! J'ai pensé au Quidditch.

– Bien sûr, marmonna Lucas.

– Plus précisément j'ai pensé aux matchs, continuait le Gryffondor en l'ignorant royalement. La vitesse, les passes qui s'enchaînent, l'impression de ne faire qu'un avec le reste de l'équipe, l'adrénaline, les cris de la foule quand tu marques un but, et la victoire ! J'avais pas de match précis en tête, je pensais juste à tout ce que j'aime là-dedans.

Tonks médita là-dessus, l'air un peu déçu (elle ne pourrait pas utiliser ce cheminement-là de pensée, vu sa nullité au Quidditch). Eveline Heart, elle, haussa un sourcil :

– Tu as une approche très Gryffondor du Quidditch.

– … Euh, ah bon ?

– Oui. C'est ce à quoi je pense aussi pour mon Patronus. Mais j'imagine plutôt la stratégie, l'anticipation quand on se concerte du regard avant d'exécuter une manœuvre spéciale, l'ivresse du succès quand on bluffe l'adversaire. Toi tu vis dans le moment, dans l'action, alors que moi je vois plus l'idée de contrôle de la situation et de coopération avec mon équipe.

Kathleen redressa brusquement la tête :

– Mais c'est pas bête du tout ! Peut-être que c'est ça qui vous pose problème, Cassie et Lucas !

La petite Serpentard et le Serdaigle blonds, tous deux incapables de faire apparaitre un Patronus corporels, échangèrent un regard surpris avant de se tourner vers Kathleen. Ils n'étaient pas les seuls : son éclat de voix avait attiré sur elle l'attention de tout leur coin de la table.

– Qu'est-ce que tu veux dire ? s'enquit le Serdaigle avec curiosité.

– Pour moi, mon Patronus est fondé sur des émotions de… Des sentiments, des trucs de Poufsouffle. La loyauté, l'amitié, la, euh…

– L'amour, fit Rosier d'un air narquois.

– Voilà.

– Aw, je savais bien que t'étais une tendre…

– Ta gueule. Oui, l'amour. Pour Delmar c'est des trucs de Gryffondor : l'action, l'adrénaline, le fait de mener son équipe, la gloire. Pour Lucas, ça sera sans doute un truc de Serdaigle comme le fait de… Découvrir un grimoire oublié. Et pour Cassie, un truc de Serpentard, comme arnaquer des gens.

– T'es sûre ? fit la petite brune d'un air dubitatif.

– Imagine-toi soutirer du fric à Rogue.

Aussitôt elle sourit d'un air enchanté. Lucas, quant à lui, semblait considérer la question. Il n'était d'ailleurs pas le seul : nombre de Serpentard semblaient réfléchir avec soin à cette suggestion, et Kathleen pressentit qu'il y allait avoir séance d'entraînement le soir même.

– Pensez-y, conclut-elle.

– C'est un cheminement de pensée intéressant, concéda finalement Lucas. Mais c'est un peu caricatural… Je ne suis pas sûre que nos émotions positives soient forcément liées aux traits de caractère mis en avant par nos Maison. Le sentiment d'appartenance et l'amour, par exemple, c'est ce qui marche le mieux, qu'on soit à Poufsouffle ou pas.

Les trois quarts des Serpentard se retrouvèrent très absorbés par leurs assiettes. Dès qu'on parlait de sentiment ils perdaient tous leurs moyens…

– Pas faux, concéda Kathleen. C'est vrai que j'aurais pu être répartie ailleurs qu'à Poufsouffle…

Delmar, Lucas et Cassie hochèrent la tête, mais Tonks ouvrit de grands yeux :

– C'est vrai ? Je savais pas ! Le Choixpeau voulait te mettre ailleurs ?!

– On le savait, fit Elijah avec un sourire en coin. Il lui a fallut quatre minutes pour te placer.

– Et il voulait te mettre où ? demanda Tonks qui était dévorée de curiosité.

– A Serpentard.

On entendit un grand bruit d'étouffement quand Rosier s'étrangla avec son steak et se mit à tousser et à pleurer. Mort de rire, Elijah lui lança un Anapneo, tandis qu'Eveline Heart souriait jusqu'aux oreilles :

– Je m'en doutais !

– Ouais, il était assez insistant mais je voulais définitivement aller à Poufsouffle, rigola Kathleen. Et à toi, le Choixpeau a proposé quoi ? Il est resté longtemps sur ta tête, non ?

– Pas aussi longtemps que sur la tête de Lydie, biaisa Eveline.

A tous les coups le Choixpeau avait voulu Gryffondor pour elle, et elle ne voulait pas l'avouer… Bonne joueuse, Kathleen laissa couler et se tourna vers ladite Lydie, qui secoua négligemment la main :

– Il voulait Serdaigle pour moi.

– Oh, pour moi aussi ! pépia Cassie. Putain il m'a bien saoulé huit minutes avec ça, j'étais l'élève la plus longue à répartir, et en plus j'avais envie de faire pipi ! Je vous dis pas la galère. J'ai même du menacer de le cramer. Mais il était pas question d'aller dans la même Maison que ma tante Bertha. Déjà que je me fais tout le temps comparer à elle à la maison, ça aurait été trop !

– C'est rare que le Choixpeau ne pense qu'à une seule Maison quand il est sur ta tête, acquiesça gravement Elijah. Il te propose au moins deux choix.

– A toi aussi il a proposé deux choix ? lâcha Franklin Silvernus avec ébahissement. Moi il m'a mis direct à Serpentard ! Pas toi ?

– Serpentard ou Poufsouffle. Tu pense bien que j'ai chois Serpentard.

Kathleen abattit son poing sur la table :

– T'as un problème avec Poufsouffle ? menaça-t-elle.

– Et toi, pourquoi t'as pas chois Serpentard ? contra Elijah.

Mouchée, Kathleen se renfrogna. Elijah et elle avaient choisi leurs Maisons pour les mêmes raisons : suivre la coutume familiale. Les Shafiq n'allaient qu'à Serpentard ou Gryffondor depuis des générations. Quant aux Diggory, ils étaient comme les Bones ou les Smith ou les Macmillan : toujours des Poufsouffle !

– Pour moi le Choixpeau a hésité entre Gryffondor et Poufsouffle, lança Delmar. Comme je ne connaissais rien aux Maisons, je me suis laissé tenter par la jolie chanson du Choixpeau sur les braves et les héros et pan ! Gryffondor.

– On sent que le Choixpeau crèche chez Dudu, il valorise à mort les lions, grommela Kathleen. C'est dégueulasse quand même !

Sur ce sujet-là, Rosier et elle étaient d'accord.

– Et pour moi il a hésité entre Serdaigle et Gryffondor, rajouta Lucas avec un sourire en coin.

– T'aurais du prendre Gryffondor ! s'exclama l'hindou. On aurait été dans le même dortoir !

– Et tous les autres garçons de leur année les auraient scalpés dans leur sommeil, marmonna Maxime Adler en aparté.

Ce qui n'empêcha pas Kathleen de l'entendre et de rigoler. Il n'avait pas complètement tort…

– C'est marrant, quand même, fit remarquer Tonks. Vous avez tous les quatre été… Bon, pas mal Répartis, mais… Presque, quand même ! Vous auriez pu aller ailleurs assez facilement. Parce qu'il faut admettre, vous cassez sacrément les stéréotypes de vos Maisons. Enfin, sauf Delmar qui est normal.

– C'est bien la première fois qu'on me qualifie de normal…

Kathleen haussa les épaules :

– On s'en fout non ? On a tous atterri dans une Maison où on s'en sort pas trop mal. Enfin, sauf Lucas qui doit supporter les trois loosers et Cassie qui doit vivre avec Rosier.

– Va chier Diggory.

– Et mes trois loosers se tiennent à carreau, les informa Lucas. Higg fait la gueule, et Wilkes et Jessica se cachent parce qu'apparemment il y a des élèves qui pensent que le jeu n'est pas fini et qui leur balancent régulièrement de la neige à la gueule dans les couloirs…

Maxime et Tonks échangèrent un regard réjoui avant de se hâter de prendre l'air innocent. Lucas fit semblant de n'avoir rien vu.

– Ne parlons pas d'eux, ça me coupe l'appétit ! s'exclama Cassie. Tenez, on est en train de voir les sorciers qui ont inspiré le panthéon grec, en Histoire. Parlons de ça !

– De quoi, des histoires de cul des dieux ? sourcilla Kathleen.

– Obsédée va, marmonna Rosier.

– Pas forcément, répondit Cassie d'un ton joyeux. Même si j'imagine que la question de la zoophilie pourrait donner lieu à un super-débat avec McGonagall. Mais bon, bref. Du coup vous pensez que c'est quelle déesse la plus belle ?

Les autres marquèrent un temps de surprise mais Delmar, habitué à ce que la petite Serpentard passe du coq à l'âne sans prévenir, hasarda :

– … Aphrodite ?

– NON MAIS JE RÊVE ! beugla Kathleen en faisant sursauter tout le monde. T'as rien appris de Pâris ou quoi ?! Bravo maintenant tous les Troyens sont morts à cause de toi, j'espère que t'es content !

– Ah zut, merde. Oups ?

– Oups c'est ta réponse au génocide ? Assassin !

– Mais j'y peux rien si elle est canon Aphrodite !

– Pourquoi on peut pas choisir un dieu ? s'interrogea Cassie à voix haute.

– Parce que. On a dit une déesse.

– Oui ben si on devait choisir un dieu Delmar aurait pas tué les Troyens !

– Les dieux grecs sont quand même autant des salopes que les déesses, leur fit remarquer Eveline.

– Ah non tu vas pas t'en mêler aussi ! s'énerva Rosier. Pourquoi il faut toujours que vous les encouragiez, après c'est l'avalanche de conneries et on se retrouve avec des soutifs flottant sur les grilles du château !

– Ah c'était vous ? s'étonna Lydie en se tournant vers les supposés coupables.

Delmar et Kathleen se regardèrent puis la Poufsouffle répondit dignement :

– Je ne peux ni affirmer ni infirmer cette allégation.

Cassie ricana, puis se tourna vers Delmar :

– M'enfin bref, Aphrodite c'est quand même un choix débile, tu baisses dans mon estime.

– Bah, je suis connu pour céder facilement à la tentation…

– Ne pas se mêler des histoires des dieux, ça vaut mieux, suggéra Elijah d'un ton docte. Mais dans l'hypothèse où on vous pose cette question, nommez Perséphone. Les autres déesses en seront trop surprises pour vous exploser tout de suite, et même si Hadès ne vous fera pas de faveur il vous fera probablement un high-five en passant.

Les autres se regardèrent.

– Pas con, finit par dire Delmar.

– N'est-ce pas ? se rengorgea Cassie en tapotant le bras d'Elijah d'un air possessif.

– Je ne pense pas que ce soit utile dans un futur proche, finit par dire Lucas. Niveau rencontre avec des déesses grecques, on est assez protégé. Mais bon, merci du tuyau.

– De rien.

– Bref, finit par dire Rosier. Diggory, tu veux pas aller te réconcilier avec Bones ? Parce que le niveau de Q.I. de cette table baisse dramatiquement à chaque fois que vous venez bouffer ici.

– Dis tout de suite que tu nous aime pas !

– Je vous aime pas.

– Ah ben merci. Non mais t'entends ça Cassie ?!

– Et c'est reparti, soupira Elijah.

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oOoOoOo

Lundi 22 février 1988, salle de cours, premier étage de Poudlard.

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Lucas esquissa un élégant mouvement du poignet et un arc lumineux parfait jaillit de sa baguette pour frapper la balle en mousse posée sur son bureau, qui s'éclaira brièvement avant de reprendre son aspect inoffensif.

– Tu as réussi ? l'interrogea Kathleen.

Elle adorait travailler en binôme avec Lucas en Sortilèges. Il faisait quasiment tout le boulot !

Kathleen se débrouillait dans cette matière, et visait un Effort Exceptionnel ou aux ASPICS, mais elle doutait que ça lui soit très utile dans sa future carrière de Maître des Potions. La plupart du temps, elle se contentait de regarder Lucas briller sans effort.

C'était quand même un peu frustrant : Lucas était une grosse feignasse qui faisait tous ses devoirs la veille et perdait constamment ses notes et ses livres, et il arrivait quand même à avoir un excellent niveau presque partout. Delmar et Kathleen travaillaient dur pour être les meilleurs, l'un en Métamorphose et l'autre en Potions. Lucas, lui, avait un don naturel. Il travaillait assez peu, n'avait qu'à relire ses leçons pour les apprendre et les comprendre, maîtrisait vite les nouveaux sorts qu'on leur enseignait.

Monde injuste.

– Je pense que oui, fit le Serdaigle en observant l'objet d'un œil critique. Vas-y, lance un sort dessus pour voir ?

– N'oublie pas de jeter un Bouclier, le prévint Kathleen avant de pointer sa baguette sur la balle. Impedimenta.

La balle de mousse explosa dans un gros PLOCH, avec un nuage de fumée noire et opaque qui fut heureusement contenue par le charme de Bouclier lancé par Lucas.

– Superbe monsieur Ogden ! s'exclama Flitwick. Cinq points pour Serdaigle.

A la table d'à côté, Candela leur lança un regard mauvais avant de se concentrer sur sa propre balle en mousse. Les Sortilèges Explosifs étaient particulièrement délicats, surtout si on ne voulait pas provoquer d'incendie, et elle n'avait toujours pas réussi à en faire un qui ne finissait pas en flammes.

– Tu veux un coup de main ? fit innocemment Lucas.

Balthazar, qui était en binôme avec Candela, se hâta de faire semblant de lire son manuel en dissimulant un rire.

– Non merci, aboya Candela.

– Oh là là, pas besoin d'être si désagréable ! C'était une proposition tout à fait sincère et innocente. C'est pas comme si je t'invitais à boire un verre.

– Parfait.

– Donc tu acceptes ?

Candela poussa un lourd soupir, se tourna face au Serdaigle, et déclara fermement :

– Lucas, tu es mignon mais tu es égocentrique, bavard, ingérable, chiant, fainéant, et je ne peux pas te supporter. Fous-moi la paix.

Elle se détourna et se replongea dans l'étude des Sortilèges Explosifs, tandis que Balthazar se tordait de rire en silence. Lucas, lui, se tourna vers Kathleen avec un sourire niais :

– … Elle a dit que j'étais mignon !

– Tu es irrécupérable, déplora son amie avec amusement. Allez, aide-moi à maîtriser ce sort. Comment tu fais ton mouvement de baguette ? Vers la droite non ?

– En diagonale et en courbe, comme un arc, regarde…

Kathleen répéta le geste deux ou trois fois avant de lancer à son tour sur la balle que Lucas avait réparée entre temps. Cependant elle se lassa assez vite de l'exercice. Vérifiant d'un regard que Flitwick était occupé, elle se tourna vers Lucas :

– Alors, ton Patronus, ça avance ?

– Pas tellement, mais d'un autre côté je ne me suis pas entraîné sérieusement depuis un petit bout de temps. Ça viendra.

Rodolphe Wilkes, qui n'était pas très loin et avait entendu, émit un reniflement dédaigneux. Du coup Kathleen se tourna vers lui, menaçante :

– T'as quelque chose à dire, face de chacal ?

– On dirait bien que la chance a tourné, se moqua Wilkes (à côté de lui, Jessica Coleman leva les yeux au ciel). Ça fait quel effet d'être à la traîne, Ogden ?

– Je ne suis pas très familier avec le sentiment, rétorqua aimablement Lucas. J'imagine que ce n'est pas ton cas, en revanche…

– Si ça peux t'aider à mieux dormir. En attendant, tous les Serdaigle s'en sortent mieux que toi. Tous les vrais Serdaigle, je veux dire.

Lucas plissa les yeux d'un air menaçant :

– Vraiment ?

– Bien sûr, fit Wilkes avec arrogance. Je parle de ceux qui travaillent et collaborent ensemble, bien sûr, pas de ceux qui traînent avec les Serpentard.

– T'as quelque chose contre les Serpentard ? fit Lucas d'une voix doucereuse.

– Mis à part leur propension à participer à des actions terroristes ?

– T'es mal placé pour dire ça Wilkes, fit Kathleen d'une voix forte. C'est pas ton grand frère qui s'est fait descendre par les Aurors en tenue complète de Mangemort ?

Wilkes pâlit si vite qu'on l'aurait cru sur le point de faire une syncope. Son grand-frère William avait été tué par un Auror (le célèbre Maugrey Fol-Œil), et identifié après qu'on ait retiré le masque de son cadavre. La famille Wilkes clamait qu'il avait été soumis à l'Impérium mais quand même, les apparences étaient contre eux.

Lucas tapota le bras de la Poufsouffle :

– Laisse tomber, Kath. Tu vas pas provoquer un scandale en plein cours quand même…

– T'as raison, je lui viderai la cafetière sur les burnes au prochain petit-déjeuner.

Honnêtement Lucas s'étonnait souvent que le Choixpeau n'ai pas proposé Gryffondor à Kathleen, parce qu'elle était parfois du genre sanguinaire. Il préféra changer de sujet avant qu'elle ne fasse des plans pour assassiner Wilkes :

– Pourquoi tu m'as emprunté Titanic ce matin ?

En effet, Kathleen avait demandé à ce qu'il lui prête son hibou durant le petit-déjeuner. Lucas n'était pas capable de conversation articulée avant au moins une tasse de café, donc il s'était contenté de marmonner un acquiescement et Kathleen avait filé vers la volière avant le début du cours. Mais à présent, le Serdaigle était curieux.

– Ah, ça ! fit son amie blonde en hochant la tête. J'ai demandé à mes parents si ça les gênait que je reste à Poudlard pour les vacances de Pâques.

– Tu rentres chez toi d'habitude, s'étonna Lucas.

Et c'était généralement l'occasion pour Kathleen de raconter à son neveu Cédric les dernières frasques de sa bande. A chaque fois qu'elle revenait du château, le petit garçon écoutait ses récits comme si c'était les dix commandements, émerveillé. Fallait dire que généralement, Kathleen enjolivait ses histoires d'un ou deux dangers épiques, de préfets déments, et parfois même de fantômes cannibales, tous défaits par l'incommensurable pouvoir de l'amitié.

Soit ce gosse allait devenir un cauchemar, soit il allait devenir un Poufsouffle modèle.

Ou alors il allait tout plaquer et partir en Australie.

– Ouais c'est vrai, concéda Kathleen. Mais cet année j'ai pas envie, il y a mon cousin Gilderoy qui viendra rendre visite à ma mère.

Lucas plissa le nez en essayant de se rappeler la généalogie des Lockhart :

– T'as un cousin du côté de ta mère ?

– Enfin, cousin… C'est au sens large. Ils ont un arrière grand-père en commun, et le père et le grand-père de Gilderoy étaient Cracmols, donc voilà. Bref, c'est un écrivain, je l'ai croisé une ou deux fois, il est gentil mais qu'est-ce qu'il est chiant ! Et terriblement obsédé par ses cheveux. Tout ce qu'il fait c'est donner des conseils de beauté et vanter son génie. Quitte à choisir, je préfère Poudlard. Et puis je tiendrai compagnie à Delmar !

Delmar ne rentrait pas chez lui à Pâques : les hindous ne célébraient pas cette fête. Delmar avait beau avoir pris de la distance avec sa famille et leur religion, certaines traditions restaient ancrées en lui. Par exemple, il n'offrait rien à sa famille à Noël, et ils ne lui offraient rien en retour. Il fêtait Divali en allumant une lanterne dans le parc et en écrivant à sa famille. Il fêtait aussi Rama Navami en jeûnant quelques jours avant d'organiser un grand buffet chez les Gryffondor, où on mangeait sucreries et pâtisseries toute la soirée et où tous les autres élèves d'origine indienne étaient invités, quelle que soit leur Maison. Et il restait à Poudlard pendant les vacances de Pâques.

– Je pense que je vais demander la même chose à mon père, fit lentement Lucas. Après tout, c'est notre dernière année, il faut en profiter.

– Et puis t'as pas envie de rentrer.

– Pas trop, non.

Il ne s'attarda pas sur le sujet. Tibérius et lui étaient devenus de vrais étrangers, avec le temps, avec l'absence de sa mère. Rentrer à la maison et prétendre être un fils satisfait, aimant et obéissant, c'était au-dessus de ses forces. Il préféra dévier la conversation :

– Tu penses que Cassie voudra rester aussi ?

– Si on reste tous les trois, c'est sûr. En plus tous les Poufsouffle rentreront chez eux cette année. On aura ma salle commune pour nous tous seuls ! On pourra se balader en pyjama toute la journée et se rouler sur le tapis en poussant des cris de babouins !

– … Rien que pour ça je me demande si je ne vais pas rester, gronda Candela d'un air menaçant. Maintenant bossez ! Et bouclez-la, bon sang, c'est impossible de travailler avec vos caquètements en bruit de fond !

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oOoOoOo

Samedi 27 février 1988, couloir, septième étage de Poudlard.

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Delmar fixa son sandwich avec une certaine fascination, puis poussa un soupir rêveur :

– Manger c'est tellement badass. Je veux dire, tu mets un truc dans une cavité où trente-deux os protubérants l'écrasent et ensuite un tentacule de chair l'envoie dans une poche d'acide et en quelques heures tu absorbes l'essence de la bouffe et tu la transforme en énergie.

Lucas cligna des yeux :

– Mec, faut vraiment que tu dormes.

– Ouais et nous aussi, bâilla Kathleen. Il est quatre heures du matin mon vieux, c'est-à-dire grand temps d'aller te coucher. Allez, encore quelques couloirs et on y est !

Il y avait eut une fête chez les Serdaigle et bien sûr Lucas avait rameuté ses trois amis. Sauf que quelqu'un avait alcoolisé le punch et… Delmar en avait bu. Bon, là il avait dépassé le stade "câlins et embrassades et grande déclaration d'amitié", mais apparemment le filtre entre sa bouche et son cerveau avait disparu dans le processus.

Du coup ils s'étaient mis à trois pour le ramener chez les Gryffondor, cette andouille était bien capable de se perdre sinon.

Et puis ça avait permit à Cassie de placer stratégiquement quelques pièges de chez Zonko devant la porte de chez les Serdaigle.

Enfin bref.

– Mange ton sandwich, ça aidera à absorber l'alcool ! lui ordonna Cassie.

Mais bien sûr il ne les écoutait pas, perdu dans ses pensées :

– Tiens je me demandais. Pourquoi les aveugles promènent si souvent leurs chiens ? Pas que j'ai quelque chose contre les chiens mais quand même, moi ça me saoulerait de devoir sortir toutes les trois heures une bestiole qui chie partout et dont il faut toujours s'occuper. Et puis les aveugles doivent avoir des chiens chiants vu la fréquence des balades. Ah ah, des chiens chiants. Chiens chiants !

– J'espère qu'on va pas croiser un prof parce qu'ils vont croire qu'on l'a drogué, marmonna Kathleen en guidant leur ami Gryffondor.

Lucas, qui fermait la marche en vérifiant périodiquement qu'aucune figure d'autorité ne les suivait, se contenta de rouler des yeux, avant de bâiller et de se frotter les paupières, trop fatigué pour argumenter.

– De toute façon à cette heure de la nuit n'importe quel prof piquerait une crise s'il nous choppait hors des dortoirs, raisonna Cassie.

– Et puis les chiens c'est pas pratique ça saute sur tes invités, continuait Delmar complètement plongé dans son monologue. Surtout que moi j'ai beaucoup d'invités ! Michael m'a mis la chanson 'Mon plumard est un lupanar' comme sonnerie de réveil, c'est vous dire. Bon il a pas tort. Limite mon dortoir c'est un squat à putes. Bon c'est quand même mieux que le dortoir de Lucas qui est un squat à connards. Au moins les putes on les aime. Et je suis la plus belle des prostituées du château de toute façon.

Kathleen roula des yeux :

– Je n'en doute pas. Allez, on est presque arrivé.

Elle était crevée, elle avait bu elle aussi, elle avait dansé non-stop pendant deux heures, elle avait fait deux bras de fer et gueulé aussi fort que les autres pour reprendre le refrain des chansons des Bizar'Sisters, sérieusement tout ce qu'elle voulait c'était s'écrouler sur une surface vaguement horizontale et pioncer pendant douze heures.

– Dites, pourquoi on voit jamais les bébés pigeons ? fit soudain Delmar. Vous pensez qu'ils sont invisibles ?

– … Attend mais c'est une très bonne question, réalisa Cassie. C'est vrai ça, pourquoi on les voit pas ?

Kathleen et Lucas échangèrent un regard qui aurait pu être lourd de sens s'il n'avait pas été aussi lourd de sommeil. Quand c'était pas l'un, c'était l'autre ! Cassie n'avait pas tellement bu, mais elle, de manière générale, elle était toujours prompte à divaguer sur n'importe quel sujet.

– A tous les coups ils ne deviennent visibles qu'à l'âge adulte, réfléchissait Cassie.

– Uh uh. Ou peut-être que c'est les pigeons adultes qui sont invisibles et qu'en fait on voit que les bébés pigeons.

– Imagine. Genre quelque part il y a un énorme pigeon, mais il est invisible.

– Parce qu'il est adulte ?

– Ouais.

– … Dément. Tu crois qu'on peut le manger ?

– Je commence à comprendre pourquoi Candela a parfois des pulsions homicides, soupira Lucas.

– Non mais nous, on raconte pas de telles conneries ! protesta Kathleen.

Le Serdaigle hausa un sourcil :

– Une fois t'as déclaré que les oiseaux ne chantaient pas mais qu'ils criaient parce qu'ils avaient peur du vide.

Ils parvinrent à l'entrée de la tour de Gryffondor sans se faire repérer, ce qui était en soi un petit miracle, sachant qu'ils trainaient avec eux un type ivre et bavard qui tenait à la main un sandwich au fromage. Le flair de Miss Teigne aurait du les repérer il y a longtemps… Heureusement qu'elle avait Delmar à la bonne, parce qu'elle ne croisa pas leur chemin.

– Bravoure, indiqua Kathleen à la Grosse Dame.

Celle-ci, qui somnolait, pivota sur ses gonds sans même se donner la peine d'ouvrir les yeux. Les quatre élèves entrèrent dans la salle commune sur la pointe des pieds.

Du moins jusqu'à ce que Cassie se prenne un pied de chaise.

– Ah punaise sa mère ! jura-t-elle en sautant sur une seule jambe. Par les hémorroïdes de Godric, ça fait un mal de chien !

– Silence bon sang ! pesta Lucas. Allez, venez, on va le mettre au lit.

– Qui ça ? fit joyeusement Delmar.

– Toi, ducon. Tu crois qu'on est venu jusqu'ici pour quoi, draguer Bill Weasley ?

Delmar cligna des yeux à la manière d'un hibou avant de sourire comme un idiot :

– Vous devriez, c'est un bon coup.

– Oh putain je le savais ! s'écria Kathleen qui était tout de suite beaucoup plus réveillée. Tu t'es fait Weasley !

– Sérieux ? glapit Cassie. Mais il est chiant comme un salami !

– Tu vas regretter nous avoir dis ça demain matin, grogna Lucas en se massant les tempes.

En tout cas Kathleen n'allait absolument pas le regretter. Mwahaha, depuis le temps qu'elle le soupçonnait, elle en avait enfin la preuve ! Elle avait intérêt à garder cette info au chaud pour la ressortir au moment le plus compromettant. Ah, il avait beau jeu, l'autre rouquin qui prétendait ne pas pouvoir les supporter ! Il faisait sa sainte-nitouche mais dès qu'ils avaient le dos tourné, ça forniquait sévère dans les placards !

– Vous l'avez fait quand ? demanda-t-elle avidement.

Delmar ouvrit la bouche pour répondre mais Lucas, lançant un regard noir à Kathleen, l'interrompit d'un ton blasé :

– On veut pas savoir. Allez, viens, faut aller jusqu'à ton dortoir. Idiot, on t'avait dit qu'il fallait pas picoler comme ça.

– N'empêche que c'était cool, glissa Cassie. Déjà on a appris que la sainte-nitouche rouquine était partiellement gay…

– Ça doit être bisexuel le mot que tu cherches, l'informa Kathleen d'un ton moqueur.

– Ouais, si tu veux. Mais en plus, pour une fois qu'on s'amuse dans ta Maison de coincés, Lucas, fallait en profiter…

– C'est à cause des idiots du genre Higg et Wilkes que c'est une Maison de coincés ! protesta Lucas. Une fois qu'ils se seront barrés, et que les gamins qu'ils ont endoctrinés se seront barrés aussi, Serdaigle redeviendra ce qu'elle est censée être : une Maison où l'originalité et la créativité de chacun sont embrassés par tous, et où le samedi soir on fait le mur pour aller taguer le château et lancer des feux d'artifices faits maison.

– Ah oui, soupira Kathleen avec nostalgie. Quand on était en première année, Barthélémy Greenwood avait dessiné un mammouth sur tout le plafond du hall ! McGonagall était verte.

– Et Olivette avait mis le feu au Saule Cogneur, se souvint Cassie avec nostalgie.

– C'était le bon temps, conclu Lucas.

Sur la pointe des pieds, ils montèrent au dortoir de Delmar en silence. Enfin, dans un silence relatif… D'accord, dans aucun silence du tout, vu qu'ils trébuchaient dans le noir, qu'ils se cognaient aux murs et que l'hindou n'arrêtait pas de glousser comme un dindon parce qu'apparemment l'alcool le rendait hilare en plus d'être bavard. Quand Kathleen ouvrit la porte du dortoir de Delmar, Cassie se prit les pieds dans une paire de chaussures qui trainaient et s'effondra de tout son long dans la pièce.

Des grognements mal réveillés se firent entendre, puis des bruissements de couettes, des mouvements, et finalement Kyle McGregor marmonna Lumos et pointa sa lumière en direction de Cassie qui se remettait debout :

– Qu'est-ce que tu fous là ?

– On ramène l'autre alcoolo, les informa Kathleen en dirigeant Delmar vers son propre lit à baldaquin. Faites comme si on était pas là.

– Vous étiez où ? leur reprocha Michael Gray.

– Chez les Serdaigle, y a une fiesta. Et beaucoup d'alcool.

– Quoi ? s'insurgea Robert Gordon. On savait pas qu'il y avait une fête ! C'est dégueulasse, pourquoi on a pas été invités ?! Delmar !

Mais Delmar ne leur répondit pas pour la bonne raison qu'il s'était écroulé sur son lit et s'était mis à ronfler comme un bienheureux. Kathleen leva les yeux au ciel, puis poussa un soupir de martyr en songeant à la route qui l'attendait. Traverser tout le château… Tous les escaliers… Rentrer sans se faire prendre par un prof ou bien par Rusard… Ou bien par Candela parce qu'elle était de corvée de patrouille ce soir…

– Ça vous dérange si on squatte ici ?

– Quoi ?! Non !

– Ah, merci, c'est sympa ! s'exclama la Poufsouffle.

Et bam, elle se laissa tomber sur le matelas aux côtés de Delmar, qu'elle repoussa sans ménagement pour avoir un peu plus de place. Lucas sortit sa baguette et lança un sortilège d'agrandissement au lit, qui fit une embardée et s'élargit de deux mètres, puis il commença à retirer ses chaussures :

– Je vais assumer que l'invitation s'étend à moi aussi, parce que je suis trop crevé pour refaire le chemin en sens inverse.

– Chouette, j'ai encore jamais dormi chez les Gryffondor ! s'écria Cassie avant de se jeter sur le lit à son tour.

– Quelle invitation ?! piailla Adrien Tofty. Y a pas d'invitation !

Sans l'écouter, Cassie, Lucas et Kathleen prirent leurs aises, et les protestations d'Adrien se transformèrent en un couinement aigu quand Cassie, en se tortillant, réussi à enlever son soutien-gorge sans enlever son T-shirt et balança aussitôt le sous-vêtement au milieu de la salle commune.

– Et si vous la bouclez pas, j'enlève le reste et ensuite je vais dire à McGo que vous êtes des voyeurs ! menaça la petite Serpentard en s'enfouissant sous la couette.

Plus personne ne moufta.

Du moins pendant cinq minutes.

– Dites les mecs, fit soudain la voix de Delmar. Vous pensez que les pingouins ils savent qu'ils ont pas de genoux ?

– Dors, abruti.

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Voilà. Ah, Delmar xD Il est con mais je l'adore. Vous voyez pourquoi il faut pas le faire picoler ? Ben c'est pour ça.

N'oubliez pas de reviewer pour dire si le bonus sur la guerre vous intéresse =D