*apparaît discrètement* Bonsoir tout le monde. Désolée pour ce retard; mais voilà enfin le chapitre 6. Bonne lecture ! *repart rapidement*

Edit : Je suis partie tellement vite que j'ai oublié de remercier les revieweurs anonymes *shame on me*

Mac Ravie que la fiction te plaise autant ! Ton enthousiasme est vraiment encourageant. Merci pour ton commentaire.

Eve Ca fait plaisir de voir que la suite est tant attendue. Effectivement, la suite devait être mardi, désolée. Mais la personne qui relit ma fiction n'avait pas eu le temps de s'occuper de ce chapitre. Merci pour ta review !

*s'éclipse de nouveau*


Chapitre 6 : The Envy - L'envie.

House était avachi dans le canapé du bureau de la doyenne, les bras croisés, affichant sur ses traits une moue d'enfant contrarié.

« House, levez vos fesses et allez travailler. Il est hors de question que je vous supporte tout l'après-midi. » somma Cuddy pour la quatrième fois depuis qu'il était venu camper dans ses quartiers.

Pour seule réponse, le diagnosticien sourit sarcastiquement à l'idée de passer sa fin de journée ici ; jubilant par avance de pouvoir déstabiliser sa patronne sans trop se fatiguer. Mais la faire sortir de ses gonds n'était sûrement pas la meilleure des solutions. Pas aujourd'hui. Pas s'il voulait récolter autre chose des railleries étriquées qui auraient pour unique but de passer sa colère et sa frustration sur lui. A l'heure actuelle, il ne souhaitait qu'une chose : avoir une consultation détaillée au sujet d'un oncologue détraqué ayant été frappé de plein fouet par l'absurdité.

« Wilson a une théorie. lâcha finalement le médecin.
_ Je crains le pire.
_ Vous pouvez !
_ Venez en aux faits qu'on en finisse. » ordonna lascivement la doyenne.

Il se redressa lentement, disposé à se lancer dans une explication concise des faits. Cuddy lui adressa un regard sans équivoque, l'invitant à rapidement poursuivre afin qu'elle puisse dégager sa carcasse de son bureau au plus vite.

« Wilson est un utopiste. Quoi que je fasse, quoi que je dise à votre sujet, il ne peut s'empêcher d'y voir l'expression d'une passion refoulée ou d'une possessivité à peine dissimulée. Si je crie à travers l'hôpital que votre fessier a pris des formes disproportionnées, Monsieur, une fois son costume de pseudo-psychanalyste revêtu, conclura qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'un signal amoureux, visant à masquer la véritable attirance que j'ai pour vous. Ce après quoi, il me sortira son perpétuel speech sur le pourquoi et le comment je fuis toute relation humaine existante. » déblatéra le médecin en la fixant ostensiblement.

La doyenne se contenta d'un hochement de la tête en signe d'approbation, n'osant pas couper le diagnosticien dans sa narration.

« Mais aujourd'hui, il est carrément devenu psychotique ! Nos rapports ambigus l'obsèdent ! Laissez-moi vous faire une petite rétrospective des événements »

« Savais-tu que Cuddy a amené sa machine à crottes aujourd'hui à l'hôpital ? » questionna le médecin en faisant une entrée fracassante dans le bureau de Wilson.

Conscient que la question ne supposait aucune réponse en retour et n'avait que pour but de lyncher un enfant ayant eu le malheur de contrarier ses plans, l'oncologue soupira bruyamment, en signe d'une future protestation. Ne voyant au travers de la fillette qu'un parasite, désigné depuis longtemps comme étant l'ennemi public numéro un, il ne manquait jamais de vanter le démérite de la relation entretenue avec la doyenne. Tout était prétexte à réduire l'enfant à l'état de simple monstre incontinent, et sa mère de substitution à celui d'handicapée parentale.

Levant la tête pour toiser son ami qui le fixait avec un sourire moqueur, Wilson ne put s'empêcher de soupirer une fois encore, peu disposé à devoir écouter les mille et une raisons qui devraient pousser Cuddy à abandonner sa fille dans un refuge pour animaux. Sachant pertinemment que cette marque d'agacement ne porterait jamais ses fruits, il jeta son dévolu sur une toute autre tactique, qui visait à piquer dans le vif du sujet et à pointer du doigt le réel problème dont il était à chaque fois question.

« Tu envies cette gamine, House. » balança l'oncologue tandis que le dénommé House s'asseyait en face de lui.

En guise de réponse, le médecin offrit des yeux ronds, qu'il crut sentir un instant sortir de leurs orbites tant ses propos lui parurent outrageusement ineptes et révoltants. Véritablement atterré, le diagnosticien s'esclaffa, désireux de montrer à son ami quel piètre psychanalyste il faisait. Exaspéré, ce dernier reprit de plus belle.

« Dans même pas cinq secondes, tu vas vouloir me faire payer la justesse de mes propos en usant habilement du sarcasme et de l'humiliation, sans autre but que le refoulement de cette réalité qui te dérange. Mais vas-y, je t'en prie, laisse donc ta profonde dénégation s'exprimer.
_ Whao, c'est qu'il n'est pas commode notre Wilson aujourd'hui. Je t'ai connu moins revêche. s'amusa t-il en adoptant un air terrifié.
_ D'un autre côté, je poursuis une cause désespérée.
_ Trouver une nouvelle madame Wilson ? »

Profonde inspiration.

« Avoir un gosse avec une future madame Wilson ? Je te le déconseille; voie les effets néfastes qu'un tel acte impliquerait. » railla le diagnosticien à l'encontre de son ami.

Expiration largement exagérée.

« Et dans les effets néfastes, tu inclues un bonheur durable et l'embellissement d'une vie jusque-là morne et routinière ?
_ En fait, en tête de liste se trouvent l'abrutissement total des parents, l'énergie gaspillée inutilement et l'épuisement engendré par un tel déploiement d'énergie. énuméra-t-il en haussant un doigt à chacune de ses mentions.
_ Tu as entièrement raison. Elever un enfant à la maison revient à s'occuper d'un House au travail. La satisfaction de la tâche et la certitude de pouvoir un jour l'éviter en plus.
_ Premièrement, Cuddy adore me tancer à longueur de journée ; deuxièmement j'ai l'impression que tu idéalises un peu trop le boulot éducatif que doivent pratiquer les parents pour éviter que leur progéniture ne devienne des emmerdeurs en puissance dont ils ne seront que peu fiers...
_ Elle a tout essayé te concernant. Et pourtant, tu es toujours un emmerdeur en puissance...fit remarquer l'oncologue en le coupant dans son discours contradictoire.
_ Troisièmement ! reprit-il de plus belle. Il n'existe aucun élément de comparaison entre moi et cette malédiction incapable de tenir plus d'un mètre sur ses deux jambes et qui s'exprime dans un langage qu'elle seule peut comprendre.
_ Ça vous fait quand même un sacré nombre de points communs...
_ Quatrièmement ! ... » hurla House avant de s'interrompre.

Ne sachant plus quoi lancer, il se tut soudainement pour chercher la prochaine opposition qui l'aiderait à convaincre son interlocuteur.

« Ton déni te ferait-il défaut ? Ton inconscient s'amuserait-il à lui mettre quelques bâtons dans les roues ? se moqua le cancérologue en constatant sa soudaine perte de répartie.
_ Je réfléchis à comment te délivrer de cette ingénuité qui te frappe...
_ Ne pas m'encombrer avec tout un tas d'illusions est la principale chose que j'ai appris en te côtoyant. Alors je le réaffirme, en connaissance de causes : tu envies cette enfant.
_ Je ne ... voulut protester le médecin.
_ Enfin, pas tout à fait. l'interrompit-il pour ne pas lui laisser le temps de contester. En réalité, tu envies sa capacité à pouvoir attirer toute l'attention de Cuddy. De l'avoir à sa disposition pour s'occuper d'elle dès que le besoin se présente. De hanter ses pensées, jusqu'à tourner à l'obsession, sans qu'elle ne puisse faire quoique ce soit pour y remédier. Tu crèves d'envie d'être à sa place quand tu imagines Cuddy s'inquiéter à son sujet à longueur de journée.
_ Tu oublies que j'ai cette place privilégiée depuis bien longtemps. se vanta le diagnosticien.
_ En moindre partie désormais. Avant, tu étais le seul à pouvoir tous les jours envahir à ce point ses pensées. Maintenant, vous êtes deux. Ce qui fait de Rachel une rivale, celle qui a osé conquérir une grande partie de ton territoire. Ce que tu envies, c'est cette trop grande place qu'elle occupe, aussi bien dans son esprit que dans son cœur. Tu estimes que Cuddy te revient de droit, qu'un être aussi petit ne peut pas se l'approprier en un claquement de doigts alors que toi, tu as trimé pour en avoir ne serait-ce qu'une partie. Ce pourquoi tu souhaites qu'elle t'appartienne de nouveau intégralement, sans partage avec une tierce personne, car tu ne supportes pas de la voir s'exprimer comme s'il s'agissait de toi, alors que l'objet de son expression ne te concerne justement plus. Une situation tellement banale pour toi. Quoi de plus facile que d'éliminer la source de ta difficulté ? Seulement voilà. Tu ne pourras jamais rompre le lien qui les unit. Et c'est bien là le cœur du problème. » analysa son ami

Le diagnosticien l'avait laissé finir, comprenant que le couper reviendrait à lui donner raison sur toute la ligne. Préférant être brûlé vif plutôt que de fournir à l'oncologue un élément qui lui confirmerait ne serait-ce qu'une partielle véracité dans ses propos il se contenta de lui répondre par un sourire railleur, lui faisant par la même comprendre que son monologue avait été vain et inutile. Ce à quoi sa conscience réincarnée sous forme humaine rétorqua.

« Toi qui est toujours en quête de vérité; commence déjà par arrêter de refouler celle qui te concerne. » conclue-t-il en fixant House droit dans les yeux.

L'absurdité avait enfin trouvé son visage; celui d'un oncologue, prénommé James Wilson, psychologue débauché à ses heures perdues avançant sans cesse des théories sans logique, des déductions hâtives irréfléchies et des propos incohérents au point de se demander si c'était bien à lui qu'il venait de s'adresser.

« Tu m'as parlé ? s'enquit le médecin en se levant.
_ Non rien, laisse tomber.
_ L'absurdité renferme donc entre ses griffes une certaine part de lucidité qui ne demande qu'à s'exprimer. Intéressant. répondit-il sarcastiquement, simulant une profonde réflexion en s'avançant vers la porte.
_ Ce serait surtout rassurant pour toi. Dans la mesure où son absence temporaire pourrait te permettre d'arrêter de te mentir à toi-même. répliqua l'oncologue d'une voix lascive.
_ J'ai compris. J'entamerai à l'occasion une discussion avec mon moi très profond. Lui au moins ne m'emmerdera pas avec une interprétation aberrante de mes moindres faits et gestes. Railla le médecin en ouvrant le battant.
_ C'est ça, défiles toi House. Tu... »

Venant de claquer bruyamment la porte, il n'entendit pas les dernières paroles qui lui étaient destinées.

« Vous ne rêvez pas, il est allé jusqu'à voir une passion refoulée dans le mépris que j'exprime à l'égard de votre quadrupède ambulant !
_ Le quadrupède ambulant s'appelle Rachel. mentionna Cuddy d'un ton très las.
_ Sérieusement ? Ce truc a un nom ? s'étonna faussement le médecin.
_ House, si ce que dit Wilson est tant dénué de sens, pourquoi ne pas simplement passer outre ses propos ? dévia-t-elle pour ne pas s'étendre sur le sujet de sa fille.
_ Ce serait beaucoup moins distrayant !
_ Il vise juste à ce point ? »

Le diagnosticien se recula d'un coup sec dans le canapé, tout en pointant du doigt sa patronne, un air effaré peint sur son visage.

« Oh mon Dieu ! s'écria House de façon quasi théâtrale. Vous êtes aussi irrécupérable que Wilson. »

Sur ces paroles, il se leva et entreprit de quitter le bureau, avant que la conversation ne tourne en sa défaveur. Une fois qu'il fut sorti, chacun laissa fuir un large sourire malgré lui.

Tous les deux savaient que Wilson visait juste.

Envie, nom féminin : Sentiment de tristesse, d'irritation et de haine contre ceux qui possèdent un bien. Considérée comme l'un des 7 péchés capitaux.

TBC...

L'attente en valait quand même la peine ? :D