Chapitre 6 : Toi et moi ? Vraiment ?

Il existe une vieille légende elfique, qui date d'avant même le règne de Merlin. Cette légende raconte l'histoire de deux amants dont l'amour était impossible : Izaria et Gominz.

Elle était la fille du roi du plus grand clan elfique de l'époque : Les Azadurs. Il régnait sur le royaume d'Adolfera, situé au Nord des montagnes Galoqueriennes.

C'était un royaume immense caché du monde extérieur. Aussi bien celui des moldus que celui des sorciers.

Izaria étant en âge de se marier, elle fût promise à son cousin Droumos, le prince du royaume voisin. C'est une alliance qui n'enchantait guère la jeune fille. Cependant elle passa outre ses ressentiments car c'était une femme d'honneur et elle ne voulait en aucun cas salir le nom de sa famille.

Mais environ un mois avant les noces, une brèche entre le monde elfique et le monde des sorciers apparut.

Elle était cependant tellement fine qu'elle était pratiquement imperceptible. Même pour un elfe.

Ce fut pourtant un groupe de sorciers qui découvrirent la brèche. Une grande conquête commença alors, afin de savoir ce qu'il y avait dans cet autre monde. Des centaines de sorciers furent envoyés sous le commandement de Gominz, un noble et preux chevalier, au service du roi sorcier : Gontran de Rosburry.

Cependant, une fois que les sorciers pénétrèrent dans le monde elfique, la brèche se referma derrière eux, les laissant prisonniers dans un monde qui leur était inconnu.

Puisqu'ils étaient désormais livrés à eux même, Gominz pensa qu'ils ne perdaient rien à explorer les environs. Peut être vivait il quelque part quelqu'un qui pourrait les renvoyer dans leur monde. C'est donc après deux longs jours de marche vers le Sud que Gominz et ses troupes tombèrent sur le château du royaume des Azadurs.

Mais à peine arrivèrent ils aux portes du royaume qu'ils se retrouvèrent piégés, encerclés par des créatures qu'ils n'avaient jamais rencontré.

Désormais prisonniers, les sorciers furent réduits à la servitude, attendant le verdict du roi Méphilas quant à leur sort.

Gominz, en tant que meneur des sorciers, fût placé au service royal. Il fit ainsi la connaissance de la plus douce et la plus délicieuse des créatures : Izaria. A peine leurs regards s'étaient ils croisés qu'ils tombèrent fous amoureux l'un de l'autre.

C'est ainsi que Izaria retrouvait Gominz aux cachots, toutes les nuits à deux heures pile, sous l'œil endormi des gardes. D'amoureux, ils devinrent vite amants et eurent chaque matin un peu plus de mal à se séparer.

Gominz quant à lui fût interrogé par le roi en personne, quant à leur présence dans le monde elfique. Le jeune sorcier attendait avec patience la réponse du roi. Avait il oui ou non un moyen de les renvoyer, lui et ses hommes, d'où ils venaient ?

Plus les jours passaient, plus les prisonniers désespéraient.

C'est alors qu'un jour le verdict tomba. Le roi Méphilas avait effectivement un moyen de rouvrir une brèche entre le monde elfique et le monde des sorciers. Sauf qu'il acceptait de la rouvrir en échange d'un pacte avec les sorciers. Une sorte d'échange culturel Méphilas était quelqu'un de très curieux et il désirait en savoir plus sur ses mystérieux prisonniers. C'est alors que Gominz s'engagea au nom de son roi, à correspondre une fois par semaine avec le roi Méphilas. Le pacte magique fut signé par Gominz et Méphilas et ce dernier prévu de rouvrir un passage le lendemain à l'aube.

Cette nuit là, Izaria vint voir Gominz comme tous les soirs, des larmes coulant sur ses joues rondes.

Ils passèrent leur dernière nuit à s'aimer, sous le regard de la lune ronde et blanche.

On raconte aussi que cette nuit là, la lune leur fit un cadeau immense, celui d'une part de sa lumière. La lumière qui leur fut offerte tourbillonna autour d'aux alors qu'ils s'élevaient peu à peu dans les airs. Elle leur fit à tout deux une marque dans le bas du dos : Une tache brune en forme de croissant de lune, à droite chez Izaria, à gauche chez Gominz.

Cette marque leur fut offerte comme symbole de leur amour afin qu'ils ne s'oublient jamais.

Le professeur McGonaggal finit son récit devant six paires d'yeux ébahis :

_ La magie des aeternam amatores, autrement dit les amants éternels, est très ancienne. Si l'un des deux est en danger, la magie de la lune interfère et protège les deux amants. Sauf que cette pratique défensive demande beaucoup d'énergie magique quand le corps n'est pas habitué. Et afin de se régénérer, les deux aeternam amatores doivent rester en contact physique, plongés dans un profond sommeil. C'est seulement une fois votre énergie totalement retrouvée que vous vous réveillez. En fait, vous n'avez même pas conscience de vous être assoupi.

_ Professeur j'ai une question, demanda Hermione. Qu'est il arrivé à Izaria et Gominz après cette nuit là ?

_ C'est une bonne question Miss Rosburry. La fin varie beaucoup selon les compteurs. Pour ma part, je pense que Gominz a pu retourner dans son monde avec ses hommes, mais que les deux amants ont trouvé un moyen de se retrouver une nuit par mois, chaque soir de pleine lune.

_ C'est d'un mielleux votre histoire… Qu'est ce qui vous fait croire que moi et Granger on est des aetertrucs là ?

Le jeune Malefoy n'eut pas tôt fait de finir sa phrase qu'il se prit une claque derrière la tête, cadeau de sa chère maman.

_ Veux tu parler sur un autre ton jeune homme, il s'agit de la princesse ! La rabroua sa mère.

_ Pardon… Grommela-t-il dans sa barbe.

_ Pour répondre à votre question, continua le professeur de métamorphose, la manière dont vous avez atterri ici ainsi que la lumière blanche qui vous entourait jusqu'à maintenant m'a permit de sauter à cette conclusion Mr Malefoy. Voulez vous quand même le vérifier en inspectant votre dos jeune homme ?

_ Mon dos ? Mais pourquoi vous…

_ Drago dis moi que tu as au moins écouté une infime partie de ce que le professeur McGonaggal vient de raconter ? Le sermonna son père.

_ Oui, enfin quand même !

La jeune Gryffondor se permit de lever les yeux au ciel à cette réponse.

_ Bien dans ce cas vous n'y voyez aucun inconvénient ? Continua McGonaggal.

_ A quoi ?

_ Malefoy enfin tu le fais exprès ? Ton dos ! On voudrait savoir si tu as la marque en demi lune dans le bas de ton dos ! Fit une Hermione pour le moins impatiente.

Après tout, s'ils étaient vraiment des aeternam amatores, ça impliquait beaucoup de choses…

C'est alors que Drago daigna enfin soulever sa blouse, lançant un regard perçant à Hermione.

_ On vérifiera aussi sur moi si c'est ce qui t'inquiète. Répondit elle à son regard.

Le jeune homme détourna les yeux sans rien ajouter. Il se pencha en avant, toujours en position assise, afin de dévoiler son dos à tous ceux présents dans la pièce. Une magnifique marque brune en croissant de lune, pas plus grande qu'un pouce, trônait dans le bas de son dos, juste à gauche.

Hermione, en voyant cela ne pu s'empêcher de vouloir passer sa main dessus. A peine l'eût elle effleurée que de nouveau une lumière blanche les entoura. Plus faible cependant.

Les deux aeternam amatores se retrouvèrent alors dans les airs, comme portés par une corde invisible, au niveau de leur poitrine.

Puis quelques secondes plus tard, ils retombèrent avec grâce et douceur, tout deux allongés dans leur lit respectif, main dans la main.

Les parents des deux élèves ainsi que le professeur McGonaggal et Mrs Pomfresh restèrent abasourdis face au spectacle auquel ils venaient d'assister. Aucun d'eux n'osa bouger. Puis quelques minutes plus tard, Drago et Hermione se réveillèrent.

Sans qu'aucun mot ne soit prononcé, les deux élèves se regardèrent droit dans les yeux. Jusqu'à ce qu'Hermione ne se cache la bouche avec la main, tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues.

Drago quant à lui se contenta de baisser les yeux, comme en signe de honte. C'est après un silence de plusieurs minutes que quelqu'un se décida enfin à briser celui-ci :

_ Hermione chérie, qu'y a-t-il ? Demanda Mrs Rosburry.

Mais la jeune fille ne parvint pas à dire quoi que ce soit.

_ Elyzabeth, vient rentrons. Je pense que nos deux jeunes enfants ont besoins d'être un peu seuls, dit Henry Rosburry à sa femme.

Mrs Rosburry opina puis s'avança vers sa fille afin de la prendre dans ses bras en signe d'au revoir.

_ Minerva, n'hésitez pas à nous contacter s'il se passe quoi que ce soit, continua-t-il.

_ Bien sûr votre altesse, acquiesça la directrice en faisant la révérence.

Le roi fit un baiser sur le front de sa fille puis s'éclipsa par la porte avec sa femme.

Quant aux parents du jeune homme, ils ne tardèrent pas à partir eux aussi, après un petit signe à leur fils qui semblait leur coûter un bras. Narcissa quitta la tête dans le cou de son mari.

_ Bien Pompom je vous laisse avec nos deux préfets, j'ai encore beaucoup de travail. Je pense qu'ils ont besoin de parler seul à seul.

_ Bien sûr Minerva allez y, j'ai également du travail de toute façon.

Ainsi Drago et Hermione se retrouvèrent seuls dans l'infirmerie, sans qu'aucun ne prenne la parole. Quand soudain, Drago ne tint plus et lui demanda :

_ Qu'est ce que tu as vu ?


Cela faisait maintenant une semaine que Hermione se murait dans le silence. Elle restait là, assistant à ses cours, agissant comme une élève normale. Sauf qu'elle ne gardait les yeux désespérément perdus dans le vide, et que personne n'avait encore entendu le son de sa voix depuis sa sortie de l'infirmerie.

Ce silence inquiétait ses amis, ainsi que les professeurs, voyant qu'elle ne participait plus.

Quant à Drago Malefoy, ce dernier était anéanti. Il savait parfaitement qu'il était la cause du silence de son homologue féminin.

Il se souvenait encore de leur conversation, juste avant qu'elle ne se mure dans le silence.

*FlashBack*

Ainsi Drago et Hermione se retrouvèrent seuls dans l'infirmerie, sans qu'aucun ne prenne la parole. Quand soudain, Drago ne tint plus et lui demanda :

_ Qu'est ce que tu as vu ?

_

_ He… Hermione ?

_ Tu veux savoir ce que j'ai vu dans ton esprit dérangé Malefoy ? Je vais te le dire. Tout. J'ai tout vu absolument tout. De ta plus petite enfance jusqu'aux sombres pensées que tu nourrissait quand Voldemort jouait avec ta vie, comme avec celle de tes parents et de tous les Mangemorts qui étaient sous ses ordres. Et le plus troublant, j'ai vu toutes les plus intimes pensées que tu avais de… Moi. Maintenant, je voudrais comprendre. Pourquoi ?

_ Je ne… La première chose que j'aimerais dire, ce sont des excuses. Parce que je t'en dois énormément, pour toutes ces années. Le fait est que j'ai agit ainsi pour te protéger. Connaissant mon père, j'aurais vite été éliminé s'il savait ne serais ce qu'une infime partie de ce que je ressentais pour toi. Si j'ai agis comme je l'ai fait, c'était uniquement dans ce but, te garder saine et sauve. Même si pour ça je devais te voir souffrir par ma faute. Au moins, tu étais en sécurité loin de moi. La vérité c'est que je ne pense qu'à toi depuis la première fois qu'on s'est rencontrés. Encore aujourd'hui…

Les larmes avaient franchi depuis bien longtemps le seuil des joues d'Hermione. Elle était dévastée par ce qu'elle venait d'apprendre. C'était toute son enfance à Poudlard qu'il fallait remettre en cause, toutes ces soirées à pleurer dans son lit à l'abri des regards. Déverser toute sa peine, toute sa haine pour l'immonde Drago Malefoy qui lui faisait vivre l'enfer, alors qu'au fond de lui il…

_ Je t'aime Hermione. Depuis toujours.

*Fin FlashBack*

La jeune fille ne lui avait jamais répondu. En fait elle n'avait pas prononcé un mot de plus depuis leur discussion. Drago était lui aussi très inquiet pour son homologue. Et le fait qu'ils soient des aeternam amatores lui faisait ressentir toute la peine de la jeune fille, comme si c'était elle même. Ils partageaient vraiment tout.

Lui aussi avait vu la vie de Hermione passer sous yeux, sa première lettre de Poudlard, ses premières années à l'école des sorciers avec ses amis, mais aussi avec ses propres persécutions sur la jeune sorcière. Il avait vu les nuits blanches passées à pleurer par sa faute, toute la haine qu'elle ressentait à son égard. Ça lui avait fait beaucoup de mal, même s'il savait qu'il l'avait fait pour son bien. Il avait également vu le périple que les trois amis avaient du faire pour retrouver les horcruxes dans le but d'anéantir Voldemort. Il restait abasourdi devant le courage et la persévérance dont elle avait fait preuve. Il l'aimait plus que jamais. C'est pour cela qu'il devait faire quelque chose pour que ça change. Hermione ne pouvait pas rester éternellement silencieuse. Il connaissait d'ailleurs la seule personne qui pourrait l'aider. Bien qu'il ne le portait pas beaucoup dans son corps, Mathéo le cousin d'Hermione semblait être le seul à même de la faire parler. Si même ses meilleurs amis en étaient incapables, qui mieux que la famille pour se confier ?


La jeune préfète était plongée dans ses révisions pour les ASPICS, bien qu'ils ne soient que dans quelques mois. En réalité, elle n'arrivait pas à retenir la moindre chose. Elle était bien trop perdue dans ses réflexions.

Elle ne se remettait pas du choc des révélations de Drago. Il était amoureux d'elle. Depuis leur première rencontre. Malefoy. Amoureux d'elle.

Même s'il aurait voulu prouver le contraire, les souvenirs ne trompaient pas. Il y en avait des tas. Il l'a regardait amoureusement en secret depuis des années, et elle ne s'était aperçue de rien…

C'est bien simple, après autant de révélations elle ne savait plus quoi penser. Même s'ils étaient en froid, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir incroyablement attirée par lui, comme s'il lui manquait une partie d'elle même, que seule sa présence pouvait combler.

Son ventre gargouilla, aussi décida-t-elle de descendre à la Grande Salle rejoindre ses amis pour le dîner.

Cependant, ses plans furent compromis par une rencontre qu'elle fit au détour d'un couloir. Elle souffla juste « Mathéo… » avant de courir dans les bras de son cousin, et de fondre en larmes.

_ Chut, je suis là Hermione, tout ira bien. Que dirais tu de rassurer tes amis, puis d'aller manger un bout dans ton appartement ? Je meurs de faim !

La jeune princesse acquiesça sans pouvoir ajouter un mot. Elle sécha ses larmes, tenta de se faire un visage impassible, puis suivit son cousin dans la Grande Salle.


Voilà un autre chapitre. Désolée du retard, mais l'été n'a pas aidé beaucoup a mon problème d'inspiration... Il est un peu court, mais la suite est en route ! Bisous,

ptiLu