Ndt: Cette histoire est une traduction d'une fanfiction anglophone imaginée et écrite par Amerision.
Chapitre cinq : Perché sur le Champ du Mal
« Tu ne te laissera point consumer par l'envie et la colère, car c'est là le chemin de la damnation… au bout duquel tu verra ton âme se tordre comme la fleur fanée perchée sur le champ du mal. »
Dobby se recroquevilla sous l'intensité de son regard, tirant de ses mains ses grandes oreilles abaissées contre lui tout en reculant d'un pas craintif.
« Dobby n'en est pas sûr ! Dobby ne sait pas ce que le garçon Nott fait. Dobby est désolé, Harry Potter ! S'il vous plait pardonnez Dobby ! » pleurnicha t'il en se jetant à ses pieds. Ses immenses yeux verts, humides, brillaient dans la Salle commune plongée dans l'obscurité.
Harry n'y prêta pas attention, il était déjà hors de portée de Dobby. Son attention était toute entière dirigée sur son autre elfe, une haine flagrante dans le regard. « Et toi, Kréattur? Ta carcasse décharnée a t'elle trouver quoi que ce soit ? »
Kreacher ignora l' insulte, levant la tête vers lui d'une manière inhabituelle, presque polie. « Kréattur a découvert que Nott se rend parfois à la salle sur demande avec les amis du jeune Malefoy, Crabbe et Goyle. Ils semblerait qu'ils y utilisent du Polynectar. Kréattur ne peut pas entrer, mais il sait que Nott travaille pour le seigneur des Ténèbres en personne ! »
Les yeux de Harry s'étaient rétrécit dés les premières notes du ton mielleux de Kréattur, et il l'observa avec suspicion. À côté d' eux, Dobby se frappait contre le mur en pierre. « Et comment sais tu cela ? »
Kréattur sourit, révélant un piano d'affreuses dents tordues. « Le Maître désire le savoir ? » demanda t'il d'un air faussement révérencieux.
Harry sortit sa baguette magique de sa poche et la pointa entre les yeux de Kréattur « Oui Kréattur, J'aimerais savoir, » exigea t'il.
Le vieil elfe rabougri glapit. « Kréattur a vu le bras du jeune Nott lorsque le garçon s'est changer… oui, Kréattur l'a bien vu. Sur le bras de Nott se trouve le serpent ! »
Un petit cri indigné alerta Harry de la présence d'une oreille indiscrète. Harry se retourna pour regarder une Hermione choquée et passablement outrée bondir jusqu'aux pieds des escaliers du dortoir des filles, vêtu seulement de sa chemise de nuit.
« Qu'est-ce que c'est que ça? Mais qu'est ce que tu fait ? » tonitrua t'elle avant d' abaisser la baguette magique d'Harry d'une simple claque dans ses mains et d'écarter du mur un Dobby de la tête duquel coulait quelques gouttes de sang. L'elfe hébété tomba au sol, puis se mit a gémir bruyamment en se tenant la tête.
« Ce n'est pas tes affaires, » l'envoya tranquillement promener Harry qui rangea sa baguette magique.
Toujours accroupi sur le sol, Hermione se retourna vers lui le visage cramoisi, tout en aidant Dobby a se relever. « Tu laisse Dobby se meurtrir parce qu'il t'a déçu et ce n'est pas mes affaires ? » éclata la préfète « Je descend et te vois menacer Kréattur ! »
Sans daigner l'écouter, il ordonna à Dobby de partir. Aussitôt, l'elfe de Maison en pleur s'inclina rapidement avant de disparaître des mains mêmes d' Hermione dans un crack! sonore.
Harry se retourna vers son propre elfe. « Kréattur… tu peux partir. Garde-moi informé si tu apprend quoi que ce soit d'autre. »
L'elfe s'inclina a son tour, les yeux relevé vers lui et un sourire mauvais sur le visage, avant de se retirer d'un second crack.
A peine était il partit qu' Hermione fut sur lui, le doigt pointer contre son torse. Ses yeux étaient resserrés, des lèvres amincies. « Tu prépare quelque chose, Harry - je le sais. Tu as changé, et non en bien. »
Sans même lui accorder un autre regard, elle retourna dans son dortoir.
Dans sa tête, Harry hurlait de lui jeter une malédiction et de l'arrêter, de la punir, de la contrôler… de soumettre son esprit à l'imperio et de s'assurer de son obéissance. Plongeant ses mains dans ses poches, il détourna le regard, sentant le besoin à la limite de la douleur se dissiper lentement.
S'approchant du mur, ses yeux repérèrent la légère trace du sang de Dobby, ce qui lui apporta au moins satisfaction de savoir que l'elfe avait payer pour son échec.
Harry se demanda jusqu'à quel point Hermione avait surpris sa conversation. Il avait lancer à la hâte des sorts de silence et de ne-me-remarque-pas, mais il était relativement facile de les briser. La fille était clairement en train de l'espionner, et seule sa compassion déplacée pour les elfes de maison l'avait trahit. Il se pouvait qu'elle l'ait également suivi ailleurs.
La colère le submergea nouveau à la pensée qu'elle ait put mettre son nez là où il n'avait rien a y faire. Hermione n'avait été rien d'autre cette dernière année qu'une épine dans son pied, de son entêtement à rappeler sans cesse à tous en quoi elle avait, ou avait eu, raison (allant même jusqu'à rappeler comment elle avait tenter de l'empêcher d'aller sauver Sirius), à sa jalousie galopante envers Harry chaque fois qu'il la battait en cours de Potion avec le livre du prince de Sang-Mêlé.
Il ne faisait pas le moindre doute qu'elle pouvait à tout moment se révéler un obstacle à ses plans pour peu qu'elle découvre quoi que ce soit de substantiel.
Tu pourrais… te débarrasser d' elle… comme tu l'as fait avec Slughorn…
Harry ignora la pensée, ses ongles se creusèrent dans la peau de sa paume tandis qu'il serrait de sa main sa baguette magique dans la poche de sa robe.
Rogue ayant été maintenu à son poste de Professeur de Potion, Dumbledore avait fait venir Kingsley Shacklebolt du Ministère de la Magie pour assurer les cours de Défense contre les Forces du Mal.
L'arrivée d'un Auror supplémentaire À Poudlard n'était sans nul doute pas un hasard. Harry s'était retrouver l'objet d'une surveillance accrue dont il sentait chaque jours les mailles se resserrées d'avantage.
Tonks avait, semblait il, perdue la confiance de l'Ordre du Phénix, et Harry suspectait Hermione d'en être responsable en ayant fait parvenir ses inquiétudes à ce sujet jusqu'aux oreilles de l'Ordre. Et ce n'était pas la métamorphomage, totalement déconnectée du monde qui l'entourait, qui aurait put les faire changer d'avis. Le conditionnement auquel l'avait soumis Harry au cours des six derniers mois avait rendus l' Auror presque totalement dépendante de lui émotionnellement. L'avoir sous son contrôle lui était de la plus grande utilité, mais sa présence lui devenait de plus en plus gênante en cela qu'elle commençait à se convaincre elle même qu'il se préoccupait réellement d'elle.
Depuis peu, même son utilité commençait à s'estomper. L'illusion était devenue de plus en plus insatisfaisante, et il savait désormais que sa faim ne se limitait plus à un simple corps identique… il voulait son esprit, son âme... les yeux verts malveillants de Jamie, ses baisers entrecoupés de chuchotements taquins dans l'oreille tandis que son corps chaud se blottissait contre le sien.
Fermant les yeux, Harry se frotta les tempes, essayant d'arracher son esprit de ces images. Il supposait que c'était le fait de savoir qu'il était plus proche que jamais auparavant d' atteindre son but qui rendait ses pensées si obnubilées par elle dés l'instant même où il se réveillait.
Passant devant la Salle sur Demande, il observa la porte en se demandant ce que préparait Voldemort. Théodore Nott était un garçon plutôt intelligent, ce n'était donc pas une très grande surprise qu'il ait été choisit pour la tache à laquelle il avait été assigné.
Il était étrange cependant d'avoir recours à un étudiant de Poudlard.
Harry repensa à sa conversation avec Kréattur, il savait que l'elfe ne pouvait pas lui mentir – il était son Maitre, chercher à le tromper ainsi de vive voix était tout simplement impossible pour l'Elfe . Et pourtant son comportement, en particulier sa pleine coopération et l'absence de marmonnement de sa part, continuait à le tracasser. Voldemort était en train de préparer quelque chose d'important, et à en juger du comportement soudainement fier et hautain de Nott, tout cela ne présageait rien de bon.
S'il devait partir, il comptait bien le faire avant que quoi que ce soit ne se produise, mais il ne pouvait toujours pas s' échapper de ce plan d'existence. Cesser d'être une cible permanente consistait en un véritable soulagement qu'il comptait bien atteindre. Ses recherche sur le miroir, cependant, était encore incomplètes, Magicus s' étant révélé incroyablement long et détaillé. Les autres dossiers étaient également des plus intéressants, riches d' une masse de nouveaux sortilèges et de malédictions expérimentales, tels des rituels que de sorciers romains avaient conçu pour se renforcer contre les envahisseurs étrangers.
Les comptes rendus des divers sujets de recherches étaient tous unis par la manière prolifique et désordonnée dont ils étaient écrit, les applications des recherches en question n'étant jamais donnée clairement. Harry y avait néanmoins trouver de quoi comprendre en profondeur le fonctionnement interne du miroir.
Descendant au troisième étage, Harry repéra Kingsley Shacklebolt en train de parler d'un air nonchalant avec Tonks deux escaliers plus bas. Se reculant discrètement, il observa la scène du balcon.
Il ne pouvait pas les entendre, mais elle lui sembla nerveuse et très mal à l'aise. Kingsley l'a drapa d'une main sur son épaule avant de l'amener vers un escalier leurs faisant face. Ils montèrent lentement jusqu'au deuxième plancher, clairement en destination d' une certaine gargouille.
Un moment plus tard, Tonks sembla réaliser à son tour leurs direction, car elle commença à se débattre pour échapper à la poigne du grand Auror noir. Kingsley l'a maîtrisa rapidement, l'assommant par le biais d' un sortilège inconnu qui força son corps à revenir à sa forme normale. Tout en utilisant un sort de lévitation, il murmura un mot de passe à la gargouille et fit flotter sa victime jusque dans l'escalier circulaire qui venait de s'ouvrir devant lui.
Une sourde inquiétude s'empara de l'esprit d'Harry comme il réalisait la gravité de la situation. Tonks était au courant d' une bonne partie de ses activités, à l'exception de celles touchant au miroir. Harry avait depuis bien longtemps veillé à soumettre son esprit à l' Oubliette pour effacer n'importe quel souvenir qu'elle ait put avoir concernant l'enlèvement de Malefoy et de Davis, mais de tels sortilèges pouvaient être rompus.
Dumbledore devait très certainement soupçonné sa complicité dans l'histoire, et même si Tonks ne pouvaient pas l'incriminer directement, son témoignage quant à l'administration d'un sérum de Vérité suffirait à lever tout les doutes à son égard. Mais le pire, surtout, restait qu'elle était au courant de l'existence de la partie abandonnée du troisième étage et de son acquisition du Magicus, deux choses dont il lui avait à de nombreuses reprises mentionner l'existence. Il n'allait pas falloir longtemps avant qu'il ne soit mis au grand jour, et Malefoy et Davis retrouvés.
Son fragile château de cartes s'écroulait rapidement tout autour de lui.
Tonks ne revint pas se coucher cette nuit là, alimentant l'inquiétude croissante d'Harry.
Le temps qui lui restait s'écoulait de plus en plus vite, Harry savait imminentes aussi bien la découverte par Dumbledore des deux Serpentard enchainés que la prochaine attaque de Voldemort sur le château, tout comme il savait qu'il n'y aurait plus pour lui de chance d'arriver à ses fins passé ces deux dates butoirs. Il avait envisagé de tuer Malefoy et Davis, mais s'en était abstenu.
Tuer Slughorn avait été une nécessitée, comme il se le répétait souvent, et n'était pas une réflexion de lui même. Néanmoins, l'idée était toujours présente dans un coin de son esprit.
Les deux Sang-purs se trouvaient actuellement attachés aux murs de deux salles de classe séparées, et il avait charger Kréattur de leur apporter de quoi se nourrir. Dobby ne lui étant pas liés, et par conséquent toujours soumis au risque de divulguer ses secrets, Harry préferrait le tenir à l'écart.
Si tout devait être perdu, son seul échappatoire était de s'échapper dans l'univers situé de l'autre côté du miroir.
Il sortit Magicus de sa valise, dont il sentit la couverture vieille et rugueuse racler le bout de ses doigts. Il écarta celle ci pour ouvrir l'épais volume, dont il feuilleta rapidement les pages. Son regard tomba par hasard sur des sortilèges qui captèrent aussitôt son attention, l'envahissant d'un besoin presque primordial qui le fit doucement hésiter à continuer ses recherches. Ce ne fut que plusieurs minutes plus tard, quand il réalisa ce qu'il lisait, qu'il rompit l'emprise sur son esprit et se remit à tourner les pages avant d'arriver finalement au passage désiré.
Essayant de son mieux de dégager son esprit de ce qu'il venait d'étudier, il ferma le rideau autour du lit et lança un rapide sortilège d'intimité avant de se plonger dans sa lecture.
« … Nos tentatives de perturber la magie qui entoure le miroir n'ont eus aucun effets sur son fonctionnement, ce qui nous a amener à penser qu'il a été enchanté de manière à s'alimenter à partir d'une quelconque source extérieure. En l'absence de réserve interne de magie affiliée au miroir, la seule explication est que celle ci provient d'un autre plan d'existence.
Si cela est vrai, notre récente hypothèse pourrait en être validée, et le miroir ne montrerait rien de moins qu'un autre monde. S'il est réellement reliés d'une manière ou d'une autre à un autre plan d'existence, il serait bien plus facile de se contenter de montrer cet autre univers plutôt que d''essayer de produire de lui même une image selon le visionneur.
Alors que chacune des nombreuses théories concernant les réalités alternatives ont toujours essayées d'expliquer une moyen d'atteindre les réalités en question, nous sommes peut être aujourd'hui en possession d' un artefact susceptible de nous aider à créer un passage ! À l'état normal, il ne permettrait seulement le passage que de l'univers du donateur au notre mais il est possible que nous puissions créer un passage de notre côté également… »
Harry sauta impatiemment quelques pages, il était déjà par expérience au courant de la majeure partie du contenu. Ses doigts le picotèrent lorsqu'il sauta le chapitre tout entier et il sentit l'envie de revenir en arrière lire le reste de cette fascinante magie, mais il se força à continuer.
« Comme le miroir tire son énergie d'un autre univers, notre magie n'exerce aucun effet sur lui. Cependant, nous avons découvert au cours de nos test de sortilèges une infime trace de magie que nous avons déduit être une fuite en provenance de cette autre réalité. En la stockant dans un cristal, nous avons constaté que nous pouvions maintenant changer l'effet du miroir. En dirigeant la magie du cristal vers le miroir, nous sommes parvenus à perturber brièvement son inaltérabilité avant que la magie s'écoulant de l'autre univers n'ait repris son cours. »
Harry ignorait totalement la manière de stocker la magie dans un cristal, et doutait pouvoir apprendre cet art en l'espace d'un mois. Il passa à nouveau plusieurs pages. Une fois le sortilège de contrition annulé, la partie de l'ouvrage consacrée aux recherches représentait à elle seule plusieurs milliers de pages… tandis que certaines des magies les plus intéressantes dans d'autres sections… Harry ferma ses yeux, repoussant l'attrait croissant que le livre lui donnait. Il devait absolument focaliser son attention s'il voulait apprendre quoi que ce soit.
« Nous avons placé un sortilège de surveillance sur une banale pomme rouge, afin d'observer son opposé tout en étant hors de portée du miroir. Le résultat a été une pomme verte. Étrangement, un même sortilège placé sur un autre objet disposé dans la pièce loin du miroir nous montre la forme dans l'autre monde de cet objet. Ce qui veut dire que le miroir a recours à une forme de magie de détection pour trouver un monde différent pour chaque visionneur individuellement. Les objets Non-magiques n'ont pas pour conséquence un changement, comme nous avons put le constater par l'absence de réaction du miroir à la même pomme dépourvue de sortilège de surveillance. »
Harry hocha légèrement la tête pour lui même. L'hypothèse semblait parfaitement raisonnable. Il était insensé de penser qu'il existait un univers dans lequel chaque chose magique pouvant jamais exister se trouvait devant le même miroir, attendant simplement que son alter-ego d'un autre univers alternatif puisse le voir. La nouvelle le rassura également - aucune autre personne ne pourrait venir le poursuivre dans son monde alternatif.
« À la différence du miroir du Riséd, auquel une partie de nos membres ont été en contact, le miroir d'Ésoppo ne peut pas créer une image pour de multiples visionneurs simultanément. La première présence magique dans son champ d'action retient son attention, gardant la connexion vers l'autre monde ouverte tant que le premier visionneur en question se trouve dans un périmètre proche… »
Les pensées d' Harry retournèrent au problème qui était le sien : modifier la magie du miroir. Sans cristal, il ne pourrait capturer la moindre fuite de magie. Il n'avait aucun échantillon de la magie de l'autre monde à utiliser sous la main.
À moins que…
Les yeux de Harry se posèrent sur son sac. Le déchirant presque pour l'ouvrir, il fouilla son contenu jusqu'à ce qu'il ait trouvé un vieux bout de papier chiffonnée il y a bien longtemps. Des années lui semblait s'être écoulées depuis qu'il en avait lu le contenu pour la première fois
Mon très cher alter-ego,
Il semblerait que tu ait oublié de mentionner ton nom au cours de nos activités. Néanmoins j'espérais t'honorer à nouveau de ma présence dans un avenir proche… peut-être le même jours la semaine prochaine ? J'espère que tu m'aime.
Sois assurer que, pour ma part, j'aime beaucoup ce qui est mien.
Ton autre toi,
Jamie Potter
Harry ignora la fureur qui lui déchira l'estomac à la lecture de la dernière ligne, se forçant à lancer un simple sortilège d'identification de création sur le bout de papier. C'était un sortilège très souvent utilisé par les sorciers lors de leurs achats pour vérifier l'authenticité d'un produit. Beaucoup de lutins avaient également pris l'habitude d'employer des sorciers pour vérifier en masse leurs gallions afin d'éviter toute tentative de fraude.
La douce lumière blanche parut se projeter lentement hors de sa baguette magique en miroitant, l'épais parchemin de haute qualité l'absorba un instant plus tard. Après quelques secondes supplémentaires, le petite note dégagea une légère lueur rouge, indiquant ainsi clairement qu'elle avait été créée.
Toute la colère de Harry disparu sur le champ, étouffée au loin. En rangeant délicatement le morceau dans sa robe, un sourire mauvais se courba sur ses lèvres tandis qu'il se replongeait une fois de plus dans la lecture de Magicus. Harry y découvrirait bientôt comment déchirer la surface magique du miroir.
J'aime beaucoup ce qui est mien.
Ensuite, peut-être jetterait il un œil à quelques uns des autres documents que contenait le livre. Juste un petit coup d'œil.
Albus Dumbledore observa par dessus ses lunettes en demi lune la petite Auror assise en face de lui.
« Tonks ? » répéta t-il d'un ton accueillant. Ses yeux, réalisa t-il soudainement, se remuait d'un air mal à l'aise sur sa chaise lorsqu'elle leva les yeux pour le regarder de ses yeux verts. Comme ceux d' Harry…
« Que c'est t-il passé ? Est ce que quelqu'un » - il évita soigneusement de dire Harry - « t'a blessé de quelque manière que ce soit ? »
Elle sembla s'enfoncer un peu plus dans son siège, changeant peu à peu de forme de manière inconsciente jusqu'à prendre celle d'une fille à la chevelure noire qui lui parut curieusement familière. Kingsley se déplaça vers elle de derrière le siège mais Albus lui fit signe et il se recula.
La similitude le frappa alors brusquement, et il se rendit compte que Tonks était en train de reproduire une forme féminine d' Harry Potter. La seule explication à laquelle il pouvait arriver était que la jeune Auror se trouvait inconsciemment focalisée sur le garçon.
Mais, si Tonks ne figurait pas parmi les plus grande force mentale de son temps, elle n'avait jamais non plus été considérée comme émotionnellement faible. Même en cumulant sa dépression après la mort de Black et le refus constant de Remus Lupin d'accéder à ses demandes, elle s'était montrée capable de rester à un niveau relativement normal, bien qu' un peu diminuer .
Le récent comportement d' Harry était plus qu'alarmant, et Albus savait qu'il devait absolument redresser la pente sur laquelle se trouvait engagé le garçon. Le monde ne pouvait se permettre un autre Tom Jédusor.
Le regard bleu vif d'Albus s'enfonça profondément dans celui de Tonks.
Maintenant que les Professeurs et autre Aurors venus en renfort quadrillaient l'école comme jamais auparavant, Harry su qu'il devait s'occuper de ses prisonniers – un terme décalé et presque choquant pour lui – et ce très rapidement.
Depuis quelques jours, il affamait Davis tout en alimentant Malefoy d'une plus grande quantité de nourriture qu'a la normale. Il avait besoin que le garçon ait l'air en bonne santé, aussi l'avait t-il également libéré de ses chaines pour le laissé erré dans la petite salle de classe.
Harry s'habilla rapidement, se dépêchant de revêtir sa robe tout en saisissant sa baguette magique. Ses yeux se posèrent sur le Magicus soigneusement dissimulé, et il ne put réfréné la main qui se tendit pour le prendre.
« Monsieur Harry Potter ne doit pas le toucher, » siffla une voix dans l'obscurité. Harry se retourna et y rencontra une paire de grands yeux verts. « Vous plonger… vous n'est plus le même… » La voix haletante et aiguë pleurnichait maintenant.
Encore Dobby.
L'elfe avait l'air de mener une sorte de guerre intérieure. « Arrêtez… s'il vous plait Monsieur Harry Potter… » supplia presque L'elfe avant de le regarder tristement.
Dobby avait sur le visage un air dérangé, presque fou, et Harry se sentit menacé. Il souleva sa baguette magique, lançant tranquillement un sortilège de silence autour d' eux. Le lieu et l'heure n'auraient pu être pire. Être découvert signifiait d'avantage encore de soupçon.
Les oreilles de la petite créature s'abaissèrent a nouveau, la lueur folle dans ses yeux brilla une dernière fois avant qu'il ne disparaisse d'un pop inhabituellement silencieux.
Harry resta planter là, l'air incertain, sans trop savoir à quoi s'en tenir. Jamais Dobby n'informerait qui que ce soit, n'est ce pas ? L'elfe lui était entièrement dévoué, et lui devait sa liberté.
Il avait attendu des jours que les patrouilles affectées aux escaliers soit dans l'ordre exact lui permettant d'accéder à celui du troisième étage pile au moment voulu. Il ne pouvait pas se permettre de laisser passer cette occasion. Harry jeta un dernier coup d'œil sur le coin d'ombre où s'était trouvait Dobby quelques minutes plus tôt, puis il enfila la cape d'invisibilité qui allait lui permettre de se glisser hors de la salle commune.
Il avait a peine fait quelques pas hors du dortoir lorsqu'il entendit une autre voix.
« Je sais que tu est là, Harry. »
Harry s'immobilisa, puis se tourna vivement vers la source de la voix. Il vit Ginny apparaître d' au milieu des ombres, un léger sourire de satisfaction sur son visage. Sa baguette magique lui donna l'impression de se réchauffé dans sa main de sa propre volonté.
« Viens ici, mon amour. »
Harry réalisa avec dégoût qu'elle le croyait toujours sous l'influence de son philtre d'amour. Une telle potion administrée depuis autant de temps ne faisait que se renforcer, et surement le croyait elle fou d'amour pour elle désormais, au point de se soumettre à ses moindre demandes. Il envisagea un moment de briser sur le champ ses illusions, mais elle risquait sans doute de causer une agitation dont il n'avait pas besoin. Après la défection de Dobby, s' attirer d'avantage les foudres de son entourage pouvait bien le mener à sa chute.
Il se força à s'approcher d'elle, jetant sa cape. Les joues de Ginny semblèrent rougeoyer un instant, et elle se livra à quelque chose qu'elle avait de toute évidence voulu faire depuis bien longtemps.
L'embrasser.
Sa langue chaude et humide s'insérra sans prévenir dans sa bouche, et Harry dut combattre l'envie de la mordre. Ses mains descendirent plus bas contre son corps, et il sentit ses yeux se rétrécirent. Les choses allaient un peu plus loin qu'il ne l'avait prévu.
Un plan pouvait être changé, songea t-il, et cela semblait une parfaite occasion de se débarrasser de deux problèmes d'un coup.
Harry rompit le baiser et recula rapidement, chuchotant dans sa nuque d'une voix tendre et affectueuse. Ses doigts descendirent vers le bas de son dos pour rajouter une ultime touche d'effet.
« Il y a un endroit que je voudrais te montrer, » annonça t-il entre deux respiration dans le creux de son oreille. Elle frissonna légèrement au son de sa voix, et leva les yeux vers lui avec ardeur. Ses yeux banalement bruns brillaient d'anticipation, et elle lui fit aussitôt un petit signe d'assentiment.
Drago Malefoy se réveilla et il dut se concentrer avant que ses yeux ne se décident à lui retransmettre des image du monde diffus qui semblait osciller autour de lui. Son crane lui faisait un mal de chien et ses bras et jambes étaient encore une fois liés. L'elfe, conclut-il, les avait rattachés et déplacé jusque dans une salle qui lui parut plus familière.
Devant lui se tenait une silhouette trouble. Clignant un peu des yeux, sa vision se focalisa sur Harry Potter. Drago laissa échapper un grognement, luttant contre ses chaines.
« Potter ! Laisse-moi partir sur le champ ! »
Potter ne sembla pas lui prêter attention, et souleva lentement sa baguette magique. Il était en partie dissimulé dans sa cape d'invisibilité, et sa baguette magique rougeoyait légèrement.
Le visage de Drago pâli quelque instant avant qu'il ne refoule sa crainte et ne réplique.
« Tu va me tuer, Potter ? C'est ça que tu veux ? »
Les yeux de Potter se posèrent soudainement sur lui, comme s'il venait de s'apercevoir de sa présence pour la première fois. Son visage se divisa en un sourire.
« Oh pas du tout… tu vois, il est évident que tu représente un danger pour moi à l'heure actuelle. Si qui que ce soit te trouve, mort comme vivant, je ferais face à de très sérieux ennuis. Ce n'est pas aussi simple. Ça ne se limite pas à ça d'ailleurs. Je ne t'aime pas. Mais ça, ça ne devrait pas être une très grosse surprise pour toi. Cependant, je ne te tuerai pas. »
Drago baissa les yeux vers la longue et célébré baguette de houx de Potter et se surprit à se demander si toutes les choses qu'on lui avait attribués étaient vraies.
« Comment ça tu ne va pas me tuer ? Il y a personne d'autre ici ! » cria t-il d'une voix très légèrement tremblotante. Non, il n'avait pas peur de Potter.
Celui çi l'ignora à nouveau, le regard vide comme en pleine profonde réflexion. Le Gryffondor semblait indécis vis a vis de quelque chose. Comme pour résoudre un profond conflit intérieur, il parla encore une fois.
« Je te donne six mois tout au plus, » murmura t-il. Le ton de sa voix n'était pas des plus réconfortant.
Le cœur de Drago s'arrêta dans sa poitrine « Qu – qu'est ce que tu va me faire ? Qu'est ce que tu entend par il ne me reste que six mois à vivre ? » Il y avait un certains nombre d'affreuses malédictions irréversibles qui prenait leurs temps avant de vous achever. Mais la nécrose graduelle était le derniers de ses soucis.
Une fois de plus, sa voix parut arracher Potter de ses pensées. L'air un peu contrarié, il lui répondit d'un rire dur et triste. « Je ne parle pas de combien de temps il te reste à vivre, Malefoy, mais de combien de temps tu va souffrir avant de mourir. »
Avant qu'il ne puisse répondre, il senti quelque chose de ...blanc le recouvrir et l'envahir. Il se senti étourdi un instant, à la dérive dans un monde doux et léger. Sa conscience commençait à s'obscurcir, mais il senti quelque chose à l'intérieur de lui se rebeller, résister à la puissante sensation d'accalmie. Le sentiment neutre s'évapora aussi soudainement qu'il était apparu.
Il se trouva à nouveau le regard fixé sur la baguette magique de houx. Potter avait l'air un peu malade et curieusement déçu. Ces émotions s'éteignirent cependant, et la baguette magique se rabaissa. L' Impérius, réalisa le prisonnier. Il sentit au fond de lui une étrange bouffée de fierté déplacée. Il lui avait résister. Malgré tout, les implications de ce que venait de faire Potter le frappèrent soudainement.
« Tu… Tu as utilisé un impardonnable ! »
Potter s'éloigna tranquillement, chassant sa remarque d'un geste de la main. « Vu ton inclinaison pour l'autre bord et ton manque total d'intérêt à l'idée de baiser à l'usuelle, j'ai pris sur moi de t'aider un peu. »
Le sorcier à la chevelure noire resta immobile un moment dans un silence pesant d'appréhension , avant d'agiter doucement sa baguette magique. Dans le coin de la salle, Drago aperçut une fille apparaître comme de nul part.
Potter regarda sa baguette avant de la pointer vers Drago et de marcher à nouveau vers lui.
« Imperio ! »
La même force tranquille lava son esprit, mais plus forte et beaucoup plus concentrée. Drago serra les dents et lutta contre le bonheur trompeur. Des heures semblaient s'être écoulées lorsque le sentiment s'évanouit enfin.
Il haleta bruyamment, son cœur battait la chamade comme jamais.
Potter resta immobile, les yeux fermés, encore un moment. Changeant sa baguette magique de main, il s'avança de quelques pas et le frappa avec force sur un côté de son visage.
Le champ de vision de Drago tournoya une énième fois, et dans la seconde qui suivit une autre malédiction d'imperius s'empara de son esprit.
Son utilisation constante de l'imperius avait finit par venir à bout du Sang-Pur.
Il lui avait fallut un peu de temps et quelques coups bien placés à la tête avant que le Serpentard ne succombe à la force de ses sorts inexpérimentés. Slughorn avait été complètement ivre, facilitant énormément le processus en lui permettant de prendre aisément le contrôle de son esprit.
Les mots du blondinet l'avait profondément frappés, cependant.
Impardonnable…
Il avait à plusieurs reprises lancé l'impardonnable et dépouiller des gens de leurs libre arbitre, du contrôle de leurs corps. Il avait tué, et s'apprêtait à faire bien pire encore.
Une simple pensée lui fut suffisant pour faire s'avancer Malefoy du corps sans connaissance affalé dans un coin de la salle. Plaçant la propre baguette magique du blond dans les mains de Malefoy, il lui intima silencieusement l'ordre de commencer. Harry tira sur sa cape une dernière fois et s'en alla.
Il essaya d'ignorer les événements en train de se dérouler derrière lui, mais il se surpris par inadvertance à les observer. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait ignorer, ses moindres volontés étaient satisfaites, ses ordres suivis. Il détenait la puissance.
La fille se réveilla lorsque Malefoy arracha sauvagement sa robe, puis hurla quand elle réalisa ce qui était en train de se passer. Le blond lui empoigna ses long cheveux rouges et les tira en arrière, grimaçant un sourire au moment de passer à l'acte.
Un filet d' euphorisme rampa le long de l'échine d' Harry, puis se transforma en un torrent au fur et a mesure que son imperius s'insérait jusqu'aux moindres recoins de l'esprit du Serpentard. Il était difficile de combattre l'imperius lorsque l'on prenait plaisir à obéir aux ordres. La moindre des deux victimes plaqua l'autre au sol en se cabrant en d' implacables va et vient. Les cris de douleur se répandirent en échos dans l'antique salle de classe de runes délabrée.
Les flux de magie se diffusaient par à coups dans son esprit, et leurs battement continuaient, incessants, dans ses veines. C'était incroyable, et cela se poursuivit jusqu'au point où toutes ses pensées de morale et d'empathie se désagrégèrent en poussières.
Sa baguette magique, ses mains… son corps tout entier vibrait de puissance, et Harry réalisa ce que le seigneur Voldemort avait voulu dire il y a toutes ces années…
Qu'il n'y avait pas de bien ou de mal, juste du pouvoir et ceux trop faible pour s'en emparer…
Le temps devait s'écouler différemment ce soir, car il lui parut à nouveau que des heures venaient de passer lorsque Ginny Weasley finit par perdre connaissance, le souffle faible, les yeux vides et éteints. Sur ses cuisses perlait quelques gouttes de sang, dans ses yeux bon nombre de larmes.
Harry se focalisa sur le dos de Malefoy, l'habillant d'un air dégoutté par une chiquenaude de sa propre baguette magique. Se concentrant sur le lien, il le brisa, abandonnant le garçon à son propre esprit.
L'expression vitreuse des yeux de ce dernier prit fin, ses mouvements apathiques reprirent vie.
Il observa le coin de la salle d'un regard emplis de confusion, comme si les souvenirs de ce qui s'était produit revenait peu a peu. Un petit bruit d'horreur s' échappa de sa gorge, et il se mit frénétiquement à la recherche de sa baguette magique.
« Jamais tu ne t'en tirera comme ça… ils te trouveront… » gronda t-il.
Harry l'observa calmement tandis qu'il relevait sa baguette magique et lui envoyait une malédiction de magie noire de classe inférieure. Le repoussant facilement de coté, Harry immobilisa temporairement son corps et le réduisit au silence.
Ses yeux brillèrent d'un air malveillant, et il adressa un sourire à un Malefoy de plus en plus pâle.
« Ah non? Laisse moi en douter. Qui voudra jamais te croire toi contre moi ? Tout ce que tu pourra dire sera attribué à la célèbre rivalité que nous avons. Je suis le Garçon-Qui-a-survécu, après tout, et tu n'est qu'un Serpentard. Et ça c'est exactement le genre de chose qu'un Serpentard ferait. »
Il fut récompensé par un cri étouffé, le visage empourpré du Sang-Pur lui rappela son père.
« Et puis, j'ai pris la liberté de te faire utiliser quelque uns des sorts les plus noirs de ton répertoire. Et sans ton père pour te sauver, tu sera condamné à coup sûr. Je sais que l'on ne t'administrera jamais le Véritaserum – tu risquerait de déshonoré le reste de la Maison des Serpentard et surtout de révéler l'identité de certains Mangemort – le genre de choses dont je suis sûr que le seigneur Voldemort n'aimerait pas du tout, et ne le permettra donc pas. »
La tête de Malefoy s'affaissa graduellement, de petites larmes s'écoulant de ses yeux. Harry croisa le regard horrifié d'un Drago anéanti, avec un sourire de victoire sur le visage.
« Oh allez! Tout ira bien, Drakie ! » badina Harry, lui pinçant la joue, « Au moins tu sera avec papa ! »
Il envoya un puissant sortilège de rétablissement sur Weasley avant d'annuler partiellement celui de paralysie de Malefoy et de disparaître dans un remous de sa cape.
« Albus ! »
Dumbledore reflua hors de l'esprit de Tonks et se tourna vers Minerva McGonagall qui venait d'entrer l'air dévastée.
« Qu'y-a-t-il, Minerva ? » demanda t'-il d'une voix inquiète. « Que s'est t-il passer ? »
« C'est Malefoy… nous l'avons trouvé. Il a… il a...abusée de Mme Weasley. Elle lui a échappée, cependant, et est venue directement nous voir. »
Les épaules du directeur s'affaissèrent. Par le réseau de Cheminettes, il rejoignit successivement le Manoir des Malefoy et le Terrier, où il mit au courant les différentes familles concernées avant d'entrer en contact avec une équipe d'Aurors en service. De retour dans son bureau, il y chargea Shacklebolt d'arrêter Drago Malefoy, et reprit place dans son fauteuil, fatigué.
Tonks se décala sur son siège, son visage affichait une expression neutre et ses lèvres une bouche à moitié ouverte. Dumbledore se remit à sonder son esprit avec une vigueur renouvelée.
« Dis-moi en plus au sujet de ce niveau caché de notre troisième étage… »
Presque une semaine s'était écoulée, mais Harry pouvait sentir ses derniers jours se consumer un à un.
Il avait eu de la chance que Malefoy ait été condamné dans de telles circonstances. Mais même les protestations de Dumbledore en faveur du garçon n'avaient pas empêcher le Wizenmagot de le déclarer coupable à l'unanimité.
Le compte était dur pour l'école de magie, avec Ginny gravement blessée par une tentative de suicide, un étudiant envoyé à Azkaban, et plusieurs autres élèves toujours portés disparus, l'atmosphère à Poudlard était d'une humeur sombre.
Les cours particuliers de Dumbledore avaient prit fins abruptement, et Harry pouvait voir dans ses yeux le même regard que l'homme avait donné à Tom Jédusor lorsqu'il avait sollicité la place de Professeur de Décence contre les Forces du Mal il y a trente ans.
Les flammes dans le foyer léchèrent les briques noircies d'une épaisse couche de cendres et de suie qui recouvraient les murs intérieurs de la cheminée.
Harry se trouvait assis en train d'observer le feu dont la lumière tremblotante projetait une ombre blafarde derrière lui dans la salle autrement plongée dans l'obscurité. Minuit était passé depuis bien longtemps, mais Harry ne dormait plus vraiment très longtemps ces derniers jours.
Et pourquoi l'aurait il fait ? Il avait toute la magie qu'ilvoulait pour le soutenir. Baissant le regard sur sa baguette magique, il senti une vague d'énergie passer a travers son bras jusque dans sa main, traversant le bois foncé. Il possédait la puissance, et elle l'enivrait.
Mais ce n'était pas assez, il savait… Jamie était… toujours davantage. Il savait qu'elle restait quelque chose de totalement différent, ses filets de pensées respiraient la magie noire, la parlait.
Il ferma les yeux, mais il ne pouvait rien voir d'autre que la longue et fine écriture en spirale qu'il venait de lire. Les mots, les sortilèges, il pouvait se rappeler de chacun d'entre eux ! 'Vers l'arrière et puis vers l'avant', les mouvements de baguette magique, les descriptions… tous était gravés à l'encre noire dans son esprit.
Il ne pouvait penser à quoi que ce soit d'autre et tout au fond de lui, quelque part très loin dans une infime portion de son âme, encore brillante et pure de toute corruption ; perlait une vive crainte pour son essence même. C'était la dernière étape, il le savait. Il n'y avait plus de retour en arrière possible après ça.
Imperio…
Sa respiration s'entrecoupa à cette seule pensée, sa main se contractant d'une impatience instinctive. Oh, c' était fascinant, les puissants mots s'infiltraient à la chaine dans son esprit à la moindre occasion. Il s'était de nombreuse fois retenu de les lancé, empoignant ses mains tandis qu'il combattait l' incroyable désir d'y céder, de simplement les libérer.
Il se sentait si piégé, emprisonné… c'était comme si ses membres avaient été étroitement attachés contre son torse, et que ses muscles le démangeaient, brûlant du besoin d'être utilisés.
Si seulement, juste un tout petit peu, juste pour goûter…
Harry laissa purement et simplement tomber sa baguette magique, le mince morceau de houx heurta le sol en un faible cliquetis, roulant au loin vers les flammes à l'allure courbées. Il s'accrocha à ses accoudoirs dans un ultime effort de se contenir. Non… il ne le ferait pas.
Il était… il n'avait pas à céder, pas maintenant, pas aujourd'hui. Ses yeux se posèrent sur sa baguette magique et ses dents se resserrèrent étroitement.
Non, absolument non… mais peut-être juste un peu… inoffensif vraiment… cela l'aiderait à mieux dormir et ainsi pourrait il se concentrer pour se débarrasser des livres dont il ne semblait jamais vraiment pouvoir se séparer.
Son souffle était haletant maintenant, et son corps toujours brulant d'un douloureux désir. Le bois noir roula dangereusement près du feu, sa lumière orangée brillant doucement sur sa paroi poli.
Il s'en empara et quitta la salle commune des Gryffondor.
« En appliquant le sortilège protéiforme sur le cristal, et un autre identique sur le miroir, nous avons put drainer la magie et la forcer à retourner de l'autre coté du miroir, perturbant suffisamment ses enchantements pour que nous puissions utiliser nos propres sortilèges… »
L'esprit de Harry errait tandis qu'il expérimentait sur Tracey dans la pénombre de la salle de classe.
Son dos se courba d'une délicate manière, son corps mince et affamé secoué par l'effort que lui prenait ses cris. Et pourtant, Harry pouvait toujours voir dans ses yeux bleus l'incroyable amour sans limites qu'elle lui vouait. Sa présence était suffisante pour la satisfaire, pour combler ses moindres fantasmes.
Une halo épais et noir comme de l'encre sembla la recouvrir entièrement lorsqu'il lui appliqua encore un autre sort, sa baguette magique rayonnant d'énergie. Son corps en fut recouvert, sa voix étouffée.
Et soudainement, la brume plongea en elle, s'infiltrant en provoquant d'infimes déchirures dans sa peau. Les doigts de Davis griffèrent le sol de pierre, son sang s'écoulant de ses mains au fur et a mesure de ses convulsions. La malédiction ne semblait pas laisser la moindre trace physique, mais il était clair qu'elle souffrait.
Un cauchemar invisible s'attaquait à son esprit, et en dépit de tout, elle continuait à le regarder lui avec l'espoir, ses yeux aux paupières serrés l'une contre l'autre s'ouvrant régulièrement pour s'abreuver de sa présence.
« Nous avons ouvert une faille dans le portail ! Notre pomme a rejoint son opposée de l'autre coté du miroir. En restant suffisamment loin pour forcer le miroir à se concentrer en premier lieu sur la pomme, nous sommes parvenus à l'y envoyer.
Nos sortilèges ont tout d'abord sembler être absorbés par le miroir, mais nous avons constaté que des malédictions plus puissantes pouvaient venir à bout de la résistance du miroir au point où la barrière en est temporairement percée… »
Les petites mains graciles essayèrent d'enserrer ses chevilles.
Harry jeta un regard vers le bas, observant Tracey Davis, sale et ensanglantée, le regarder lui de ses yeux perlée de larmes. Sa baguette magique s'abaissa, et la malédiction prit fin.
« … Personne ne veut se porter volontaire pour passer à travers… et certains sont préoccupés par l'idée que nous puissions contaminer ces autres mondes et surtout qu'ils puissent affecter notre propre magie… J'ai pris sur moi d'aller… »
Les barrières de proximités qu'il avait mis en place sonnèrent dans son esprit. Un intrus.
Écartant Davis loin de lui d'un coup de pied, il franchit en trombe la porte de la salle de classe après s'être recouvert de sa cape d'invisibilité et avoir apposer un sort de silence a ses pieds.
Une malédiction frôla sa joue, d'où son sang perla goutte à goutte jusqu'au bas de son menton.
Jetant un regard derrière lui, il vit Kingsley Shacklebolt à sa poursuite, la vision visiblement peu gênée par sa cape.
« … Nous avons annoncer la mort de notre chef. Son corps est tombé sans vie sur le sol à l'instant même de son passage de l'autre côté. Nous l'avions averti que les êtres vivants ne pourraient pas supporter d'aller à l'encontre de l'écoulement naturel de la magie. Nous ne pouvons que supposer que son cœur magique lui a été arraché par le miroir lors de sa tentative de passage, tout comme nos sortilèges de surveillance s'évanouissaient lorsque la pomme passait à travers… »
Se plaquant derrière un mur, il lança la même malédiction qu'il venait d'utiliser sur Tracey. L'homme parut étonné un instant, avant de s'effondrer sur le plancher. Un autre Auror apparu derrière lui et conjura la malédiction avant qu'elle ne puisse prendre prise.
Se retournant pour continuer a courir, il fit à nouveau face à un autre Auror. L'homme grand et mince le regarda d'un air impassible avant de lui envoyer un sort assommeur modifié. Un étroit faisceau rouge vola rapidement vers lui.
Absorbant le sortilège du bout de sa baguette magique, il effectua un mouvement circulaire avec et renvoya un assommeur, normal et plus faible, tout en courant vers l'homme.
Poussant l'homme pris par surprise sur le sol en pleine matérialisation d'un bouclier, il sauta littéralement dans un autre couloir obscurci et y créa une représentation de lui même en bois. Tout en la projetant vers le groupe qui s'approchait à l'entrée du passage, il échappa au déluge de sort pour un moment et traversa en trombe le centre de l'étage abandonné : un immense hall qui n'avait pas vu passer autre chose que des bourrasques de vent depuis bien des siècles.
Apparemment, Shacklebolt avait contourner le bloc de salle de classe dans le but de l'encercler, car il apparu devant lui. Des cordes volèrent hors de sa baguette magique grisâtre en direction d' Harry.
Plongeant derrière une statue, il observa avec satisfaction les morceaux de cordes s'enrouler autour d'elle à sa place. D' un geste de sa baguette magique, la statue vola vers l'Auror, qui la vaporisa promptement à l'aide d'un puissant sortilège de Reducto.
Harry su qu'il devait fuir s'il voulait survivre. Mais il avait besoin de temps seul avec le miroir pour cela. Semer ou se débarrasser des Aurors à sa poursuite était primordial.
Ces derniers lancèrent tout les trois des sorts de désarmement et d'immobilisation basique dans sa direction, le forçant à courir se dissimuler dans l'un des couloirs perpendiculaire à celui par lequel il venait d'arriver. Harry pointa sa baguette tout autour de lui en criant fortement plusieurs Nox sur les torches. Il entendit les Aurors jurer derrière lui et rallumez eux mêmes tout le secteur, le perdant de vue dans la soudaine obscurité.
Renversant sur son passage les stocks de chaises empilées, les armoires, les tableaux et les statues, Harry les empêcha suffisamment de le suivre le temps de retrouver son chemin jusqu'au tableau de la Manticore.
Au moment même où il était sur le point d'ouvrir la porte dans le mur, un autre sortilège le heurta dans le dos, le projetant sur le sol. Il chercha en vain sa respiration tandis que le sort de concussion chassait l'air de ses poumons.
Se retournant vers son assaillant, il vit un quatrième Auror - Dawlish, reconnu t-il- le regarder en souriant d'un air satisfait. L'homme ne prit même pas la peine de signaler sa position à ses camarade, probablement dans le but de garder tout le crédit pour lui même.
« Stupéfix! » entonna t-il avec arrogance, sans même maintenir le sortilège silencieux.
Le faisceau de lumière rouge fusa vers lui, laissant à peine assez de temps à Harry pour conjurer un Protego rudimentaire.
Alors, Harry su qu'il avait perdu. Le bouclier lui avait coûté trop de temps, et il pouvait déjà voir son assaillant commencer à lancer une autre malédiction. Un globe bleuâtre diffus se formait devant Dawlish, illuminant faiblement le visage triomphal de l'homme d'un jeu de clair-obscur.
Cependant, dans la faible lumière tamisé, il ne remarqua pas une petite silhouette derrière lui. Celle çi aborda l'homme par derrière et lui mordit sauvagement la main.
Dawlish cria de douleur et projeta Davis loin de lui. Dans ses yeux se trouvait nichée une lueur sauvage, son corps animé d'une force que seul un être cher en danger peut éveiller. L'Auror maudit la Serpentard et repoussa à nouveau les attaques de la fille, la plaquant violemment à terre.
Elle pleura de douleur, et Harry sentit un élancement de fureur le parcourir. Les mots s'assemblèrent tout seul dans son esprit, et son bras lui même sembla se lever de sa propre volonté.
Un brume marron repoussante se répandit autour de Dawlish, serpentant sur son corps tout comme l'avait fait une brume différente quelques instant plus tôt. Les yeux de Dawlish devinrent vitreux, et très vite son corps fut secouer de violentes convulsions. Un liquide à la noirceur de l'encre s'écoula de ses yeux, puis la même substance se mit a couler de ses oreilles.
Autour de sa bouche se mit a se former une mousse infâme tandis que de larges coupures s'ouvraient sur la robe et le corps de l'homme, suintant abondamment. L'épais liquide noir s'écoula finalement de son nez et de sa bouche, se joignant aux filets parcourant son corps. Toussant et haletant dans une vaine recherche d'oxygène, il tomba sur le sol au milieu du magma de substance couleur onyx réunit à ses pieds.
Davis poussa des cris perçants et recula précipitamment, se collant contre le mur. Elle observa Harry d'un air craintif, la première véritable émotion autre que l'adoration qu'il lui ait jamais vu depuis bien longtemps.
Il senti la magie se recueillir dans sa baguette magique, le désir de finir l'Auror s'intensifiant dans son esprit. Les mots sortir de sa bouche sans effort, l'extrémité de la baguette d' Harry émis une énergie noire terrifiante. Juste au moment où il s'apprêtait à la libérer, il fut éjecter en arrière, a travers la porte dissimulée dans le mur.
Dobby se tenait dresser devant lui, sa main tendue comme le jours où il avait protégé Harry de Lucius Malefoy.
« Vous ne lui ferez pas de mal, Harry Potter ! » siffla t-il. « Vous êtes un mauvais magicien ! Mauvais ! »
Les oreilles baissés, il semblait douloureusement lutter contre lui même, ses yeux remplit de pitié. Harry se remit sur ses pieds avec colère, observant l'elfe. Gardant sa baguette magique pointée vers le groupe en face de lui, il s'en détourna, ferma la porte et disparu.
« Protea ! »
Un petit point rond apparu sur le morceau de parchemin, où il s'étala en cercles concentriques jusqu'à le recouvrir complètement dans un léger bruit de grésillement.
Se déplaçant vers le miroir, Harry lança le même sort sur son armature. Sur le parchemin comme sur celle ci, deux cercles conjoints apparurent. Ils se mirent à rougeoyé un bref instant avant que le bout de note ne commence à devenir transparent.
Pendant qu'il attendait, Harry réfléchi aux mots de Dobby. Ils le tracassait, il le savait bien, mais la vue du miroir l'avait lavé de tous ses soucis. Il était temps de laisser ce monde derrière lui.
Harry contempla les phrases et les mots parfaitement bien écrits s'effacer en même temps que le papier magiquement créé. Son aspect devenait de plus en plus rapidement transparent, rappelant à Harry le Tom Jédusor qu'il avait rencontré dans la chambre des secrets.
Il se demanda brièvement s'il aurait pu s'opposer à lui aujourd'hui au cours d'un duel seul à seul. Cette pensée laissa la place à une autre, et le souvenir du sourire satisfait de Jédusor se transforma en celui, mauvais, de Jamie.
Jamie Potter…
Harry leva sa baguette magique et lança sur le miroir la malédiction la plus puissante à laquelle il put penser, il l'alimenta de toute sa haine et de tout son désir de vengeance.
Un Avada Kedavra se projeta à son tour hors de sa baguette magique, le remplissant d' une fierté malsaine. L'éclat vert heurta la surface ondulée du miroir magique, créant une vague qui s'étendit d'un bord à l'autre de l'armature. Sa surface sembla devenir parfaitement liquide à cet instant, un mur palpitant de verre fondu.
Rassemblant toutes ses forces, Harry se jeta à travers avant que le morceau de manuscrit n'ait totalement disparu.
Il eu aussitôt l'impression que de l'eau glacée se répandait sur son corps au fur et a mesure que ce dernier y entrait, et il sentit le miroir essayer d'en aspirer sa vie elle même, exigeant un tribut pour son passage contre nature. Sa cicatrice le brula a son tour de douleur, tandis qu' il sentait sa propre magie combattre celle du miroir. Il ne pouvait pas mourir. Pas maintenant.
Au moment même où il pensa que le miroir allait réussir a le vider de toute magie, il tomba à travers, dégringolant sur le sol de pierre froide de ce plan d'existence. De celui de Jamie.
Harry éclata de rire.
Nda : La citation en tête de page est purement inventée. J'étais à la recherche d'une quelconque citation biblique qui puisse faire ancien tout en s'appliquant plus ou moins aux événements du chapitre. Ayant échouer, j'ai décidé d'en écrire une moi même.
Ndt : Dans la citation en question, Amerision utilise le pronom personnel Thee qui est l'équivalent de Tu, tombé en désuétude depuis le XVIIème siècle; les Anglophones n'utilisant plus que You pour Tu et Vous.
Comme les textes antérieurs a cette époque encore susceptibles d'intéresser la majorité des gens sont plutôt rare, cette forme archaïque est de nos jours associée entre autre aux œuvres de Shakespeare et, surtout, aux textes Bibliques. D'où la tournure de la phrase en Français.
Je passe mon BTS cette année, je vais tout de même essayer de traduire quelques chapitre de mes diverses traductions, histoire que l'on ne pense pas que je les ai abandonnées.
J'espère que vous avez appréciés ce chapitre, n'hésitez pas à laissez une impression, ça fait toujours plaisir.
Amerision/Vended
