Interrogatoire
Ses parents étaient tous les deux là. Là, ici, dans le salon, en train de boire un thé. Cette scène n'avait lieu qu'aux années bissextiles. Ses parents étaient tous deux des habitués du travail, ils trouvaient toujours quelque chose à faire. Cela cachait évidemment quelque chose.
Saï et Ino passaient peu de temps ensemble. Ils préféraient se voir dans l'intimité. Pour leur fils, il n'y avait rien de plus normal. Ses parents étaient trop fusionnels pour être sortables. Et puis c'étaient de vraies commères, intarissables et toujours à l'affût. Forcément, ils ne manquèrent pas de l'arrêter et de l'inviter à prendre le thé.
Sauf que tout ce qu'ils voulaient, c'était connaître la nature de sa relation avec Chôchô. N'étant présents qu'à mi-temps, ils manquaient logiquement une bonne partie de sa vie. Néanmoins, l'idée interpellait le jeune homme. Qu'est-ce qui pouvait bien leur faire croire cela ?
— Tu dors souvent avec elle, fit remarquer sa mère, et vous êtes toujours entrelacés dans le plumard.
— De plus, tu as régulièrement les mains qui traînent.
— Vous plaisantez ?
— On ne fait qu'examiner une possibilité, répondit son père avec un haussement d'épaule. D'autant plus que ta coéquipière est très attirante et que cela compte beaucoup pour toi.
Inojin laissa tomber sa tête en soupirant. Ses parents le désespéraient.
— Chôchô c'est comme la famille, leur rappela-t-il.
— Ce n'est que ta coéquipière, soupira la belle blonde sans oublier de lever les yeux au ciel. Je n'ai pas été foudroyé quand j'ai couché avec mon coéquipier.
— Merci pour cette information pertinente. Donc pour vous répondre, entre Chôchô et moi, il n'y a et il n'y aura que de l'amitié.
Le jeune homme fixa tour à tour chacun de ses parents. Ceux-ci acquiescèrent avec gravité, il put alors partir. Dès qu'il se fut éloigné, Ino et Saï se penchèrent l'un vers l'autre :
— Tu crois qu'il dit la vérité ?
