CHAPITRE 05


« 6 Mars

Cher Bellamy,

Je suis désolée d'avance, j'ai reçu ta lettre il y a quelques jours, mais je ne t'écris que maintenant. Je n'ai pas réellement d'excuse, car j'avais le temps, mais j'avoue avoir été un peu stressée à l'idée de t'envoyer une photo, que je n'osais plus prendre le temps de t'écrire. Mais comme tu le vois je l'ai fait, et mieux vaut tard que jamais. Nous sommes désormais en mars, le temps passe tellement vite. La température commence peu à peu à remonter ici, et quelque part, j'ai l'impression que ça nous rapproche un peu plus.

Octavia m'a aidée pour choisir la photo parfaite. C'est Raven qui l'avait prise sans qu'on ne le sache, alors on peut pas faire plus naturel. A ce moment, je crois qu'on riait avec Octavia en repensant à Raven qui avait eu une touche avec un mec qu'elle ne supportait pas car il faisait des études d'ingénierie et que si on reprend ses mots, il est insupportable. Mais on a bien vu qu'il lui plaisait quand même. Alors on l'avait un peu traquée et on avait rit. Alors est-ce que j'ai toujours la tête de Frankeinstein pour toi? Je t'interdis de m'appeler comme ça d'ailleurs, c'est moche, tu aurais pu trouver un nom un peu plus classe, même pour désigner un moche.

J'espère que ta mission se passera bien et sans encombre, et que tu liras rapidement ma lettre. Je sais que vous n'avez pas le droit d'en parler, et j'avoue que ça me fait un peu peur car je t'imagine n'importe où, et dans n'importe qu'elle situation. Octavia m'a dit de ne pas commencer à m'en faire comme ça, car c'était ce qui rendait les choses insupportables. Elle a surement raison. Mais c'est la première fois que je connais quelqu'un qui est militaire, et je ne sais pas ce qui est le mieux à faire.

Alors je vais croiser les doigts pour toi.

Bisous,

Clarke. »

[..]

« 28 Mars,

Cher Bellamy,

Déjà presque un mois que je t'ai envoyé ma lettre et que j'attends la tienne. Je sais que ce n'est pas ta faute, que tu dois être encore en mission, tu m'avais d'ailleurs prévenue. Mais j'avoue que c'est frustrant et effrayant à la fois. J'espère que tout va bien pour toi, que ce n'est pas trop dur, et que tu vas bientôt pouvoir lire mes lettres.

Je dois avouer quand même que ça me manque de te lire. Alors des fois, je reprend nos anciennes lettres et je les relis. Ne ris pas je te préviens. Mais en même temps, ton absence commence à peser ce mois ci, et je n'ai que ça à quoi me raccrocher.

Tu me manques,

Clarke. »

[..]

« 18 Avril.

Trop longtemps. Cela fait trop longtemps que je n'ai aucune lettre de toi, que je regarde ma boite aux lettres tous les jours, dans l'espoir de la voir remplie d'une petite enveloppe de l'armée. Qui aurait cru que je deviendrais comme ça, languissante et comme une gamine qui attend un cadeau du père Noël? Bien que Noël soit passé depuis un moment. Nous sommes déjà fin avril, et je sais qu'Octavia m'a dit que tu étais censé rentrer dans deux mois. Déjà. Et pourtant, j'ai peur, à un point que tu n'imagines même pas. Tu ne m'écris pas, alors qui me dit que tu rentreras. Qui sait, il t'est peut-être arrivé quelque chose, sans qu'on ne le sache. C'est tellement angoissant. Ça fait un moment qu'Octavia dort chez moi, et je pense qu'elle vit très mal l'absence de tes nouvelles. Elle ne veut pas rester seule chez vous, et je dois avouer que je ne me pleins pas, elle est géniale et j'adore vivre avec elle. D'ailleurs, nos partiels se passent super bien, et je pense que nous aurons toutes les trois nos diplômes. Je ne sais pas encore ce que je vais faire après ça, j'ai envie d'ouvrir une galerie d'art, mais j'ai peur de ne pas en être capable.

Je pense tous les jours à toi, et d'ailleurs, j'ai glissé dans ma lettre un dessin. Comme tu peux le voir, il y a toi, et il y a moi. Parce que cette distance qui t'empêche de m'écrire devient insupportable, et j'ai voulu imaginer ce que ça serait si nos mondes pouvaient se rapprocher, rien qu'un instant. J'espère que tu ne m'en veux pas. Mais comme ça, j'ai l'impression que tu es pas loin.

Je pense à toi, Clarke. »

Bellemy referma la petite lettre et attrapa la deuxième feuille. Le fameux dessin. Il était beau, et il resta quelques minutes à le regarder. Elle, son visage, si près du sien. Quand il avait vu la photo dans son autre lettre, il avait sourit. Elle ne méritait vraiment pas qu'il l'appelle Frankenstein. Et la photo en elle même était magnifique, car il n'y avait pas que Clarke dessus, mais sa soeur aussi. Et elle était devenue importante à ses yeux. Tout autant que ce dessin d'ailleurs. Il avait reçu toutes ses lettres en même temps, et il savait que certaines s'étaient encore perdues en route. Il allait enfin pouvoir rentrer, son service était terminé. Il avait hâte. Il était assis dans l'avion, après des mois passés sans pouvoir ne serait-ce que lire les lettres de Clarke et lui écrire. Déjà fin juin. Il s'en voulait un peu, mais il n'avait pas eu une minute pour lui écrire avec toute la paperasse. Ils avaient du faire un rapport de mission sur ce qu'il s'était passé, sur les dégâts qu'il y avait eu. Bellamy avait été un peu blessé, mais rien de bien grave. Quelques brulures dues aux explosions, qui avaient pris place sur son torse, qui lui avaient d'ailleurs valus quelques semaines d'hôpital. Mais aujourd'hui il était heureux de pouvoir dire que tout ça serait définitivement terminé. Car il avait demandé à ne plus partir sur d'autres continents, et avait eu la chance d'avoir un poste d'instructeur sur sa base initiale. C'était une opportunité énorme. Et il n'avait pas pu refuser.

Quand l'avion s'était posé sur la base de San Diego, il avait souri. Ce paysage lui avait manqué. Il avait attrapé ses affaires et s'était dirigé avec les autres vers la salle où ils allaient rester le temps de finir les démarches avant de pouvoir partir. Alors il voulait en profiter, il voulait téléphoner. Trop de mois sans leurs nouvelles, c'était beaucoup trop long pour lui. Il avait pris le téléphone destiné à tous les militaires et avait fait le numéro qu'il connaissait par coeur, celui de sa soeur. Après quelques secondes, il entendit enfin sa voix, et les larmes dévalèrent ses joues.

_ O...

_ Oh mon dieu... Bell? Dit-elle en pleurant aussi.

_ Salut ptite tête!

_ Oh mon dieu Bell! Tu es où? On se faisait un sang d'encre!

_ Je sais je suis désolé... Je ne pouvais pas vous écrire... Je suis rentré O.. Je suis à la base!

_ C'est pas vrai... Oh bordel... Tu as besoin que je vienne te chercher?

_ Non je vais prendre le bus. Mais dis moi, vous êtes où?

_ Là on est à la fac, je dois retrouver Clarke et Raven et on va chez Clarke.

_ OK. Je vous rejoins là bas ok? Et O? Ne lui dis rien s'il te plait.

_ Promis! Je t'aime grand frère.

_ Je t'aime O!

Il raccrocha et essuya les larmes sur ses joues. Ça lui avait fait un bien fou de l'entendre, et de pouvoir réellement lui parler, et pas seulement de lui écrire sans avoir de réponse direct. Désormais, il était plus qu'impatient de rentrer pour de bon. Quand il avait retrouvé son équipe et son chef, celui ci leur avait parlé des prochaines missions qui concernaient ceux qui rempilaient, mais Bellamy n'était pas concerné. Il lui avait ensuite expliqué comment ça allait se passer pour lui, dans quelle section il serait envoyé et à partir de quand il commencerait. Et une fois que tout était bon, il pouvait partir. Il n'avait pas pris la peine de passer chez lui se changer, car il était trop pressé de voir sa soeur et de voir Clarke. Pour la première fois il allait pouvoir la rencontrer, et il était stressé. Il avait les cheveux coupés ras, et ne ressemblait pas vraiment aux photos qu'elle avait pu voir de lui, alors il espérait qu'elle le reconnaisse quand même. Il connaissait très bien l'arrêt de bus où il devait descendre, et quand il fut en bas de son immeuble, qu'il connaissait très bien au vu de l'ancienne personne qu'il venait y voir, il sentit son coeur s'emballer. Des mois qu'il rêvait de ce moment, de prendre sa soeur dans ses bras, et Clarke. Et c'était LE moment. Il inspira quelques fois, se concentrant. Il devait sans doute ressembler à un idiot, mais il se disait que ceux qui souhaitaient se moquer de lui, devaient reconnaître son uniforme et savoir pourquoi il était si stressé. Alors il commença à avancer et fit le code d'ouverture de la porte du bâtiment de Clarke. Avec le temps il n'avait toujours pas changé, et heureusement pour lui sinon sa surprise n'aurait pas été possible.

Les couloirs n'avaient pas changé non plus, et la déco restait la même dans l'immeuble qu'il n'avait pas traversé depuis des années. Dans un sens, ça lui faisait mal de revenir ici, aujourd'hui, alors que celle qu'il venait voir avant n'était plus là, et ne faisait plus partie de sa vie. Il se dit un instant, que ce serait bien qu'il aille la voir, pour lui faire avouer clairement qu'elle ne veut plus de lui. Mais pour l'heure, il avait bien plus important à faire. Quand il arriva à l'étage de Clarke, et qu'il ne lui restait que quelques pas avant de voir sa porte, son coeur se serra avant de s'emballer. Il avait le traque, il savait qu'il pourrait très bien craquer, simplement en les voyant devant lui. Depuis si longtemps il avait voulu prendre sa soeur dans ses bras, elle lui manquait tellement que de savoir qu'il allait enfin la retrouver le mettait dans tous ces états. Et puis, il y avait Clarke.

Il soupira. Il essaya de calmer les battements de son coeur, mais c'était peine perdue. Alors il posa son grand sac à côté de ses pieds, et leva la main pour donner quelques coups contre la porte. De l'autre côté, il pouvait entendre quelques rires, qui n'avaient pas tarder à s'arrêter, signifiant que quelqu'un venait pour lui ouvrir. Il avait vu son regard se poser sur lui, et son corps se figer. Elle avait du le reconnaître, il en était sûr. Il n'avait pas tant changé que ça, même après cinq ans. Elle resta un instant sans bouger, et Bellamy fit la même chose. Il ne savait pas quoi faire d'autre en fait. Elle était petite, bien plus petite que lui. Et encore plus car elle était pieds nus sur son parquet, sans rien pour lui donner un peu de hauteur. Elle portait un petit short ainsi qu'un chemisier blanc. Elle était belle. Magnifique même. Ses cheveux blonds étaient attachés en un chignon un peu mal fait, et il trouvait ça hyper sexy.

Elle avait gardé la main sur la porte, restant là, à le regarder. Elle n'osait pas essayer de comprendre si elle rêvait ou s'il s'agissait bien de la réalité. Il était grand, bien plus grand qu'elle. Et il était imposant. Comme tout militaire en soit. Il portait encore son uniforme, et son grand sac reposait à ses pieds. Il était différent des photos qu'elle avait de lui. Plus vieux, plus sévère, et ses cheveux étaient rasés courts. En un sens, il était un tout autre mec, mais au fond, elle savait que c'était lui. Elle finit par lui faire un sourire, alors qu'elle sentait une larme qui coulait le long de sa joue. Pourquoi pleurait-elle? Représentait-il quelqu'un de spécial pour elle? Ou peut-être était-ce le fait de ne pas avoir eu de ses nouvelles durant des mois, et d'avoir imaginé le pire.

_ Salut... lui dit-il doucement.

Elle se rapprocha doucement de lui, avant de se mettre sur la pointe des pieds et de passer ses bras autour de son cou.


Coucou !

Je tiens à souhaiter la bienvenue aux nouveaux lecteurs qui se rajoutent de jour en jour, ça me fait super plaisir, vos reviews me font plaisir, et me donnent envie de continuer à écrire rien que pour vous! :D

Vous avez du voir qu'on a pas toutes les lettres que Clarke a écrit à Bellamy, ni celle qu'il a écrit, mais ne vous en faites pas, on en aura au fil de la fiction, même si Bell est désormais revenu. ^^

J'espère en tout cas que cette suite vous plait, et que vous aimez le fait qu'ils se rencontrent en vrai. ^^

Gros bisous ! :D