Salutations !
J'espère que je n'ai pas trop traîné avec celui-ci. Pas grand chose à dire, mis à part que je ne suis pas satisfaite de la fin. Je me suis fait un compte LiveJournal pour vous tenir informés de mes updates, pour que vous n'ayez plus à attendre sans savoir quand je poste.
Suite à de nombreuses demandes, j'ai décidé de faire un VOTE pour les couples que vous souhaitez voir apparaître. Cependant, j'ai quelques conditions.
1 - Les couples interraciaux sont interdis. Je ne veux donc pas voir de G27, A96 ou autre.
2 - Vous pouvez voter pour plusieurs couples.
3 - Si vous votez pour plusieurs d'entre eux, je veux que ce soit des couples distincts, c'est à dire, pas retrouver deux fois le même personnage dans deux couples différents.
4 - Le All x Personnage est interdit.
Ceci étant dit, j'attends de vous tous au moins un petit commentaire, me disant quel couple vous choisissez !
EDIT du 21 avril 2016 : réécriture & correction du chapitre, ainsi que mise-à-jour du disclaimer
Pas de reviews anonymes
Disclaimer
Katekyo Hitman Reborn appartient à Akira Amano
L'idée d'A Minis' Life m'appartient
Ce chapitre a été corrigé par Yukiche
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(: Enjoy :)
La pièce dans laquelle ils étaient rentrés puait le luxe tout, jusqu'aux couleurs, dégoulinait de richesses un rouge royal embrassé par diverses décorations baroques plaquées or. Pour rehausser encore plus l'aspect noble de la pièce, un lustre en cristal pendait du plafond, pointant ses piques brillantes vers le milieu de la table.
L'endroit était généralement chauffé avec un foyer de marbre, imposant sa largesse contre le mur, sautant aux yeux de quiconque entrait - s'il n'était pas déjà ébloui par le reste du mobilier.
Un long sifflement résonna dans la pièce, alors que Dino observait la décoration jusque dans ses moindres détails. Il complimenta l'allure des murs, en profitant pour un peu charrier son collègue et ami, lui demandant s'il avait dépensé toute sa fortune pour bâtir ce lieu. Le Vongola s'empourpra légèrement, avant de l'inviter à s'asseoir à la table construite en bois noble aux reflets roux, vernie et lisse au touché.
Elle était plutôt longue, et deux sièges de large envergure la dominaient à ses extrémités. Généralement, Giotto et le parrain avec qui il devait avoir réunion s'asseyaient dans ces sièges, tandis que leurs gardiens s'installaient sur les autres chaises de la table - qui ne manquaient pas, elle non plus, de luxe. Dino se jeta dans le fauteuil de cuir le plus proche, les yeux bercés d'un éclat des plus sérieux. Bien que la réunion fut d'une grande importance, Giotto ne s'embarrassa pas de la formalité, et s'assit à côté de son ami.
La grande pièce n'était, de toute évidence, pas conçue pour les confidences. Mais être baigné dans la richesse lorsqu'on signait des contrats semblait augmenter les chances de décrocher une nouvelle alliance.
L'enfance de Giotto avait été rude, c'était presque un miracle, pour quelqu'un comme lui d'être resté en vie, et d'avoir ainsi gravi les échelons des classes sociales sa mère avait toujours été quelqu'un avec une volonté de fer et, après s'être enfuie avec son bien-aimé pour échapper à un mariage forcé, tandis qu'elle était enceinte de son premier enfant - Giotto -, elle s'était installée dans une petite maison plus que modeste, et y avait fondé sa famille rêvée.
Il était né lors d'un rude hiver, là où les gens de leur 'rang' mouraient par dizaines. Mais il survécut, ne semblant pas encore prêt à lâcher la vie qui lui avait été offerte. Déjà à ce moment là, il présentait les traits de caractère de sa mère - et les couleurs de son père, un beau blond aux yeux vert de toute évidence italien - refusant avec entêtement tout ce qui lui déplaisait. Environ quatre ans passèrent avait que sa mère ne retombe enceinte. Le jeune Giotto était pressé de rencontrer le nouveau membre de la famille, pour lui montrer les ficelles du métier de mendiant, et pour montrer à sa mère à quel point il était un grand garçon.
Il n'eut cependant que l'occasion de le regarder dormir et le bercer, alors qu'il était emporté par une énorme fièvre, la même année où son père fut emporté par un cancer. Cette année là, l'ambiance de la maison changea à jamais. Sa mère, bien que toujours aussi attentionnée et prudente commença à avoir des moments de vide, à se lamenter lorsqu'elle le croyait endormi. C'est aussi cette année-là que Giotto dut commencer à chaparder les échoppes des marchands distraits, vu qu'ils ne pouvaient plus bénéficier du salaire du père pour survivre.
Ainsi, quatorze années passèrent, parfois rapidement, parfois lentement, parfois dans l'inquiétude qu'une maladie emporte l'un ou l'autre. Ce manège régulier qu'était le vol devenait naturel, voire presque lassant - plus de montée d'adrénaline lorsqu'il mettait la main sur un morceau de pain il ne se faisait plus prendre.
Mais toute paix - relative - devait trouver sa fin.
Ce jour là, il avait pu dérober assez de nourriture pour subvenir à ses besoins au moins quelques jours : il y avait eu une bagarre dans la rue qui avait distrait le marchand tête en l'air qu'il visait souvent. Il n'en pouvait plus d'attendre de voir la mine généralement éteinte de sa mère se réjouir. Il ne lui restait plus que quelques mètres à faire et le village serait en vue. Il ne voyait pas pourquoi cette sale intuition lui avait crié de rester à la maison lorsqu'il s'était levé la pioche avait été très bonne, et ils pourraient manger à leur faim ce soir.
C'est seulement lorsqu'il remarqua les épais nuages de fumée noire s'élever à l'horizon qu'il ralentit légèrement, et sentit une sueur glaciale lui courir le long du dos. Peut-être aurait-il dû suivre cette intuition qui semblait maintenant lui reprocher de ne pas l'avoir écoutée. Il reprit sa marche, un peu plus soutenue à présent, et pria de toute ses forces que ce soit simplement la maison de quelqu'un qui ait prit feu à cause d'une recette de cuisine ratée.
Mais sa peur prit de plus en plus d'ampleur lorsque, le village en vue, il put voir que ce n'était pas qu'une maison, qui était en feu c'était le village entier, et des coups de feu traversaient l'air pour lui apporter vent du massacre, du chaos qui se déroulait dans la ville où il était né.
Il s'arrêta, les bras ballants, les provisions qu'il tenait tombèrent dans la terre boueuse. Une seule pensée le préoccupait alors: sa mère. Il ne voulait pas perdre plus de personnes qui lui était chères. Surtout pas sa mère. Il s'élança, courant le plus vite possible pour atteindre le village, courant à en perdre haleine jusqu'à chez lui pour trouver sa génitrice. Ils devaient s'enfuir, attendre que le village soit à nouveau calme pour revenir !
C'est la première fois qu'il ressentit les effets de sa flamme, activée sous le coup de la peur et de l'envie de retrouver la femme qui l'avait élevé vivante. Il parcourut le village comme une balle, évitant les réels projectiles qui fusaient ci-et-là, passant parfois près d'un corps déjà mort, ou d'une une pauvre victime perdue parmi tant de chaos. Dans sa maison, un peu cachée et reculée, le feu commençait à peine à s'en prendre aux murs, mais avait déjà bien dévoré le toit. Il pénétra dans l'endroit, cherchant des yeux sa mère.
Une explosion de soulagement se propagea dans ses veines lorsqu'il la vit bel et bien vivante, dans un coin de la pièce, recroquevillée, attendant que le malheur passe. Il l'appela, et elle releva brusquement la tête, cherchant son fils des yeux. Il s'approcha d'elle, prêt à lui prendre la main pour courir hors du village, pour aller se réfugier dans la ville voisine, mais elle cria, horrifiée en le voyant. Il se retourna, prêt à se battre si quelqu'un se trouvait derrière lui, mais sa mère expliqua sa frayeur, tout en criant, et se levant pour aller chercher un le seau d'eau le plus proche. « G-Gio ! Tes cheveux ! Tes cheveux sont en feu ! »
Il fut trempé des pieds à la tête lorsqu'elle lui jeta le contenu du seau dans la figure, pour éteindre la flamme qui brûlait avec fierté sur son front. Mais elle ne s'éteignit pas. En fait, elle brûla presque plus ardemment.
Le blond saisit les mains de sa mère lorsqu'elle commença à lui frapper violemment le front, en espérant que la flamme s'éteigne, et plongea ses yeux dans les siens, tentant par tous les moyens de les calmer. « Ne t'inquiète pas de ça, Maman, il faut s'enfuir ! »
Il ne se sentait pas réellement paniqué par la flamme au contraire, elle le calmait, lui permettait d'avoir les idées aussi claires que possible parmi toute cette panique. Ils devaient sortir au plus vite de la maison, avant que le feu ne les encercle et les piège dans ce qui était leur propre havre de paix. Il relâcha une des mains de sa mère pour courir, se cacher du carnage qui se déroulait à l'intérieur et à l'extérieur des maisons.
Dès qu'ils furent dehors, le plafond s'écroula, répandant encore plus de flammes mortelles dans la maison ils étaient sortis juste à temps. Il essaya de passer par des ruelles qui seraient, avec un peu de chance, oubliées, sachant que sa mère n'était pas aussi agile que lui, et que passer au milieu de cette tuerie l'avait peut-être épargné une fois par chance. Ils n'étaient pas à l'abri d'une balle perdue, encore moins s'ils passaient par le chemin principal. Ils ne pouvaient pas s'enfuir par l'autre côté, malheureusement la forêt démarrait là, et si le feu commençait à lécher les arbres, ils seraient rapidement encerclés.
Passer par les ruelles était plus judicieux. Beaucoup plus judicieux. Ils n'étaient pas protégés des balles, mais ils avaient moins de chance d'en recevoir une, ainsi.
Ils avançaient parmi les cris et les coups de feu, Giotto avait envie de vomir face à toute cette violence gratuite. Il savait très bien ce qu'il se passait deux familles mafieuses se battaient pour avoir le contrôle sur le village. Si seulement ils avaient pu faire ça ailleurs qu'à l'intérieur de village lui-même, ou même ne pas le faire du tout... Définitivement, Giotto détestait la mafia.
Il ne restait plus qu'une ligne droite entre l'endroit où ils se cachaient et la sortie du village, là où ils pourraient courir à en perdre haleine jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à la ville. Le blond resserra ses doigts autour de la main de sa mère, prêt à s'élancer sur cette courte distance. Ils déboulèrent hors de leur cachette, concentrés sur le chemin de terre qui leur montrait la direction de la survie. Sauf que... Giotto avait, encore une fois ignoré son intuition.
Il fut soudainement arrêté par le bras relié à sa mère. Il se retourna, comme au ralentit, la voyant tomber au sol. La petite voix qui lui murmurait conseil hurla de rage, alors que le cadavre de sa génitrice s'étendait lourdement sur la terre, percutée par les balles dont ils avaient tant peur, droit dans la tête. Cette situation était bien trop réelle pour qu'il puisse y croire. C'était impossible que sa mère soit morte, elle avait survécu jusqu'ici, pourquoi mourrait-elle maintenant ?
Cette intuition qui semblait le prévenir des dangers sembla prendre le contrôle de son corps, le faisant lâcher la main du cadavre. Il devait courir, loin, il devrait revenir après. C'était trop dangereux, ici. Il entendit un cri, plus proche qu'il ne l'aurait souhaité, et se retourna, pour voir un jeune garçon aux cheveux rouges assommer un des hommes en costard qui causait le chaos, entre les murs d'une maison en ruine. Il fut rapidement interrompu par d'autres hommes, qui crièrent des choses que le blond ne comprit pas, et immobilisèrent l'adolescent, avant de mettre quelque chose dans sa bouche et de le forcer à avaler.
Le garçon toussa, lâché par terre, comme s'il étouffait, et se releva, prêt à frapper les mafiosi de plus belle - pourquoi semblaient-ils aussi surpris? Giotto ne réfléchit pas deux fois, et, en accord avec la petite voix, il se précipita contre les hommes pour porter secours à l'inconnu. Il évita les quelques coups qu'on lui envoyait, devinant avec une précision incroyable d'où ils viendraient, et plaqua un des hommes contre un mur tellement fort qu'il en sombra immédiatement dans l'inconscience.
La flamme sur son front ne s'était pas éteinte une seule seconde, brûlant même d'une nouvelle vie, déterminée à sauver celle du roux. Il se tourna d'ailleurs vers lui pour lui demander si tout allait bien, s'il n'était pas - trop - blessé, et il faillit avoir une réponse le garçon ouvrit la bouche mais dut s'interrompre bien vite, sautant sur l'arme de l'homme dont il s'était occupé, pour tirer vers le blond.
Giotto s'abaissa instantanément, conseillé par la petite voix qui était fort présente ce jour-là, et sentit la balle tirée vers lui passer à travers sa crinière en pagaille. Puis il entendit un autre cri, derrière lui - le dernier mafioso, celui qu'ils avaient oubliés. Le garçon s'approcha rapidement du blond pour lui tendre la main, prêt à l'aider à se relever. « Je savais que tu te baisserais, l'ami. » Dit-il avec un sourire contrit, un peu gêné, comme s'il ne savait pas trop quoi faire. « Il faut vite parti- »
Un morceau de poutre consumée par le feu se détacha du plafond et s'écrasa avec toute la violence du monde sur le crâne du roux, l'assommant. Il tomba le visage dans les braises. Giotto jura, se dépêchant de le sortir de là, aussi vite que possible, et vérifiant son pouls.
Il vivait encore. Il soupira légèrement, et passa son bras autour de son cou, pour le traîner loin du chaos. Avant de quitter l'endroit, il jeta un dernier regard au cadavre de sa mère, lui promettant de revenir pour lui offrir un enterrement digne de ce nom. Au même moment, une balle lui transperça le flanc. Le blond retint son cri de douleur, et se concentra sur sa tâche : les faire vivre.
Il n'eut pas la force de se traîner lui et l'inconnu jusqu'à la ville, qui se trouvait bien trop loin. Sa flamme s'était éteinte et l'adrénaline, bien qu'elle continuait de faire battre son coeur à cent à l'heure, redescendait doucement. A la place, il s'était arrêté dans une cabane de chasseur abandonnée, à l'orée de la forêt.
Il avait placé l'autre garçon sur le sol, couché, avant d'aller chercher de l'eau au ruisseau qui coulait non loin avec une assiette de bois pleine de poussière. Il devait soulager sa brûlure. Il rentra et, ne trouvant aucun tissu pour pouvoir rafraîchir la moitié brûlée du visage du garçon, il enleva sa chemise pour la plonger dans l'eau et la placer sur l'inconnu.
Giotto put ainsi observer la blessure qui lui avait été faite, toujours en train de saigner. Il y avait beaucoup de sang mais il ne se sentait plus la force de se laver, d'essayer de se soigner. L'épuisement venait de submerger son corps, et, rapidement, il ferma les yeux.
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Il entendait des voix, un peu floues, discuter de choses qu'il ne comprenait pas, puis des pas. Qui se rapprochaient de lui, assez lentement. C'est à ce moment-là que Giotto ouvrit les yeux, fatigué, mais alerte. Il distingua une silhouette noire devant lui, accroupie. « Oh, tu te réveilles. Chaos. Giotto, c'est ça ? »
L'interpellé tressaillit, commençant à distinguer des formes et des détails sous la brume qui hantait ses yeux. Un fedora et un costume trois pièces avec une chemise de la même couleur que le fedora, jaune canari. Mis à part le choix de couleur aussi étrange que flashy, l'homme était de toute évidence un mafieux pur et dur. Il lui sourit, ses yeux cachés sous son chapeau. « Félicitation. Toi et ton ami êtes les seuls survivants en bon état de ce massacre. »
Etait-il venu simplement pour retourner le couteau dans la plaie ? Terminer le travail ? Giotto lui envoya un regard noir, assassin. Alors qu'il tentait de grogner une réponse, n'importe quoi - sa bouche était encore endormie - il sentit la trace des larmes qui avaient coulés sans qu'il ne s'en aperçoive craqueler sous le mouvement de ses joues. « Prends le temps de te réveiller, gamin. Je vais te poser quelques questions sur l'attaque pour que l'on puisse déterminer quelle famille a brûlé ton village. »
Le blond eut un brusque mouvement de recul, réalisant que l'étranger faisait vraiment partie de la Mafia - même si c'était évident. Il ne dirait rien. C'était à cause de gens comme lui que des victimes innocentes mourraient, comme sa mère était morte. Une colère acide lui remonta dans la gorge. « Alors tout ça, c'était de votre faute ?! »
Les yeux noirs, assombris par les années tâchées de sang, se posèrent sur lui, froids et calculateurs. Il détailla Giotto, maintenant qu'il était debout, réveillé. Puis il grogna et claqua de la langue. « Bien sûr que non. Ils ont lancé la premier attaque, ce n'est pas de notre faut-...
- On est jamais seul dans une guerre ! » L'interrompit Giotto, s'approchant du tueur, poings levés, prêt à se lancer dans un combat perdu d'avance. Mais une douleur aiguë dans le flanc l'arrêta, alors qu'il grognait, plaçant sa main au dessus de l'endroit. Ses doigts rencontrèrent un tissu rugueux, fermement enroulé autour de son ventre. Il avait été soigné. L'inconnu soupira et ignora la confusion de blond, se tournant vers la seconde pièce de la petite cabane, séparée par un encadrement sans porte, demandant si tout allait pour le mieux.
L'adolescent pivota dans la même direction, et crut que son coeur venait de sortir brusquement de sa poitrine, déferlant une pluie de pics glacés sur son être il y avait deux personnes penchées au-dessus du garçon qu'il avait sauvé plus tôt. L'une de ces personnes ne venait visiblement pas d'Italie, et le montrait fièrement, et était en train de faire quelque chose au visage de l'inconnu, les paumes rayonnant d'une lumière rouge vive. Mais ce qui le transperça le plus était la deuxième personne, tout aussi blonde que lui, en train de faire une boucherie du ventre de l'autre adolescent, avec un petit couteau cerné d'une sorte de flamme bleue autour de la lame.
Une fois encore, son impulsion réagit avant son cerveau, et il voulut se précipiter en avant pour les empêcher de blesser son ami plus qu'il ne l'était. Mais l'assassin à ses côtés le retint par l'épaule, et posa délicatement le canon froid de son pistolet contre sa tempe. « Déconseillé. » Dit-il d'une voix froide. « Tu pourrais tuer ton compagnon. »
Cette même sensation d'acide brûlant revint, lui brûlant les poumons. Il voulait crier, il voulait libérer la rage qu'il ressentait, il était hors de lui, il n'avait pas pu protéger sa mère, il n'avait pas pu soigner l'inconnu, et il était pris au piège par d'autres mafiosi. Par d'autres monstres. Il se retourna brusquement, saisissant l'inconnu par le col, ses yeux bleus étant devenus des puits crépusculaires d'énergie désespérée. Il n'avait pu protéger personne. Pas même lui-même.
Le noir de jais, haussa un sourcil, levant la sécurité de son pistolet, légèrement irrité de voir sa chemise froissée par un blanc-bec. Mais il sentit son partenaire, s'échauffer dans sa poche, comme s'il allait s'ouvrir. Il s'étonna légèrement, mais fini par sourire, narquois et curieux. « Ce serait donc pour toi que Léon s'est transformé. »
Giotto ne l'écouta pas, un sentiment de colère explosive secouant tous ses nerfs. Ses poings déjà bien serrés commencèrent à étouffer le tueur à gages, qui se laissait faire avec un calme calculateur... avant d'asséner un coup violent à la tête du blond avec son arme, l'assommant sur le coup.
Lorsque le corps du blond tomba au sol, il lissa sa chemise, et l'installa sur une chaise, près de la table où était opéré son ami.
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« ...lle-toi ! Je t'en supplie, mec, réveille-toi ! »
Sa tête bourdonnait, et il avait l'impression que son cerveau frappait chaque paroi de son crâne lorsqu'un inconnu le secoua, le ramenant doucement à la réalité. Giotto ouvrit doucement les yeux sourcils froncé sous la douleur qui fusait dans sa cervelle. Il distingua quelqu'un devant lui, avec des cheveux rouges-rosés. En fait, il était fort devant lui... à quelques centimètres de son nez.
Il recula la tête, clignant des yeux, pour récupérer un peu d'espace personnel. Le garçon se recula au même moment, se redressant, soupirant de soulagement. « Dieu merci, je pensais que ces connards t'avaient choppé aussi. »
Le blond grogna un instant, essayant de se remettre les idées en place, et essayant d'ignorer la douleur qui transperçait son crâne à chaque fois qu'il tentait de penser, dévisageant l'adolescent devant lui. Puis tous ses souvenirs lui agressèrent l'esprit en même temps, le feu, sa mère, et lui. Le garçon qui se tenait maintenant devant lui.
Giotto sauta sur ses pieds, ignorant la baisse de tension soudaine qui déposa un voile noir devant ses yeux, et saisit les épaules de son vis-à-vis, le bombardant de questions. Comment allait-il ? Était-il guéri? Est-ce qu'il savait comment il avait été guéri ? Son ventre ne lui faisait pas trop mal ? Quand s'était-il réveillé ?- Puis il remarqua quelque chose. Un détail, vraiment, sur ses propres mains. Des gants d'un cuir noir digne des plus gros bourgeois de la région.
Alors que l'autre répondait à ses questions d'une manière gênée – Giotto ne l'écoutait qu'à moitié, pour dire vrai -, lui, il observait les gants, se demandant quand ils avaient été placés sur ses mains. Mais il fut vite ramené à la réalité, lorsque son intuition balaya insensiblement l'étrangeté de la situation – qu'il les garde, ces gants, disait-elle. « Je me suis réveillé il y a quelques minutes à peine…, » dit le garçon. « Et, j'sais pas pourquoi, mais mon visage me gratte un peu, là. »
Il posa sa main sur le côté de son visage où des sortes de tatouages, qui, eux non plus, n'étaient pas là auparavant, étaient apparus. Le blond, de plus en plus confus, lui répondit, perdu : « Heu… C'est peut-être parce que, quand tu as été assommé, au village, ton visage est tombé dans des braises, mais-… »
Un cri surpris et effrayé sorti de la gorge de l'adolescent, qui ne voulait visiblement pas croire à ce qu'il s'était passé, et il se précipita dans la pièce précédente, à la recherche de quelque chose pour pouvoir observer son reflet. Par chance, un miroir brisé s'y trouvait, l'eau qu'il avait recueillie un peu plus tôt dormant juste en dessous.
Il ouvrit grand les yeux, se tordant le cou pour voir l'entièreté du dessin. N'y croyant toujours pas réellement, il saisit l'eau fraîche, et se l'éclaboussa sur la figure, pour s'assurer qu'il était bien réveillé. Mais… non. Elle était toujours là. Il ne rêvait pas.
Il tenta de se débarbouiller la peau à l'aide de ses manches, mais… sans succès, elles étaient plus sales que propres, et ne voulaient pas absorber les gouttes qui perlaient partout sur le visage du roux. Giotto lui tendit un mouchoir orange, où était brodée l'initiale de son prénom, n'hésitant pas à aider le garçon. Ce dernier accepta d'ailleurs le tissu avec une profonde reconnaissance et se sécha les joues avec, à un rythme régulier, comme s'il venait de se plonger dans ses pensées.
Un peu mal à l'aise face à ce silence soudain, le blond se racla la gorge, et lui posa la première question qui lui vint à l'esprit. « Au fait, heu… C'est quoi ton nom ? »
L'inconnu se raidit subitement, son geste monotone s'étant aussitôt interrompu. Il baissa la main, observant le mouchoir avec une intensité curieuse. Bien qu'il ait l'impression de faire des pas de travers, Giotto répéta sa question, jouant nerveusement avec les pans de sa chemise, espérant ne pas faire une grosse gaffe. Le garçon lui répondit d'une petite voix, presque hésitante. « … G. »
A vrai dire, la réponse avait été tellement silencieuse, qu'il eut du mal à l'entendre, et ne la comprit pas. « P-Pardon ? »
Le roux releva les yeux, mais ne le regarda pas directement, comme il l'avait fait ces dernières minutes. Etrange. « Je… Je m'appelle G. »
« C'est un diminutif ? » S'enquit Giotto, essayant désespérément de détendre l'atmosphère qui se faisait de plus en plus étouffante entre lui et ce 'G.'. Ce dernier commença à balancer son poids d'une jambe à l'autre, tout aussi mal à l'aise que le blond. Puis il avoua finalement : « Non… En fait… Je suis désolé ! J'ai menti ! » Il s'inclina profondément, une marque de respect qui perturba le blond, nullement habitué ce genre de choses. « Je ne me souviens plus de mon vrai nom… J-J'ai juste vu 'G.' sur votre mouchoir, et… et… Je vous en supplie, laissez-moi m'appeler 'G.' ! »
Giotto sursauta, haussant tellement haut les sourcils qui se dérobèrent à la vue, sous ses mèches de blé. Voilà qu'il le vouvoyait maintenant ? Pourquoi tant de respect ? Mais il lui sourit néanmoins lui demandant de se redresser. « Enchanté de te rencontrer, G. . Je m'appelle Giotto. »
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Rapidement, les deux garçons étaient devenus les meilleurs amis du monde. Bien qu'ils aient recours à des pratiques illégales telles que le vol pour le bien de leur survie, ils donnaient le meilleur d'eux même pour se battre contre les organisations criminelles qui commençaient à prendre de l'ampleur dans le coin.
Ils essayaient bien sûr de ne pas se faire trop remarquer, au risque de recevoir en tant qu'invités dans leur cabane – ils avaient fini par s'y installer - quelques mafiosi prêts à leur mettre une balle entre les deux yeux. Et jusqu'alors, ils avaient plutôt bien réussi leur coup.
Le village avait été rapidement reconstruit, et aménagé pour de riches bourgeois qui, profitant de la terre fertile, cherchaient à amasser plus d'argent encore.
Quatre ans étaient passés, les deux garçons étaient à l'aube de leurs dix-huit ans. Et les temps de paix relative où ils se cachaient dans les ombres pour déjouer des agressions allaient trouver leur fin : une attaque monstre, de plus grande ampleur que la dernière, s'abattit sur les nouvelles habitations.
Dès que les premiers coups de feu leur furent annoncés par un gamin qu'ils avaient sauvé deux ans plus tôt, ils ordonnèrent à l'enfant de rester à l'abri, et s'élancèrent vers le village, pour protéger le plus de gens possible. Giotto sentit un calme calculateur l'envahir, comme la dernière fois. Il s'arrêta au milieu de sa course lorsqu'il vit ses gants noirs, qui ne l'avaient jamais quitté depuis, briller d'une lumière orangée, crépusculaire. Ils avaient changé. Ses doigts étaient surmontés d'un tissu métallique, très sobres, et, inconsciemment, il sût qu'il pourrait se battre avec ces gants, qu'ils pourraient permettre aux flammes qu'il sentait brûler sur son front de voyager dans ses poings.
Durant le massacre, ils n'avaient pu permettre qu'à dix personnes de survivre sans être gravement blessées. Un exploit, pour deux jeunes hommes de leur âge. Mais cet exploit leur était amer : une jeune femme qui les avait régulièrement aidés dans la faim était morte de la plus cruelle de manière, faisant redoubler d'autant plus leur haine envers les mafieux.
Le cadavre allongé sur le dos, mais jointes sous la poitrine, Giotto déposa une rose à ses côtés. Il lui jura de la venger, de protéger le plus de personnes possible, de faire mieux encore que dix personnes. Ses poings étaient serrés, ses lèvres, pincées. Il s'en voulait. Si seulement il avait été plus rapide-… ! « Si tu veux faire tout ça… pourquoi tu crées pas un groupe de vigilance, alors ? »
Une ombre, qui tenait elle aussi des fleurs à la main – qu'elle posa près des longs cheveux de la femme, - un jeune homme, de leur âge, ou à peine plus vieux, leur sourit. Si ses cheveux pouvaient attirer l'attention, comme ceux de G., bien qu'ils soient cachés sous une casquette, ce qui le distinguait le plus était ses yeux, en forme de cibles. Il tira un peu sur son chapeau en guise de salutation. « Salut, j'suis Cozart. Vous ? »
Ainsi les trois fondateurs des Vongola s'étaient rencontrés.
« Maintenant que je t'ai exposé le problème, voilà les photos. »
Dino se pencha sur les petites images que lui tendait son ami, sentant venir la migraine face à l'ampleur des soucis qui se présentaient aux Vongola, et à sa famille, par la même occasion. Il posa deux trois questions, parcourant le tas des yeux, subissant quelques fois des haut-le-cœur.
Malgré le monde sombre dans lequel il évoluait, le Cavallone ne supportait toujours pas la vision d'une scène de torture pure, manigancée par quelqu'un qui cherchait à atteindre un but inconnu. Mais qui semblait prendre un malin plaisir à voir des Minis innocents – et quelques humains – crier à l'agonie, si on en croyait le nombre de clichés pris.
Tsunayoshi sortit de sa 'discussion' avec Hibari, tremblant, ne comprenant pas pourquoi l'alouette cherchait à accomplir une telle chose avec lui. C'était insensé. Lui, Tsunaze, agir sous la demande très officielle d'Hibari Kyoya ?
Plongé dans ses pensées, ses inquiétudes et ses peurs justifiées, le brun s'aventura dans les couloirs, ne différenciant pas un mur de l'autre, une construction de l'autre. Dans trois jours, il devrait… avec Hibari…
Un long frisson lui parcourut l'échine, alors que la sonnette de la porte le ramenait à la réalité. Était-il vraiment si près de l'entrée ? D'ailleurs, personne n'avait été annoncé, mis à part Dino, aujourd'hui, non ? Confus, il essaya de retrouver son chemin – sans succès – pour voir qui était là.
Il sursauta en entendant la sonnette résonner dans tout le manoir, avant de se rendre compte que... encore une fois, il était perdu. Heureusement – ou malheureusement, tout dépendait du point de vue – un indice vocal le dirigea vers le lieu où se trouvaient les invités.
« VOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII »
