Salut tout le monde!

Désolée, beaucoup de retard.

Je suis navrée mais je suis très pressée, je ne peux pas répondre à vos reviews! Mais je vous remercie tous, les nouveaux aussi, ça me touche énormément! Chapitre six:

XxX

Le Reflet

« Tu sais, j'ai vu Hao aujourd'hui. »

Ren contracta sa main sur l'épaule de Yoh, en proie à un rictus nerveux. Ce dernier le fixait comme s'il hésitait entre le prendre à la plaisanterie, ou s'inquiéter sérieusement pour sa santé mentale. Finalement, il se redressa, l'air anxieux, en se dégageant doucement de l'emprise du Chinois. Il l'attrapa par les épaules et l'obligea à s'asseoir sur le futon.

- Tu as fait un cauchemar, Ren. Hao est mort.

- Je sais, merci ! Répliqua l'intéressé, agacé, en repoussant les mains de son ami. Mais… Il est revenu.

Il lui sembla voir un éclair de souffrance traverser les yeux de Yoh, à moins qu'il n'eut halluciné.

- Ça suffit, Ren. Tu as rêvé, je te dis. Hao ne reviendra pas.

Le ton était légèrement dur, mais le shaman colérique n'en fut pas surpris.

Depuis la disparition de son jumeau, Yoh refusait de parler de lui ou de ce qui s'était passé. Comme s'il n'avait jamais existé. Même Anna n'insistait pas.

Ren essaya de rester calme. Il était normal que Yoh soit incrédule face à ses propos, mais les choses tournaient mal, on devait le croire.

- Ecoute, reprit-il d'un ton ferme. Tu trouves que j'ai l'air de déconner ou d'avoir rêvé? Je sais ce que je dis Yoh, il faut agir! Sinon quand ça va nous tomber sur la tête, ça va faire mal!

Un peu vif, mais convaincant.

Pourtant, le shaman pacifique se contenta de le regarder d'un air exaspéré et de soupirer.

Ce fut une chose que le Chinois n'apprécia pas. La chose de trop.

Il attrapa Yoh par le devant de la chemise et le plaqua au sol. Lui grimpant à moitié dessus, il planta son regard dans le sien. Puis, en proie à une colère douloureuse, il cracha:

- Pourquoi tu ne me crois pas, merde ! Qu'est-ce qu'y a, à la fin? Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça, pourquoi tout le monde me regarde comme ça, depuis quelques temps? J'ai un truc écrit sur la tronche? J'ai fait quelque chose de particulier? Hein !

Il avait hurlé, à la fin. A peine Yoh eut-il le temps de réagir, que dans l'encadrement de la porte restée ouverte, une tête bleue apparut : Horo Horo. Il les contempla avec étonnement - stupidement, aurait dit le Chinois - et bredouilla :

- Mais qu'est-ce que…

- Ferme-la , l'interrompit Ren sans même bouger la tête vers lui. Alors? Rajouta-t-il à l'attention de Yoh.

Ce dernier le scruta un instant et parla calmement:

- Ren… as-tu seulement vu la tête que tu as en ce moment?

L'intéressé fut étonné de la question. Quel rapport? Pourtant, son ami avait l'air très sérieux. Aussi sérieux que l'on peut en avoir l'air, lorsque l'on est étalé par terre, écrasé par un Chinois en fureur.

Alors il se leva, lentement, et se dirigea vers un miroir accroché à l'un des murs de la pièce. Dans son dos, Yoh fit signe à Horo Horo de débarrasser le plancher - il le vit faire dans le reflet de la glace. Etrangement, il aima ça.

Lorsqu'il vit sa tête, il y eut une fraction de seconde durant laquelle il ne se reconnut pas.

Il avait en face de lui un jeune homme très beau, très charismatique: lui, naturellement. Mais ce jeune homme avait l'air d'avoir vécu l'enfer. Il avait le teint de la couleur du marbre. Ces traits étaient affreusement tirés, et des cernes d'un bleu fade lui tombaient presque jusqu'au milieu des joues. Ses yeux étaient vitreux, et même ses cheveux semblaient ternes.

Il eut comme l'impression d'avoir maigri.

- On est tous inquiets, fit Yoh derrière lui.

Ren ne voulait plus l'entendre. Il sortit de la pièce pour retourner dans sa chambre, mais Yoh le suivit. Tandis qu'il s'asseyait sur son lit, tournant le dos au japonais, ce dernier reprit:

- On a l'habitude de te voir râler, de ton sale caractère, pas de te voir délirer avec un air de cadavre ambulant.

Ren ne répondit pas.

Ça, pour avoir l'air d'un cadavre ambulant… Le rouge lui monta aux joues. Il avait honte. Tellement honte, d'avoir l'air d'un faible de la sorte. Mais comment avait-il pu se montrer aux autres dans un tel état de vulnérabilité? Depuis combien de temps avait-il cette sale tête..?

- Ecoute, Ren.

Il se retourna.

- Non. C'est toi qui vas m'écouter. Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler, et je m'en fous.

- Ren, merde!

- Mêle toi de tes affaires, Asakura!

Le Chinois expira profondément.

- Il y a plus important pour l'instant.

Comment pouvait-il convaincre Yoh? Il semblait persuadé que ce n'était qu'un simple cauchemar. Il ne pouvait pas le blâmer pour ça… Mais le fait était que le retour d'Hao était bien réel.

- Il a dit qu'il allait venir te voir. Il faut que tu me croies, Yoh.

L'intéressé ne répondit pas. Il s'assit sur le bord du futon, et retira son casque qu'il posa sur le lit à côté de lui, puis se secoua et les cheveux. Il se releva. Fit les cent pas. Ren commençait à s'impatienter.

A quoi pensait-il? Considérait-il ses mots avec un peu plus de crédulité? Ou songeait-il plutôt à l'envoyer dans l'asile le plus proche?

Le shaman aux yeux dorés ressentit soudain une puissante onde négative lui parcourir la conscience et ne tarda pas à comprendre pourquoi: Anna apparut dans l'embrasure de la porte, et ses yeux encore brillants de sommeil n'enlevaient rien au charisme de sa colère. Elle les toisa à tour de rôle et profana :

- Si celui qui m'a réveillée a l'intelligence de se dénoncer maintenant, j'aurai peut être la clémence de l'achever sans trop le faire souffrir - après qu'il eut nettoyé chaque recoin de la maison.

Alors que Yoh déglutissait malgré lui, le Chinois se mit à cogiter rapidement.

Anna! Bien sûr! Anna pouvait lire dans les pensées, non? Elle trouverait bien dans sa tête quelque chose qui prouverait ce qu'il avançait.

- Anna! L'interpella-t-il en s'approchant d'elle.

Elle le jaugea un instant du regard.

- Quoi? Alors c'est toi qui a réveillé tout la maison?

- Anna, écoute-moi. Hao est de retour. Je l'ai vu hier. Non, ne dis rien, fit-il en la voyant ouvrir la bouche.

Il écarta les bras, comme pour l'étreindre.

- Lis dans mes pensées, tu verras.

Un instant, il crut qu'elle allait le gifler pour lui avoir donné un ordre. Mais au lieu de ça, elle afficha un air étonné et lui répondit:

- Tu es sérieusement atteint mon pauvre Ren…

- Allez!

Elle dut se rendre compte qu'il avait quelque chose en tête, car elle se mit à le considérer avec sérieux. Yoh voulut dire quelque chose, mais se ravisa tout seul.

Elle lut donc dans ses pensées.

Il détourna les yeux devant la désagréable sensation du regard pénétrant de l'Itako posé sur lui, et se mit à relater sa rencontre avec Hao, par souvenirs. Alors qu'il attendait une réaction, elle écarquilla les yeux de surprise. Puis, au grand désarroi du Chinois, elle lâcha, agacée:

- Tu fais des cauchemars bizarres, et alors? Tu n'es pas assez grands pour gérer ça tout seul? Et tu me casses les pieds au milieu de la nuit pour ça?

Ren abandonna . Quoiqu'elle eut vu dans sa tête, elle ne comprenait pas non plus qu'Hao était revenu. Elle ne voulait pas comprendre. Dans leurs esprits, il y avait une barrière - sûrement constituée de toutes les épreuves que leur avait fait subir le shaman millénaire - qui les empêchait d'y croire.

- Bien. Fit l'Itako tandis que Yoh étouffait un bâillement.

Elle tourna les talons, et ajouta avant de disparaitre dans le couloir:

- Puisque vous débordez d'énergie au point de crapahuter la nuit, vous ferez la vaisselle, demain.

Lorsqu'elle fut partie, Yoh lança à son ami un regard de vague reproche, puis s'étira comme un chat.

- C'était quoi, ce cirque ? Lui demanda-t-il.

Le garçon aux yeux dorés le sonda d'un air pensif puis répondit finalement:

- Rien. Va te coucher.

Yoh acquiesça puis s'éloigna. Il s'arrêta tout de même dans l'encadrement de la porte.

- Ren…

- Non. Va te coucher.

La Japonais eut une moue préoccupée, mais s'en alla sans rien dire.

Une fois seul, Ren se laissa tomber sur son futon. Son regard se posa sur le casque que Yoh avait oublié. Il le saisit, et le contempla, ne pouvant s'empêcher de sourire. Comment un objet si simple pouvait-il refléter avec autant de fidélité une personnalité aussi formidable..?

Il le mit sur ses oreilles et l'alluma. Un musique sereine mais entrainante, avec une voix agréable, se répandit dans sa tête, dans son cœur. Il monta le volume sonore au maximum, mettant ses tympans au supplice, mais espérant que le caractère de la chanson allait s'imprégner sur le sien…

Il réfléchit, réfléchit, réfléchit.

Et s'endormit au bout d'un quart d'heure.

Le sujet de toute cette réflexion était évidemment: « Comment les convaincre? », « Quelle preuve donner? Avant que la menace ne soit trop grande? »

Finalement, la preuve vint à lui d'elle-même.

XxX

Lorsque - vers quatre du matin - il fut réveillé par une chaleur étouffante et une vive lumière, il crut que le jour s'était levé et qu'il avait transpiré pendant la nuit. Mais ça n'était pas ça. Il se redressa, éteignit la musique qui filtrait encore dans ses oreilles. Dès que son esprit fut un peu plus éveillé, il réalisa brusquement.

Ni une ni deux, il se leva en trombe et hurla, espérant prévenir tout le monde d'un coup:

- AU FEU! IL Y A LE FEU A LA MAISON!

Sa chambre était devenue une prison suffocante. Les quatre murs étaient dévorés par les flammes, mais tenaient encore debout. En revanche, le sol craquait de partout. Disparu pas endroits, il laissait entrevoir le rez-de-chaussée ravagé. Une épaisse fumée noire envahissait peu à peu l'espace. Le foyer commençait à atteindre les meubles, les affaires que Ren avait laissées trainer un peu partout…

En deux temps, trois mouvements, il saisit son Oracle Bell, son épée, héritage familial, son arme et un sac à dos. Il sortit de la pièce en sautant par-dessus les trous, et en essayant de ne pas toucher l'encadrement de la porte qui rougeoyait de braises.

Une mauvaise surprise l'attendait.

Sa chambre se situait au bout du couloir, trônant sur toutes autres. Hélas, la toiture s'était effondrée à quelques pas de sa porte, formant un rempart de bois, de pierre, et de feu, l'isolant du reste de la maison et le prenant au piège. Hao - car ça ne pouvait être que lui - avait du le calculer. Une petite marque d'affection.

- Il y a quelqu'un? Lança-t-il au hasard.

Personne ne répondit. Tout le monde était déjà parti, sans doute. Ou alors… Non. Il préféra ne pas y penser. Ils étaient sûrement tous sains et saufs. Alors.. Ils l'avaient abandonné? Un poids s'alourdit sur sa conscience.

Il se ressaisit: il n'avait pas le choix. Il retourna dans sa chambre, transportant toujours ses affaires, et s'approcha de la fenêtre qu'il ouvrit. Il grimpa sur le rebord, et sans hésitation, sauta, amortissant le choc à l'aide de son Oversoul.

Il était derrière la maison, et en fit rapidement le tour. Une fois devant, il découvrit tout le groupe, frémissant mais sauf, regardant la maison illuminée être consumée peu à peu par les flammes. Tout le monde semblait présent.

Ryu, Chocolove et Horo Horo, leurs armes respectueuses et leurs Oracle Bell à la main, discutaient gravement avec Manta qui, déboussolé, tenait son ordinateur portable et son encyclopédie, chacun sous un bras. Un peu plus loin, Anna contemplait l'incendie en silence, son collier autour du cou, flanquée de Tamao qui serrait sa tablette contre elle, et de Faust qui caressait la main transparente d'Eliza, taciturne.

Enfin, au milieu de la scène, Jun, en robe de chambre, serrait dans ses bras une Pirika particulièrement bouleversée.

Elle fut d'ailleurs la première à apercevoir son petit frère et abandonna instantanément la petite Aïnou pour venir se jeter sur lui en l'étouffant dans ses bras.

- Mon Dieu, fit-elle, le visage enfoui dans le cou de Ren qu'elle tenait à cinq centimètres du sol, grâce à on ne sait quelle force. Qu'est-ce que j'ai eu peur! Je ne te voyais pas arriver!

Il n'eut pas le temps d'esquisser un geste ou de prononcer un mot qu'une exclamation retentit:

- Ça me tue de le dire, mec, mais je suis content de te voir!

Horo Horo. Le trio s'était rapproché, et ils le regardaient en souriant.

- On a voulu venir te chercher, expliqua précipitamment Chocolove qui semblait surexcité, mais le plafond c'était effondré devant ta porte. Pas moyen d'entrer. On t'as appelé, mon pote, mais t'entendais rien!

Ren se souvint alors de la présence du casque de Yoh autour de son cou.

- Oui, souffla-t-il. J'avais ça sur les oreilles.

- C'est à Yoh, dit Horo Horo, comme si ça n'allait pas de soi. D'ailleurs, tu devrais aller le voir. Il était très inquiet. Il est resté au moins dix minutes à t'appeler. On a été obligés de la trainer dehors, presque. Il voulait pas te laisser. Mais tu faisais quoi?

- Je dormais, répondit naturellement Ren en cherchant Yoh des yeux.

Il le repéra, un peu à l'écart, lui tournant le dos. Se dirigeant vers lui, le Chinois retira le casque de son amie de ses mains désormais libres - il avait laissé tomber toutes ses affaires quand sa sœur l'avait étranglé.

Les battements de son cœur s'accélérèrent. Et si Yoh le tenait pour responsable de tout ce qui c'était passé?

Ne m'en veut pas… Ne m'en veut pas… Si tu es en colère après moi, je te jure que je vais aller choper l'autre par ses cheveux de gonzesse et lui faire regretter d'être revenu emmerder le monde une quatrième fois!

Yoh se retourna en l'entendant arriver. Le shaman aux yeux dorés lui tendit son casque, et tout en regardant ses pieds, il marmonna:

- Tiens, c'est…

Il ne lui laissa pas la temps de finir.

Un étau se resserra autour de lui - Yoh le serrait dans ses bras. Après une légère hésitation, Ren répondit à son étreinte en serrant le Japonais encore plus fort.

Bon. Tant pis. J'irai le choper par ses cheveux de gonzesse quand même.

Il le relâcha et le repoussa presque brutalement, mais Yoh n'en tint pas compte. Il sourit en reprenant son casque qu'il plaça sur sa tête. Puis il lui frappa l'épaule, en s'écriant:

- Crétin! Ne me fait plus ça. Tu es averti.

Ren s'apprêtait à répondre, mais un rire retentit dans la nuit encore noire, un rire charmeur mais venimeux, qui fit pâlir Yoh.

XxX

Un peu Oc, je sais, mais faut bien que ça avance…

Avis?