Sixth headline : What have you done ?
Pairing: Ivan/Yao/Kiku ( cette habitude d'écrire Yaoi… xD )
Rating : M.
Freakshow ~Part1~ — Nomy ou encore Polyushka Polye ( Red Army Choir )
Compte de mots: 854 — aaaaaargh ! è_é''
Un vieux mégaphone déraillait dans son coin, s'étant depuis déjà quelques temps dans une égratignure dans sa surface striée. C'était justement ce son qui réveilla Ivan. Il se releva doucement, sentant une grand bruit près de lui lorsqu'un poids assez lourd glissa de sur lui, puis, il remarqua la table brisée lorsque son regard se précisa. Puis, devant lui, se tenant debout de toute sa hauteur, les jambes qui écartées, les mains agrippant les rebords du cadre de la porte. Kiku, qui le regardait avec horreur, ce qui… différait à peine de d'habitude, mais la simple petite différence entre sa terreur habituelle et celle de maintenant le terrorisa.
« Nani-o omae… » Remarquant soudain qu'il avait commencé sa phrase en Japonais, le petit asiatique changea vivement de langue, « Que… qu'avez-vous fait ? »
Je… ? Ivan regarda alentour pour voir seulement le désordre. Le canapé luxueux, dont la bourrure était complètement renversée partout dans le salon-cuisine spacieux de l'appartement de Saint-Pétersbourg, voyant les rideaux arrachés à leur traines, certains déchirés, laissant entrer la lumière du jour dans la pièce qui passait de sombre à clair par endroits.
« Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Pourquoi avez-vous… » La voix de Kiku se brisa alors qu'il lâchait l'arche et s'approchait à pas menus; comme incertain de s'il allait ou non tomber en approchant, ou peut-être s'il pensait qu'il allait l'attaquer. Une petite voix au fond de la tête d'Ivan murmura dans une voix doucereuse et rassurante, Tue-le, Vanya, il croit impossible que tu puisses n'être pas fou. Il fronça les sourcils en lui demandant de s'en aller; de le laisser tranquille. Il n'allait pas les revoir maintenant, ces monstres qui rampaient dans ses entrailles…
Chancelant, le grand Russe se releva à son tour, manquant frôler le plafond à cause de sa grande taille. Maintenant, il voyait l'ampleur des dégâts. La table était cassée et craquée. Il y avait même du sang dessus. L'horreur lui serra le cœur et lui retourna les tripes de l'autre main, et l'urgence de vomir le prit tellement vite qu'il retomba à genoux, s'appuyant sur le ventre en essayant de vomir, mais… Seulement de la bile amère et brûlante sortit — évidemment, la vodka, hier, en l'attendant, avachi sur le canapé…
Kiku s'approcha encore, et dit encore une fois, « Qu'est-ce que vous avez fait à mon frère ? » Ivan le regarda avec ses yeux presque vacants qu'on lui connaissait dans l'un de ses accès, leur couleur semblable à celle de deux améthystes brutes ne faisant qu'amplifier cette sensation de danger émanant de lui dans ces cas-là. Le message se fit clairement comprendre : Kiku commençait à lui faire perdre patience.
« Yao… Qu'avez-vous fait à Yao ? » C'est juste là qu'il réalisa que Kiku ne l'avait jamais autant regardé qu'il ne l'avait cru. Il regardait derrière lui. Doucement, il se retourna, et regarda plus bas, ses yeux s'agrandissant subitement, et ses jambes fléchissant sous lui. Il tenta de se retenir avec la table, mais elle n'était bien sûr plus là. Un spasme parcouru son corps entier, et des tremblements le secouèrent violement. Puis hoquet de miséreux s'échappa de sa gorge.
Il s'approcha; il ne savait plus s'il s'était relevé ou non. Se pencha au-dessus du corps, n'osant premièrement pas le toucher, puis posant ses mains sur la peau déjà froide, avec cette texture de papier glacé. Son cœur à lui battait tellement vite : comme s'il battait pour deux. Pourtant, celui de l'autre ne battait pas du tout. Froid. Rouge. Le liquide opaque et cramoisi qui coulait de coupures. Les lèvres semblables à la moue boudeuse d'une poupée de porcelaine étaient bleuies; le contour d'un œil fermé était enflé, lui aussi portant une marque bleu sur la pommette.
« Je… » C'est toi qui l'a tué, son précieux Ivanouchka l'a tué ! Ahahah, quel humour ! Oui, toi, toi, toi, Ivanouchka ! « N-n'utilisez pas ce nom, vous, vous n'avez pas le droit, » murmura-t-il d'une voix totalement inaudible, ses yeux complètements misérables regardant le corps— Yao devant lui, qui ne respirait pas. À cause lui. Un autre hoquet bien plus fort lui échappa, et comme un enfant ayant perdu un parent proche, il posa son front contre l'épaule disloquée de l'autre, et pleura doucement; toutes ses maigres forces s'étant vidées à cette vue.
Et pour Kiku, il n'arrivait pas à déterminer si le spectacle était plus désolant pour du pur burlesque de mauvais goût. Dans les jours qui suivirent, le puîné de la famille aux yeux bridés retournerait en Chine annoncer la mauvaise nouvelle à ses frères et sœurs, et on internerait à nouveau Ivan, ce qui plut bien sûr à Kiku, qui lui tint évidemment rancune, ce que le russe comprenait, bien sûr. Et pourtant, lorsqu'il allait mourir de froid en Sibérie quelques années plus tard, on rapporta qu'il avait regardé en l'air, relevant ses mains au doigts durcis; noircis par le froid, et avait murmuré en regardant la neige qui tourbillonnait, « E-elles sont parties… tu es là, tu es là… » et s'était relevé un instant, avant de retomber, un sourire aux lèvres.
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Ouah, j'aime mes descriptions, pour une fois. Quoique, tout le reste, ça reste pas mal à chier. Donc, encore à prendre légèrement au deuxième degré… J'ai pas situé dans le temps, mais ça devrait être autour de l'époque de l'URSS, ou, si vous voulez, c'est votre avis, à n'importe quelle époque où on envoyait les criminels en Sibérie. D'un coup, j'aime le système carcéral québécois o_o Putain, on a même la tévé, à ce que je sais, donc…
Bref, en espérant que ça vous aura plut…
