Auteur : kitsu34
Genre : yaoi
Couple : Kurama x Hiei et quelques invités surprises
Dislaimers : sont pas à moi !
Note : Désolé Shunelodie d'avoir tardé à envoyer le chapitre 6 mais j'ai eu beaucoup de boulot. J'espère que ce chapitre te plaira ! Promis, j'essaie d'être plus rapide pour le prochain et de finir cette fic. Elle aurait dû faire 9 ou 10 chapitres au départ mais je la raccourcis car elle ne plaît pas. Prochain et dernier chapitre donc. Je crois d'ailleurs que je ne réécrirai pas de fic longue avant longtemps, car je pense que je ne suis pas doué. Tant pis, il reste encore les one-shots débiles, ils semblent avoir un peu plus de succès. En tout cas, merci pour tes rewiews !! Ca fait plaisir d'avoir une fan fidèle sur qui compter !!
Chapitre 6 : Enchères…La litière cahotait sur les mauvaises routes, creusées d'ornières et détrempées par la pluie. Assis dans le coin gauche, dans l'obscurité de la fin de jour, Kurama réfléchissait.
Il avait repris son calme. C'était une erreur d'avoir perdu son sang-froid et laissé voir sa détresse à son ennemi.
Il s'en voulait de ce faux pas. Ce n'était pourtant pas son habitude.
Maintenant, il fallait qu'il se tire de ce mauvais pas. Seul, de préférence. Les autres ne devaient plus savoir où il était.
Il y avait forcément une solution. Il suffisait de la trouver.
Yoshié semblait s'être endormi dans le coin opposé de la litière. Depuis plus d'une heure, il n'avait pas fait un seul mouvement et sa respiration était calme et régulière.
Mais il fallait se méfier de lui. Il était très fort et visiblement intelligent et cruel.
Kurama commença à essayer de dénouer ses liens mais ils étaient très serrés. Ses poignets et ses chevilles étaient douloureux.
En tâtonnant à l'aveuglette, pour que Yoshié ne remarque rien, il trouva une aspérité tranchante dans le bois de la litière.
Lentement, patiemment, il frotta ses liens contre en feignant de dormir.
Le soir tomba. Dans l'obscurité de la litière, on entendait seulement deux respirations lentes.
Au détour de la route, elle s'engagea sur un chemin plus large, sillonné de nombreuses traces de véhicules et de pas. Ils arrivaient sur la route d'une petite ville.
Moins d'une heure plus tard, la litière entra dans le bourg et prit une rue qui la mena devant une auberge à peine visible et très sale.
Yoshié ouvrit les yeux et sortit de l'habitacle à peine la litière arrêtée. Il se dirigea droit vers le yohkai qui semblait le patron du bouge et lui parla bas mais sur un ton visiblement assez sec et directif.
Kurama saisit l'opportunité et sauta lui aussi du véhicule, sans bruit, espérant n'être pas repéré tout de suite. Les liens s'étaient rompus depuis un certain temps déjà et il attendait le bon moment.
Il se glissa à l'angle d'une rue et essaya de se repérer. Il devait atteindre la forêt. S'il réussissait, il serait sauvé.
En moins de dix minutes, il réussit à sortir de la ville et commença à courir vers la lisière toute proche.
Merde, ce qu'il était lent ! Il ressentait douloureusement les contusions dues aux coups de Gôrô et ses membres étaient ankylosés par la route et les liens.
Il entendit soudain des pas rapides derrière lui et s'affola. On était déjà à sa poursuite. Il accéléra au moment où la main de Yoshié allait saisir son épaule.
Le yohkai grinça des dents et reprit sa course. Au moment où il allait à nouveau se saisir de lui, Kurama fit un brusque crochet sur la droite et accéléra à nouveau.
Cette fois, Yoshié étouffa un juron.
La lisière de la forêt n'était plus qu'à quelques pas. S'il réussissait à la gagner, malgré la perte de ses pouvoirs, Kurama était sûr d'échapper à son poursuivant. Il était yohko. En symbiose avec la nature et les plantes. Il comprenait leur langage et savait se fondre comme personne dans leur feuillage.
Plus que deux pas. Plus qu'un. Il était sauvé.
Un sifflement sinistre. La chute douloureuse. Le corps qui tombe sur lui. Et l'espoir qui disparaît.
Yoshié se leva et ramassa la fronde avec laquelle il venait d'empêcher Kurama de lui échapper. Il l'utilisa pour attacher solidement le yohko.
Celui-ci était visiblement exténué et semblait avoir du mal à recouvrer son souffle.
Lui aussi était assez fatigué. Il ne pensait pas qu'un yohko extincté et plutôt malmené de surcroît pourrait encore fournir un effort pareil. Il avait bien failli perdre sa proie.
Yohko Kurama était décidément un adversaire de valeur, plus coriace qu'il n'y semblait. Le yohkai contempla le fuyard en souriant. Essoufflé mais visiblement pas vaincu. Il essayait déjà de trouver une autre solution.
Yoshié sourit à nouveau, se baissa, prit Kurama dans ses bras et reprit le chemin de la ville.
De retour à l'auberge, il monta directement à l'étage sous les regards ébahis des yohkais présents dans la minable salle et s'enferma dans une chambre.
Il jeta Kurama sur un lit et ferma la porte à clé. Puis il se retourna et le regarda avec un sourire mauvais.
Le yohko se souvint de la menace et blêmit. Il sentit un frisson de peur parcourir son épine dorsale lorsque Yoshié s'approcha doucement de lui. Cette douceur même était terrifiante, comme le calme avant l'orage.
Et soudain ce fut la tempête. Yoshié se jeta sur lui et acheva de déchirer les restes de ses vêtements. En quelques secondes, Kurama se retrouva entièrement nu. Il se raidit sous le regard avide du yohkai et devint livide, attendant l'inévitable.
Mais lorsque Yoshié posa les mains sur lui, ce ne fut pas de la manière qu'il imaginait.
Il l'attacha solidement aux montants du lit, lui arrachant des gémissements de douleur sous la morsure des liens. Et il ne le toucha plus, se contentant de le regarder d'un air satisfait et plutôt moqueur.
« -Eh bien, tu m'as bien fait courir. Mais je ne t'en veux pas. C'est de bonne guerre, après tout. Et j'aurais été déçu, si tu n'avais rien tenté. Enfin, tu as bien failli m'avoir, alors je dois prendre quelques petites précautions pour éviter que cela ne se reproduise. Si tu réussis à défaire ces liens-là, tu es vraiment très fort. Mais pour plus de sécurité, je pense que tu y réfléchiras à deux fois avant de t'enfuir extincté et nu en pleine ville… Bonne nuit. »
Kurama serra les dents et ferma les yeux. Raté. Raté. Il avait échoué et n'était plus en position de s'enfuir à nouveau. Il n'avait plus qu'à dormir et à récupérer des forces pour le prochain round.
Patience. La prochaine fois, la chance tournerait.
- - - -
Il courrait à perdre haleine depuis de nombreuses heures. Habituellement, il était capable de tenir une heure ou deux à cette allure mais pas toute une journée. Sa vitesse de pointe était extrêmement rapide mais de courte durée.
Sauf que cette fois, c'était différent. Parce que ce n'était plus lui seul qui était concerné, mais Kurama. Et ça changeait tout.
Quand est-ce que son horizon avait ainsi et si radicalement changé ? Il ne savait qu'une chose, il devait le retrouver. Il ne pouvait imaginer un futur dont Kurama serait absent.
Et il courrait en fixant le ciel empourpré sur lequel se dessinait un visage aux cheveux rouges et aux grands yeux émeraudes qui souriaient.
Il sentait Yusuke un peu en retrait et vraiment hors d'haleine. Mais il s'accrochait lui aussi et maintenait le rythme. Les autres avaient décroché, sauf Zin qui les survolait de temps en temps et repartait ensuite guider les autres.
La nuit tomba. Heureusement que sa vision nocturne était excellente. Il pouvait ainsi continuer de suivre les traces de la litière qui avait emmené Kurama.
Mais au détour de la route, ils arrivèrent sur un chemin plus large qui semblaient beaucoup plus utilisé que le petit sentier qu'ils avaient suivi jusque là.
Il jura. Putain ! Etaient-ils partis vers le nord ou vers le sud ? Il sentit Yusuke aussi désemparé que lui. Il se baissa et examina les traces sur le chemin. Presque toutes semblaient se diriger vers le nord. Il devait y avoir une ville ou un gros bourg dans le coin.
Hiei n'aimait pas ça. Comment savoir où allait Kurama s'ils ne le rattrapaient pas avant cette ville ? Merde ! Il fallait faire vite !
Malgré la fatigue et ses poumons douloureux, il s'élança à nouveau de toute sa vitesse vers le nord.
Lorsqu'ils arrivèrent en ville, Hiei sentit le découragement et le désespoir le saisir. Où était Kurama dans cette foule ? Comment le retrouver ? Etait-il seulement encore dans cette ville ou bien en était-il déjà parti ? Et si oui, pour quelle destination ?
Il s'assit au bord de la route ferma les yeux, à bout de souffle, et faillit renoncer.
« -Eh bien, Hiei, tu renonces déjà ? Il faut persévérer pour obtenir ce que l'on veut. Il faut faire des efforts constants pour atteindre ton but. Reste patient et recommence le nombre de fois nécessaires pour réussir. Patience et persévérance sont les qualités d'un bon chasseur… »
Il entendait la note de désapprobation amusée et tendre. Il voyait le sourire doucement moqueur luire dans les émeraudes de ses yeux. Il sentait même son odeur. Une odeur de végétation qui s'éveille après la pluie.
Il rouvrit les yeux. Il n'avait pas le droit d'abandonner. Il se foutait de lui, mais rien ne devait arriver à Kurama.
Travailler en équipe. Faire confiance à l'autre. Penser à lui avant de penser à soi. Avoir sa photo sur le mur de son cœur.
Maintenant il comprenait. Les paroles de Kurama prenaient un sens nouveau, riche, et il regrettait de lui avoir dit les mauvais mots.
Si seulement il avait eu le courage de le réveiller. Si seulement il lui avait parlé au lieu de se taire. Si seulement il lui avait expliqué pourquoi il devenait stupide dès qu'il s'agissait de lui. Et si seulement Kurama avait entendu les mots prononcés cette nuit-là... Si seulement… A quoi bon maintenant les mots. Il n'était plus là.
Lui qui n'avait jamais eu quelqu'un à qui parler, à qui penser, il comprenait ce que c'était d'avoir un être cher dans sa vie. Et il ne voulait pas perdre ça avant d'en avoir profité. Avant de lui avoir parlé. Les mots prenaient une importance qu'ils n'avaient encore jamais eue. Une urgence qui l'envahissait.
Il ne pouvait pas perdre Kurama avant de lui avoir dit ces mots. Il le perdrait peut-être après, s'il ne voulait pas de lui, mais pas avant.
Il se leva et rejoignit Yusuke qui lui tournait le dos. Sans un mot, ils se dirigèrent ensemble vers la ville.
Ils s'arrêtèrent dans une taverne mal famée. Ils avaient besoin d'un abri pour la nuit et ils mourraient de faim.
Yusuke questionna le tenancier, mais celui-ci les regarda d'un air mauvais et fit mine de s'en aller. Il ne marmonna qu'il n'avait vu aucun yohko seulement quand Hiei lui attrapa le bras et le lui serra fortement en souriant d'un air féroce.
Ils s'attablèrent et mangèrent sans grand enthousiasme. Ni l'un ni l'autre n'éprouvait de plaisir à manger mais il fallait qu'ils retrouvent leurs forces pour le lendemain.
Ils montèrent ensuite directement dans leur chambre et se jetèrent sur leur lit. Yusuke s'endormit rapidement mais Hiei n'arriva pas à trouver le sommeil.
Beaucoup trop de pensées tournoyaient dans sa tête. C'était épuisant. Il n'avait pas l'habitude.
Une pensée revenait sans cesse : que fait-on quand son amour a disparu, n'existe plus, quand on sait qu'on l'a perdu sans espoir de le retrouver jamais ? Peut-on encore vivre ? Peut-on passer son existence à chercher, à regretter tout ce que l'on n'a pas fait ?
Y a t-il toujours moyen de réparer, d'avoir une autre chance quand on n'a pas su saisir la première ? Ou bien le temps est-il irréversible une fois qu'on a manqué l'instant ? Et surtout, comment vivre avec de tels regrets ? Ca ne faisait que quelques heures et il commençait déjà à devenir fou !
Il rejeta les couvertures et se leva. Il ne pourrait pas dormir de toute façon. Il n'avait pas l'habitude des villes et des espaces clos.
Il sortit par la fenêtre sans la refermer et sauta de toits en toits jusqu'à trouver les limites de la ville. Il gagna alors rapidement la forêt voisine et s'installa sur la branche d'un arbre.
Mais là non plus il ne réussit pas à s'endormir. Enervé, de très mauvaise humeur, il décida de regagner la ville.
Mais il n'était pas dans le même quartier que tout à l'heure. Grognant contre les agglomérations et leurs innombrables rues et maisons, il prit le chemin du sud de la ville où se trouvait leur auberge.
Soudain, en atterrissant sur le toit d'une habitation, il lui sembla humer une odeur familière.
Avait-il plu ? Il balaya toits et rues du regard. Tout était sec. Mais alors, cette odeur de plante après la pluie…
Kurama ! C'était l'odeur de Kurama ! Légère et volatile, il n'arrivait pas à en identifier la source. Mais il n'y avait aucun doute possible. C'était bien son odeur.
Sans qu'il s'en rende compte, sa respiration se fit plus facile, moins douloureuse et il s'aperçut avec surprise qu'il avait eu le cœur serré depuis l'instant où les yeux d'émeraude avaient disparus de sa vue.
Quelque chose de mouillé coula le long de ses joues. Il porta lentement sa main à son visage, incrédule. Il pleurait. Lui.
Il l'avait retrouvé. Il était vivant. Il allait le délivrer et l'emmener loin d'ici. Le cauchemar était terminé. Un hoquet lui échappa. Puis un autre. Des sanglots.
Il se plia en deux sur le toit, secoué de sanglots irrépressibles. Au fur et à mesure que coulaient ses larmes, l'angoisse qui lui étreignait le cœur s'envolait. Il mesurait avec effarement à quel point il avait eu peur.
Peu à peu, il se calma. Il devait trouver d'où venait l'odeur.
Il se concentra et sauta dans la rue. En humant l'air, il tourna à l'angle et prit une ruelle plus sombre. Il arriva devant une maison d'apparence insalubre et lugubre qui semblait être une auberge.
Il y eut un mouvement et la porte de la maison s'ouvrit. Hiei se cacha rapidement. Un homme sortit et scruta les environs. Il avait dû sentir son énergie. Sa main se serra sur la garde de son sabre.
Le type fit le tour de la maison et passant devant lui s'engouffra dans la ruelle. Hiei sortit de sa cachette et s'avança vers la porte restée ouverte.
C'était le moment. Le mec qui semblait le plus puissant était parti et il ne restait à l'intérieur que quelques yohkais de classe inférieure. Kurama était là, il le sentait.
Et tout alla très vite. L'attaque. Sa parade et sa riposte. Joli coup ! Attention, il avait l'air fort… Il fallait se méfier de la prochaine attaque.
Mais l'autre n'attaqua pas et se redressa. Il regarda Hiei de ses yeux d'un bleu glacial et sourit d'un air cruel et moqueur.
« -Il est inutile de te demander ton nom et la raison de ta présence, n'est-ce pas ? Tu es un ami de Yohko Kurama et tu viens le délivrer. Es-tu Yusuke ou Hiei ?
-Enfoiré ! Comment connais-tu l'identité de Kurama ? Comment connais-tu nos noms à Yusuke et moi ? Réponds au lieu de te marrer, connard !!
-Ts ts, ainsi tu es Hiei. Je ne t'imaginais pas…si petit. Je voyais plutôt un mec de la taille de Kurama, qui lui aille, si on peut dire. Enfin, pour répondre à tes questions, Jôji vous a trahi et nous a livré Yohko Kurama pieds et poings liés. Et je vous connais, Yusuke et toi parce que ce sont vos noms à tous les deux qu'il a crié à travers ses larmes.
-Espèce de salaud ! Que lui as-tu fait ? Si tu l'as seulement effleuré, t'es mort !!
-Tu veux savoir ce que je lui ai fait ? Rien du tout voyons ! Il vaut beaucoup trop cher pour que je m'amuse à abîmer la marchandise ! Mais sa peau est si douce et a un goût si suave…
C'en fut trop. Penser à ce que ce sadique avait dû infliger à son amour. A ce qu'il avait vu, caressé, embrassé quand lui n'avait osé dérober qu'un baiser. Imaginer les mains et la bouche de ce type sur Kurama…
Avec un hurlement de rage, Hiei attaqua. Au maximum de sa vitesse et de sa puissance, il se jeta sur le yohkai aux yeux translucides. L'épée de flamme trancha l'air et s'abattit sur du vide.
Le mec avait esquivé ! A cette vitesse ! C'était un classe S supérieur ! Changement de tactique. Il se prépara à lancer le kokhulyuha.
Mais l'autre ne lui en laissa pas le temps. Hiei ne comprit pas ce qui se passait. Il vit seulement le yohkai écarter les bras à l'horizontale et dessiner un cercle en augmentant de façon démentielle son énergie.
L'onde de choc électrique fut si puissante qu'elle le projeta à travers les quatre maisons qui formaient l'angle du quartier.
Avant de perdre conscience, Hiei entendit le yohkai murmurer :
« -Tu es pathétique. Je comprends pourquoi ce n'est pas de toi que Kurama est amoureux… »
- - - -
Kurama frissonna lorsqu'il aperçut le hameau surplombé de la masse noire et sinistre de la forteresse. L'endroit était lugubre malgré la lueur de l'aube naissante.
Yoshié était venu le chercher en pleine nuit. En descendant les escaliers, il s'était rendu compte qu'il avait eu un combat et l'espoir s'était emparé de lui.
Mais Yoshié l'avait ceinturé et rapidement entraîné. Il n'avait rien vu. Ni Yusuke. Ni Hiei. Seulement des murs écroulés et des maisons éventrées.
Et ils avaient repris la route en pleine nuit, à toute vitesse. Kurama refusait de se laisser aller au désespoir. Hiei et Yusuke étaient sur sa trace. Il en était sûr. Il avait confiance en eux.
Ils traversèrent le misérable village et pénétrèrent dans la forteresse où allaient avoir lieu les enchères.
Yoshié le fit descendre de la litière et l'entraîna rapidement dans un dédale de couloirs et d'escaliers, jusqu'à une pièce noire et froide à l'intérieur de laquelle il le poussa.
Lorsque la porte se referma sur lui, Kurama vit des mouvements dans l'obscurité. Il tourna la tête vers le coin où il avait vu bouger et s'aperçut qu'il n'était pas seul.
Il y avait une trentaine de yohkos. La plupart étaient dans un état misérable. Sales, les vêtements déchirés, des bleus et des traces de coups sur le corps.
Tous étaient extinctés. L'un d'eux avait une oreille en lambeaux. Un autre, couché sur le sol, avait semble-t-il été capturé grâce à un piège. Sa jambe était déchiquetée à partir du genou.
Kurama frémit d'horreur. Il s'approcha d'eux et s'assit par terre à côté d'un jeune yohko aux yeux humides qui frissonnait. Quel âge pouvait-il avoir ? Kurama sentit la colère et la haine s'emparer de lui. Voilà à quoi servait cette mission ! A empêcher cela !
Il sursauta en sentant quelque chose de chaud et d'humide se nicher dans le creux de son épaule. Le jeune yohko venait de se blottir contre lui et de cacher son visage contre son épaule. Il pleurait doucement. Kurama ne le repoussa pas.
Le temps passa. Combien de temps ? Kurama ne le sut jamais. Mais il entendit soudain une agitation se faire dans les étages inférieurs et gagner les couloirs adjacents.
La forteresse semblait se réveiller. Des pas se firent entendre dans le couloir qui menait à leur prison et les yohkos s'agitèrent eux aussi.
Soudain, la porte s'ouvrit et des gardes armés et costauds entrèrent et illuminèrent la pièce de leurs torches.
Aveuglé par la lumière, Kurama clignait des yeux quand il se sentit pris par l'épaule et brutalement mis debout et poussé dehors.
Un deuxième garde l'attrapa avec un rire gras et le serra contre lui en l'entraînant le long du couloir. Il essaya de se débattre mais le yohkai était trop fort. Il le portait presque et ses mains le palpaient sans douceur.
Les autres yohkos étaient emmenés de la même façon et beaucoup gémissaient. Kurama remarqua soudain que son gardien le traitait mieux que la plupart des autres. On faisait attention à ne pas trop l'abîmer.
La troupe arriva dans une grande pièce carrelée grossièrement. Là, on les tria. Les yohkos qui semblaient avoir le moins de valeur furent alignés contre le mur et deux gardes les lavèrent au jet.
Kurama serra les poings sous les rires des gardes et les glapissements de douleur. Ces enfoirés allaient lui payer toutes ces humiliations au centuple.
Il fut attrapé par le bras et tiré sans ménagement dans une autre pièce avec une petite dizaine d'autres yohkos, dont son jeune compagnon d'infortune.
Comme ils semblaient avoir plus de valeur, ils furent mieux traités et purent se laver dans des baquets d'eau chaude.
Lorsque Kurama sortit du bain, débarrassé de la boue qui le couvrait depuis son évasion ratée, il se sentit mieux. Il surprit aussi le regard avide des quatre gardes qui les surveillaient.
Un yohkai s'approcha de lui avec des vêtements et une petite fiole.
Kurama sursauta et eut un mouvement de recul en reconnaissant Yoshié. Celui-ci sourit cruellement et jeta les vêtements sur un banc. Puis il ouvrit la fiole et fit couler le contenant dans sa main.
C'était de l'huile parfumée pour le corps. Il s'approcha de Kurama et son sourire se fit plus acéré. Le yohko hésita. Résister paraissait vain et même dangereux. Mais il ne supportait pas l'idée de se laisser faire.
Il resta immobile, parfaitement droit, défiant Yoshié du regard. Celui-ci marqua un temps d'arrêt, sur ses gardes. Puis il s'avança rapidement et l'attrapa sans douceur.
Il commença alors à faire courir ses mains sur le corps de Kurama en souriant à nouveau. Mais le yohko ne détourna pas le regard et le fixa droit dans les yeux sans ciller. Yoshié acheva de passer l'huile. Son sourire s'éteignit, ses yeux s'étrécir et ses lèvres se pincèrent en une ligne fine et dure.
Kurama sourit à son tour, accentuant la colère de son geôlier. Il venait de remporter sa première victoire.
Mais il n'eut pas le temps de la savourer. Les gardes entraînèrent à nouveau la troupe de yohkos le long des couloirs et les firent entrer dans une grande pièce où ils les firent asseoir sur des bancs.
Dans la pièce d'à côté, les bruits de voix et de chaises indiquaient que les enchères allaient commencer et que les acheteurs étaient là.
Soudain, la porte s'ouvrit et deux yohkais gigantesques saisirent un yohko qu'il entraînèrent dans la pièce voisine.
Ce fut horrible. Les rires gras et les grognements. Les cris de chiffres et les applaudissements. Puis le silence et les pleurs à peine audibles.
Et la scène se renouvela. Une cinquantaine de fois. Jusqu'au clou de ces atroces enchères. Lui.
Lorsque la porte s'ouvrit finalement sur Yoshié, Kurama n'attendit pas qu'il vienne le prendre. Il se leva et s'avança la tête haute, la démarche assurée et le regard froid jusqu'à la porte.
Il s'arrêta devant Yoshié et l'affronta, regard de glace contre regard de glace. Et le sourire sadique perdit de son arrogance et de sa superbe.
Puis le yohkai se ressaisit et attrapa Kurama par le bras et le tira dans la pièce.
Le yohko se retrouva sur une sorte d'estrade, aveuglé par les lumières de nombreuses torches. Tout d'abord, il ne vit rien. Puis il distingua un grand nombre de yohkais qui le dévoraient du regard.
Lorsque Yoshié le présenta et annonça son nom, les yohkais furent d'abord stupéfaits puis se déchainèrent. Il y eut une tempête de sifflets et de moqueries voire d'insultes.
Mais Kurama ne flancha pas. Il conserva son calme et ne baissa pas les yeux. En contemplant cette foule déchaînée contre lui, il retrouva même son sang-froid légendaire et un sourire méprisant se dessina sur ses lèvres.
Face à son attitude, la foule se déchaîna de plus en plus. La haine à son encontre monta d'un cran. Parfait. Bientôt, ils allaient se battre les uns avec les autres dans leur folie. Ce serait le moment de s'échapper.
Mais une fois de plus, Yoshié vint contrecarrer son plan. Kurama ne l'avait pas vu bouger et ne perçut sa présence que lorsqu'il sentit sa main se poser sur son épaule.
D'un mouvement sec et précis, il dénoua le drapé de son vêtement et Kurama se trouva nu sous les regards des yohkais ébahis. Immédiatement, le désir et la concupiscence remplacèrent la colère et la haine et le silence tomba sur la foule.
Immense. Impressionnant. Sous le feu avide des yeux fixés sur lui, la rage au cœur et des larmes d'humiliation aux yeux, Kurama baissa la tête et croisa les bras sur son corps. Il tremblait de haine et de colère.
Le vendeur entama alors les enchères. Elles montèrent rapidement et bien des yohkais furent vite contraints à l'abandon.
Il ne resta finalement que trois yohkais en lice. Les prix avaient atteint des sommets vertigineux. Soudain une voix encore inconnue, venant d'un coin sombre annonça un chiffre faramineux.
Le silence se fit. L'inconnu proposait le triple de la dernière mise ! Les trois acheteurs restants en course s'inclinèrent et Kurama fut adjugé à l'inconnu.
Celui-ci se leva alors de son siège et s'avança vers l'estrade. Lorsqu'il apparut en pleine lumière, Kurama blêmit. Il venait de reconnaître, comme tous, un marchand d'esclaves et receleur de biens volés d'une grande fortune et d'une grande cruauté.
Il s'appelait Kôsui et Kurama avait déjà traité avec lui autrefois. Il lui avait fait des avances que le yohko avait repoussées avec mépris. A présent, le misérable tenait sa revanche et son sourire disait qu'il en était conscient.
Il monta sur l'estrade accompagné de quatre yohkais portant une énorme caisse visiblement très lourde. Yoshié l'ouvrit. Elle était pleine à ras bord de pierres précieuses. Les yeux de glace s'animèrent devant cette immense fortune et le yohkai fit signe à Kôsui de s'emparer de son bien.
Kurama recula devant les mains grasses qui se tendaient vers lui. Non ! Non ! Hiei !
La porte vola en éclats dans un grand bruit et un reygun força Kôsui à se jeter en arrière.
« - Yusuke !! Enfin vous voilà !!
-Kurama ! Est-ce que tu vas bien ? Tu n'es pas blessé ?
-Non Yusuke, tout va bien ! Mais je ne peux pas me battre, Yoshié m'a extincté ! Je n'ai plus de pouvoirs.
-Ouais, je sais ! Hiei m'a raconté.
-Hiei ? Il est là ? Il est venu ?
-Ben ouais. Il arrive. Mais à deux ça va être juste. Planque-toi. Qu'on ait pas à s'inquiéter pour toi. »
Kurama obéit et se glissa sous l'estrade au moment où Hiei faisait irruption dans la salle, le sabre à la main. Le combat fut féroce. Yusuke et Hiei semblaient hors d'eux. Jamais Kurama ne les avait vus faire preuve d'autant de cruauté.
Et ça lui fit plaisir. Il leur avait manqué. Ils avaient eu peur pour lui, donc ils tenaient à lui. Yusuke. Et Hiei ! Le cœur du yohko se réchauffa à cette dernière pensée. Finalement cette mission avait servi à quelque chose.
Soudain deux bras le ceinturèrent et le sortirent de dessous l'estrade, tandis qu'une voix grasse murmurait à son oreille :
« -Tu m'appartiens ! Je t'ai payé assez cher pour pouvoir profiter de toi et me venger de ton mépris. Je ne voyais pas les choses comme ça mais tant pis ! Je te posséderai au moins une fois. »
Hiei voyait rouge. Pas seulement à cause du sang. C'était toute son angoisse, toute sa colère et toute sa douleur qui brouillait sa vue. Tout son amour aussi.
Et le sabre volait, découpait. Rien ne pouvait l'arrêter.
Yusuke était dans le même état. Son shot-gun balançait des décharges d'énergie et balayait les yohkais par dizaines.
Toute leur frustration et leur impuissance s'évacuaient d'eux et s'abattaient de façon sanglante sur les responsables de leur torture.
Ils avaient retrouvé Kurama. Il était en vie. Il allait bien. Tout allait bien.
Et puis le cri. Un cri de détresse et d'angoisse ! Kurama ! Kurama !
Où était-il ? Hiei ne le voyait nulle part. Il tourna la tête frénétiquement et se figea d'horreur.
Son amour à terre et ce gros yohkai sur lui. Et ses mains qui, son corps qui… Le dragon noir rugit hors de lui à la seconde et se précipita sur Kôsui en même temps que le reygun de Yusuke.
Il y eut une explosion. Le yohkai aux yeux de glace se trouvait devant lui et lui bloquait le passage tandis que Yusuke se précipitait sur Kôsui. A la grande surprise de Hiei, le gros yohkai n'était pas mauvais du tout et arrivait à tenir tête au détective.
Il fallait qu'il fasse quelque chose ou bien ils allaient céder sous le nombre, avec ces deux yohkais de classe S.
Que faire ? Comment réussir à libérer Kurama à deux ? En plus, il avait déjà utilisé un kokhulyuha, il n'allait pas tarder à sombrer dans le sommeil. Ils ne pouvaient pas attendre les autres !
Déjà les autres yohkais s'interposaient entre Yusuke et Kurama et entraînaient le yohko malgré sa résistance.
C'est vrai. Kurama n'avait plus de pouvoir. Comment faire pour lui donner une chance ? Déjà Kôsui venait de terrasser Yusuke avec une sphère d'énergie et s'emparait de Kurama.
Et soudain la solution s'imposa à lui avec force et évidence. Il allait prendre un risque énorme. Peut-être même mourir. Mais pour lui, ça en valait tellement la peine !
Hiei ferma les yeux et sourit à l'idée qu'il avait autrefois jugé ridicule de mourir pour quelqu'un d'autre. Au moment où Yoshié lançait son attaque, il déchaîna le dragon noir.
Le yohkai fut balayé.
Kurama se sentit soulevé de terre et emporté par Kôsui. Il tendit la main vers Yusuke et cria son nom avec terreur. Non ! Pas si près du but et de la liberté !
Yusuke attrapa sa main et s'y cramponna malgré ses blessures et les coups des yohkais. Il n'allait pas tenir longtemps. Ils allaient emporter Kurama.
Il mit Kôsui en joue et replia son index. Son dernier coup. Tant pis pour sa vie si Kurama était sauf. Il tira.
Au moment où le reygun atteignit Kôsui, celui-ci utilisa une protection magique et réussit à dévier le coup. Yusuke retomba épuisé. C'était fini. Kurama sentit son cœur se serrer et les sanglots étreindre sa gorge.
Et d'un seul coup la puissance et l'énergie affluèrent dans son corps. Les plantes se multiplièrent et envahirent toute la salle.
Kôsui tomba à genoux, les yeux emplis d'horreur devant une plante carnivore qui se jeta sur lui et le dévora. En un instant, le combat s'acheva. Il n'y eut aucun survivant.
Kurama balaya la pièce du regard et identifia Yusuke, à moitié enseveli sous les corps. Il se précipita et le dégagea. Le détective ouvrit les yeux et lui sourit.
« -Waow, je veux bien me battre tous les jours pour me réveiller sur une vision pareille ! »
Le yohko baissa les yeux et rougit violemment en constatant sa nudité. Dans le feu de l'action, il avait oublié sa tenue plus que légère. Honteux, il se détourna.
Mais Yusuke le retint par le bras et le saisit par le menton. Il lui releva la tête jusqu'à croiser les yeux d'or.
Lorsqu'il plongea dans le regard de Yusuke, Kurama frissonna très doucement sous l'intensité des yeux bruns. Le temps sembla se figer quand le détective se pencha vers lui. Durant un instant à la fois très long et très court, le visage de Yusuke s'approcha lentement du sien.
Par-dessus l'épaule du détective, Kurama aperçut alors deux yeux écarlates agrandis de surprise et, lui sembla-t-il, de désespoir.
Pourtant il ne fit rien pour arrêter Yusuke, pour l'empêcher de l'embrasser. Au contraire. Sur le visage contracté de détresse de Hiei, il ferma les yeux et rendit le baiser.
« -Je t'aime, Kurama. Quand j'ai cru t'avoir perdu, j'ai su que je devais te le dire. Je t'aime. Je t'ai toujours aimé. J'ai quitté Keiko parce que je t'aimais. Je t'aime. »
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Yusuke m'aime. Je crois qu'au fond je l'ai toujours su. Mais la différence, c'est que maintenant, je suis prêt à accepter ses sentiments. Il m'a embrassé et je ne l'ai pas repoussé. J'ai aimé son baiser. Oui. Vraiment, j'ai aimé ça. Je suis heureux. Libre. Et satisfait. J'aime certainement Yusuke. Tout est bien.
Alors pourquoi est-ce que je vois ses yeux douloureux ? Pourquoi je suis heureux de constater qu'il souffre ? Pourquoi la détresse que je lis dans ses yeux rouges me fait plaisir et me remplit aussi de honte ? Pourquoi ai-je envie de m'élancer vers lui pour le prendre dans mes bras et lui dire que je me suis trompé, que c'est par lui que je veux être embrassé, aimé ?
Pourquoi n'est-ce pas lui qui m'a sauvé, qui a eu peur de me perdre ? Pourquoi n'est-ce pas lui qui m'a dit ces mots ? Parle-moi, je t'en prie, Hiei, avant qu'il ne soit trop tard. Si je représente quelque chose pour toi, si c'est de la douleur et du désespoir que j'ai vu sur ton visage quand Yusuke m'a embrassé, parle-moi ! Juste trois mots pour que tout soit simple, pour que tout soit bien. Trois mots. Juste trois mots. Ce n'est rien. Tu peux bien me dire ça… Hiei…
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Ouf ! Terminé. Plus ça va et plus mes chapitres sont longs et difficiles à écrire, et moins ils sont lus d'après les stats ! Vivement que je termine cette fic ! Heureusement qu'il y a ma Shunelodie (Je peux dire ma Shunelodie ?) et que je n'aime pas laisser quelque chose d'inachevé ! Enfin, promis j'arrête bientôt de vous torturer car le septième chapitre est le dernier ! j'essaie de le poster dans la semaine.
