Chapitre 6

Cela faisait maintenant trois jours qu'elle attendait, trois longs et interminables jours. Elle dépérissait Elle se sentait étouffé entre les murs de ce palais. Aro se faisait de plus en plus pressant. Il ne la laissait rarement seule. Il était sans arrêt aux aguets, le moindre de ces mouvements étaient observé. Elle ne pouvait faire un pas, sans avoir la présence d'Aro derrière elle. Avait-elle fait le bon choix ? Elle aurait dû s'en fuir lorsqu'elle en avait eu l'occasion.

Mais un jour, alors qu'elle ne si attendait pas, Aro partie en voyage. Il lui informa que ce n'était que pour un jour ou deux et qu'il reviendrait vite. Elle s'était contentée d'hocher gentiment la tête et mais jouissait intérieurement de cette occasion si rare. Malheureusement pour elle, Aro la fit suivre par les gardes. Il savait très bien qu'une occasion pareille pouvait donner des idées d'indépendance à la belle, et ça il ne le voulait absolument pas.

Sur le balcon de sa chambre, Bella était en pleine lecture du roman Mme Bovary de Gustave Flaubert. Cela racontait l'histoire d'une jeune femme romantique rêvant d'amour enflammé, de bourgeoisie distingué et d'une vie palpitante. Mais cette pauvre fille bercée d'illusions, comparant la vie réelle, aux univers passionnants et héroïques de ses romans finit malheureusement engloutit par la dure réalité de la vie. Bella n'aimait pas cette femme, elle avait tout à porter de mains, un mari certes fade et pas très intéressant mais qui l'aimait tout de même, une petite fille adorable, et une vie aisée. Pourtant elle avait tout gâché avec des désirs égoïstes et gamins. Bella avait toujours rêvé avoir une vie comme ça, une vie simple, sans complication. Loin de toute animosité, jalousie ou cupidité.

La belle, essaya de se plonger dans ses souvenirs. Malheureusement ou heureusement, cela dépend du point dans lequel on le prend, depuis le jour sa transformation, les souvenirs de sa vie avaient été effacé. Elle savait pourtant que son ancienne vie était un enfer. Elle ne savait pas dire pourquoi mais à chaque fois qu'elle tentait de se rappeler de quelque chose. Une boule se formait dans son ventre et tirailler dans tous les sens. Son cerveau refusait qu'elle se souvienne, peut-être que ce qu'elle avait vécu était si dure, que son esprit en voulant la protéger occulter ses souvenirs ?

Quelque chose la sortit de sa lecture, du bruit se faisait entendre dans le couloir, elle se leva pour aller voir quand tout à coup sa porte s'ouvrit dans un fracas monstre. La jeune vampiresse, sursauta de stupeur, lorsqu'elle vit qui était à l'entrée de la porte. Lorsqu'il la vit, habillé d'une simple chemise de chambre blanche, il détourna le regard gêné. La lumière venant de la fenêtre jouait malicieusement avec le tissu fin de la belle, et lui permettait d'entrevoir les lignes gracieuses de la jeune femme. Edward, toujours en train de fixer le mur devant lui, tendit sa main vers Bella. Cette dernière après un court moment d'hésitation, accepta sa main, et au moment même où sa peau toucha celle du beau vampire, il l'entraina à toute vitesse en dehors du palais.

Elle se demandait ce qui était arrivé aux gardes, c'était étrange qu'ils ne soient pas encore intervenu. La jeune Volturri regardait sans arrêt derrière son épaule, guettant l'arrivée des hommes en noirs. La voix ténébreuse du vampire aux cheveux cuivrés la coupa dans sa vérification.

« -Ne t'en fait pas, les gardes ne nous suivront pas ou du moins pas pour l'instant…Disons qu'ils ont d'autres préoccupations… » S'exclama-t-il d'un ton malicieux. On aurait dit un gamin fier d'avoir monté un plan génial.

Bella se laissa guider volontiers au rythme du bel apollon. Elle ressentait de nouveau cette adrénaline, qui la griser. Ce sentiment de braver les interdits, la rendait totalement euphorique et tout cela c'était grâce à ce garçon. Il lui rendait sa liberté.

La nuit était à présent tombée, les deux fugueurs s'arrêtèrent au milieu d'un champ de blé venant à peine d'être labourée. Bella, s'effondra littéralement par terre. Lorsque qu'on devient un vampire, la fatigue n'est plus quelque chose qu'on doit se soucier, et pourtant à cet instant la belle était exténuée. Pas physiquement mais moralement. Toute cette course effrénée avait été encline aux doutes, à l'incertitude, à la peur d'être retrouvé par Aro. Elle s'était imaginé des centaines et centaines de scénarios possibles, celui qui l'effrayait le plus était de loin celui où Aro s'en prenait à Edward par vengeance. Et malheureusement pour elle, c'était sans doute le cas le plus probable. Edward vint s'allongé aux côtés de la jeune femme. Et lui prit la main, d'un geste de tendresse. Il lui caressa la main avec son pouce. Elle tourna la tête vers lui, et lui offrit un sourire timide. Elle aurait voulu lui merci, mais les mots ne pouvaient sortir de sa bouche.

« -Tu as vu j'ai tenu ma promesse. » Dit-il en souriant de toutes ses dents. Bella ne put s'empêché de rigoler, il avait une tête si adorable, et innocente. Elle lui enviait d'ailleurs cette insouciance, lorsqu'elle fermait les yeux et qu'elle pensait à lui, elle le voyait s'envoler tel un ange. Il volerait avec insouciance au grès du vent sans penser à rien d'autre. Libre de tout, et obliger de rien.

« - Que voudrais-tu faire maintenant ? » Sa voix était maintenant basse, un murmure presque inaudible qui permettait en quelque sorte de renforcer la bulle qu'ils s'étaient créés, ils n'étaient que eux deux et le reste du monde importait peu.

Bella réfléchissait à la question du jeune homme. Que voudrait-elle faire ensuite ? Maintenant qu'elle n'avait plus d'entrave, elle était libre de faire ce qu'elle veut. Ce moment elle en avait rêvé pendant vingt longues années. Et maintenant rien ne lui venait ? Elle avait simplement envie de rester allongé et de regarder le ciel en compagnie d'Edward. Pour l'instant c'est tout ce qu'elle désirait.

Elle haussa les épaules voulant signifier « peu importe », le jeune vampire s'amusa de l'attitude faussement nonchalante que voulait se donner la belle. Il attrapa un bout de paille à côté de lui et se mit à le mâchouiller comme les cowboys. Bella le regarda alors surprise, pour sa part il n'était pas le type de personne à faire ce genre de chose. Elle le voyait plus avec une tasse de thé à la bouche plutôt qu'un bout de paille. Elle décida de limiter, elle s'amusait à le faire bouger dans tous les sens et s'en server également pour taquiner Edward en lui caressant le bout du nez. C'est alors que dans un mouvement de rébellion, le garçon se plaça au-dessus du corps la jeune femme et lui maintenait fermement les poignets pour obliger la belle à se soumettre. Le garçon fit une moue en faussement en colère, espérant décrocher les rires de la belle. Très loin de l'effet désirait, la jeune vampiresse affichait une expression figeait par la peur. Ses yeux semblaient ne pas le voir, on aurait dit que derrière lui, se trouvait un monstre terrifiant.

Bella sentit de nouveau son ventre se tiraillait dans tous les sens, comme prêt à tout moment à se déchirait. Elle voyait le corps d'un homme, mais pas son visage. Il la tenait comme maintenant, mais il la tenait tellement fort, qu'elle était capable de ressentir toute la douleur dans ses poignets. Cet homme lui criait dessus, non, lui hurlait dessus. Elle ignorait ce qu'il disait, seule des bourdonnements sourds parvenaient à ses oreilles. Elle avait envie de se libérer de son emprise, mais elle ne pouvait pas, il était trop fort, elle avait beau de débattre comme une folle, l'homme était toujours plus fort qu'elle. Elle pleurait, elle avait envie de crier, mais la peur la paralysée, et seuls des gémissements brisés par les sanglots parvenaient à sortir de sa gorge. Elle avait mal. Elle avait honte. Au bout d'un moment, elle ne se débattait plus, elle en pouvait plus, ces larmes avaient cessé de couler, ses yeux étaient vitreux et n'affichait plus aucune expression. Mais ce monstre, oui, ce monstre abject, il continuait. Il continuait à lui faire du mal…

Edward était pétrifié, il ne savait pas comment réagir, la jeune femme était prise de violentes convulsions. Il était dépassé par la situation. Jamais Carlisle ne lui avait appris comme réagir dans ce genre de situation. Il se sentait comme dans ses premiers jours en tant que vampire, il était désorienté, tous ces sens étaient en ébullitions, se frappant, se cognant entre eux dans son cerveau. Il avait peur. Il était démuni, et comme dans ces premières années vampiriques, Edward s'apprêtait à agir par instinct animal.

Il s'installa derrière Bella, et la cala contre son torse. Il l'entoura de ses bras puissants, lui maintenait les épaules. La jeune vampiresse s'était agrippés à ses avants bras comme si il s'agissait d'une bouée de sauvetage. Dans geste tendre et doux, il la balança d'avant en arrière comme dans un landau et se dernier chuchota au creux de son oreille, le début d'une berceuse. Les soubresauts s'atténuèrent peu à peu. Elle resta un moment dans les bras du beau vampire, elle avait les genoux repliés et avait callé sa tête à l'intérieure, on aurait pu croire que la jeune fille était en train de pleurer, mais non, les vampires ne pleure pas. C'était une punition dût à leur condition de prédateur de la nuit. Un monstre qui torture aveuglement les autres ne pouvait en aucun cas avoir le droit de pleurer. Autant allez jusqu'au bout des choses, autant leur enlevé tous ce qui avait fait d'eux des humains.

Tout à coup une lumière s'alluma dans l'obscurité de la nuit. Il s'agissait sans doute du propriétaire de ce terrain. Edward se leva d'un bond, Bella s'apprêtait de faire de même quand tout à coup pour sa plus grande stupeur, il la souleva comme une plume et la porta dans ses bras. Elle le regarda alors des yeux aussi gros que des soucoupes. Le garçon se mit à courir à toute vitesse, fixant un point fixe dans l'horizon. Il semblait préoccupé.

« -Je suis désolé Bella, pour ce qui passait tout à l'heure, c'était de ma faute. Je n'aurais pas dut… » La jeune femme plaça sa main glacé sur la joue du bel adonis, et lui fit comprendre qu'il n'avait pas en s'en vouloir, puisque elle-même ne lui en voulait. Pour la belle, ce garçon était son réconfort. Il était à la fois doux, fort mais en même temps très vulnérable.

Edward jeta un regard furtif vers la belle, elle avait les yeux clos. On aurait pu croire qu'elle était endormie. Lorsqu'il regardait cette jeune femme qui semblait aussi fragile que du verre, il voyait une femme meurtrie par de profondes blessures. Elle ne pouvait pas parler et pourtant elle disait tout à partir de son regard, ses gestes, ses expressions. Edward pouvait facilement voir que chaque mouvements quelle faisait était comme si elle supportait un poids incommensurable sur les épaules. Elle n'en pouvait plus, et cela se voyait dans ses yeux. Lui, son souhait le plus cher était de la libérée de cette chaine qui l'entravé et l'empêcher d'être heureuse. Et pour cela, il était prêt à tout…