Hallo die Freunde ! (je vais vite sécher à ce rythme^^)

Bon, je vais commencer par la minute 'doléances' :

- Mille pardons pour avoir tardé à poster ce chapitre, mais voyez-vous, je suis en vacances actuellement et contrairement à ce qu'on peut penser, j'ai moins de temps pour écrire…Mais les délais sont encore raisonnables, non ? ^^

- Ensuite, je tiens à m'excuser pour ne pas avoir répondu aux reviews cette fois-ci. Vu le retard, j'ai préféré poster le chapitre plutôt que de prendre une journée en plus consacrée aux replies. Vous ne m'en voulez pas trop ?

Donc je vais faire une réponse collective : ENORME MERCI POUR TOUS VOS COMPLIMENTS ET ENCOURAGEMENTS ! Vous ne pouvez pas savoir comme ça fait plaisir, je saute partout quand je lis vos reviews.

Je voudrais décerner une mention spéciale à Magda88 et Mamie Cullen : vous craquez les filles !! Mais ne vous arrêtez pas, moi je suis morte de rire devant mon écran ! Je vous adore ! (au fait c'est pas des doses de Mickey qu'Eddy se sert quand il boit du whisky, quand je dis 'verre', c'est bien des verres pleins ^_^)

J'allais oublier : Oriasi tu veux que je te prévienne, il me faut un moyen de te joindre !^^

Bon j'arrête avec les blablas, je vous ai déjà fait assez languir !

Enjoy it !

Chapitre 6 : Bombe à retardement

« Bella, il faut absolument qu'on se voit cette semaine, tu es libre mercredi après-midi ? » demanda Alice avec sourire alors que nous quittions la table pour partir.

« Euh…oui, je pense » répondis-je avec hésitation. Alice était une fille très agréable, mais je n'avais pas imaginé créer des liens avec la famille d'Edward en-dehors des 'représentations'.

« Bien, je passerai te prendre à 15h, on va bien s'amuser tu vas voir ! » s'écria-t-elle en tapant dans ses mains.

« Attends, je vais te donner l'adresse » répondis-je en cherchant un stylo dans mon sac.

« Je sais encore où habite mon frère Bella ! » ria-t-elle.

Je relevai la tête et me figeai instantanément. Elle croyait que j'habitais chez Edward. Évidemment, quel couple fou amoureux ne voudrait pas vivre ensemble ? Je croisai le regard d'Edward et je vis qu'il était aussi choqué que moi à la réalisation de ce que cela allait impliquer.

POV Edward

J'inspirai et expirai plusieurs fois pour tenter de calmer mes nerfs et me recomposer le visage avant d'affronter les autres. Quand j'arrivai dans le salon, Alice avait le regard pétillant et tenait la main de Bella, quant à Emmett, il avait le même air qu'un enfant découvrant ses cadeaux de Noël au pied du sapin, mais à qui on aurait interdit d'y toucher. Rosalie, elle, se tenait à l'écart et les bras croisés sur son torse, ses yeux exprimaient la colère. Je me doutais qu'elle allait mal le prendre. Rosalie était une chic fille mais son esprit de compétition était une véritable plaie, et là, Bella venait de la doubler à plates coutures dans la course au mariage. Puéril.

Lorsque je m'approchai de Bella, je décidai de lui montrer que je pouvais moi aussi jouer mon rôle et lui tendis ma main pour qu'elle la prenne. Mais à ma grande surprise, elle me fit un sourire et glissa son bras derrière ma taille, me prenant totalement au dépourvu. Ne pouvant pas faire autrement, je passai mon bras autour de ses épaules mais pour éviter de penser que je la tenais contre moi, il fallait que je me change les idées.

« J'espère qu'ils ne t'ont pas trop embêté… » chuchotai-je à Bella en repensant aux deux zigotos en face de moi qui n'étaient autres que mon frère et ma sœur.

« Tu rigoles Ed ? Elle a déjà réussi à avoir Emmett ! Elle a de l'avenir dans notre famille, je te le dis » dit Alice avec excitation en me lançant un regard qui à coup sûr voulait dire 'et tu sais qu'aucune fille n'a réussi à le rembarrer'.

Et voilà ! Je m'absentais trois minutes et Emmett avait déjà essayé de mettre mal à l'aise Bella. Mais connaissant cette dernière, je me doutais qu'elle n'allait pas se laisser faire. J'étais ravi.

« Pourquoi ne suis-je pas étonné ? » dis-je en regardant la principale intéressée dans mes bras.

Dans mes bras …

Rappelle-toi Cullen, c'est de la comédie.

« Les enfants, je vous propose d'aller sur la terrasse prendre quelques rafraichissements pour profiter des derniers rayons du soleil, et attendre que le diner soit prêt » dit ma mère. Je ne l'avais même pas vu sortir de la cuisine. Elle souriait, mais ça ne voulait pas dire grand-chose car ma mère souriait tout le temps. Elle sortit à l'extérieur avec le plateau qu'elle portait sur les bras et tout le monde la suivit.

« Ça va ? » demanda Bella en fronçant les sourcils puis en se dégageant de notre étreinte.

« Je ne sais pas trop…mes parents ne l'ont pas vraiment bien pris mais je m'y attendais, je peux comprendre. Et toi ? » demandai-je.

« Ta future belle-sœur ne me porte pas dans son cœur et je ne sais pas trop pourquoi, mais ton frère et ta sœur sont charmants. ». Bien sûr qu'Emmett et Alice étaient charmants, qui n'aimait pas le joyeux Emmett et la sympathique Alice ? « T'aurais pas été adopté des fois ? » ajouta-t-elle en blaguant.

« Très drôle Bella. Garde tes vannes pour mon frère » répondis-je avec irritation. Elle savait vraiment appuyer là où ça faisait mal. Et elle pouvait toujours lever les yeux au ciel, ça m'était bien égal.

« Ils t'ont posé des questions ? » demanda-t-elle. Je repensai rapidement à la discussion dans la cuisine.

« Si ce n'est que mon père m'a soupçonné d'être soul le jour du mariage, que je t'avais mise enceinte, ou que tu courais après mon compte en banque, non, on a pas eu l'occasion de rentrer dans le vif du sujet. » répondis-je en regardant dehors. Ils étaient tous entrain de s'installer sur la terrasse et parlaient sous le manteau. On devinait aisément le sujet de conversation. « Et de ton coté ? » demandai-je à mon tour en reportant mon attention sur elle.

« C'est pareil, j'ai juste dit qu'on était marié depuis jeudi, c'est tout ».

J'acquiesçai lentement en regardant une nouvelle fois dehors. Il allait falloir être bons dans nos mensonges.

« Il faut qu'on aille les rejoindre » dit-elle en me tirant de mes pensées.

Lorsque nous les rejoignîmes, nous nous installâmes sur le canapé qui était resté libre. Ma mère fit passer une assiette de toasts tandis que mon père débouchait une bouteille de vin blanc. J'étais en pleine réflexion quand soudain, Bella se déplaça et vint se coller contre moi. Sur le coup, je me demandai ce qui lui prenait, puis elle me regarda avec insistance et un coup d'œil sur le reste de ma famille me suffit à comprendre. Prenant sur moi, je levai le bras pour que Bella se place contre moi.

A ce moment là, tout devint confus. J'avais l'impression d'être dans une bulle, j'étais incapable de me concentrer sur ce qui se passait autour de moi tant le parfum sucré et floral de Bella embaumait. Je voyais ses lèvres bouger, j'entendais certains mots échangés mais je ne comprenais rien. Je n'avais conscience que d'une chose : Bella était blottie contre moi et discutait avec ma famille.

Cullen reprends-toi ! Cette fille est entrain de t'ensorceler ! N'oublie pas que tout ceci est une illusion, tout ceci n'arrivera jamais. Alors redescends sur terre !

J'écoutai mon moi intérieur et me reconcentrai sur la conversation

« Quelle sorte de travail ? » entendis-je ma mère demander. J'espérais que je n'avais pas loupé l'essentiel. Je regardai ma famille, ils étaient tous pendus aux lèvres de Bella sauf Emmett. Celui-ci la regardait avec insistance en fronçant les sourcils. J'aurais mis ma main au feu qu'il cherchait où il avait déjà vu Bella.

« Eh bien, j'étais serveuse en restaurant » répondit Bella.

On arrivait sur un point sensible. Le plan était de raconter que Bella et moi nous étions rencontré lors d'un banal accrochage en voiture à la sortie de son service.

« Tu étais ? » s'étonna Rosalie. Je serrai la mâchoire, Rosalie aimait beaucoup chercher le petit détail qui ferait mouche.

« Oui je viens de démissionner suite à des problèmes relationnels avec mon patron » répliqua Bella. Elle jouait avec le feu, mais notre plan était encore plausible à se stade.

« C'est donc là que tu as connu mon fils j'imagine, Edward était un client. » en conclu ma mère avec satisfaction. Je retins ma respiration.

« Oui » dit Bella avec absence.

Non ! Putain de merde Bella !

« Quel genre de restaurant ? » continua-t-elle avec sourire. Là, je ne pouvais pas laisser Bella continuer à parler.

« Pizzéria » dis-je.

« Poissons » dit-elle en même temps que moi.

Merde de merde de MERDE !

« Pizzéria ou poissons ? » demanda naturellement mon père.

« Ça y est ! »s'écria Emmett. Je soufflai d'exaspération.

« Je savais bien que je t'avais déjà vu Bella ! Tu travaillais au restaurant de poissons et fruits de mer sur la 6th avenue ! J'y suis allé une fois avec- »

« C'est bon Em on a compris » dis-je sèchement pour éviter qu'il aille plus loin.

C'était à cause de lui si j'avais mis les pieds dans ce restaurant de poissons. Il m'y avait trainé de force, et ce jour-là, j'avais vu Bella pour la première fois. C'est à partir de ce jour que je m'étais retrouvé presque tous les midis dans ce fichu resto sans savoir pourquoi, à partir de ce foutu jour que ma vie était partie en sucette, à partir de ce jour que je me forçais à manger du poisson alors que ça me donnait envie de vomir.

Car voilà le problème. Je détestais le poisson et tout ce qui sortait de la mer. Pire je les haïssais, et ça, tout le monde le savait ici. Voilà pourquoi Emmett me regardait avec un sourire stupide et voilà pourquoi les autres me regardaient comme s'il voyait la chose la plus attendrissante au monde en face d'eux.

« Ça fait longtemps que vous vous connaissez ? » demanda Alice avec un ton suspicieux.

« Presque un an je dirais. » répondit Bella. Je bouillais au fond de moi. J'étais grillé en beauté. Si j'avais demandé à Bella de jouer le jeu c'était pour éviter ces regards de compassion, résultat, c'était pire qu'avant. Et voir Emmett sourire comme un bêta n'aidait pas à me sentir mieux.

« Ça fait presque un an que vous vous tournez autour, et on ne savait même pas ça ?! » continua Alice.

En réalité, c'était beaucoup moins que ça Alice…

« Euh non, c'est que… » bafouilla Bella. Elle était en détresse et il était temps que j'arrête de ruminer pour venir l'aider et tenter de sauver la face.

« On est sorti ensemble pour la première fois il y a peu de temps » mentis-je.

« Oui vous savez comment est Edward, il est long à la détente ! Il s'est décidé à m'inviter, il y a quoi, trois semaines ? » demanda Bella en me regardant avec un faux sourire. Je venais à son secours et elle me remerciait en se moquant de moi, elle ne perdait rien pour attendre…

« Ça doit être ça… » répondis-je entre ses dents.

« Et puis les choses allant petit à petit…enfin voilà » ajouta-elle en me regardant à travers ses cils et en tapotant ma cuisse. Mon cœur eut un raté à ce moment. Elle…avait…sa…main…sur…ma…cuisse…Mais bordel ! Elle voulait ma mort ou quoi ? Ça l'amusait de me torturer ainsi ? Car c'était bien de ça qu'il s'agissait.

« Que font tes parents dans la vie Bella ? Ils sont au courant pour le mariage ? » demanda mon père. Je fus tout de suite ramené à la réalité par ses propos.

« Papa, je ne-» commençai-je.

« Non c'est bon » me coupa Bella. Elle inspira puis expira. « Mes parents sont décédés. J'avais quinze ans quand ils ont eu un accident de voiture. J'étais enfant unique et je suis allée vivre dans la famille de mon meilleur ami, Jasper. Aujourd'hui, ils sont ma seule famille ».

Elle m'avait déjà dit ça dans l'après-midi quand nous étions sur la jetée, mais l'entendre à nouveau me serra le cœur. Je ne la connaissais pas assez pour savoir comment elle gérait ça, mais ce genre d'événement marquait à vie. Etait-ce pour cela qu'elle était si incisive par fois ou était-ce simplement dû à son fichu caractère ?

« Ma pauvre chérie, je suis sincèrement désolée… » dit Esmé. Et voilà, ma mère venait de trouver une nouvelle âme à prendre sous son aile, j'étais désolé pour Bella. Mais à y réfléchir de plus près, si elle la prenait en pitié, peut être que ma mère oublierait plus vite cette histoire de mariage en douce.

« Merci, moi aussi je suis désolée » répondit Bella avec timidité.

Mes hypothèses furent vérifiées dans les minutes qui suivirent puisque personne ne revint sur notre couple ou notre union. Je savais qu'ils n'en pensaient pas moins mais ils avaient néanmoins eu la politesse de laisser le sujet tomber pour le moment.

Pendant les minutes qui suivirent, je guettais les attitudes des autres pour voir un signe de leur scepticisme ou autre émotion témoignant de leurs doutes. Mais bien que ce que je vis me rassura, je n'en restai pas moins énervé par la tournure qu'avait pris la situation. Aussi, quand tout le monde se leva pour passer à table, je retins Bella par le coude. Je voulais savoir pourquoi elle n'avait pas respecté notre stratégie.

« Pourquoi tu ne t'en t'es pas tenu au plan ? » chuchotai-je.

« Parce que tu crois que j'ai fait exprès peut être ?! Je fais ce que je peux Ed, mais c'est franchement pas facile quand tu as cinq pairs d'yeux qui te scrutent, et te font subir un interrogatoire et attendent le moindre faux pas. De toute façon, je t'avais prévenu que mieux on collerait à la réalité et moins on ferait de gaffes de ce genre » chuchota-t-elle à son tour avec véhémence.

« C'est pas facile pour moi non plus je te signale » répondis-je. Non seulement je devais affronter ma famille et leur mentir, mais en plus je devais supporter le contact rapproché de Bella.

« Je te rappelle que c'est toi qui a voulu ça Edward. » dit-elle entre ses dents.

Oui mais c'est à croire qu'elle fait exprès de rendre la chose difficile.

« Peut-être mais- » commençai-je.

« Embrasse-moi. » souffla-t-elle en me coupant la parole.

« Quoi ?! » m'exclamai-je doucement. Elle avait perdu la tête ou quoi ? Ils étaient tous rentrés !

« Embrasse-moi je te dis ! » me pressa-t-elle.

Il en était hors de question ! Je n'étais pas prêt à aller si loin dans la comédie. Car si je le faisais, je…je… je ne préférais pas y penser.

« Mais…non ! » m'écriai-je avec alarme comme si j'avais prononcé mes pensés à voix haute.

« Edward ne fais pas l'enfant et embrasse-moi, bon sang ! »

Elle s'énervait en plus ! Mais que voulait-elle de moi à la fin ? On avait aucun public, était-ce sa façon de me mettre mal à l'aise pour me faire une de ses blagues stupides ?

« Il n'y aucune raison pour- ». Mais elle ne me laissa pas finir ma phrase. Elle leva les yeux au ciel et dans la seconde qui suivit j'avais ses bras autour de mon cou et ses lèvres contre les miennes.

Totalement pris au dépourvu, je me tétanisai sur place. Au fond de moi une lutte intérieure faisait rage entre mon cerveau et mon corps. J'en étais venu à la conclusion qu'il fallait que je stoppe tout ça avant que je sombre, quand soudain, je réalisai que mes bras entouraient déjà sa fine taille pour la rapprocher contre moi. Mon corps m'avait trahi et je cédai. Tenant plus fermement Bella contre moi, je voulais profiter de ce moment par pur égoïsme, sans penser aux conséquences pour une fois, comme s'il s'agissait de la seule occasion que j'aurais de gouter ses lèvres. Mon cerveau totalement hors-circuit, je laissai mes lèvres se mouvoir en synchronisation avec les siennes, la laissant mener la danse, totalement à sa merci. De toute façon je n'étais plus en état de prendre une décision, ni à même de réfléchir. Je ne ressentais qu'une chose, cette connexion électrique entre nous deux.

Soudainement, sans comprendre ce qui arrivait, mon rêve prit fin et Bella se dégagea de notre étreinte, rompant le charme qui opérait. Elle avait reculé d'au moins un mètre et me regardait comme si j'étais le diable en personne. Avait-elle ressenti la même chose que moi ? Pendant quelques instant nous restâmes nous dévisager encore haletants. Je pouvais voir ses yeux faire l'aller-retour entre mes yeux et mes lèvres, mais elle ne dit rien. Tentant de recouvrer un peu de lucidité, je décidai de savoir pourquoi elle nous avait plongés dans ce joyeux bordel.

« Pourquoi ? ». Je fus surpris par ma voix rauque.

« Ta sœur, derrière la fenêtre. Elle nous regardait » dit-elle.

Ok, tout s'expliquait…C'était bien le genre à Alice d'agir comme ça. Mais je ne savais pas si cette explication me soulageait ou m'agaçait.

Tu n'espérais tout de même pas que Bella fasse ça exprès ? Rappelle-toi qu'elle ne fait ça que parce que tu le lui as demandé, pas parce qu'elle apprécie ta compagnie Cullen ! Elle est là pour ton assurance.

Avec détachement et professionnalisme.

Il allait falloir que je mette plus de distance entre nous après ce diner, c'était la seule solution.

« Merci… » murmurai-je par pure politesse. « Mais la prochaine fois, préviens-moi » ajoutai-je avant de partir vers la maison.

« La prochaine fois, écoute-moi » répondit-elle dans mon dos.

Tout le monde avait déjà pris place à table quand nous entrâmes dans la salle à manger. Je tirais la chaise pour pouvoir m'installer quand mes yeux glissèrent sur le visage de Bella. Sans aucune raison apparente, elle affichait un petit sourire en coin. Elle s'était foutue de ma gueule tout à l'heure ou quoi ?!

Enervé, je m'excusai auprès de tout le monde et partis m'isoler dans la salle de bain du rez-de-chaussée. Je pris soin de fermer à clé la porte derrière moi puis je me postai devant le miroir, les mains posées fermement de chaque coté du lavabo.

J'étais en colère contre Bella. D'accord, c'était moi qui lui avais demandé de jouer la comédie devant ma famille, je savais que c'était un jeu dangereux, mais avait-elle besoin de s'amuser avec moi de cette façon ? Je me sentais trahi et faible en face d'elle.

Je soufflai lourdement et fixai mon reflet. Certes j'étais en colère contre elle, mais surtout, j'étais en colère contre moi. Je ne supportais pas de voir mon corps réagir face aux agissements de Bella, en fait, je ne supportais tout simplement pas de perdre le contrôle et me sentir impuissant face aux émotions qui me submergeaient.

Je fis couler de l'eau fraiche et aspergeai mon visage pour tenter de m'aider à reprendre mes esprits. Une nouvelle fois, je relevai la tête et me regardai dans le miroir.

« Allez Cullen, tu peux le faire. T'as connu des situations bien plus tendues dans ton travail, alors tu vas arrêter de faire l'ado et agir comme un adulte sensé ! Tu ne vas certainement pas te laisser démonter devant une fille, c'est fini tout ça ! » chuchotai-je entre mes dents à mon reflet.

Ayant retrouvé ma détermination, j'essuyai rapidement mon visage et décidai de rejoindre les autres. Quand je sortis de la pièce, je sursautai en trouvant Alice contre le mur d'en face entrain d'examiner ses ongles.

« Tu te rends compte que tu vas me payer très cher ce que tu m'as fait Edward ? » dit-elle sans lever les yeux de sa main.

« Et pour quelle raison je te prie ? » répondis-je en souriant. Je connaissais Alice par cœur, je savais très bien que j'allais devoir faire face à son courroux.

« Tu plaisantes ? » s'exclama-t-elle en laissant tomber sa main et en me regardant avec des yeux écarquillés. « Tu m'avais juré que je serais la demoiselle d'honneur de ta futur femme et que c'est moi qui aurais organisé ton mariage, je te rappelle ! » dit-elle avec un air outré.

« Alice, quand je t'ai dit ça, je devais avoir 12 ans et toi 10 ! En plus je t'avais dit ça pour que tu me foutes la paix si je me souviens bien ! » dis-je en riant.

« Oh ! Ce que tu peux être vexant ! » exclama-t-elle en faisant semblant d'être choquée. « Mais t'as de la chance que Bella soit super, je comprends que tu aies craqué pour elle » ajouta-t-elle en me faisant un clin d'œil. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel. « C'est bon Ed ! Détends-toi un peu ! ».

Elle fit demi-tour et commença à marcher vers la salle à manger. Je soufflai doucement de soulagement et la suivis.

« Une dernière chose encore, c'est pas la peine de vous cachez pour vous embrasser… » dit-elle par derrière son épaule avec un grand sourire.

Bella avait donc dit la vérité ? Alice nous avait vus ? Mais dans ce cas, pourquoi souriait-elle tout à l'heure ?

C'était en cherchant une réponse que je rejoins les autres à table. Je fus agréablement surpris par le déroulement de la soirée, mes parents se montraient intéressés et Alice n'arrêtait pas de sauter sur son siège avec excitation en parlant avec Bella. Seule ombre au tableau, Emmett qui n'arrêtait pas de me faire des gestes obscènes en douce.

Avant de passer au dessert, j'aidai ma mère à débarrasser les assiettes et les portai à la cuisine. J'étais entrain de les ranger dans le lave-vaisselle quand Emmett vint porter des affaires à son tour.

« Alors ? On a eu besoin d'aller s'astiquer le poireau tout à l'heure ? » demanda-t-il avec un grand sourire quand Esmé partit.

« Je te demande pardon ?! » m'étranglai-je. J'avais beau connaitre mon frère, ses remarques me déstabilisaient à chaque fois.

« Fais pas l'innocent Ed ! Avec une nana comme Bella, je peux comprendre que tes besoins sexuels soient décuplés… » ria-t-il.

« Tu te trompes frangin, j'étais simplement parti me rafraichir avant de passer à table » répondis-je en continuant de mettre les assiettes sales dans la machine.

« Appelle-ça comme tu veux… » répliqua-t-il avec un sourire en coin. Je ne pris même pas la peine de répondre car je savais que cette discussion ne mènerait nulle part. « La petite serveuse du resto hein ? » dit-il toujours en souriant avant de quitter la pièce.

Le diner avait repris son cours avec le dessert quand soudain, mon père prit la parole.

« Au fait Edward, j'ai eu Eleazar au téléphone hier, il a beaucoup patients en ce moment, mais il est prêt à recevoir cette personne. Il faudra que tu le contactes. Tu as bien fait de me demander, le cancer du sein est curable si c'est pris à temps et un excellent oncologue est nécessaire » dit-il.

Je maudis intérieurement mon père de choisir ce moment pour me parler de ça, je me doutais qu'elle allait comprendre. Comme pour affirmer ma pensée, la cuillère de Bella ripa dans son assiette.

« Excusez-moi » dit-elle avec une petite voix.

« Merci beaucoup papa » répondis-je. C'était pas bon pour moi ça. Je savais par expérience que Bella était une personne fière et indépendante et elle n'aimait pas que les autres viennent à son secours, sauf quand elle n'avait pas d'autres choix.

La fin du repas arriva enfin. J'avais hâte de rentrer chez moi, même si je savais que j'allais avoir le droit à un sermon de Bella en rentrant. Nous étions entrain de nous lever de table, quand Alice vint près de Bella.

« Bella, il faut absolument qu'on se voit cette semaine, tu es libre mercredi après-midi ? » demanda-t-elle avec sourire.

Je n'avais pas pensé à ça, bien sûr qu'Alice allait vouloir fréquenter Bella. Mon seul espoir résidait en le refus de Bella, bien que les chances soient minces.

« Euh…oui, je pense » répondit Bella en me jetant un bref coup d'œil.

« Bien, je passerai te prendre à 15h, on va bien s'amuser tu vas voir ! » s'écria Alice en tapant dans ses mains.

« Attends, je vais te donner l'adresse » répondit Bella en fouillant dans son sac. Je commençais à me sentir mal, mon cœur s'emballa à l'horreur qui se préparait dans mon esprit.

« Je sais encore où habite mon frère Bella ! » dit Alice en riant.

On y était. Alice venait de lâcher une bombe atomique sur ce foutu stratagème et venait dévaster ma vie.

J'étais dans une merde monumentale.

Tandis que Bella me fixait avec panique, j'eus soudainement l'impression de manquer d'air. Sans me poser plus de questions, je tendis la main à Bella qui l'attrapa avec avidité et nous dîmes au revoir à tout le monde avec empressement. Ma mère tenta de me retenir pour me parler encore et encore, mais je m'excusai et réussis à m'extirper en échange d'un coup de fil plus tard.

Nous nous engouffrâmes rapidement dans la voiture et je démarrai aussi sec. Pour la énième fois depuis plus de deux semaines, mon cerveau était en ébullition. J'étais complètement sans dessus, dessous, au point que j'avais du mal à me concentrer sur la route. Mais une chose était sûre, cette soirée avait été une catastrophe à tout point de vue.

Comment allai-je faire ? Dans quel merdier m'étais-je fourré ? Deux solutions s'offraient à moi, ou je laissais tout tomber et je révélais tout à ma famille sur les raisons de ce mariage, ou bien on poussait le jeu jusqu'au bout et Bella venait emménager chez moi. L'une comme l'autre, ces solutions ne me convenaient pas. D'un coté, mon subconscient mourrait d'envie de continuer à jouer la comédie avec Bella, mais d'un autre coté, ma raison m'interdisait formellement de pousser les limites que j'avais établies.

J'étais dans une impasse.

« Gare-toi Edward. » dit Bella d'une voix froide en mettant fin au silence de mort qui s'était installé dans la voiture depuis notre départ.

Je soufflai et regardai dans mon rétroviseur avant de stopper sur le bas-côté de la route. Je coupai le contact, mais gardai les mains sur le volant car j'étais incapable de regarder Bella en face. Je ne pensais pas être prêt pour parler de tout ça.

« Edward, je…je ne pense pas être assez forte pour endurer tout ça » dit-elle d'une toute petite voix. Depuis que je connaissais Bella, c'était la première fois que je la voyais baisser les bras et admettre sa faiblesse. Surpris, je tournai la tête vers elle. « Ça va trop loin » ajouta-t-elle en tournant également la tête vers moi.

Je pouvais voir la tristesse dans ses yeux. Elle voulait arrêter, elle était effrayée par la tournure que prenaient les événements. Je ne pouvais pas la blâmer, j'étais dans le même état qu'elle. Je me retournai et fixai droit devant moi.

« Tu veux arrêter ? » demandai-je avec une voix légèrement étranglée à ma grande surprise. Elle ne répondit pas mais je l'entendis soupirer doucement. « Bella ? » redemandai-je en la regardant cette fois. J'avais l'impression d'être schizophrène, deux voix n'arrêtaient pas de s'affronter en moi, l'une disait 'allez Bella, dis oui et laisse mes émotions tranquille' et l'autre qui martelait sans cesse 'Pitié Bella ! Ne me lâche pas, j'ai besoin de toi'.

« J'en sais rien ! Tout ce que je sais, c'est que ça me fout la trouille tout ça. C'était amusant au début, mais là, ça devient sérieux et… ». Elle ne finit pas sa phrase, je la voyais juste tourner la tête de droite à gauche. J'étais incapable de parler car j'étais incapable de savoir ce que je voulais. Etais-je prêt à accueillir Bella chez moi ? En avais-je envie ? Voudrait-elle venir ? Et pourquoi ferait-elle ça ?

« Edward, dis quelque chose » me supplia-t-elle.

« Qu'est-ce tu veux que je te dise ? Si tu veux arrêter, et bien, arrête… » murmurai-je avant de pincer l'arête de mon nez et de fermer les yeux.

« J'ai jamais dit que je voulais arrêter… » chuchota-t-elle.

« Alors pourquoi tu me dis tout ça ? » m'énervai-je en la regardant.

« Ce que j'essaye de te dire, c'est que je suis terrifiée à l'idée de craquer ! Et plus on avancera, plus ce sera dur et les répercutions seront importantes. D'un coté, j'en ai rien à foutre car c'est de ta vie et de ta famille dont il s'agit. Mais d'un autre coté… »

Elle baissa la tête et ses cheveux tombèrent de ses épaules. Je n'avais envie que d'une chose, c'était de prendre les mèches de cheveux et les glisser derrière son oreille.

« D'un autre coté quoi ? » la relançai-je. Que ressentait-elle ?

« D'un autre coté…ta famille est vraiment accueillante, je les aime beaucoup. Bon, hormis ta Barbie de belle-sœur, je sais pas ce que je lui ai fait à elle ». Elle secoua la tête. « Mais, ce que je veux dire, c'est que s'ils savent ce que représente réellement ce mariage, il n'y a pas que toi qui est embarqué dans l'histoire…et même si je sais que je ne les reverrai plus après tout ça, je sais qu'ils vont se faire une piètre opinion de moi, et ça…ça me fait de la peine » dit-elle sans jamais me regarder.

Elle avait peur que ma famille la traite de tous les noms quand tout serait fini. Je pouvais comprendre sa crainte même si je doutais qu'ils agissent comme ça.

« Tu vas voir Alice mercredi ? » demandai-je.

« Si tu me l'autorises, j'aimerais bien… » murmura-t-elle.

« Si je te l'autorise ? » m'étonnai-je.

« Ecoute Edward, tu m'as demandé un service et j'ai accepté d'essayer. Mais vu la tournure des événements, je comprendrais que tu veuilles que je limite les échanges avec ta famille. »

« Fais ce que tu veux, je m'en fiche. » répondis-je en détournant le regard. Les dés étaient lancés maintenant, peu importait le résultat, dans tous les cas il y aurait des dommages collatéraux.

« Ça, c'est de l'enthousiasme, waouh ! » dit-elle avec sarcasme.

Chassez le naturel, il revient au galop. On était incapable d'avoir une conversation normale du début à la fin.

« Je lui dirai de me retrouver quelque part en ville plutôt que chez toi- »

« Pourquoi ? » la coupai-je. Nous nous regardâmes. « Tu peux venir chez moi l'attendre et je te ramènerai chez toi ensuite, ou alors tu peux rester dormir le soir… ». J'avais parlé sans réfléchir et maintenant j'avais le cœur qui battait la chamade à l'idée de ce qu'elle allait répondre. Nous restâmes nous dévisager quelques instants, puis elle tourna la tête et se mit à rire avec nervosité. « Quoi ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

« Tu ne vois pas le problème ? On tourne autour du pot Edward. Il n'y a qu'une solution pour ça, c'est que j'emménage chez toi. Or il est clair que ni toi, ni moi, ne sommes préparés à cela. » expliqua-t-elle.

« C'est juste que j'avais pas prévu tout ça. » bougonnai-je. Elle avait raison sur ce point, je n'étais vraiment pas préparé à ça, surtout pour quelqu'un qui voulait mettre de la distance…

« Parce que tu crois peut être que c'est à ça que j'aspirais quand j'ai accepté de t'aider ? » s'écria-t-elle.

Un énième silence s'abattit entre nous, chacun perdu dans ses pensées.

« Je pense qu'on peut tenter l'expérience, si c'est un vrai désastre, on arrête tout. ». Mes mots avaient dépassé ma pensée.

« T'es sérieux ? » demanda-t-elle incrédule. Je ne savais même pas pourquoi j'avais dit ça, mais ce qui était dit, était dit. Je ne pouvais plus faire marche arrière.

« Oui ». Je ne pouvais plus la regarder en face et fixai la route devant moi. Elle mit du temps à répondre et je commençai sérieusement à paniquer. J'avais été stupide, elle allait me prendre pour un fou.

« Avant de te donner une réponse il faut que j'en parle à Jasper. Il est aussi impliqué » dit-elle enfin.

« Et à quel niveau est-il impliqué je te prie ? » demandai-je avec dédain, je ne voyais pas ce qu'il venait faire ici. Elle serra la mâchoire et plissa les yeux.

« Eh bien 'Monsieur j'enfonce les autres', peut être que tu n'as pas besoin d'avoir un coloc pour payer ton loyer, mais tout le monde n'a pas cette chance ! » se renfrogna-t-elle et croisant ses bras.

« Quoi, Jasper est ton colocataire ? » dis-je en écarquillant les yeux.

« Oui, qu'est-ce que tu croyais ? »

Pour le coup je me sentais vraiment idiot. Ça expliquait pourquoi il était toujours fourré chez elle… Je levai les yeux au ciel en repensant aux hypothèses foireuses qui s'étaient formées dans ma tête.

« Donc tu veux lui parler du loyer ? Mais quel est problème ? » demandai-je intrigué.

« Je ne pourrai pas payer deux loyers, c'est évident. Et je ne peux pas non plus laisser Jasper payer tout le loyer de l'appart. » expliqua-t-elle comme si elle parlait à un simple d'esprit.

« Le problème ne se pose pas » dis-je froidement.

« Ah oui ? Explique alors ! » dit-elle avec condescendance.

« Tu ne changes rien. Tu continues de payer ta part avec Jasper. Moi, tu ne me dois rien, je suis propriétaire. » expliquai-je à mon tour avec un peu de sécheresse pour répondre à son ton agressif.

Je la vis ouvrir la bouche puis la refermer aussitôt. J'espérais que le sujet était clos pour ce soir car j'avais besoin de réfléchir à tout ça et plus vite je serais chez moi, mieux ce serait.

« Il faut quand même que j'en parle avec lui avant. » chuchota-t-elle.

« Très bien, fais donc ça. » dis-je avec empressement. J'allais porter ma main sur le contact quand Bella m'agrippa le poignet.

« On n'a pas fini. » dit-elle en fronçant les sourcils.

« Hein ? ». Elle tourna la tête de droite à gauche lentement.

« Tu me dois une explication Edward. Je ne suis pas stupide, j'ai bien compris que tu as demandé des infos à ton père concernant le cancérologue ». Mince ! Comment avais-je pu oublier ça ?

« Il ne sait pas que c'est toi. » tentai-je de me défendre.

« Ça je m'en fiche, c'est toi qui ne veut pas leur dire que j'ai un cancer et que c'est pour ça que tu m'as épousé. Mais moi ce qui me dérange c'est que tu fasses ça dans mon dos. C'est ma maladie donc mon problème, pas le tien. Je suis tout aussi capable de trouver un bon médecin » dit-elle avec autorité.

Je savais qu'elle allait réagir ainsi et ça m'agaçait. Elle ne voulait l'aide de personne et gonflait le torse à chaque fois en disant qu'elle était capable de tout gérer toute seule.

« Dans ce cas débrouille-toi alors » cédai-je. Je n'avais pas envie de me battre maintenant, j'étais fatigué et j'avais envie de rentrer chez moi. Or si je commençais polémiquer, j'aurais tort quoique je dise, donc autant en rester là. Je tournai la clé et démarrai la voiture. « Continue à faire ta tête de mule, mais il faut savoir accepter que d'autres se préoccupent de ta petite personne, Bella » ajoutai-je avec agacement pour clore le sujet. Je jetai un bref regard sur elle et vis qu'elle avait recroisé ses bras et boudait en regardant par sa fenêtre.

Quelques minutes plus tard, je stoppai la voiture devant l'appartement de Bella. Elle agrippa son sac à main puis se tourna légèrement vers moi avant de souffler doucement.

« Je t'appelle demain. » dit-elle finalement avant d'ouvrir la porte et sortir.

J'attendis qu'elle disparaisse dans le hall puis partis en trombe chez moi. Quand j'entrai dans mon appartement, je lançai mes clés sur la table dans l'entrée et m'avançai dans le salon. Passant ma main dans mes cheveux, je me mis à tourner lentement sur moi-même pour regarder la pièce avec attention.

Etais-je prêt à voir Bella débarquer chez moi ? Voilà près d'un an et demi que j'avais acheté cet appartement et autant de temps que je vivais seul ici. Ce lieu représentait ma solitude et tout ce que j'avais fui, aucune fille n'avait vécu ici, ni même passé plus d'une nuit. Comment avais-je pu proposer une telle chose à Bella ? Je ne comprenais toujours pas ce qui m'avait pris. Si elle acceptait, c'était comme si un ennemi allait pénétrer sur mon territoire, et pourtant, mon subconscient avait parlé à place et voulu ça. C'était le monde à l'envers.

Maintenant il ne me restait plus qu'à vivre dans le stress en attendant son appel.

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

POV Bella

« Putain de journée de merde ! » m'exclamai-je en montant les escaliers rapidement après qu'Edward m'ait déposé.

J'ouvris la porte de l'appartement et cherchai des yeux Jasper. Je le trouvai sur le canapé mais il n'était pas seul.

« Putain de journée de merde ! » criai-je à nouveau en voyant Maria assise près de lui.

Sans rien attendre, je me dirigeai directement dans ma chambre et claquai la porte derrière moi. J'avais envie de hurler. Je dégageai mon sac à main de mon épaule et le jetai de toutes mes forces sur mon lit. Je balayai des yeux ma chambre, en quête de quelque chose à me mettre sous la main pour me défouler, mais malheureusement, je ne pouvais pas me permettre de casser toutes mes affaires. Aussi, je m'assis par terre au pied de mon lit, et encerclai mes genoux avec mes bras.

J'étais si énervée par tout ce qui s'était dit ou fait ce soir, que je n'arrivais pas mettre de l'ordre dans mon esprit. Et pour ne rien arranger, j'entendais Jasper parler à Maria dans la pièce à coté, il lui demandait de partir et elle parlementait encore. Mais qu'est-ce qu'elle foutait encore là à la fin ?!

« Bella, je peux rentrer ? » demanda Jasper quelques minutes plus tard.

« Oui » dis-je avec énervement.

Il entra dans ma chambre puis vint s'assoir par à coté de moi.

« Je croyais qu'elle ne serait plus là quand je rentrerais… » murmurai-je en le dardant du regard.

« Je pensais aussi, mais avec elle on ne peut jamais prévoir » dit-il avec fatigue. « Mais on parlera de ça plus tard, ce n'est pas le problème à l'heure actuelle. Dis-moi ce qu'il se passe Bella, ça s'est mal passé chez les Cullen ? » demanda-t-il en caressant mes cheveux.

« Je sais même pas par où commencer… » chuchotai-je en repensant à toute la soirée. « Sa famille n'a rien à voir avec lui, ils sont tous adorables, chaleureux, avenants…pendant quelques heures dans ma vie, j'ai même cru que je pouvais faire partie de cette famille… » ajoutai-je avec un serrement au cœur en repensant à leur accueil.

« Ils ont bien pris l'histoire du mariage ? »

« Je pense que c'est dur à encaisser pour eux, il est clair qu'ils ne pensaient pas que leur petit Edward ferait une chose pareille, mais bizarrement, ils ont vite arrêté de poser des questions. Peut être par politesse envers moi, mais si le cas, Edward va en entendre parler après à mon avis. »

« Et lui, comment s'est-il comporté? » demanda Jasper en se raidissant.

« Comme d'habitude » dis-je entre mes dents.

« Rien d'anormal alors. Dans ce cas qu'est-ce qui ne va pas ? »

Je soupirai bruyamment et laissai tomber ma tête contre le lit.

« Tout… » répondis-je en soufflant, éreintée par toute la tension de la journée.

« Bella parle-moi, tu peux tout me dire » murmura-t-il en passant son bras autour de moi et en m'approchant de lui.

« Rien ne va Jazz…j'aurais jamais dû accepter de rentrer dans son jeu »

« Bee tu me fais peur, il t'a fait du mal ? »

« Mais non, c'est pas ça. C'est juste que cette histoire prend des proportions effrayantes. Les Cullen pensent qu'on vit ensemble, et si on doit jouer le jeu … »

« …tu dois emménager chez lui » finit-il ma phrase en murmurant. Je hochai la tête et le regardai avec crainte. Vu comment il avait réagi quand je lui avais expliqué ce qu'Edward m'avait demandé, je m'attendais à ce qu'il me fasse la leçon de morale. Il soupira.

« Je me doutais que ça risquait d'arriver…J'imagine que vous allez arrêter ce petit jeu maintenant ? »

Je ne répondis pas, je ne savais pas quoi lui répondre, tout était encore si confus pour moi.

« Bella, ne me dis pas que tu veux continuer à jouer à la mariée et allez habiter chez lui ! »

« Il a proposé qu'on essaye, et si ça tourne au fiasco, alors on arrêtera. » dis-je timidement.

« Mais pourquoi tu lui ferais une fleur pareille ?! » s'écria-t-il en se dégageant de notre étreinte et en se plantant devant moi.

« Je…je ne sais pas, c'est juste que… » bredouillai-je en changeant de position. Je repensai au baiser qu'on avait échangé, pendant quelques secondes, j'avais eu l'impression que le temps s'était arrêté et que toute cette comédie n'avait jamais existé. Je ne m'étais pas rendu compte mais Jasper était resté me fixer en plissant les yeux.

« Quoi ? » demandai-je.

« Je ne peux pas te laisser faire ça Bella » dit-il.

« Si c'est pour le loyer, ça ne changera rien et puis ce ne sera que pour un certain temps- » commençai-je.

« Non, je ne parle pas de ça, mais de la promesse que tu m'as fait jurer de tenir la dernière fois que c'est arrivé. Je te connais comme si je t'avais fait Bella, tu craques pour Cullen, je le vois comme le nez au milieu de la figure ! »

« Nan Jazz, t'as tort ! Comment pourrais-je craquer pour un mec aussi désagréable ?! » m'énervai-je face à ses accusations. Je détestais le Edward froid et distant, celui-là même qui se raidissait à chaque fois que je le touchais, comme si j'étais une pestiférée. C'était impossible de tomber sous le charme d'un mec pareil.

« Ça je me le demande, mais je sais que j'ai raison. » dit-il avec fermeté. « C'était pareil avec James ou Laurent, et regarde où ça t'a mené ? Ici, c'est pareil Bella, tu vas te faire du mal en te prenant pour Mme Cullen et quand tout sera fini, il repartira de son coté comme si rien ne s'était passé et je devrais encore te ramasser à la petite cuillère. »

« Arrête Jazz ! Tu t'emballes ! Il ne me fait ni chaud ni froid lui. ».

« Ah oui ? Dans ce cas pourquoi t'es rentrée à la maison en colère ? » demanda-t-il en haussant les sourcils.

« Parce que…parce qu'il m'a énervé ! » m'exclamai-je.

« Et qu'est-ce qu'il a fait encore ? » dit-il.

« Il a osé demander à son père qui est médecin, s'il connaissait un bon oncologue, et le tout dans mon dos ! »

« Et alors ? Tant mieux si tu peux bénéficier des meilleurs soins ! » dit-il incrédule.

« Tu vas de son coté en plus ? Je ne veux pas de son aide moi ! Je suis une grande fille, je ne veux pas qu'il s'implique dans ma maladie et qu'il s'apitoie sur mon sort ! »

« Il faut aussi savoir accepter que d'autres personnes se préoccupent de toi Bella »

« Mais merde ! Vous vous êtes passé le mot ou quoi ?! » m'écriai-je.

« Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a dit ? »

« Quasiment la même chose, sauf qu'il a eu besoin de rajouter 'tête de mule' dans sa phrase ! » rageai-je. Jasper commença à rire. « Je ne vois pas ce qu'il y a de marrant ! »

« Excuse-moi Bella, mais bien que je ne sois pas fan de Cullen, je dois avouer qu'il a mis dans le mille. Tu peux être vraiment têtue parfois ! Ça risque d'être sympa votre cohabitation… »

« C'est tout ce que ça te fait de savoir que je vais aller habiter avec ce type ? » demandai-je avec surprise.

« Je t'ai dit ce que j'en pensais et je t'ai mis en garde. Maintenant, je ne vais pas te bâillonner à ton lit pour t'empêcher de sortir, c'est ta vie. Tu dis ne rien ne ressentir pour lui, alors reste dans le déni et va jouer à la bonne épouse. Mais sache que quoique tu décides, je serais toujours là pour te ramasser à la petite cuillère. ». Il se pencha et déposa un baiser sur mon front.

« Merci Jasper » répondis-je avec ironie en levant les yeux bien que derrière son sarcasme, je savais que je pourrais toujours compter sur lui.

« Bon allez, il est temps d'aller se coucher, on reparlera de tout ça demain si tu veux. » dit-il en se levant. J'acquiesçai et me levai à mon tour.

Le lendemain fut une journée stressante. Non seulement j'avais dû appeler Edward pour lui dire que j'acceptais de tenter l'expérience de la cohabitation, mais en plus je commençais sérieusement à stresser pour demain. Le médecin ne m'avait pas beaucoup donné d'indications sur le déroulement de l'opération, et je ne savais pas trop à quoi m'attendre si ce n'était que j'allais devoir subir une batterie d'examens et procéder à l'ablation de la tumeur.

Pour me changer les idées, j'avais demandé à Jasper où il en était avec Maria. Mais ce n'était pas le meilleur sujet pour me relaxer. Il m'avait expliqué que Maria ne voulait rien savoir quand il lui avait dit qu'il ne ressentait rien pour elle et qu'il voulait rompre. Elle le poussait vraiment à bout car il devait avancer sur des œufs avec elle et ne savait plus comment faire pour s'en débarrasser. J'avais essayé de tenir ma langue et ne pas mettre du l'huile sur le feu, car je n'avais pas voulu me disputer avec Jasper à cause de cette fille encore une fois. Vu mon état émotionnel du moment, je n'avais vraiment pas besoin de ça.

Le lundi matin, Jasper m'avait emmené à la clinique mais il n'avait pas pu rester car il avait une journée chargée au journal.

Cela n'avait pas été une partie de plaisir. Aussitôt arrivée, j'avais eu le droit aux radios, scanners et auscultation, puis on m'avait laissé plusieurs heures poireauter dans une chambre sans rien me dire, et ce, malgré mes protestations. Je ne vis pas le docteur Preston avant le début d'après-midi. Quand je lui avais demandé ce que les examens avaient donné, il m'avait dit qu'il fallait attendre l'exploration chirurgicale pour se prononcer. Il ne faisait rien pour me rassurer, surtout pas avec le ton glacial qu'il utilisait quand il me parlait. Je commençais vraiment à ne pas l'aimer.

L'opération se fit sous anesthésie locale pour mon plus grand soulagement, et dura moins d'une demi-heure. En fin d'après-midi, le docteur vint m'expliquer qu'il était satisfait de l'ablation et qu'il n'y avait aucun autre tissu touché par le cancer. Il me dit également que plusieurs séances de radiothérapie en prévention devraient suffire à éviter toute récidive. Cependant, la manière dont il m'avait dit tout ça ne m'avait pas soulagée, il était pressé et était resté très évasif sur les réponses à mes questions. Au final, j'étais pleine de doutes et je n'étais pas du tout rassurée sur l'efficacité du traitement.

Une seule solution s'offrait à moi si je voulais être tranquillisée : ravaler ma fierté et accepter de rencontrer le fameux docteur Eleazar dont parlait Carlisle.

Le mardi, je décidai d'aller rendre visite à Angela dans sa boutique. Voilà près de trois semaines que je ne travaillais plus et presque autant de temps que j'avais délaissé la photo.

« Bonjour Angela ! » m'écriai-je en rentrant dans le magasin.

« Je suis derrière Bella ! » dit-elle.

Je fis le tour du comptoir et pénétrai dans le labo, mais ne voyant personne, j'en déduis qu'elle devait être dans la chambre noire.

« Tiens Bella ça faisait longtemps que je t'avais pas vu ici ! Comment ça va ? » demanda-t-elle avec inquiétude.

Elle était au courant pour l'accident et ma tumeur, je lui avais tout raconté. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était toute l'histoire du mariage avec Edward. Ben connaissait le 'Edward Cullen version client' et nous avions souvent cassé du sucre sur son dos pendant les services. Lorsque nous sortions tous les trois ensemble, Edward était souvent un sujet de conversation entre nous. Si je leur disais que je m'étais mariée avec lui, même si c'était par intérêt, j'avais peur qu'ils me prennent pour une folle. Par conséquent, je n'osais pas dire la vérité et repoussais sans cesse le moment où je leur révèlerai tout.

« On fait aller » répondis-je en haussant une épaule. Je lui racontai alors ma journée d'hier et mes doutes sur mon médecin. Nous restâmes discuter plusieurs minutes jusqu'à ce qu'elle s'excuse de devoir se remettre au travail.

« Je suis désolée Bella, mais c'est que l'été arrive et j'ai déjà pas mal de commandes pour des mariages, du coup j'ai moins de temps pour faire les développements et garder la boutique ouverte… » expliqua-t-elle en finissant d'accrocher les derniers portraits photos en argentique pour les faire sécher.

« Tu as besoin d'aide ? » demandai-je.

« Ce serait cool mais le problème c'est que je ne peux pas prendre quelqu'un à temps plein et le salaire risque de ne pas être mirobolant, donc c'est pas ce qu'on peut appeler un boulot attractif. Je vais devoir me débrouiller seule je crois. »

« Je veux bien t'aider Angie. Officiellement je ne dois pas encore travailler, mais j'en peux plus de rester chez moi. Et puis, ce serait idéal pour moi comme ça je pourrais avoir du temps pour faire de la photo et préparer ma prochaine expo. »

« Ce serait super sympa, mais je suis gênée Bella, je ne pourrai pas te verser un salaire élevé… »

« Est-ce que j'aurais de quoi payer mon loyer ? » demandai-je.

« Oh oui, je pourrai quand même te donner de quoi payer ton loyer je pense. » dit-elle avec sourire.

« Dans ce cas, c'est parfait ! » répondis-je en souriant à mon tour.

« Tu es sûre ? » dit-elle en mordillant sa lèvre.

« Mais oui ! Ça me fait plaisir ! Ecoute, en complément du salaire, tu n'as qu'à m'autoriser à utiliser gratuitement ton matériel pour développer mes photos. » proposai-je. En général, je lui donnais toujours une petite compensation financière pour cela.

« Affaire conclue Bella ! Tu me sauves la vie ! » s'exclama-t-elle en m'enlaçant.

« Aïe ! ».

« Je t'ai fait mal ? Oh, je suis désolée ! » s'excusa-t-elle.

« C'est pas grave, c'est assez douloureux mais il faut juste que je fasse attention, c'est tout » dis-je avec un sourire forcé en portant ma main sur mon sein gauche. « Est-ce que je peux commencer jeudi seulement ? Demain je dois voir une amie… »

« Oui bien sûr Bella, pas de problème » répondit-elle.

« Ok. Bon je ne te dérange pas plus longtemps Angela, j'y vais. »

« D'accord Bella, à jeudi » dit-elle en faisant un signe de la main avant de se replonger dans son travail.

Quand je rentrai à la maison, j'étais un peu plus sereine, j'avais enfin une activité pour occuper mes journées.

Ma sérénité s'effaça rapidement quand je commençai à rassembler quelques affaires dans un sac pour aller chez Edward. Il était prévu que j'arrive chez lui à 13 heures, pendant son heure de déjeuner afin qu'il puisse m'accueillir.

Je dormis très mal cette nuit là, bien pire que la veille de mon opération. Je n'arrêtais pas de me demander si j'avais pris la bonne décision, ou de me demander si j'étais masochiste. J'avais repensé à ce que m'avait dit Jasper concernant mon attirance envers Edward. Je ne pouvais pas nier qu'il était très séduisant, mais ça, ce n'était pas un secret. Mais était-ce plus que ça ? Je ne préférais pas y penser, comme je ne voulais plus voir son visage quand je fermais les yeux, repenser à son parfum entêtant ou encore à ce que j'avais ressenti quand je l'avais embrassé…Ok, c'était peut être un peu plus que de l'attirance.

Punaise ! Mais pourquoi avais-je accepté d'aller chez lui ? Ça allait être intolérable ! Il allait falloir que je mette des limites. Il était hors de question que je succombe au charme d'un type pareil, j'avais déjà eu mon lot d'amours non-réciproques et de mecs à problèmes ! Il me fallait des règles.

1/ Prendre le plus de distance possible avec lui quand on sera seuls

2/ Faire le strict minimum pour assurer la comédie devant sa famille

3/ Ne plus jamais l'embrasser…

A cette dernière pensée, je ne pus m'empêcher de passer mes doigts sur mes lèvres et de fermer mes yeux. Me reprenant, je plaquai mes mains sur mes draps et serrai mes poings. J'allai prouver à Jasper que j'étais forte et que j'étais capable de gérer la situation sans tomber dans le panneau.

Sur ces bonnes résolutions, je trouvai rapidement le sommeil.

Le matin suivant, je finis de faire mes sacs et me préparai pour partir. Edward m'avait expliqué où il habitait en comment y accéder, mais ne connaissant pas trop son quartier, je décidai de partir un peu à l'avance. Après avoir traversé toute la ville, je réussis à trouver son immeuble. Il m'avait donné un code qui permettait d'accéder à son parking. Il m'avait dit qu'il possédait deux places et que je pouvais donc garer ma voiture sans gêner. Quand je pénétrai à l'intérieur, je ne me sentais pas à ma place, ma vieille camionnette ne faisait pas fière allure parmi les 4x4 et les berlines. Si j'avais été à deux doigts de renoncer et de faire machine arrière, ça n'avait été rien comparé au moment où je pénétrai dans le hall de son immeuble. Il n'y avait rien d'outrageux ou de luxueux, mais il était clair que je genre d'immeuble était habité par des gens de classe aisée.

Néanmoins, je rassemblai mon courage et décidai d'aller jusqu'au bout maintenant que j'étais arrivée ici. Dans l'ascenseur qui me menait au dernier étage, mon cœur commença sérieusement à s'emballer. C'est tremblante que je m'avançai lentement jusqu'à sa porte. Je tendis la main pour actionner la sonnerie mais me rétractai au dernier moment sous l'hésitation.

Allez Bella, il ne va pas te manger. Courage !

Je retendis ma main et appuyai finalement sur la sonnette. J'étais tellement stressée que je pouvais entendre mon cœur battre dans mes oreilles. Soudain, j'entendis le verrou puis la porte s'ouvrit.

« Bonjour Bella » dit-il d'un ton neutre avant de déglutir.


Je sais, certains vont me dire qu'on n'avance pas bien vite, mais on est à un tournant de l'histoire, il ne faut donc pas aller plus vite que la musique ^^

Beaucoup m'ont demandé quel était le passé d'Edward avec Tanya, patience mes amis ! Nous ne sommes qu'au chapitre 6, gardons-en un peu pour après !

Par contre pour ceux qui s'inquiètent du couple Alice/Jasper, le chapitre suivant devrait apporter les premières réponses…

J'espère être plus rapide pour la prochaine fois, mais je ne garantis rien (je serais toujours en vacances), croyez-moi, je fais de mon possible !

Boostez-moi avec vos reviews génialissimes ! *re-re-papillonne des yeux* (ben oui ça marche bien ça…^^)