Story: Deeply in Love
Autor: Swato
Rating: M
Pairing: AlbusXScorpius
AP&SM
Résumé: A l'apogée de leurs relations de couple, Albus et Scorpius atterissent sur une île... peu commune. Eh ! C'est qui ce lapin !
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_CHAPITRE 5_
Maladie suspecte
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Les gens n'ont pas ce qu'ils méritent. Ils obtiennent... ce qu'ils ont. Et personne ne peut y faire quelque chose !
Extrait de la série Dr House MD
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Les jours passèrent, nous ne voyions pas d'autre personnage de conte puisque nous restions dans notre château. On s'occupait comme on pouvait, mais ce qui m'inquiétait, c'était que Scorpius avait l'habitude d'aller au lagon pour revoir celle qui l'avait sauvé. Il partait sur le coup des 15 heures et revenait souvent après 16 heures, ce qui me rendait fou de jalousie... Fou tout court.
- Je lui suis reconnaissant. J'ai une dette de sorcier envers elle, et je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle va avoir un rôle à jouer dans notre histoire.
Ça, c'est ce qu'il me disait quand je râlais pour qu'il reste avec moi au lieu d'aller voir sa sirène. Ça oui ! Elle allait avoir un rôle ! Elle allait me le piquer à force ! Mais je devais avouer que rester 24 heure sur 24 avec Scorpius commençait à devenir pesant. Nous étions en couple : OK. Mais rester collé l'un à l'autre à longueur de journée, c'était chiant. J'aurais voulu pouvoir partir au boulot, m'occuper, faire quelque chose, je m'ennuyais. Mais je n'approuvais pas pour autant qu'il aille la voir, que ce fut une minute ou une heure. En quelque sorte, j'avais peur d'elle.
Je savais que je ne ferais pas le poids contre une sirène, j'étais faible, je n'étais qu'un humain. Elle pourrait me noyer, me le voler. Elle était tout ce que je n'étais pas : elle était extraordinaire. J'étais ordinaire, son exact opposé. Ces visites me rendaient dingue, je me demandais à chaque fois si il reviendrait où si cette fois ci il partirait avec elle pour de bon. J'attendais à la porte comme un clébard attendant son maître, ça me rendait malade. Et le lendemain, la même angoisse revenait au galop, j'en avais des nausées le matin en me levant à les imaginer ensemble, même pour ne serait-ce que parler. Je ne pouvais souffler que lorsqu'il revenait le soir après sa visite quotidienne, mais la peur me reprenait toujours. Le soir, le sommeil me prenait tôt, je me sentais mal ici, les journées me paraissaient longues et j'avais mal à l'estomac. Cette inactivité me pesait, je me sentais inutile ! J'aurais voulu faire quelque chose, pourquoi pas aider à construire le bateau tiens ! Mais le marquis me l'avait déconseillé:
- La plupart des travailleurs sont des professionnels. Croyez-moi, il vaut mieux les laisser faire leur travail. Vous seriez vite perdu !
Manière plutôt sympathique pour me dire que j'allais gêner et être dans leurs pattes. Je passais la plupart de mon temps à aider dans notre maison. Je discutais avec les serviteurs, qui étaient devenus des amis au fil du temps. Will, notre cocher, était un garçon sympa et j'aimais bien parler avec lui. Il me conduisait au château quand l'ennui devenait trop fort, ce qui était souvent le cas. Il était marié lui aussi, sa femme, Giselda, attendait un bébé et il venait souvent me voir avec elle pour me parler de ce qu'ils feraient ensuite. Il avait prévu de construire une maison de ses propres mains, les travaux étaient difficiles et ils vivaient tout les deux chez la mère de Giselda, situation plutôt atypique pour moi mais courante dans ce pays. Je soupirais en pensant à tout cela, regardant distraitement par la fenêtre du salon beige, attendant que Scorpius daigne enfin rentrer à la maison, et me revenir...
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Une semaine plus tard, j'étais vraiment malade. Ça faisait trois semaines que nous étions sur cette île, trois semaine que le marquis de Carabas nous avait rendu visite pour nous dire qu'il construisait un bateau. J'étais la tête dans la cuvette, à rendre le contenu de mon estomac. Je me redressais difficilement en respirant profondément pour calmer mon envie de vomir et me rinçais la bouche dans l'évier. Une main se posa sur ma nuque et je sursautais. Je vis Scorpius derrière moi à travers le miroir, il avait l'air inquiet. Sa bouche était tordue en un petit sourire triste.
- Ça va ? Tu es malade ?
- Ça fait un moment que je me sens pas bien. C'est pas grave, ça doit être le stress, dis-je en haussant les épaules.
Je l'entendis soupirer, ses bras s'enroulèrent autour de moi et je me laissais aller contre lui. Je l'observais à travers le miroir, il avait fermé les yeux et sa tête était enfoui dans mon cou, ses cheveux n'avaient jamais été aussi blond, le soleil les avaient éclairci d'autant plus. Je desserrais ses bras autour de mon estomac en lui faisant un sourire désolé quand il ouvrit les yeux en me lançant un regard interrogateur. J'avais encore envie de la nausée, c'était pas le moment d'appuyer comme un malade sur mon ventre. Je fermais les yeux et respirais calmement par le nez. Je ne pouvais pas lui dire que c'était ses visites à la sirène qui me rendait si anxieux, au point d'en être malade. Il arrêterait de lui rendre visite si il savait, mais je ne voulais pas qu'il le fasse pour moi, je voulais qu'il arrête de la voir de lui même. Je voulais qu'il se rende compte qu'elle était une nuisance, qu'elle nous ferait du mal. Je ne pouvais que lui parler de ce que je pensais, mais lui dire que c'était ça qui me rendait fou... Non, je ne pouvais pas lui faire ça. Même si ça me faisait du mal...
- Je vais aller m'aérer aujourd'hui, ce château me fou le cafard, déclarais-je.
- D'accord. Pas...
- Pas près de l'eau, oui je sais, terminais-je avec agacement. J'ai juste besoin de respirer.
- Ok. Sois prudent, dit-il en caressant lentement mon ventre, survolant légèrement ma peau sensible.
- Ne t'inquiète pas. Je serrais revenu vers midi, le rassurais-je.
Je bougeais légèrement et souriais quand je remarquais que je n'avais plus envie de vomir. Je me défis de son étreinte, caressant légèrement son bras en m'éloignant et allais chercher mes habits après avoir déposer un baiser sur sa joue. Je m'habillais lentement en prenant mon temps. Une fois cela fait, je passais par la cuisine et chipais une biscotte dans le placard, juste pour caler mon estomac quand j'aurais faim. Je la mangeais en chemin quand j'eus quitté la maison. Tout était si vert ici, j'en étais surpris à chaque fois. Je passais par divers chemin, retenant par où j'étais passé. Je ne me perdais pas souvent, même si mon beau père aimait bien plaisanter à propos du sens de l'orientation des Potter...
Je me demandais comment ils allaient tous... Est-ce que mon père et ma mère s'étaient remis ensemble ? Est-ce que Lily habitait avec Teddy maintenant ? Est-ce qu'ils allaient se marier ? Comment allaient Timothy et Alyssa ? Est-ce qu'ils avaient eut un autre enfant ? Tant de questions qui tournaient dans ma tête, mais qui resteraient sans réponse tant que nous serions ici. Je fis le tour d'un arbre et m'arrêtais après avoir soulevé une branche.
Décidément, tout me ramenait à l'eau. J'avais involontairement rompu ma promesse à Scorpius. Mais je n'étais pas si près de l'eau, j'étais encore loin. Je ne savais pas qu'il y avait plusieurs lagon, c'était vraiment joli, l'eau était bleue pâle, comme les yeux de Scorpius. Je penchais la tête sur le côté et avisais un arbre qui avait l'air confortable.
- Excusez-moi, Monsieur!
Je sursautais, une main sur le cœur et fis volte face en un bond. Une fillette se tenait devant moi, elle portait un panier en osier et arborais un sourire aimable. Elle avait de long cheveux brun et une paire d'yeux aussi noir que l'ébène. Elle portait une longue cape rouge... Oh, ça me disait quelque chose. Je secouais la tête pour me reprendre quand je vis qu'elle me regardait avec inquiétude. Je lui souriais. Enfin, de mon mieux possible si on prenait en compte qu'elle venait de me fiche la frousse de ma vie.
- Oui ?
- Est-ce que vous auriez vu mon pot de beurre ? Je l'ai fait tomber et je ne le retrouve plus !
- Euh... Et là ? Qu'est-ce que c'est ? Demandais-je avec incertitude.
- Oh ! Merci beaucoup ! Je dois l'apporter tout de suite à Mère Grand !
La fillette – dont le pot de beurre était juste... à ses pieds en fait – remit le pot de beurre dans son panier et s'éloigna en sautillant. Je fis une grimace en pensant à ce qui l'attendait chez « Mère Grand ».
- Fais attention ! Lui dis-je avant qu'elle disparaisse.
- D'accord ! S'écria t-elle en me faisant de grand signe de la main, un sourire joyeux aux lèvres.
Si le destin m'avait appris une chose, c'est qu'il valait mieux ne pas perturber le cour des choses. Si je lui avai dit que le loup l'attendait chez sa grand mère, l'histoire n'aurait pas été pareille. Moins j'intervenais, mieux c'était. Je m'installais au pied de l'arbre que j'avais repéré et soupirais. J'étais assez loin de l'eau pour ne pas qu'une sirène ne m'entraîne. Et puis, ça avait plus l'air d'être une sorte de lac, je pouvais voir son extrémité, les sirènes ne pourraient pas venir ici... sauf si elles volaient – et là j'étais plutôt mal barré si c'était le cas ! Je secouais la tête et riais de ma stupidité. Je fermais les yeux un moment... Et m'endormais.
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Je me demandais toujours comment faisait mon père pour supporter maman. Ces dernier temps, elle avait été odieuse et j'avais toujours été conscient que ma mère était étrange. Elle était froide et distante la plupart du temps. Quand je regardais l'album photo avec James autrefois, je ne voyais qu'elle en train de sourire chaleureusement à l'objectif. C'était étrange comme une personne pouvait changer en si peu de temps, ma mère m'avait toujours semblé inaccessible sauf pour le reste de la famille avec qui elle était une vrai mère poule. Ce comportement avait changé avec mon père. Et il était si triste, je l'avais vu parce qu'il n'avait jamais été si souriant.
C'était étrange de dire ça, mais quand mon père allait mal, sa stratégie était de sourire le plus possible pour prouver aux autres que tout allait bien, qu'il surmontait. Mais ses yeux ne souriaient pas, ils ne se plissaient pas à cause de son sourire. Mon père était triste comme les pierres.
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Je m'éveillais brusquement quand je me sentis tomber. Je n'eus pas le temps de comprendre, j'étais dans l'eau. Je secouais furieusement les bras, encore perdu entre le rêve et la réalité. Si je dormais, c'était foutrement réel. Je me débattais et sentis mon cœur s'arrêter de battre un moment en voyant une longue chevelure blonde entrer dans mon champs de vision. Ainsi, elle allait me faire sien. Je me remettais à me débattre furieusement quand la sirène mit son visage en face du mien et me sourit. Je ne mourrais pas sans lui arracher quelque écailles.
L'eau entrait dans ma gorge, je revivais l'enfer que j'avais subit en arrivant sur cette île. Je me noyais. Mes jambes devinrent lourdes, mes paupières se fermaient toute seule et ma gorge était un brasier. Ma poitrine me faisait mal, je commençais à m'endormir.
L'ambiance changea autour de moi, je le sentais sans réellement le comprendre. Alors que je sentais une atmosphère emplie de sadisme m'entourer depuis le début, alors que je sentais que la sirène regardait mon agonie avec plaisir, le climat sembla se refroidir. Une urgence flotta dans le courant où je me trouvais, je me sentis ballotter dans tout les sens avec précipitation. Et aussi vite que j'y étais entré, je fus expulser hors de l'eau.
Je m'affaissais sur le sol, les jambes encore à moitié dans le lac et toussais pour évacuer l'eau de ma gorge brûlante. Je m'étouffais à moitié et finissais même par vomir à nouveau. J'étais comme plongé dans un état comateux, tout était flou et dans un brouillard vert. Je percevais des broussailles, de longs cheveux blonds et des cris aigus. Je secouais lentement la tête et fermais les yeux comme pour échapper au vacarme. Ce rêve était étrange. Est-ce que je rêvais mes vêtements trempés et l'angoisse de la sirène ? Le coton que j'avais dans les oreilles sembla disparaître lentement et je me sentis tirer lentement dans l'eau à nouveau. Je me débattais faiblement, pensant qu'elle voulait jouer avec moi et me replonger dans les flots. C'était sadique de faire cela, j'avais déjà entendu parler de la torture de la « baignoire », on utilisait cette méthode qui consistait à poser un tissus sur la bouche du prisonnier puis de verser de l'eau sur sa tête pour extorquer des informations aux otages. Je n'avais jamais pensé que ce serait si douloureux...
L'étreinte autour de moi se desserra et se fit plus rassurante, je n'étais pas plongé dans les profondeurs du lac, ma tête était hors de l'eau. Je soupirais et posais ma tête dans ce qui semblait être un cou. Un grognement me fit sursauter. Je ne comprenais rien de ce qui se passait autour de moi, j'avais juste l'impression que rien ne pourrait m'arriver de mal maintenant.
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- Hey ! Stupide humain ! Réveilles toi !
Je tournais la tête par instinct et remarquais immédiatement que j'étais sortis de l'eau et que ma tête reposait sur la terre ferme. J'ouvrais les yeux et fus éblouit par la lumière du soleil. Il était haut, il devait être midi, au moins.
- Oh ! Debout !
Je sursautais et me redressais brusquement. Je me reculais de l'eau en voyant la sirène qui avait juré ma mort. Mort de trouille. C'était l'expression parfaite pour cette situation. Sauf que je ne savais pas lequel de nous deux l'était le plus. Quand je remarquais cet état de fait, pour le moins extrêmement bizarre – c'est vrai pourquoi est-ce qu'une sirène aurait peur ? – j'arrêtais de m'éloigner de l'eau.
- T-Tu... Tu as essayé de me noyer ! L'accusais-je un peu stupidement en la pointant du doigt.
- Et qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse, abruti ! C'est dans ma nature ! Cria t-elle en roulant des yeux.
Je sursautais à son éclat de voix et me bouchais les oreilles, ses cris étaient stridents et me broyaient le cerveau. Je ne savais pas que les cris de sirène étaient nocif aussi, je m'en souviendrais à l'avenir. Elle sembla se rendre compte que j'avais mal aux oreilles et baissa d'un ton – pourquoi ? Ça je ne le savais pas !
- Sais-tu, abruti des îles, que j'ai faillit me compromettre à une éternité d'errance sans espoir de rédemption ? Dit-elle d'une voix sourde de menace.
- Et en Anglais ça donne quoi ? Demandais-je en relevant le menton.
C'est vrai ça, c'était quoi ce charabia ! Je comprenais rien ! Elle secoua la tête et grogna, agacé. Ses longs cheveux blonds s'éparpillèrent autour d'elle et ses yeux verts brillèrent d'énervement. Je me raccrochais à l'herbe autour de moi, me concentrant sur l'odeur de sel qui régnait ici pour éviter de paniquer.
- Tuer un porteur est un péché originel pour notre peuple ! J'ai faillit rompre la seule règle établie par ta faute ! Dit-elle en retroussant les lèvres, me montrant ses dents.
- Comment ça par ma faute ? Et puis qu'est-ce que c'est "un porteur" ! ? Demandais-je en m'énervant à mon tour.
Je resserrais ma veste sur moi, tremblant de froid. L'eau était glacée et mes vêtements étaient encore mouillés. La sirène pencha la tête sur le côté, son agacement tout envolé et écarquilla les yeux en me regardant. Je fis la moue à son air surpris.
- Tu n'es donc pas au courant ?
- Comment ça pas au courant ? Râlais-je.
- Tu es porteur de lumière, expliqua t-elle en serrant les dents, semblant se retenir de me hurler dessus à nouveau.
- Lumière ? Répétais-je stupidement.
- Tu portes la vie, grogna t-elle.
Chez moi, cette expression était toute particulière. Mais ça ne pouvait pas être ça, comment ça aurait pu être ça ! Ça devait être un truc spécial de chez les sirènes, encore un dialecte bizarre !
- Porter la vie dans votre peuple, ça signifie quoi ? Demandais-je, dubitatif.
- S'être fait engrosser ! S'emporta t-elle
J'écarquillais les yeux avant de rire nerveusement. Elle me regarda faire avec mépris.
- Ce n'est pas un sujet drôle ! Quand je pense que j'allais m'exclure du Machrat pour toi !
- Machrat ? Demandais-je entre deux rire.
- Notre paradis, finit-elle par dire avec mauvaise volonté.
- Tu... Tu sais, je suis un homme. Tu dois t'être trompé.
Je m'éloignais du rebord et m'approchais de la forêt. Je ne savais pas comment elle avait fait pour m'attraper et pour m'emporter dans l'eau mais mieux valait me tenir sur mes gardes. Apparemment, elle avait cru que je portais un enfant – comment, je n'en savais rien – et dans son peuple, tuer une personne enceinte était s'exclure du paradis. Mieux ne valait pas tenter le diable, je préférais m'éloigner si elle se rendait compte qu'elle s'était trompée !
- Jamais je ne me tromperais pour ce genre de chose ! S'énerva t-elle
Elle tapa dans l'eau avec agacement et me fusilla du regard. Je secouais la tête, pensant que c'était n'importe quoi.
- Comment veux-tu que je porte un enfant si je suis un homme ?
- Où est le problème ? Tu as vu où nous sommes ? C'est l'île des contes, tout est possible, éluda t-elle en haussant les épaules.
- Donc tu as conscience que ce monde n'est pas normal ? Demandais-je avec étonnement.
Je ne m'attardais pas sur son hypothèse complètement tordue, c'était complètement ridicule. Comme si ça pouvait arriver ! Et dieu que ça me faisait du mal qu'elle joue sur la corde sensible sans le savoir. J'aurais adoré pouvoir avoir un enfant. J'aurais voulu pouvoir fondé une famille, mais je n'en voulais pas sans Scorpius. La question avait donc été réglé, j'avais fait une croix sur la famille dont je rêvais, Scorpius était celui que je voulais.
- Bien sûr qu'il n'est pas normal, dit-elle en levant les yeux au ciel. Mais ce n'est pas le sujet, tu ne sembles pas me prendre au sérieux.
- Parce que c'est complètement ridicule ! Jamais ça ne pourra se produire, je suis un homme, insistais-je.
- Tu es un porteur, je l'ai senti. Pourquoi crois-tu que j'ai avorté ma tentative de te noyer ! Continua t-elle avec insistance.
- Absurde, dis-je en secouant la tête.
- Très bien, attends ici, tu vas voir, dit-elle.
Elle me toisa d'un air déterminé, je me reculais. La sirène plongea, je la regardais faire, abasourdi. Qu'est-ce qu'elle comptait faire ? Ramener ses sœurs pour me casser la gueule ? Je rigolais nerveusement en me frottant la tête. Ça serait bizarre. Et terrifiant... Elle surgit à la surface de l'eau avant que j'ai eus le temps de dire Quidditch. Je sursautais quand elle me lança quelque chose. Je m'attendais à quelque chose de dangereux mais ce n'était que des plantes.
- Voilà ! Tu connais ce genre de racines, n'est-ce pas ? Ou peut-être que votre monde est totalement dénué de savoir et de connaissance ? Railla t-elle.
Je m'asseyais sur le sol en la regardant du coin de lfœil au cas où elle aurait voulu faire un truc de louche. Elle leva les yeux au ciel une fois de plus et soupira en me faisait signe de regarder les plantes. Je les observais, j'étais plutôt bon en potion et donc en botanique. La plante était de couleur fauve, c'était une algue sèche qu'on trouvait au bord des lacs, elle possédait de grande tiges avec des boutons ors. Je hochais la tête en la reconnaissant et me tournais vers la sirène.
- Ce sont des racines de Revelare.
Elle hocha la tête en analysant ses ongles, semblant peu concerné par ce que je venais de dire. Je regardais la plante, le cheminement de mes pensées me fichait la chair de poule. Les racines de Revelare étaient utilisés comme test de grossesse chez les sorciers. Je le savais parce que mon père m'avait expliqué que quand Maman croyais qu'elle était enceinte de James et qu'elle avait utilisé cette plante, il l'avait regardé de travers quand elle lui avait fourré la racine sous le nez en lui disant : « T'as vu ! Je t'avais dit que j'étais enceinte ! ».
- Si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à faire le test.
- C-C'est ridicule, dis-je d'une voix tremblante.
Pourquoi et comment est-ce que je pourrais avoir un enfant dans mon ventre ! C'était impossible. Je secouais la tête en essayant de me convaincre que c'était de la folie furieuse, mais je doutais. Et si c'était vrai ?
- Aller ! Fais donc le test ! S'impatienta t-elle.
- C-Comment on fait ? Balbutiais-je en retournant la racine entre mes mains.
La sirène me regarda, elle gonfla les joues et sembla sur le point de m'insulter mais elle ferma les yeux et se calma peu à peu. Elle soupira une énième fois et s'accouda sur le sol en me regardant avec patience.
- Pose là contre ton ventre. Si tu portes un enfant, les boutons écloront, si tu n'en porte pas, la plante fanera.
Et si c'était une connerie ? Et si au contraire, elle devait faner si j'étais... enceint. Brrr, ce mot me filait froid dans le dos. Horrible. Je la regardais suspicieusement avant de me souvenir d'une phrase de mon père... « Tu aurais du voir ma tête quand elle m'a mit cette plante jaune sous le nez. On aurait dit un énorme bouquet de tournesol ! ». Je soulevais mon t-shirt d'une main tremblante et après une hésitation, je la posais contre mon ventre, me sentant complètement idiot. Il ne se passa rien, je regardais les boutons, ils étaient toujours clos. Je tournais mon regard vers la sirène, persuadé qu'elle m'avait roulé dans la farine. Son regard brilla un moment et je m'apprêtais à lui hurler dessus que ce n'était pas drôle. Mais l'instant d'après, quelque chose chatouilla mon ventre, et mon regard fut irrémédiablement attiré vers le bas.
Sous mes yeux. Là, juste contre mon ventre, un énorme bouquet jaune avait éclos. Les longes pétales effleuraient la peau de mon ventre, semblant se tendre vers lui, le cœur de la fleur était vert et tirait sur le marron vers les bords. On aurait dit un bouquet de tournesol, comme mon père l'avait décrit. Je restais plusieurs minutes à le contempler, abasourdi et la tête vide. J'avais l'impression de ne pas penser, mais c'était tout le contraire, une foule de pensée s'entrechoquait dans ma tête et la principale était: Ce n'était pas possible. Je n'y croyais toujours pas. Quelque chose tomba à mes pieds et je sursautais en relevant le regard sur la sirène. Elle arborait un sourire satisfait et prétentieux.
- Je t'ai ramené une autre racine. Les humains sont si têtu ! Grommela t-elle en tapant furieusement sa nageoire sur la surface de l'eau.
Je regardais mes pieds et avisais la seconde racine. La sirène avait du suivre le cours de mes pensées, elle avait su que je douterais, même si j'en avais la preuve sous les yeux. Je posais précautionneusement le bouquet de tournesol à mes pieds et prenais l'autre racine close dans mes mains. Je la posais contre la peau brûlante de mon ventre. La plante fut moins longue à réagir et les boutons s'ouvrirent instantanément, se transformant en un magnifique bouquet de couleur jaune. Je m'asseyais, sous le choc.
- Mais... Je suis un homme alors comment... ? Murmurais-je en fronçant les sourcils.
- Nous sommes sur l'île des contes. Peut être que c'est ce qui devait se produire, dit-elle en haussant les épaules.
- Et toi ? Demandais-je en me passant une main sur le visage, las. Comment l'as-tu su ?
- Notre peuple est sensible à ce genre de chose. Nous savons, c'est tout. Ah ! Soupira t-elle. Je ne pourrais plus te noyer maintenant ! Il va falloir que j'aille prévenir mes sœurs. J'en connais une qui va être terriblement déçue, geignit-elle.
- Comment ça ?
J'étais encore dans un état second. Une sueur froide couvrait mon front. J'avais peur, bien sûr, j'étais mort de trouille. Je voulais une famille, mais à quel prix ? Est-ce que je pourrais porter cet enfant ? Est-ce que tout irait bien ? Je n'en savais rien.
- Et bien... Ma sœur est certaine qu'elle a sauvé un ange, or cet ange vient de faire de toi un porteur. Il n'est donc plus libre, m'expliqua t-elle patiemment.
- Je suis marié à lui, il n'était pas libre depuis le début, fis-je remarquer en écartant le plus possible les mains de mon ventre.
- Le mariage n'est rien pour nous, ce n'est pas une de nos coutumes, dit-elle en faisant balayant l'air de la main.
- Et qu'est-ce qui remplace le mariage dans ce cas, demandais-je d'une voix distraite.
- La reproduction bien sûr. Mais nous sommes toujours veuve, reprit-elle d'une voix triste.
Je levais la tête et me concentrais sur la discussion, ça m'empêchait de penser à moi pour l'instant. Et puis, sa dernière phrase avait attisé ma curiosité, les sirènes étaient toujours veuve...
- Pourquoi ? demandais-je.
- Enfin. On ne dit pas « une » sirène pour rien. Nous sommes toutes des filles. Nous nous reproduisons en emportant les marins. Ensuite nous les noyons.
- Beurk. C'est dégueulasse, dis-je avec une grimace. Ça me fait penser aux mantes religieuses.
- Oui, c'est un peu ça, concéda t-elle avec mauvaise volonté.
- Tu as déjà eut un enfant ? Demandais-je en contemplant les bouquets de tournesol.
- Non.
- Pourquoi ? Demandais-je avec curiosité.
- Ce ne sont pas tes affaires, répliqua t-elle sèchement.
Je fermais la bouche. Un silence s'installa et mon regard fut attiré par les bouquets de tournesols à mes pieds. Je les fixais sans pouvoir m'en empêcher depuis tout à l'heure. La sirène sembla s'en rendre compte, elle s'accouda à la berge, le visage au creux de ses mains. Je lui jetais un petit coup d'œil pour m'assurer qu'elle ne ferait rien de suspect et elle leva les yeux au ciel en remarquant mon geste. Ses longs cheveux blond étaient à moitié immergés dans l'eau, cela ne lui enlevait en rien sa beauté. Ses grands yeux bleu se posèrent sur le bouquet de tournesols et elle fronça ses délicats sourcils.
- Est-ce si incroyable que ça ? Demanda t-elle avec curiosité.
- Un homme ne peut pas avoir d'enfant, c'est dans l'ordre des choses. La nature et tout ça..., expliquais-je en haussant les épaules, sentant la panique me monter à la gorge.
- Ça doit être ennuyeux. Bon. Je dois partir.
La sirène fit demi-tour, commençant à s'en aller. Je me levais brusquement.
- Est-ce que... Est-ce que tu pourrais m'en ramener une autre ? Demandais-je prudemment.
- Toujours pas convaincu ? Demanda t-elle avec amusement.
- Non mais... Je crois que je vais en avoir besoin pour convaincre une autre personne..., dis-je en secouant lentement la tête.
- Oh, d'accord.
La sirène me fit un clin d'œil et plongea. J'étais surpris qu'elle soit aussi... bah pas gentille parce qu'elle avait faillit me tuer quand même ! Mais qu'elle soit si conciliante, qu'elle m'aide... C'était bizarre. J'avais l'impression qu'on était complice sans même se connaître... Non, ce n'était pas réellement ça... J'avais l'impression de la connaître depuis longtemps, en fait. Je frissonnais, réellement bizarre. La sirène revint à la surface, lança une plante à mes pieds puis encore une autre. Je regardais la plante violette en fronçant les sourcils.
- Pour les nausées !
Elle secoua la tête avec un sourire, éparpillant ses longs cheveux blonds autour d'elle, me fit un dernier signe, et plongea. Je ramassais les plantes et fis le chemin inverse. J'étais encore complètement à la ramasse. Je n'arrivais pas à réfléchir, engourdi par la nouvelle et par le froid. Tout ça semblait s'être déroulé comme dans un rêve. C'était trop irréel pour être vrai. Je regardais les bouquets jaunes dans mes mains, ma peur était sous-jacente, je m'attendais presque à ce qu'elle me prenne alors que j'étais bientôt arrivé à la maison. C'était trop de nouvelle d'un coup. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire ? Ce n'était pas normal, j'avais peur. Bon sang ce que j'avais peur. J'évitais de regarder mon ventre afin d'éviter d'y penser. Je ne voulais pas y penser pour le moment, il fallait que je parle à Scorpius d'abord. Que je le vois, j'avais besoin de le voir, maintenant.
Quand j'arrivais au château, je fus accueilli par le silence. Scorpius devait être parti. J'aurais voulu qu'il soit là, qu'il me dise qu'il était là, qu'il me serre dans ses bras. C'était trop bizarre, j'étais mort de peur. Je montais dans notre chambre et allait me changer, mes vêtements trempés avaient séchés sur le chemin du retour mais j'avais besoin de quelque chose de chaud, j'avais l'impression d'être gelé, froid de l'intérieur. Quand la cuisinière me vit – le marquis en avait embauché une pour nous – elle insista pour me faire un chocolat chaud. J'avalais le liquide brûlant et cela me fit du bien.
Je m'étais mis au salon, mes plantes sur les genoux, il était plus de 15h et il n'était toujours pas rentré. Je n'osais pas regarder mon ventre, comme si le regarder aurait pu rendre ça encore plus réel. Je m'allongeais sur le fauteuil confortable. La chaleur de la couverture autour de moi me réchauffa et mes paupières tombaient toute seule, j'avais l'impression d'être tout le temps fatigué. Épuisé et engourdi par mes pensées, je m'endormais.
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A suivre...
Ma chère, chère Kyo... Je suis un peu déçue que tu ais deviné parce que du coup, pour toi, ce chapitre n'est pas une surprise !
Mais bon, j'espère que tu as aimé tout de même ^^
Et vous autres aussi, cher reviewer !
On se dit à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures !
