CHAPITRE 5 : BAISSER LA GARDE
Je sais que la plupart du temps c'est quand on baisse la garde que les ennuis surgissent mais à cet instant c'est le cadet de mes soucis. Cela fait à peine trois jours que nous vivons dans l'enceinte et je n'en peux plus. Nos amis ont beau avoir toutes les bonnes intentions du monde, je ne supporte pas d'être constamment surveillée, partout où je vais. Je n'ai qu'une envie c'est de rentrer chez moi. Et je sais que Tobias aussi.
Les cinq derniers jours ont été chargés à cause de l'épreuve affective. Trois de nos novices natifs -Derek, Zack et Kyla- et quatre transferts -Louis, Ruth, Henry et Gabrielle,- se sont révélés être des divergents. Ils sont maintenant, pour la plupart, en haut du classement. Peu de gens savent qu'ils le sont car on préfère ne pas trop révéler ces choses-là. Juste au cas où. La dernière étape, celle du paysage des peurs, est prévue dans trois jours ce qui signifie par la même que nous ne pouvons pas quitter l'enceinte maintenant.
En me réveillant ce matin, Tobias est encore endormi, un bras passé autour de ma taille. Je soupire : encore un jour à me faire suivre partout. Après avoir pris une inspiration et avoir rouvert les yeux, je décide de me lever, doucement pour ne pas réveiller mon mari. Je passe silencieusement devant le berceau d'Haven et jette un coup d'œil à l'intérieur. Je souris en voyant ma fille jouer avec une de ses peluches tout en tétant sa sucette. Elle est adorable. Lorsqu'elle me voit, elle sourit, laissant tomber la tétine et l'animal, et lève les mains vers moi.
- Bonjour ma belle, je lui chantonne en me baissant pour la prendre dans mes bras. Comment a dormi ma petite princesse ?
Elle niche son visage au creux de mon cou tandis que je sors de la chambre pour ne pas déranger Tobias. Ces derniers jours ont été durs pour lui car ils n'ont pas plus avancé sur ces mystérieux étrangers. C'est comme s'ils avaient tout planifié pour qu'on ne trouve aucune information sur eux. Mais je sens, appelez-le intuition ou non, qu'on aura bientôt des nouvelles d'eux.
Je m'installe confortablement sur le canapé et nourrit ma fille. Je passe ma main sur ses boucles blondes et elle ferme les yeux. Je me mets à penser à tout ce qui aurait pu arriver si elle nous avait été enlevée il y a une semaine. Je ne peux m'en empêcher. Une fois qu'elle a terminé, s'étant endormie, je la couche dans son berceau et m'en vais me préparer pour la journée.
Quand j'ai fini de me doucher et tandis que je me sèche les cheveux avec une serviette, je sens deux bras s'enrouler autour de mon ventre. Je m'appuie sur le torse de Tobias.
- Bonjour mon amour, me dit-il en m'embrassant dans le cou, envoyant des frissons dans tout mon corps.
- Bonjour la belle-au-bois-dormant, je lui réponds en souriant.
Je me retourne et entoure mes bras autour de son cou avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Il répond à mon baiser et m'attire plus près de lui. Il descend le long de mon cou, déposant de doux baisers partout où ses lèvres peuvent toucher ma peau encore humide et je laisse échapper un soupir. Il place alors ses mains de chaque côté de mon visage et dépose un baiser sur mes lèvres. Je soupire de nouveau.
- Qu'il y-a-t-il Tris ?
- Rien, soupiré-je en le serrant dans mes bras et en inhalant son odeur réconfortante.
- Je sais que tu en as marre d'être ici. Ça ne durera pas longtemps. Je suis sûr qu'on finira par découvrir quelque chose.
- Ah oui ? Pourtant ça fait déjà une semaine que vous cherchez et ça ne donne rien. Je commence à me demander si un jour nous serons libérés de cette menace.
Tobias me décolle de lui pour qu'il puisse m'observer.
- Je pense qu'il n'est plus nécessaire que tu sois accompagnée dans l'enceinte.
- Tu es sûr ?
- A mon avis, s'ils voulaient nous atteindre ici, ils l'auraient déjà fait. Et puis la sécurité de l'enceinte a été accrue. Je ne pense pas qu'il y ait de danger.
Je reste silencieuse un moment. J'ai comme un mauvais pressentiment. Quelque chose me dit que ce n'est pas une bonne idée mais en même temps, qu'est-ce que j'aimerais retrouver ma liberté !
- D'accord. Je t'aime, lui dis-je en déposant rapidement un baiser sur ses lèvres. Tu sais, j'ajoute en serrant mes bras autour de son cou de nouveau, on a encore un peu de temps devant nous.
- Oh, et auriez-vous une suggestion à me proposer ?, me demande-t-il en me regardant d'un air entendu.
- Eh bien je me disais que je pourrais peut être t'aider à te préparer si tu veux...à te savonner, dis-je en dessinant les muscles de son bras avec mon index. Ou bien masser certaines zones un peu tendues.
Je descends mon autre main le long de son torse, le caressant lentement du bout des doigts. Quelque chose dans son regard change et avant que j'aie pu dire un mot, il écrase ses lèvres sur les miennes avec force, maintenant mon visage collé au sien grâce à sa main placé derrière ma tête dans mes cheveux et m'attirant par la taille contre lui. Bientôt nous sommes comme enroulés l'un autour de l'autre. Je le délivre de son tee-shirt tandis qu'il se débarrasse de ma serviette. La sensation de ses mains dans mon dos m'envoie des vagues de frissons incontrôlables et je ne peux empêcher les soupirs et gémissements qu'ils provoquent en moi. Ces derniers déclenchent aussi quelque chose en lui et je comprends par la façon dont ses mains se contractent sur ma peau, ce qu'il veut que je fasse. Prenant appui sur lui, je saute et enroule mes jambes autour de sa taille, sans jamais décoller mon visage du sien, et mes mains tirent doucement sur ses cheveux. Puis il m'emmène vers la douche pour que nous puissions nous donner l'un à l'autre.
xXx
- Oh là ! Je connais ce regard.
- Quoi ? Quel regard ? Je demande à Christina, le regard toujours fixé devant moi.
- On ne me la fait pas à moi. Toi et Tobias vous avez travaillé à un petit frère ou une petite sœur pour ma filleule n'est-ce pas ?
Elle se met à rire quand elle me voit rougir et je choisis de l'ignorer en me concentrant sur Haven dans mes bras, ajustant sa petite robe noire avec des fleurs rouges.
- Dis, je pourrai être marraine de nouveau ?, elle me demande avec un air sérieux les yeux écarquillés.
- Christina ! Je gémis en protestation. On ne faisait rien de la sorte. Et puis pourquoi je te réponds d'abord?
- Mouaiiis c'est ça j'te crois. En tout cas si ce n'est pas ça vous vous êtes quand même bien amusés.
Elle me lance un clin d'œil et me donne un coup de coude amical. On arrive à la garderie des audacieux où je dépose ma fille et en sortant je salue Mike, l'agent qui s'assurera de surveiller Haven durant la journée. Chris et moi, nous nous dirigeons à la salle des simulations et notre journée commence.
La matinée se passe relativement bien, aucun incident majeur n'est à déclarer, mis à part la novice qui s'est sentie mal après sa simulation -elle tombait dans une marre de vers, et même moi je dois avouer que j'ai été quelque peu écœurée – et qui a vidé le contenu de son estomac sur le sol. C'est ainsi que je pars retrouver Tobias, Christina et Zeke à la cafétéria pour la pause déjeuner.
Les couloirs sont anormalement vides pour un lundi midi. Je marche à une allure modérée mais je me sens surveillée. Je me retourne mais personne ne se trouve derrière moi. Je presse le pas après cela. Je crois que je deviens paranoïaque. Tris ressaisis-toi ! En arrivant devant la cafétéria, je me rends compte que je n'ai vraiment croisé personne sur mon chemin et je sens mon angoisse monter. Je pousse la porte.
A l'intérieur, tout le monde est dos à moi en demi-cercle et un silence pesant les englobe. Je m'approche d'eux lentement et je remarque qu'ils sont en train d'observer quelque chose par terre. Je me fraie un passage entre quelques-uns et j'arrive enfin au centre du petit rassemblement. Je vois enfin ce qui provoque l'émotion générale. Sur le sol, tracés en peinture blanche, des mots qui me font froid dans le dos. Je sais qu'ils me sont adressés.
« UN FEU QUI BRÛLE AUSSI FORT N'EST PAS FAIT POUR DURER. LE JOUR VIENDRA OÙ L'HUMANITÉ SERA PURIFIÉE. ET CELA BIEN PLUS TÔT QUE VOUS NE LE PENSEZ. »
Ces mots... « Un feu qui brûle aussi fort n'est pas fait pour durer... ». Ce sont les mots exacts que Tobias m'a avoué avoir pensé lorsqu'il croyait m'avoir perdu pour toujours. Voilà comment je sais qu'ils me sont destinés. Ou au moins en partie. Mais comment peuvent-ils savoir cela ? Et qui ? Étrangement, à cet instant, je ne me sens plus vulnérable mais je sens monter en moi une nouvelle force, celle qui me pousse à protéger ceux que j'aime. Personne ne mettra plus jamais la main sur ma famille, ni mes amis.
Après quelques instants, je lève la tête et regarde autour de moi. Je scanne la foule, qui a recommencé à discuter sourdement, à la recherche de Tobias. Je ne le vois pas mais je repère Zeke au loin. Je m'approche de lui.
- Zeke !, je l'interpelle.
- Salut Tris, il me salue. Tu as vu ce mot sur le sol ? Flippant...Tu penses que ça pourrait être relié à toute votre affaire.
- C'est possible... Je ne sais pas. Dis, tu sais où est Quatre ?
- Hmm non, dit-il en fronçant les sourcils tout en scannant la pièce à son tour. Il était là il y a un instant quand je suis rentré dans la cafétéria, puis je l'ai perdu de vue.
- Ah, et t'as pas une idée d'où il pourrait être ?
- Non désolé. Essaie la garderie ou le contrôle.
C'est ce que je fais après avoir remercié mon ami. Je commence par la garderie mais il n'y a personne. Karine, l'assistante maternelle qui s'occupe des enfants, une grande femme imposante aux cheveux violets et rose et aux innombrables tatouages le long de ses bras, m'annonce que Tobias est bien passé récupérer Haven ce midi. Je décide alors de vérifier au contrôle mais toujours rien. Personne ne les a vu. A ce moment, j'ai vraiment un mauvais pressentiment. Où peuvent-ils bien être?! Je décide enfin de monter à notre appartement. C'est le seul lieu auquel je peux penser.
Quand j'y arrive, essoufflée après avoir couru, la porte est fermée, comme nous l'avons laissé ce matin en partant. A l'intérieur tout est normal, mais aucune trace ni de mon époux, ni de ma fille. Ça y est, je ne peux retenir le sanglot que je sens monter dans ma poitrine. Je sais que c'est irrationnel mais c'est plus fort que moi. Je m'écroule par terre près du canapé. Je ramène mes genoux à ma poitrine tandis que ma main se porte à ma bouche pour étouffer les sanglots. C'est comme dans mes cauchemars: l'abandon, la disparition.
Soudain, une idée me traverse l'esprit. Elle me paraît peu probable car Quatre n'aurait jamais pris un tel risque avec Haven, surtout si, comme Zeke l'a dit, il a vu le message de la cafétéria, mais je dois vérifier. C'est ma dernière chance. Je me lève en trombe et pars précipitamment.
xXx
Dehors, le ciel est couvert et je peux déjà entendre le tonnerre gronder au loin. Je n'ai pas pensé à prendre mon blouson et je sens un frisson me parcourir. Mais je suis décidé et je continue à avancer sans prêter attention à la fraîcheur environnante. Il n'y a pratiquement personne dehors et le train est complètement vide quand je saute à l'intérieur. Il me dirige vers la rive droite mais j'aimerais qu'il aille plus vite. Je vois enfin mon « arrêt » et je me prépare à sauter. J'atterris sur l'épaule mais je me relève aussitôt sans même prendre la peine de nettoyer les graviers qui se sont incrustés dans celle-ci. Je marche rapidement, tournant à droite puis à gauche et encore à droite, vers la maison en brique que j'ai appris à considérer comme mon premier vrai foyer depuis la mort de mes parents. J'y arrive finalement presqu'à bout de souffle d'avoir marché aussi vite. La porte d'entrée est fermée bien sûr. Je sors ma clé de la poche arrière de mon pantalon et l'insère dans la serrure. La lumière est éteinte. Je ne prends pas le temps de l'allumer, je cours à l'étage vers les chambres en criant le nom de mon mari et de ma fille. Je cherche dans tous les recoins mais rien.
Je redescends rapidement, dévalant les escaliers et allume enfin les lumières du séjour. Je soupire et je plaque mes mains avec force sur le bar. Je suis à court d'idées maintenant. Je me retourne lentement et j'ai presque une attaque. Je sursaute et porte une main à mon cœur. Devant moi, de l'autre côté du bar, un visage que je n'ai pas vu depuis presque trois ans. Il est le même, peut-être un peu plus marqué par le temps, mais c'est bien lui.
Il a toujours ce même sourire et dans son regard une lueur passe furtivement, trop rapidement pour que je puisse la déchiffrer. Malgré son apparence accueillante, je me raidis et je plisse les yeux.
- David. Qu'est-ce qui t'amène ici et surtout qu'est-ce que tu peux bien venir faire chez moi ?
Coucou tout le monde! Désolée pour le retard mais je suis plutôt bousculée en ce moment. J'ai aussi eu une panne d'inspiration sur ce chapitre, mais j'espère que vous l'avez tout de même apprécié.
J'ai une question pour vous: comment imaginez-vous David physiquement? Comme il n'y a pas de description de lui dans le livre il me semble (corrigez-moi si je me trompe) alors j'aimerais votre avis. (Ne vous méprenez pas, je ne l'aime PAS DU TOUT! Mais j'aime bien imaginer mes personnages quand j'écris.)
J'ai vu Divergente 2 au cinéma. J'ai bien aimé mais c'est vrai que c'était vraiment très différent du livre donc j'ai été un peu déçue sur certaines petites choses. Mais c'est un bon film quand même. Super effets spéciaux et puis super acteurs.
Merci beaucoup à ceux qui m'ont laissé des reviews et qui ont commencé à suivre cette histoire! Je vous envoie un énorme câlin virtuel! :D Je suis juste tellement contente en les lisant. Continuez à m'en laisser svp. J'espère pouvoir poster le prochain le plus vite possible. J'ai déjà plus d'idées que pour celui-ci. ^^ Merci encore. A bientôt! :)
