Je peux pas m'empêcher de glisser des clins d'œil dans mes chapitres Antig0ne :) Je voyais mal les Maraudeurs quitter Poudlard sans y laisser une trace indélébile.

Salut AppleCherrypie ! Crystall a bien préparé sa fille d'adoption aux cours de potion : question de fierté personnelle et si ça peut emmerder Rogue au passage, elle dit pas non !

Franchement, quoi de plus tentant que d'aller voir ce qu'il se passe dans un endroit expressément interdit ? C'est juste titiller un peu trop la curiosité d'un Serdaigle.

C'est vrai qu'on ne voit pas beaucoup les Gryffondors, mais les Serdaigles n'ont aucun cours en commun avec eux en première année. Ça changera dès la deuxième année et on les verra plus à ce moment là !

Hello Zuutt ! Alors la réponse est oui pour les deux. D'ailleurs, Hermione est déjà apparue dans cette fic ! On ne dit pas son nom, mais la fille aux cheveux ébouriffés qui court après William dans le Poudlard Express c'est elle ! Après tout il vient de piquer le crapaud de Neville sans le vouloir XD Pour Ron, ça arrivera plus tard et comme dit plus haut ils auront plus de contact en deuxième année.

Mais malheureusement, Mary n'aura jamais avec eux la même amitié que Harry avait. Je suis même pas sûre qu'ils deviennent amis un jour ces trois là. Les circonstances sont totalement différentes. Et oui, ça a un impact énorme sur leurs vies !

Il y a un chapitre parallèle publié sur la Vengeance cette semaine ! Bonne lecture !


Bienvenus au Phare

Le train prit de la vitesse et s'éloigna de Poudlard. Mary regarda le château un moment avant de reporter son attention sur ce qu'il se passait dans le compartiment. Il y avait là presque toute leur promotion de Serdaigle. Il n'y avait que Mandy qui était restée au château et la rousse ne put s'empêcher d'être triste pour elle. Mandy était toujours seule malgré tout ce que les filles avaient pu faire pour l'intégrer.

- Je suis contente de rentrer, soupira Padma. Je vais pouvoir passer un peu de temps avec ma sœur. On ne s'est plus beaucoup vues depuis qu'on a été réparties dans des Maisons différentes…

- Pourquoi ? s'étonna Terry. Rien ne t'empêchait d'aller la voir.

- Apparemment des Gryffondors plus âgés lui ont dit qu'elle ne devait pas traîner avec les gens des autres maisons.

- Quoi ? Mais c'est débile ! s'exclama William. Vous êtes sœurs, qu'est ce que ça change les Maisons ?

- Il a raison : ça ne m'empêche pas de parler avec mon cousin, renchérit Mary.

- Il est à Poufsouffle, ce n'est pas comparable, lui fit remarquer Lisa. Les Gryffondors sont au moins aussi sectaires que les Serpentards.

- D'accord, soupira la rousse. Prenons les jumeaux Weasley alors : on leur parle souvent et ils passent du temps avec Jonathan sans que ça ne gêne personne. Je crois que tu devrais juste en parler à ta sœur. C'est une Gryffy : elle n'a pas à avoir peur de parler à des gens d'une autre Maison.

Padma leur sourit en leur promettant d'en discuter avec la concernée et l'arrivée de la dame au bonbons ramena un vent de légèreté sur le compartiment. Mary acheta des dragées surprises de Bertie Crochue et ils s'amusèrent à rechercher le goût le plus horrible. Ce fut Anthony Goldstein qui remporta la palme avec une dragée à la bouse de dragon.

Juste avant l'arrivée à Londres, ils échangèrent leurs adresses pour qu'ils puissent s'envoyer des hiboux, apprirent à William comment les joindre via la poste moldue et s'entre-aidèrent pour descendre leurs énormes bagages du filet.

Mary leur fit ses adieux avant de rejoindre le compartiment occupé par Jonathan, les jumeaux Weasley, Lee Jordan et un autre Poufsouffle qu'elle n'avait jamais vu. Il avait de courts cheveux bruns et des yeux gris au milieu d'un visage engageant. Il lui sourit amicalement.

- Mary, je te présente Cédric Diggory, lui dit Jonathan. Cedric, ma cousine Mary.

- Salut ! Alors c'est chez toi que vont les deux terreurs rousses durant ces vacances ?

- Il semblerait, sourit –elle.

- Il faut bien que les roux s'entraident entre eux, déclara Fred.

- Son grand cœur l'a empêchée de nous laisser nous ennuyer comme des rats mort avec pour seule compagnie celle du Préfet Percy…

- Quelle dévotion, tu as toute mon admiration, lui assura le Poufsouffle avant de se tourner vers Jonathan : si ta sœur accepte que les jumeaux viennent chez elle tu aurais aussi pu demander si Jaymie pouvait venir. Elle va être toute seule au château.

- Je lui ai proposé mais elle n'a pas voulu. Elle dit que c'est le seul moment de l'année où elle peut être toute seule et tranquille. Et que la dernière chose qu'elle voulait c'était vivre sous le même toit que Fred et George.

- Ses paroles nous blessent profondément, intervînt George. On ne peut pas laisser quelqu'un avec une si mauvaise opinion de nous, n'est-ce pas, Fred ?

- Non, on ne peut pas.

- N'allez surtout pas l'embêter vous deux, les prévient le blond.

- T'inquiète pas, on ne lui fera pas de mal à ta petite amie.

- Ce n'est pas ma petite amie ! protesta le concerné non sans rougir.

- Mais oui, répondirent en cœur les Weasley avec un sourire entendu.

Le train s'immobilisa alors sur le quai 9 ¾, sortant Jonathan de son embarras. Il quittèrent rapidement le wagon et les deux cousins cherchèrent du regard celle qui était leur mère et sœur. Mais en vain. La sorcière n'avait pas l'air de se trouver sur le quai qui était par ailleurs en train de se vider.

- Elle ne nous aurait quand même pas oublié ? s'inquiéta Fred.

- Non, le rassura Jonathan.

- Mon père est là ! s'exclama soudainement Mary.

Le concerné venait en effet de passer la barrière menant au quai et il n'avait pas l'air de bonne humeur. Mais un sourire illumina son visage dès qu'il les vit. La plus jeune sauta dans ses bras, heureuse de retrouver son père adoptif après de longs mois de séparation.

- Bonjour ma chérie. Salut Jonathan. Et les nos deux invités je présume ?

- Bonjour Monsieur, répondirent –ils poliment en se présentant.

- Cameron ne voulait pas que je parte sans lui, expliqua l'adulte en attrapant les bagages de sa fille. J'ai eu du mal à m'en aller…

- Où est Crystall ? s'enquit Jonathan.

- Enfermée dans son labo : elle a eu un problème. Allons – y maintenant.

Ils quittèrent rapidement la voie 9 ¾ qui était quasiment déserte. Les moldus les regardèrent passer, curieux, avec leurs grosses malles et le hibou de Jonathan. Ladon, lui, savait qu'il ne devait pas se montrer et continuait à somnoler dissimulé sous l'écharpe et les cheveux de sa maîtresse.

Ils sortirent de la gare et se rendirent dans une rue adjacente à celle – ci, à l'abri des regards.

- Mary, à toi l'honneur, lui dit son père.

Ils allaient prendre le Magicobus et il fallait une baguette pour l'appeler : l'adulte en donc était incapable puisqu'il était cracmol. Ce fut fière comme un paon qu'elle sortit sa baguette et l'agita, appelant pour la première fois le transport en commun sorcier le plus prit de Grande Bretagne… Ça tenait peut –être aussi au fait qu'il était le seul transport en commun sorcier du pays si on omettait le Poudlard Express. Les sorciers préféraient de loin le transplanage et la cheminette pour se déplacer.

Le bus violet à deux étages surgit immédiatement, les forçant à s'aplatir contre le mur pour éviter de se faire écraser. Le contrôleur sortit à l'avant, vêtu d'un uniforme de la même couleur criarde que le bus. Mâchant son chewing-gum avec l'enthousiasme d'un poulpe apathique et des boutons plein le visage, il attrapa un bout de papier froissé de sa poche avant de commencer à le lire :

- Bienvenue à bord du Magicobus, transport d'urgence pour sorciers et sorcières en détresse ! Je suis…

- C'est bon Stan, le coupa Dante agacé. On connaît la chanson. Il nous faut 5 places

Le concerné lui jeta un mauvais regard, sans doute agacé d'être coupé dans sa tirade soigneusement préparée, mais s'exécuta, attrapant les malles qu'on lui tendait avant de faire entrer les enfants. Fred et George regardaient de tous les côtés : c'était la première fois qu'ils montaient dedans. Jamais leur mère ne les aurait autorisés à faire ça si elle l'avait su. C'était différent de ce qu'ils s'étaient imaginés.

Le bus était beaucoup plus vaste qu'il n'en avait l'air depuis l'extérieur. Et au lieu des traditionnels sièges en banquettes, il y avait de confortables canapés et des fauteuils disposés autours de petites tables. Ils levèrent la tête pour voir le deuxième étage depuis lequel pendait d'impressionnant lustres cliquetant. Un feu ronflait dans une cheminée plaquée contre l'une des parois entre deux tableaux à l'air dédaigneux. Il fallut que l'adulte du groupe les pousse devant lui pour qu'ils aillent s'asseoir à côté de Jonathan et Mary.

- Vous avez l'estomac bien accroché, j'espère ? s'enquit cette dernière.

- Pourquoi ? demandèrent – ils.

Elle n'eut pas le temps de leur répondre : le bus démarra et les fauteuils firent un bond en avant. Les habitués c'étaient prudemment agrippés aux accoudoirs mais les jumeaux Weasley se retrouvèrent avec le nez dans la moquette, tout aussi violette que le reste du bus, qui sentait par ailleurs le chocolat.

- C'est sans doute parce que toutes les personnes qui commandent un chocolat chaud finissent par le renverser dessus, rigola Mary quand ils en firent la remarque. On s'est tous déjà fait avoir.

Le trajet ne dura heureusement pas longtemps. C'était l'heure du dîner et peu de sorciers avaient besoin de se déplacer. Une petite dizaine de minutes plus tard, le magicobus s'immobilisait tandis que Stan annonçait :

- Ramsey Island, le Phare. Ça fera 5 gallions.

L'adulte du groupe les lui donna sans ciller et ils sortirent sur l'herbe, leurs bagages à la main, et le bus infernal démarra. Ils toussèrent à cause de la fumée provoquée par le pot d'échappement et s'empressèrent de s'écarter du nuage. Un hurlement de joie se fit entendre et ils tournèrent la tête juste à temps pour voir Cameron sauter sur Mary. Absolument pas préparée par cet accueil plus que chaleureux, elle s'écroula au sol avec un hurlement qui n'avait, lui, absolument rien de joyeux, et tomba pile dans une flaque de boue.

- Ça va pas ? s'exclama t –elle en écartant son frère d'une main sur son visage

- Tu es revenue ! babilla t –il en s'agrippant à elle sans paraître incommodé par le fait qu'elle le repoussait de toutes ses forces. Si tu savais comme je me suis ennuyé ! Comment c'est Poudlard ? Tu as vu des licornes et des dragons ?

Finissant par avoir pitié de sa fille, son père attrapa Cameron par la taille, le décrochant d'elle avec quelques difficultés et fourra le petit garçon sous son bras quand celui – ci commença à gigoter pour s'échapper. Les rires des jumeaux attirèrent l'attention du garçon, au grand soulagement de Mary qui maugréait à propos de la boue qu'elle avait dans les cheveux.

- Vous, vous êtes qui ? s'enquit –il.

- Soit poli, le réprimanda son père. Ils s'appellent Fred et George Weasley, ils vont passer les vacances ici. Je t'en avais déjà parlé.

- Ah peut –être… Pourquoi vous êtes pareils ?

La question fit sourire tout le monde. Cameron et Mary avaient tellement peu quitté Ramsey Island durant leur enfance que le garçon n'avait jamais vu de vrais jumeaux jusque là.

- Parce que nos parents nous ont lancé un sort de dédoublement quand on était petit, répondirent les concernés en parfaite synchronisation. Et il n'a jamais pris fin.

- Génial ! s'exclama le plus jeune, totalement crédule. Pourquoi vous avez pas fait ça pour moi papa ? Maman pourrait pas le faire maintenant ? Je suis sûr qu'elle pourrait avec ses potions !

- Vous n'auriez jamais dû dire ça, soupira Jonathan tandis que Cameron accablait son père de questions. Il va vous harceler avec pendant des jours maintenant.

Ils finirent pas pouvoir entrer au Phare. Ils abandonnèrent leurs bagages dans l'entrée et le porte manteau attrapa leurs vestes et écharpes pour les suspendre à ses crochets. Cameron ayant la fâcheuse habitude de ne jamais enlever sa veste dans l'entrée, sa mère avait jeté un sort à tous les crochets et porte-manteau de la maison un jour où elle en avait eu assez de répéter la même chose en vain. Il n'était pas rare que ledit Cameron soit suivit par le porte-manteau parce qu'il enlevait ses gants dans l'entrée, l'écharpe dans le salon, le bonnet dans la cuisine et la veste dans l'escalier quand il rentrait.

Mary et Jonathan, escortés par un Cameron plus que joyeux qui jeta son bonnet sur l'un des canapé ce qui fit accourir le porte-manteau, firent visiter l'endroit aux jumeaux. Le salon et la salle à manger entourés par une immense baie vitrée prenaient les trois quart du rez-de-chaussée. Les objets sorciers et moldus se côtoyaient dans un savant mélange étrangement harmonieux. Une télévision était installée dans un coin en face d'un canapé dont les coussins se remirent en place d'eux même et de plusieurs fauteuils. Mais posé sur le meuble juste à coté se trouvait une radio tout ce qu'il y avait de plus sorcier.

Les perchoirs des hiboux trônaient dans un coin soutenant trois chouettes. Une plus petite qui paraissait un peu déplumée et qui devait être plutôt vieille, puis un autre gris et brun qui les regarda et enfin une chouette harfang qui paraissait énorme à côté de ses deux congénères.

Un feu ronflait dans l'immense cheminée sur laquelle trônaient des photos moldues et sorcières et trois chats étaient pelotonnés sur des coussins abandonnés sur le tapis. Un blanc, un noir et un roux. Les deux derniers étaient énormes.

- Depuis quand vous avez autant de chats ? s'enquit Jonathan.

- Je ne sais pas, la dernière fois que j'étais là on avait que Litchi.

La concernée leva sa tête blanche avant de la reposer paresseusement sur ses pattes pour recommencer à somnoler.

- Papa a ramené Merlin et Morgane il y a deux mois, expliqua Cameron. Maman était vraiment pas contente. Surtout que Merlin ben il s'attaque aux hiboux !

Le mystère éclaircit, ils laissèrent le séjour derrière eux pour passer rapidement par la cuisine qui était la dernière pièce du rez-de-chaussée. Le feu sous la cuisinière était pour le moment éteint. Une table entourée de quatre chaises et d'un banc était poussée dans un coin de la pièce et une coupelle de fruit reposait dessus remplie de prune dirigeable qui étaient suspendues dans les airs à un centimètre au dessus du récipient.

Les nouveaux venus regardèrent curieusement la rangée de sablier installés sur le bord de la fenêtre derrière l'évier et dont le sable s'écoulait tranquillement pour deux d'entre eux. Mary leur dit qu'ils étaient coordonnés avec ceux utilisés par sa mère dans son labo. Ça permettait ainsi à celle-ci de surveiller ses potions quand elle montait pour cuisiner.

Et suivant le nombre de sablier en activité toute la famille pouvait savoir combien la maîtresse de maison avait de potion sur le feu et leur difficulté. Son père jetait toujours un regard aux sabliers avant de descendre au labo histoire de ne pas arriver au mauvais moment.

Revenant dans le couloir de l'entrée, Mary leur désigna la porte de la cave qui menait jusqu'au laboratoire de sa mère et leur dit que c'était le seul endroit où ils ne devraient jamais entrer.

- Et c'est la seule chose qu'ils vont impérativement essayer de faire durant leur séjour, soupira Jonathan en reconnaissant la flamme que le défi avait allumé dans les yeux des jumeaux.

- Pas du tout ! protestèrent les concernés sans tromper personne toutefois.

L'escalier menant au premier étage donnait sur un couloir possédant cinq portes : les deux de droite pour les chambres de Mary et Cameron, celles de gauche pour la chambre parentale, la salle de bain et la chambre d'Aileen, la petite sœur de sa mère qui passait à l'occasion et avait habité avec eux des années quand Mary était petite.

- Venez ! ordonna Jonathan au jumeaux en les entraînant vers le bout du couloir.

Ils débouchèrent sur une véranda entièrement vitrée du sol au plafond. On avait l'impression de marcher dans les airs avec la propreté du sol transparent. Les jumeaux hésitèrent quelques instants avant de s'engager dans la pièce qui servait visiblement de salle de classe avec le tableau noir à droite et la table pourvue de deux chaises en face.

Ils montèrent ensuite au deuxième étage où quatre chambres d'amis se trouvaient et où logeraient les jumeaux et Jonathan. Puis, au troisième, se trouvait une sorte de jardin intérieur. Il y avait des pots de toutes les tailles, contenant les plantes magiques inoffensives qui pouvaient êtres cultivées hors de terre et que la maîtresse de maison utilisait dans ses potions, ainsi que certains légumes et herbes de cuisine qui embaumaient l'air. Certaines plantes grimpaient sur les murs et d'autres étaient suspendues au plafond faisant ressembler l'endroit à une sorte de jungle. Les invités repérèrent dans un coin de confortables fauteuils accompagnés d'une table.

- Ça ressemble beaucoup à la salle commune de Poufsouffle, leur dit Jonathan. Ma sœur prétend ne pas avoir fait exprès, mais je suis sûr qu'elle ment.

Le blond prit les devant et les emmena jusqu'à l'un des murs contre lequel se trouvait un escalier en colimaçon métallique à côté d'une porte fermée qui cachait la bibliothèque du Phare et était interdite d'accès aux enfants tant qu'il n'y avait pas un adulte avec.

- Et le dernier étage, leur dit Cameron en sautant sur le palier.

On y trouvait la pièce où reposait le système d'optique, la raison d'être de ce phare avant qu'une famille de sorcier ne décide de le transformer en habitation. Mais ils ne prêtèrent que peu d'attention à la pièce maîtresse de l'édifice, préférant sortir sur le balcon cylindrique qui faisait le tour de ce dernier étage. D'ici, la vue était extraordinaire. On voyait l'Angleterre à l'Est, l'Irlande au Nord-Ouest et partout ailleurs la mer et l'Océan à perte de vue. Et le soleil qui achevait de se coucher rendait le panorama magique.

- Bienvenus au Phare, dit Mary aux jumeaux.

- Je n'aurait jamais pensé que tu habitais dans un endroit pareil, commenta Fred.

- Sûr que ça ressemble pas au traditionnel manoir des Sang – Purs, renchérit George.

En apprenant que Mary vivait chez une tutrice à la tête d'une lignée de Sang-Pure, ils avaient craint de se retrouver dans une baraque lugubre à l'atmosphère glacée remplie d'objets précieux qu'il ne fallait surtout pas toucher. Les vacances prenaient tout d'un coup un tournant beaucoup plus agréable.

- Mes parents n'en parlent pas beaucoup autours d'eux et peu de gens sont invités. Vous êtes privilégiés en fait ! rigola Mary. Allez, redescendons maintenant.

Ils dévalèrent les escaliers à toute vitesse, signalant par la même leur arrivée dans toute la maison, et l'odeur alléchante ayant envahie le rez-de-chaussée leur apprit qu'ils n'allaient pas tarder à dîner.

Ils entrèrent dans la cuisine, où la Maître des Potions avait pris les commandes. Un elfe de maison était en train de rassembler les affaires pour dresser la table. Mary ne voyait pas souvent la petite créature qui portait le nom de Vri, même si elle savait que sa mère possédait en tout quatre elfes. Elle n'appelait l'un d'eux qu'à l'occasion, pour cuisiner quand elle devait rester avec ses potions, où pour surveiller les enfants quand personne ne pouvait les garder.

La matriarche se tourna vers eux à leur entrée et un sourire étira ses lèvres. Elle alla étreindre Mary, puis Jonathan avec force avant de se tourner vers les jumeaux, étrangement silencieux. Ils l'observaient impressionnés par la cicatrice qui barrait sa joue et avec la vague impression de l'avoir déjà vue à quelque part. Elle sembla les jauger avant de leur tendre la main pour les saluer tout deux.

- Bienvenue chez moi. S'il y a une seule chose qu'il faut que vous reteniez, c'est que la cave est strictement interdite au public. Je serais intransigeante sur le sujet. Est ce claire ?

Ils hochèrent la tête, et Mary jeta un regard à Jonathan qui essayait à grand peine de retenir le rire qui montait dans sa gorge. Les jumeaux semblaient soudainement beaucoup moins enclin à se rendre à la cave comparé à tout à l'heure. C'était sûr que sa sœur avait de quoi impressionner ses interlocuteurs. Avec sa cicatrice et son aura, elle rappelait un peu Rogue. Même si elle aurait sans doute bondit jusqu'au plafond en entendant cette comparaison.

- Très bien. Alors passons à table. Oh ! Et si mon visage vous dit quelque chose, c'est parce que je vous ai gardé quand vous étiez petits.

Les jumeaux ouvrirent de grands yeux, et la fixèrent, plus que stupéfait. Cette fois, Jonathan ne put s'en empêcher et éclata de rire. Il connaissait les jumeaux depuis des années maintenant. Et il n'avait jamais vu personne réussir à les surprendre, eux qui semblaient toujours avoir réponse à tout. Les vacances s'annonçaient divertissantes !

Mary se réveilla de bonne humeur le lendemain : il était prévu que Jonathan, les jumeaux et elle aillent disputer un petit match amical de Quidditch dans la matinée. Ce serait la première fois pour elle. Elle s'empressa donc de se laver et de s'habiller avant de sortir de sa chambre. Et elle tomba sur sa mère.

- Bonjour ! s'exclama t –elle avant de se diriger vers l'escalier.

- Minute ! Je voudrais te parler, Mary. Viens, on va discuter un peu.

La concernée se tendit en voyant que sa mère d'adoption ouvrait la porte de la chambre parentale puis la guidait vers le bureau adjacent. C'était en général mauvais signe quand Mary se trouvait assise en face de l'antique meuble en chêne qui trônait là plutôt que dans le salon où la salle de classe pour discuter. L'adulte alla prendre place dans son fauteuil, et observa un instant la rouquine avant de commencer.

- Il y a certaines choses dont j'aimerais que nous parlions avant ton retour à Poudlard.

- On avait toutes les vacances…

- Tout le monde dort encore, c'est le moment idéal.

Abandonnant l'idée d'argumenter, Mary hocha la tête et attendit la suite, se demandant tout de même comment sa mère savait ça… Mais elle semblait toujours savoir tout ce qu'il se passait chez elle alors ce n'était pas une surprise.

- Jonathan m'a dit une chose qui m'intrigue. Il paraît que tu as vu les choses qui tirent les calèches de Poudlard.

Quand diable avait –elle eu le temps de parler de ça avec le blond ? Les jumeaux, lui et elle ne s'étaient pas lâchés de la soirée hier !

- Oh… Oui, j'ai vu quelque chose. Mais les autres ne voyaient rien ! Je ne suis pas folle ! Je les ai vraiment vu.

- Bien sûr que tu n'es pas folle. Tu veux bien me décrire ce que tu as vu ?

- C'était comme des chevaux, mais noir et squelettique avec des ailes. Ils avaient des yeux blancs aussi… C'était effrayant.

- Je vois… Je ne m'étais pas attendue à ce que tu puisses les voir, sinon je t'aurais avertie l'été dernier.

- Tu sais ce que c'est ? s'étonna Mary en se penchant avec avidité.

- Bien entendu, je les vois moi aussi. Ces créatures sont des sombrals et malgré leur apparence, tu n'as rien à craindre d'eux. Hagrid les dresse depuis des années et ceux là ne s'en prennent pas aux humains.

- Parce que les autres oui ? s'inquiéta l'enfant.

- Ça dépend. Les sombrals sont des créatures très intelligentes : en général ils évitent les hommes puisqu'ils sont chassés par ceux qui peuvent les voir. Mais ils mangent de la viande et s'ils ont faim, ils sont tout à fait capables de prendre des humains en chasse. Rien de plus facile que d'attraper quelqu'un qui ne les voit pas.

- Et comment ça se fait que les autres ne les voient pas ?

- Seuls les gens qui ont vu la mort peuvent voir les sombrals, Mary. C'est pour ça qu'ils ont une si mauvaise réputation. Je pensais que tu serais trop jeune pour te souvenir des celle de tes parents, mais je me suis trompée visiblement. Excuse moi.

Mary serra ses mains l'une contre l'autre. Bien sûr qu'elle se rappelait de la mort de ses parents. Oh ! Pas grand-chose. Une lumière verte, des cheveux roux, une voix sifflante et des cries. Puis la disparition des deux présences rassurantes qui l'entouraient au quotidien. Mais elle s'en rappelait. Revenant au moment présent, elle accorda un mince sourire à sa marraine et mère d'adoption qui la regardait avec une pointe d'inquiétude dans le regard.

- Je ne suis pas folle alors ? redemanda t –elle.

- Non, tu es tout ce qu'il y a de plus normal. Tu as juste un passé un peu plus chargé que les autres élèves. Mais ne t'inquiète pas pour les sombrals. Je te l'ai dit : ils sont dressés.

- D'accord… Merci.

- De rien. Maintenant, si on reparlait du troll ?

Le Potter grimaça. Elle savait que sa mère mettrait le sujet sur le tapis à un moment où à un autre. Elle avait juste espéré que ce ne serait pas d'emblée ! Mais bon, ce n'était sans doute qu'un mauvais moment à passer.

- Peut –être vais – je avoir le droit à une véritable explication maintenant ? Dis moi donc comment tu as pu te retrouver à affronter une telle Créature alors que tu étais censée être dans ta Salle Commune ?

- Ben… commença t –elle avant de soupirer et d'avouer. Les jumeaux nous ont proposé, à Emeli, William et moi, de les aider pour faire une farce et on a accepté. On savait même pas qu'il y avait un troll dans le château et qu'on devait retourner dans nos dortoirs ! Sinon on l'aurait fait !

- On dirait ton père. Merlin nous préserve que tu deviennes comme lui !

- Hein ? s'étonna la rousse.

- Non, rien. Mais tu te rends compte que tu aurais pu te faire tuer, n'est ce pas ?

- Oui. On a eu vraiment beaucoup de chance.

- Hum… se contenta de répondre sa mère, l'air songeuse. J'imagine.

- Et c'est tout ? s'étonna Mary.

- Que devrais – je dire d'autre ? Ce n'est pas ta faute si ce troll est entré dans l'école et personne n'est tenu d'assister à un banquet. Personnellement, je comprends tout à fait que tu n'aies pas voulu y aller. Tu n'étais donc pas en tord. C'est la direction de l'école qui a eu le droit à mes remontrances.

Mary ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Et de s'étonner de s'en tirer à si bon compte. Elle s'était attendue à se faire incendier en bonne et due forme et là, rien.

- Parlons de tes notes maintenant… Elles sont bonnes, mais tu pourrais faire un effort en botanique.

- Je n'ai jamais eu moins que des A ce trimestre, s'indigna Mary.

- Doit on reparler de ce T en potion ? la taquina sa mère qui avait encore la copie du délit dans un tiroir de son bureau.

- Ça n'était pas de ma faute ! Ce devoir était bon !

- Je sais, Mary. Il te faudra toutefois au moins un O pour le rattraper.

- Rogue ne donne jamais de O !

- Il suffit de ne pas lui donner d'autre choix que de t'en donner un.

- Comment je fais ça ?

- Je ne sais pas moi, comment tu ferais ? lui demanda la sorcière avec un sourire moqueur aux lèvres.

- Tu n'es pas gentille…

- J'ai déjà suffisamment souffert en 7 années de potion à Poudlard sans avoir besoin de réfléchir à ta place à ton problème ma chérie ! Y a t –il autre chose dont tu voudrais me parler ?

- En fait… Oui, hésita Mary. Je ne sais pas si c'est important mais…

- Tout est important.

- C'est ma cicatrice… Elle m'a fait mal. Vraiment très mal une fois quand j'étais dans le parc.

Mary savait très bien qu'elle n'offrait qu'une demi-vérité, ou un demi-mensonge, à sa mère. Mais il était hors de question qu'elle se dénonce elle-même en avouant être allée dans la Forêt Interdite sans permission. Là, elle serait à coup sûre punie pour toutes les vacances !

- C'est étrange, déclara lentement la sorcière soudainement beaucoup plus sérieuse. Il y avait quelque chose de particulier ?

- Ben… J'avais l'impression que quelqu'un rôdait autours de nous. Nous étions près de la Forêt Interdite. C'est là que j'ai rencontré Hagrid, improvisa Mary s'enfonçant dans son mensonge.

- Il y a des choses peu recommandables qui traînent dans la Forêt Interdite, lui apprit sa mère d'une voix totalement neutre. Et je suis persuadée que ta cicatrice agit comme un genre avertissement d'un danger qui te guette. Il ne faut plus que tu t'approches de cette forêt, Mary. Tu comprends ?

- Oui.

- Est-ce que tu as eu mal à d'autres moments ?

- Non. Parfois elle brûle un peu, mais sans plus.

- Quand ? Tout le temps où à des moments précis ?

- Pendant les repas… Parfois en cours aussi. C'est assez aléatoire et ça passe vite.

- Et ça a commencé depuis que tu es arrivée à Poudlard... Ça ne l'avait jamais fait ici, n'est ce pas ?

- Non.

- Je vois… Merci de m'en avoir parlé Mary. C'est important que tu me dises ce genre de chose. Tu le sais, n'est ce pas ?

- Oui.

- OK. Alors allons – y. Je vais préparer un solide petit-déjeuner si vous devez aller voler toute la matinée.

Mary hocha la tête et fit semblant de ne pas avoir remarqué le changement d'attitude de sa mère, n'ayant pas envie de s'en inquiéter. En se levant, elle jeta un regard distrait à la coupure de journal froissée qui trônait sur le coin du bureau. "Gringotts a été cambriolé" annonçait le titre. Elle ne put cependant pas s'attarder puisque l'adulte la héla pour qu'elle sorte de la pièce.

Les balais étaient déjà sagement alignés dans l'entrée quand les deux sorcières débarquèrent au rez-de-chaussée et la télévision était allumée. Mary alla se joindre à Jonathan et Cameron après avoir salué son père qui s'activait en cuisine et devait avoir sorti les balais de la remise calée contre le Phare. Dès qu'elle s'assit sur le canapé, son frère lui demanda s'il pouvait venir avec elle pour voler lui aussi. Jonathan leva les yeux au ciel, ce qui informa Mary que le plus jeune avait déjà tenté le coup avec lui.

- Tu ne sais pas voler, lui rappela la rousse.

- Mais…

- Cameron, laisse ta sœur tranquille avec ça, intervînt leur mère. Elle a raison : il est hors de question que tu montes sur un balai.

- Mais elle, elle le fait.

- Tu es encore trop jeune. On en reparlera quand tu entreras à Poudlard.

- Mais elle volait aussi avant sur son balai-jouet ! Où est papa ? s'enquit le petit garçon qui avait sans doute trop tendance à aller pleurnicher auprès de son père quand il n'avait pas ce qu'il voulait.

- Ici, répondit le concerné. Mais je suis d'accord avec ta mère et ta sœur. Écoute-les.

En comprenant que tout le monde était contre lui, le plus jeune se leva du canapé et remonta dans sa chambre en tapant des pieds à chaque pas pour montrer son mécontentement. Il refusa même de saluer son père qui partait travailler sur le Chemin de Traverse. Avec un soupir, la Maître des Potions envoya l'un de ses elfes surveiller son fils pour qu'il ne fasse pas une grosse bêtise pour se venger et appela les deux élèves de Poudlard pour le petit-déjeuner.

Le jumeaux Weasley se joignirent à la tablée une petite demi-heure plus tard s'excusant platement : d'ordinaire ils ne dormaient pas aussi tard, ayant l'habitude d'être réveillés par leur camarades de dortoirs où leurs bruyants frères et sœurs au Terrier. Le Phare, lui, était un modèle de silence à côté. Si on exceptait les moments où Cameron faisait sa mauvaise tête.

Ils tournèrent autours de la télévision, éblouis. Leur père en avait déjà ramenée une, mais il avait été incapable de la faire marcher et encore moins de leur expliquer correctement à quoi cela servait. Ils échangèrent un regard de connivence et Mary devina que l'engin moldu devait avoir fait germer de nouvelles idées dans leurs têtes. Ils seraient sans doute restés à examiner l'objet si l'appel du Quidditch n'avait pas été plus fort.

- Soyez prudents, leur dit la maîtresse de maison en les voyant se préparer, vestes, écharpes et gants à l'appui. Si le temps se gâte, je veux que vous rentriez. Et ne volez pas trop haut : il n'y aura personne pour vous rattraper en cas de chutes et plus vous monterez haut, plus vous aurez froid.

- Ne t'inquiète pas Crystall, je veille sur tout le monde, lui dit calmement Jonathan. Tu peux aller travailler tranquillement.

- Faites attention et ne volez pas au dessus de l'eau !

- Oui ! claironna Mary en poussant la porte d'entrée son balai sur l'épaule.

Le temps était au beau fixe. La neige qui était tombée durant la nuit avait recouvert toute l'île d'une couche blanche et moelleuse dans laquelle on décelait les traces de pas de Dante ainsi que le passage du Magicobus.

Ils enfourchèrent leurs balais dès qu'ils eurent fait trois pas hors de la maison et s'élancèrent avec un hurlement de joie. Décidément, Mary adorait voler ! Elle aimait cette sensation de liberté et sentir le vent sur son visage. Elle s'accorda le luxe de quelques figures aériennes, suivie par les jumeaux. Ils furent rejoint pas Jonathan qui avait récupéré un souaffle. Il le lança de toutes ses forces vers Fred. George plongea, et glissa à quelques centimètres de la couche neigeuse, dispersant la poudreuse en un nuage glacé. Il attrapa le souaffle, s'attirant les foudres de son jumeau et Mary éclata de rire, les entraînant vers un endroit où 4 arbres étaient disposés de façon idéale pour tenir lieu de but.

Ils tirèrent les équipes à pierre papier ciseau et Mary se trouva avec George tandis que Jonathan et Fred leur faisaient face. Ils prirent le parti de laisser le souaffle à la seule fille du groupe… Et le regrettèrent car elle leur mit rapidement un but dans la vue.

Mais bientôt, un problème de taille se présenta. Comment savoir lequel des jumeaux était George ? Même visage, même vêtements. Et quand elle appelait George, les deux répondaient. Visiblement, Fred avait noté sa confusion et s'en servait à merveille, aidé par Jonathan qui n'avait, semblait –il, pas de problèmes avec ça.

- Nom d'un vampire édenté ! s'énerva t –elle après avoir passé pour la troisième fois le souaffle au mauvais Weasley. George, ici !

Comme il la regardait, l'air perdu, elle vola vers lui, lui arracha son bonnet à pompon, le retourna et le lui remis sur le crâne, pompon vers l'intérieur. Au moins elle pouvait savoir lequel des jumeaux était le sien.

- C'est désagréable, lui apprit –il en tirant pour recouvrir ses oreilles sans succès.

- Ouais, ben t'avais qu'à demander à ta mère de pas vous faire aussi pareils. C'est pas de ma faute.

- Dites ? intervînt Jonathan. Vous n'entendez pas comme un hurlement ?

- Qu'est ce que tu… commença Fred. Un moment. Il a raison !

Ils tendirent tous l'oreille et effectivement un grand cri, un genre de "aaaaa" ininterrompu, se fit entendre. De plus en plus fort et quelque peu saccadé. Ils regardèrent dans tous les sens et George dit :

- Merlin !

Ils regardèrent tous dans la même direction et virent quelqu'un s'approcher en volant n'importe comment. Ils comprirent tous au même moment qu'il s'agissait de Cameron qui avait visiblement perdu le contrôle du balai sur lequel il se trouvait.

- Cameron ! lui cria Mary en s'approchant. Freine ! Freine !

Mais le petit garçon, tétanisé, restait désespérément agrippé au manche du balai et ne semblait plus capable de faire quoi que se soit à part hurler. Et de toute façon il ne savait pas comment freiner ! Donnant la pleine puissance de son propre balai, Mary réussi à se placer à sa hauteur, distançant les autres, mais quand elle essaya d'attraper son frère pour l'arracher au balai, elle dut s'écarter pour ne pas qu'il lui rentre dedans.

- Pas par là ! lui hurla t –elle en le voyant partir droit vers le large. Cameron !

Elle vit, avec une horreur mêlée de soulagement le balai soudainement perdre de l'altitude. Mais il se fracassa au sol sur la plage et son frère fut projeté droit dans l'eau de mer glacée en ce mois de décembre.

- Cameron ! l'appela t –elle.

Les jumeaux furent les premiers à réagir, sans doute habitués à gérer ce qui ressemblait de près ou de loin à une catastrophe vu qu'ils en créaient régulièrement. Ils allèrent voler au dessus de l'eau et attrapèrent chacun un bras du garçon pour le transporter entre eux jusqu'à la plage.

Mary atterrit, trébuchant dans sa précipitation. Elle attrapa le visage de son frère qui commençait à pleurer à chaudes larmes :

- Cameron ! Tu vas bien ? Tu as mal à quelque part ? Tu es glacé !

- Il faut le débarrasser de ses vêtements, ordonna Jonathan en donnant ouvrant la tirette du blouson de son cousin pour donner l'exemple. Sinon il va geler d'ici à ce qu'on le ramène à la maison.

Le plus jeune se laissa faire comme une poupée avant qu'on ne l'enroule dans la veste de Jonathan, et celle de Mary. Le Poufsouffle voulu ensuite le ramener au Phare en le mettant sur son balai devant lui, mais Cameron, visiblement terrifié par sa première expérience sur un balai se mit à vagir comme un veau allant à l'abattoir et s'agita, refusant de monter sur le balai et rendant le transport de toute façon impossible

- Jin ! appela Mary alors que la situation commençait à dégénérer. Jin !

Un elfe de maison aux grands yeux bruns, l'air terriblement angoissé, apparu dans un crack! sonore. En voyant Cameron, il sembla soulagé. Apparemment, le garçon avait réussi à lui fausser compagnie alors qu'il en avait la garde.

- Ramène le à la maison avec toi, ordonna Mary. Et prévient ma mère. Dis lui aussi qu'on sera rentré d'ici 5 minutes, le temps de faire le trajet en balais.

L'elfe s'inclina, attrapa fermement la main de Cameron et ils disparurent, laissant les quatre plus âgés seuls sur la plage.

- Par la barbe de Merlin, souffla Fred. Ce gamin est complètement fêlé.

- J'ai eu la peur de ma vie. J'ai cru qu'il allait sérieusement se blesser !

- Rentrons, intervînt Jonathan.

- Oui, mieux vaut ne pas faire attendre ma mère trop longtemps.

Ils volèrent bas et vite jusqu'au Phare pour trouver Cameron enroulé dans une grosse couverture, le visage défait, les yeux encore larmoyants, et Jin qui attendait sagement dans un coin de la pièce, le nez vers le tapis. La Maître des Potion s'agitait dans tous les coins, l'air furieuse. Mary, Jonathan et les jumeaux choisirent sagement de la jouer profil bas et se collèrent contre un mur pour ne pas se retrouver sur son chemin.

- Je n'arrive pas à croire que tu ais fait une chose aussi stupide Cameron ! lui dit une fois de plus sa mère en s'asseyant sur la table basse et posant ses potions à côté d'elle. Même venant de toi, ça me sidère ! Voler un balai et monter dessus sans savoir comment ça marche ! Tu aurais dû savoir que ça tournerait mal.

- Mais je voulais aller jouer avec les autres… pleurnicha le gamin.

- Ça n'est pas une excuse. Je t'avais expressément interdit de le faire. Et toi Jin ! Pourquoi tu n'étais pas avec lui ? Hein ?

L'elfe se recroquevilla sur lui-même, comme si elle venait de le frapper, ce qui n'était pas très loin, vu le ton employé.

- Ce n'est pas sa faute, tenta Cameron. C'est moi qui suis parti.

- Il n'aurait jamais dû te lâcher du regard une seule seconde ! C'est l'ordre que je lui avais donné et il a failli.

- Pardon Maîtresse ! éclata l'elfe avec des couinements pour le moins pitoyables. Jin a mal fait ! Jin est un mauvais elfe ! Le jeune maître a failli mourir à cause de Jin ! Jin va aller se repasser les doigts et se pincer les oreilles dans le four ! Pitié Maîtresse ! Ne donnez pas un vêtement à Jin !

Mary comprit avec stupéfaction que sa mère avait menacé l'elfe de renvoi. Elle devait vraiment être furieuse : elle tenait comme à la prunelle de ses yeux aux 4 elfes de maison qu'elle possédait, tous ayant appartenu à ses parents morts il y a des années.

- Tais toi Jin ! lui ordonna la concernée. Disparais. Je ne veux plus te voir jusqu'à nouvel ordre.

L'elfe jeta un regard désespéré à sa maîtresse, comme si son monde entier était en train de s'écrouler sous ses pieds, mais s'en alla, obligé d'obéir.

- Crystall ... commença Jonathan.

- Silence. Je ne veux plus entendre personne.

Et le silence se fit, comme elle le réclamait. Les quatre élèves de Poudlard regardèrent l'adulte administrer des potions, au goût immonde vu la grimace que fit Cameron, à son fils, avant de palper avec précaution son poignet bleuit, puis ses côtes. Elle soigna ses os brisés d'un coup de baguette avant de frictionner les mains et les pieds gelés du garçon avec une potion qui sentait vraiment fort les herbes.

Sans un mot, elle porta ensuite son fils à l'étage pour le ramener dans sa chambre. Mary, Jonathan, Fred et George restèrent silencieux encore quelques secondes après s'être retrouvés seuls puis allèrent s'asseoir dans la cuisine.

- Si j'avais su qu'il ferait ça, je lui aurais proposé d'essayer avec nous, soupira Mary. On aurait au moins pu le surveiller un minimum ! Il aurait pu se tuer.

- C'est fait maintenant, tenta Jonathan pour l'apaiser. Et ce n'est pas de notre faute : ton frère est juste incapable d'obéir aux ordres qu'on lui donne. Il ne comprend pas que c'est pour son bien.

- Dites… je veux pas vous ennuyer, les coupa George. Mais il y a de la fumée noire qui s'échappe de la cave…

Ils tournèrent la tête vers la direction indiquée et effectivement, un gros nuage noir menaçant avançait vers eux. Mais il sembla stoppé dans l'encadrement de la porte. Un juron leur parvînt et soudainement, la fumée commença à refluer. Quelques secondes plus tard, le Maître des Potions apparut, baguette en main.

- Vous n'avez pas respiré de cette fumée, les enfants ? s'enquit –elle.

- Non. On était déjà dans la cuisine quand elle arrivée et elle n'a pas réussi à entrer.

- Ah, dit –elle avec un air satisfait : mes sorts fonctionnent donc correctement. Je n'en était pas certaine avec Dante qui passe là tous les jours, mais ça a marché.

Les adolescents échangèrent un regard, ne comprenant pas la dernière phrase, mais ne prirent pas le risque de demander une explication. Ils la regardèrent entrer dans la pièce en rangeant sa baguette et venir prendre place avec eux autours de la table. Ladon, qui était sur son épaule glissa pour aller rejoindre Mary qui le récupéra rapidement, sachant que sa marraine n'aimait pas voir des animaux sur les tables. A moins que ce ne soit dans une assiette et pour être consommé.

- Si vous me racontiez ce qu'il s'est passé ? proposa t –elle sans qu'aucun d'eux ne se leurre quant à l'ordre caché derrière.

Ils s'empressèrent d'obéir. Mais au final, elle se contenta de soupirer, un air las sur le visage. C'était moins terrible que ce à quoi s'était attendu Mary.

- Ton frère ne cessera visiblement jamais de faire des bêtises, soupira t –elle. Mais ça aurait pu être plus grave. Heureusement que tu as eu le réflexe de le déshabiller, Jonathan. Il était déjà à moitié congelé en arrivant ici.

- Je ne veux plus jamais voir un garçon nu de ma vie, déclara Mary en fronçant le nez. J'espère que ça n'arrivera plus. Surtout pas mon frère !

- Oh ben tu ne diras plus la même chose dans quelques années, glissa perfidement Fred avant de se prendre un coup de coude de la part de Jonathan.

- Et pour Jin ? Tu vas vraiment le renvoyer ? s'enquit la rousse pour détourner la conversation.

- Je ne sais pas. Il va falloir que j'y réfléchisse. Cameron aurait pu se tuer en faisant ça, tu sais. Si je laisse passer ça maintenant, la prochaine fois sera pire.

La sorcière se leva et les observa tous gravement avant de reprendre :

- Cameron est consigné dans sa chambre jusqu'au dîner. Il a besoin de se reposer et ça évitera quelques-unes des bêtises qu'il pourrait encore faire même si je pense qu'il a eu son compte pour aujourd'hui. Vous pouvez faire ce que vous voulez tant que c'est légal et que ça ne met pas vos vie en danger. Mais soyez prudents quand même.

- Et toi ? s'enquit Jonathan.

- Moi, je vais reprendre la potion qui a raté avec tout ce remue-ménage.

La sorcière repartit, tout en marmonnant dans sa barbe, laissant les plus jeunes livrés à eux même. Mary proposa une bataille explosive, n'ayant pas réellement envie de remonter sur son balai dans l'immédiat et ils acceptèrent avec joie. Ils allèrent s'installer dans la serre au 3ème étage et les deux « cousins » s'allièrent contre les jumeaux qui, pour une fois, se firent prendre à leur propre jeu puisqu'ils perdirent. Ils avaient les sourcils carbonisés quand ils redescendirent à l'heure du dîner.

Quand ils se rendirent compte que rien n'était prêt, et que la matriarche avait sans doute oublié de regarder l'heure, ils prirent le partie de cuisiner eux même en attendant que le père de Mary rentre et aille chercher sa femme qui interdisait strictement l'accès à son labo à quiconque d'autre.

Au final, Cameron s'excusa et promit de ne plus jamais recommencer. Chacun se demanda combien de temps il allait tenir cette promesse. Mais il n'y eut pas d'autres événements remarquables avant Noël. Cameron avait vraiment été échaudé par son premier vol sur balai et se tînt à carreau suffisamment longtemps pour inquiéter tout le monde.

Ils décorèrent le Phare avec des guirlandes qui semaient de la neige et des boules qui fredonnaient des chants de Noël, et durent tous s'y mettre pour réussir à dresser le sapin dans un coin du séjour tant il était grand. Ils allèrent chercher leurs cadeaux sur un Chemin de Traverse enfouit sous une cinquantaine de centimètres de neige dont tout le monde se demandait l'origine : le Londres moldu n'avait guère que les toits recouverts d'une fine couche blanche. Ils jouèrent aussi au Quiddicth, et firent leurs devoirs de vacances sous la houlette de la Maître des Potions qui était intraitable à ce sujet.

Le matin de Noël arriva à une vitesse affolante. Quand Mary réalisa quel jour ils étaient, elle sauta hors de son lit, puis dévala les escaliers. Et trouva avec étonnement les cadeaux encore intacts malgré son frère qui était assis sur le canapé. Autant de retenu chez ce sauvage la laissa un instant perplexe jusqu'à ce que sa mère arrive :

- Personne ne touche aux cadeaux tant que tout le monde n'est pas là, lui apprit l'adulte.

Mary haussa un sourcil, puis fit demi tour, remontant les escaliers à toute vitesse. Elle alla sauter sur le lit de Jonathan :

- C'est Noël ! claironna t –elle. Debout ! Debout !

- Que Merlin ait pitié de moi, grommela le blond en plaquant son oreiller sur sa tête.

- Non ! Pas aujourd'hui. Allez ! Maman ne veut pas qu'on ouvre les cadeaux tant que tout le monde n'est pas là !

- Ça va, ça va, j'ai compris, je me lève. Va donc secouer les jumeaux, je suis sûr qu'ils vont adorer.

- Ne te rendors pas, lui ordonna la rouquine en quittant la chambre.

- Hum, répondit –il.

L'air dubitative, elle laissa la porte grande ouverte pour laisser entrer la fraîcheur du couloir dans la chambre agréablement chauffée. Puis, elle alla offrir le même réveil à George. Elle eut la surprise de constater que les jumeaux dormaient tous les deux dans le même lit.

- Va t –en Gin', marmotta celui de droite. Tu te vengeras plus tard…

- Fred n'arrivait pas à dormir seul ? s'enquit Mary en se jetant à moitié sur eux pour se ménager une place sur le lit.

- Hum… ? Ah ! C'est Mary, nota le jumeau de gauche. Debout Fred.

- Fichmoilapaix.

- On dirait un gnome des jardins, commenta Mary. Dépêchez vous de vous lever : c'est Noël !

Un petit quart d'heure plus tard, elle redescendait dans le salon, tirant derrière elle les trois garçons encore à moitié dans le coaltar. Cameron qui trépignait, assit sur les genoux de son père poussa un hurlement de joie qui fit grimacer les trois endormis avant de se jeter sur ses présents.

Mary l'imita rapidement, bientôt suivie de tout le monde. Elle reçu de ses parents un nécessaire à balai ainsi que des gants de Quidditch qu'elle se souvenait avoir réclamé un jour. Elle eut aussi la surprise de voir un cadeau de la mère des jumeaux, un pull bleu avec un M couleur bronze tricoté dessus. Fred et George en avaient aussi eu un et Mary leur dit :

- Maintenant, vous allez le porter pour toutes les vacances. Comme ça, je ne vous confondrais plus.

- Ne te fais pas d'illusion, Mary, intervînt Jonathan. Ils vont échanger leurs pulls dès que tu auras le dos tourné.

Le regard noir que les concernés lancèrent à leur camarade lui apprit que le blond avait vu juste. Elle soupira tout en s'attaquant à son dernier paquet, qui avait l'air de contenir un autre vêtement. Elle s'empara de la carte et la lut, fronçant les sourcils :

"Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais en bon usage."

Le tout sans signature. Intriguée, elle déchira le papier et en sorti une cape douce et fluide comme si elle avait été faite d'eau. Fascinée, elle la déplia et sa mère fit sursauter tout le monde :

- Par les strings à paillette de Merlin ! s'exclama t –elle, faisant sourire les plus jeunes. La cape !

- Crystall ! Langage ! protesta son mari devant le juron imagé.

- Tu sais ce que c'est ? s'étonna Mary.

- Bien entendu. Merlin… Qui t'a envoyé ça !? Je l'ai cherchée sans jamais la trouver !

La Maître des Potions attrapa l'objet avec un sourire aux lèvres et de la nostalgie dans le regard. Puis, elle en drapa Mary… dont le corps disparu intégralement, faisant pousser des "ooh" à toutes les personnes présentes.

- Ceci, leur apprit – elle, est la cape d'invisibilité que les Potter se transmettent depuis des générations. Je l'ai cherchée sans jamais la trouver… Quelqu'un l'a prise avant moi.

- Il y avait un mot avec la cape, lui apprit Mary.

Elle fouilla au milieu des papiers cadeaux jonchant le sol pour tendre la courte note à sa marraine qui la lut. La rousse observa attentivement sa mère tenter de rester impassible, mais son visage se contracta sous l'effet de la colère.

- Est-ce que je peux garder ce mot, Mary ? lui demanda sa mère d'une voix beaucoup trop calme.

- Oui… Bien sûr.

L'adulte hocha la tête et s'en alla, sans que personne à part Mary ne lui prête attention. L'enfant regarda son père la suivre et après une hésitation décida de mettre son cadeau à l'essai immédiatement. Elle s'enveloppa consciencieusement dedans et réussi à entrer dans la cuisine avant que la porte ne claque. Là, elle se cala dans un coin où elle serait sûre de ne pas se faire heurter par quelque chose ou quelqu'un et s'immobilisa.

- Qu'est ce qu'il t'arrive ? s'enquit son père inconscient d'avoir été suivi.

- Ce putain de connard barbu, articula difficilement la Maître des Potions sous l'effet de la colère.

- Dumbledore ?

- Bien sûr ! Dumbledore ! Encore lui ! D'abord mes barrières de protection et maintenant ça ! Ce mot sous-entend que James lui a donné la cape d'invisibilité de son vivant ! James ne s'en séparait jamais de cette cape ! Et il ne l'aurait pas fait de son plein grès alors que Voldemort voulait leur peau et celle de Mary.

La sorcière prit une profonde inspiration et son regard se porta à l'extérieur.

- Dumbledore a consciemment pris cette cape alors que les Potter se terraient dans une maison sous Fidelitas et qu'elle pouvait constituer une chance non négligeable de fuir si jamais ils étaient trahis. Si Lily avait eu cette cape, elle aurait survécu ! Ce connard est censé être le sorcier le plus brillant et le plus puissant et il prive une famille de la cape !

- Calme toi, lui enjoignit le cracmol d'une voix basse et douce. C'est trop tard à présent. Ta colère n'y changera rien.

- Je sais… Mais j'ai parfois l'impression qu'Albus a tout fait pour que les Potter meurent cette nuit là.

La phrase était lancée et elle plana entre les deux adultes comme si les mots étaient devenus tangibles. Ils s'entre regardèrent, semblant mener un échange muet. Puis doucement, Dante s'approcha et prit son épouse par les épaules pour la ramener au salon.

Tétanisée dans son coin, Mary mit quelques secondes avant de reprendre pied dans la réalité. Une pensée ironique lui dit que c'était la punition pour avoir été trop curieuse. Elle aurait préféré ne jamais entendre ça. Que sa mère n'aime pas Dumbledore n'empêchait pas celui – ci d'être considéré comme un héros de guerre. La seule personne à avoir toujours fait peur à Voldemort, le sorcier emblématique de l'opposition. Entendre qu'il avait peut –être aidé Voldemort à tuer des gens qui lui faisaient confiance c'était comme si le monde s'écroulait.

Elle quitta rapidement la cuisine et monta discrètement les marches. Il lui fallait un prétexte pour justifier son absence dans le salon. Dire qu'elle était allée mettre la cape en sécurité en serait un tout à fait plausible. Outre sa préciosité, c'était le premier héritage familial qu'elle avait entre les mains. Sa mère avait placé les choses de valeur dans le coffre des Potter à Gringotts et elle n'en avait jamais eu besoin.

Les jumeaux et Jonathan se retrouvèrent réunis dans la chambre de Mary durant l'après midi pour admirer la cape.

- C'est vraiment extraordinaire, commenta Fred. C'est extrêmement rare comme objet, tu sais ? Des gens tueraient pour en avoir une.

- Dois – je craindre pour ma vie ? s'enquit Mary en haussant un sourcil.

- Non. Mais tu nous la prêteras de temps en temps ?

- Vous avez votre carte magique, vous n'avez pas besoin de la cape en plus ! pointa Jonathan. Elle appartient à Mary, alors laissez la lui. Et toi Mary, veille à ce que personne ne te la prenne. Surtout pas ton frère où les deux pervers à côté de nous.

Les jumeaux Weasley semblèrent gênés, sans que Mary ne comprenne la référence. Et elle n'était pas sûre de vouloir comprendre.

La fin des vacances passa à une vitesse folle. Ils continuèrent à faire de Quidditch, et purent travailler les potions avec un professeur tout aussi doué en la matière que pouvait l'être Rogue, mais bien plus pédagogue. Elle leur fit même préparer certaines potions avec lesquelles ils avaient des difficultés et force était de constater que le problème ne venait pas des élèves mais bel et bien de l'enseignant. Ils passèrent le nouvel an parmi les moldus.

Et l'heure de faire leurs bagages pour retourner à Poudlard arriva. Presque trop tôt, tant ils s'étaient amusés. Avant le départ, ils se réunirent dans la chambre de Mary comme ils en avaient pris l'habitude au cours de ces deux semaines de vacances.

- Vous pourriez peut –être tous revenir cet été ? suggéra Mary.

- Notre mère ne nous laissera pas abuser de l'hospitalité des gens comme ça, grimaça George. En revanche, on pourrait la convaincre de te laisser venir toi chez nous. Tu as l'air assez douée en potion et en magie : on va peut –être pouvoir te mettre à contribution.

- Hors de question, intervînt Jonathan. Ne la mêlez pas à vos expériences louches et dangereuses.

- Vous êtes prêts ? demanda la mère de Mary en entrant dans la chambre.

Les quatre élèves de Poudlard hochèrent la tête et descendirent au salon où ils prirent la Cheminette pour rejoindre la gare. Traverser le mur entre les voies 9 et 10 pour arriver sur le quai 9 ¾ était un passable emblématique pour tous les sorciers d'Angleterre. Mais il était tellement plus accommodant d'utiliser la cheminette pour arriver directement sur le quai !

- Fais bon voyage, ma chérie, lui dit son père avant qu'elle n'entre dans la cheminée. Et débrouille toi pour ne plus avoir d'ennuis : ce n'est pas toi qui supporte ta mère quand elle reçoit le courrier de l'école.

- J'ai entendu ! s'exclama la concernée et débarquant dans la cuisine avant de pointer son mari du doigt : on réglera nos comptes plus tard. Il faut y aller.

Le quai était déjà bien rempli quand ils y posèrent le pied, mais ils n'eurent pas à se presser pour entrer dans le train cette fois. Jonathan fut le premier à les quitter, apercevant quelques Poufsouffles plus loin. Les jumeaux remercièrent poliment leur hôte avant de sauter sur Lee Jordan qu'ils avaient vu arriver. L'adulte sourit en secouant la tête puis se tourna vers Mary.

- Sois prudente, lui dit –elle en posant une main sur son épaule. Mange équilibré et évite les retenues : tes deux amis m'ont l'air d'être du genre à s'attirer des ennuis. Et surtout, tu m'écris s'il se passe quoi que se soit de bizarre, par exemple si ta cicatrice recommence à te faire mal.

- Promis.

- Maryyyy !

Les deux sorcières sursautèrent en concert et une tornade de cheveux châtain s'accrocha aux épaules de l'interpellée, comme un noyé à une bouée.

- Mes vacances ont été horribles ! chouina William. Mes parents m'ont obligé à faire mes devoirs plutôt que d'aller skier.

- C'est un Serdaigle ça ? s'enquit l'adulte en haussant un sourcil à la vue de l'écusson cousu sur sa poitrine.

Le garçon sembla seulement réaliser alors que son amie n'était pas seule et se redressa, observant avec curiosité la Maître des Potions. C'était première sorcière adulte qui n'était pas professeur qu'il croisait. Elle portait une robe sombre qui n'avait rien de bien exceptionnel, mais il sembla quand même impressionné.

- Je te présente William Armstrong – Jones. William, ma mère, Crystall Entwhistle.

- Bonjour, dit –il.

- Bonjour, répondit –elle. Où sont tes parents ?

- Ils ne sont pas venus sur le quai : ils m'ont juste déposé.

- Je vois. Allez ! Montez dans le train maintenant où vous allez rester sur le quai.

Comme pour lui donner raison, un coup de sifflet retentit et ils s'empressèrent d'obéir avant de partir à la recherche d'un compartiment.

- Je suis tellement content de retourner en cours, babilla le Né-moldu. Au moins je n'aurais plus mes parents sur le dos. Ils n'aiment pas trop la magie, mais ça me les empêche pas de trouver que je ne travaille pas assez !

- Ma famille est sorcière, et je te garantis qu'ils étaient aussi sur mon dos. Et je ne pense pas que qui que ce soit dans notre Maison t'encouragera à ne rien faire ! Je ne trouve pas Emeli, j'espère qu'elle n'a pas loupé le train…

Ils finirent par tomber sur elle, alors qu'elle discutait avec une Gryffondor aux cheveux touffus qui s'avéra répondre au nom d'Hermione Granger.

- La folle aux crapauds ! s'exclama William en la voyant.

- Hein ? s'étonna peu élégamment Mary.

- Oh, fit la Gryffondor avec un air dédaigneux en le reconnaissant également. Tu es ce garçon qui a volé le crapaud de Neville !

- Je n'ai rien volé ! Il allait se faire écraser et je l'ai sauvé !

- Oui, bon, on s'en moque, les coupa Emeli. Je suis contente de vous revoir. Comment se sont passés vos vacances ?

William se plaignit quelques minutes avant que Mary ne prenne le relais :

- Je me suis entraînée presque tous les jours au Quidditch avec les jumeaux Weasley et Jonathan. L'an prochain, j'entre dans l'équipe !

- Eux ! s'exclama Hermione avec un air de dégoût. Ils ne savent que désobéir au règlement et faire du bruit quand on essaye d'étudier. Il nous ont fait perdre 100 points le trimestre dernier avec leurs bêtises !

- Ils sont drôles, contre-attaqua William. Je vois pas ce qu'une personne censée pourrait leur reprocher.

- Si être censé, c'est être comme toi, je préfère de loin être insensée ! répliqua férocement Hermione.

- Will, et si on allait chercher la dame aux bonbons avant qu'elle ne soit dévalisée ? intervînt Mary.

Elle n'attendit pas qu'il répondre à sa question pour lui attraper le coude et sortir hors du compartiment.

- Mais pour qui elle se prend celle là ? s'indigna t –il.

- Elle a le droit d'avoir son opinion.

Ils remontèrent le train jusqu'à la dame aux bonbons et y croisèrent Drago Malefoy accompagné de ses deux acolytes l'encadrant comme deux montagnes. Après un semestre de sortilège à être voisin ils avaient fini par briser la glace et se parler comme deux personnes s'entendant raisonnablement bien. Ça avait été plutôt facile, en fait.

- Drago, Vincent, Gregory, les salua Mary. Comment se sont passées vos vacances ?

- Plutôt bien, merci, répondit Drago pour eux trois avant que son regard ne dérive sur William. Je vois que tu traînes encore le… garçon moldu avec toi.

La rousse fronça les sourcils. Elle était persuadée que le blond avait failli dire autre chose. Quelque chose de beaucoup moins poli. Elle apprécia l'effort de politesse, mais beaucoup moins la remarque. Elle préféra cependant prendre ça à la rigolade pour ne pas faire effondrer tous les efforts qu'elle avait fait jusque là :

- Qu'est ce que tu veux ? Je m'y suis attachée.

- Tu ferais peut –être bien de surveiller un peu plus tes fréquentations. Au moins, la fille Saddler rattrape celui – là.

- Tu es aussi là, lui renvoya t –elle.

- Je suppose oui, répondit –il lentement, comme hésitant à la contredire sur ce point là. Crabbe, Goyle on y va.

Et les trois Serpentards s'en allèrent sans un regard en arrière, ni même un salut.

- Qu'est ce qui vient de se passer exactement ? demanda William en clignant des yeux.

- Tu te rappelles quand tu m'as dit que tes parents n'aiment pas trop la magie ? lui répondit Mary.

- Oui, quel rapport ?

- Ben, il y a des enfants venant de familles de sorciers qui n'aiment pas les sorciers issus de parents moldus.

- Ah, fit simplement le concerné peu perturbé pas l'information avant d'enchaîner : tu crois que Ladon prendrait en chasse des chocogrenouilles ?

- Ladon ne ferait pas ça et le chocolat est très mauvais pour les serpents.

Somme toute, le trajet se passa sans incidents. Sans doute parce que Hermione Granger s'était plongée dans un livre et qu'elle avait visiblement décidé de ne plus adresser la parole à William quand ils revinrent dans leur compartiment.

Quand les calèches arrivèrent pour les emmener jusqu'au château, les chevaux squelettiques, les sombrals, étaient toujours là. Elle ne les avait visiblement pas rêvés. Se rappelant des paroles de sa mère, elle tendit la main vers la tête de l'animal. Il la regarda faire sans broncher et elle put toucher la peau de son museau osseux. C'était différent de ce à quoi elle s'était attendue. La peau était douce et chaude, recouverte d'un léger duvet.

Mary sourit : la deuxième partie de l'année commençait plutôt bien.


A suivre...