Une nouvelle scène commence sur une vue inhabituelle… du moins pour les viking, en dehors de Harold. Celle de falaises vue du ciel.

Les vikings murmurèrent charmée par le vue et les dragons (et Harold) poussèrent un soupire de bien être en songeant au vol.

Puis une carte de l'île, avec des croix à l'emplacement présumé de l'atterrissage de la furie apparait à sa place.

« Harold ! Ne me dis pas que tu y es allé seul ! » S'exclama Stoïck.

Harold essaya de se faire tout petit mais il hocha la tête. Stoïck soupira et se frotta le visage, se répétant en silence que son fils que son fils était bien. Que c'était du passé.

« Tu es dingue, mon pote. » Déclara Kranedur avec une sorte de respect dans la voix.

Harold lève les yeux de son carnet, soupire, découragé, et ajoute une nouvelle croix sur sa carte. Puis, énervé, il rature la carte avant d'empocher le carnet et crayon.

« Les dieux sont contre moi… »

« Tu parles ! » Marmonna quelqu'un.

Et tous furent d'accord avec l'ironie car, après tout, les dieux s'étaient manifestés auprès d'eux pour leur donner la possibilité de corriger une injustice faite au garçon.

« Les gens égarent leurs couteaux ou leurs tasses… Mais moi, je m'arrange pour égarer un dragon entier. »

L'assemblée ria dans la malchance du jeune viking. Certains espéraient, toutefois, que l'adolescent n'ait pas trouvé le dragon. Qui c'est ce qui pourrait arriver à un jeune sans expérience.

Harold repousse une branche basse, de colère, qui revient immédiatement en arrière le frappant au visage, durement.

Harold fit la moue alors que la salle éclatait de rires à son malheur. Harold fusilla Krokmou (ce traitre) qui riait aussi, les yeux pétillants.

Il baisse les yeux pour voir le tronc de l'arbre, fendu en deux. Puis, il suit des yeux l'inclinaison de la partie déchirée. Son regard tombe sur une longue tranchée de terre, de toute évidence réalisée par un atterrissage forcé.

Stoïck soupira et pâlit d'appréhension car ce ne pouvait qu'être l'œuvre d'un dragon. Les dragons inclinèrent la tête. Ils allaient, enfin, découvrir pourquoi la furie aimait le jeune humain.

Harold suit les traces de l'accident et il surplombe, bientôt, une jolie clairière avec un étang… Et un dragon empêtré dans la corde, comme mort.

Harold soupira. Maintenant que Krokmou était son ami, c'était dur de le voir comme ça.

Les adolescents échangèrent un regard en notant sa détresse. Une détresse qu'il ne s'expliquait pas. C'était bien, n'est-ce pas, d'avoir capturé un dragon (une furie nocturne en plus !). Une gloire que chacun attendait d'accomplir avec impatience.

Krokmou frissonna au souvenir désagréable de vulnérabilité. Mais, il se reprit rapidement en songeant que tout c'était bien passé et qu'il avait gagné un merveilleux ami.

Le viking sort son couteau et s'approche prudemment de la furie, malgré sa peur plus qu'évidente.

Krokmou inclina la tête sur le côté et laissa pendre sa langue, ravi qu'il arrive dans l'histoire.

Réalisant qu'il n'y avait aucun danger, l'attitude d'Harold commence à changer. Il commence à jubiler.

« Woua… J'ai réussi. J'ai réussi. Ca, ca va arranger beaucoup de choses. Oui ! J'ai réussi à abattre cette puissante bête. »

Le jeune garçon ponctue sa déclaration en posant son pied sur le reptile qui poussa un râle en se déplaçant soudainement.

Harold se recule brusquement jusqu'à heurter un rocher. Il tend la lame à bout de bras puis revient doucement vers le dragon gémissant.

Harold regarde le puissant animal avec lenteur puis, arriver à la tête, découvre qu'il était réveillé et le regarde froidement.

Les vikings commencèrent à murmurer lorsqu'ils virent, sur l'écran, Harold hésiter et détourner le regard du dragon, comme pour ne pas perdre courage.

L'apprenti forgeron, toutefois, ramène son attention vers les yeux du dragon lorsque celui-ci pousse un autre gémissement. L'hésitation est claire sur le visage du jeune.

Harold prend une autre inspiration et se tourne résolument vers le ventre du reptile.

« Et maintenant, je vais te tuer, dragon. Après, je vais te dépecer le cœur et je vais l'apporter à mon père. »

Stoïck soupira et devina, tout de suite, que son fils n'allait pas tuer l'animal. Il était évident qu'il parlait ainsi pour se donner le courage de passer à l'acte. Il aurait dû le voir plus tôt. Harold était trop gentil, trop généreux pour faire un guerrier… Encore moins un tueur de dragon.

Toutefois, il était plutôt surpris que cela ne le fasse pas enrager. Si son fils avait effectivement épargné la furie : Cela montrait qu'il était plus courageux que n'importe quel viking. Harold savait ce qu'il risquait en faisant cela… Surtout en tant que fils de chef.

« Je suis un viking. Je suis un viking ! » Déclare Harold, presque hargneux, au dragon.

Harold soulève, cette fois, le couteau au dessus de sa tête alors que le dragon gémisse encore. Mais la respiration laborieuse de la furie le poussa à croiser, à nouveau, le regard de la bête.

Harold détourna le regard de l'écran, à la confusion de tous les vikings (sauf Gueulfor et Stoïck). Le jeune garçon était tout simplement incapable de faire face aux émotions qui déferlaient sur lui en regardant la scène.

Puis, le dragon ferme les yeux et pose la tête sur le sol, apparemment résigné à son sort. Harold combat contre lui-même encore quelques secondes pour se décider à abattre le couteau mais, finalement, abandonne avec un gémissement de frustration. Il baisse le couteau et pose le regard sur les plaies du blessé. La honte s'inscrit sur les traits de son visage.

« C'est moi qui ait fait ça. »

« Je suis désolé, mon grand. » Murmura Harold.

Le dragon aux yeux verts lui répondit d'un simple ronronnement qui rassura, encore une fois, le petit brun.

Harold se détourne et se prépare à partir mais se fige presque aussitôt. Avec un soupir, il observe le dragon.

L'œil de la furie se rouvre brusquement. Harold détache les cordes, une à une, sans se douter que le dragon noir suit tous ses mouvements.

Les dragons se redressèrent, ahuris par l'acte du petit viking. Ils comprirent, en parti, pourquoi la furie défend l'humain de cette façon. Cet humain se révèle plus inhabituel qu'ils ne le pensaient.

Stoïck se crispa. Il porta son regard vers Harold puis vers cette furie nocturne. Il espérait que celle-ci était la même que celle que Harold avait frappé… Cette furie qui se tenait près de son fils, à cet instant, ne semblait pas vouloir de mal à son fils. Au contraire, elle semblait le protéger. Stoïck espérait qu'Harold n'avait pas été blessé par cet animal lorsqu'il l'avait libéré.

Il prêta à peine attention aux cris d'indignations et de colères qui s'élevaient dans la salle au geste passé d'Harold.

Dès que la dernière corde rompe, le dragon bondit sur le viking et le plaque au sol. Incapable de bouger, Harold ferme les yeux.

Malgré la colère, tous se figèrent, inquiet. Ils se demandèrent comment le garçon pouvait encore être en vie.

Stoïck et Gueulfor échangèrent un même regard inquiet et surpris. Ils avaient deviné qu'Harold ne devait sa vie sauve que parce qu'il avait épargné le dragon.

Les images montrent le dragon en train de scruter Harold avec autant d'attention que l'humain l'avait fait avec lui. Puis, soudain, le dragon se redresse, s'étire et prend une profonde inspiration. Comme s'il s'apprête à jeter un jet de flammes… Au lieu de quoi, il laisse échapper un hurlement strident à la place. Un avertissement.

Harold grogna au souvenir et se frotta les oreilles. Ce n'était pas le son le plus agréable que pouvait émettre Krokmou. Le reste des adolescents ricanèrent… Mais, étrangement, cela réconforta Harold. Sans doute parce qu'ils faisaient partis des rares personnes qui semblaient plus intriguer par ce qui était arrivé que furieux.

La furie se retourne et prend son envol (se cognant contre le flan de montagne dans le processus), sans plus s'occuper d'Harold qui se redresse haletant, une main sur le cœur. Il essaye, vraisemblablement, de se remettre de sa frayeur.

Harold se redresse, fait quelques pas avant de s'effondrer évanouis.

L'image stoppa alors. Et, aussitôt, les hurlements mécontents s'élève.

« Traitre ! »

« Tu as relâché une furie nocturne, tu t'en rends compte ! »

Cette fois, cela fut trop pour Krokmou, il se précipita au devant de son ami et protégé et lâcha un grognement menaçant à l'adresse des vikings qui se figèrent aussitôt.

« Elle a passé la barrière… La barrière n'est plus là. » Bredouilla une femme, inquiète.

« Nan, la barrière est toujours là… Je ne comprends pas. » Fit une autre voix.

« La barrière doit seulement être présente pour empêcher les hostilités. Si vous n'êtes pas hostiles envers l'autre espèce… Ou un membre de l'autre espèce : elle n'a pas lieu d'être. La furie a passé la barrière parce qu'elle voulait défendre Harold. » Expliqua, calmement, Gueulfor.

Les murmures redoublèrent aux paroles de Gueulfor ne faisait que confirmer la traitrise de Harold.

Harold porta son attention sur son père qui, contrairement à ce qu'il pensait, était resté silencieux. Quand il croisa le regard de Stoïck, Harold ne vit aucune hostile… ni aucune approbation. Le chef attendait d'en savoir plus pour donner son opinion. C'était incroyablement posé venant de lui.

« Moi, ce que j'aimerai savoir, c'est pourquoi la furie à épargné Harold. On a pourtant appris que les dragons n'arrêtent jamais une attaque. » Questionna Astrid.

Harold aurait pu pleurer de soulagement lorsqu'il vit les autres adolescents appuyés les dires de la jeune fille. Ils lui montraient implicitement qu'ils étaient prêts à lui accorder son soutien.

« Je crois que le dragon à épargner Harold parce que lui-même l'a fait, Astrid. » Déclara Gueulfor.

« Stoïck, n'as-tu rien à dire sur l'attitude de ton fils ? »

« J'en dis que mon fils à l'approbation des dieux et que j'attends dans savoir plus avant de rendre mon jugement. Les dieux n'auraient pas approuvé Harold sans une bonne raison. »

Harold poussa un soupire tremblant. Il avait compris, à travers les mots prudents de son père, que celui-ci souhaitait le soutenir. Et, cela lui fit chaud au cœur.