Chapitre 5 :
Un mois pour tout changer
Je m'étais endormie sous les yeux froids d'Alec et cela n'était pas pour me rassurer. Pourtant, au petit matin, il était au même endroit que la veille, comme s'il n'avait pas bougé d'un centimètre. Je me redressais avant de sentir comme un poids dans mon estomac. Le vampire se leva à son tour et me tendit un verre de sang, comme s'il savait ce que voulait la chose que je portais. Je grimaçais et avalais le liquide. Puis je me levais, me changeais rapidement dans la salle de bain avant de me planter devant mon geôlier. Il me jaugea rapidement avec une moue désagréable et harnacha mes poignets l'un à l'autre avant de me bander les yeux et de me faire sortir de la chambre. Je ne sus que j'étais sortie que lorsque le vent froid se fit sentir sur ma figure. Je respirais bruyamment l'air frais qui m'entourait. Une petite pression sur mes épaules me fit comprendre que je devais me baisser, ce que je fis. On m'engouffra alors dans un habitacle chaud et je soupirais.
Où va-t-on ? demandais-je, un peu curieuse.
Tu n'as pas à savoir ! jeta-t-il méchamment.
Alec ! appela alors une voix féminine plutôt enfantine.
Quoi ?! grommela le vampire.
Je ne comprends pas pourquoi tu fais tant d'effort pour cette misérable humaine !
Jane, s'il te plaît. Aro ne tolèrera pas d'autre échec ! fit Alec.
Mais il ne pourrait pas te tenir responsable si l'humaine venait à mourir !
Jane, je n'ai pas le temps de discuter…
J'entendis une porte se fermer et la voiture dans laquelle nous étions vraisemblablement montés démarra et j'eus un haut-le-cœur. La chose dans mon ventre semblait réclamer plus de sang mais je refusais de céder. Je n'éprouvais rien pour la chose qu'on avait mise en moi, je n'étais rien de plus qu'une mère porteuse. Je n'étais pas enceinte, j'étais comme un four qui maintiendrait au chaud un rôti. Je n'avais rien à voir avec la chose. Après vingt minute de route, Alec ôta le bandeau qui recouvrait mes yeux et je vis que j'étais dans la même voiture que lors de mon enlèvement. Il défit les liens qui entouraient mes poignets et je soupirais de soulagement. Nous roulâmes pendant des heures dans un silence de mort et je n'osais bouger de peur de frôler le vampire, de le mettre en colère et de le faire changer d'avis. Puis, il me tendit une bouteille remplie de sang que je pris prudemment sans conviction. J'avalais une gorgée, puis deux, tandis que la chose en demandait plus. Je grimaçais de dégoût et refusais de boire plus.
Ce n'est pas en l'affamant que tu vas t'en tirer ! remarqua-t-il. Je levais les yeux vers lui et il m'enjoignit à avaler une autre gorgée. J'obtempérais avant d'avoir un haut-le-cœur. Je jetais un regard meurtrier à mon ventre et le vampire ajouta :
Tu es étrange, chacune des autres filles finissaient par se prendre d'affection pour le fœtus mais pas toi, tu sembles le haïr. C'est pourtant ton enfant.
Non. Il n'a rien à voir avec moi. Ce n'est pas un bébé, c'est un monstre, le résultat d'une expérience. Je ne pourrais jamais avoir d'affection pour une chose pareille.
Il pourrait t'entendre !
Et alors ? Ce n'est pas comme si son opinion de moi avait une importance.
Il eut un sourire, presque indulgent. J'avalais une autre gorgée de sang avant de me caler plus confortablement dans le siège.
Pourrais-je savoir où l'on va ?
Non.
Pourquoi ?
Parce que j'ai dit non ! lâcha-t-il sèchement. Je me tus, ne voulant pas l'énerver.
Je ne sais combien de temps dura notre voyage et les vitres teintées m'empêchaient de voir le paysage. Puis, la voiture se stoppa et il ouvrit la porte avant de m'enjoindre à sortir. J'obtempérais et pus voir que nous étions comme sur le versant d'une montagne désertée de tous ses habitants. Face à nous il y avait un petit chalet qui n'aurait pas volé sa place sur une carte postale de noël. Alec fit signe à la voiture et celle-ci fit demi-tour. Les nuages bougèrent et les rayons de soleil nous illuminèrent. Je retins un petit cri en voyant que la peau d'Alec reflétait les rayons, un peu comme si chaque parcelle de sa peau avait été un miroir. Je restais bouche-bée quelques secondes avant de reprendre mes esprits. Alec me fit entrer dans le chalet et m'ordonna de m'asseoir sur le canapé de cuir noir qui faisait face à une cheminée de pierre. J'obéis et soupirais, me demandant ce qui allait se passer désormais. J'ignorais combien de temps cela allait durer et n'étais pas tout à fait certaine de vouloir le savoir. Puis le vampire se planta devant moi.
Ecoute-moi bien, humaine, si jamais tu tentes la moindre folie, je te jure que ta mère va passer un sale quart d'heure…me menaça-t-il. Je hochais la tête, les larmes inondant mes yeux à la seule pensée que ma mère puisse être mêlée à ça. Et n'espère pas m'amadouer avec tes larmes.
Je ne veux amadouer personne ! jetais-je. Je ne veux pas que ma mère ait de problèmes.
N'est-ce-pas à la mère de protéger son enfant ? nargua-t-il. Furieuse, je lui lançais un regard noir de reproche. Comment pouvait-il se moquer de cela ? Il me toisa et ajouta : Tu resteras un mois ici, après quoi la chose naîtra. Je préviendrais Aro et tu auras seulement ce temps là pour t'enfuir.
Où puis-je aller ? m'enquis-je. Où puis-je m'enfuir pour qu'ils ne me retrouvent pas ?
Tu as un mois pour y réfléchir.
Ne pourriez-vous pas m'aider ?
Pourquoi diable ferais-je une telle chose ? ricana-t-il. Il me semble que je fais déjà beaucoup en t'amenant ici !
Je fermais les yeux. J'avais pensé qu'il restait encore une once, même infime d'humanité en lui mais visiblement, je m'étais trompée. Puis ce qu'il avait dit fit son chemin et m'apparus avec horreur.
Un mois ?!
Il ricana.
La grossesse vampirique dure un mois. Acquiesça-t-il. C'est plus court mais beaucoup plus douloureux…même si tu as l'air d'avoir un don assez spécial.
Si je n'avais pas eu ce foutu don, vous ne m'auriez pas enlevée ! grommelais-je.
Certes. Depuis quand possèdes-tu ce pouvoir ?
Depuis toujours. Soufflais-je.
Quelqu'un dans ta famille a-t-il le même don ?
Ma mère m'a recommandé de n'en parler à personne, donc je présume que la réponse est non.
Et du côte de ton père ?
Je ne connais pas mon père.
Alors c'est certainement ce côté de ton arbre généalogique qu'il faut que tu accables.
Pourquoi n'accablerais-je pas les principaux responsables ?! grognais-je.
C'est Aro le responsable. Répliqua-t-il. Nous ne faisons que suivre ses ordres.
Les nazis aussi ont dit ça, cela ne les rends pas moins responsable. Marmonnais-je avant de me mordre les lèvres. Il valait mieux que je me taise si je voulais rester en vie.
Tu dois vraiment être folle pour oser dire ça à quelqu'un qui pourrait te tuer en faisant une simple pression autour de ton cou.
Je restais muette, me contentant de fixer le mur. Puis, le vampire ouvrit une valise qui contenait des tas de bouteilles remplies de sang.
Je vais devoir me passer du plaisir de la chasse pendant un mois mais ce n'est rien en comparaison de ce qui t'attend si tu ne fais pas ce que je te dis. Bois ça ! ordonna-t-il.
J'obtempérais puis le vampire m'enferma dans une chambre munie d'un lit et ayant un accès à une salle de bain. Je m'allongeais et m'endormis presque aussitôt.
Les jours passèrent, plus longs à chaque fois et je voyais mon ventre former une bosse irrégulière. Parfois, j'entendais de légers craquements, comme si je me cassais quelque chose mais mon corps s'empressait de se guérir et je n'avais pas mal bien longtemps. Les jours passèrent, lentement et je n'avais toujours pas trouvé de moyen de m'enfuir si bien que je me décidais à demander quelque chose à Alec.
Quelle est la ville la plus proche ?
Suspicieux, il leva la tête et me regarda.
Pourquoi tu veux savoir ?
Pour avoir plus de chances de m'enfuir ! croassais-je.
Tu crois sincèrement que tu as une chance d'échapper à Aro ?
Je haussais les épaules.
Je préfères tenter quelque chose, parce que même si ça rate, je pourrais me dire que j'aurais tout fait pour me sortir de là. Je ne veux pas avoir de regrets.
Bordeaux. Siffla-t-il. La ville la plus proche est Bordeaux.
Je réfléchis quelques instants. Il devait certainement y avoir un aéroport à Bordeaux. Je pouvais partir à Paris et dé là, prendre un avion pour l'Amérique et ensuite, et bien, j'aviserais. Ils ne pouvaient pas me tuer si je partais dans un endroit noir de monde, n'est-ce-pas ? Si je m'expatriais, je pourrais certainement refaire ma vie ailleurs. Je parlais anglais sans problème puisque ma grand-mère était anglaise et qu'elle avait absolument tenu à ce que je sois bilingue. Cela me paraissait une assez bonne idée. Perdue dans mes pensées, je ne remarquais que tard qu'Alec ne m'avait pas quittée des yeux. Sans doute s'amusait-il à me voir m'évertuer à vivre.
Qu'as-tu en tête ?
Je restais muette après tout, je n'étais pas certaine qu'il ne leur dise rien.
Je ne dirais rien si c'est cela qui t'inquiète…
Je vais m'expatrier. Marmonnais-je.
En Amérique ? Ce n'est pas une si mauvaise idée. Si tu les trouves, il se pourrait qu'ils te laissent tranquille…
Si je trouve qui ?
Alec sourit et se leva, délaissant ce qu'il était entrain de faire. Il attrapa une bouteille de sang et en avala la moitié. Il eut un sourire carnassier en m'observant et je me recroquevillais sur moi-même, terrorisée. Il rit et fut à quelques centimètres de moi l'instant d'après. Je retins un cri et il me renversa sur le canapé. Son visage était à quelques centimètres du mien et je le regardais, terrifiée.
Jusqu'où irais-tu pour sauver ta précieuse petite vie ? susurra-t-il en effleurant mon visage de son doigt froid. Je fronçais les sourcils. Il se releva et un sourire moqueur s'étala sur ses lèvres. Je gardais un œil méfiant sur lui, me demandant ce qu'il avait voulu dire par là. Les jours passèrent et alors que mon ventre se déformait à chaque mouvement de la chose, je surpris plusieurs fois les regards qu'Alec posaient sur moi. Ils n'étaient plus aussi froids qu'avant et j'étais souvent prise de frissons lorsque nos regards s'accrochaient l'un à l'autre plus que de raison. Quelque chose était entrain de changer et je n'étais pas certaine que ce soit une bonne chose.
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Avant tout je voulais m'excuser pour l'immense retard mais mon inspiration me jouait des tours donc encore désolée, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop… J'aimerais avoir vos avis…des reviews seront très appréciées… La suite je ne sais pas trop quand…Il devrait rester deux ou trois chapitres avant la poursuite de l'histoire avec les Cullen. Merci d'avoir lu jusqu'ici.
