CHAP 6: Le droit de souffler.

L'explosion qui s'en suivit les propulsa tous les trois.

John reprit ses esprits, les oreilles sifflantes et la vision trouble. Slaven était inconsciente à ses cotés.

Il fit crier ses muscles et se releva difficilement. Il jeta un coup d'œil en direction des flammes qui illuminaient davantage la scène ; le chaos. Il en avait l'habitude. Mais il ne devait pas trainer. Il se dirigea vers sa protégée qui commençait déjà à reprendre ses esprits. Sur sa gauche, quelque chose bougea, légèrement, imperceptible dans les flammes dansantes. Encore sonné par l'onde de choc, il ne réagit pas assez vite. Un ombre surgit de l'enfer et le percuta de plein fouet. Il grogna quand la douleur à son épaule lui traversa tout le corps et quand l'impact avec le sol expulsa tout l'air de ses poumons. Une moitié de visage le surplombait. Toute la partie droite avait été brulé au premier degré. Il ne restait plus qu'une masse informe rouge, luisante dont du pus sortait par endroit. Un orbite vide en son centre. John se débattit mais une main ferme se referma sur son cou tandis qu'une autre se leva en un poing serré et rouge de sang.

-Regarde ce que tu m'as fais, salaud!

Le ripoux s'apprêta à baisser son poing mais Reese reprit enfin ses esprits. Il leva son bras blessé et stoppa le coup en plein vol. Son autre poing percuta les côtes du brûlé et il disloqua sa mâchoire avec un crochet supplémentaire. L'attaquant roula à ses pieds. Ils se relevèrent ensemble et le policier tangua, la fatigue ayant raison de lui.

-Je vais te faire la peau, cracha-t-il en jetant à Reese un regard vitreux.

-Laisse tomber, t'es plus en état.

La remarque le fit rager et il chargea dans un ultime élan. L'ex-agent pivota et il s'écroula sur le goudron, son torse se soulevant à grandes saccades.

Voyant qu'il n'avait plus la force de bouger, John repartit vers la petite et prit soin de ramasser son arme au passage. Il avait les muscles raidis et la tête qui bourdonnait. Elle se relevait péniblement en jetant des regards perdus autour d'elle.

-Ça va aller ? lui demanda-t-il en posant sa main opérationnelle sur son épaule frêle. C'est finit maintenant, ajouta-t-il quand elle confirma d'un hochement de tête incertain. On va rentrer au commissariat, je vais demander au détective de nous envoyer une voiture.

Elle hocha à nouveau la tête puis lança un regard fatigué sur le désordre environnant quand soudain ses yeux s'agrandirent d'effroi et il vit l'éclat d'une arme dans la pupille dilatée de la jeune fille. Il se retourna et du même mouvement tira sa dernière balle, instinctivement, sans aucune pensée. La tête décharnée du policier se renversa, ses vertèbres craquèrent et son corps s'affala comme une poupée de chiffon. Son unique œil et sa moitié de visage figée dans une expression de surprise.

Maintenant, c'était terminé.

Fusco arriva quelque minutes plus tard et les escorta jusqu'au commissariat. Ils s'étaient éloignés de la scène pendant l'attente, la petite Slaven Kane en avait assez vu pour le restant de ses jours. Elle avait le droit de souffler un peu, plus aucune menace ne l'attendait au coin de la rue.

Fusco avait fait son enquête alors que John avait arpenté les rues de New-York sur les traces de la fugitive. Les ripoux à sa poursuite avaient exécuté un chef mafieux et son bras droit pour défaut de payement et avait maquillé le meurtre en guerre des gangs. L'enfant s'était malencontreusement retrouvée au milieu de tout ça. Témoin oculaire, elle était devenue une gène inacceptable, elle et sa famille.

-Son dossier est déjà en ligne, annonça Finch dans le cellulaire de son coéquipier. Slaven Kane sera placée dans un foyer d'accueil en prioritaire. Ce n'est qu'une affaire de jours.

-Vous n'avez pas chômé.

-C'est le moins que je puisse faire, une sorte de... cadeau d'adieu.

-J'espère qu'elle ne fuguera plus. Fouiller les vieux hangars et les usines désaffectées, je m'en passerai bien.

-Elle avait l'air résolue la dernière fois que vous lui avez parlé ?

-Autant qu'elle puisse l'être après tout ça mais je pense qu'elle a compris la leçon.

-Mmmmh

Un petit silence s'installa durant lequel seule la respiration saccadée de l'espion grésillait dans le combiné.

-Nous avons un autre numéro ? demanda-t-il alors au grand désarrois de son collègue.

-Non monsieur Reese, vous avez le droit de souffler à présent. Rentrez chez vous, pansez vos blessures, je vous recontacterez quand le boulot reprendra.

Il grogna pour toute réponse mais accepta la lourde vérité ; il était mort de fatigue et couvert de poussière et de sang séché.

-Bonne nuit Harold.

-Mmh, bonne nuit Mr Reese.

The End ...?

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..

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Et voilà! je suis désolée pour ce chapitre si petit pour une fin... j'espère ne pas trop vous décevoir (en retour je promet une nouvelle fic ;) ..). Dans cette partie j'avoue avoir changé mon style d'écriture mais autant vous expliquer... ma gratte est beaucoup influencée par les facteurs externes tels que le film que je viens de visionner ou la musique que j'écoutais en écrivant... ^^'

Anyway! j'espère que les aventures de Slaven Kane (aussi courtes soient elles) vous ont plus et que je vous "reverrai" dans la prochaine fanfiction de PoI (si elle voit le jour - je suis aussi sur d'autres ff en même temps alors... -oui c'est pas malin je sais mais je ne peux m'en empêcher! -' ).