Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et cette formidable histoire est le fruit de l'imagination de la talentueuse Tira Nog. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au profil de l'auteur ainsi qu'à l'histoire originale en anglais.
Beta : Julielal pour son merveilleux travail de correction, et Alexiel_v pour la relecture !
Chapitre 6 :
Elle le mena hors de la chambre à coucher, à travers un salon dont il ne connaissait même pas l'existence, puis vers un immense couloir.
« Qui est-ce, là ? »
Il sursauta lorsqu'une voix bourrue résonna derrière lui alors que la porte du salon se refermait derrière eux.
Cramponné de toutes ses forces à la main de Hermione, Harry se retourna afin de jeter un œil à la personne qui parlait. C'était un portrait peint à l'huile accroché sur le devant de sa porte, représentant un vieil homme à la barbe rousse, habillé d'une robe noire identique à celle que Harry portait ainsi que d'un chapeau pointu de sorcière.
« Bonjour, Martin », Hermione salua le personnage du tableau à l'huile. « Harry a eu un petit incident. Nous sommes en route pour régler le problème. »
« Bien, faites ce que vous avez à faire ! Un incident, vraiment ! », le vieil homme rouspéta alors que Hermione le menait vers l'entrée.
Martin n'était pas le seul portrait qui bougeait et parlait. Le couloir était rempli de peintures et chacun de leur sujet semblait s'intéresser plus que de raison à Harry.
Lorsqu'ils atteignirent un tournant dans le couloir, Harry vit un garçon blond les dépasser. Il était habillé d'une robe noir avec un emblème rouge et or cousu dessus à la façon d'un badge.
« Stanton ! », appela Hermione et le garçon s'arrêta net.
« Bonjour, professeur Weasley », dit le garçon. Son regard bleu et curieux se déplaça vers Harry.
Harry se raidit lorsque les yeux du garçon plus âgé firent mine de sortir de sa tête.
« Mince alors, est-ce que c'est… ? »
« Stanton, dépêche-toi d'aller chercher la directrice McGonagall et demande-lui de nous rejoindre à l'infirmerie. Ensuite, peux-tu aller dans mes quartiers et dire au professeur Weasley de nous y rejoindre également. »
« Oui, M'dame », acquiesça Stanton alors qu'elle poussait Harry pour qu'il avance.
Il prirent un autre tournant dans un couloir. Harry trébucha pour finalement s'arrêter, paralysé par la vue qui s'offrait à lui.
Le couloir s'ouvrit sur ce qui semblait être l'escalier principal de Poudlard. L'espace était aussi large qu'une cathédrale. Il s'élevait sur au moins huit étages. Il y avait des douzaines d'escaliers qui se croisaient dans cet espace, et certains d'entre eux étaient en train de bouger, glissant doucement du côté droit de l'architecture vers le côté gauche et avant de revenir en place.
« Heu, Hermione…? »
Il raffermit sa prise sur sa main.
Il la serrait tellement fort qu'il pensait qu'elle allait le réprimander pour ça, mais lorsque Hermione le regarda, son regard était doux et compréhensif.
« Ce n'est rien, Harry. Ce sont juste des escaliers. Quelque fois, ils se déplacent, mais en général, tu peux aller où tu le désires. Est-ce que ça va ? »
Hermione l'attira plus près du mur et mit son bras libre autour de son épaule.
« Par moments j'oublie combien cet endroit peut être impressionnant lorsqu'on n'y est pas habitué. »
Elle le laissa regarder les escaliers bouger pendant quelques minutes sans essayer de le forcer à s'en approcher.
Il vit une fille noire, plus âgée que lui, habillée aussi d'une des longues robes noires que tout le monde ici semblait porter, descendre un escalier qui se déplaçait quelques étages au-dessus d'eux. Bien qu'il ne puisse pas voir son visage suffisamment clairement, elle ne semblait pas être dérangée par le mouvement.
« Je suppose qu'ils sont chouettes », s'autorisa à dire Harry, en faisant un pas déterminé en direction des escaliers. Il était reconnaissant de sentir Hermione serrer brièvement sa main.
Il fut presque déçu lorsque les marches sur lesquelles ils se trouvaient ne se déplacèrent pas. Il suivit simplement Hermione sous les yeux des drôles d'habitants des peintures à l'huile et sortit des escaliers trois étages plus hauts que l'endroit dont ils étaient partis.
Elle le mena le long d'un autre couloir plein de courants d'air et puis dans une pièce qui comprenait une douzaine de lits parfaitement alignés des deux côtés. Aucun des lits n'était occupé.
Il y avait une femme en robe blanche dans le fond de la pièce qui empilait des bouteilles dans un petit placard.
« Bonjour, Poppy », dit Hermione.
« Bonjour à vous », répondit la femme sans se retourner. « Dites-moi que vous n'êtes pas ici également pour une potion de Pimentine ! Je suis pratiquement à court. Je vais devoir demander à Severus de m'en brasser une autre fournée avant que l'année ne commen- ».
Elle se stoppa net lorsqu'elle vit ce qui s'offrait à elle.
« Dieux du ciel, est-ce… ? »
« Harry Potter », confirma Hermione. « Harry, voici madame Pomfresh. Elle est la meilleure médicomage que Poudlard ait jamais eu. »
« Bonjour », la salua-t-il nerveusement.
« Bonjour, mon chéri », sourit madame Pomfresh. « Ne t'inquiète pas. Nous allons te faire revenir à la normale en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. »
Ses yeux bleus amicaux se tournèrent vers Hermione.
Pendant que cette dernière expliquait les conditions dans lesquelles elle l'avait trouvé peu de temps auparavant, Harry lâcha sa main et explora l'infirmerie.
« Ça pourrait être une simple potion de rajeunissement », entendit-il dire madame Pomfresh.
« Comme l'inverse de la potion que Fred et Georges avaient utilisé pour essayer de leurrer la Coupe de Feu ? », demanda Hermione.
Malgré le fait que ses mots avaient du sens, ils auraient tout aussi bien pu être dits dans une autre langue.
« Exactement. Jetons-y un coup d'œil et testons un remède », suggéra madame Pomfresh.
« Harry? », appela Hermione. « Est-ce que tu pourrais venir ici une minute, s'il te plaît ? »
Les vingt minutes qui suivirent se passèrent comme dans un brouillard. Madame Pomfresh examina ses yeux, ses oreilles, son nez et sa gorge comme le faisait son médecin habituel, et puis réalisa quelques autres examens qu'il ne comprit pas vraiment.
Il était étendu sur la table d'examen avec madame Pomfresh qui passait doucement sa baguette au-dessus de chaque centimètre de son corps lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit brusquement. L'homme grand aux cheveux roux de la photo accrochée à la cheminée de Harry s'y engouffra, sa robe brune tourbillonnant autour de lui comme des ailes vu la vitesse à laquelle il bougeait.
« Hermione ! C'est quoi toute cette histoire au sujet de Harry ? Stanton m'a dit… Harry ? »
Les mots de l'homme impressionnant se terminèrent en un cri étranglé.
« Harry », dit Hermione, en se penchant pour serrer brièvement sa main, « C'est mon mari, Ron. Il est ton meilleur ami depuis que vous êtes enfants. Ron, Harry ne se souvient plus de nous, donc essaye de ne pas l'effrayer je te prie. »
L'expression confuse sur le long visage rempli de taches de rousseur de cet homme était presque comique.
« Euh, salut Harry. Est-ce tu vas bien alors ? Je veux dire mis à part… »
« Mis à part qu'il a sept ans, il a l'air d'aller parfaitement bien », répondit sèchement Hermione.
Le regard exaspéré qu'elle lança à son mari fit glousser Harry.
« Sept ans ? », répéta Ron. « Tu es certaine ? Il a l'air d'avoir à peine cinq ans. »
« J'ai sept ans, pas cinq ! », lui informa Harry avec humeur.
« Vraiment, Ron ! Tu n'as jamais entendu parler du mot tact ? », le corrigea Hermione.
Un rougissement apparut sur le visage de Ron, d'une couleur pratiquement aussi vive que ses cheveux.
« Je suis désolé, Harry. Tu ne te souviens vraiment pas de moi ? Nous sommes meilleurs amis depuis plus de quinze ans. »
Il fit non de la tête, ne digérant toujours pas le commentaire de Ron…
Harry revit son opinion de lui à la hausse suite au brave sourire que Ron lui donna. Les yeux bruns de l'homme montraient toujours clairement sa confusion au sujet de tout ce qui venait de lui arriver.
« Bon, ne t'inquiète pas à ce sujet. Je suis certain que tout te reviendra lorsque nous aurons clarifié tout ça. »
Ron regarda Hermione.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
Les lèvres de Hermione s'étaient à peine écartées pour répondre lorsque la porte de l'hôpital s'ouvrit à nouveau. Une femme à l'air sévère, vêtue d'une robe en velours, avec un chignon noir serré à l'arrière de la tête entra.
« Que s'est-il passé ? Mister Stanton a dit... oh, doux Jésus. Bonjour, Harry. »
« Euh, bonjour. »
Il commençait à se sentir nerveux avec toutes ces personnes qui le regardaient fixement.
« Harry, voici le professeur McGonagall, la directrice de Poudlard », expliqua Hermione.
Les trois grandes personnes vêtues de robes discutèrent tout bas pendant que madame Pomfresh finissait son examen.
« Et voilà, mon chéri », dit enfin madame Pomfresh. « Tu peux descendre maintenant. »
Hermione l'aida à descendre sur le sol.
Intimidé par ces gens qui le regardaient ainsi comme s'il était une sorte de monstre de foire, Harry traîna ses pieds nichés dans des pantoufles sur le sol en pierre.
« Et bien, madame Pomfresh ? », dit la directrice en brisant le silence.
« Il est horriblement sous-alimenté », répondit la médicomage. « Peu importe qui a pris soin de ce garçon, il devrait être châtié. Il fait quinze centimètres et pratiquement sept kilos de moins que la moy- »
« Personne ne 'prends soin' de lui », coupa Ron.
« Ça me paraît évident », madame Pomfresh avait l'air vraiment mise en colère par ce qu'elle avait découvert.
« Mis à part le manque d'attention, est-ce qu'il y a autre chose que vous pouvez nous dire ? », questionna le professeur McGonagall.
« Il n'a pas été ensorcelé, enchanté, ni envoûté. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est un garçon parfaitement normal », expliqua madame Pomfresh.
« Que voulez-vous dire par il n'a pas été ensorcelé ! Regardez-le ! », demanda Ron d'un ton impétueux.
« J'ai fait parcourir à ma baguette pratiquement chaque centimètre de son corps », dit madame Pomfresh. « Elle est ensorcelée pour détecter même la plus petite trace de magie dissimulée. Il est dépourvu d'influence magique de la tête aux pieds. S'il avait ingéré une potion qui avait causé ceci, il aurait dû y avoir quelques traces subsistantes dans son tractus intestinal, mais il n'y avait rien. »
« Qu'est-ce qui a bien pu causer cela selon vous, dans ce cas ? », demanda Hermione.
« J'aimerais le savoir », répondit madame Pomfresh.
« Hermione », dit le professeur McGonagall, « qu'est-ce que vous pouvez bien faire avec ce bocal ? »
Hermione sursauta sous le coup de la surprise. Apparemment, dans toute l'excitation elle avait réussi à oublier le bocal qu'elle avait calé sous son coude. Elle le leva vers les torches du mur afin que chacun puisse voir les éléments qui y virevoltaient.
« C'était à côté du lit de Harry. Il a dit qu'il l'avait trouvé ce matin, à son réveil. »
« Tu penses que ça peut vouloir dire quelque chose ? », demanda Ron avant que Harry ne puisse répondre.
Même Harry se sentit obligé de sourire aux regards que la question de Ron récolta.
« Bien sûr que ça veut dire quelque chose », répondit Hermione, pendant que les deux autres femmes fixaient Ron comme s'il était simple d'esprit.
« Je n'ai jamais entendu parler de quoi que ce soit de la sorte », dit la directrice, pressant ses lèvres pincées.
« Si Potter n'a pas été ensorcelé, alors comment… »
« Peut-être que le professeur Snape pourrait nous aider ? », suggéra Hermione.
« Ouais, il en connait plus sur la magie noire que la plupart des professeurs de DFCM n'en ont jamais su », dit Ron, avant de baisser rapidement les yeux vers lui afin de dire d'un air plutôt désolé, « Désolé, Harry. Sauf le professeur actuel. »
« Bonne idée. Je vais aller le chercher », dit le professeur McGonagall avant de vite s'en aller d'un pas pressé.
Alors que Hermione, madame Pomfresh et Ron commençaient à exprimer leur incrédulité concernant l'état de Harry, ce dernier se promenait dans la pièce. Il y avait quelques bouteilles vraiment intéressantes à regarder sur une desserte.
Ron semblait parcourir une liste de ceux qui auraient pu ensorceler Harry, sous les protestations bruyantes de ses compagnons.
Harry, qui se sentait béni par toute cette expérience plutôt que maudit, fit de son mieux pour les ignorer.
Hermione insistait bruyamment, « Bon, nous n'avons qu'à attendre afin d'entendre ce que le professeur Snape a à dire », lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit à nouveau et que McGonagall annonça d'un ton dramatique, « Je pense que nous avons un problème. »
Tout le monde, Harry y compris, se retourna pour la regarder, effrayé par le ton de sa voix.
La pièce se remplit de soupirs et d'exclamations de la part des adultes lorsque McGonagall, accompagnée d'un garçon aux cheveux noirs, entra dans l'infirmerie. Le professeur McGonagall portait un bocal de papillons identique à celui de Harry.
Alors que le chaos éclatait dans la pièce, Harry et l'étrange garçon se fixèrent l'un l'autre.
Harry se dit que le nouveau venu devait avoir un an ou deux de plus que lui. Il était grand et maigre, avec de longs cheveux noirs et un nez qui était trois fois trop grand pour son visage. Le garçon plus grand que lui n'avait pas une attitude sympathique. Ses traits étaient durs et sévères.
Harry était plutôt intimidé par l'autre garçon, mais vu que l'étranger ne lui avait pas donné le regard prédateur que les voyous qui étaient amis avec Dudley employaient avant d'attaquer, Harry se rapprocha de lui alors que la conversation des adultes haussait de ton.
« Salut. Je suis Harry », dit-il, essayant d'être amical.
Des yeux aussi noirs que la robe qu'il portait se fixèrent sur Harry. Après une évaluation froide et calme, l'autre garçon fit un petit signe de la tête.
« Severus Snape. »
Oh oh. C'était le professeur dont ils espéraient avoir l'aide.
« Tu étais une grande personne aussi, hier ? », chuchota Harry.
Severus lui envoya un air dégoûté.
« C'est ce que cette femme prétend. »
Il pointa son menton dans la direction de McGonagall.
« Tu ne la crois pas ? », demanda Harry.
« Bien sûr que non, je ne la crois pas », dit Snape.
« Est-ce que tu te souviens comment tu es arrivé ici ? », se renseigna Harry en se demandant si l'amnésie n'était spécifique qu'à lui.
Severus ne sembla pas heureux de cette question. En réalité, Severus n'avait pas l'air capable d'être heureux de quoi que ce soit.
« Non, je ne sais pas comment je suis arrivé ici. Mais je pense que c'est plus probable que j'ai été enlevé plutôt que cette folle histoire qu'ils ont inventée. »
« Enlevé ? »
Harry n'avait pas pensé à cela. Mais alors, il se souvint du choc de Hermione lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois et il sut que Severus devait avoir tort. Et même si ce n'était pas le cas, ses ravisseurs le traitaient bien mieux que les Dursley.
« J'espère juste qu'ils vont se dépêcher avec la demande de rançon. J'étais en plein milieu de… »
« Oui ? », incita Harry.
Le visage déjà contrarié de Snape se fit menaçant.
« Je ne me souviens plus exactement de ce que j'étais en train de faire, mais je sais que ça devait être important. Maintenant, si tu veux bien m'excuser. »
Harry regarda l'autre garçon se diriger vers le groupe d'adultes qui argumentaient et criaient, « Excusez-moi. Si vous en avez bientôt fini avec ce comportement puéril, j'aimerais retourner à la maison à présent. »
Toutes les conversations s'arrêtèrent.
« Qu'est-ce que tu as dis ? », demanda la directrice McGonagall.
Même Harry qui la connaissait depuis moins d'une heure suspectait que ces traits figés étaient signe de catastrophe.
Il frissonna à l'expression glacée de la directrice, sûr que Severus allait être puni.
« J'ai dit que je voulais retourner à la maison. Peu importent vos demandes, je suis certain que mes grands-parents les satisferont », dit Snape d'un ton condescendant que Harry avait seulement entendu de la part de tante Pétunia lorsqu'elle discutait avec les voisins.
« De quoi parle-t-il ? », demanda Ron, fixant Snape comme si le garçon était un serpent venimeux.
« Il pense qu'il a été enlevé », souffla Minerva McGonagall.
« Quoi ? »
La bouche d'Hermione s'ouvrit en grand.
A la surprise générale, et à la fureur de Severus, Ron commença à hurler de rire.
« Professeur Weasley, reprenez-vous ! », réprimanda McGonagall.
« Oh, c'est excellent ! », dit Ron en riant. Voyant tous les regards sur lui, il essaya d'expliquer ce qu'il trouvait de drôle. « Ça se comprend, non ? Il se réveille, il ne sait pas où il est ni comment il est arrivé là, et il suppose tout de suite le pire ! C'est notre Snape ! »
« Tu n'aides pas, Ron », dit Hermione avant de se pencher pour parler à Severus à son niveau, « Profess… heu Severus, tu n'as pas été enlevé. Tu- »
« Je sais. » Severus coupa court. « J'étais un adulte hier et je me suis réveillé dans le corps d'un garçon de sept ans ce matin. Vous ne pensez pas réellement que je vais croire cette farce, n'est-ce pas ? »
Le sourire méprisant de Snape entraîna une nouvelle vague de rire de la part de Ron et fit également glousser madame Pomfresh.
« Êtes-vous certain que ce n'est pas lui ? », demanda Hermione. « Quel enfant de sept ans parle aux adultes comme ça ? »
« J'exige que vous arrêtiez de rire à mes dépends et que vous me rameniez chez moi sur le champ ! », commanda Severus.
« J'ai bien peur que tu ne sois pas en position d'exiger quoi que ce soit, mon chéri », sourit madame Pomfresh.
« Voulez-vous bien stopper ce rictus insipide et me renvoyer chez moi ? », cria Severus.
« Ça suffit ! »
McGonagall se déplaça pour regarder Severus.
« Mr. Snape, vous allez arrêter cette comédie sur le champ, aller là-bas près de Mr. Potter, et restez calme jusqu'à ce qu'on vous appelle. »
« Ou bien ? », Severus leva son sourcil droit comme si la directrice ne l'impressionnait pas du tout.
Harry retint sa respiration. Il avait vu Dudley faire des crises de colère et crier sur son oncle et sa tante durant tout sa vie, mais c'était tout simplement parce que Dudley agissait comme un bébé. Il y avait un air plus mature, presque menaçant chez Severus. Harry n'avait jamais vu un garçon de son âge se tenir aussi fièrement devant des adultes. C'était la chose la plus brave et stupide qu'il n'ait jamais vue.
« Ou tu te retrouveras incapable de sortir un mot pendant les prochaines vingt-quatre heures », répondit McGonagall avec une douceur trompeuse. « Bien entendu, le choix n'appartient qu'à toi. »
Elle sortit un bâton comme celui que Hermione avait utilisé pour rétrécir les vêtements de Harry un peu plus tôt et le pointa vers Severus.
Ce dernier lui lança un regard noir pendant un long moment, puis se tourna et se dirigea vers Harry.
Un ange passa et les adultes recommencèrent leur discussion. Harry entendit Hermione demander, « Vous pensez que ça risque de nous arriver également ? »
Alors que l'autre garçon qui fulminait silencieusement vint se tenir à côté de lui, Harry se tourna vers la table derrière eux et prit une de ses bouteilles favorites.
« Hé, tu as vu celle-ci ? On dirait un squelette ! C'est pas génial ? »
Harry déglutit devant l'expression qu'il récolta.
« Es-tu déficient mental ? Ça ne t'inquiète pas que tous ces étrangers débattent de notre destin là-bas et que nous n'ayons rien à y redire ? »
« Heu… qu'est-ce que défec… déficient ? », demanda Harry, certain qu'il avait été insulté mais ne sachant pas à quel point.
Severus émit un son qui ressemblait incroyablement à un grognement des chiens de tante Marge et se déplaça pour s'asseoir sur une couchette situé trois lits plus loin que celui sur lequel Harry jouait. Haussant les épaules, il retourna à son squelette en bouteille.
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à suivre...
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