Bonjour à tous !

Encore une fois merci pour toutes vos reviews, ça me surprend que vous soyez autant à aimer cette histoire mais ça me fait vraiment chaud au cœur ! Merci aussi à mes lecteurs fantômes (coucou je vous voiiiiiis !) et à toutes les mises en alerte et favoris :)

Lily : Merci beaucoup :) Je me suis dis également que ça donnerait plus de corps à l'histoire vu que ça part d'un sujet simple.

PotatoKiwi: Bonjour mon petit kiwi ! Effectivement ça ne sera pas une fic en 120 chapitres avec trahison, coups-bas, larmes, réconciliation, re-trahison, re-larmes etc. XD Normalement je devrais avoir terminé aux alentours de 30 chapitres. M'enfin j'avais bien dis que cette fic serait à la base un OS donc bon... J'ai pensé à faire un triangle amoureux, je ne trouve pas ça bizarre du tout :) Mais pour le coup, je réserve ça à une autre fic que je suis en train d'écrire et qui sera un Théo-Hermione bien plus compliqué et long que cette histoire-ci.
Je suis aussi tombée sur des histoires avec 3000 fautes par phrase et franchement parfois je me demande si ce n'est pas fait exprès XD Sinon j'ai du mal aussi à lire les histoires pleines de clichés (j'ai été la première à tomber la dedans alors que j'écrivais ma première histoire cela dit) ou qui font des personnages des complets OOC. En tout cas merci de ta review ! :)

Soph28 : J'aurais pu te répondre sur ton compte mais j'y ai pas pensé sur le moment XD Alors leur relation n'est pas un secret pour leur entourage (et quelques Gryffondors, le petit Serdaigle et Blaise Zabini) mais globalement ils ne s'affichent pas non plus. Cela dit, comment aurais-je tuer Sirius et Remus ? Inconcevable ! J'espère que ce chapitre te plaira :)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 06

Le jour de la rentrée, lors du petit-déjeuner, Hermione trouva Harry le nez dans un parchemin. Il essayait de faire rentrer le maximum de soirée d'entraînement de Quidditch dans la semaine, le dernier match étant Gryffondor contre Serdaigle le samedi suivant. Ron arriva à la suite et examina le planning d'Harry.

– Il faut qu'on gagne la coupe ! dit férocement Ron. Tu te rends comptes que l'année prochaine sera notre dernière année à l'école ?

Ni Harry, ni Hermione ne répondirent quoi que ce soit. C'était un peu déprimant d'y songer, pendant six ans l'école avait été une deuxième famille et la quitter brutalement l'année prochaine serait douloureux pour chacun d'entre eux.

– On pensera à ça le moment venu, trancha Hermione.

Elle jeta un coup d'œil à la table des Serpentard et vit Théodore qui dépliait son exemplaire de La Gazette du sorcier tout en caressant Hel distraitement. La chouette lui mordilla le poignet et il releva la tête. Croisant le regard d'Hermione, il lui fit un sourire en coin.
Hermione sentit son cœur s'accélérer et renversa par mégarde son jus de citrouille sur la table. Elle épongea précipitamment le liquide avec une serviette et fut contente que personne n'ait rien vu.

La matinée débuta avec un cours de potion. Le professeur Slughorn leur fit refaire le filtre d'Amortentia tout en prenant un soin très particulier à vérifier ce que chaque élève faisait. Surtout Ernie Macmillan. Sans surprise, à la fin du cours, Harry récolta tous les suffrages et Hermione lui lança un regard courroucé. Malefoy ne se donna même pas la peine de soupirer d'agacement puisque sa potion avait enfin prit la couleur rose pâle au lieu de la couleur bleue de la dernière fois. Cela dit, il était probable qu'il préfère aussi ignorer Harry grâce à qui son père était enfin libre.
Théo avait enlevé son pull et relevé les manches de sa chemise. Il remuait sa potion tout en consultant son manuel tandis que Daphné Greengrass jetait un coup d'œil pas très discret dans son chaudron. Sa potion ne crachait pas des bulles jaune fluo, comme la dernière fois, mais elle arborait une couleur marron qui n'était pas tellement plus engageante. Cela dit, comme le fit remarquer Slughorn, c'était quelque part « une sorte de progrès ».

A la fin du cours, Hermione donna son échantillon au professeur Slughorn et sortit de la classe, Harry et Ron sur ses talons. Théo l'y attendait et sourit en la voyant. La plupart des Serpentard étaient partis, seul restait Zabini qui peinait à faire rentrer son manuel de potion dans son sac de cours surchargé de livres. Nott l'attira doucement contre lui et l'embrassa. Elle avait attendu ça depuis deux semaines et se laissa aller dans ses bras. C'était si doux et agréable qu'elle oublia tout autour d'elle l'espace de quelques instants. Harry et Ron partirent en direction de la salle commune non sans avoir jeté un coup d'œil aux deux Serpentard encore présents.

– Miss Granger ! s'exclama le professeur Slughorn en sortant en trombe des cachots et manquant de claquer la porte au nez de Zabini.

Elle se sépara d'un bond de Théodore. Blaise ricana et partit dans les escaliers menant au hall d'entrée.

– Excusez-moi professeur, bafouilla-t-elle les joues rouges.

Cependant Slughorn eut un immense sourire.

– Ce n'est rien voyons ! Ça me rappelle ma jeunesse…

Son regard se perdit un instant dans ce qui semblait être de merveilleux souvenirs. Il se tourna alors vers Théodore qu'il avait ignoré depuis à peu près la toute première fois où il l'avait vu soit le début de l'année. Hermione se souvenait qu'il n'appréciait pas les Mangemorts et évitait d'inviter les enfants de Mangemort dans ses soirées.

– Mr. Nott vous avez d'excellents résultats et comme Miss Granger semble vous faire confiance…

Hermione rougit de plus belle.

– …peut-être que vous seriez heureux de l'accompagner à ma prochaine soirée ? Mercredi soir de la semaine prochaine dans mon bureau, soyez chic il y aura des invités très prestigieux.

Slughorn agita sa main et repartit en direction de la bibliothèque, les bras chargés de livres. Théodore resta un instant interdit.

– C'est bien la première fois qu'il m'adresse la parole depuis le début de l'année scolaire, fit-il remarquer. Je ne savais même pas qu'il avait conscience que j'étais dans sa classe. En revanche toi il t'adore, ajouta-t-il avec un sourire.

– Je crois qu'il préfère se tenir loin des enfants de Mangemort, dit-elle en grimaçant.

– Oh, je m'y attendais, dit-il en haussant les épaules. Peut-être qu'il comprendra que je n'ai rien à faire avec eux de près ou de loin.

– Je suis ta caution d'intégrité, s'amusa Hermione.

– On dirait bien, approuva-t-il. Je vais enfin voir ce que c'est que de faire partie du Club de Slug.

Elle eut un petit rire.

– Et bien pour te faire un résumé : McLaggen parle sans arrêt, Zabini regarde Ginny de travers – et inversement –, on mange beaucoup et Harry trouve toutes excuses possibles pour ne pas venir. Oh et la dernière fois il y avait la capitaine de l'équipe de Quidditch des Harpie de Holyhead.

– Je suppose que ça permet malgré tout de se forger un assez solide réseau de relation… remarqua Théodore.

Ils marchaient tranquillement côte à côte en direction de la bibliothèque.

– Oui, approuva Hermione. Il m'a déjà présenté à une société de potionniste qui aimerait que je les rejoigne…

Il lui sourit.

– Tu devrais en profiter tu sais Granger !

– C'est Hermione, corrigea-t-elle machinalement.

– Oui je sais, rigola-t-il.

– Alors arrêtes de m'appeler Granger, dit-elle gentiment. On dirait Malefoy…

– Alors ça c'est très mesquin…

Elle se plaça devant lui, se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa.

– C'est même très Serpentard, ajouta-t-il en souriant.

– Comme ça je t'appelle Théodore et tout le monde est content.

Il grimaça.

– En fait, je préfère que tu m'appelles Théo... Théodore c'est un peu formel et ce n'est pas ce que je préfère, murmura-t-il.

– C'est très bien aussi, approuva-t-elle.

Une fois au deuxième étage, devant les portes sombres de la bibliothèque, Hermione vit Ginny qui tenait un gros grimoire de métamorphose dans ses mains.

– Ah Hermione ! l'interpella-t-elle. Ça tombe bien que tu sois là, j'ai reçu un hibou de maman ce matin, elle veut savoir si tu viens accompagnée ou pas au mariage de Bill ?

Hermione piqua un fard. Elle n'avait rien demandé à Théo et ne savait pas comment aborder la question. Pour ne rien arranger, Ginny lança un regard très – trop – éloquent vers Nott et lui sourit. Il sembla un peu perdu.

– En fait Ginny, je n'y ai pas encore réfléchis, dit-elle en lui lançant un regard lourd de sous-entendu.

– Bon alors on va y remédier – elle se tourna vers Théo – tu accompagnes Hermione au mariage de mon frère Bill avec Fleur Delacour ? Ma mère a besoin d'une liste d'invitée, demanda-t-elle en bloc.

Hermione évalua la possibilité de s'enterrer vivante et lança un regard effaré à son amie.
Traitresse.

– Fleur Delacour ? La Vélane ? demanda-t-il.

Hermione changea son plan et décida d'enterrer Fleur vivante et peut-être aussi Théo s'il continuait d'arborer cet air idiot. Ginny sourit et hocha la tête.

– Je ne sais pas si ça serait une bonne idée, dit-il néanmoins. Il y a des Aurors je suppose et tous ceux qui ont participé à la chute du Seigneur des Ténèbres et mon père était un Mangemort…

– On s'en fiche de ça, coupa Ginny. Chez nous on ne fait pas de différence entre les sorciers tu vois. Mes parents accueillent tout le monde et puis la famille de Sirius était très pro-Voldemort et pourtant Sirius est adorable. Ronchon, mais adorable.

Hermione esquissa un sourire mais Théo semblait encore mal à l'aise.

– Cela dit, ajouta Ginny avec un sourire retors, Viktor Krum sera là et il a vraiment hâte de te revoir Hermione.

La technique de Ginny était si peu subtile qu'Hermione doutait que ça marche. Et pourtant. Théodore sembla soudain assez tendu et déclara :

– Ah bon ? Krum sera là aussi ? Pourquoi ça ?

– Il est un ami de Fleur, dit Ginny en haussant les épaules. Et puis il n'a toujours pas oublié Hermione…

– Pourquoi pas finalement, coupa Théo en tripotant nerveusement la fermeture éclair de son sac. Si personne ne s'y oppose alors…

– Mais non, trancha Ginny. Tu es le bienvenu tant que tu ne blesses pas Hermione.

Ginny rajouta un autre de ses sourires qui en disait long et disparu dans le couloir. Hermione ne savait pas trop où se mettre. Elle était incroyablement soulagée qu'il ait accepté même si elle espérait que personne ne le regarderait de travers juste parce qu'il venait d'une famille de Mangemort.

– Tu sais, tu n'es pas obligé, ajouta Hermione. Je ne veux pas que tu te sentes obligés juste à cause de Viktor.

– Je n'aurais rien de mieux à faire de toute façon, répondit-il en haussant les épaules. A part errer dans le manoir et parler avec mes elfes de maison alors autant te tenir compagnie…

– Ginny avait raison tu sais, ajouta-t-elle. Ses parents acceptent tout le monde, un peu comme Dumbledore…


De son côté, Harry préparait activement le dernier match de Quidditch de l'année. Il s'était réunit, avec son équipe, dans la salle commune de Gryffondor et exposait son plan. Assit entre Katie et Demelza, il cherchait un créneau pour son dernier entraînement avant le match samedi prochain. Seul Jimmy Peakes et Ritchie Coote, les batteurs, étaient absents pour cause de cours de Défense contre les forces du Mal.

– Vendredi soir ? proposa Katie.

– Non, répondit Ginny. Imagine que quelqu'un se blesse ou… autre et on ne pourra pas jouer !

Katie hocha la tête.

– Jeudi soir alors ? demanda Ron.

– On a astronomie… dit Katie. Cela dit, si l'entraînement ne fini pas trop tard c'est d'accord, j'ai un créneau de libre l'après-midi.

Ils convièrent alors de se retrouver à dix-sept heures et Demelza accepta de l'annoncer aux autres.

– J'espère gagner la coupe, dit Katie une fois les joueurs dispersés, c'est ma dernière chance.

Harry lui sourit. Katie était en septième année et passait ses ASPIC (Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante) dans peu de temps.

– Tu as une idée de ce que tu vas faire après ? demanda-t-il.

– On m'a proposé un poste de Poursuiveuse, avoua-t-elle avec les joues roses, dans l'équipe de Quidditch des Harpies de Holyhead mais je ne sais pas si je vais accepter. On ne peut pas jouer au Quidditch toute sa vie…

Harry songea que si une équipe de Quidditch professionnelle lui demandait de jouer avec eux, il n'hésiterait pas. Katie prit ses livres et fonça vers son cours de sortilèges non sans avoir lancé un dernier regard à Harry.
Celui-ci la regarda partir et songea qu'il ferait mieux de descendre déjeuner. Harry, Hermione et Ginny étaient déjà attablés. Neville était assit non loin d'eux, son Mimbulus Mimbletonia posé sur le banc à côté de lui. Ils auraient droit à un cours de métamorphose à quatorze heures suivis d'un cours de botanique, ceci expliquait cela.

– Hermione a un cavalier pour le mariage de Bill et Fleur, lui annonça Ginny de but en blanc.

Harry se servit des saucisses et constata que les joues d'Hermione étaient aussi rouges que les cheveux de Ginny. Il ne put s'empêcher de sourire.

– Ah vraiment ? demanda-t-il innocemment.

– Oui vraiment, répondit Hermione. Grâce à Ginny et à ses techniques infaillibles…

Ginny sembla extrêmement fière d'elle-même.

– Je l'ai annoncé à maman, ajouta-t-elle. En espérant que Errol arrive sain et sauf…

Errol était le vieux hibou de la famille Weasley.

– Tu aurais dû m'emprunter Hedwige ! s'exclama soudainement Harry.

– Je ne l'ai pas trouvé à la Volière, expliqua Ginny. Elle était sans doute partie chasser et puis je devais bien renvoyer Errol. Maman a dit que ça serait son dernier voyage, après ça, il reste à la maison.

– Fred et George ont promis de racheter un hibou quand Errol sera mort, avoua Ron, mais mes parents seront tristes.

– Dire qu'Errol était déjà là quand je suis née, soupira Ginny.

– Il est vraiment vieux alors, intervint Hermione.

– Oh oui, confirma Ron. Beaucoup de hiboux ne vivent pas aussi longtemps…

Il se servit des pommes de terre et sembla soudain triste, tout comme Ginny. Hermione les connaissait suffisamment bien tous les deux pour savoir qu'ils seraient très tristes quand Errol viendrait à mourir.

Après le dessert – une délicieuse tarte aux pommes pour Hermione et de la glace pour Harry, Ron et Ginny – ils partirent à leurs cours de l'après-midi. Ginny grommela que le soir même elle avait sa retenue avec Zabini et parti d'un pas traînant à son cours de divination. Harry, Hermione et Ron, quant à eux, partirent à leurs cours de métamorphose.
Ils eurent droit à un long discours de la part du professeur McGonagall qui leur expliqua tous les enjeux des examens de fin d'année. Ensuite, ils eurent un cours particulièrement intensif et difficile sur les sortilèges de métamorphose humaine. Comme McGonagall l'expliqua, il ne s'agissait pas de devenir un animagus mais de se transformer brièvement en un objet dans le but, par exemple, d'échapper à un ennemi quelconque. Harry sourit et échangea un bref regard avec Ron et Hermione. Ils se souvenaient tous les trois du récit de Harry qui avait expliqué comment Slughorn s'était fait passer pour un fauteuil lorsque Dumbledore et lui, lui avaient rendus une petite visite.
Cela dit, ils n'eurent plus aucune raison de rire lorsque le professeur McGonagall leur annonça que c'était à eux de se métamorphoser. Ils devaient tous se transformer en cactus et ils eurent le plus grand mal à le faire. Parvati eut un début de métamorphose lorsqu'elle changea sa couleur de peau en vert au bout de quarante-cinq minutes et il fallut attendre une heure et demie après le début du cours pour qu'Hermione arrive enfin à se changer en un magnifique cactus d'un vert d'eau très subtil. Ron, pour sa part, était couvert d'épine et totalement vers mais sa métamorphose s'arrêtait là. Harry en revanche avait pratiquement réussit si l'on omettait le fait que le cactus en lequel il était transformé avait une grosse touffe de cheveux noir de jais sur la tête. Le professeur McGonagall paru néanmoins satisfaite de la classe et elle leur laissa lourdement sous-entendre que ce sortilège serait aux épreuves des ASPIC l'année prochaine lors de leur septième année.

Une fois que la sonnerie eut retenti et que la totalité des élèves eurent retrouvés une apparence normale, les Gryffondor se dirigèrent vers la serre numéro six pour le cours de botanique. Le ciel était dégagé, d'un bleu éclatant et le soleil commençait doucement à les réchauffer. Hermione vit Hagrid au loin en train d'arroser le potager de l'école, Crockdur allongé paresseusement au soleil au pied de sa cabane. Le cours portait une fois de plus sur les Tentaculas Vénéneuses et le professeur Chourave encouragea vivement Harry à ne pas se faire mordre une seconde fois. Harry, Ron et Hermione firent équipe avec Ernie Macmillan qui se mit à leur poser une quantité de question astronomiques sur les examens de fin d'année.

– Je travaille sept heures par jour, disait-il en gonflant le torse de fierté. Deux heures le matin, deux heures à midi…

Ron se retenait à grande peine de lever les yeux au ciel et Harry envisagea sérieusement la possibilité de se faire mordre la main une seconde fois pour éviter d'avoir à l'écouter de nouveau. Malgré tout, Ernie se révélait être un excellent camarade de classe quand il ne leur énumérait pas ses heures de révisions.

– Bonne chance pour le match de samedi, leur dit-il joyeusement à la fin du cours. Je soutiens Gryffondor !

– Encore heureux, grommela Ron une fois qu'Ernie fut loin. Il ne manquerait plus qu'il soutienne Serdaigle…


Le samedi matin, l'excitation dans l'école était palpable. Hormis la plupart des Serpentard qui semblaient considérer qu'un match sans leur équipe ne valait pas la peine de se déplacer, tous les élèves bavardaient joyeusement en attendant l'heure de se rendre au terrain de Quidditch. Harry, Ron et Ginny étaient assis face à face à la table des Gryffondor et personne ne parlait beaucoup. Ils furent rapidement rejoins par Katie, Demelza, Jimmy Peakes et Ritchie Coote. Ils ne mangèrent pas plus qu'ils ne parlèrent et à onze heures, toute l'école prit le chemin du terrain de Quidditch.

Le temps était idéal pour voler comme le fit remarquer Ron pas moins de cinq fois. Visiblement, il avait le trac. Hermione les laissa à leur vestiaire et monta dans la tribune des supporters de Gryffondor. Comme pour le match précédent, ce fut le professeur McGonagall qui fit les commentaires. Hermione s'assit à côté de Neville et Parvati au premier rang.

– Poussez-vous un peu là… grommela une voix derrière eux.

Hagrid se frayait un chemin parmi eux et s'assit en bout de rang. Il s'installa à côté de Neville et sortit une énorme paire de jumelle de sa poche.

– Ça va être un beau match, commenta-t-il.

Le moins que l'on puisse dire c'est que le match fut spectaculaire.

« Voici arrivé le dernier match de Quidditch de la saison qui va opposer Gryffondor à Serdaigle ! Que le match… commence ! »

Katie s'empara du souaffle dans les quelques secondes qui suivirent le coup de sifflet de madame Bibine. Elle fonça vers les buts adverses avec une détermination sans faille.

« Le but est arrêté par le gardien de Serdaigle et c'est Bradley qui reprend le souaffle ! »

Harry décrivait des cercles au dessus du match, tout comme Cho Chang qui semblait suivre ses mouvements de près.
Après un premier but de Serdaigle – et les acclamations du côté des Serpentard montraient qu'ils étaient précisément de leur côté – Ginny reprit le souaffle, le passa à Démelza qui l'envoya à Katie qui put égaliser.

« Et dix points pour Gryffondor ! »

Ginny fut sur le point de marquer une nouvelle fois, elle fonçait vers les buts adverses avec une détermination sans faille et chacun pu observer qu'elle était une grande joueuse de Quidditch. Malheureusement, un des batteurs de Serdaigle envoya un cognard bien placé qui lui atterrit en plein sur le nez. Une acclamation de protestation monta des tribunes de Gryffondor et Hermione vit que même le professeur McGonagall se retenait de lancer un juron. Harry se précipita sur Ginny dont le sang ruisselait de son nez cassé. Elle semblait un peu hagarde et refusa tout net qu'on l'a remplace. Pendant ce temps, Serdaigle avait tiré trois buts supplémentaires montant le score à quarante à dix.
Ginny essuya le sang qui coulait sur son visage et reprit son vol avec une rage qui avait de quoi effrayer l'équipe adverse. Katie s'empara du souaffle et fonça vers les buts adverses. Tandis que les trois poursuiveurs de Serdaigle se précipitaient à sa suite, Katie envoya soudainement le souaffle à Ginny qui marqua sans peine un but.

« Quarante à vingt en faveur de Serdaigle ! » tonna le professeur McGonagall qui sautait littéralement sur place.

Quinze minutes plus tard, le score était extrêmement serré puisque Gryffondor menait à présent de soixante-dix à soixante. Les joueurs étaient au coude à coude, Ginny et Katie se distinguant nettement de part leur rage de vaincre.

– C'est du grand spectacle ! tonna Hagrid.

Hermione approuva. Neville ne cessait de hurlait, tout comme Parvati et Lavande qui agitaient un drapeau aux couleurs de Gryffondor.
A peine quelques secondes plus tard, Harry fonça vers le ciel et Cho accéléra pour se placer juste derrière lui. Ils zigzaguaient parmi les joueurs et Hermione su que ce n'était pas une feinte quelconque de la part d'Harry, il avait vraiment vu le Vif d'Or.

– Allé Harry ! hurlèrent les supporters de Gryffondor.

Hermione braqua ses jumelles sur lui et attendit, les doigts crispés. Ce fut extrêmement serré et pourtant il attrapa la petite sphère argentée à quelques centimètres à peine de Cho. Il redescendit vers le terrain et ses coéquipiers se précipitèrent sur lui. Katie et Demelza étaient en larmes, Ginny applaudissait à tout rompre malgré sa pâleur et le sang qui continuait de couler sur sa robe de Quidditch déjà écarlate. Hermione sautillait sur place et le professeur McGonagall pleurait de joie. Ils avaient gagné la coupe !
Toute l'équipe monta dans la tribune où Dumbledore, le regard pétillant, tendit la coupe à Harry. Lorsqu'il la leva au dessus de sa tête, une acclamation monta des gradins de Gryffondor et emplit tout le stade.
Ils se rendirent ensuite à l'infirmerie où Ginny pu faire soigner son nez cassé. Cependant, Madame Pomfresh ne vit pas d'un très bon œil la venue d'une dizaine d'élèves armés de Patacitrouilles, de Chocogrenouilles, de divers gâteaux et de bièraubeurres. Elle accepta néanmoins de les laisser fêter la victoire de Gryffondor pendant quelques minutes avant de chasser tout le monde prétextant que Ginny avait besoin de repos.
L'équipe de Quidditch de Gryffondor fêta sa victoire jusqu'au bout de la nuit et le professeur McGonagall dû intervenir deux fois pour réussir à disperser la foule d'élève de la salle commune.


Le lendemain matin, Hermione se leva tôt malgré la petite nuit qu'elle avait passée. Elle prit une douche fraiche, s'habilla et descendit prendre son petit-déjeuner à la Grande Salle. Aujourd'hui c'était le 2 mai, soit la date d'anniversaire de Théodore. Elle avait glissé le cadeau qu'elle comptait lui offrir dans la poche de sa robe de sorcier. La Grande Salle était peu peuplée en ce dimanche matin, la plupart des élèves préférant faire la grasse matinée. Hermione mangea rapidement son bol de céréale et sa tasse de thé avant de filer à la bibliothèque où elle était à peu près sure de le trouver. Elle s'installa sur une petite table à côté du rayon de Botanique et gribouilla quelques notes de sa dissertation de métamorphose. Une heure plus tard, Théodore débarqua à la bibliothèque. Malheureusement il n'était pas seul et Hermione constata que Malefoy et Zabini le suivait de près. Elle soupira de déception, prit ses affaires et s'installa dans un coin plus tranquille pour ne pas être dérangée. Elle se sentait déçue mais tenta de ne pas se laisser submerger et décida de terminer sa dissertation.
Elle avait pratiquement terminé lorsque Zabini passa devant elle pour s'engouffrer dans le rayon de Défense contre les forces du Mal avancé à exactement dix heures et demie du matin. Il lui lança un regard indéfinissable auquel elle ne prêta aucune attention.

Vers midi, elle descendit à la Grande Salle et s'installa aux côtés d'Harry et Ron en tentant de paraître la plus naturelle possible. L'après-midi, Ginny fut autorisée à sortir de l'infirmerie et ils partirent se balader tous les trois autour du lac. Malgré la fraicheur de l'eau, quelques filles avaient ôté leurs chaussures pour tremper leurs pieds dans le lac. Ils s'assirent à l'ombre d'un arbre et Ron s'autorisa même une petite sieste en se servant de sa robe de sorcier comme d'un oreiller.
Hermione eut beau regarder tout autour d'elle, elle ne vit aucune trace de Théo, ce qui la contraria un peu. Une part d'elle luttait pour ne pas trop s'attacher au cas où, tandis qu'une autre avait envie de se laisser aller et de profiter sans compter. Pourtant, elle dû bien s'avouer qu'il lui manquait beaucoup.

Même les professeurs semblaient vouloir profiter du beau temps qui illuminait le parc. Les professeurs Chourave, McGonagall et Flitwick se baladaient parmi les élèves en plaisantant gaiement tandis que le professeur Dumbledore arpentait le parc en compagnie de Rogue qui ressemblait plus que jamais à un vampire avec son teint pâle et son air morose.

Le soir, après le dîner, ils remontèrent à la salle commune de Gryffondor. Cependant, dans le couloir menant au portrait de la Grosse Dame, Hermione vit Théodore nonchalamment appuyé contre une colonne et lisant un livre. Son cœur fit une embardée et elle s'approcha de lui en tentant de ne pas paraître trop ravie. Comme dirait sa mère, il faut toujours laisser les hommes courir un peu.

– Ah tu es là, dit-il doucement en souriant. J'ai bien cru que j'allais devoir dormir par terre.

– Qu'est-ce que tu fais là ? questionna-t-elle.

– Je t'ai cherché cet après-midi, expliqua-t-il, mais comme tu étais dans le parc avec Weasley, Weasley junior et Potter je n'ai pas voulu vous déranger.

Brusquement, Hermione se souvint du petit paquet dans sa poche.

– Je t'ai cherché ce matin aussi, avoua-t-elle, mais il y avait Malefoy et…

Il se renfrogna.

– Oui je t'ai aperçu. Drago avait besoin d'aide pour terminer la dissertation de Rogue, ronchonna-t-il.

Hermione farfouilla alors dans sa poche et lui tendit son cadeau un peu froissé d'avoir passé toute la journée là-dedans.

– Je peux enfin te donner ça, dit-elle en rougissant.

Il sembla très surprit.

– Oh… tu n'étais pas obligée…

– Je sais, coupa-t-elle, mais ça me fait plaisir. Ouvre-le.

Il défit rapidement le papier kraft et dévoila un petit livre à la couverture ouvragée qui le fit sourire.

– Je ne sais pas si tu te souviens, dit-elle précipitamment, mais un jour je t'ai parlé de Sherlock Holmes…

Théodore contempla « Les aventures de Sherlock Holmes » du célèbre auteur moldu Sir Arthur Conan Doyle et eut un sourire.

– Si je m'en souviens et tu m'as appelé Waston je crois, ajouta-t-il.

– Watson, corrigea-t-elle. Le chien des Baskervilles est mon tome préféré personnellement.

– C'est la première fois que je vais lire de la littérature moldue, avoua-t-il.

– C'est très populaire, dit Hermione avec enthousiasme. On l'étudie même à l'école.

Il passa ses bras autour de ses épaules et l'attira doucement contre lui. Elle l'enlaça et posa sa tête au creux de son cou en soupirant d'aise.

– Merci beaucoup Hermione… murmura-t-il en l'embrassa doucement.

Ils restèrent quelques instants enlacés puis il la relâcha.

– Et en plus j'ai enfin dix-sept ans, clama-t-il manifestement ravi, je peux faire tout ce que je veux maintenant.

– Tu attendais ça avec impatience on dirait, commenta-t-elle.

Ils s'assirent sur un banc près du portrait de la Grosse Dame et Théo feuilleta le roman.

– Plus autant qu'avant à vrai dire, avoua-t-il. Avant, je voulais surtout échapper à mon père, à ses idées et à la magie noire. Maintenant qu'il est mort il ne reste plus que moi dans la famille donc je suis d'ors et déjà libre. Quelque part c'est mieux, au moins je ne risque pas de le décevoir.

– Le décevoir ?

Il eut un sourire.

– Il avait bien comprit que rien qui concernait Tu-sais-qui de près ou de loin ne m'intéressait vraiment, donc déjà ça partait mal. Son seul espoir restant était que j'épouse une sorcière de Sang-pur et comme il est mort il ne verra pas que ça non plus ça ne m'intéresse pas. Quelque part, il a dû garder une image de moi moins… triste à ses yeux que ce qu'il aurait pu voir.

Hermione hocha lentement la tête. Ginny avait donc raison. Ils restèrent silencieux un instant tandis que, petit à petit, les élèves de Gryffondor rentraient à la salle commune.

– Le couvre-feu ne doit pas être loin, grimaça-t-il.

– Tu n'as plus que… sept étages à redescendre, dit-elle en souriant.

– Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué après tout, railla-t-il. Les Gryffondor ne pouvaient pas avoir une salle commune facilement accessible non, il faut crapahuter jusqu'en haut.

Hermione rit et ils s'embrassèrent doucement pour se dire au revoir.

– On se voit en potion, dit-il en prenant l'escalier en sens inverse de la majorité des élèves.

Les joues roses et les cheveux un peu plus ébouriffés que d'habitude, Hermione donna le mot de passe à la Grosse Dame – Pudding – et entra dans la salle commune.


Juste après le cours de potion du lundi matin, le professeur Slughorn ne manqua pas de rappeler à Harry et Hermione que la prochaine soirée serait mercredi soir. A peine s'était-il assuré qu'il serait là qu'il sauta presque sur Zabini et Nott qui n'avaient même pas encore rangé leur affaire. Ron et Malefoy firent à peu près la tête : celle d'une personne qui a avalé un citron entier de travers. Ils retrouvèrent Ginny au déjeuner en train de bavarder avec Luna qui s'était également assise à leur table. Hermione admirait la capacité de Luna à faire fi de la répartition des maisons.

– Je suis sûr que ça sera ennuyeux à mourir, assura Harry pour remonter le moral à son ami.

– Oh non, intervint Ginny. Je suis désolée Ron que tu ne sois pas invités mais on ne va pas se taire à chaque fois que tu es là juste pour que tu ne sois pas vexé, ajouta-t-elle sèchement. Slughorn a invité le capitaine de l'équipe de Quidditch de Grande-Bretagne. Ils cherchent un joueur pour les prochaines années, ça pourrait être ta chance Harry.

Harry sentit son estomac effectuer une feinte du Wronski tout seul et s'imagina un instant dans l'équipe nationale d'Angleterre. Rêveur, il renversa la moitié de ses saucisses sur la table mais n'y prêta aucune attention. Hermione préféra sortir un livre de son sac pour éviter les coups d'œil furieux de Ron et le sourire béat d'Harry.

– Dire que les examens sont dans à peine un mois, soupira Hermione.

Sa nouvelle relation avait un peu atténuée les angoisses qui la prenaient à chaque fin d'année mais réaliser qu'il ne lui restait qu'un mois de révision avant les examens lui semblait aussi stressant que de se jeter d'un pont.

– Un mois et demie, rectifia Ron.

– C'est du pareil au même, répliqua-t-elle.

– Vivement que ça soit fini, soupira Ginny. Mes BUSES seront passés et l'année prochaine sera un peu plus tranquille.

– Dire que tu vas passer ta septième année sans nous, dit Harry en se servant un peu de purée de pomme de terre.

– Sauf si l'un de vous redouble, fit remarquer Ginny.

– Il faudrait vraiment être très mauvais non ? Vu que même Crabbe et Goyle ont réussis à arriver jusqu'en sixième année, dit Ron.

– Si tu veux mon avis ils n'iront pas jusqu'aux ASPIC, ajouta Ginny. Ils sont idiots comme leurs pieds.

Le mercredi soir, Harry avait enfilé sa robe de soirée et retrouva Hermione et Ginny dans la salle commune de Gryffondor. Ron jouait furieusement aux échecs contre Seamus et ils promirent de revenir aussi vite qu'ils le pourraient.

– Quelle tête de pioche ! commenta Ginny avec mauvaise humeur lorsqu'ils furent dans les couloirs.

Elle portait une robe d'un bleu soutenu qui faisait d'autant plus ressortir la couleur écarlate de ses cheveux. Hermione, quant à elle, s'était apprêtée comme le soir du Bal de Noël de leur quatrième année. Elle portait une jolie robe rouge et avait relevé ses cheveux en un élégant chignon piqué d'une rose rouge.

– C'est Parvati qui a eu l'idée, révéla-t-elle en rougissant.

– Tu es très belle Hermione, lui assura Ginny et Harry approuva farouchement.

C'était toujours un spectacle étrange que de voir Hermione sans la dizaine de livre qu'elle portait habituellement sur le dos, sans sa robe de sorcier et ses cheveux ébouriffés. Elle était très jolies assurément et Harry se surprenait à la remarquer à chaque fois.
Il leur fallut une bonne demi-heure pour descendre les sept étages qui les séparaient du bureau de Slughorn. Principalement parce que Peeves avait inondé partiellement le quatrième étage en jetant des sceaux d'eau dans les couloirs et que Rusard lui courrait après en beuglant. Finalement, ils arrivèrent tout de même à l'heure et Ginny frappa à la porte. Hermione sentait son cœur battre la chamade et elle se trouva extrêmement bête. Après tout si Théo la trouvait jolie d'habitude, ce n'est certainement pas ce soir-là que ça changerait, bien au contraire.

Un garçon de septième année, qui faisait manifestement le service, leur ouvrit et Harry, Hermione et Ginny purent constater que le bureau avait été aménagé et qu'une foule d'invitée s'y trouvait. Ils ne connaissaient personne à part les quelques élèves de l'école et Ginny s'approcha de Slughorn.

– Miss Weasley vous voilà enfin ! s'exclama leur professeur. Ah et miss Granger et monsieur Potter sont là aussi, très bien, très bien… Monsieur Potter, je vous présente le capitaine de l'équipe de Quidditch d'Angleterre !

Tandis qu'Harry faisait connaissance avec le capitaine de l'équipe d'un air extatique, Hermione entraîna Ginny vers le buffet et se servit un verre de diabolo citron.

– Cet idiot de McLaggen est là, commenta Ginny.

Hermione tourna la tête vers le garçon de septième année qui se pavanait comme un pou et haussa les épaules. Soudain, Théodore apparut dans son champ de vision avec l'air de celui qui vient de s'arracher à une Tentacula Vénéneuse. Hermione sourit et avala une gorgée de son verre. Il était très chic dans sa robe de soirée qui, de toute évidence, devait couter une fortune. Il était suivit de près par Zabini, tout aussi élégant, qui affichait un air impassible mais les fusilla tout de même du regard lorsqu'il les vit.

– Tiens, Zabini ne veut pas rester tout seul, commenta Ginny à voix basse mais pas suffisamment pour qu'il n'entende pas.

Depuis leur retenue commune, ils semblaient avoir cessés leur petite guerre mais Hermione était sure que ce n'était que partie remise. Lorsque Théo vit Hermione, il écarquilla les yeux et vint à sa rencontre.

– Hermione tu es magnifique, commenta-t-il à voix basse.

Ginny vit Zabini lever les yeux au ciel et le fusilla du regard. Hermione avait les joues roses et tenta de ne pas paraître trop satisfaite d'elle-même. Elle n'avait pas passée deux heures à se préparer pour rien tout de même !

– Merci, sourit-elle.

– Il y a la capitaine de l'équipe des Harpies de Holyhead par là-bas, ajouta-t-il en grignotant un petit four. Elle adore s'écouter parler, commenta-t-il avec un sourire.

Ginny lui accorda soudain toute son attention et se redressa de toute sa hauteur.

– Ah vraiment ? questionna-t-elle avec avidité.

– Oui. Je crois qu'elle et le capitaine de l'équipe d'Angleterre cherchent de nouveaux joueurs…

– Parfait ! s'exclama Ginny. Hermione, si tu veux bien m'excuser…

– Elle ne recrute pas au berceau, trancha Zabini.

Théo lui lança un regard noir.

– Elle recrute les joueurs doués, répliqua Ginny. C'est déjà beaucoup plus que ce que tu ne seras jamais. Au pire tu feras un bon journaliste pour ce torchon de Sorcière Hebdo.

Zabini sembla sur le point de répliquer mais il eut soudain un sourire. Hermione, en revanche, perdit le sien. Rita Skeeter, vêtue d'une robe rose fuchsia criarde, les ongles longs comme des serres d'oiseaux, prit Ginny par l'épaule d'un air extatique. Théodore entraîna Hermione à l'autre bout de là où se trouvait présentement Rita Skeeter.

– J'ai horreur de cette femme, dit-il en grimaçant.

– Elle écrirait n'importe quoi sur n'importe qui, ajouta Hermione.

– Je me souviens de toutes les bêtises qu'elle a racontées en quatrième année sur le Tournoi des Trois Sorciers, ajouta-t-il en la prenant par la taille. Je n'aimerais pas qu'elle recommence.

– Oh ne t'inquiète pas pour ça, répondit Hermione en souriant. Elle n'a sans doute pas envie que je raconte son secret donc elle sait qu'elle n'a rien à écrire sur moi, et si elle est maline, elle n'écrira rien sur toi.

– C'est quoi son secret ? Parce que Drago se vantait sans arrêt en quatrième année d'avoir des contacts privilégiés avec Skeeter mais il n'a jamais voulu dire comment elle récoltait des informations aussi précises.

– C'est un animagus non déclaré, dit Hermione en souriant. Elle se transforme en scarabée, à partir de là c'est très facile de se faufiler partout.

Théodore eut l'air impressionné.

– Comment tu l'as découvert ? demanda-t-il.

– En fait, après le cours du professeur McGonagall sur les animagus, je suis allée consulter le registre des transformations. Or ces dernières années il n'y a eu que cinq personnes en tout. Harry m'a donné l'idée de chercher dans cette direction quand il a parlé de micros, ce sont des petits appareils moldus qui permettent d'espionner des gens. Bien entendu, ici il n'y en a pas mais du coup je me suis souvenue que j'avais un scarabée dans les cheveux quand Viktor Krum m'a dit… certaines choses, et il y avait un scarabée derrière la fontaine où Hagrid et Madame Maxime parlaient et ainsi de suite.

Il resta silencieux un instant.

– Tu es brillante, lâcha-t-il.

Hermione se sentit rougir.

– Tu ferais une brillante Sherlock Holmes, ajouta-t-il en souriant. J'ai commencé les trois premiers chapitres du livre ! C'est assez étonnant de lire quelque chose qui se passe dans un monde dénué de magie mais c'est extrêmement prenant.

– Oh je suis contente que tu aimes !

Ils s'assirent sur un banc un peu à l'écart de la foule et caché par de lourdes tentures vert émeraude. Hermione posa alors sa tête sur son épaule.

– Cela dit, je pense que Skeeter tient plus du cafard qu'autre chose, commenta-t-il en jetant un œil à Zabini et Ginny qu'elle tenait tous les deux par l'épaule.

Blaise avait perdu son sourire et ça ne disait rien qui vaille pour tous les deux.

– Je suppose qu'elle va encore raconter un tas de bêtise, soupira Hermione.

Un peu plus loin, Harry était entouré par Slughorn, un homme qu'Hermione ne connaissait pas et le professeur Rogue. Elle était prête à parier que Slughorn encensait les capacités en potion de Harry et avait prit Rogue en témoin. Ils grimaçaient tous les deux et évitaient soigneusement le regard l'un de l'autre.


– Comment est né votre amour, qu'est-ce qui peut rapprocher deux personnes aussi opposés l'une que l'autre, est-ce un amour tragique ou une volonté farouche de…

Ginny écoutait les paroles de Rita Skeeter d'une oreille et la regardait d'un air effaré en imaginant toutes les tortures possibles et imaginables pour la faire taire. Elle la tenait fermement par l'épaule, tout comme Zabini, et elle sentait qu'elle n'arriverait pas à se défaire de ses griffes de sitôt.

– …moi et mes lecteurs assoiffés veulent le savoir ! Vous avez fais grimper les ventes de manière exponentielle ! conclu-t-elle en souriant comme un tigre fondant sur sa proie.

– Ce n'était pas vrai, se défendit Zabini. Je voulais juste – il jeta un coup d'œil à Ginny dont les yeux lançaient des éclairs – me venger de quelque chose… Bref oubliez ça.

Il se dégagea d'un coup d'épaule et parti au milieu de la foule en se frayant un chemin à coup de coudes bien placés. Ginny n'hésita pas et fit de même. Elle retrouva Blaise quelques mètres plus loin, caché par une tenture.

– Tel est prit qui croyait prendre hein ? s'amusa-t-elle.

– Très amusant, vraiment, répliqua-t-il. Cela dit tu vas moins rire demain quand tu verras tout ce qu'elle a écrit sur hum… nous.

Il avait craché le « nous » comme si l'idée que ça puisse existait le répugnait autant que d'embrasser un Véracrasse. Ginny haussa les épaules.

– Tu crois que ce genre de gourgandine me fait peur ? ricana-t-elle. Tout le monde sait qu'elle raconte des bêtises et ceux qui ne le savent pas sont probablement aussi idiots qu'elle alors non ça ne me dérange pas plus que ça.

– Tu n'en as peut-être rien à faire de ta réputation mais moi si, répliqua-t-il.

– Mon pauvre Zabini, ta réputation est foutue depuis le troisième pauvre type que ta mère a assassiné…

En quelques secondes, ils se retrouvèrent à quelques centimètres l'un de l'autre, leurs baguettes pointées sur le cou de l'autre.

– Ne t'avises pas de parler de ma mère et surtout pas comme ça ! gronda-t-il.

– Pourquoi ? Ça ne te plait pas ? C'est bizarre pourtant, ça n'avait pas l'air de te gêner quand tu as parlé de ma famille comme ça, répliqua-t-elle.

– Ça n'a rien à voir ! s'emporta-t-il. Là tu insinues qu'elle est une meurtrière…

– …soit à peu près ce que tout le monde pense, conclu Ginny. Ouvres-les yeux un peu... Alors on va changer un peu de chanson tu ne crois pas ? Ma famille est pauvre, ta mère est une veuve noire et Hermione vient d'une famille de Moldus. Au bout d'un moment ça devient lassant je trouve… Si tu ne veux pas que je t'attaques là-dessus alors tu ne commences par là.

Blaise la fusilla du regard mais ne répondit rien. Il rangea sa baguette et partie se perdre dans la foule, non sans avoir subtilisé une bièraubeurre à un serveur de passage.


– Harry Potter ! Oui parfaitement il est un de mes meilleurs élèves sans aucun doute ! fanfaronna Slughorn.

Harry but précipitamment une gorgée de sa bièraubeurre, en renversa sur sa robe de soirée et sourit au capitaine de l'équipe de Quidditch d'Angleterre en se sentant complètement tarte.

– Harry Potter… répéta-t-il impressionné. Tu es l'attrapeur de Gryffondor n'est-ce pas ? Oui oui c'est très bien tout ça…

– Adam Jones va bientôt partir à la retraite n'est-ce pas ? appuya Slughorn.

– C'est exactement ce que je pensais, approuva-t-il. Potter, quand est-ce que tu termines Poudlard ?

– L'année prochaine, j'ai encore un an à faire ici, répondit Harry.

– Très bien. Oui ça pourrait aller, bien sûr il faudra que je te fasse passer des sélections mais mon ami Horace ne ment jamais…

Tandis que Slughorn renchérissait à grand coup de « mais c'est parce que tu es un excellent ami Alexander ! », Harry sentait que son estomac faisait des loopings dans son ventre. Lui. Attrapeur de l'équipe nationale de Quidditch d'Angleterre. Il y avait de quoi avoir le tournis.

– Cela dit, poursuivit Slughorn, je serais bien embêté que vous ne poursuiviez pas les potions Harry… D'ailleurs j'en parlais avec mon cher confrère, le professeur Rogue…

Il se tourna vers une foule compacte derrière lui et ramena Rogue près de lui de la même façon qu'il aurait fait sortir un lapin d'un chapeau. Harry sentit son sans se glacer et son estomac remonter dans sa gorge cette fois. Il ne voulait surtout pas que Rogue apprenne d'où Harry tenait sa soudaine virtuosité en potion, c'était déjà bien assez compliqué de devoir supporter toutes les choses qu'il savait à son sujet.

– Ah vous voilà Severus ! Je disais à Alexander Wright ici présent, le capitaine de Quidditch d'Angleterre, que Harry avait d'excellentes dispositions en potion n'est-ce pas ?

Harry regardait fixement le fond de son verre de jus de citrouille en espérant s'y noyer. Il était prêt à parier que non seulement Rogue se fichait éperdument de savoir qui était Wright mais qu'en plus il n'arrivait pas à associer les mots « Harry Potter » et « disposition en potion » dans la même phrase.

– Voyez-vous ça… se contenta-t-il de dire.

– Vous l'aviez noté j'en suis sûr !

– Pas réellement non, le contredit Rogue.

– Cela dit, reprit Slughorn sans tenir compte des réponses de Rogue, Harry va passer des sélections pour devenir le nouvel attrapeur de l'équipe d'Angleterre !

– J'ai vraiment hâte de te voir voler, ajouta Wright en souriant.

C'était un type grand, bien bâtit, avec un teint hâlé et des cheveux blonds mi-long qui avaient dû faire défaillir de nombreuses jeunes femmes.

– C'est merveilleux, dit Rogue d'un ton aussi enthousiaste que s'il avait parlé de sa propre mort.

– N'est-ce pas formidable de se sentir aussi entouré Harry ? soupira Slughorn en souriant.

– C'est merveilleux, répéta-t-il sans le vouloir.


Et voilà ! J'espère que vous avez aimé, n'hésitez pas à me donner votre avis :)

J'ai également une question : est-ce que ça vous va le vendredi comme jour de publication où vous préférez un autre jour ? Personnellement ça m'est complètement égal donc dites-moi :)

Ah et si vous voulez papoter, j'ai un compte Twitter spécial écriture donc si ça vous dis, n'hésitez pas à m'ajouter. Mon pseudo : HFantasmagoria