Histoires de famille Chapitre 6
Je ne veux pas que vous partiez ne mes laissez pas !
Si ça ne tenait qu' à nous… Moi non plus je ne veux pas te laisser, je t'aime trop pour ça tu devrais le savoir…
Un flash de lumière, il était impossible d'y voir quoi que ce soit puis plus rien. Pour la seconde fois de sa vie un désarroi profond l'envahit.
Pourquoi, pourquoi ça doit se passer de cette manière ? Ne me laissez pas seuls, revenez ! Je vous en supplie…
Tout était calme, la nuit n'était pas encore finie un simple mauvais rêve rien de plus. Mais il y avait longtemps que ça n'était pas revenu le hanter. Sans la moindre hésitation, il alluma la lumière, il se sentait à nouveau désemparé.
Nathan POV
On ne peut décidément pas se soustraire à sa vie et aux événements qui nous ont marqué. J'ai beau tenter de mettre la distance que je veux, ces souvenirs reviennent malgré tout. On appelle ça la fatalité…
Je suis dans un siècle que je ne connais pas, avec ceux que je déteste le plus au monde.
C'est pas très respectable je sais, mais comment je pourrais fermer les yeux sur tout ce qui s'est passé ? Sur le fait que mon père ait choisi de se consacrer à l'équipe dont il a été le grand et l'incomparable leader ? Croyait il vraiment que l'équipe ne pouvait pas se passer de lui même dans des situations graves ?
Et Jean ? A elle su elle aussi précisément ce que j'aurais pu ressentir ? pourquoi n' a elle pas essayé de se reprendre au moment où il le fallait et également tenter de faire entendre raison à celui qu'elle aimait ?
Je ne veux rien à voir avec eux, peut être suis je obligé de les côtoyer mais si ils s'imaginent qu'ils arriveront à établir de bons rapports entre nous, ils se trompent lourdement. Vraiment très lourdement. Qui serait capable d'effacer toutes ces douleurs de son cœur, de donner une seconde chance à des gens qui vous ont fait souffrir ?
Dire qu'avant je ne rêvais que de les rencontrer les choses ont bien changé. Et quoi que je fasse, je leur ressemble.
Je suis presque le double de mon père physiquement sauf pour mes yeux Mes pouvoirs me viennent en grande partie de ma mère… Et ce n'est pas des vêtements ou un look qui permettront de remédier à cela.
Il est trois heures du matin et demain j'ai cours. Au lieu de rester sur des choses qu'on ne peut pas changer, je ferais mieux de me recoucher. Et de voir les aspects positifs de la situation : cette époque n'est pas aussi ravagée que celle où j'ai grandi, il y a peut être encore de l'espoir pour tous. Et Apocalypse ou Mesméro ne s'est pas encore manifesté au grand jour… Logan Kitty et Kurt sont gentils avec moi et essaient de m'aider alors que pourtant je ne leur demande rien.
Plus je les connais tous, plus j'ai envie de me rapprocher de certains mais en suis je vraiment capable ? Et les événements du passé ne risquent ils pas de se répéter ? Peut être que non, peut être que oui.
J'ai comme dans l'impression que le réveil va être dur demain.
Se remettant dans son lit et rabattant les couvertures, bien décidé à finir sa nuit de sommeil, il éteignit la lumière. Mais en ce moment, ça semblait plus difficile. Tellement de souvenirs, d'émotions contradictoires tourbillonnaient en lui.
L'inquiétude, la tristesse, la colère mais aussi la gentillesse, la sensibilité, la détermination. Jamais il n'avait ressenti autant de sentiments si différents en cet instant. Le voyage spatio temporel avait été à l'évidence un élément déclencheur.
Pourquoi est ce que c'était comme ça ? Avait il fait quelque chose de vraiment grave pour que ses vrais parents ne soient pas là ? Ou Apocalypse les avait tué de sa main ? C'était une éventualité mais il n'en était pas tout à fait certain.
Est ce que c'était lui le problème peut être, après tout son virus posait des problèmes à tout le monde.
Oui, c'était peut être lui qui était en cause. Pourtant il essayait de faire de son mieux d'écouter et il adorait tout le monde iL n'avait peut être pas sa place ici. Quelqu'un le rejoignit
qu'est ce qui ne va pas, tu as l'air triste... Tu veux qu'on en parle l'enfant de huit ans détourna les yeux sans rien dire honteux d'être vu aussi triste, de causer des soucis supplémentaires à tout le monde. Un long silence s'installa jusqu'à ce qu'il le rompe. Il fallait malgré tout qu'il parle, mais c'était si dur. Comment trouver les bons mots ?
-Dis... Tu me promets que jamais tu ne voudras te débarrasser de moi Tu me le jures dis, ajouta il des larmes apparaissant soudainement dans ses yeux. Pourvu qu'il se trompe, qu'il veuille encore de lui ! Lui il avait besoin d'eux, ils étaient presque ses parents même si ils n'étaient pas liés par le sang…
- Mais qu'est ce que c'est que ces idioties ?Hmm, son état de panique, il devait être vraiment convaincu de cette idée. Restait à savoir comment elle lui était venue à l'esprit.
Où as tu été chercher des idées pareilles ? Je ne dirais jamais ça tu m'entends ? Et jamais au grand jamais je ferais quelque chose dans ce goût là ! Et il le prit doucement mais fermement par le menton soutenant son regard pour lui faire comprendre à quel point il était sérieux. A quel point ce qu'il lui disait était vrai et qu'il pouvait avoir confiance en ses propos.
-Pourquoi penses tu de telles choses ? Comment peux tu croire une seule seconde que je ferais quelque chose d'aussi abject ? Je sais qu'il n'y a quelque chose qui ne va pas. Raconte moi tout, s'il te plait devant le ton engageant et le sourire plein de douceur, l'enfant commença à vider son sac.
-Parce que... je ne suis pas parfait, je t'ai vue encore vu te disputer avec quelqu'un à mon sujet et parce que je ne serais jamais comme les autres à causes de ce virus. Que je ne suis pas aussi astucieux ou sportif que tu aurais sans doute voulu que je le sois. Effectivement, entre les bruits de rue et ce maudit virus techno organique, la peur de décevoir, il y avait de quoi en avoir gros sur le cœur !
-Ca ne veut rien dire! Rien du tout tu m'entends Peu importe tes problèmes et tes petits défauts, n'oublie donc pas que personne n'est parfait! moi le premier. Comment peux tu penser un seul instant qu'à la première difficulté je ne voudrais pas de toi ? Tu comptes trop pour moi pour que je fasse ça !
Ne te mets plus jamais des idées aussi stupides en tête, ajouta il avec fermeté. Nathan essuya ses larmes d'un revers de main avant de se jeter dans ses bras
-je t'aime
-J'aurais tant aimé que tu sois mon vrai père murmura il... Parce qu'il a beau avoir été un grand héros et très courageux j'aurais tant aimé le connaitre... aime, lui chuchota il. Moi aussi je t'aime.
Les papiers, les débris de bois jonchaient le sol, la vitre était brisée... Et pourtant ça ne suffisait pas; ça ne suffisait pas pour se calmer. Quelle malchance qu'il n'y ait plus rien. Rien pour se défouler, passer sa rage et sa déception. Et au diable les discours moralisateurs, le fait que casser des meubles ou autres chose était mal ! Reprenant un peu son souffle, il ne prêta pas la moindre attention aux dégâts ou à la sueur qui lui dégoulinait dans le cou.
Comment avait il pu lui faire un coup pareil ? Jamais il ne se serait attendu à quelque chose d'aussi bas, égoïste et même cruel.
Comment avait il osé préférer se consacrer à cette maudite équipe dont il avait toujours fait partie plutôt qu'à sa famille ? Ne rien avoir fait pour lui. Alors c'était ses coéquipiers sa véritable famille ? Ceux pour qui il n'aurait probablement pas hésité à tout sacrifier ?
Quand la situation était devenue aussi dramatique, il n'avait pas vu qu'il y avait des tas d'autres personnes capables de diriger les X men ? Toutes aussi compétentes et connaissant bien leurs équipes les conséquences envisageables. Comme c'était selon le cas Tornade ou Diablo; mais non il n'avait rien cédé et merde! Le mur trembla et son poing lui fit mal. Pourtant il n'y prêtait pas la moindre attention.
Il avait tellement voulu connaitre la vérité malgré les mises en garde, il l l'avait trouvé. Jamais il n'arriverait à se remettre de tout ça, non! et tout ce qu'on lui avait raconté sur ses parents… Leur héroïsme, leur œuvre pour rapprocher les humains et les mutants… Des belles paroles oui!
SCOTT SUMMERS JEAN GREY! JE NE VOUS PARDONNERAIS JAMAIS. JAMAIS! une chaise se fracassa contre le mur
Il maudissait son apparence, les pouvoirs latents qu'il avait. Tout ce qu'ils leur avait transmis. Il ne voulait plus jamais entendre parler d'eux ne plus rien avoir en commun avec eux...
Qu'est ce qui le retenait de disparaître ? De partir le plus loin possible et de tout laisser derrière lui ? Il était fatigué de cette vie, de voir des proches mourir ou l'espoir s'évanouir totalement. Assez de la dictature d'Apocalypse et de ses « purges sanitaires » assez de la philosophie Askani, assez de revoir le visage d'Aliya ensanglanté hanter ses rêves. Tout ce qu'il voulait c'était une vie normale et paisible ! Etait ce vraiment trop demander ou quoi ?
Il était à peine huit heures du matin et l'averse prenait de plus en plus d'ampleur, la pluie tombait par rafales et le vent hurlait. Ororo n'avait rien fait pour protéger le manoir, c'était seulement l'ordre naturel des choses.
Les vitres tremblaient dans le cadre, l'eau coulait à grands flots et dans un fracas épouvantable, un coup de tonnerre se fit entendre. Pour être honnête avec lui même Scott devait bien avouer qu'il n'était pas à la fête. Ce temps ne lui rappelait vraiment pas de bons souvenirs. Des lambeaux du passé encore trop douloureux et si longtemps restés dans l'ombre.
C'était le chaos, les commandes ne répondaient plus et un des moteurs avait commencé à avoir des ratés. Ratés qui avaient provoqué un incendie du côté de l'aile droite. Alex avait tout de suite commencé à pleurer de terreur en voyant les flammes, l'instabilité qui régnait était déjà dure à supporter alors un autre événement dans ce genre.
Katherine leur mère était revenue tentant tant bien que mal de les réconforter, à l'extérieur les éléments continuaient leur sarabande infernale… Et rien ne laissait présager le pire, personne n'aurait cru que cette tragédie arriverait, pas après être sorti un bref moment de la zone de turbulences.
Mais cette fois, l'avion était condamné, il allait s'écraser dans sans doute peu de temps son père qui en avait vu de pires en tant que pilote de chasseur lui avait ordonné de partir. De réussir à rester en vie lui et son frère, qu'avec un peu de chance ils se retrouveraient sur terre.
Scott n'avait hésité qu'à moitié à enfiler ce parachute et à se préparer à sauter. Il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait abandonner comme ça ses parents ! ils avaient toujours faits face aux problèmes ensemble en famille, les avaient surmontés ensemble. Alors il devait bien y avoir une autre de solution que de prendre la fuite non ?
Sa mère des larmes dans les yeux, finit par lui expliquer la raison de ce choix et de le faire au moins pour elle une ultime étreinte… La vérification des attaches et ce fût le choc avec la pluie torrentielle le vent. Réussir à rester ensemble demeurerait un véritable exploit de même que garder une constance dans la direction. Le vent faisait dériver le parachute, nouvel éclair, nouveau coup de tonnerre et bruit d'une explosion assourdissante.
Un choc contre un rocher, très violent puis plus rien. Le noir total, il ne voyait plus rien ne sentait rien n'entendait pas le moindre son.
Les bips régulier d'une machine, le bruit d'un tracé et toujours le noir…
Un traumatisme crânien considéré comme grave. Rien de surprenant : multiples fractures surtout sur l'os occipital, coma de type 2. Les seuls contacts avec le monde extérieurs se limitaient aux bips mécaniques et à la sensation de piqure quotidienne, indispensable pour amener les nutriments via perfusion.
Trois mois à osciller entre la traumatologie et la réanimation à l'âge de neuf ans, seul au monde avec pour première nouvelle lors de l'entrée en salle de réveil qu'on était orphelin. Que toute sa famille avait disparu dans l'accident il aurait préféré être mort en entendant ça. Et il avait failli y réussir selon les psychiatres : anorexie, crises de silences, insomnies bref une dépression nerveuse à traîter avec des antis dépresseurs, des anxiolitiques… Devoir apprendre à vivre dans un lieu complétement inconnu morbide et sinistre où on compte par centaines les morts avant de se retrouver dans un orphelinat.
Un nouvel éclair zébra le ciel pourvu que ce temps maudit cesse au plus vite ! Ca avait déjà commencé au beau milieu de la nuit, ça serait bien si ça ne s'éternisait pas. Le seul point positif qu'il entrapercevait était la probable annulation du cours de sport.
Manifestement, il était le seul à avoir un accès de mélancolie. Malicia parcourait avidement le premier tome de Twilight en buvant son thé Kurt discutait avec Evan des possibles questions susceptibles de tomber au contrôle d'algèbre, Jean et Kitty riaient ensemble et semblaient projeter avec d'autres filles une pyjama party.
Logan toujours aussi débordant d'enthousiasme qu'à l'accoutumée, les nouveaux éléves en train de babiller gaiement, Hank et le professeur étaient plongés dans une discussion intense et sérieuse. Il jeta un coup d'œil aux extrémités de la table.
-Tu ne pars pas encore ?
-Le cours a été annulé hier, le prof va effectuer un stage, ce qui signifie que j'ai une heure de libre et toi Malicia ?
-Je commence toujours à dix heures le mercredi dire qu'il faut quand même aller au lycée pour deux heures… Ils ne pourraient pas nous laisser en paix ?
-Nous aurons l'après midi entier de libre, ce n'est pas tout le temps qu'on a un aussi grand privilège… Imagine : faire tout ce qu'on veut, pouvoir partir loin très loin ou prendre un bouquin qu'on aime quel dommage qu'on ait pas autant de plaisir que dans un Hilton… A ces mots, la sudiste pouffa de rire.
-Que nous ne puissions pas bénéficier des services d'une limousine, faire la fête jusqu'au bout de la journée… Envoyer au diable les séances en salle des dangers et les devoirs… Tu es plutôt marrant tu sais, je ne m'attendais pas à ce que tu fasses de l'humour.
-Vraiment ?
-Absoulument, répondit Malicia en reposant son bouquin.
-Toi aussi, tu as un humour sympa, j'aime bien l'humour noir. D'où te vient cette habitude ?
-Oh ça… Elle remit d'un geste une mèche de cheveux derrière ses épaules. Je le dois en quelque sorte à mes parents. Eux et moi on est pas très proches, on n'a jamais trop l'occasion de prendre le téléphone pour parler de nos journées.
-Oui, je vois le genre. C'est des choses qui laissent une empreinte à vie, comme une brûlure dont l'intensité s'est diminuée mais qui est toujours là.
-Je n'ai pas trop à me plaindre, la coupa Malicia. Irène s'est vraiment bien occupée de moi, elle a été une très bonne maman pour moi et m'a offert beaucoup d'amour. Vraiment beaucoup beacoup d'amour.
-Moi aussi, j'ai connu ça. Puis j'ai voulu en savoir plus sur ma vraie famille, apprendre précisément quel genre de personnes ils étaient… Mais quand je l'ai su, mes espérances ont volé en éclats.
Bah, je parle sans doute trop et je t'ennuie excuse moi Malicia.
-Pas du tout ! Ne dis pas n'importe quoi ! Et tu sais tu ferais mieux de ne pas ressasser tout ça seul dans ton coin, ca ne t'apportera rien de bon !
-Comment peux tu affirmer ça avec autant de certitude, soupira Nathan en s'extirpant du fauteuil.
-Tout simplement parce que la femme qui m'a aimée et qui fait partie de ma famille m'a manipulée et m'a menti ! Qu'elle me considérait comme un simple outil, pourtant je croyais qu'elle tenait vraiment à moi. J'en étais tellement sûre ajouta elle avec hargne en serrant les poings.
-C'est peut être le cas, mais elle ne sait pas le manifester.
-Peut être mais bon, c'est la vie. Et on a des amis, des personnes qui tiennent vraiment à nous ici alors à quoi bon se morfondre ? Ici on a ce dont on rêve secrètement : une famille.
Elle avait raison, à l'institut, il y avait de l'entraide, des sourires, des personnes prêtes à vous écouter. Des disputes, des fous rires… Mieux valait y songer et laisser le passé derrière soi.
-Merci Malicia. Fais moi penser à t'inviter un de ces jours au cinéma avec moi pour te remercier de tes conseils, précisa il en lui adressant un sourire.
-Je n'y manquerais pas, assura elle, et si tu veux que je te prête un de mes livres sur les vampires ou un disque de métal, Nate et bien n'hésite pas.
A suivre
