Bonjour fans de Sterek, ici Pouki.

Merci pour vos très sympathiques commentaires (perso, je kiffe). Et merci à Minzy (nous ne savons pas si tu possèdes un compte). Vos reviews sont très encourageantes et vraiment drôles.

Place au chapitre. Attention Driamar, mode sadique activé.

Bonne lecture!

Auteure : Pouki26


Les doigts habiles et enjôleurs de Derek galopaient sans retenus sur la peau laiteuse et raffinée de Stiles. Attentif à la moindre de ses réactions, tous les sens en alerte, ses yeux luisaient d'un profond désir tandis que son corps tout entier irradiait une chaleur enivrante.

- J'ai tellement envie de toi! Laisse-moi te prendre. Supplia-t-il contre les lèvres tentatrices.

Stiles lui sourit tendrement alors qu'il posait une main ensorceleuse sur sa joue.

- Je t'en prie Derek, fais-moi l'amour !

Bouleversé par ce ton doucereux enveloppé de miel, le brun ferma les yeux et enlaça le jeune homme tout en enfouissant son visage dans son cou pour humer l'odeur de sa peau. Il pouvait presque sentir le feu crépiter dans sa chair avant de s'embraser allégrement. Des flammes aux couleurs chatoyantes lui léchaient les entrailles, incendiaient son ventre et le rendait ivre d'appétence. Pourquoi résister quand l'objet de votre fantasme vous suppliait de le posséder ? Comment se retenir quand Stiles était le seul à pouvoir éteindre le feu qui brûlait si intensément dans son corps ?

Conquis, fébrile, Derek captura les mains de sa proie frémissante, les plaqua au dessus de sa tête et plongea sa langue au cœur de cette bouche bien trop attirante pour être ignorée. Jamais encore il n'avait désiré une personne à ce point, et ce jeune intrigant lui mettait indubitablement la tête à l'envers. Pourtant, l'éclat de leurs baisers avait quelque chose de mystérieux et d'utopique.

Mystérieux... utopique...

Un voile à la couleur de la nuit tomba sur les deux amants, les recouvrant de ténèbres et d'incertitude. Inquiet, Derek s'arracha à regret des lèvres de Stiles et scruta son visage. Son éternel sourire avait disparu laissant place à un rictus qui le défigurait presque. Ses yeux habituellement si étincelant de sincérité et de gaîté se dérobaient et il pouvait sentir que son cœur pourtant aussi pur que l'azur se faisait soudain plus dur.

- Stiles ?

Mais déjà, le corps de Stiles s'évaporait au fur et à mesure que Derek percevait le cri strident d'une femme hurlant à plein poumons et qui semblait se rapprocher rapidement. Il avait envie de se boucher les oreilles mais était incapable du moindre mouvement. Il ferma les yeux l'espace d'une seconde comme pour se délivrer de cette folie, et quand il les rouvrit Stiles était debout au pied de son lit à le regarder sans rien dire, tandis qu'une jeune femme aux yeux émeraude et aux longs cheveux d'un roux rayonnant l'entourait de ses bras.

- Stiles, qu'est-ce qui se passe ? demanda Derek, le regard miroitant de frayeur.

Pour toute réponse, les deux jeunes gens se détournèrent, et dans un magnifique échange de salive haut en couleur, s'embrassèrent avec fureur et concupiscence avant que la rousse ne s'élance dans un grand éclat de rire tonitruant. Un rire menaçant et sinistre à vous glacer le sang.


Dans un spasme douloureux, le souffle court et le corps moite de sueur, Derek s'éveilla.

Il se mit péniblement sur son séant, l'expression de son regard témoignant clairement l'inquiétude et l'effroi. Que venait-il de se passer ? Quelle était cette chose étrange et déroutante que son cerveau d'ordinaire si paisible lui avait imposé ? Est-ce qu'il venait vraiment de rêver de Stiles et lui faisant l'amour ? Brrr, rien que de se faire cette réflexion cela lui faisait froid dans le dos et un frisson glacé lui parcouru la colonne vertébrale le laissant pantelant et désarçonné.

Néanmoins, une certaine partie de son anatomie, parfaitement réveillée et loin de ressentir le même trouble que son esprit, semblait conserver les séquelles de ce songe aux nuances particulièrement torrides.

Troublé, et quoique (avouons-le) légèrement terrifié par ce rêve pour le moins saugrenu et détonant, Derek se passa une main sur le visage tentant de chasser les dernières traces de désarroi encore incrustées sur ses traits. Il secoua la tête, souffla et se laissa retomber contre les oreillers. Comment une chose pareille avait-elle pu se produire ? Pourquoi rêver de ça maintenant ?

Cela faisant maintenant une semaine qu'il hébergeait un certain jeune homme à la mémoire défaillante, mais c'était la première fois qu'il rêvait de lui. Et bon sang ! Quel rêve ! Pas du genre anodin qu'on oublie à peine la nuit achevée.

Cette fois, Derek en était sur. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond chez lui. Surtout quand son unique caprice, son besoin le plus primaire était de se soulager là, maintenant, tout de suite. Ça le démangeait plus que de raison. Bon sang ! Il bandait comme un fou. Pourquoi diable gardait-il une érection pareille ? Elle était dérangeante et douloureuse, mais il était parfaitement clair qu'il ne se toucherait pas. Hors de question même. Pas en sachant que toutes ses pensées se tourneraient irrémédiablement vers l'objet de son tourment. Mais ne pouvait-il donc cesser de penser à lui ! Ça devenait agaçant et vraiment déplacé.

Cependant, ce qui l'ébranlait bien davantage, c'était cet étrange sentiment qui ne le quittait plus depuis qu'il avait vu le visage de cette fille sur le trombinoscope. De cette 'Lydia Martin'. Cette fameuse jeune femme rousse que Stiles pensait connaitre. Cette même jeune femme qui était venue troubler sa nuit en hurlant comme une cinglée, l'empêchant de connaitre le dénouement de… Qu'est-ce que... ? Pourquoi est-ce que ça l'agaçait à ce point que cette nana sortie dont ne sait où vienne perturber son rêve érotique ? Oui, il avait définitivement perdu la boule.

Mais Derek se sentait bizarre. Pas vraiment préoccupé ou fâché, mais quelque chose le gênait. Quelque chose qu'il était bien incapable de comprendre.

Cela avait commencé quand les yeux de Stiles s'étaient posés sur le visage angélique de Lydia alors qu'il parcourait ce fichu diapo. Derek l'avait d'abord vu se décomposer puis, très vite, il avait presque put sentir son cœur battre d'affolement, et l'allégresse l'avait totalement gagné. Il avait même été jusqu'à supposer qu'elle était peut-être sa petite amie. Et l'idée, aussi probable soit-elle ne lui avait bizarrement pas plu.

Derek soupira virant dans son lit d'un coté puis de l'autre sans trouver la position adéquate. Pourquoi pensait-il à toutes ces conneries ? Ce n'était pas comme si ce perturbateur représentait quelque importance pour lui. Il ne le connaissait même pas. La seule chose qu'il savait était qu'il s'appelait Stiles (un nom vraiment bizarre d'ailleurs), qu'il n'avait certainement pas plus de 22 ou 23 ans et qu'il avait connement percuté sa moto une chaude nuit d'été. Un imbécile en somme. Mais il reconnaissait que ce jeune homme regorgeait de talents divers, notamment sur le plan culinaire. Depuis que Stiles vivait sous son toit, jamais le brun n'avait aussi bien mangé, appréciant tous les mets impeccablement préparés par son invité. Mais plutôt crever que de lui dire merci. Après tout, il n'était pas vraiment désiré au sein de sa demeure. Et puis, il s'avérait être une vraie pipelette. Il ne cessait de jaser sur tout et rien, et cela avait le don d'irriter Derek qui voyait parfois rouge. Combien de fois depuis qu'il le connaissait lui avait-il demandé de la fermer ? Il n'en savait fichtre rien. Mais une part de lui se sentait mal pour le jeune homme. Chaque jour, il le surprenait tentant de toutes ses forces de se rappeler de quelque chose. Et lorsque la déception se lisait sur son visage, Derek détournait le regard troublé de se sentir si affecté par le désarroi de l'hyperactif.

Malgré tous leurs efforts, Scott McCall, demeurait introuvable. Un peu comme s'il avait disparu de la surface de la Terre. Peut-être était-ce le cas d'ailleurs ! Après tout, personne ne savait rien. Parce que leur déplacement jusqu'à cette fameuse clinique vétérinaire de Beacon Hills n'avait rien donné. Il y a un an, un changement de propriétaire avait eu lieu, et la jeune femme qui avait racheté les locaux n'avait aucune information à leur fournir sur la personne qu'il recherchait. Une putain de malchance.

Derek souffla. Toute cette histoire commençait à lui prendre sérieusement la tête. A cette allure là, il n'était pas prêt de refaire un tour en moto. D'ailleurs, il ne savait vraiment pas comment cet idiot d'hyperactif pourrait bien la lui rembourser. Ce genre d'engin coutait les yeux de la tête, voir même la peau des fesses en prime. Vraiment, il n'aurait jamais dû le ramener chez lui. Pourquoi ne pas s'être contenté de le déposer à l'hôpital le plus proche ? Pourquoi avait-il gaspillé de son temps pour s'occuper de lui et le soigner ?

Le brun soupira à nouveau. Il savait pertinemment pourquoi. Ces yeux, ce regard, cette lueur de défi, jamais il n'oublierait. Comment ignorer la façon dont Stiles l'avait considéré ? Blessé, quelques gouttes de sang ruisselant sur le visage, il avait vaillamment lutté pour ne pas sombrer dans les ténèbres qui l'entouraient. Il avait soutenu son regard glacial et dangereux sans broncher, sans ciller. Jamais personne auparavant ne s'était permis pareille folie. Et cette souffrance... Cette horrible flagrance de douleur peinte sur sa figure, comme cruellement incrustée dans chacun de ses traits. Cet inconnu puait littéralement le chagrin et la colère, et Derek s'était senti comme happé, momentanément dérouté et inconscient du danger qu'il pouvait représenter.

Il avait simplement agi sur un coup de tête, guidé par des émotions diverses, pour ensuite amèrement le regretter. Car cet hyperactif lui tapait vraiment sur le système. Il violait son intimité, racontait sans cesse des choses sans queue ni tête, s'immisçait dans sa vie et lui volait même ses rêves. Au final, il lui mettait irréfutablement la tête à l'envers chamboulant son existence toute entière.

Toutefois, (un infime sourire naquit sur son visage torturé), jamais Derek ne s'était senti aussi vivant que depuis que Stiles avait débarqué dans son monde. L'arrivée du jeune homme rendait son quotidien plus attrayant, plus intéressant, et sa bonne humeur était contagieuse, puisque son âme, à la teinte aussi noire que le café (selon les dires de l'hyperactif) se parsemait de couleurs aux éclats d'or et d'argent.

Le brun releva la tête pour regarder l'heure sur son réveil : 05h02. Il était encore très tôt, mais il était sur de ne jamais parvenir à retrouver le sommeil. Jamais il ne se rendormirait avec un cerveau qui avait tout d'un coup très envie de réfléchir à mille à l'heure. Autant se lever puisqu'il n'y avait plus d'espoir.

Dans un soupir agacé et hautement justifié, il repoussa les draps et sauta à bas du lit. Un bon café et un jogging trop matinal le remettrait nécessairement d'aplomb et lui viderait la tête de toutes ces bêtises.

En passant devant la pièce où reposait la source de ses ennuis, il eut subitement envie de lui faire payer très cher. Un sourire vengeur plaqué sur la face, Derek pénétra dans la chambre et s'approcha du lit sans aucune discrétion, ses yeux cherchant naturellement le visage de Stiles. Ce dernier était profondément endormi, le visage serein et doucement éclairé par les rayons de la lune. A cette vision, l'impulsivité de Derek fondit comme neige au soleil et il laissa retomber cette main vengeresse qui avait voulu arracher de force la couverture dans laquelle l'hyperactif était si bien emmitouflé.

Sans qu'il ne puisse rien y faire, les prémices de son rêve lui revinrent en mémoire et une chaleur étourdissante qui n'était nullement la bienvenue vint lui lécher avec délectation le bas du ventre l'obligeant à poser la main sur les barreaux du lit. Qu'est-ce que c'était que ça ? Le désir, fulgurant, l'avait saisi de plein fouet. Bordel ! Valait mieux foutre le camp d'ici avant qu'il ne fasse une chose insensée.

Il allait s'en retourner quand il entendit Stiles remuer et marmonner des phrases incompréhensibles. Des mots en pagaille franchissaient le rempart de ses lèvres mais un nom, susurré comme une caresse résonna dans le silence de la nuit.

- Derek !

Le brun se raidit et il put presque sentir son cœur lui échapper. Avait-il bien entendu ? Ou son esprit lui jouait-il encore des tours ? Sans même s'en rendre compte, il retint son souffle, en équilibre précaire sur un fil ténu mais pourtant bien présent, planant dans le temps et dans l'espace, dans l'attente frémissante d'en entendre plus. Mais rien ne se produisit et Stiles se mit doucement à ronfler un vague sourire au coin des lèvres.

Derek se dépêcha de déguerpir d'ici. Il n'aurait jamais dû venir dans cette chambre alors que le diable en personne s'y trouvait. C'était vraiment n'importe quoi et il devait mettre cet abruti dehors au plus vite. Une fois de plus, il en allait de sa survie et de sa santé mentale. Et tant pis pour sa moto. Stiles n'aurait qu'à se démerder avec sa foutue mémoire défaillante. Ce n'était tout de même pas sa faute s'il lui était rentré dedans, il n'avait rien demandé. Qu'il aille donc en Enfer !


- C'est quoi le plan aujourd'hui ?

Confortablement installé sur le siège passager d'une camaro qu'il n'avait encore jamais vu, Stiles s'agitait frénétiquement, passant en revu l'intérieur de la voiture et agaçant au passage le conducteur.

- Elle est chouette cette bagnole. Elle est à toi ou tu l'as volée ?

- Pardon ?

Derek adressa un regard belliqueux à l'insouciant qui avait osé poser pareille question, prêt à rétorquer quelque chose de bien piquant et extrêmement menaçant, quand il remarqua le petit sourire espiègle que Stiles parvenait difficilement à cacher. Pff ! Ravalant sa réplique cinglante, il changea de vitesse et accéléra.

- Elle m'appartient et je te conseille de ne pas faire trop de zèle ou je n'hésiterai pas à te balancer du haut d'une falaise ?

Cette fois, Stiles ne dissimula plus son sourire et sourit de toutes ses dents.

- J'aime ta bonne humeur communicative, tes sourires charmeurs et ta voix cristalline » se moqua le jeune homme en se penchant sur le brun pour admirer l'expression de son regard.

- La ferme ! le rabroua Derek en le repoussant d'une main en plein dans sa face.

- Ceci dit, enchaina l'hyperactif sans se formaliser, tu as l'air bien plus grognon que d'habitude et tu as d'horribles cernes. Pas que ce soit réellement un problème en soit, mais…

- Stiles !

- Oui ?

- Ferme-là ou je te jure que je mets mes menaces à exécution !

- Est-ce que tu aurais mal dormi ? Questionna Stiles sans même tenir compte des propos de Derek. Un cauchemar peut-être !

S'il était resté attentif, Stiles aurait pu voir les yeux de Derek s'ouvrir comme des soucoupes l'espace d'un instant et sentir son cœur s'échapper de sa cage thoracique. Mais à la place il l'entendit émettre un bruit rauque et guttural qui ne le rassura pas le moins du monde.

- Ça ne te regarde pas ! Claqua le brun.

- Ok, ok ! Répondit Stiles en levant les mains en signe de reddition. Je me tais. C'est pas comme si ça m'intéressait vraiment de toute façon. Mais dis moi au moins où tu m'emmènes !

- Tu le sauras bien assez tôt.

Le jeune homme adressa un dernier coup d'œil au conducteur avant de se plonger au cœur de ses pensées, remplissant ainsi l'habitacle d'un silence salvateur pour le pauvre Derek qui fulminait, en colère contre lui-même. En effet, il tentait par tous les moyens d'oublier ce putain de rêve, mais la présence de Stiles à ses côtés n'aidait en rien.

De son côté, Stiles s'inquiétait de voir Derek aussi fatigué et colérique. Pas que son caractère de chien soit une nouveauté, mais les cernes qui mangeaient ses magnifiques yeux bleu/vert ne lui plaisaient pas. Que s'était-il donc passé entre hier soir et aujourd'hui pour qu'il soit dans cet état ? C'était quand même pas sa faute tout de même ? Il n'avait rien fait. Du moins, pas à sa connaissance. Il était resté sagement toute la nuit dans son lit à pioncer comme la Belle au Bois Dormant. Mais dans tous les cas, un manque de sommeil évident semblait entrainer chez cet ours mal léché une humeur bien plus massacrante qu'à l'ordinaire, ainsi que des regards outranciers. Mais cela expliquait sans doute l'accueil que le brun lui avait réservé à son réveil lui adressant des coups d'œil forts peu sympathiques et un silence de mort à lui donner la chair de poule. A n'en pas douter, Derek était sans conteste le mec le plus effrayant qu'il ait jamais rencontré.

- On y est ! Lâcha comme une bombe le dit mec effrayant en pilant avant de se garer sur le bas côté.

- Wow ! Rugit Stiles qui avait dû poser les mains sur le tableau de bord pour ne pas s'éclater la face. Tu pourrais prévenir avant de faire ça. Si je n'avais pas eu ma ceinture de sécurité tu étais bon pour changer de pare-brise et me ramasser à la petite cuillère.

- Descend ! Lui ordonna Derek sans prêter attention à ses sarcasmes.

Sans un regard pour l'hyperactif, le brun sortit de la voiture et alla se planter devant le capot croisant furieusement les bras. Stiles souffla ne sachant pas bien ce qu'ils faisaient là, mais obéit sans poser de question. Derek ne semblait vraiment pas dans un bon jour et mieux valait ne pas trop jouer avec lui. Il s'empressa donc de descendre de voiture et de le rejoindre.

- C'est ici !

Stiles détailla le brun sans comprendre.

- Quoi ? Qu'est-ce qui est ici ?

Derek se détourna, enfouissant les mains dans les poches de sa veste.

- C'est ici que tu as eu la merveilleuse idée de me rentrer dedans.

Stiles ouvrit de grands yeux mi-étonnés, mi-choqués, un air ahuri plaqué sur la figure.

- Oohh ! Réussit-il seulement à dire.

Fronçant les sourcils, il étudia aussitôt les lieux, jetant des regards circulaires et tentant de se rappeler vaguement quelque chose. Si Derek avait pris la peine de le conduire jusqu'ici, c'était surement parce qu'il avait espéré que cela éveillerait un semblant de souvenir en lui. Mais bien malheureusement, cette route de montagne aux virages plus sinueux les uns que les autres, sans aucune visibilité aucune, ne lui rappelait absolument rien. Pas même la moindre petite parcelle de réminiscence. Pourtant, d'après ses dires, c'est ici même qu'avait eu lieu l'accident.

A seulement quelques pas, silencieux, le visage totalement impassible, Derek patientait, observant avec beaucoup d'attention la moindre des réactions du jeune homme. Une palette d'émotions diverses défilaient à toute vitesse sur son visage et le brun ne doutait nullement que son cerveau d'hyperactif s'était déjà mis en branle, tentant de se rappeler de toutes ses forces de qui il était. Il pouvait presque sentir l'incertitude et le désarroi émaner de lui, un peu comme une aura qu'il aurait pu palper du bout des doigts. Stiles avait perdu en une fraction de seconde cet éclat que Derek aimait à voir dans ses prunelles chocolat. Il semblait désorienté, accablé, et à le voir ainsi, il sut que son idée n'avait finalement rien d'un éclair de génie. Cela empirait peut-être même les choses.

Alors que Stiles longeait la route, leurs regards se croisèrent et s'accrochèrent l'espace d'un instant mais qui parut à tous deux durer un temps infini.

- Je suis désolé Derek.

Le cœur du brun se serra. Tant d'émoi dans la voix du jeune homme, tant de douleur, tant de culpabilité.

- Cet endroit ne me dit rien. Je ne me souviens pas.

Stiles détourna le regard, conscient que cette réponse ne plaisait pas le moins du monde à Derek. Il l'entendit même soupirer d'ennui. Mais qui pouvait-il ? Il essayait pourtant de toutes ses forces de se rappeler, mais rien, le néant total. Face à un passé qui n'existait plus et un avenir incertain, l'hyperactif ne se sentait soudainement pas bien. Il ne pouvait tout de même pas rester éternellement à squatter chez Derek. Il n'était qu'un invité indésirable après tout, un parasite qui avait détruit sa moto et chamboulé sa vie toute entière. Comment pourrait-il se pardonner ? Comment se rattraper pour combler le temps précieux qu'il lui avait volé ?

- Stiles... STILES !

Plongé dans de morbides pensées, l'hyperactif entendit à peine la voix de Derek l'appeler, puis hurler, ni même ne le vit se précipiter sur lui pour le tirer furieusement par la manche avant de le jeter sans ménagement à terre.

- Qu'est-ce que...

- Merde, Stiles!

Ce n'est qu'en rouvrant les yeux, le visage rivé sur le bitume que Stiles comprit ce à quoi il avait réchappé. Il avait sans même le remarquer marché au beau milieu de la route alors qu'un bolide roulant bien au dessus de la vitesse autorisée fonçait droit sur lui. Et si Derek n'avait pas eu la présence d'esprit de courir vers lui, il n'aurait alors plus besoin de se creuser les méninges pour essayer de retrouver sa maudite mémoire.

- T'es vraiment le roi des emmerdeurs ! Cracha Derek dans ses oreilles, son souffle balayant son visage.

Son souffle... sur son visage...

Étendu à terre, les cheveux rasant la poussière et les mains raclant inconsciemment le sol, Stiles se désintéressa tout à coup de l'ennui mortel que pouvait représenter la surface grisâtre de la chaussée, et tourna lentement la tête. Quelle ne fut sa surprise lorsqu'il tomba nez à nez avec un brun ténébreux à la beauté phénoménale à moitié vautré sur lui, leurs deux poitrines collées l'une à l'autre, ses grandes mains de part et d'autre de son visage alors que ses yeux à la couleur de l'océan le toisaient avec fureur. Des yeux dans lesquels le jeune homme se perdit oubliant tout le reste.


Oui, je sais, c'est encore une fin de sadique. Qu'est-ce que vous voulez, on aime ça^^

Mais Diane va vite réparer ça.

Merci pour vos lectures.