Avertissement! Ce chapitre risque d'être particulièrement offensant! La cote va ici prendre toute sa pleine mesure...

Et voilà le chapitre tant attendu (par une personne au moins)! Je rappelle comme ça que le père d'Izaya a été baptisé Ukyo par mes soins et que sa mère s'appelait Airi.

Alors, alors, sans plus tarder, bonne lecture!


POV: Izaya

J'ai dix ans aujourd'hui. Oui, c'est mon anniversaire, mais c'est pas grave parce que je le fête jamais. Ma naissance est pas une réjouissance de toute façon, elle a causé la mort de ma mère. Maman est morte en accouchant de moi, elle est morte par ma faute. Papa m'a expliqué qu'elle a préféré me sauver plutôt que de garder sa vie. Je l'ai tué, je suis coupable, il y a plus aucun mystère.

J'ai jamais eu d'amis, j'ai toujours pas d'amis et j'en aurai jamais. Je sais pas à quoi ça me servirait de toute façon. Kanra-chan a disparu quand Papa m'a tout expliqué. Elle me mentait. Il y a aucun moyen de réparer maman, aucun moyen que papa m'aime. Je suis coupable pour toujours. Pour toujours, mais plus rien est grave, plus rien. Si j'espère plus, je serai plus déçu, non? Alors j'espère plus. C'est la seule façon d'accepter que je mérite de souffrir. Je mérite de souffrir, je mérite que papa me déteste.

Je suis pas triste, je suis pas heureux, je suis plus rien.

Mes professeurs me détestent, mes « amis » parlent dans mon dos, mais je m'en fous. On me vole mes souliers, on écrit des insultes sur mon pupitre, on me lance des papiers pendant les cours et c'est moi que les professeurs chicanent, mais je m'en fous. Je souris, je souris toujours, j'ai pas le droit de pleurer de toute façon. Je souris et on me déteste. Tout le monde dit qu'il faut sourire pour que les autres soient gentils; il faut croire que je suis l'exception qui confirme la règle.

Aujourd'hui j'ai dix ans et mon papa me donnera pas de cadeaux. Je suis coupable, on donne pas de cadeaux aux coupables, on les punit. Papa va me punir, ce soir, il va me punir d'être né. Il va me frapper comme il le fait souvent. Il va me faire mal, mais je mérite cette douleur. Il va me sourire et me frapper, mais c'est pas grave, je l'aime malgré tout, je l'aime même s'il m'aime pas.

Je l'entends rentrer. Je me lève de mon lit, vais l'accueillir. Aujourd'hui, peut-être qu'il va me dire quelque chose. C'est ce que je me dis chaque jour. Je le vois entrer et vais vers lui. Comme d'habitude, il me porte aucune attention. Il enlève ses souliers, entre. Je me tasse du chemin et le laisse aller dans son bureau. Moi je dois préparer le repas, si je le fais pas je mange pas. J'entre dans la cuisine et prépare un curry. J'aime toujours pas ça, mais c'est le repas que papa aime le plus, peut-être qu'il va être plus gentil si je lui fais ça. C'est surement inutile, mais je perds rien à essayer. Je veux plus espérer, mais je peux quand même essayer d'avoir le moins de mal possible.

Quand tout est prêt, je vais cogner à la porte du bureau et avertis Papa. Il s'en vient et s'assoit à table sans dire un mot. Il mange sans me regarder, mais c'est pas grave, au moins il me fait pas mal. Je mange moi aussi, mais comme j'aime pas, j'en mange juste la moitié. Quand il a fini, je ramasse les assiettes et m'apprête à faire la vaisselle, mais papa me prend par le bras et me tire vers lui. Il va me battre, finalement, je le savais. Il peut pas oublier cette date, après tout c'est la journée où maman est morte.

Il m'amène vers sa chambre. Je comprends pas ce qu'il fait, s'il veut me battre, pas besoin d'aller aussi loin, non? Je me laisse faire sans protester. Quand je proteste, il me fait plus mal, alors je dis rien. On entre dans sa chambre et il me fait tomber sur le lit. Je comprends rien, c'est pas comme d'habitude, papa me fait plus peur que normalement. Il monte sur le lit et je reculer. Je comprends pas, mais quelque chose est différent.

Il m'arrête en posant ses mains sur mes épaules. Il me couche et monte sur moi. Il me regarde dans les yeux. Je comprends pas son regard, j'ai jamais vu ces yeux-là. Je veux crier, mais aucun son sort de ma bouche. Je ferme les yeux, j'ai trop peur pour le regarder, mais je sens quelque chose sur ma bouche.

- Izaya, ouvre la bouche...

Je fais ce qu'il me dit et quelque chose de bizarre entre dans ma bouche. Pourquoi il fait ça? Les baisers, c'est pas les amoureux qui font ça? Papa m'embrasse, ça veut dire qu'il m'aime? Je sais pas, mais j'ai peur, je le reconnais pas. Il se sépare de moi et je rouvre les yeux. J'essaie de reprendre mon souffle pendant qu'il m'enlève mon chandail. J'ai les joues qui brulent, les yeux pleins d'eau, mais je peux pas pleurer, sinon il va me faire plus mal. Je sais pas ce qu'il veut, mais je peux rien dire. Je ferme les yeux, je veux plus rien voir. J'ai pas mal, en fait j'ai pas mal du tout, mais je suis sûr qu'il devrait pas faire ça.

- Tu vas être un bon garçon, Izaya, n'est-ce pas? Tu vas faire tout ce que ton papa demande, gentiment...

Je hoche la tête avec force. J'ai pas le droit de dire non, j'ai pas le droit. Papa enlève sa chemise et défait sa braguette. C'est vraiment un adulte, son truc est pas mal plus gros que le mien et il est levé, je sais pas pourquoi. Il me prend par les cheveux et m'approche de son entrejambe. Je sais pas ce qu'il veut que je fasse avant qu'il m'ordonne :

- Ouvre la bouche!

J'ouvre la bouche et il me l'enfonce sans prévenir. Je passe proche de m'étouffer, mais j'essaie de respirer par le nez. Les larmes coulent sans que je le veuille, je peux pas les réprimer. Papa fait bouger ma tête de l'arrière vers l'avant et j'essaie au mieux de respirer. Ça goute mauvais, j'ai le cœur qui lève, j'ai envie de vomir, mais je peux pas. Je comprends rien, papa fait des bruits bizarres et je sais pas pourquoi. Pourquoi il me frappe pas comme d'habitude? Pourquoi il essaie de m'étouffer? Il veut me tuer?

Un liquide bizarre s'enfonce dans ma gorge. C'est visqueux et ça goute salé. Papa me laisse enfin respirer. J'avale l'air à pleine bouche et j'essaie d'essuyer mes larmes. Il faut pas que je pleure, il faut pas, mais j'y peux rien, les larmes coulent encore, j'ai un gout mauvais dans la bouche et je comprends rien, je comprends rien, il faut que je comprenne, je dois comprendre!

- Izaya, tu as tué ta mère. C'est la moindre des choses que tu prennes sa place, tu crois pas?

Je hoche la tête. Papa a raison, j'ai tué maman, j'ai tué maman et je dois vivre à sa place, mais papa il faisait ça à maman? Pourquoi? Ça fait mal, ça goute méchant, alors pourquoi il le faisait à maman s'il l'aimait? Ça me fait mal parce que je suis coupable? Si j'étais pas coupable, ça serait bien?

Papa m'enlève tous mes vêtements. Alors c'est pas fini? Qu'est-ce qu'il va faire d'autres? Quoi d'autre qui m'attends? Est-ce que ça va faire mal, plus mal qu'avant? Je veux plus avoir mal! Je suis coupable, je sais, mais je veux plus avoir aussi mal, je veux plus, je veux plus...

- Izaya, mets-toi sur le ventre!

Je fais comme il dit et il prend mes hanches avec force. Je ferme les yeux. Je sais pas ce qu'il va faire, mais je veux que ça finisse, je crois pas qu'il devrait faire ça et ça fait mal, je me sens bizarre, j'ai les joues qui brulent, mes larmes coulent encore et j'essaie de les retenir, mais rien à faire, rien. J'ai peur, j'ai mal, mais je peux rien dire, j'ai pas le droit, j'ai pas le droit, j'ai pas le droit, j'ai pas le...

Un cri épouvantable sort de ma bouche. Je l'entends, mais comme s'il était lointain. On dirait que je suis plus moi, je sens comme un feu brulant à l'intérieur de moi, ça brule et ça fait mal, tellement qu'on dirait que je vais mourir, oui au fond je suis mort, c'est bien ça, je meure, mais j'ai quand même affreusement mal, tellement que je sais même plus si j'ai vraiment mal, je sens un mouvement, peut-être, ça bouge et ça fait mal, peut-être, peut-être, mais je comprends rien, j'ai mal, mais c'est un drôle de mal, j'ai mal, mais je me sens bizarre, je sais pas c'est quoi, mais je suis certain que c'est pas normal, c'est pas normal que papa me fasse ça, c'est pas normal que je gémisse comme ça, c'est pas normal que ça fasse aussi mal, papa pouvait pas faire ça à maman, ça fait trop mal, alors c'est vraiment moi le problème, au fond il me punit, mais c'est ça, papa me punit encore, encore, j'ai mal parce qu'il me déteste, s'il m'aimait j'aurais pas mal, papa me déteste et ça fait encore plus mal, j'ai mal au cœur, j'ai mal à la tête à force de pleurer, j'ai encore un mauvais gout dans la bouche, encore, je crie et je hurle et je pleurs et je gémis et je sais plus je sais plus je sais plus je...

- A-Airi...

Le mouvement s'arrête enfin. Le truc se retire de moi et je retombe sur le matelas. J'ai mal, je me sens sale, je voudrais prendre une douche, mais j'arrive même pas à me lever. Papa me retourne sur le dos et me regarde.

- Izaya, tu ressembles trop à ta mère. C'est ça, ton péché, tu lui as volé sa vie, son visage, son bonheur et son malheur. Tu lui as tout volé! Alors, Izaya, laisse-moi te faire la même chose qu'à elle! Tu as pris sa vie, tu dois la prendre en entier. À partir de maintenant, appelle-moi « Ukyo », comme elle. À partir de maintenant, laisse-moi te posséder, comme elle. Laisse-moi t'appeler « Airi ».

Je hoche encore la tête et, avec un hoquet, je lui réponds :

- O-oui, U-Ukyo...

- Bien, tu es un gentil garçon.

Pa—, non, Ukyo retombe sur moi et me prend dans ses bras. Il se tourne sur le côté sans me relâcher et ferme les yeux. Il est chaud et humide, et j'aime pas sentir son souffle dans mes cheveux. Ses jambes sont autour de moi et je sens son truc contre mon ventre. Je voudrais le repousser, mais j'ose pas. Je ferme les yeux fortement et essaie de m'imaginer ailleurs, mais j'y arrive pas, j'entends son cœur battre et je sens toujours son souffle. Ses bras m'étouffent, il m'étouffe et je voudrais aller me coucher dans mon lit pour dormir, mais il fait déjà dodo, j'en suis sûr, et je veux pas le réveiller, sinon il va peut-être recommencer. J'ai encore mal, je voudrais me laver, je voudrais me brosser les dents parce que j'ai la bouche pâteuse, mais je suis pris ici.

Je tremble même si j'ai pas froid, c'est pas normal. Rien est normal. Plus rien du tout. Je m'étais dit que j'espèrerais plus pour plus souffrir, mais ça marche pas. J'ai encore plus mal qu'avant.