Bonjour tout le monde!

Et non, cette fic n'est pas arrêtée! Je vais tout simplement à mon rythme pour l'écriture. (ok, ok, mon rythme est très lent, je vous l'accorde!) Désolée pour ceux qui attendaient ce chapitre avec impatience (du moins, j'espère qu'il y en a…!), je n'ai rien pour défendre ma cause…

Mais au moins, le chapitre est là maintenant!

Alors bonne lecture!

Chapitre 5

-Nous allons passer la nuit ici, s'écria Gandalf pour couvrir le bruit de la tempête.

Le magicien, suivit de toute la troupe, se dirigea vers l'entrée d'une grotte. Celle-ci les protégeait tout juste du vent et de la neige qui ne cessait de s'abattre sur eux depuis quelques heures. Lorsque tout la Communauté fut entassée dans la caverne, Boromir alluma un feu pour les maintenir un peu au chaud. Une seule journée s'était écoulée depuis qu'ils avaient commencé l'ascension du Col de Caradhras et déjà, Amanda était totalement épuisée. Elle avait l'impression que cette montagne n'avait jamais de fin et ce n'est pas la neige qui aidait à leur montée ! Legolas et Melwin, eux, semblait flotter sur ce tapis blanc et ne pas sentir le froid. Au grand désespoir de la jeune femme, ils en profitaient largement pour le faire remarquer à tout le monde. Amanda alla s'asseoir près du feu en s'emmitouflant dans une couverture. Le seul avantage dans ce désert de glace, c'est que ses pieds ne lui faisaient plus mal tellement ils étaient gelés. Sam s'approcha d'elle en lui tendant de l'eau chaude aromatisée de quelques herbes de la Comté.

-Merci, lui dit-elle.

Le petit hobbit vint s'asseoir près d'elle, lui aussi dans sa couverture. Ils furent ensuite rejoints par Merry et Pipin qui, comme à leur habitude, se mirent à parler.

-Pourquoi Gandalf nous fait-il geler ici tandis qu'on pourrait être bien au chaud dans la vallée, demanda Merry, épuisé lui aussi.

-C'est vrai, ajouta Pipin. Ils n'ont pas l'air dangereux ces oiseaux ! Gandalf serait-il devenu peureux avec l'âge ?

-Je suis bien d'accord, ajouta Amanda qui massait doucement ses pieds à travers ses bottes.

-S'il nous fait passer par ici, c'est qu'il doit avoir une bonne raison, répondit Sam, peut-être le plus raisonnable des quatre.

-Je m'excuse, mon cher Sam, mais mes pieds gelés et mes mains glacées ne sont pas d'accord avec toi, répliqua Pipin. En passant, quand est-ce qu'on mange?

Amanda sourit. Mais lorsqu'elle vit Melwin et Legolas venir s'asseoir, son sourire s'effaça rapidement. Pour ne pas subir leurs sarcasmes, elle s'éloigna du feu, quittant ainsi la chaleur pour se réfugier dans un coin sombre. Elle y resta longtemps. À méditer dans ses pensées, elle ne vit pas Frodon venir s'asseoir près d'elle.

-Pourquoi restez-vous à l'écart?

Amanda ne répondit pas, mais regarda plutôt les elfes. Le hobbit sembla comprendre parce qu'il rajouta :

-Vous ne devriez pas les laisser vous rabaissez comme ça.

-Je préfère les ignorer… Peut-être arrêterons-t-il leurs railleries un jour.

-C'est votre choix, répondit Frodon.

-Quoique que ce n'est pas toujours facile…Vous croyez que Gandalf m'en voudrait si je poussais « malencontreusement » Melwin en bas de la falaise, lui demanda-t-elle à la blague.

-Heu… Laissez moi y penser… Oui, répondit-il en riant.

Ils rirent quelques minutes en imaginant l'elfe tomber en chute libre. Lorsque la nuit fut tombée, Gandalf vint dire à Amanda qu'elle prendrait le premier tour de garde avec Boromir. Les autres allèrent se coucher, tandis qu'ils s'installaient près du feu.

-Qu'avons-nous à craindre de ces oiseaux pour que Gandalf nous fasse passer par les montagnes, demanda la jeune femme à l'homme du Gondor.

-Ce sont des espions de Saroumane, répondit-il le plus simplement du monde comme si elle devait tout comprendre suite à cette phrase.

-Et qui est Saroumane?

-Un des cinq Istaris envoyés sur la terre pour aider les ennemis de Sauron et les encourager à s'unir contre lui. Gandalf est aussi l'un d'eux. Mais malheureusement pour nous, Saroumane s'est rallié à Sauron.

-Pourquoi a-t-il fait ça?

-Je n'en sais rien… il faudrait demander à Gandalf. J'ai entendu dire que le magicien blanc l'avait retenu prisonnier parce qu'il ne voulait pas se rallier à sa cause.

-Le magicien blanc? Pourquoi Gandalf est-il gris, lui?

-J'ai déjà lu dans un vieux bouquins de la bibliothèque de la cité que les couleurs étaient une sorte de hiérarchie… Le blanc est le plus puissant, ensuite le gris et puis le brun.

-Votre monde est si…bizarre…

-Comment est le vôtre?

-Et bien, le seul but des gens est de s'enrichir et de gagner en pouvoir, notre écosystème est en train de devenir quasi inexistant, on coupe les arbres comme s'ils ne s'agissaient que de simples brindilles, on abandonne les plus faibles pour ne se concentrer que sur les « grands » et on s'entretue pour un oui ou un non. C'est le bonheur total, répondit-elle avec ironie.

-C'est si catastrophique que ça?

-Malheureusement, oui…

Ils parlèrent ainsi, de tout et de rien jusqu'à ce que Melwin et Aragorn prennent l'autre tour de garde. C'est avec joie, qu'Amanda se blottit dans ses couvertures.

Au matin, la jeune femme fut réveillée par le vent frais qui s'infiltrait dans les fissures de la grotte. Amanda essaya de se lever, mais sa tête semblait peser une tonne. Elle resta allongée, puis fini par se mettre debout en tentant de garder son équilibre. Gandalf la regarda s'asseoir près du feu, inquiet.

-Comment allez-vous, Amanda, lui demanda-t-il.

-Oh, très bien, répondit-elle avec un sourire peu convainquant. Pourquoi?

-Vous êtes toute pâle…

-…ça doit être le froid, dit-elle en forçant un sourire qui ressemblait plus à une grimace.

Gandalf ne posa pas d'autres questions même s'il semblait préoccupé. Amanda savait qu'elle n'allait pas bien… L'infection de ses pieds et le froid étaient sûrement les explications logiques à son malaise, mais jamais elle ne l'avouerait ! Ça serait encore plus se rabaisser aux yeux des elfes, mais elle commençait sérieusement à s'inquiéter pour sa santé. Au début, elle avait espéré que cela finirait par guérir seul, mais son mal n'avait fait que grandir.

Chassant ses mauvaises pensées en se promettant de faire un peu plus attention à elle, Amanda alla rejoindre les autres qui grignotaient avant le départ. Bientôt, la troupe se remit en marche dans la tempête. Les hobbits devaient être portés par les hommes, tant le niveau de la neige était élevé. Amanda n'était pas météorologue, mais cette tempête n'avait rien de normale… Legolas, qui flottait toujours sur la neige, s'écria :

-J'entends une voix sinistre dans les airs!

-C'est Saroumane, hurla à son tour Gandalf.

Avec le vent qui leur sifflait dans les oreilles, ils n'entendaient rien, à moins de crier. Tout à coup, un éclair fulgurant frappa le dessus de la montagne. N'ayant que le temps de se presser contre la paroi rocheuse qu'ils contournaient, une masse de neige s'abattit sur eux. Amanda commença à paniquer lorsqu'elle sentit l'air lui manqué. La neige gelait son visage déjà rougit par le froid. Elle essaya de remuer ses bras et ses jambes, mais la pesanteur de la neige l'enfermait complètement. La panique l'envahie. Elle essaya vainement de crier, mais rien ne sortit de sa gorge. Alors qu'elle commençait lentement à perdre son souffle, la jeune femme sentie que quelqu'un déterrait près d'elle. Une main agrippa la sienne et l'extirpa de sa prison C'est avec joie que ses poumons retrouvèrent l'air glacial de la montagne. Elle regarda la personne près d'elle qui l'avait aidée et se rendit compte, à son plus grand dégoût, que c'était Melwin.

-Ah, c'est vous, dit-il contrarié. J'aurais dû vous laisser là, ça aurait fait une personne de moins à protéger… et vu votre utilité…

Amanda vint pour répliquer, mais quelqu'un la devança.

-Vous avez fini de toujours vouloir la rabaisser ! Ça devient lassant à la fin ! Vous savez très bien qu'Amanda est importante pour la réussite de cette quête ! Sans son pouvoir, s'en est fini des contrées libres de la Terre de Milieu. Mais vous, en ce moment, vous ne servez à rien si vous continuer d'importuner toute la communauté! Alors, arrêter un peu de reprocher à tout le monde ce qu'ils ne savent pas faire et concentrer vous sur votre tâche qui est de nous protéger!

Tout le monde était figé. Frodon avait dit sa tirade d'un trait, sans même prendre le temps de respirer-et sans doute pas de réfléchir non plus. Jamais il ne parlait pour dire son opinion devant les autres membres, excepté avec les hobbits.

Amanda, le moment de surprise passé, sourit de toutes ses dents à Melwin. Voyant que tout le monde guettait sa réaction, l'elfe préféra se taire. C'est Boromir qui brisa le silence.

-Il faut quitter la montagne! Prenons la Troué du Rohan. Faisons un détour par ma cité.

-La Troué du Rohan nous rapproche trop de l'Isengard, répondit Aragorn.

-Si on ne peut pas passer par-dessus la montagne, alors passons par en dessous, déclara Gimli. Passons par les mines de la Moria

Gandalf sembla plongé dans ses pensées quelques secondes puis répondit :

-Laissons le porteur de l'Anneau décidé… Frodon?

Le hobbit réfléchi, mais pour lui la décision était claire. Soit ils gelaient sur un pic de glace, soit ils prenaient un chemin sans neige ni vent.

-Nous passerons par les mines!

-Qu'il en soit ainsi, dit Gandalf.

Tout le monde refit le chemin à l'envers. Bien vite les flocons cessèrent de tomber et le vent se calma.

-C'est parce qu'on s'en va que le temps semble s'améliorer, demanda Amanda, agacée.

-Caradhras peut-être déchaînée lorsqu'elle le souhaite, répondit Gimli. Même nous, les nains, redoutons de nous y aventurer. Je crois bien qu'elle a senti que nous sommes vaincus…

Amanda doutait quelque peu des paroles du nain, mais voyant à quel point il était sérieux, elle ne fit pas de commentaire. Pataugeant toujours dans la neige, la Communauté repassa près de la grotte où ils avaient dormi. Le chemin du retour ne pris pas beaucoup de temps, mais pour Amanda se fut un véritable calvaire. Ses pieds, qui étaient restés congelés, ne l'avaient pas fait souffrir, mais maintenant que la chaleur était revenue, elle avait de la difficulté à marcher normalement. Elle surpris le regard de Legolas sur elle alors qu'elle boitait un peu, mais bien vite elle se reprit, faisant croire qu'elle avait perdu pied pendant quelques secondes. Sinon, personne ne remarqua son malaise, ou du moins, personne n'en fit mention.

Enfin, ils virent à nouveau l'herbe verte et les quelques arbustes de la région. Puisque la nuit arrivait, ils firent une halte.

-Bon, dit Gandalf. Nous allons nous reposer ici. Nous sommes tous épuisés et un dur chemin nous attend demain.

-Et qu'est-ce qu'on fera, demanda Pipin.

-Nous allons entrer dans les mines de la Moria… si on trouve la porte bien sûr…

-Comment ça, si on trouve la porte?

-Et bien, il y a fort longtemps que les mines n'ont pas été visitées. Personne n'a vu entrer ou sortir un nain depuis des années.

-Oui, mais la porte ne peut pas avoir disparu, dit Amanda.

-La porte était autrefois ouverte, mais elle a été fermée… Je pense qu'on ne pourra l'ouvrir qu'avec un mot de passe… enfin, si on la voit…

-Comment ne pourrait-on pas la voir? Ça ne doit pas être si petit que ça une porte?

-Et bien, elle ne se montre qu'en présence des rayons de la lune, répondit le magicien.

-Oh… oui, ce sera sans doute un léger problème, admit la jeune femme.

Les membres de la Communauté se dispersèrent autour du feu en espérant obtenir un peu de chaleur. Bien sûr, l'air était beaucoup plus chaud là où ils étaient plutôt que dans la montagne, mais l'hiver approchait à grands pas et les nuits étaient fraîches. Ils allèrent se coucher en établissant des tours de garde. Cette nuit là, Amanda pourrait dormir tranquillement. Malheureusement, soit le froid ou la douleur de ses pieds la tinrent éveillé presque toute la nuit. Vers 1 heure du matin, elle décida de remplacer Gimli au poste de garde et de laisser le nain se reposer un peu.

Après une heure de surveillance, Amanda ressentit quelqu'un bouger derrière elle. Elle se retourna et s'étonna de voir Melwin réveillé.

-Que faites-vous debout, lui demanda-t-il.

La jeune femme eut envie de lui dire que ce n'était pas de ses affaires, mais se ravisa. S'ils se disputaient encore une fois, elle pourrait perdre le contrôle sur ses pouvoirs.

-Je remplace Gimli pour le tour de garde, répondit-elle froidement.

Elle se retourna vers le feu, lui tournant dos.

-Pourtant, une femme comme vous devrait avoir besoin de toutes ses heures de repos, chuchota-t-il en se rapprochant d'elle.

Il s'était assis sur la même couverture qu'elle. Sa capacité à ne faire aucun bruit lorsqu'il bougeait et son calme chuchotement effrayèrent Amanda. Il se rapprocha de nouveau d'elle… Il était près… Trop près. Il la fixait, comme s'il s'attendait à ce qu'elle le repousse, mais elle était figée.

Son cerveau lui criait de lui envoyer une gifle pour le faire s'éloigner le plus loin possible d'elle, mais ses membres refusaient de lui répondre. Il emprisonna ses bras avec ses propres membres et la fixa rageusement. L'elfe se rapprocha dangereusement de son visage et il était beaucoup trop fort pour qu'elle puisse se dégager. Des images qu'elle aurait préféré oublier à jamais lui revinrent en mémoire. Elle sentait son sang bouillir dans ses veines, mais ses pouvoirs ne se manifestaient pas. La peur la gagna complètement lorsque l'elfe approcha dangereusement son visage du sien.

-Vous ne devriez pas exister et encore moins faire partie de cette communauté, cracha-t-il avec mépris. Votre devoir de femme est de servir un homme et non de sauver ce monde. Arrêter de penser que vous pourrez le faire!

Amanda sortit brutalement de sa peur. Elle se dégagea avec force de son emprise et recula aussitôt pour ne pas qu'il l'atteigne à nouveau.

-Vous avez peur que je vous vole la vedette peut-être, s'exclama-t-elle rageusement tout en gardant un ton de voix bas pour ne pas réveiller les autres. Vous savez, avant que vous ne disiez cela, je doutais encore de mes capacités et de mes pouvoirs, mais je crois que juste pour vous prouver que je suis plus puissante que tous les hommes misérables de cette terre, je vais sauver votre monde! Et si vous avez l'idée de vous mettre à travers mon chemin pour m'empêcher d'y arriver, gare à vous! Ce que j'ai à faire surpasse largement votre propre mission. Vous verrez bientôt que vous ne valez pas mieux qu'un haricot en purée!

Amanda se leva et s'éloigna non sans avoir remarqué que Legolas était réveillé et qu'il la regardait. Elle s'attendit à ce qu'il vienne défendre Melwin, mais il ne fit rien. Elle s'écarta du camp tout en continuant à fulminer et en réfléchissant au moyen de réussir sa mission… Après tout, si la prophétie disait vraie, elle seule pourrait terrasser le seigneur des ténèbres. Ce que Frodon avait dit dans la montagne pour la protéger l'avait grandement aidé, mais lui avait aussi mis une pression énorme sur les épaules. Elle réalisa à quel point les gens comptait sur elle pour les sauver.

La jeune femme douta grandement de ses capacités. Elle sentait son pouvoir en elle, mais c'était tellement futile comme sensation qu'elle ne savait plus quoi penser. Même lorsqu'elle se sentait en danger comme tout à l'heure, ses pouvoirs ne se manifestaient pas. Elle savait que cela prendrait du temps avant qu'ils se développent, mais ça commençait à devenir urgent. La Communauté avait vu ce qu'elle avait réussi à faire jusqu'ici, mais c'était largement insuffisant pour sauver un monde entier.

Décidée à réussir ce que tous attendaient d'elle, elle s'assit sur la terre humide et froide et essaya de se focaliser sur la peur. Elle pratiqua toute la nuit, puisant son énergie dans sa colère contre tous les elfes de cette terre. Ce n'est que tôt le matin qu'elle revint sans faire de bruit. C'était maintenant Legolas qui était en tour de garde. Étrangement, il la regarda avec un regard curieux. Voyant qu'elle l'ignorait superbement, il fit l'effort de lui parler le premier.

-Où étiez-vous?

-Ça ne vous regarde pas, répondit-elle froidement en s'étendant dans ses couvertures trempées par la rosée du matin.

-C'est à nous de vous protéger et vous vous amuser à disparaître au beau milieu de la nuit! J'exige de savoir où vous êtes allée!

-C'est très gentil de vous inquiéter pour moi, cher Legolas, répondit-elle le plus ironiquement du monde, mais comme rien ne m'est arrivée, je ne pense pas qu'il est nécessaire de vous dire ce que je fait de mes temps libres! Sur ce, bonne nuit!

Et elle lui tourna le dos en s'enfonçant un peu plus dans ses couvertures. Ce n'est que quelques minutes plus tard qu'elle sentie le regard de l'elfe la quitter et elle tomba de sommeil. Elle ne dormit que quelques heures avant que Aragorn ne vienne la secouer et c'est un mal de tête qui accompagna son réveil. Encore une fois, Gandalf s'inquiéta de sa pâleur.

-Vous êtes certaine que tout va bien, demanda-t-il, ses sourcils broussailleux froncés.

-Parfaitement, répondit-elle un peu trop rapidement.

Voyant qu'il avait toujours le même regard, elle s'empressa d'ajouter :

-J'ai juste un petit mal de tête, mais ça va passer.

Ce n'était pas totalement faux au moins! La communauté se restaura rapidement, puis plia bagages pour se rendre aux portes de la Moria. Pendant qu'ils marchaient, Amanda se mit à tousser fortement. Vers midi, elle devait souvent s'arrêter pour prendre quelques gorgés d'eau et ainsi ne pas trop attirer les regards inquiets de Gandalf. Lorsque le soleil commença à se coucher, le paysage changea radicalement. Ils passèrent du terrain d'arbustes à un endroit rocailleux. Ils descendirent une colline assez abrupte et arrivèrent aux abords d'un lac dont l'eau était noire et lisse. De l'autre côté se tenait un gigantesque mur de pierre. Amanda espéra de tout cœur que la porte se trouvait là, parce qu'il était impossible de passer par-dessus !

Ils contournèrent le lac en longeant la paroi de roches. Cet endroit fait froid dans le dos, pensa Amanda. Il n'y avait aucun son excepté le bruit de leurs pas. Rien ne bougeait, l'eau du lac était immobile.

Gandalf, à la tête du groupe, examinait attentivement la pierre. Aragorn et Boromir, eux, semblait inquiétés par le lac. Gimli arborait un air admiratif envers ses ancêtres qui avaient su donner vie à cet endroit maintenant mort.

-Et bien on ne peut pas faire plus joyeux, lança Sam.

Amanda sentait Legolas et Melwin anxieux. Bien sur, rien sur leur visage ne le laissait paraître, mais même un nain, les yeux fermés, l'aurait senti. Finalement, la jeune femme adorait cet endroit ! Les elfes ne s'y sentaient pas à l'aise et la laisserais tranquille, il n'y avait aucun ennemi à l'horizon et il ne faisait pas froid. Enfin, selon l'état de ses congénères, elle pouvait affirmer qu'il faisait chaud parce qu'elle ne ressentait que de longs frissons glacés lui parcourir le dos tandis qu'eux semblaient parfaitement à l'aise. Bientôt, elle ne serait plus capable de cacher ses étourdissements et ses longues toux. C'était définitif : elle avait attrapé la grippe à cause du froid de la montagne… Ce qu'elle détestait se montrer faible !

Alors qu'elle maudissait intérieurement les idées saugrenues de Gandalf pour les avoir fait escalader Caradhras, le magicien s'arrêta près du mur et murmura une phrase dans une langue inconnue.

Une légère brise se leva et les nuages se dispersèrent pour laisser passer les faibles rayons de la lune. Éclairée, la roche se teinta peu à peu de bleu. Une grande arche se dessina, entourée de symboles elfiques. Des mots étaient gravés au dessus de la porte.

Gandalf leva son bâton en pointant les lettres.

-Il est écrit : Les portes de Durin, seigneur de la Moria. Parlez ami et entrez, lu-t-il.

-Et vous comprenez ce que cela veut dire, demanda Merry, impressionné.

-C'est très simple. Si vous êtes un ami, vous donnez le mot de passe et les portes s'ouvriront.

-Il suffit de se demander si nous sommes des amis, dit Melwin en lançant un regard équivoque à Gimli.

Le magicien ne prit pas en compte ces paroles et s'avança vers la paroi rocheuse. Il leva son bâton et prononça une phrase en ce qui semblait de l'elfique. Tout le monde retient son souffle… mais rien ne bougea. Il essaya encore plusieurs paroles, mais les portes restaient obstinément closes. Après un quart d'heure d'essais infructueux, Gandalf s'assit pour réfléchir.

C'est à Aragorn que revint la dure tâche de renvoyer le poney Bill chez lui.

-Les mines ne sont pas faites pour les poneys. Même pour ceux qui sont aussi courageux que Bill, dit-il à Sam, probablement celui qui s'était le plus attaché au petit cheval.

Le rôdeur et le hobbit le déchargèrent et séparèrent les effets parmi la troupe.

-Au revoir Bill, lui dit Sam lorsqu'il les quitta.

-Ne vous inquiétez pas Sam. Il saura retrouver sont chemin, le rassura Aragorn.

Cela faisait presque une heure qu'ils attendaient que Gandalf trouve le bon mot de passe. S'ennuyant, Merry et Pipin commencèrent à lancer des roches dans le lac à proximité d'eux. Amanda regarda leur jeux pendant quelques minutes jusqu'à elle remarque qu'à un certain endroit, l'eau bouillonnait.

Elle s'avança rapidement vers Aragorn qui lui aussi examinait les bulles.

-Qu'est-ce que c'est, lui demanda-t-elle.

-Je crois que je préfère ne pas savoir, répondit-il.

Il s'approcha de Pipin et lui retiens le bras avant qu'il ne lance un autre projectile.

-Arrêter avec ces pierres.

Les hobbits cessèrent leur jeu. Tout en continuant de fixer le lac avec inquiétude, Amanda entendit Frodon se lever et aller vers Gandalf.

-C'est une énigme. Parler, ami… et entrer, dit-il un peu pour lui même. Quel est le mot elfique pour « ami », demanda-t-il cette fois à l'adresse du magicien.

-Mella, répondit celui-ci.

La jeune femme ressentit une secousse sous ses pieds. Les grandes portes de la Moria s'ouvraient lentement derrière eux. Après avoir jeté un dernier regard suspect vers le lac, Amanda s'approcha de la porte avec les autres. Une fois la poussière retombée, ils purent entrer à l'intérieur. Gimli commença aussitôt à vanter les nains.

-Bientôt, maîtres elfes, vous allez pouvoir apprécier la légendaire hospitalité des nains! Un bon feu! Une bière brassée ! Une belle pièce de viande. Car ceci mon ami, est la demeure de mon cousin Balin! Et ils appellent ça une mine! Une mine!

À son entrée dans la demeure des nains, la jeune femme ne savait pas trop à quoi s'attendre, n'étant jamais allée dans une mine. Mais le spectacle qui s'offrait à ses yeux était loin de lui plaire.

Des squelettes décomposés jonchaient le sol un peu partout. Sur la pierre froide étaient étendus des centaines, voir des milliers de petits corps. Boromir résuma en une seule phrase ce que tout le monde pensait :

-Ce n'est pas une mine… c'est un tombeau!

Amanda se retint de ne pas rendre son petit déjeuner sur le plancher (quoique l'odeur aurait été semblable à celle qui régnait déjà dans la Moria!).

Legolas se pencha sur un des corps et y retira une flèche.

-Des gobelins, dit-il.

Aragorn, Boromir et les elfes sortirent immédiatement leurs armes.

-Allons vers la Troué du Rohan! Nous n'aurions pas dû venir ici. Allons partons d'ici!

Voyant que personnes ne bougeaient, encore trop estomaqué par le sombre tableau qui s'offrait à eux, il rajouta :

-Allons sortons!

La Communauté eut juste le temps de se retourner pour voir Frodon tombé la tête la première sur le sol. De longs tentacules l'avaient saisis par les chevilles et le traînaient vers le lac.

-Grand-pas, cria Sam.

Les hobbits furent les premiers à sortir leur épée et à essayer de délivrer leur ami. Même s'ils ne savaient pas se battre, ils avaient énormément de courage. Ils réussirent à libérer le porteur de l'Anneau. Mais la pieuvre revint à la charge et entraîna sa proie au-dessus du lac. Legolas et Melwin encochèrent immédiatement une flèche. Gimli, Boromir et Aragorn s'élancèrent dans l'eau. Gandalf, lui, ne fit que se mettre devant Amanda. La jeune femme se sentit soudainement complètement inutile. Son don ne lui servait à rien tant qu'il n'était pas développé et elle ne savait toujours pas se battre. D'autant plus qu'elle tombait peu à peu malade.

Pendant quelques instants, elle essaya de se concentrer sur sa magie, mais rien ne venait. Les bruits autour d'elle la déconcentraient trop et la peur la laissait sans moyen. Melwin avait raison en disant qu'elle n'était qu'un fardeau de plus. Après quelques minutes de combat, Aragorn réussi à couper le tentacule qui retenait Frodon. Boromir l'attrapa au vol et cria :

-Dans les mines!

À peine étaient-ils tous entrés que la bête détruisait la porte. L'obscurité s'abattit sur eux. Gandalf finit par allumer son bâton. Amanda sentit sa tête tournée légèrement. L'odeur des mines était vraiment dégoûtante. Du coin de l'œil, elle vit les elfes plus tendus.

-Nous n'avons plus le choix désormais, leur dit le magicien. Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria. Soyez sur vos gardes. Il y a des êtres plus anciens et plus répugnants que les orques dans les profondeurs du monde.

Toujours en chuchotant il ajouta :

-Ne faites pas de bruit. Il nous faudra quatre jours de marche pour atteindre l'autre côté. Espérons que notre présence passera inaperçue.

La compagnie prit un certain temps avant d'analyser complètement ce que le magicien avait dit. Ils allaient devoir passer quatre jours complets dans le noir, envahi par des gobelins et des cadavres! Finalement, la traversée de Caradhras leur semblait une superbe promenade. Ils commencèrent à marcher puisqu'ils n'avaient pas vraiment le choix. Le silence pesant qui régnait dans les mines terrifia quelque peu Amanda. Elle commençait à se sentir vraiment mal. Sa grippe la faisait souvent éternuer et tousser ce qui n'était pas très subtile pour chacun. Chaque fois qu'un son était trop fort, Gandalf se tournait vers le coupable et lui lançait un regard noir. La peur du magicien semblait injustifiée, mais Amanda ne voulait pas tellement avoir la preuve du contraire.

La troupe réalisa tout de suite que la jeune femme n'était pas à sa plus grande forme, mais à l'étonnement, de celle-ci, personne n'en fit mention. Elle mit ce nouveau mutisme sur le compte de leur route qui devait être silencieuse. Au bout de trois heures de marche dans les tunnels lugubres et humides, ils firent une halte. Tout le monde était exténué, mais ils ne devaient pas s'attarder. Ils ne firent qu'arrêter pour boire un peu et se reposer quelques minutes. Amanda s'assit sur le sol de pierre et un frisson glacé lui traversa le dos. Elle dévissa le bouchon de sa bouteille et apprécia grandement le liquide clair qui désaltéra sa gorge sèche à force d'avoir tousser. Voyant toujours sa faiblesse, Aragorn vint près d'elle alors qu'elle sentait sa tête s'alourdir de plus en plus.

-Est-ce que ça va, Amanda? Vous semblez éreintée.

Sentant des larmes d'exténuation pointer dans ses yeux, elle décida de reprendre le dessus sur elle-même. Elle se leva avec les quelques forces qui lui restaient et du rester appuyée contre un rocher pour faire arrêter les étoiles de tourner autour de sa tête. Aragorn la regardait toujours sceptiquement et pour le convaincre, elle dit tout bas :

-Je vais bien… c'est juste un coup de fatigue… On devrait continuer d'avancer…

Le rôdeur se leva à son tour, mais par précaution, il resta près d'elle. Elle ressemblait à un fantôme tellement elle était blanche. Gandalf lança un regard à l'homme, mais celui-ci leva les épaules en signe d'impuissance. Ils continuèrent ainsi, perdant la notion du temps. Dans les mines, le jour et la nuit se confondaient. Ils s'arrêtaient lorsqu'ils étaient fatigués, ils mangeaient lorsqu'ils avaient faim. Leur vie était devenue de la survie. Ils ne se parlaient que très rarement.

Amanda, elle, se sentait faiblir à chacun de ses pas. Sa grippe, qui avait semblé bien banale au début, s'était transformée en véritable pneumonie. Sa toux creuse résonnait dans les cavernes vides de la Moria. Arrivée au troisième jour de marche, elle ne réussit pas à se lever. Dans ses couvertures mouillées de sueur, son front était brûlant. Pourtant, de grands frissons parcouraient son dos à chaque respiration. Lorsque les autres virent qu'elle était incapable de se lever, ils ne firent pas de commentaires déplacés, mais tout le monde vit Melwin levé les yeux au ciel en signe de désespoir. Ils étaient tous impatients de quitter les mines le plus vite possible. L'atmosphère pesante qui y régnait était devenue insupportable.

Il fut décider que la jeune femme serait portée. À cette idée, les elfes s'étaient vivement opposés, ce qui leur avait valu les foudres de Gandalf. Le magicien leur avait fait un sermon sur l'entraide dans un groupe et encore plus dans le leur. Il avait qualifié leur comportement d'« enfantillages »! À partir de ce moment, les elfes restèrent tranquillement dans leur coin. C'est Aragorn qui fut le premier à se signaler pour prendre Amanda en charge. Celle-ci reprenait conscience de temps en temps. Quelques fois, elle était assez solide pour marcher de nouveau sur ses pieds, mais parfois, elle était tellement absente que ses yeux restaient ouverts sans qu'elle ne s'en rende compte.

Au quatrième jour, son état sembla se stabiliser sensiblement. La communauté savait que cette périlleuse traversée touchait à sa fin, mais personne ne voyait de sortie, ni de lumière. Le moral descendit d'un cran de plus lorsque Gimli se précipita dans une salle, en pleurs. Alors qu'il s'agenouillait contre un tombeau, Gandalf lu l'inscription qui y était gravé. Apparemment, c'était le cher cousin qui avait été supposé les acceuillir à leur arrivée. Amanda, qui sentait son mal de crâne revenir à toute allure avec l'odeur de décomposition qui régnait dans la pièce, examina les lieux. La salle était assez petite. Autour d'eux était jonché plus de corps qu'à l'ordinaire, d'où la puanteur. Il y avait un puits et, adossé au cercueil de marbre, il y avait un squelette tenant un livre. Le magicien donna son chapeau et son bâton à Pipin et se pencha pour le prendre.

-Il faut avancer, murmura Legolas à Aragorn. Ne pas s'attarder.

-Ils ont pris le pont, commença à lire Gandalf, et la deuxième salle. Nous avons barricadé les portes, mais cela ne les retiendra pas longtemps. Le sol tremble. Les tambours… les tambours viennent des profondeurs. Nous ne pouvons plus sortir. Une ombre s'avance dans le noir. Nous ne pouvons plus sortir. Ils arrivent…

Un lourd silence ponctua les derniers écrits des nains. Amanda s'imagina la terreur qu'avait dû ressentir les habitants des montagnes en sentant leur fin s'approcher et un long frisson parcouru à nouveau son dos. Elle ne savait si c'était dû à sa condition ou bien aux horreurs qu'elle avait entendues. Soudainement, un grand fracas vint troubler le silence des mines. Ce bruit semblait assourdissant comparativement au silence qui les suivait depuis maintenant quatre jours. D'un seul mouvement, tous se tournèrent vers le responsable : Pipin. Le squelette qu'il avait fait tomber dans le puits derrière lui ne cessait de tomber et révélait assez clairement à leurs ennemis que des intrus étaient entrés. Lorsque enfin la chute se termina dans un bruit sourd sous leurs pieds, Gandalf exprima clairement les pensées de tous sur un ton sec :

-Crétin de Touque! Jetez vous dedans la prochaine fois, cela nous débarrassera de votre stupidité!

Et là, des profondeurs, un bruit immobilisa tout le monde. Le son d'un tambour. Puis, des rires et des cris inhumains. Les membres de la Communauté retinrent leur souffle, n'osant imaginer ce que la bourde de Pipin allait leur causer. Boromir fut le premier à réagir. Il retourna près de la porte et s'écarta juste avant de recevoir des flèches tirées par leurs ennemis. Aragorn vint l'aider à barricader l'entrée. L'homme du Gondor murmura :

-Ils ont un troll des cavernes…

Le regard que lui lança le rôdeur ne rassura pas du tout Amanda. Déjà qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme, se battre devenait un véritable suicide. Gandalf l'a mis derrière lui avec les hobbits alors qu'il retirait son épée de son fourreau.

-Quoi qu'il arrive, essayer de toujours rester derrière moi ou avec les hobbits. Vous ne vous battrez que dans le dernier des cas, est-ce bien clair, lui demanda-t-il.

Devant son ton autoritaire qui ne tolérait aucune réplique, la jeune femme ne fit qu'acquiescer, ravalant sa fierté. Tout le monde se mit en position de combat alors que les gobelins essayaient d'enfoncer la porte. Gimli, remit de ses émotions, monta sur la tombe de son cousin.

-Qu'ils approchent, dit-il avec hargne. Il y a encore un nain dans la Moria qui respire!

Amanda sortit sa dague. Ses bras épuisés avaient peine à la tenir droite et ses pieds n'étaient pas en état de l'aider à fuir un quelconque ennemi. Un nœud se forma au creux de son estomac. Alors que les gobelins essayaient d'enfoncer la porte, la peur la paralysa sur place. Son cerveau réfléchissait à toute vitesse pour trouver un moyen de survivre. De toute évidence, ni ses muscles, ni ses dons en magie ne l'aideraient. Ses pensées furent interrompues par l'entrée de leurs ennemis.

Ils étaient des dizaines et des dizaines. Les hommes autour d'elles semblaient se débrouiller pour qu'aucune créature ne les atteignent, elle et les hobbits. Ce plan sembla fonctionner à merveille jusqu'à ce que le troll des montagnes brise la porte d'entrée. L'attention de leurs protecteurs se relâcha pour se concentrer sur le plus grand adversaire. Voyant des gobelins se diriger vers eux, Amanda recula avec les semi-hommes. Lorsque le premier fut à sa hauteur, elle comprit qu'elle n'aurait pas le choix de se battre. À ce moment, son cerveau la lâcha complètement. C'était son instinct seulement qui la guidait. Sans s'en rendre compte, elle lutta contre un gobelin de deux fois sa taille. Elle réussi, avec les quelques bases qu'elle avait pratiquées avec Aragorn, à déstabiliser son adversaire et à lui enfoncer une dague dans la poitrine.

Le sang noir coulait sur ses mains, mais déjà elle devait s'occuper d'un autre monstre. Elle ne sut combien de temps elle combattit. Cela lui sembla une éternité. Bientôt, le groupe que formait les hobbits et elle se dissocia. Au rythme où tout se déroulait, elle sentait ses maigres forces faiblir peu à peu. Alors qu'elle combattait un des derniers survivants de la troupe de gobelins, une migraine lui pris subitement et elle baissa sa garde quelques secondes. Elle eut tout juste le temps de se jeter sur le côté avant que l'arme de son ennemi ne s'abatte sur elle. Elle voulu se relever, mais elle était à moitié consciente de ce qui se passait. À travers les étoiles qui lui passaient devant les yeux, elle vit le gobelin qui la poursuivait recevoir une flèche en plein front. Après quelques secondes, Amanda réussi enfin à se relever avec difficulté et elle s'appuya contre une colonne pour reprendre ses esprits. À présent, il ne restait plus que le troll qui continuait à faire des ravages autour de lui.

Malgré la douleur qu'elle ressentait dans tout son corps, elle ne s'évanouit pas. Ce qui se passait autour d'elle était flou. Elle n'arrivait à distinguer que des ombres. Perdu dans le brouillard, elle entendit Frodon recevoir une lance suivit de cris. Ce retour à la réalité sembla quelque peu dissiper son malaise et elle pu de nouveau bouger ses muscles endoloris. Elle vit le jeune hobbit, couché par terre, la lance en plein cœur. Amanda sentit les larmes lui venir aux yeux. Le porteur de l'Anneau, le pilier de leur quête, était étendu, sans vie, à leurs pieds.

Tout le monde arrêta quelques secondes de combattre sous le choc. Legolas fut le premier à reprendre ses esprits et grimpa sur le dos du troll qui continuait de frapper tout ce qui bougeait. L'elfe encocha deux flèches qui se logèrent directement dans le crâne de la bête. La créature vacilla quelques instants et les derniers gémissements qui sortirent de sa bouche parurent à Amanda bien plus humain que tout ce qu'ils avaient rencontrés jusqu'ici. Le troll s'écroula de tout son long en manquant de peu d'écraser Sam.

La Communauté se retourna immédiatement vers Frodon qui était toujours étendu par terre. Le hobbit n'avait manifesté aucun mouvement de vie. Aragorn arriva près du corps et le retourna sur le dos. La jeune femme s'approcha, s'attendant au pire. Dans un silence de mort, ils espérèrent quelques secondes. Au grand étonnement de tous, Frodon se releva, le souffle coupé, mais toujours en vie. Tous le regardaient, surpris. Lui-même semblait avoir cru pendant quelques instants qu'il était mort.

-Je suis vivant, haleta-t-il en se relevant. Je suis vivant…

-Comment cela se peut-il, demanda Aragorn abasourdi. Cette lance transperce tout sans plier!

Frodon ouvrit sa chemise, dévoilant une cotte de mailles dorées.

-Du mithril, murmura Gimli, impressionné. Ce hobbit est bien plus solide qu'il n'y paraît!

-Pourquoi, demanda Melwin avec arrogance. Parce que cette cotte est de fabrication naine? Les armures des elfes sont beaucoup plus résistantes!

-Bien sur, répondit Amanda sur le même ton que son ennemi. Après ça sera « mon père est plus fort que le tien! »… Et c'est moi qu'on traite comme si j'étais un boulet après!

-Tiens vous êtes toujours en vie vous, lui dit l'elfe avec indifférence comme si son sort l'importait peu.

La jeune femme ne fit qu'un pas vers lui pour le défier, mais Gandalf et Aragorn les arrêtèrent immédiatement avant que la situation ne dégénère.

-Dès que nous arriverons à sortir d'ici, j'aurai une petite conversation avec vous deux, trancha le magicien.

La tension se dispersa, mais Amanda sentait toujours son sang bouillir dans ses veines et sa magie se répandre rapidement dans son corps. Au fond, c'était un exercice vraiment utile pour l'aider à gérer ses pouvoirs. Elle était toujours aussi impulsive, mais ce n'était pas suffisant pour qu'elle puisse s'en servir dans un combat. Ce qu'elle pouvait haïr cet elfe de malheur! À son plus grand étonnement, Legolas n'avait rien dit ni rien fait pour appuyer son coéquipier. Mais il n'avait rien fait non plus pour l'aider elle, ce qui le laissait au même point que Melwin dans son estime.

Amanda réalisa qu'ils étaient toujours dans les mines et qu'il devenait assez impératif de trouver une sortie. Un long frisson froid lui traversa la nuque, mais elle l'ignora délibérément. La fatigue due à la bataille revint à la charge. La jeune femme ne se sentait vraiment pas bien. La nausée l'a gagna. L'odeur autour d'eux, le sang sur ses mains et les gobelins fraîchement tués, éparpillés ça et là eurent raison de son estomac déjà fragile. À l'écart des autres, elle vomit tout ce qu'elle devait avoir avaler depuis les deux derniers jours. Gandalf vint lui donner un linge et une gourde d'eau pour se rafraîchir et reparti à l'avant du groupe avec un sourire compatissant.

-Ne vous en faite pas, lui murmura Boromir. Ce sont des choses qui arrivent quand on tue pour la première fois…

Après s'être nettoyée un peu – sous le regard mesquin de Melwin- Amanda rejoignit le reste de la bande qui commençait lentement à s'éloigner. Gimli, non sans un dernier regard à la tombe de son cousin, les entraîna dans le grand hall où ils se trouvaient un peu plus tôt. Alors qu'ils marchaient vers le mur face à eux, Amanda se sentait toujours nauséeuse. Soudainement, ses pieds se dérobèrent sous son poids. Des points noirs dansaient dans ses yeux et elle n'eut même pas le temps d'avertir quelqu'un qu'elle s'écroulait par terre.

Elle n'était pas totalement inconsciente, mais elle n'avait plus aucun contrôle sur son corps. Elle souhaita de toutes ses forces pouvoir se relever, mais son orgueil ignorait les cris de détresse de son corps. Elle entendit les membres de la Communauté se rapprocher. Une main apaisante se posa sur son front.

-Elle est brûlante de fièvre, dit la voix d'Aragorn.

-Est-ce qu'elle peut marcher, demanda Gimli.

-Est-ce qu'elle a l'air d'être en état de marcher, rétorqua Legolas méchamment au nain.

-Quelqu'un va devoir la porter, annonça Gandalf en se tournant vers les hommes qui n'avaient esquisser aucun mouvement. Messieurs?

-Pas question que je la traîne, répondit Melwin avec véhémence. Je l'avais dit que c'était une erreur de l'emmener avec nous! Trop faible pour supporter un petit voyage!

-Je vais le faire, dit la voix de Boromir.

Amanda sentit un bras sous ses genoux et un autre dans son dos. Boromir la calla doucement au creux de ses bras en évitant les mouvements brusques. La jeune femme se sentit gênée d'une telle proximité, mais elle était beaucoup trop fatiguée pour pouvoir protester d'aucune façon.

À l'instant où ils reprenaient leur marche, elle entendit des cris de gobelins. Prise de panique, elle se mit à trembler sans s'en rendre compte. Ses sens prenaient complètement le dessus sur sa raison. Elle ne voyait rien… elle ne faisait qu'entendre et sentir. Alors qu'elle se préparait au pire, elle entendit une multitude de bruits.

Des rires brutaux.

Des couinements sonores.

L'entrechoquement des armes et des boucliers.

Amanda sentit une odeur encore plus nauséabonde autour de la troupe qui semblait se regrouper en cercle, les uns contre les autres. Alors qu'elle sentait le cœur de Boromir s'emballer sous sa tunique et sa côte de mailles, elle entendit un bruit sourd.

Un bruit de pas.

Un pas de géant.

Autour d'eux, la jeune femme sentit que les gobelins s'enfuyaient en entendant les sons sourds qui ne présageaient rien de bons. Derrière elle, Gimli semblait croire que la fuite des gobelins était son exploit personnel en leur lançant des railleries. Mais toujours au loin, les mêmes bruits de pas se faisaient entendre et la joie du nain retomba quelque peu.

-Quelle est donc cette magie, demanda Boromir avec une voix moins assurée qu'à son habitude.

-Un balrog, souffla Gandalf. C'est est un adversaire plus coriace que vous. Les armes ne vous serviront à rien… Courrez!

Amanda sentit avec dégoût son estomac se serrer encore plus alors qu'elle était brassée dans tous les sens pas la course effrénée que faisait toute la communauté. Ses pieds douloureux furent accrochés contre la pierre des murs et elle poussa un cri de souffrance. Elle ne savait pas combien de temps cela avait duré, perdant conscience à plusieurs reprises dans les bras de son porteur. Elle essayait d'ouvrir vainement les yeux chaque fois qu'elle sentait le néant la rattraper, mais c'était peine perdue. Dans un ultime effort, elle discerna une grande silhouette face à une bête de feu.

Amanda finit par s'abandonner aux appels incessants de son corps vers un monde d'ombre.

Voilà voilà!

J'espère que vous avez aimé! Laissez des reviews!

La suite pour… ben… heu… en fait, la suite viendra quand elle viendra (je sais, c'est très précis comme moment! )

Alors, disons dans un petit moment… (Je sais, toujours de plus en plus précis!)

Mais si je vous dit une date précise, je ne serai pas capable de la respecter alors mieux vaut ne pas vous faire attendre impatiemment et vous décevoir le moment venu!

Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai commencé le chapitre 6 et qu'il est pas mal tout construit dans ma tête… Mais bon, ce qu'il y a au départ dans ma tête et ce qui se retrouve sur papier, c'est parfois deux choses totalement différentes!

Bref, à dans un petit bout…

Et reviews s'il vous plait!!!