Disclaimer : toujours rien à moi sauf...
Merci à ma bêta Evalyre, parfaitement parfaite.
Avertissement = passage NC17 !
"Jack ferma les yeux, il avait compris que cet homme allait le posséder. Ici même. Dans son bureau. Debout, et, sentant les lèvres d'Alec sur les siennes, il accepta son sort, à sa grande surprise."
Que la situation me plait. A mon entier avantage. Dépassant les scénarii les plus improbables que j'ai pu échafauder jusque là en vue d'un seul et ardent dessein : posséder Jack Harkness, par tous les moyens. Le faire fléchir sous la force de mon désir. Le faire mien. Le soumettre à mes pulsions dominatrices. Ou simplement charnelles. Mes pulsions dévoreuses, quoi. Avoir son corps parfait à ma merci. L'expédier au nirvana. L'asservir par mes élans anarchiques de passion. Oh oui, c'était à moi de jouer mon va-tout. C'était à moi de crier ma convoitise sexuelle. Et j'ai du coffre, croyez-moi !
Je lis le consentement dans ses beaux yeux tristes. Plus parlants que le pire des longs discours rébarbatifs. M'implorant de lui venir en aide. M'invitant à le découvrir dans l'intimité.
C'est un spectacle saisissant. Le fier chevalier déchu de son piédestal. Confronté à ses failles. Croulant sous les doutes. Seul. Perdu. Impuissant.
Je m'approche de lui sans dire un mot, le plaquant contre le mur. Doucement. Il recule, docile. Le regard sur moi. Le corps étrangement lâche. Mon visage effleure le sien. Instinctivement, mes doigts frôlent ses lèvres qui tremblent et s'ouvrent en un soupir las. Enhardi de mes espérances, le coeur en liesse et le corps transi, je l'embrasse tendrement. Le zénith de l'instant irradie mon for quand il répond à mon baiser. Je sens sa langue contre ma langue. Ses lèvres appuyées contre mes lèvres. Son corps contre mon corps se lâche complètement. Je prolonge notre premier véritable baiser, à la caresse d'un velours unique. Au parfum sauvage. A la sensualité immédiate qui emprisonne tout mon être.
J'épie parfois sa réaction. Jack ferme les yeux mais il m'ouvre son âme. Avec délice et vigueur. Le fier chevalier semble redorer son armure de chair qui pousse à l'amour.
Pourvu que cet homme ne se réveille pas trop vite. Pourvu qu'il s'offre à ma faim avant de changer d'avis. Qu'il me laisse le faire jouir avant que son maudit larbin ne nous surprenne en traître.
Je suis un homme pressé. Qui sait combien de temps nous reste-t-il à partager? A contrecoeur, mes lèvres amoureuses quittent les siennes pour goûter le grain de sa peau hâlée et chaude. Je le couvre de baisers goulus. Sur la joue. Au creux de son oreille. Dans son cou offert.
Je salive déjà à la pensée de toute l'étendue de ce corps qui n'attend que mes baisers. Toute l'étendue de ce corps qui doucement se détend à mon contact brûlant. Aucune parcelle de peau n'allait échapper à ma bouche vorace. Il ne dit toujours rien. Il ne me touche pas non plus mais je sens ses muscles s'assouplir et sa virilité s'éveiller. Mes mains agrippées à ses hanches sont prises de frénésie. Elles remontent sur ses reins puis sur son torse qui se soulève sous l'impulsion de souffles légers et irréguliers. Assiégée de désir, une de mes mains court sur sa nuque et le griffe délicatement. Jack respire un peu plus fort.
Je fais glisser ses bretelles et déboutonne sa chemise, toujours occupé à l'embrasser partout. Je passe mes mains sous le tee-shirt immaculé et fais courir mes doigts sur son dos ferme et chaud. Ses muscles répondent à mes caresses timides, sa respiration devient tranquille. Il a toujours les yeux fermés. Son visage me semble apaisé, si ce n'est un vilain serrement de mâchoire auquel je remédie en l'embrassant à pleine bouche. Je sens alors son regard sur moi. Sans cesser le baiser, j'ouvre les yeux. J'avais raison. Il me regarde. Son corps s'est littéralement collé au mien et je jure que jamais de ma petite vie je ne me suis senti aussi désirable. Aussi vivant. D'une seule main leste, il défait ma cravate. Des années de pratique derrière ce geste adroit. De l'autre il ouvre ma chemise sans arracher le moindre bouton. Son désir contre le mien scelle notre échange.
Mais quand nos lèvres se désunissent, il a la réaction que je redoutais tant.. Il desserre son étreinte et me fixe, incertain.
- Vous êtes sûr que c'est ce que vous voulez Alec? Me chuchote-t-il.
Je lui réponds que son hésitation est vexante et que nous voulons tous les deux aller plus loin. J'en profite pour déboucler sa ceinture. Il rechigne à continuer ici, à Torchwood, me proposant de finir ce que nous avons à faire à mon hôtel. Quelle niaiserie! Je me fiche de ses états d'âme concernant Ianto Jones. Mon corps était allumé et une balade à l'air frais n'y changerait rien. Je décline son offre.
- C'est maintenant ou jamais, Jack.
Je n'attends pas son aval. Il cède à mes assauts.
- Alors c'est tout de suite…
Les seules paroles qui sortirent de sa bouche. Il soupire et me laisse le champ libre. Il ferme à nouveau les yeux et relève la tête. Ses mains sur mes hanches, il est bien. Si beau. En confiance. Je lui caresse l'entrejambe en le couvant du regard. Il y a quelque chose de grisant à contempler sans être vu le visage de quelqu'un qui subit vos actes de plaisir. C'est avec délectation que je le vois réagir à mes attouchements. Il souffle et grimace, comiquement. Il se cogne la tête contre le mur pour réprimer un râle de jouissance. J'ignore ce que sont les rapports entre hommes. Cette notion galvaudée de domination/soumission. Mais ce signe avant-coureur me pousse à l'invraisemblable. L'envie, que dis-je, l'urgence viscérale, vitale, épidermique de le posséder me secoue de la tête aux pieds. Je le débarrasse de son tee-shirt, et admire sans vergogne sa poitrine imberbe. Spontanément, je lui suce le téton droit, et lui câline le gauche avec les doigts. Les femmes adorent ça. Certains hommes aussi. Ma théorie se vérifie. Il approuve mon initiative en posant une main à la poigne terrible sur ma nuque, me collant littéralement le visage contre son sein. Mes mains demandent leur part de plaisir. Il n'ouvre même pas les yeux lorsque je déboutonne son pantalon et baisse son boxer noir, révélant une érection fière et flatteuse. Je prends ses mains et les pose sur ma ceinture. Il ouvre finalement ces beaux yeux qu'il baisse sur nos mains réunies et délivre mon sexe bandé. Nos regards se croisent. Il m'adresse un semblant de sourire que j'interprète parfaitement. Il me caresse faiblement. Le visage austère, soucieux, mais ses lèvres quémandent un nouveau baiser. Excité, anxieux de la suite des préliminaires, dubitatif, j'étais cependant en terrain de conquête de ce beau héros triste.
L'éclat de ma flamme consolerait son vague à l'âme.
Je vais lui faire l'amour. Je vais le prendre. Assumé jusqu'au bout de mes émois intimes qui n'ont jamais fantasmé sur le corps d'un homme, je vais attenter à la dignité d'un homme dont le corps se prépare au mien. Et je suis certain de le satisfaire pleinement. Tout vierge d'homme que je suis, je n'ai nul besoin de GPS. Je sais exactement ce que je dois faire. Ce que je veux faire.
Il lâche mon membre frustré. Et noie ses yeux dans les miens, attendant que je lui vienne en aide.
Je pose une main ferme sur son épaule. Il se retourne, le nez face au mur. Condamné à me subir. Je passe ma jambe entre ses cuisses. Il les écarte. Il plaque ses mains contre le mur et m'attend. Je fléchis légèrement les jambes. Il est à peine un peu plus grand que moi. Je réfléchis vite. Mais il me devance et se redresse sensiblement. Mon sexe entre ses cuisses, je m'approche, fébrile. Je suis alors frappé de génie pratique ! Je lui retire complètement pantalon et boxer et passe un bras autour de son cou. Je soulève sa jambe droite et me voilà face à un terrain déblayé et accessible. Voyant que je ne m'étais pas encore engagé, il se cambre en avant, prenant appui avec sa main sur l'étagère en bois. Je me colle contre son corps penché et dédié à ma modeste personne. Même dans cette attitude de soumission, il me submerge. Son superbe corps se raidit comme une partie de mon corps qui pulse douloureusement et n'ose le toucher...
Je sais exactement quoi faire, c'est un fait, mais j'ai besoin d'un peu de préparation.
D'un coup de rein torride, il m'enjoint à accélérer la chose et baisse sa main pour saisir mon sexe. Je lui rends sa main, lui colle le front contre le mur et fais descendre ma main dans son dos. Le long des reins jusqu'à son anus que je me mets à caresser. Je regarde les gestes audacieux que je fais. D'une main, je maintiens sa jambe levée. De l'autre, je caresse discrètement son intimité !
Je passe la longueur de mon index entre ses belles fesses rebondies et imberbes, deux fois, et je comprends pourquoi beaucoup considèrent cette zone comme essentiellement érogène. La position d'abandon de Jack à ma caresse manque de me faire éjaculer. Non, surtout pas !
Il fait rouler son dos, comme le serpent sorcier qu'il est. Ou, s'il on veut une comparaison moins sensuelle, il me présente son séant pour la saillie.
L'image du reptile tentateur colle mieux à ma rétine, aujourd'hui encore.
Je le pénètre un peu durement. Il étouffe un cri. Je n'en ai que faire, ça m'excite plus encore. J'enfonce la moitié de mon membre, et me crispe à l'idée de ne pas pouvoir aller au-delà ! Je redescends lentement pour prendre plus de marge mais je n'ai pas pensé à prendre appui avec mes jambes, comme lui l'a si bien fait. Je me sens partir en arrière et nous manquons de tomber tous les deux à la renverse. Je lâche sa jambe et il lâche son étagère pour me retenir in extremis, en passant un bras dans mon dos.
Je veux rire. Je rougis. Je veux lui dire quelque chose. Il me sourit. Et se pince la lèvre. J'ignore ce que je dois déduire de ce geste inconscient mais rudement sexy. Le sexe, c'est tout ce qu'il suscite en moi en cet instant. Ma main cogne contre l'angle de la table, tandis que nous nous regardons en silence. Je le saisis par la taille et l'entraîne vers le bureau. Je l'oblige à se pencher. Il s'exécute sans broncher. Je passe ma cuisse entre les siennes. Et j'admire pour la première fois son cul parfait et aussi provoquant que celui d'une femme. Ce terrain nouveau pour moi, j'avoue, semble regorger de propriétés érotiques indéniables. Jack exhibe pour moi son intimité glabre. L'arrogance de ses courbes parfaites a cet attrait presque féminin qui ne me surprend pas. Et qui décuple ma ferveur sexuelle. Je recommence mes attouchements. Je le caresse avec mon doigt, remontant doucement la base de ses testicules jusqu'à son anus. Jack grogne. J'ajoute au passage discret, mais remarqué, de mon index, celui plus intrusif de mon pouce. Si je n'avais pas calmé mes ardeurs, c'est tout mon corps que j'aurais eu envie de glisser dans cet antre chaud et excitant. Dieu du ciel ! Le petit cri de Jack quand il sent mon pouce taquin. Fait-il semblant de réagir aussi adorablement? Sûrement pas car, tout en gardant son intimité prête à me recevoir, il se redresse légèrement. Son dos magnifique presque droit. Je ne sais plus quoi faire. Que veut-il me dire?
J'arrête de me torturer l'esprit quand il saisit ma main baladeuse pour la poser sur son bas-ventre. Il me fait comprendre qu'il est prêt pour un assaut plus franc. Une chance que je le suis aussi. Mon être tout entier l'est. Mon sexe palpitant entre ses fesses, je ferme les yeux. Allez savoir pourquoi. Il se penche à nouveau et j'attends, atrocement, qu'il se soit bien installé pour le contenter.
Je pénètre en lui, cette fois-ci avec un maximum de douceur. Il se cramponne au bureau. Je n'ose pas lui demander s'il a eu mal. Sans doute. Le passage est étroit, horriblement infranchissable, me redis-je, dévasté. Mais à mon grand soulagement, il approfondit mon entrée en appuyant ses fesses rondes contre moi. Je suis le mouvement de son bassin en admirant le galbe de son dos, dont les soulèvements sinueux me sidèrent. Un dos magnifique. Exceptionnellement charpenté et sensuel. La nature a pensé à tout. Petit à petit, je m'enfonce en lui, comme un doigt dans du beurre fondu. Je sais, l'image n'est pas bienheureuse, mais au diable la poésie!
Je le maîtrise, et cela me fait un bien fou.
Il rejette la tête en arrière et je me nourris de ses gémissements rauques et rapides. Moi, Alec McNeil, je suis en train de forniquer avec un homme. Ma main droite sur son ventre descend pour atteindre la hampe lourde de Jack qui heurte le bord du bureau. Jack refuse. Il secoue rageusement la tête pour toute explication.
Je comprends. Jack veut être pris, possédé, contenu, maîtrisé. Il ne veut pas être manipulé, taquiné ni même soulagé. Il s'emmurait en moi comme une proie aux abois s'emprisonnait dans la mort et la solitude. Provoquer la douleur plutôt que de se sentir mourir. Se détacher des obligations bassement humaines. Jouir d'une étreinte bestiale et dépourvue de justification.
Je pénètre en lui davantage, avec la brutalité d'un taureau. Sa tête se baisse puis se relève violemment. Ses épaules ondulent sous chacun de mes coups. Je promène ma main éconduite sur son échine, de bas en haut, jusqu'à la nuque, que je malaxe sauvagement. Ma main finit sa course frénétique dans ses cheveux moites. Je plante mes doigts dans la broussaille sombre et je la tire en arrière. Un sifflement s'échappe de ses dents serrées. Je tire encore plus fort. Un énième coup de rein dans son siège le force à baisser la tête brutalement, laissant ma main orpheline. Je la fais alors glisser à nouveau sur son dos frémissant, qui se tord de plus en plus, de bas en haut, dans une danse lascive qui achève mon ébranlement physique.
Je suis le meneur. Une fois lancé, je suis implacable. Son bassin consent à suivre le rythme de mes coups et si je ne vois pas son visage transformé par la jouissance, je me contente largement de son dos tortueux et magnifique.
Je me répète, je sais.
Ce dos ne pourrait jamais être laid. Contrairement à un visage qui peut perdre énormément en séduction quand il est déformé par le plaisir. Ou par n'importe quel autre sentiment exacerbé. La colère, la haine, la peur etc…Même celui de Jack Harkness. J'en étais persuadé. L'avenir allait me contredire, mais c'est une autre histoire.
Son dos magnifique tente de garder un minimum de stabilité. Ses fesses charnues se frottent à mon aisne. Sa tête de chiffon se balance à chacune de mes bourrades. Et des sons sourds étranglent son joli cou.
Je le maîtrise, et cela nous fait un bien fou.
C'est trop beau. Trop fort. Trop érotique. Je me sens venir et prie pour que les spasmes de son corps nu témoignent de son imminente extase. Je ne veux pas jouir avant de l'avoir comblé. Fallait croire que l'amour m'octroyait des dons : il émet un son guttural. Diablement éloquent. Il vient d'atteindre l'orgasme. Son corps se trémousse délicieusement puis se calme. Je le vois attraper une liasse de mouchoirs en papier de la main gauche. Puis il m'attend, patiemment. Pas longtemps.
Mes râles remplacent les siens. Je me déverse en lui, dans un état second. Les jambes coupées. Après mon voyage dans la béatitude, je m'effondre sur lui, me rattrapant de justesse au bureau. Ma main droite vient par hasard recouvrir son poing fermé. Il retrouve une respiration calme et garde un moment la tête baissée. Je dépose un baiser sur son épaule en sueur .
Il s'essuie. Poliment, je détourne les yeux en piochant un mouchoir ou deux destinés au même usage.
Jack se redresse. Je le regarde. Il remonte son pantalon. Je boucle ma ceinture sans le quitter des yeux. Quand il s'aperçoit que sa présence me ravit encore, il remet son tee-shirt en me fixant puis il s'approche de moi et, toujours souriant, il m'embrasse chastement. Du bout des lèvres. Il veut reboutonner ma chemise mais je l'en empêche, d'un geste délicat.
D'un regard il me fait signe de le suivre. Réticent, je quitte le bureau et emboîte le pas à l'homme que je viens d'adorer, corps et âme.
Je croyais être arrivé au bout de ma nuit. Mais non. Ce qui se passa ensuite est encore plus intense. Parfaitement. C'était ma destinée. Ce fier chevalier avait des tonnes de trésors à me léguer. Je suis si riche aujourd'hui. Riche du meilleur que Jack Harkness avait gardé en lui pendant toutes ses vies. Je suis du genre insatiable. Je voulais tout de lui. Absolument tout. Et j'étais sur le point de l'obtenir.
Maintenant je peux le dire sans détour. Jack Harkness a un corps admirable. Mais son cœur l'est tout autant. Un chef d'œuvre d'esthétisme et d'hédonisme.
A suivre dans le calme hein?
