Hey !
Je m'excuse du retard de publication, surtout vu la longueur du chapitre qui est très peu satisfaisante (c'est tellement court que ça en devient indécent !). Bon j'ai été prise par l'autre fic que j'ai commencé à écrire et du coup celle là à été reléguée au deuxième plan. Et en plus ce chapitre n'est pas corrigé, donc ne m'en voulez pas si vous trouvez quelques petites fautes =)
J'ai sur mon ordi encore trois chapitres d'avance et sur papier encore cinq de plus environ, mais plus j'avance et plus je trouve que cette fic manque cruellement d'originalité (non mais quelle idée de commencer direct par une fic longue ^^). Ce n'est pas la peine de démentir ou de me couvrir de compliments flatteurs, quelque soit votre avis je posterai la suite. Alors ce qui m'apporterait énormément, c'est que vous me donniez des façon de m'améliorer (ça ne vous empêche pas de pointer les points positifs aussi, hein ! N'allez surtout pas croire que je suis en train de descendre ma fic, je suis juste réaliste). =D
Sur ces mots (trop nombreux), bonne lecture !
EDIT 27/11/2012 :Chapitre réécrit. Tout le passage de la fin (PdV de Remus) à été rajouté. :)
Chapitre 6
- Pourquoi prétendre que tu étais chez ta mère, il y a trois semaines ?
- C'était le cas ! s'exclama-t-il, surpris.
Mensonge ! Mensonge ! Mensonge ! Mon radar hurlait dans ma tête. Pas au sens propre, bien sûr, mais presque. Tout en moi me poussai à ne pas croire ses derniers mots. C'était comme un instinct, plus fort que moi.
J'observai Lupin plus attentivement : air étonné, ses yeux dorés un peu agrandis, son front légèrement plissé, intonations parfaites. Sans mes petites capacités, il m'aurait eu sans la moindre hésitation : pas une seule seconde je ne l'aurais soupçonné ! J'étais scotchée. Et admirative.
Sauf que pour l'instant, il ne savait pas que je l'avais démasqué, et ça me donnait un petit avantage.
- Wahou, ne pus-je tout de même m'empêcher de chuchoter pour moi-même après un moment de silence.
- Qu'est ce qu'il y a ? demanda-t-il en penchant la tête sur le côté.
Je continuai à l'observer, laissant le silence se prolonger. L'inclinaison de la tête, pile assez pour que ça paraisse naturel, mais pas trop non plus. J'en avais entendu des gens mentir, mais jamais aussi bien.
Mais maintenant j'en voulais plus : j'étais tout à coup curieuse de voir jusqu'où il pouvait aller dans cette direction, de savoir à quel point il était prêt à nier, à s'enfoncer dans son mensonge. Et puis c'était aussi le meilleur moyen que j'avais pour en apprendre plus : insister.
Et quand bien même j'aurais voulu faire semblant de le croire, j'aurais eu du mal à y réussir sans mentir.
- Je ne te crois pas, lâchai-je donc.
Il haussa les épaules d'un air détaché, avec juste ce qu'il fallait d'exaspération pour légèrement plisser son front.
- Tu as tord. Je n'ai pas de raison de te mentir, et encore moins envie de le faire. Je ne comprends pas très bien ce qui te fait dire ça.
À d'autres. Intérieurement, je jubilai. Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas tant amusée.
- Je sais que tu étais là, insistai-je.
- Pas du tout. Tu sais ma mère est malade, il faut que je la voie.
Et un de plus, une mensonge de plus ! Là il les enchaînait. Déjà que j'étais curieuse de nature, maintenant je débordais de questions.
- Pourtant tu étais à l'infirmerie ce matin-là, lâchai-je en souriant, sûre de le coincer.
- Tu as dû te tromper. Demande à Madame Pomfresh si tu ne me crois pas, ajouta-t-il en voyant mon air suspicieux.
Mensonge. L'innocence incarnée, ce garçon. Il n'avait pas spécialement content que je m'intéresse de si près à ce détail. En tout cas, s'il voulait que je me désintéresse de son cas, il aurait mieux fait de me dire la vérité dès le départ : son obstination ne me faisait m'interroger qu'un peu plus. Ce qu'il cachait, il le cachait bien. Trop bien. D'autant plus que je n'avais pas la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir. Quelque chose de honteux ? Qui aurait nui à sa réputation ? Quelque chose de trop personnel ? Cela dit, il ne fallait pas oublier que c'était quelque chose d'assez important pour que Pomfresh serve de couverture.
- Mais pourquoi toutes ces questions? reprit-il, toujours l'air de rien.
- Et bien, j'ai entendu Pomfresh te parler le mardi matin, à l'infirmerie. Alors je me disais que ce que tu cachais devait être de taille pour que même l'infirmière soit dans le coup et que tu nies autant. Mais je dois avouer que je suis impressionnée, tu joues la comédie à mervei—
Je m'interrompis brusquement. Non, je ne pouvais pas avoir dit tout ça ! Je savais par expérience que les gens n'aimaient pas particulièrement qu'on les confrontent à leur mensonges. Là, j'étais bonne pour un assassinat, et pas la peine de préciser dans quel rôle.
Mais il restait désespérément immobile, plus pâle que jamais — et pourtant, pâle, je l'avais vu bien des fois. Comme il ne bougeait toujours pas je m'approchai de lui. J'avais l'air d'avoir fait des dégâts, et j'avais intérêt à les réparer maintenant.
- Euh... ça va ? Demandai-je.
Je levai ma main vers son épaule mais la laissai retomber aussitôt, mal à l'aise. Il ne répondit pas, me regardant comme si j'étais possédée. Génial. Je le fixai en retour, cherchant à déterminer s'il était furieux, choqué ou je ne sais quoi encore.
- Lupin ?
Je n'allais quand même pas être obligée de le secouer ? Il avait pourtant l'air de l'être déjà assez, secoué. Je pris conscience que j'étais vraiment proche de lui. Plus que je ne l'avais jamais été d'aucun garçon. Je rougis brusquement, ce qui ne m'empêcha pas de détailler plus attentivement ses mèches dorées et son visage parfait. Non, non, non ! Il était loin d'être parfait, me serinai-je. Beau peut-être, mais rien d'exceptionnel. Comparé à Potter ou à Black, il n'avait que peu de succès auprès de la gente féminine. Je me surpris à m'en étonner. Satanées hormones ! Je n'étais jamais sortie avec personne – il aurait déjà fallu que je commence par avoir des amis – et elles se faisaient parfois ressentir un peu inopportunément. Je rougis de plus belle.
- Dis quelque chose ou je t'emmène à l'infirmerie ! ordonnai-je, ignorant mes joues brulantes.
Je ne plaisantai pas – en même temps c'est dur quand on ne peut dire que ce qu'on pense –, j'étais prête à l'y trainer de force. Il pesait peut-être plus lourd que moi, mais j'avais quelques sorts dans mon sac. Bon, lui aussi, mais vu son état, je doutai qu'il s'en serve. Heureusement, il m'épargna cette peine :
- Tu es diabolique ! lâcha-t-il si bas que je l'entendis à peine, et il sortit avant que je n'ai rien pu faire pour le retenir.
Le retenir ? Pourquoi faire ? Même Alice, qui devait être la plus persévérante et le plus gentille avec moi, je n'avais jamais essayé de la retenir. Alors pourquoi m'étais-je sentie déçue qu'il s'en aille, et pire : presque blessée par ses mots ? Après ce que je lui avais balancé en pleine figure, c'était même plutôt normal, non ?
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Les jours suivants, je me surpris à guetter des signes de Lupin, des signes me montrant qu'il me pardonnerait. Mais rien. Bizarrement, le fait qu'il m'en veuille me contraria beaucoup. Je n'avais pourtant jamais été proche de lui ou quoi que ce soit, donc en quelque sorte il agissait comme tous les jours, en m'ignorant. Et ce n'était pourtant pas le premier ni le dernier, mais je ne cessais d'y penser, alternant phases de désespoir, d'indifférence, ou de colère. Colère après lui, après moi, après le monde entier ; colère qui, heureusement, repartait aussi vite qu'elle m'était venue. Trois jours plus tard, j'en vins même à rêver qu'il se moquait de moi devant toute la grande salle, alors que je m'étouffai avec ma purée, recroquevillée sur mon banc face à lui, debout et immense. Cauchemar tout à fait irréaliste, d'une part parce que je ne prenais jamais mes repas dans la grande salle, et d'autre part parce que ce rire résonnant de cruauté ne lui correspondait pas du tout. Sans oublier que je n'avais pas très bien compris pourquoi tout les gens qui m'entouraient s'étaient ensuite mis à me proposer du jus de citrouille.
Mais qu'est ce que j'avais bon sang ? Depuis quand ça me travaillait autant ? D'accord je n'avais pas d'autre évènement à me mettre sous la dent, mais tout de même !
Et ce n'était pas tout : moins souvent mais plus perturbant, me revenait aussi la façon dont je m'étais approchée de lui, ce jour là, dans la salle de classe vide. C'était une distance tout à fait respectable qui n'aurait fait rougir aucune fille de mon âge, mais je n'étais pas comme la plupart des « filles de mon âge » : ma vie amoureuse se résumait à… rien. Et je ne pouvais pas oublier que Lupin était un garçon avant tout, puis, accessoirement, un maraudeur. Plusieurs fois durant ces quelques jours à le guetter, je maudis mes hormones, qu'un simple souvenir un peu trop vivace suffisait à réveiller.
Remus n'était pas vraiment rassuré. Elle lui avait même fait une belle frayeur. Elle savait trop de choses, beaucoup trop. Et pourtant il ne pouvait rien faire, seulement espérer qu'elle ne chercherait pas à en savoir plus.
Il n'arrivait pas à comprendre comment elle avait fait pour savoir. Certes, elle avait pu l'entendre à l'infirmerie, mais son argumentation aurait suffit à convaincre n'importe qui, non ? Il ne voyait pas ce qu'il avait dit qui puisse lui donner tant de soupçons. Et elle semblait si convaincue ! Il faudrait qu'il la surveille à l'avenir, discrètement : il ne voulait pas que ses amis soient au courant et craignait qu'ils en profitent pour en faire un peu plus leur victime.
Remus n'avait jamais pensé jusque là que Tina Sanders puisse être blessée par leurs remarques ou leur blagues. Elle ne disait jamais rien, ne se défendait pas, restait impassible. Jusqu'à ce vendredi-là, hier, il avait toujours cru que tout lui était indifférent. Cette fille qui faisait un peu peur et qui restait dans son coin, et qui n'avait rien à faire du reste du monde : combien de fois n'avait-il pas entendu ses amis se défier de la faire réagir ?
Mais lorsqu'il avait assisté à la scène de la veille, il avait eu un choc. Voir ses yeux embués, la souffrance qu'on pouvait y lire, il s'était senti mal. Coupable. Et pourtant il n'avait rien fait pour les empêcher de continuer, il n'avait rien dit. C'était loin d'être la première fois qu'il se disait qu'il aurait dû empêcher ses amis de faire du mal aux gens. Il se répétait qu'eux ne faisait que s'amuser, mais cette fois, ça ne marchait pas. Tina Sanders souffrait-elle autant chaque fois qu'ils la provoquaient ?
Il ne savait pas quoi en penser. S'il était venu lui rendre son livre, c'était certes pour s'excuser – ça ne remplaçait pas des reproches à ses amis, mais c'était mieux que rien, se disait-il pour apaiser sa conscience – mais aussi parce qu'il avait envie d'en savoir plus.
Et en effet, il savait maintenant. Qu'elle souffrait, qu'elle aussi se considérait comme « spéciale », mais aussi qu'elle semblait curieuse, trop curieuse. Il avait beau essayer de ne plus penser aux soupçons qu'elle nourrissait, il y revenait constamment. Bien qu'il ne veuille pas se l'avouer, il continuait à avoir peur. Il ne se rappelait que trop bien des rumeurs qui avaient circulé à son sujet trois ans plus tôt, et ajouté à tout ce qu'elle semblait déjà savoir, c'était inquiétant. Le seul espoir du jeune homme était qu'en prenant soin de rester aussi loin d'elle qu'il l'avait toujours été, elle n'en apprenne pas plus sur lui et ce qu'il cachait.
Son quotidien repris son cours, tranquillement, sans qu'il ne se doute de la suite des évènements.
