Sirius ne savait pas encore comment il allait s'y prendre pour faire ce qu'il avait en tête : il était trop euphorique pour réfléchir un temps soit peu. Son visage rayonnait, ses yeux pétillaient et son cœur battait en un rythme de claquettes. Ce n'est pourtant pas cette bonne humeur qui allait calmer les chuchotements de ses camarades. Il se força à se calmer et partit manger.

Il sortit de la salle le premier et se percha sur les marches menant aux étages supérieurs, seul accès aux salles communes de Gryffondor et Serdaigle. Si les autres partaient, il ne pourrait rien y faire, mais ce qui lui importait le plus c'était que Remus, James et Peter entendent… et Lily aussi d'ailleurs ! Il attendit là, bloquant le passage aux élèves voulant partir. Le flot des autres élèves arriva et il trouva ceux qu'il voulait dans la foule, les sourcils froncés. Sirius pointa sa baguette sur sa gorge et prononça le sort de Sonorus.

- Je ne vais pas vous retenir longtemps je vous le promets !

Sa voix résonnait dans le Hall et faisait taire les derniers qui bavardaient. Ils étaient tellement curieux qu'ils se taisaient pour l'entendre. Les Serpentard et les Poufssouffle qui voulaient partir étaient bloqués par la masse et râlaient d'avoir froid et d'avoir mal aux pieds. Sirius sourit.

- Certaines rumeurs courent à mon sujet depuis plus d'un moi : elles sont fausses. Non, je n'ai jamais partagé le même lit que Drew, je n'ai jamais mis les pieds dans d'autres salles communes que la mienne et d'ailleurs, je n'ai jamais couché avec personne.

Les bavardages reprirent, certains rigolaient, d'autres le regardaient comme un alien venu de l'espace.

- ET pour couronner le tout, je ne suis PAS gay ! Je n'aime pas les hommes.

Son regard fixait Remus qui fit demi-tour et commençait à se frayer un chemin jusqu'à la porte. Sirius espérait que Lily avait raison et il se mordilla la lèvre.

- Non, je n'aime pas tous les hommes, je n'en aime qu'un.

Un cri de surprise traversa toutes les bouches, tantôt choqué, tantôt incompréhensif. Mais le plus important pour Sirius, c'est que Remus ne se battait plus des coudes pour sortir. Certes, il ne s'était pas retourné, mais il s'était stoppé et c'était ce qui importait.

- Il se reconnaitra certainement, et peut-être qu'il me croira ! Le plus important est qu'il m'entende et qu'il soit sûr que je l'aime pour de vrai, que ce n'était pas une lubie. Il y a d'autres personnes à qui je voudrais faire des excuses, même si je sais que certaines auront du mal à me pardonner. Tout d'abord James, que j'aime comme mon frère, un frère que j'ai malheureusement laissé tombé, ainsi que ma maison entière !

James avait un petit sourire aux lèvres et remit ses lunettes correctement.

- Peter, je suis désolé, j'aurai dû tenir mes promesses. Lily… Ma meilleure amie, la seule fille qui me comprend un minimum. Je te remercie. Et les autres… je suis désolée de ne pas pouvoir tous vous lancer un vilain sort pour vous apprendre à répandre des rumeurs sur le grand Sirius Black !

Sirius laissa les gens passer, fit une accolade à James, à Peter et serra Lily dans ses bras. Pourtant, qu'un manquait à l'appel… la personne que Sirius voulait le plus voir : Remus. Il savait où le trouver. Il courut jusqu'au Saule Cogneur. Le loup-garou était en train de faire les cent pas, donnant des coups de pied aux cailloux qui avaient le malheur de passer par là.

- Rem' ?

- Mais qu'est-ce qui t'ai passé par la tête ? Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu as déclaré à tout Poudlard que tu m'aimes ! Pourquoi as-tu fais ça ? Pourquoi es-tu si stupide ? Et pourquoi est-ce que tu souris ainsi ?

- Tu ne m'ignores plus…

- Je te gueule dessus et toi, tu souris !

- Tu es si beau quand tu te mets en pétard !

Sirius n'eut pas le temps d'esquiver le coup de poing de Remus qui l'atteint sur la tempe.

- Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu cherches à me rendre cinglé ?

Ca non plus, Sirius n'a pas pu l'esquiver. Il était debout face à Remus, la main sur la joue et la tête baissée. Lily avait tort, il ne l'aimait pas, c'était faux !

- Réponds-moi Sirius, réponds à mes questions si tu veux vraiment tout arranger ! Eclaire-moi et dis-moi la vérité en face si tu veux que je te croie !

Ils étaient tous les deux plantés là, silencieux, l'un tremblant de rage et d'appréhension, l'autre honteux et triste. Comment sortir tout ce qu'il a sur le cœur aussi facilement que Remus le demande ? Jamais il n'a réussit à le faire, ou alors ce n'était pas dans ces circonstances ! Et pourtant, l'envie ne lui manquait pas.

- Tu vois, tu recommences ! Je ne demande qu'à te croire, mais tu ne me laisse pas le choix que de me laisser penser que tout ça n'est qu'un mensonge. Et cette fois je ne te laisserai pas t'approcher de moi. Abandonne !

- Moony…

- Il n'y a plus de Moony, plus de Petit Loup, Tu ne comprends pas que moi, je ne plaisante pas ? Plus je reste avec toi en me disant que tu te moques de moi, et plus ça me fait mal !

Remus détourna le regard et voulut rentrer dans le château. Sirius lui prit le bras lorsqu'il voulut passer à côté de lui. Il se plaça devant lui, et le regarda dans les yeux. Il le regarda comme si décrocher ses yeux des siens lui coûterait la vie, il essaya de faire ressentir à Remus tout l'amour qu'il lui portait, mais sentant qu'il allait flancher s'il restait là, Remus se dégagea d'un geste brusque.

- Lâche-moi !

- Je t'aime.

- Quoi ?

- Je t'aime.

- Ne dis pas quelque chose que tu ne penses pas.

- Remus je t'aime.

- Ne me ment pas !

- Ce n'est pas un mensonge, ça à juste eut du mal à sortir !

- Ne te moque pas de moi.

Le ton de Remus était suppliant il ne savait pas quoi penser, il ne voulait pas croire que Sirius disait vrai. Et celui-ci essayait de convaincre celui qu'il aime de sa sincérité.

- Crois-moi ! J'ai eu tellement de mal à me l'avouer au début… Mais le plus dur a été de te l'avouer. Ca m'a prit quelques années, mais maintenant c'est fait et je ne veux pas te perdre.

La voix de Sirius implorait Remus. Elle tremblait d'émotion, et les larmes menaçaient de tomber. Mais il ne les laissera pas s'échapper.

- Et je te harcèlerais jusqu'à ce que tu te le mettes dans le crâne ! Ca fait un mois que tu m'obsèdes à un point que tu n'imagines même pas, et je n'exagère pas. Je fais n'importe quoi, j'ai complètement perdu la tête. Tu me rends dingue !

Sirius avait dit ça sans réfléchir, et il réfléchit encore moins lorsqu'il répondit au baiser de Remus. Le souvenir d'il y a un mois s'était estompé : jamais les lèvres de Remus n'ont parus si douces. Sa main se posa sur sa joue, puis glissa dans ses cheveux châtains si soyeux ! Il approfondit le baiser, passant sa langue entre la barrière des lèvres de Remus qui ne fit pas de résistance. Les deux langues jouèrent un ballet effréné, symbolisant les retrouvailles de deux êtres qui s'aiment mais que leur amour a failli les détruire. Rien ne sera plus pareil à présent…