Drago était assis à son bureau et repensait au comportement qu'il avait eu lors de sa visite à l'hôpital ce midi. Blaise et Pansy avaient forcément remarqué qu'il y avait une chose qui clochait avec lui. Sa rencontre avec l'inconnu de l'ascenseur l'avait tellement chamboulé qu'il n'avait pas réussi à maintenir son masque si cher à son cœur. Ses meilleurs amis devaient donc se poser un tas de question et, comme Drago n'avait aucune envie de subir un interrogatoire en règle, il repasserait les voir avant de rentrer chez lui pour leur montrer qu'il allait bien. Ce qui était le cas. En effet, une fois qu'il eut repris ses esprits, il s'était rendu compte que sa réaction avait été démesuré et stupide. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait trouvé personne d'aussi séduisant que cet inconnu qu'il s'était emballé. Cela l'avait troublé plus que de raison. Fort de ses conclusions, il sortit de son bureau, rejoignit sa voiture et se dirigea vers l'hôpital.
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-Et je peux vous assurez que Blaise pensait que cette tactique allait vraiment fonctionner avec moi, dit Pansy joyeuse. Tous trois rigolèrent des tentatives ratées de Blaise pour séduire celle qui deviendrait sa femme quelques années plus tard quand la porte s'ouvrit brusquement et qu'un petit garçon blond courut jusqu'au lit de Val. Il s'arrêta devant le lit puis demanda d'une toute petite voix s'il pouvait avoir un câlin.
-Bien sûr poussin, dit Val attendrie. Tu m'as manqué tu sais.
-Toi aussi maman, répondit-il avant de se blottir tendrement dans les bras de sa mère. Tu vas bien?
-Très bien Sam.
-Et mon petit frère?
-Ou ta petite sœur.
-Ouais ou ma petite sœur, reprit Tom pas vraiment enchanté à cette idée.
-Il n'y a pas de problème, ne t'en fais pas poussin.
-Tant mieux, soupira Sam dont la main était posée sur le ventre rond de sa maman ;
C'est Paul, le mari de Val, qui rompit ce moment en entrant dans la chambre. Il se dirigea vers sa femme, prit son visage entre ses mains et l'embrassa tendrement.
-Beurk, s'éleva une voix dégoûtée.
Les deux parents, amusés, s'écartèrent l'un de l'autre.
-Comment as-tu chuté? demanda Paul.
-Dans les escaliers. J'ai loupé une marche. Heureusement que j'étais presque arrivé en bas. La chute aurait été plus grave si je m'étais trouvé en haut de ce fichu escalier.
Paul acquiesça lentement réalisant pleinement la chance que Val avait eu dans son malheur. Comme elle l'avait judicieusement remarqué cela aurait pu être beaucoup plus grave. Soudain, il se mit à rire et quatre regards le scrutèrent, intrigués:
-Quoi?
-Cela te fait rire?
-Oui.
Devant le regard de sa femme, il s'expliqua:
-Venant de ta part cela ne m'étonne même pas. Il y a quelques années je ne dis pas mais maintenant...
Face à cette remarque pleine de bon sens, Val eut un sourire amusé. C'est vrai qu'elle était légèrement maladroite.
-Et puis quand on se souvient de notre rencontre, continua son mari.
Rectification: elle était une vraie catastrophe ambulante.
-Que t'as dit le médecin?
-Que tout irait bien mais que pour écarter tout risque, il allait me garder encore quelques jours.
-Vraiment?
-Oui vraiment.
-D'accord, dit Paul encore légèrement inquiet.
-Ah oui! Devine qui est le médecin qui me suit?
-Je ne suis pas devenu voyant pendant mon voyage Valérie.
-Harry Potter.
-Ça c'est une excellente nouvelle, s'exclama Paul le soulagement perçant dans la voix.
-Maintenant que tu es rassuré, reprit sa femme, je vais te présenter ma colocataire. Pansy voici Paul, mon mari. Paul voici Pansy ma colloc' et Blaise son mari.
-Enchanté, dit Paul en leur serrant la main.
-Nous de même, répondit Blaise.
-Moi qui espérait ne plus avoir à mettre les pieds dans ce service, s'exclama Paul tout en se tournant vers sa femme. Dans mon malheur, j'ai quand même de la chance. Je suis absolument persuadé que tu es entre de bonnes mains ici, je pourrais donc dormir sur mes deux oreilles.
-C'est vrai qu'avec le Dr Potter on se sent beaucoup plus tranquille à l'idée de laisser nos femmes ici.
-Vous pouvez être tranquille. Même si le Dr Potter n'est pas Dieu et qu'il ne peut pas sauver tout le monde, il fait son maximum pour ne pas à avoir à annoncer de mauvaises nouvelles.
-C'est un excellent médecin, approuva Pansy.
-Maman tu rentres avec nous à la maison? demanda Tom d'une voix pleine d'espoir.
-Non mon chéri. Maman doit rester ici.
-Tu ne rentres pas? répéta t-il les yeux brillant de larmes.
Paul se mit à sa hauteur et parla d'une voix douce, rassurante:
-Maman doit encore faire quelques dodos ici pour être sûr que ta petite sœur se porte bien.
-Ou mon petit frère, rectifia Sam les sourcils froncés.
-Ou ton petit frère, acquiesça Paul qui échangea un regard complice avec sa femme.
Sam hocha la tête. Il avait compris ce que son papa lui disait même s'il était un peu triste. Il aurait voulu renter tout de suite avec sa maman.
-Tu es un grand garçon mon chéri. Maman est très fière de toi.
A ces mots, Sam rayonna de fierté. Il jeta un regard incertain à Pansy et lui demanda d'une petite voix si elle aussi faisait dodo à l'hôpital pour son bébé. Pansy acquiesça, souriante.
-Ça va allez vous verrez, dit-il d'une voix pleine de confiance. Ça sera comme pour maman.
Baise et Pansy se regardèrent, émus. Ce petit garçon était vraiment craquant. "Bientôt", pensa Pansy en touchant son ventre.
Dans un bureau au bout d'un couloir se trouvait Harry Potter en pleine discussion téléphonique. En effet, Seamus, l'un de ses plus anciens ami, l'invitait à son anniversaire de rencontre avec son compagnon.
-Seamus c'est une fête qui se passe généralement en couple. Je n'ai pas envie de tenir la chandelle toute la soirée, essaya de le raisonner Harry.
-Ce n'est pas une fête intime 'ry, sinon tu te doutes bien que je ne t'aurais pas proposer de venir. Et puis, c'est grâce à toi si l'on s'est rencontré Dean et moi. C'est donc normal qu'on ait envie que tu viennes. 5 ans est une date importante après tout.
Après quelques instants de réflexion, Harry accepta la proposition.
-Ok je viendrai.
-Super! Dean va être content.
-Je dois ramener quelque chose? sourit Harry.
-Seul ta présence est requise, lui certifia Seam'. Ta présence et ta bonne humeur, rajouta t-il.
-Je devrais pouvoir faire ça pour vous. Je passerai après 20h histoire d'avoir le temps de rentrer chez moi pour prendre une douche et me changer. Une tenue simple et décontractée fera l'affaire?
-Parfait. A ce soir.
-A ce soir.
Harry raccrocha, un sourire aux lèvres. "5 ans déjà...", soupira t-il.
OOO Flash back OOO
-Quel tête en l'air, l'interpella Seamus tout en lui mettant un sac sous le nez
-Merci Seamus. Tu me sauves la vie.
-Seamus Finnigan, le héros de ces médecins...
-N'en rajoute pas non plus.
-T'as l'air crevé, fit remarquer Seamus.
-Ce n'est pas qu'une impression malheureusement.
-Beaucoup de boulot?
-Ça... et le fait que je ne dorme pas beaucoup la nuit.
Devant l'air inquiet de Seamus, il rajouta précipitamment:
-C'est bon Seamus. Pas besoin d'en faire toute une histoire, je vais bien.
-Bien, bien?
-Mieux plutôt. Ce n'est pas encore le nirvana.
Toute à leur conversation, ils ne virent pas la personne qui fonçait tout droit sur eux. Personne qui avait les yeux rivés sur le papier qu'elle tenait dans la main. Bien entendu, la collision fut inévitable.
-Oh veuillez m'excuser. Je ne faisais pas attention à l'endroit où je mettais les pieds.
-Ce n'est pas bien grave. Par ailleurs, cela nous apprendra à tenir une conversation en plein milieu d'un couloir. Pas très judicieux n'est-ce pas?
Le jeune homme lui sourit, soulagé. Dire qu'il venait tout juste d'être engager et le voilà qui se ridiculisait déjà devant un médecin. C'était bien sa veine.
-Vous êtes le nouvel infirmier?
-Me voilà démasqué.
-Dans quel service?
-Maternité. Et vous?
-Comme l'indique ma blouse, médecin. Service des grossesses pathologiques. Nous serons donc amenés à nous revoir.
-Il y a des chances.
-Il faut que j'y aille.
-Très bien.
-Au revoir.
-A tout à l'heure plutôt. Il faut que je passe en maternité classer un dossier et parler au médecin.
-D'accord.
L'infirmier s'éloigna rapidement sous le regard obnubilé de Seamus. Harry sourit, amusé, avant de taquiner son ami:
-Et ben dis donc, c'est l'une des rare fois où je ne t'entends pas parler pendant plus de cinq minutes. Tu te sens bien?
-Tu disais Harry? s'ébroua Seamus.
-Pour information, il finit son poste à 14 heures et toujours pour information, il s'appelle Dean Finnigan. Si cela t' intéresses bien sûr.
-Merci.
-Mais de rien.
-Comment sais-tu comment il s'appelle? Je suis persuadé qu'il ne l'a pas dit.
-Je suis médecin Seam'. Je suis donc amené à être au courant de qui est engagé, viré...
-T'as vraiment bien fait d'oublier ton encas ce matin toi.
-Comme quoi.
-C'est une sorte de remerciement pour ne pas t'avoir laisser mourir de faim?
-Sûrement, sourit Harry.
OOOFin Flash backOOO
La suite était plutôt facile à deviner: Seamus a effectivement attendu Dean à la sortie de l'hôpital. Comme ils se plaisaient, ils ont décidé de passer la journée ensemble et il ne se sont plus jamais quittés depuis. Un vrai conte de fée.
C'est la sonnerie de son biper qui le sortit de ses pensées. Il regarda le message et sourit. Il se leva de son fauteuil, sortit de son bureau et se dirigea vers la chambre de Valérie. Il frappa doucement à la porte avant d'entrer.
-Bonjour.
-Bonjour Dr, répondit Paul content de le revoir. Enfin il aurait quand même préféré que cela se fasse dans d'autres circonstances mais bon...
-Je suis content de savoir que c'est vous qui allez vous occupez de ma femme.
-Vous m'en voyez ravi. Comment allez vous?
-Bien.
-C'est ce que me certifiait votre femme. Cela me fait plaisir.
-Avant que je n'oublie: mes félicitations Docteur.
-Pourquoi? s'étonna Harry.
-Pour votre promotion, Val m'a mise au courant.
-Ah ça, merci.
-Elle était amplement méritée.
-Vous allez me faire rougir.
-Très bien j'arrête là alors.
-C'est vous qui allez veiller sur mon petit frère...ou ma petite sœur? demanda une voix interrogative.
-C'est bien moi, répondit Harry en se tournant vers le propriétaire de cette voix.
Il le dévisagea longuement avant que Val ne se décide à faire les présentations.
-Sam je te présente le Dr Potter, c'est grâce à lui si tu es parmi nous.
Harry se rapprocha du petit garçon afin de se mettre à sa hauteur et le regarda dans les yeux.
-Tu as bien grandi dis donc. La dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais pas plus grand que trois pommes. Tu es un grand garçon maintenant.
-Et bientôt un grand frère.
-C'est ce que j'ai pu comprendre. Tu es content?
-Oui c'est trop trop bien. A part qui faut attendre très très longtemps. Moi je voudrais que le bébé soit déjà là.
-Encore quelques semaines à patienter et ça sera bon. Tu verras ça va passer très vite.
-J'espère mais ça fait quand même beaucoup de dodo. Vous prendrez soin de lui hein?
-Bien sûr.
-Promis?
-Promis.
Pour signer ce pacte, Sam tendit la main à ce grand monsieur qui avait l'air si gentil. Harry la serra avant de se lever et de se tourner vers Blaise.
-C'est pour cette raison que je travaille ici.
-C'est une belle récompense en effet, approuva Blaise.
-Rebonjour tout le monde.
-Rebonjour Dray, répondit Pansy d'une voix surexcitée.
Le regard de Drago balaya la chambre et il se rendit compte qu'il y avait beaucoup plus de monde que tout à l'heure. Deux hommes et un petit garçon s'y trouvaient: sûrement le mari et le fils de Val. Quand au troisième homme, vu sa tenue, cela ne pouvait être que cet incroyable médecin dont Pansy n'arrêtait pas de chanter les louanges. Drago était un peu surpris: il imaginait le médecin plus âgé que ce dont il avait l'air. Même si celui-ci se trouvait de dos, il pouvait affirmer qu'il avait la trentaine.
-Tu en sais des choses toi, dit le médecin.
A l'entente de cette voix, Drago se figea. Il reconnaîtrait cette voix n'importe où. Tout comme la première fois, son cœur s'emballa. D'autant plus vite quand il comprit que cet inconnu n'était pas un homme marié venu voir sa femme. Il était médecin dans ce service, médecin. Son visage se fendit d'un petit sourire. Blaise et Pansy, dont l'attention était portée sur leur meilleur ami, furent intrigués par sa réaction. Le médecin se retourna et Drago retint son souffle. Il était encore plus beau que dans ses souvenirs. De plus, la blouse lui conférait un charme certain.
-Vous vous sentez mieux? demanda le médecin.
Il avait reconnu l'homme de ce midi: l'inconnu qui était sur le point de faire un malaise dans l'ascenseur.
-Oui je me sens bien mieux, affirma Drago avec un grand sourire.
Et c'était vrai. Savoir que cet homme était médecin et pas un homme marié sur le point de devenir père lui avait donné un regain d'énergie. Bien sûr, cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas marié ou en couple mais le doute était maintenant permis. Il n'avait plus qu'à rechercher discrètement des informations sur ce médecin. Une tâche pas impossible pour Drago Malefoy. Devant cet étrange échange, Pansy n'avait cessé de jeter de rapide coup d'œil à son meilleur ami. C'est alors que la lumière se fit dans son esprit et qu'un grand sourire prit place sur son visage. "Parfait", pensa t-elle sous le point d'effectuer une mini danse de la victoire. Ce qu'elle aurait sûrement fait si elle n'était pas clouée sur ce lit d'hôpital.
-Dr Potter voilà mon meilleur ami et futur parrain de ce bébé, Drago Malefoy.
-Dray voici l'homme qui va faire de toi un merveilleux parrain le Dr Harry Potter, les présenta Pansy l'air de rien.
Devant le petit manège de sa femme, Blaise ne put s'empêcher de sourire. Elle ne changerait jamais. En même temps, c'était pour ça qu'il était toujours aussi fou amoureux d'elle.
-Enchanté Dr Potter et surtout merci, dit Drago avec un grand sourire scotché sur le visage. Il tendit sa main que le médecin s'empressa de serrer. C'est en sentant cette main contre la sienne qu' Harry s'interrogea. Après tout, il ne serrait jamais la main des visiteurs de ses patientes. De leur conjoint oui mais des visiteurs non. Il fronça les sourcils d'autant plus quand il ressentit une douce chaleur se propager au creux de son estomac. Il posa son regard sur leur mains liées et un détail lui sauta aux yeux. Le grain de la couleur de leur peau. Celle de Drago blanche comme de la porcelaine contrastait avec celle caramel de la sienne. La glace contre le feu. Deux antithèses qui s'accordaient parfaitement. A cette constatation, Harry releva précipitamment la tête et son regard plongea dans celui de Drago. Ils se dévisagèrent longuement tout en gardant leur mains liées. Harry se sentit soudain fasciné par la couleur de ses yeux. On aurait dit de l'argent en fusion. Il n'avait jamais vu cette couleur particulière, pourtant il en avait croisé des regards lors de sa carrière. Face à ce regard, son cœur se mit à accélérer et sa main trembla sans qu'il ne puisse rien contrôler. Pour la première fois depuis des années, il perdait le contrôle de lui même. Sans trop savoir pourquoi il se sentait nerveux sous ce regard intense. Pour éviter de perdre contenance, il détacha son regard du sien et ses yeux se portèrent sur ses cheveux. Grave erreur. Il fut tout à coup envahi par l'envie pressante et difficilement contrôlable de passer sa main sous cette chevelure qui avait l'air si douce. Cette subite et inattendue envie lui fit l'effet d'une claque. Une violente claque. Il s'éclaircit la voix pour s'excuser tout en dégageant sa main. Ce qu'il ne comprit pas, ce fut la déception qu'entraîna cette perte de contact.
-Il faut que j'y aille.
-D'accord, murmura Drago, déçu.
-J'ai d'autres consultations, eut le besoin de s'expliquer Harry.
-D'autres patientes qui s'impatientent? demanda Blaise, taquin.
-Il y a des chances, sourit le médecin. Je vous laisse. Bonne journée.
-Vous aussi.
-Merci, répondit-il avant de sortir de la chambre, troublé. Ce que confirma l'adorable rougissement qui prenait place sur ses joues.
Face à ce spectacle fort instructif, Pansy et Blaise échangèrent un regard, satisfaits. Tout s'était déroulé encore mieux que ceux qu'ils avaient pu imaginer. Quel moment! Une fois la porte refermée et le médecin sortit, Drago souffla soudain vidé de toute énergie. Il venait sans aucun doute de vivre le moment le plus intense de ces dernières années. Il en avait même les jambes qui tremblaient.
-Je reviens, dit-il à ses amis sur un ton d'urgence.
Il sortit de la chambre et son regard se mit à parcourir frénétiquement les couloirs de l'hôpital à la recherche du médecin. Il fallait absolument qu'il lui parle, qu'il entende le son de sa voix, qu'il puisse à nouveau plonger son regard dans le sien. Même si cela n'allait pas arranger ses affaires, c'était plus fort que lui, il lui en fallait plus. Restés dans la chambre, Pansy et Blaise se tapèrent dans la main avant que la jeune femme ne décroche le téléphone. Se tournant vers Val, elle vit celle-ci lui faire un petit clin d'œil. De toute évidence, Val avait compris ce qu'ils manigançaient.
