Yersin
Chapitre VI : Je Veux Pas Etre Courageux


Auteurs : Adeline & Lojie

Disclaimer : Aucun des personnages ne sont de notre propriété mais celle de la WB (et puis les autres éternels oubliés). Les paroles de chanson sont issues de " Petit Frère " du groupe IAM dont les droits appartiennent à Delabel.

On a pleuré comme des madeleines en écrivant cette partie surtout pour Enzo. En plus, on fait une méga révélation sur le passé de Dave, et on avoue faire un peu fort là, c'est trop triste ! ! ! Enfin bref, vous allez bien voir par vous-même. On a ajouté un petit clin d'œil à la fic " Après ".

Bonne Lecture [ ç_ç & ç_ç ]

Ce chapitre est dédicacé à Julie la nièce de Lojie qui vient aujourd'hui même (26/01/02) de fêter ses quatre premiers jours sur cette terre :oD


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Mais en parler au journal tous les soirs, ça devient banal
Ca s'imprime dans la rétine comme situation normale
Et si petit frère veut faire parler de lui
Il réitère ce qu'il a vu avant 8 heures et demie

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Dave se sentait si fatigué. Il ne délirait plus et se rappelait de ses paroles à peine une heure plus tôt. Il se demandait ce que Jing-Mei, Abby et John avaient pu en pensé. On lui avait déjà posé une voie IM pour injecter la pénicilline mais il se sentait toujours aussi mal. Il aurait aimé voir son fils et était un peu inquiet. Même s'il savait qu'il y avait plus d'inquiétude à se faire pour les personnes gardant Enzo que pour le garçon lui-même. Il sourit en pensant à toutes les bêtises que son fils avait déjà dû faire. Les urgences devaient être un parfait terrain de jeux pour lui.

La porte de sa chambre s'ouvrit doucement et il vit Jing-Mei entrer discrètement. Il ne pensait pas que la jeune femme aurait le cran de venir le voir, surtout qu'il lui avait sûrement transmis la syphilis. Sans un mot et en évitant soigneusement son regard, elle approcha une chaise de son lit et s'assit dessus.

" _Alors ? " Demanda Dave en regardant distraitement par la fenêtre. " Tu as fait des tests ? "

" _Oui. " Répondit la jeune femme le regard baissé. " Je l'ai… John m'a fait une injection de benzathine pénicilline. Ca suffira pour mon cas. "

" _Désolé. "

Il l'était réellement mais Jing-Mei ne semblait pas le croire. Quelque chose indiquait dans son attitude qu'elle n'avait aucunement l'envie d'être là.

" _C'est cette vieille carne qui t'as demandé de venir me voir, n'est-ce pas ? " Demanda Dave.

Elle releva le visage.

" _Oui. Elle veut que je te parle pour savoir comment tu as attrapé la syphilis… "

" _Y'a pas trente-six manières de l'attraper ! " La coupa-t-il avec ironie.

" _Dave… " Reprit Jing-Mei sur un ton blasé. " Etant donné que tu vas être au minimum hospitalisé dix jours, on a prévenu les services sociaux pour ton fils, on a trouvé personne de ta famille. "

Il déglutit difficilement. Les services sociaux… Ils allaient lui prendre son fils ! C'était la fin du monde…

" _NON ! IL NE FALLAIT PAS ! OH MERDE ! "

Dave voulut se lever et faillit arracher sa perfusion. Jing-Mei eut du mal à le repousser en arrière :

" _Calmes-toi ! Mais qu'est-ce qui t'arrives ? Pourquoi les services sociaux voudraient t'enlever Enzo ? C'est juste le temps que tu te rétablisses…"

" _Tu ne comprends pas ! " Rétorqua Dave. " Je suis sur leur liste noire ! Au moindre faux pas ou soupçon, ils me retirent la garde et placent Enzo en centre ! Ou pire, dans un foyer… "

" _Mais… Mais pourquoi ? " Demanda Jing-Mei hébétée.

" _J'ai un lourd passé.. Et quand ils sauront que j'ai la syphilis, ils vont aussitôt faire le rapprochement ! Je suis foutu… "

Dave plaqua ses deux mains contre son visage en signe de désespoir.

" _Un lourd passé.. La syphilis.. Dave… " Un doute s'abattit sur Jing-Mei. " Dave… Ne me dis pas que.. Nous avons eu pas mal de cas de syphilis ces derniers temps sur des prostituées, ne me dis pas que tu les fréquentes ou alors… Ou alors tu te.. Tu te prostitues ? "

" _Va t'en… " Répondit-il en continuant de cacher son visage dans ses mains. " Sors de cette pièce. "

Il était encore sous le coup de la nouvelle. Si on lui enlevait Enzo, il n'aurait plus la force de se battre, parce qu'il n'y aurait plus de raison de se battre. En plus Jing-Mei venait de tomber juste, et il n'avait nullement envie de s'expliquer avec elle.

" _Dave… " Supplia-t-elle consciente qu'elle avait découvert une face de son être qu'il ne voulait pas montrer.

" _Je t'ai déjà dit de te casser. Tu ne sais pas ce que je ressens ! " Dit-il sur un ton bas et menaçant. " On va me retirer mon fils par votre faute ! Enzo est la seule personne auquel je tiens dans ce foutu monde et si on me l'enlève, je ne suis plus rien ! "

" _Dave, écoutes-moi ! "

" _NON ! Va t'en ! Tu ne peux rien pour moi ! Tu ne peux pas ressentir ma peine toi qui as lâchement abandonné ton fils ! "

Dave regretta aussitôt ses paroles. Jing-Mei l'observa un instant sans rien dire, puis les larmes lui montèrent aux yeux. Sa gorge se serra en pensant à son bébé qu'elle n'avait serré qu'une seule fois dans ses bras. Ses paroles étaient si blessantes et atteignaient Jing-Mei là où ça faisait encore si mal. Elle rassembla son courage pour essayer de former une phrase cohérente. La douleur avait maintenant laissé place à la haine.

" _Comment.. Comment oses-tu ! " Dit-elle en se levant et en faisant tomber la chaise sur le côté. " Comment oses-tu dire des choses pareilles ! Je commence à croire que tu pensais vraiment ce que tu as dit à Kerry ! Et tu sais quoi ? J'espère que les services sociaux le prendront ton cher fils ! "

Jing-Mei quitta la pièce rapidement laissant Dave encore furieux.

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Jing-Mei se tenait face à ses parents. Siu et Li-Wong étaient en train de prendre le thé à table et trouvait l'attitude de leur fille un peu bizarre. La lumière blafarde du soleil de midi de Chicago éclairait mal la pièce et Jing-Mei était à moitié dans l'obscurité. Malgré tout on pouvait voir son regard dur et déterminé :

" _Je ne veux plus que l'on m'appelle Jing-Mei, " dit-elle finalement. " Je ne me sens pas chinoise et je ne veux pas du prénom que vous m'avez donné. "

Siu faillit s'étouffer avec son thé vert et Li-Wong observa sa fille comme une inconnue. Cachés derrière la porte du salon, Yu et Xiao s'échangèrent des regards étonnés.

" _Mais pourquoi ? " Demanda son père encore abasourdi.

" _Je l'ai déjà dit. " Répondit Jing-Mei. " Je ne me sens pas chinoise, maintenant mon prénom est Deborah. "

" _En faisant ça, as-tu conscience que tu nous renies, nous tes parents ? " L'avertit Siu maintenant agacée par ce nouveau caprice de sa fille.

" _C'est le but. " Admit Deborah avec franchise. " Je vous renie comme vous avez toujours renié ma… Ma moitié.. Vous m'avez toujours caché son existence et sa mort.. Mais moi je sais.. Je sais qu'elle était là avec moi dans votre ventre mère… Et elle est aussi sur l'échographie ! " Ajouta-t-elle au bord des larmes.

" _C'est donc pour ça… " Comprit enfin son père. " Nous ne t'avons rien dit car nous ne voulions pas te faire de peine, et pour nous aussi ça été dur de perdre ce bébé. "

" _Menteurs ! " S'écria Deborah. " Vous ne lui avez même pas donner de prénom je parie ! Vous l'avez jeté à la poubelle ! Et si cela avait été moi qui n'avait pas survécu ? Moi aussi vous auriez fait comme si je n'avais pas existé ? Vous m'auriez renié ? "

La petite fille était en train de pleurer, toujours debout face à ses parents. Yu et Xiao écoutaient stupéfaits derrière la porte. Siu voulut se lever pour prendre sa fille dans ses bras mais Deborah recula d'un air méprisant.

" _Jing-Mei… " Supplia sa mère avec peine.

" _Mon nom est Deborah ! "

Elle s'enfuit du salon.

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Les lentilles des microscopes avaient été nettoyées et on avait jeté le café. Maintenant tout le monde surveillait Enzo avec un air de suspicion. Le garçon était revenu à son point de départ, il était assis sur l'un des deux comptoirs du bureau des admissions et avait sorti une gameboy. Haleh était retournée chez elle, Romano avait déserté le service des urgences, Luka s'était nettoyé le visage et lui restait planté là. Randi et Franck étaient chargés de le surveiller. Mais ils étaient si occupés avec le téléphone et les patients…

Enzo venait de passer plusieurs niveaux de son jeu d'affilé, et il commençait sérieusement à s'ennuyer. Son père lui manquait. Il soupira bruyamment pour exprimer son mécontentement. Mais personne ne fit attention. Il se mit à chantonner un air idiot. Toujours aucun résultat. Il frappa de son petit poing sur le comptoir. Randi se retourna l'air fâchée :

" _Calmes-toi tu veux ! On est occupé, continue de jouer à ton jeu plutôt ! "

La standardiste retourna aussitôt à son téléphone. Enzo commença à observer le plafond, à curer ses ongles un peu sales, à faire des bruits marrants avec sa bouche… Il s'ennuyait tellement. Soudain il aperçut un autre garçon de son âge. Il était dans les bras d'un grand homme noir apparemment médecin. Ce dernier s'approcha du bureau et s'adressa à Randi :

" _Tu peux me garder Reese un instant ? Romano veut me voir. "

" _Bien sûr, " répondit Randi en mâchant son chewing-gum. " Si ça continues, je vais me reconvertir dans la puériculture. " Ajouta-t-elle.

Peter fut surpris de sa répartie, mais comprit rapidement pourquoi elle avait dit ça en voyant Enzo assis sur le comptoir. Il plaça Reese à côté. Les deux garçons avaient à peu près le même âge et ils s'observèrent avec curiosité.

" _C'est le fils de qui ? " Demanda Peter amusé.

" _Malucci. " Répondit Randi maussade.

" _Ma.. Malucci ? " S'étonna le chirurgien.

" _Oui. Il est hospitalisé ici. "

Peter observa un instant Enzo et trouva en effet pas mal de points de ressemblance. Le chirurgien passa une main amicale sur le crâne de Reese et se dépêcha d'aller voir Romano. Enzo avait rangé sa gameboy dans l'une de ses poches, véritables mines d'objets aussi différents les uns que les autres.

" _Salut ! " Dit-il joyeusement en s'adressant à Reese.

Il avait enfin de la compagnie et allait pouvoir discuter. Mais son nouveau camarade ne répondit pas. Il fit simplement un rapide geste de la main et Enzo le regarda bizarrement. Randi se retourna et vit l'air désemparé du petit garçon.

" _Il s'appelle Reese. Il est sourd et il ne parle pas comme nous. Il se sert de ses mains. " Expliqua-t-elle.

" _Ah ouais ? " S'exclama Enzo en haussant les sourcils puis se retournant vers Reese. " Moi je m'appelle Enzo Malucci. "

Le petit garçon tendit la main et Reese la prit en retour. Après leur courte poignée de main, Enzo ressortit sa gameboy et il la prêta à son nouveau compagnon. Reese agitait ses doigts sur les touches avec plus ou moins de bonheur alors qu'Enzo le guidait. Pris dans le jeu, il ne vit pas les deux agents des services sociaux demander la chambre de David Malucci.

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La vieille voiture grise emmenait Dave vers les quartiers modestes de New-York. Thomas était au volant. C'était un homme dans la cinquantaine aux cheveux grisonnants et au ventre qui dépassait hors de sa chemise trop juste. Cela faisait maintenant quinze jours que l'accident au cirque était arrivé et Dave avait été récupéré par les services sociaux. Le père de sa mère avait refusé sa garde et son propre père n'avait pas d'autre famille que le cirque. Zeno et Nadji avaient tenté de convaincre les services sociaux de leur laisser Dave mais ils avaient refusé. Maintenant le petit garçon venait d'être placé en foyer chez Thomas et Alice qui avaient déjà deux autres enfants sous leur garde.

La voiture se gara près d'une maison sans prétention avec un jardin à la pelouse jaunie et mal tondue. Ils sortirent de la voiture et Dave porta lui-même son léger sac d'affaires. Il suivit son tuteur à l'intérieur de la maison assez vétuste. Il était l'heure de manger et il y avait un garçon d'environ onze ans et une fille de son âge à table. Dans la cuisine, une matrone au regard bovin préparait à manger. Dave allait devoir s'habituer à la vie sédentaire et cette idée le répugnait. Thomas posa sa forte main sur son épaule et la serra. L'ancien petit clown trapéziste grimaça de douleur sous la pression de ses doigts gras.

" _Assieds-toi là ! " Ordonna Thomas sans une seule pointe de douceur dans la voix.

Dave obtempéra et se retrouva assis à côté de la fille. Le dîner se passa en silence. Quand ils eurent fini, Dave suivit les deux enfants qui montèrent au premier se coucher. Il y avait un unique grand lit dans une chambre dépouillée d'autres meubles. Alice la matrone, vint vérifier un quart d'heure plus tard qu'ils s'étaient tous couchés et éteint la lumière. Aussitôt Dave sentit à sa droite le garçon lui pincer le bras :

" _Aïe ! " Sursauta-t-il furieux en se retournant vers lui.

" _Chut ! " Le prévint le garçon. " Fais pas de bruits… Si Thomas monte, alors ça sera notre fête. Comment tu t'appelles ? "

" _Dave Malucci. " Répondit-il.

" _Moi c'est Goya Lopès, et elle c'est Piper O'Brien. " Dit-il en montrant la fille à sa gauche.

" _Qu'est-ce qui t'es arrivé à toi ? " Demanda la fillette osant pour la première fois lui parler.

" _Mes parents sont morts. " Répondit Dave sans insister sur les circonstances. " Et vous ? "

" _Moi j'avais qu'une mère et comme c'était une droguée, et bah les services sociaux m'ont pris, " répondit Piper sans le moindre complexe, comme si elle parlait de quelque chose de tout à fait banal et courant.

" _Moi depuis que je suis né, je me balade de foyer en foyer. Je sais pas d'où je viens." Expliqua Goya avec une légère pointe de tristesse et de déception dans la voix.

" _Et ils sont bien Thomas et Alice ? " Demanda Dave crédule.

Piper et Goya s'échangèrent un regard qui en disait long. Finalement la fillette reprit la parole :

" _Ne réponds jamais à Thomas et fais tout ce qu'il te dit. Ca vaut mieux comme ça. Et puis pour les samedis soirs tu verras bien. T'inquiètes pas au bout d'un moment on arrive à sortir de son corps, c'est surtout au début que c'est dur. "

" _Sortir de son corps ? " Dave ne comprenait pas où Piper voulait en venir.

" _Tu comprendras vite… " Ajouta Goya le regard perdu dans le vide.

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John entra dans la chambre de Dave. Il semblait un peu confus et embêté. Malucci toujours immobilisé sur son lit, remarqua son attitude bizarre :

" _Quoi ? Tu vas pas me dire que j'ai chopé une autre maladie encore ? " Demanda Dave partagé entre la plaisanterie et l'inquiétude.

" _Non, il y a juste deux personnes qui veulent te voir… " Expliqua Carter.

" _Les services sociaux ? "

" _Oui. "

" _Fais-les entrer. "

John ouvrit la porte et fit signe au couple d'entrer. La femme était habillée en tailleur et l'homme avec un veston et un pantalon à pinces. Tous leurs vêtements étaient sombres et Dave avait l'impression de voir deux vampires qui venaient lui voler son fils. John sortit de la pièce. L'homme s'approcha :

" _Bonjour monsieur Malucci, je suis Alan Forman et voici Trich Fisherman des services sociaux. Nous avons appris que vous étiez hospitalisé. Et.. Il semble que vous auriez la syphilis. "

" _C'est exact. " Répondit Dave qui connaissait déjà l'issue de la conversation.

" _Vous devez nous dire comment vous l'avez attrapé. " Renchérit l'homme.

" _Vous le savez très bien, " répondit-il un peu agressif. " Vous avez lu mon dossier… J'ai en quelque sorte replongé. "

" _Votre dossier stipule qu'en cas de prostitution, d'actes de violences ou d'agression, nous devrions vous retirer la garde de votre fils. Et ce à cause de faits antérieurs dont je pense, ce n'est pas la peine de vous les rappelez. " Parla pour la première fois la femme.

" _Je sais… " Admit Dave dépité.

" _Alors pourquoi avoir recommencé ? " S'étonna Forman. " Vous savez que nous devons l'emmener sur le champ. "

" _J'ai recommencé car j'étais perdu… Enfin je crois. Dès que je me trouve dans une impasse, ce… ce moyen m'a toujours permis de m'en sortir, que ce soit après durant mon adolescence, ou pour payer mes études après la mort de la mère d'Enzo… Vous allez vraiment emmener Enzo tout de suite ? " Demanda Malucci inquiet.

" _Oui. " Répondit simplement Fisherman le visage grave.

" _Est-ce que je peux le voir.. pour lui expliquer un peu.. qu'il n'ait pas trop peur… "

La voix de Dave était enrouée par l'émotion. Il savait qu'essayer d'empêcher les services sociaux d'emmener Enzo ne ferait qu'aggraver la situation.

" _Bien sûr. " Répondit Forman alors que la femme sortait pour aller chercher Enzo à l'accueil.

" _Mais je pourrais le récupérer si j'arrives à m'en sortir ? " Demanda Dave ne pouvant maintenant plus cacher sa tristesse.

" _Il vous faudra passer un test de six mois, vous serez suivi par un psychiatre, devrez avoir une bonne situation financière, une conduite exemplaire… "

" _Six mois… "

" _Si vous demandez au juge, vous pourrez peut-être obtenir le droit de le voir une fois par semaine pendant une heure, mais sous surveillance. "

La porte s'ouvrit de nouveau et Enzo courut jusqu'au lit de son père. Il se jeta contre lui et Dave le serra dans ses bras avec toute l'émotion que contenait son corps au moment présent. Enzo releva la tête intrigué. Il sentait que quelque chose n'allait pas. Il fronça les sourcils en observant les deux agents :

" _C'est qui ceux-là ? " Demanda-t-il toujours dans les bras de son père.

" _Ceux-là… Tu vas devoir rester avec eux quelques temps… " Essayait d'expliquer Dave en retenant ses larmes devant son fils.

Il devait rester super papa capable de résoudre n'importe quelle situation…

" _Pourquoi ? " Enzo ne comprenait pas et regardait maintenant les deux agents avec méfiance.

" _J'ai fait une grosse bêtise… Où plutôt j'ai refait une grosse bêtise. Tu vas devoir rester un peu avec eux le temps que je règle tout. "

" _Quelle bêtise ? Et pourquoi je devrais aller avec eux ? "

" _Enzo… Je n'ai pas le choix… Mais je te promets que je viendrais te rechercher… "

Une larme coula le long de la joue de son père. Le garçon comprit que le moment était grave. Il jeta un regard maintenant effrayé à Alan Forman qui s'était approché pour le prendre.

" _NON ! JE VEUX PAS ! JE VEUX RESTER AVEC TOI ! " Cria Enzo paniqué alors qu'Alan l'avait pris dans ses bras.

Le petit garçon tendait ses bras impuissants en direction de son père. Il voulut donner un coup de coude dans le ventre de l'agent mais ce dernier le tenait fermement. Trich tentait de rassurer le petit garçon en lui parlant mais Enzo ne l'écoutait pas.

" _PAPA ! LES LAISSES-PAS ME PRENDRE ! PAPA ! POURQUOI ILS FONT CA ? "

" _Enzo… " Reprit Dave en s'humectant les lèvres et tentant de calmer ses larmes, " je te promets que je viendrais te rechercher… Il faut que tu sois courageux… Te quiero mi hijo. "

" _NON ! JE VEUX PAS ETRE COURAGEUX ! SOLTAD MI ! PANDILLA DE EMBRUTECIDOS! "

La voix d'Enzo fut subitement étouffée quand la porte se referma derrière les agents des services sociaux. John baissa le regard quand ils passèrent à côté de lui peinant à maîtriser un Enzo se débattant. Jing-Mei s'était éclipsée dans la salle de repos, Kerry observa avec peine l'enfant apeuré, Randi ne put s'empêcher de maugréer quelques paroles contre les services sociaux…

Quand les deux agents et Enzo furent sortis des urgences, le silence s'imposa pesant et gênant. Randi remarqua que quelque chose était tombé des poches du petit garçon, alors qu'il se débattait en passant devant le bureau. C'était un petit sachet en plastique de poil à gratter à moitié vide. Franck comme pour tenter de chasser cette lourde atmosphère, mit en route le ventilateur. Toutes les personnes aux environs du bureau des admissions commencèrent à se gratter.

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Merde, en 80 c'était des états de faits, mais là
Ces journalistes ont fait des états
Et je ne crois pas que petit frère soit pire qu'avant
Juste surexposé à la pub, aux actes violents

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A suivre