Disclaimer : NCIS est une propriété de ses créateurs, aka Donald P. Bellisario, Don McGill et CBS. Je ne possède rien et ne touche rien en contrepartie de l'écriture et de la torture psychologique et physique exercée sur les personnages. Dommage.
Avertissement : Rien d'autre que quelques violences, notamment père/enfant, un peu de sang et un cliffhanger à faire frémir.
Résumé : Anthony Dinozzo est un agent banal du NCIS. Bon, mais dissipé, parfois trop. C'est du moins ce que les apparences portent à croire. Que se passe-t-il quand Abby se met en tête de découvrir ses secrets, quand Gibbs et son équipe sont confrontés à une affaire de meurtres en série dans laquelle le clan Dinozzo semble impliqué ?
Genre : Angst, crime, drama, family, hurt/comfort, romance, thriller.
Spoilers : Jusqu'ici, c'est très light. C'est une simple étude du personnage, vous savez, rien de très important au niveau du déroulement de la série en général.
Pairings : Gibbs/Tony en relation père/fils, Tony/Abby, frère/soeur, du Gibbs/Abby et Gibbs/Ziva, père/filles. Le seul couple viendra en fait de McGee/Abby.
Je sais, vous l'attendiez avec impatience. Mais, écoutez, c'est une assez mauvaise période, en ce moment, pour moi, alors merci d'être patients, je vous l'ai dit, je n'abandonne pas ^^.
Merci à vous tous pour vos reviews ! Excusez ce changement face aux habitudes, mais je tiens vraiment à vous poster cela le plus vite possible, et prendre le temps de décortiquer les reviews par écrit serait trop long pour une pauvre âme comme moi qui doit s'en aller vers d'autres horizons dans les minutes qui suivent xD. Veuillez m'en excuser. Je me reprendrais au prochain chapitre ^^.
Bref, ce chapitre est avant tout là histoire de vous faire revenir sur quelques évènements de la vie de Tony, du point de vue de son jumeau, alors, il reste quelques lacunes, quelques visions personnelles ou quelques erreurs, ah ah ! Histoire que vous commenciez à voir pourquoi Tony possède ce masque d'agent souriant, mais également pourquoi il s'est mit à la drogue et quelques autres choses tout aussi drôles. Et, la fin vous tuera. Excusez-moi ^^.
Sur ce, bonne lecture !
Tout avait commencé après la mort de Vittoria.
En ce temps-là, déjà, pas plus haut que trois pommes, il avait laissé tomber l'affreux sobriquet que tout enfant donne à sa mère pour le prénom officiel, imposant la distance, l'éloignement entre eux.
A la première écoute, son père avait passé une main dans ses cheveux châtains et lui avait adressé un sourire exclusif, inédit, un sourire fier.
Son père était déjà une putain de pourriture.
Bref, Vittoria était morte, un matin, comme ça, elle avait disparue de leur vie. Ça lui avait fait drôle, au début, de ne plus la voir crier, pleurer, avaler ses pilules et déambuler comme un fantôme dans les couloirs de la grande maisonnée mais, finalement, il s'était dit que c'était mieux ainsi. Il n'était pas triste, il n'avait aucune raison de l'être, elle n'avait jamais vraiment comptée pour lui.
La nounou disait toujours que déjà, à l'époque, il était une version miniature de son père, une véritable petite crapule, sans coeur, affreuse et faussement adorable petite personne. Elle disait qu'il finirait mal. Elle n'avait pas forcément tort.
En fait, voilà ce qui avait commencé après la mort de Vittoria : l'acharnement compulsif de son père contre son frère.
Certes, il avait très vite remarqué que Vittoria était très proche d'Antonn, trop même, et que, d'un côté, elle devait se considérer comme lui, petite créature abandonnée, malade, faible, se laissant entraînée dans un tourbillon familiale dont elle n'avait jamais voulue.
Il avait aussi vu que les cheveux d'Antonn étaient plus foncés que les siens, que ses yeux étaient plus clairs, qu'il était plus petit, plus chétif, que son regard brillait d'une intelligence et d'une compréhension qu'il savait ne pas posséder lui-même. Comme Vittoria.
Lui, il avait la force brutale, le rire gras et sourd, le rictus mauvais, les yeux foncés et les traits voluptueux, élégant, le magnétisme froid et le sourire charmeur et calculateur. Comme Ismaele.
Pourtant, n'étaient-ils pas jumeaux ? N'étaient-ils pas censés être les mêmes, la même entité ?
Il ne s'était jamais senti très proche de cette silhouette fragile et malade, de ce gamin fluet et trop intelligent pour son propre bien. Certes, il le protégeait souvent des autres, mais plus par solidarité familiale qu'autre chose. On n'emmerdait pas un Dinozzo. Emmerder un Dinozzo c'était comme signer son arrêt de mort. Et ça s'appliquait à tous.
Bref, son père avait commencé à chahuter son frangin plus que de raison. Natalie avait prit ses clics et ses clacs un mois plus tôt pour rejoindre son petit-ami qui était partit pour l'Europe, Rafael avait déménagé, Sebastian était le plus fidèle des toutous. Il ne restait plus que le benjamin à dresser.
Les cris finirent par résonner dans les couloirs, sans interruption.
Et c'était « Tony ! », « Tony, vieni qui ! », « Figlio di puttana, Tony ! », et encore, et encore, et encore, tous les jours, tous les soirs ...
Jusqu'à leurs douze ans.
Antonn ne manquait plus l'école, pas parce qu'il n'était plus malade, mais parce qu'il avait apprit à le cacher. Antonn ne se plaignait plus, pas parce qu'il ne le pensait plus, seulement parce qu'à chaque fois qu'une pensée de ce genre lui traversait l'esprit il se mordait la langue pour se taire. Antonn ne lui parlait plus. Antonn ne riait plus. Antonn n'était plus son frère, à présent.
Il n'arrivait pas à reconnaître son frère dans l'être sombre et effacé qui se tenait face à lui, dans le gamin au dos courbé et au visage fermé qui évitait son regard.
Ce ne fut qu'à cet instant là qu'il pria Vittoria, qu'il pria leur mère de revenir, parce que c'était devenu l'Enfer sans elle, et qu'en fait, malgré ce qu'il avait pu penser, il l'avait toujours aimé et, aujourd'hui, sa présence lui paraissait indispensable.
Mais, bien sûr, ses prières ne se firent jamais entendre.
Cette année-là, encore, il tenta de se rapprocher de son frère, essayant de prendre comme argument une lacune en mathématiques pour tenter de l'amadouer. Si Antonn s'appliqua à lui rédiger tous ses devoirs avec une application qui relevait de l'obstination, il ne parvint jamais à lui tirer plus de deux phrases à la suite. Alors, il passa à autre chose.
Et puis, un jour, un cri plus strident que les autres le réveilla en sursaut. Il entendit des bruits de course dans le couloir et la porte d'entrée claquer. Au moment de replonger sa tête dans l'oreiller, ce fut le cri de Sebastian qui le fit se redresser. Il y avait quelque chose d'étrange, du moins, de plus étrange que d'habitude.
Ce soir là, du haut de ses treize ans, il cru véritablement devenir fou.
Antonn était mort.
Franchement, on ne pouvait pas perdre autant de sang sans être mort. On ne pouvait pas être si pâle sans être mort. Sebastian était figé, blême, les yeux fixés sur la silhouette de leur frère presque battu à mort, la respiration laborieuse. En bon caractère de leader naturel, il le poussa dans le couloir en lui hurlant d'appeler les secours. Il le fit sans grande conviction, tout aussi choqué que lui pouvait l'être.
C'était étrange de voir son propre reflet baigner dans une mare de sang, de voir une réplique parfaite de soi-même mourir petit à petit, s'éteindre lentement, doucement.
Il resta léthargique quelques minutes, sentit à peine les larmes couler sur son visage, avant que la réalisation ne l'atteigne de plein fouet. Son père, son modèle, venait de tuer son frère, celui qu'il avait apprit à aimer par la souffrance non exprimée, par la douleur intérieure, par les minces sourires et les pâles arguments.
Lorsque les secours arrivèrent, il serrait le corps à peine en vie dans ses bras, refusant de le lâcher, comme si l'éloigner signifiait qu'il partirait lui aussi très loin, comme un jour Vittoria l'avait fait.
Il y eut un procès, une visite des services sociaux, mais Ismaele s'en sortit d'une gracieuse pirouette, par l'intermédiaire de Leandro, le propre parrain d'Antonn.
Son frère resta un mois à l'hôpital.
Lorsqu'il revint à la maison, le monde se remit à tourner. Sebastian était toujours aussi distant et leur père avait décidé de s'éloigner. Quelques mois plus tard, on apprenait qu'il avait une nouvelle dulcinée et qu'elle lui avait pondue un autre marmot, un certain Carmine, cette fois. La nouvelle ne lui réjouit pas le moins du monde.
Pourtant, en son for intérieur, les yeux couvant la forme fragile de son frère, il se contenta de l'annonce, pensant avec une froide et bestiale joie que, peut-être, Ismaele se contenterait de s'en prendre à ce plus jeune bâtard et laisserait enfin Antonn tranquille.
Pendant un an, leur père se contenta de mener sa vie entre son travail et le foyer annexe, là où sa nouvelle compagne et le petit Carmine vivait encore. Eux trois étaient sous la tutelle de la nounou, et parfois de Leandro qui venait souvent leur rendre visite. Antonn disait toujours qu'il lui faisait peur. Rien que pour cela il avait apprit à le haïr.
Et puis, papà était devenu un putain de gangster. Ou un truc comme ça, à quinze ans, il n'avait pas vraiment comprit comment on pouvait ramener de si grosses sommes d'argent à la maison par le simple bon fonctionnement d'une entreprise d'import-export. Ça lui avait plu, au début, lui le joueur de basket de l'école, aimant à filles mais bien loin de récolter les lauriers au niveau scolaire. Ça, c'était le domaine d'Antonn. C'était lui, la tête de la famille. Lui, il n'était que la brute arrogante et sans cervelle de l'école.
Alors, quand Ismaele lui a mit un revolver dans une main et lui a demandé de tirer dans la jambe d'un pauvre SDF, il ne s'est pas trop posé de question. Il l'a fait. Il a même sourit quand Leandro l'a achevé d'une balle dans la tête.
Pas parce que c'était bien, pas parce que c'était beau. Simplement parce qu'il avait hérité de la violence du père, simplement parce qu'il avait toujours su qu'il finirait ainsi.
Antonn, qui était devenu à la fois son meilleur ami et son confident depuis son séjour à l'hôpital, lui avait lancé un regard dégoûté, presque honteux lorsqu'il l'avait vu revenir ce soir là, couvert de sang. Borné et enfermé dans sa volonté d'être bien vu par le père, il avait alors tourné le dos à son frère et, à son tour, s'était renfermé sur lui-même.
Ils avaient cessés de se parler.
La haine, la colère, la rancune, la jalousie. Le tout avaient formés leurs rapports durant près de deux ans. Ils s'évitaient, se battaient, parfois, quand la pression devenait ingérable, mais jamais l'un n'essayait de comprendre l'autre.
Rapidement, il laissa tomber l'école et, comme Rafael et Sebastian avant lui, il rejoint la petite entreprise mafieuse du père. On lui demandait de torturer, de tuer, parfois, de menacer, de voler, et il le faisait toujours, car rien n'égalait le sourire fier et tendre d'Ismaele lorsqu'il revenait de ces « missions », lorsqu'il accomplissait avec brio une affaire difficile.
Durant ces deux ans, il ignora complètement son frère. Antonn vivait avec leur plus jeune frère, Carmine, leur père et son épouse du moment. Lui avait déjà un petit mais luxueux appartement en centre ville, aux frais du géniteur, et ne revenait que rarement au manoir familial.
Le simple fait de croiser le regard perçant de son frère lui tordait douloureusement les entrailles.
Le monde continua de tourner, la vie suivit son bonhomme de chemin.
Et puis, un soir, il retrouva son frère roulé en boule contre la porte de son appartement, bouleversé, le visage ensanglanté, en pleine crise d'angoisse.
Dès lors, toute rancune, toute colère s'évanouit.
Antonn lui expliqua qu'il avait eut une place dans une grande université de l'état mais que, pour y entrer, il fallait d'abord payer une assez belle somme d'argent. Bien sûr, pensant que cela n'allait que mettre en joie leur père, il était allé lui demander un prêt, mais l'homme n'avait pas réagit comme il l'avait pensé.
Coups, insultes et menaces plus tard, il se retrouvait là.
Antonn lui expliqua qu'il n'était bon qu'à ça, qu'aux études et aux sciences, que s'il ne pouvait pas intégrer cette école, sa vie n'avait plus aucun sens, qu'il refusait de suivre le chemin que lui et les autres avaient pris, que jamais, lui, ne deviendrait un putain de mafioso, qu'il préférait encore mourir.
Et, lui, il avait comprit qu'Antonn était assez idiot et fou pour se laisser mourir. Il savait également que si leur père savait une telle chose, il n'hésiterait pas à se débarrasser de son propre fils.
Ce fut ce qui se passa.
Ismaele, un soir, jeta son frère à la porte. Lui était arrivé par hasard, alors que son père l'avait demandé pour un rapport suite à une affaire. Il avait vu Antonn se faire jeter dehors, sous la pluie battante d'un mois de novembre, ses minces effets baignants dans les flaques boueuses. Ils n'avaient échangés qu'un regard. Puis, il avait suivit son père à l'intérieur, laissant son frère détruit sur le palier.
Deux heures plus tard, au volant d'une voiture de sport flambant neuf, il avait parcouru les rues de la ville à la recherche de son jumeau. En vain. Antonn avait toujours eut un grand talent pour devenir la plus sombre des ombres, pour se fondre dans la masse. Ça allait de paire avec son constant sentiment d'infériorité et son instabilité globale.
Il lui avait fallut un mois pour le retrouver dans un quartier malfamé de Chicago, complètement différent, changé du tout au tout.
Drogue, alcool, dépression, auto-destruction, mutilation. Il n'était plus qu'une ombre. Antonn était devenu Tony, ce que leur père prédisait depuis si longtemps.
Tony Dinozzo, pour tous, pour chacun.
Il lui avait fallut un bout de temps avant de regagner un peu de sa confiance et de le prendre sous son aile. Il avait caché la présence en ville de son frère à leur père, qui lui s'était appliqué à enlever chaque photographie, chaque mention d'Anthony dans leurs vies, et ce avec un soin et une obstination presque addictive.
Antonn couchait avec n'importe qui, passait ses nuits dans des clubs obscurs, frôlait l'overdose à chaque nouvelle prise, ne mangeait quasiment plus.
Son frère était complètement brisé et, lui, il ne savait absolument pas comment s'y prendre pour le reconstruire.
Deux fois il utilisa l'argent que lui avait donné son père pour le récompenser de la réussite de ses interventions pour payer les séjours en centre de désintoxication de son frère. A chaque fois, Antonn s'enfuit et replongea.
Cela dura encore six mois, six mois passés entre la surveillance acharnée d'un petit frère complètement incontrôlable et l'horrible pression exercée par son père, qui ne comprenait pas comment il réussissait à dilapider son argent aussi vite.
Un jour, alors qu'il rentrait d'une affaire particulièrement éprouvante, il retrouva son appartement vidé, la présence de son frère disparue. Dès lors, du haut de leurs dix-neuf ans, ils se séparèrent.
La vie continua ainsi, jobs, menaces, vols, flingues, coke et voitures de luxe. Durant cinq longues années, cinq ans où il ignora tout de son frère, de l'endroit où il vivait, de ce qu'il était devenu. A la longue, il se conforta dans l'idée pessimiste qu'il devait être mort, crevé d'une overdose dans un bordel minable de l'Illinois, abandonné et seul.
L'idée le poursuivit même jusque dans ses cauchemars.
Et puis, un jour, alors qu'une affaire l'avait amené sur les bords de l'Illinois, une erreur de parcours l'avait emmené droit dans une cellule de Peoria. La poisse. Quelques empreintes laissées sur une scène de cambriolage.
Et alors, il s'était retrouvé menotté au bureau d'un inspecteur, nouvelle recrue, répondant au nom de Tony Santo, son reflet le plus complet.
Bordel de merde.
Antonn était là, devant lui, certes au visage tiré, à la mine fatiguée, mais bien vivant, réel. Il leur fallut un instant, quelques minutes pour réellement assimiler l'évènement. Et puis, son frère se leva et, d'un tour de main dont il ne comprit jamais le sens, parvint à le faire délivrer.
Il lui fallut tout l'acharnement possible et inimaginable pour réussir à lui tirer une simple heure de retrouvailles. Du haut de sa froide impassibilité, de ce nouveau masque hautain et gelé, Antonn lui apprit qu'il avait été un temps à l'université, dans l'Ohio, avant de passer le concours d'entrée des forces de police. Depuis, il était passé de Philadelphie à Peoria, et il comptait déménager encore vers Baltimore.
Il apprit très vite que ces déménagements constants étaient dus à l'acharnement compulsif que gardait leur père à rechercher sa trace, à ne jamais lui laisser de répit. Il apprit qu'un an auparavant, un soir où il avait baissé sa garde, il s'était fait tiré dessus par Andreani, un larbin reconnu du père. La balle lui avait frôlée l'épaule avant de venir se loger dans la portière de sa voiture.
Alors, lorsqu'ils se séparèrent à nouveau, tout en se promettant de reprendre très vite contact, il ne se pria pas pour aller confronter son père et, mieux encore, se délivrer de son emprise. Il avait décidé de rester avec Antonn, de le protéger, de le surveiller, car le frère qu'il avait retrouvé aujourd'hui ne lui plaisait en aucun point, de ce jeu d'acteur sans sens à cette froideur peu commune.
Il se retrouva un canon posé sur la tempe, la lèvre ensanglantée, les yeux électriques et menaçants de son père dans les siens. Un père qui l'interdit de revoir son frère, un père qui lui annonça que, s'il partait, il ne se ferait pas prier pour mettre une balle entre les deux yeux d'Antonn.
Le jeu du gamin de quinze ans venait de se transformer, de changer en un piège mesquin, malsain, mauvais. C'était sa soumission pour la vie de son frère.
C'était injuste.
Bien sûr, un instant, il pensa qu'il aurait le temps de foncer vers Peoria, d'arrêter le quelconque homme de main puis que tous deux pourraient fuir, peut-être vers l'Europe, loin de leur père. Mais, bien vite, l'idée lui parut aussi risquée qu'impossible.
Quelques rencontres à Baltimore, quelques coups de fils à Washington, quelques coups de main de l'un ou de l'autre, quelques disputes, quelques rires.
Antonn était devenu Tony à plein temps. Il se droguait toujours, buvait toujours, mais lui, il savait que s'était un peu moins qu'avant. Il savait que la présence de quelques personnes attentionnées arrivait à changer la done. Ce Tony était étrange, pas aussi froid que le Tony de Peoria, au contraire, mais beaucoup trop proche de son propre caractère, à lui, pour qu'il ne trouve pas le tout malsain.
En bref, et très vite, il su qu'Antonn n'était toujours pas guérit du passé mais que, au fil du temps, la blessure avait changée, la douleur aussi, et que le tout s'était métamorphosé en quelque chose d'autre que tout ce qu'il avait connu jusqu'alors.
C'était à la fois effrayant et déroutant.
Alors, cette nuit-là, lorsqu'un certain Gibbs lui apprit que son frère était inculpé de meurtre et que leur père était impliqué, il ne lui avait pas fallut y réfléchir à deux fois avant de quitter New-York et ses lumières. L'envie de revoir son cadet était trop forte.
Il aurait du savoir qu'il était suivit. Il aurait du savoir qu'Ismaele n'avait certainement jamais cessé de garder un oeil posé sur Anthony.
Il aurait du voir la balle venir.
Il aurait du le sauver, le protéger, comme il se l'était promit, comme tout grand frère est censé agir envers son cadet.
Antonn était mort.
Et tout était de sa faute.
Elle pleura tout au long du voyage menant à l'hôpital. Dans la salle d'attente, exténuée, elle s'effondra sur l'épaule d'un McGee aux traits tirés, aux yeux rougis. Lorsqu'on leur annonça que Vitali allait s'en tirer, elle esquissa un mince sourire. Lorsqu'un autre docteur leur apprit que Tony, leur Tony, était plongé dans un profond coma, se furent à nouveau les larmes et la douleur qui obscurcirent son champ de vision.
- Je ne me l'explique pas. Physiquement parlant, il va très bien. La balle l'a à peine frôlé et a simplement provoqué une légère brûlure au niveau de la tempe. Il devrait aller parfaitement bien. Seulement, les tests toxicologiques ont montrés un taux élevé de substances dopantes dans son organisme, dont des amphétamines, en l'occurrence. Cela ajouté aux évènements ont certainement provoqués un choc traumatique très important, menant à un coma profond, dont sa conscience seule est responsable. Je pense qu'Anthony a simplement voulu se protéger de ce qu'il a vu, de ce qui s'est passé, et que, de façon imagée, pour y parvenir, son esprit à simplement appuyé sur le bouton d'arrêt. Puis-je savoir si vous avez déjà contactés les parents de ces deux jeunes hommes ?
Gibbs et Ducky échangèrent un regard, sonnés, presque assommés par ce qu'ils venaient d'apprendre. Passant une main sur son visage, ignorant les sanglots d'Abby et la silhouette repliée de Ziva, il se tourna vers le docteur, les yeux froids, le visage tordu par l'inquiétude et le désespoir.
- Nous sommes leur famille. Pas besoin de contacter leur père.
- Mais, ils ont des frères et des soeurs, n'est-ce pas ? C'est du moins ce que le dossier de Vitali Dinozzo mentionne. Ne voudraient-ils pas savoir que leurs frères sont à l'hôpital ?
Un nouveau regard échangé. Indécis, ne sachant pas vraiment si Tony accordait sa confiance à d'autres, Gibbs se tourna vers Abby, seule parmi eux tous qui en savait sûrement plus que quiconque sur l'agent et leur ami.
La laborantine essuya ses larmes et plongea une main dans son sac de velours noir, en sortant un petit carnet de la même couleur, dont la couverture était illustrée d'une tête de mort blanche.
Si l'instant n'était pas si tragique, Gibbs aurait presque pu en sourire, tant le tout la représentait si bien.
Elle se leva, avança de quelques pas vers lui et lui tendit une page. Sur celle-ci se côtoyaient quelques noms et numéros, quelques notes, personnes à joindre en cas d'urgence et autres à ne contacter qu'en cas de nécessité extrême.
- Tony ... Il pensait que ça pouvait tourner mal, alors ... Il a laissé ça sur mon bureau avant de ... avant d'y aller ...
Il repéra les noms, Natalie, Sebastian, Carmine, Levi, et d'autres encore qu'il ne connaissait pas, tous liés à une situation géographique et à un numéro de portable.
- Merci, Abby.
Il passa une main sur sa joue, avant de tendre le papier à McGee, qui s'empressa de se lever et de filer, le portable collé à l'oreille, la feuille dans une main.
- Pouvons-nous le voir ?
- Il était encore en salle de réveil, je suis désolé. Dès qu'on l'aura placé dans une chambre, une infirmière vous mènera jusqu'à lui, mais pas avant encore quelques heures, malheureusement. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas.
- Merci, Docteur, merci.
L'homme leur adressa un sourire sympathique et affecté avant de tourner les talons. Gibbs passa un bras autour des épaules d'Abby et se tourna vers son deuxième agent, ignorant difficilement, mais avec une grande résolution, les sillons qu'avaient tracés les larmes sur ses joues pâles.
- Ziva, je veux que tu retournes au NCIS. Trouves-moi tout ce que tu peux sur l'enfoiré qui a bien pu leur tirer dessus, les scientifiques du FBI doivent déjà avoir bien avancés dans leurs analyses, il est impossible qu'on ne trouve rien de l'identité de ce salopard dans tout ça !
- Mais, Gibbs ...
- Je t'appellerais toutes les heures s'il le faut pour t'informer de l'état de Tony, ne t'inquiètes pas.
La jeune femme sembla hésiter, un instant, puis elle hocha la tête, échangea un sourire pâle avec Abby, puis se dirigea vers la sortie.
Gibbs soupira, passa une nouvelle main sur son visage, puis se rassit sur un de ces sièges de plastique orange, inconfortable et instable. Ducky leur dit quelques mots sur l'envie d'aller voir comment le frère jumeau de Vitaly se portait et les quitta. Abby, elle, s'assit près de lui, l'air indécis, le visage tiré par la tristesse.
- Gibbs, tu crois qu'il ... Tu crois qu'il pourrait ...
- Il va s'en sortir, Abby. Tony ne nous ferait jamais un coup comme celui-là. Tout ce que je veux savoir, c'est comment cet idiot a bien pu prendre des amphétamines sans qu'aucun d'entre nous ne s'en rende compte. Tu n'as rien remarquée ?
- Non, il avait un comportement tout à fait normal, du moins je le crois. Peut-être qu'il en avait dans sa voiture, tu sais. Il a très bien pu en prendre sur le chemin.
Il soupira, dépassé, légèrement en colère, les tréfonds de la trahison et de l'incompréhension se mouvant lentement dans son esprit.
Comment Tony avait-il pu se droguer tout ce temps sans qu'il ne s'en aperçoive ? Est-ce que cette situation avait commencée avant son entrée au NCIS ou était-ce un fait précis de ces dernières années qui l'avait fait se tourner faire ce chemin illusoire ? Dans tous les cas, cela devait cesser.
- Il faut qu'il s'en sorte, Gibbs. J'ai déjà perdue Kate, je peux pas perdre Tony, je peux pas ...
- Il s'en sortira, Abbs, je te le promets, il s'en sortira.
Une ligne plate sur un moniteur, une sonnerie stridente, angoissante, dont la conclusion ne pouvait être que funeste.
On cria dans le hall un code d'une certaine couleur dans une certaine salle. Aussitôt, on s'activa.
Gibbs resserra sa prise sur les épaules d'Abby, comme pour se rassurer, comme pour leur assurer, à tous les deux, qu'en effet, tout ira bien.
Quelques mètres plus loin, un choc électrique contre un torse, contre un coeur en pleine hérésie.
Anthony Dinozzo retomba sur le matelas, inerte.
Un électrocardiogramme plat pour seule conclusion.
Verdict ? ^^
