THE WHEEL OF TIME

Chapitre 5

Tu étais là, il y encore quelques minutes. Et tu me souriais. Harry Potter me souriait ! Comme tu m'as souri pour la première fois lors de cette indicible et inénarrable septième année…

Je me sens revigoré. Une force nouvelle m'envahit.

Mais je n'arrive à avoir de certitudes et toujours le doute m'assaille, interrogeant la légitimité de ton indulgence… Suspicieux, il va même jusqu'à générer des questions sur ta réelle motivation… Car tu n'es pas venu pour moi.

Tu es venu pour Malia.

Pour me demander… Oh merde, j'en tremble encore !
Pour me demander de l'accompagner à l'autel lors de la cérémonie qui va vous unir devant les âmes magiques de vos ancêtres…

Ce rôle dévolu au père que Malia n'a jamais eu, tu es venu me le confier… A moi. Draco Malefoy.

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Ma vue se brouille. Il y a si longtemps que je n'ai pas pleuré de joie… L'ai-je jamais fait d'ailleurs ? Tu m'honores d'une confiance dont je ne sais si je dois l'attribuer à ton amour pour ma sœur ou si… Si vraiment tu me considères suffisamment digne pour ce faire… ?

Le scepticisme est assassin.

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Je t'ai demandé un délai de réflexion. C'est totalement idiot…

Je n'avais qu'une seule envie : celle de te hurler un "oui" sans concession. Un "oui" de reconnaissance…

Un "oui" qui en aurait dissimulé tant d'autres.

Mais tu es resté toi-même. Un peu distant et acceptant mon hésitation, mon trouble.

J'aime Malia par-dessus tout et c'est le minimum que je lui doive que de l'accompagner vers toi.

Comment vas-tu saisir, interpréter ma réponse décalée ?

Peut-être y verras-tu une répulsion à te donner la main de ma sœur ?! Pourtant, je sais qu'elle t'aime. Je sais qu'elle te mérite et que tu es digne d'elle.

Les habitudes ont la vie dure… J'ai presque envie de te courir après pour te le dire. Mais le mal est de toute façon déjà fait…

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J'aimerais que tu me dises que je me torture inutilement. Toutefois, ce n'est pas si chèrement payer que ces tourments en regard de mon passif…

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Mais il est temps de revenir là où j'en étais avant ta petite visite surprise…

Les B.U.S.E.s sont arrivées. Et la débandade des derniers soutiens à Dumbledore… Mac Gonagall stupéfixée. Lâchement, il me faut bien le reconnaître. Puis ton cher ami le garde chasse… Sur le sort duquel en revanche je ne puis vraiment compatir… Peut-être un peu, avec du recul… Enfin le piège du Mage Noir… L'elfe de la maison Black jouant son office.

Trop cocasse d'ailleurs que ton cher ami Ron soit celui qui te trahisse involontairement et permette ainsi mon entrée en scène…

J'avais encore en moi chaque coup distribué à la fin du match de Quidditch… Leur douleur effarante. Non pas par leur violence, mais parce que tu en étais l'auteur.

Ma violence à moi fut bien sûr psychologique : tu m'étais si réceptif. Le moindre de mes ricanements décelait chez toi la moindre parcelle de haine… Et Merlin sait qu'alors je ne me suis pas retenu ni privé…

Je t'ai encore offert à Dolorès Ombrage… Avec délectation.

Pourtant… Pourtant ! Une fois qu'elle a fait intervenir Severus Rogue en m'envoyant le quérir pour lui solliciter du Veritaserum, les choses se sont étrangement modifiées en moi…

L'intervention de notre Professeur de Potions m'a déstabilisé. Mon plaisir amoindri. Et malgré les sarcasmes qui auraient dû m'inviter à m'esclaffer très ouvertement, je me suis alors tu.

Tu ne me demandes pas pourquoi ? Tu n'as pas remarqué cela ?

Lorsque j'ai été cherché Rogue, j'ai croisé Cho Chang. Et l'image de Diggory s'est aussitôt imprimée en moi comme le nez au milieu de la figure…

C'est le souvenir de Cédric qui a induit mon silence. Car il m'a ravivé le discours d'Ombrage en début d'année : la dénégation absurde et outrancière de son meurtre, transformé en "accident"…

Je suis donc inéluctablement reparti dans la feinte. Le semblant. Le paraître. Endossant le costume du Malefoy odieux, cruel et perfide que mon père m'avait cousu, avec un naturel presque déstabilisant face aux troubles identitaires et existentiels qui remontaient alors parallèlement, avides, à la surface…

Attentif et exultant quand la Grande Inquisitrice se livrait un faux combat pour t'infliger un Doloris… Quand à l'intérieur un doute inexprimable m'habitait face à cet écart…

Les sorts impardonnables ont toujours été l'apanage des rebelles, des tortionnaires, des mangemorts…

Mais Granger t'a sauvé. Avec une histoire totalement loufoque gobée par Ombrage comme un enfant à l'affût d'un bonbon qu'on lui a refusé… Ce prétexte d'une arme à l 'initiative de Dumbledore. Ne fallait-il pas qu'elle soit complètement folle pour y croire avec sérieux ne serait-ce qu'un instant ?…

Mes neurones carburaient alors à une vitesse stupéfiante. La laisser croire, voire l'encourager en créditant par mon attitude de convoitise cette supercherie abracadabrante montée par ta copine la "Sang.." - Bon d'accord Granger- et je tenais ma petite vengeance personnelle…

Tu auras remarqué que je n'ai pas lourdement insisté finalement pour l'accompagner avec vous deux… Une protestation pour la forme et le tour était joué.

J'étais convaincu d'un piège et que vous vous débarrasseriez aisément de cette… greluche !

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Etait-ce l'euphorie de ma petite vengeance toute personnelle et anonyme qui m'a cru préservé de quelconques représailles ? Etions-nous si faibles et incompétents ? Ai-je jeté insidieusement un sort de torpeur sur mes congénères serpentards ?

Toujours est-il que, maîtrisés et prisonniers, tes amis se sont délivrés avec une facilité stupéfiante, la sœur de ton ami Weasley usant d'un chauve furie qui aurait pu me faire rire si je n'en avais été le destinataire…

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Ce fut ensuite vos mésaventures au Département des Mystères.

Durant ce même laps de temps, profitant de l'absence de tous parasites substantiels – vous, Dumbledore, mes congénères, Ombrage, Mac Gonagall – et une fois le contre sort "chauve furie" adéquat employé, j'ai utilisé la cheminée de la Grande Inquisitrice pour contacter Malia…

Je l'ai fait juste parce que j'en avais l'occasion. Sans motif précis. Je pouvais le faire, personne n'était là pour m'en empêcher et… Soudainement elle me manquait…

Et j'allais pas super bien.

Rien sans doute comparé à toi, mais finalement, je crois que sans que je m'en sois rendu-compte, la roue du temps terminait un cycle chez moi et le raz-de-marée avait fait son œuvre et son office… J'étais dévasté à un point dont moi-même j'ignorais l'ampleur et dans une prescience qui n'était supportable justement parce qu'incertaine…

Elle fut étonnée.

Puis elle fut étonnante.

Elle a reposé succinctement un barrage protecteur pour préserver l'île sur laquelle j'étais réfugié…

C'est une image Potter ! Cherche pas !

Ensuite, avec une certaine patience, elle m'a convaincu d'aller trouver Dumbledore pour lui parler.

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Pour aller au plus simple Harry, disons que, Ombrage hors de course, je savais que notre Directeur reviendrait prendre ses fonctions dans l'heure.

Or, je savais que ce soir-là, son hésitation à te porter un Doloris était le début inexorable d'un brusque et définitif déclin…

Ce qui m'était en revanche totalement inconnu, c'était les évènements du Ministère…

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C'était le milieu de la nuit. J'étais devant la porte du bureau de Dumbledore et, y percevant un bruit signifiant une présence, j'en ai déduit que, décidément, ma logique était vraiment une arme redoutable… Même à moi-même ! J'allais frapper à la porte. – Et oui j'avais le mot de passe face à la gargouille mais je te dirais plus loin comment – quand le plop caractéristique d'un transplanage a éveillé mon attention et ma curiosité… Cela faisait vraisemblablement deux personnes dans le bureau dont l'une, pouvant transplaner au sein de Poudlard, et donc dernier arrivé, ne pouvait être que notre Directeur… Qui était donc la première ?

Dumbledore devait lui-même être relativement bouleversé pour ne pas percevoir ma présence…

Fatigué aussi…

J'ai vite compris que tu étais l'interlocuteur de Dumbledore.

C'est ta colère et ton désarroi palpables derrière la porte qui m'ont retenu, comme un aimant…

J'ai eu la vertigineuse sensation que tu m'aurais su là où j'étais, indiscret, violant votre intimité, tu m'aurais tué…

Puis votre échange à vite laissé passer des bribes d'informations : un combat contre les mangemorts et Voldemort lui-même. La mort de Sirius Black. Puis…

Puis Dumbledore, dans une voix posée et si… protectrice ? paternaliste ? te disant que tu devais accepter la douleur car elle te signait être humain…

J'avais la chair de poule. J'étais témoin indirect et je ne comprenais pas grand-chose. J'avalais juste comme une éponge les émois qui traversaient les lieux…
Tu peux me croire, cela n'avait rien de bien agréable…

Mais ne suis-je pas sot ? Tu y étais…

Mais toi tu as alors explosé en hurlant : "Alors je ne veux plus être humain"

Et des bruits de verres cassés, d'un baroud indescriptible ont éclaté…

Ta fureur a pris possession des lieux…

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Cet épisode est certainement une douleur innommable pour toi.

"Je ne veux pas être humain !"

Ta souffrance était glaciale pour tout autre que toi-même qui en brûlait à l'intérieur…

Le propos m'a terrifié…

Bouleversé.

Irrémédiablement atteint.

Dans des profondeurs abyssales, tu étais un espoir pour moi.

Bien évidemment, je le savais pas de façon si élaborée. A peine était-ce la larve d'un soupçon dans mon inconscient…

Cette boîte à lumière s'est brutalement refermée.

Et ce n'étaient pas mes doigts sous le couvercle.

C'était mon cœur et mon âme.

Déchirés.

Déchiquetés.

Le vide absolu. Mon être baignant dans l'infini spatio-temporel…

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Tu restais à l'intérieur de moi, néanmoins, et peut-être à jamais à partir de cet instant, invisible.

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Sometime i feel you're close to me

But still invisible

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Que me restait-il alors ?

Ma mère, inconstante dont je ne savais plus dans quel camp elle jouait.

Ma sœur, cette inconnue… Rassurante mais, encore trop fantomatique pour pallier le désespoir contagieux dont tu m'avais contaminé…

Mon père. Ancré dans son personnage. Seul repère. Je n'oserais dire fiable. Mais au moins présentait-il une cohérence rassurante…

J'avais tant besoin d'être rassuré alors.

On se raccroche aux branches. Tu le sais aussi bien que moi.

-

Dumbledore s'est présenté totalement neutre et impartial dans la chambre commune des Serpentards.

Il a annoncé aux enfants des concernés l'arrestation de nos pères accusés d'être des mangemorts et ayant collaboré à une attaque du Ministère au cours de la nuit précédente…

On se raccroche aux branches.

Et on sciait les miennes.

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J'étais perdu.

Désemparé.

Prisonnier de contradictions qui participaient plus à me tuer qu'à me faire avancer.

J'ai continué à être le Draco Malfoy de toujours.

Non.

En fait, je n'ai rien fait.

Cette période n'est que brouillard.

J'étais l'apparence, l'être officiel que j'avais toujours été, parce qu'à l'intérieur, il n'y avait que du vide.

J'étais une coquille vide.

Ce sont les stimuli de l'habitude qui me faisaient réagir.

Dont toi.

Dès que nous nous sommes recroisés, je t'ai menacé. De mort si je me souviens bien.

Si tu savais la tempête qui sévissait en moi au même moment.

Un cyclone pour dire vrai.

Et ta voix fut un phare.

Simplement ta voix.

Quelle connerie !

Tu m'as insulté en me rabaissant à rien, méprisant dans tes répliques où, après avoir affronté ton ennemi juré, nous ne pouvions faire le poids.

Tu as même prononcé le nom du Seigneur des Ténèbres.

Tu as vu ma peur.

Tu as souligné l'alliance entre Lui et mon père.

Je me suis puérilement débattu.

Et tu m'as signifié que désormais mon nom ne me protègerait plus, bien au contraire.

Rogue est intervenu.

Et je me suis senti méprisable car toute ta haine a aussitôt été centralisée sur lui.

J'étais misérable.

Je n'étais rien.

Je ne valais même pas ton dégoût.

Je n'étais rien.

Rien.

-

Notre cinquième année c'est terminée ainsi.

Non bien sûr.

Je n'omets pas l'épisode du Poudlard Express.

Crabbe et Goyle m'ont persuadés de te tendre une embuscade et tous tes amis du monde merveilleux de Poudlard nous sont tombés dessus.

Pour encore nous ridiculiser.

Nous humilier.

Nous enterrer.

Des limaces…

Dire que nous ne l'avons pas mérité, je ne dis pas.

A trois contre toi, ça n'avait rien de bien glorieux.

Sauf qu'ils n'étaient que deux. Je n'étais pas là.

Crois-moi ou pas, mais je n'étais pas là.

Vraiment.

Cela étant dit, "L'armée de Dumbledore" contre trois ne présente pas non plus une bien honorable victoire…

Alors contre deux et un sac d'os…

Des limaces…

Je suis dégoûté rien que d'y penser.

Je suis en revanche ravi de n'en conserver qu'un souvenir fugace. Inconsistant…

-

Votre sens de l'humour désopilant laisse à désirer tout de même !

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Mère n'était pas à la descente du train cette année-là… L'arrestation de Lucius requérait sa présence à d'autres… intérêts familiaux…

Disons le carrément : elle protégeait notre avenir et mettait à couvert certains biens qu'elle ne voulait voir tomber ni dans les mains du Seigneur des Ténèbres, ni dans celles du Ministère…

Les gorilles et moi n'avions donc que deux alternatives : ou un congénère Serpentard nous trouvait et nous délivrait (avec le doute substantiel qu'il puisse nous reconnaître et nous sauver ainsi…) ou il nous fallait patienter en priant pour que l'effet du sort soit d'une durée limitée…

-

C'est Blaise Zabini qui nous a extirpés de cette situation gênante…

Je doute qu'il nous ait reconnus sous notre forme animale, aussi faut-il bien lui reconnaître avoir porté secours à de tristes inconnus…

Reprenant aspect humain, je ne me souviens pas d'une quelconque surprise de sa part.

Je ne me souviens que de bribes éparses et morcelées…

Par contre, son regard perçant est lui inoubliable…

Je t'ai dit plus haut que Blaise avait été de ceux sur lesquels j'avais quelque peu essuyé ma morgue. Bon pas vraiment plus que bien d'autres, puisque toute la maison Serpentard, à quelques exceptions prêts, a dû y passer…

Pour Blaise, ça s'est produit au moment des B.U.S.E.s , après l'examen de Sortilèges… Je venais d'exploser un verre en le laissant m'échapper lorsque j'avais entendu un examinateur s'exclamer "Le célèbre Potter ?"…

Que veux-tu ? Il y a des réflexes conditionnés…

Bref, bien qu'ayant réussi l'ensemble des autres exercices je brûlais d'avoir peut-être échoué à un "Optimal" à cause de cet incident…

C'était complètement idiot : même si j'avais un tant soit peu une famille normale, un Effort Exceptionnel était honorable… Mais comment aurais-je pu qu'un instant le croire ? L'exigence de mon père ne visait que le plus haut dans certaines matières qui devaient me donner accès à nourrir opportunément certaines ambitions… Puis Narcissa n'enseignait-elle pas cette matière à Beaux Bâtons ? Pour qui allais-je passer si je ne décrochais pas la meilleure note ?

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Combien ridicules étaient ces tourments face à l'avenir qui se dessinait !

Je sais que je me répète mais je voulais tant n'être qu'un élève, un adolescent cette année-là…

Finalement, à fuir mon destin, je n'ai fait que préparer ma chute…

-

Bref, à la fin de cette épreuve, me voilà contrarié grâce à toi (et pour une fois je n'exagère rien !) et me rendant dans la salle commune des Serpentard…

J'y trouve et tombe nez à nez avec Blaise Zabini qui, dans une maîtrise parfaitement aboutie d'un sortilège de lévitation, faisait voler un verre à travers la pièce, avec une aisance redoutable et impressionnant l'assistance.

Mon sang n'a fait qu'un tour. Réminiscence immédiate trop cruelle.

Blaise, comme tu le sais peut-être, est un séducteur impénitent et il exécutait en l'occurrence une parade amoureuse, portant le récipient chargé d'un vin doux et onctueux vers Jenny Smith…

J'ai hésité un quart de seconde entre éclater le verre ou le renverser, mais j'ai finalement opté pour subrepticement en modifier le breuvage…

La tête qu'elle a fait en aspirant le contenu fut éloquente… Elle n'a pas apprécié. Force est d'admettre que le sang de blatte a un goût amer…

Quand elle a eu fini de cracher la mixture infecte et d'incendier Blaise de mille invectives aussi gracieuses les unes que les autres - aucune classe cela dit en passant – elle a quitté les lieux, affligée de ses copines, avec perte et fracas…

Le verre était, contre toute attente, délicatement reposé sur le petit guéridon qui avait tenu lieu de réceptacle au présent prometteur.

Tu déduis assurément et très pertinemment qu'une fois la stupeur passée, les regards compatissants et pitoyables des présents rabaissés, Blaise a goûté à son tour le nectar…

En fait, Blaise est autrement moins stupide que Jenny Smith et humer le verre a bien suffi…

A peine avait-il reconnu la substance que son regard vrillait la pièce à l'affût de l'immonde salopard qui lui avait joué ce tour de cochon…

J'avais un sourire discourtois et victorieux aux lèvres qui revendiquait sans conteste mon sadisme.

J'ai bien cru un moment qu'il allait oser sortir sa baguette…

Mais, encore une fois, le courage n'est pas l'apanage des Serpentards… Or à ce moment là, le nom de mon père n'avait pas encore été déprécié et, quand bien même, Blaise ne pouvait se permettre de m'affronter sans coup férir…

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Mon acte était méchant et gratuit. Ma provocation ouverte. Mon malaise abyssal.

Blaise s'est approché lentement de moi pour me susurrer discrètement, blême de rage, qu'il n'était pas dupe et que ma culpabilité ne lui faisait aucun doute…

Mais je tape toujours là où ça fait très justement mal. Aussi l'ai-je défié, à haute de voix, de prouver la véracité de ses assertions et de démontrer que son stupide jeu de séduction n'était pas le signe d'une incompétence notoire de sa part.

La pique était pointue et vicieuse : Blaise avait réussi l'inestimable exploit, le même jour, de servir de cible à l'acrimonie des Professeurs Rogue et Mac Gonagall.

C'était exagéré. Blaise est très loin d'être un incapable. Que ce soit en Métamorphoses ou en Potions.

Mais tu sais mieux que quiconque qu'il y a des jours avec et des jours sans…

Comme ces remarques acerbes étaient récentes, elles étaient on ne peut plus à vif chez Zabini… D'autant plus qu'il avait été très largement charrié pour cet ineffable talent journalier de cumuler deux blâmes professoraux.

J'ai vu un éclair de fureur traverser ses pupilles… Puis il a souri… Satisfait du doute fugace qui avait voilé le gris orageux de mon regard. Il n'y a eu que moi pour l'entendre murmurer "Tout se paye en heure et en temps Malfoy !"

"C'est une menace ?" lui ai-je rétorqué froidement.

"Je suis tout autant Serpentard que toi. C'est tout" m'a t-il formulé laconiquement…

Alors je lui ai souri en retour… Appréciant à juste titre tant son courage que sa subtilité…

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Y avait-il du regret dans ses yeux à la gare de King's Cross lorsqu'il m'a sauvé de la destinée d'une limace ? Non.

Etait-ce du mépris ? Non plus.

Non, pire que ça, c'était une incommensurable victoire. Son plaisir était là de constater l'humiliation subie. Et c'était de bonne guerre.

Dans mon état normal, j'aurais derechef déclenché les hostilités… Mais finalement de limace à larve, je n'étais pas grand chose.

Et cela aussi, il l'a lu en moi.

Tu m'épargneras le récit des commentaires de Crabbe et Goyle, ainsi que de leur départ… Disons que si tu veux tester l'expérience tu n'as qu'à essayer de mener une conversation résolument intellectuelle avec un crapaud et un galet… Tu n'auras pas de surprises mais, par contre, l'inestimable impression que l'échange est on ne peut plus riche en regard des sons et idées (Merlin quel terme impropre !) émis par mes deux gardes du corps devrait être sans conteste…

Mais Zabini, lui, est resté avec moi.

Aurais-je jamais pu quitter la gare sans lui ?

Peut-être comprendras-tu pourquoi il a une place privilégiée depuis auprès de moi…

-

Sans lui ce jour-là, je me noyais irrémédiablement.

Les choses en eussent été indubitablement changées… Sur bien des aspects possibles… Mais en aucun cas je ne saurais le regretter. En aucun cas.

J'ai mis du temps à accepter l'idée de la main tendue par Blaise. C'était, il faut bien le dire, assez inhabituel, et là encore la méfiance a prédominé un certain temps.

Mais le temps a fait son œuvre… La roue du temps.

Leitmotiv inconditionnel de ce courrier…

A cause de toi.

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Grâce à toi.

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Je ne puis attendre plus longtemps. Je vais aller de ce pas te dire que j'accède à ta demande.

Tu me manques. Malia aussi. Alors, sous le couvert de cette information, je vais aller vous voir.

Avant d'aborder cet été fatidique…

Je sais que je n'en aurai pas le courage une fois que j'aurai abordé notre sixième année à Poudlard…

A plus tard.

A tout de suite.

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C'est-y pas mignon tout plein ça ? Bon, il va aller voir le Potty pote Potter « tout de suite », tandis que « plus tard » pour nous, ça veut dire 07 novembre…

Alors de la patience, un soupir ému pour nos protagonistes légèrement torturés faut-bien-le-dire, « Submit review » pour passer le temps et hop ! A dans 15 jours…

P.O.L.