Corrigée par Auro75, merci à elle

Chapitre 5 - Apprendre à se connaitre

Quelques heures plus tard, Thomas entra l'adresse des Mac Allistair dans son GPS. Il venait de passer un moment des plus éprouvants entre les murs gris du pénitencier de la ville. Il aurait bien refait des portraits s'il avait pu. Les sales types qu'il avait interrogés avec Aris et Teresa avaient été avares de réponses, se murant tous dans un silence quasi religieux. Minho allait être déçu, il n'avait quasiment rien appris d'intéressant.

D'ailleurs, en parlant de son coéquipier, ce dernier l'appelait. Il enclencha la conversation depuis son volant.

- Thomas, alors quoi de neuf ?

- Tu vas être déçu, man. Ils ont été muets comme des carpes ces salauds.

- Pétard, fais chier ! Rouspéta Minho dans son téléphone et Thomas l'imaginait sans mal faire les cents pas dans le poste.

- Je dois quand même te dire qu'on en a vu sept, et que d'après ce que j'ai réussi à leur tirer, les établissements scolaires n'étaient pas le fruit du hasard...

- Comment ça, « pas le fruit du hasard » ? Le coupa le jeune inspecteur. Aucun rapport ne parle de ça !

- Laisse-moi finir, Tocard ! Grogna Thomas en tournant sur la droite, essayant de suivre la route malgré son attention portée sur la conversation. Pétard, je me mets à parler comme vous, c'est sûr je vous fréquente trop. Il entendit l'asiatique pouffer dans le combiné. Bon, comme je disais, les établissements étaient sur une liste, liste qu'avait le fameux Janson. Et le seul renseignement qui, à mon sens, a de l'importance, c'est le fait que deux heures avant l'attaque il a reçu un coup de fil d'une femme.

- Qui t'a balancé cette info ?

- Hunter, il était sur la fusillade qui a touché les établissements de Kenmore. Le fait que ce soit une femme m'a été confirmé par Ericson. Il a clairement entendu Janson dire « elle me fait chier ». Ericson était sur Tukvilla. Donc on peut en déduire que toute la bande était en stand by au même endroit.

- Mais c'est qui ce Janson ? Et il a donc une commanditaire.

- Je n'ai aucun nom de famille pour ce Janson, si ça se trouve c'est Janson son nom de famille. Et bien sûr, aucun nom pour cette femme.

- Vous les avez tous vu ?

- Non, le directeur nous a foutu dehors. C'était la relève du service de garde. On y retournera demain il en reste trois : Smith, Frest et Berard... Continua Thomas en tournant pour quitter la bretelle d'autoroute. Là, je suis en route pour aller chez les Mac Allistair. Et toi de ton côté ?

- Ils sont tous venu, j'ai les dépositions. Mon oncle a du reconnaître que j'avais raison, que le dossier méritait une autre enquête même si 10 ans plus tard, ça va être un peu compliqué. Expliqua Minho dans le combiné. En arrivant chez les parents de Newt, tu vas tous les trouver. Brenda a fait une crise d'angoisse, donc Jorge a fait une séance de psy commune en urgence. Pour moi, Aris et Tess, on le verra ce week-end, c'était le jour de notre repas commun de toute façon. Et du coup, comment a été Aris ?

- Il a été parfait, très pro et d'une rare efficacité. Prends-le avec toi ce soir. Je la sens pas cette nuit de surveillance. Lui répondit Thomas.

- Comment ça, tu la sens pas ? Demanda l'inspecteur soudain inquiet, et cette inquiétude perçait dans sa voix.

- Je saurais pas te l'expliquer mec. Mais, j'ai comme une angoisse à surveiller ton ami. Et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il ait les yeux les plus troublants du monde. Rajouta-t-il, voyant venir la moquerie de son ami. J'ai mis mon fusil dans le coffre de ma voiture, c'est pour te dire que mon instinct est en alerte.

- Ok, on va suivre ton instinct. Je te rejoins avec Aris chez Newt dans deux heures, le temps de finir ici. Et je mets en stand by une équipe d'intervention au cas où. Conclut Minho avant de raccrocher.

Thomas souffla avec autant de stress que de contrariété. Puis, une idée lui vint et profitant du fait que son GPS lui annonçait encore 10 minutes de trajet, il appela son père à New York. Il aurait peut-être une idée de la manière dont il pourrait faire avancer cette enquête. La conversation fut courte mais enrichissante pour le jeune homme, son père allait faire appel à un ami profiler et les aider à y voir plus clair. Le type rejoindrait Seattle le lendemain. En attendant, Thomas se devait d'assurer la protection d'un jeune écrivain hyper séduisant.

C'est sur cette pensée qu'il gara sa berline dans la cour pavée des Mac Allistair sur Road Highland. Il descendit de la voiture, admirant la belle demeure dans le soleil couchant. Il entendit une porte s'ouvrir et un jeune garçon aux cheveux noirs vint à sa rencontre.

- Salut, tu dois être Thomas. Je suis Abel, le frère de Newt. Il est encore en consult avec Jorge et la bande. Expliqua le jeune homme en l'invitant à entrer dans la pièce à vivre de la maison.

Thomas opina de la tête, jetant des regards autour de lui, satisfaisant sa curiosité de policier. Il admira les quatre grands portraits des enfants du couple sur le mur de la cheminée. Sur la photo, Newt était très beau et ne devait pas avoir plus de 15 ans. Abel, qui avait suivi son regard, lui donna des explications un rien taquin.

- Elle a été prise pour son quinzième anniversaire, c'est dans à peine un mois, le 9 mai.

Thomas, les joues rouges de s'être fait grillé si vite, lui adressa cependant un regard complice, enregistrant cette info dans un coin de son esprit.

- Et t'affole pas, on a aucun problème dans la famille avec le fait que notre frère aime le genre grand brun au regard ténébreux et au corps d'Apollon.

Thomas allait pour répliquer, clairement gêné quand un éclat de rire l'interrompit. Il se tourna vers la source du bruit et son regard se perdit à l'apparition de Newt. Mais l'éclat de rire ne venait pas du jeune blond, mais de la frimousse à côté de lui, la même que celle à son côté. Il devint perplexe une seconde avant de comprendre : des jumeaux !

- Encore une fois, mon insupportable frère est incapable de garder sa langue au chaud. Grogna l'écrivain en mettant une tape sur la tête d'Abel. Lui, c'est Aiden. Continua-t-il en présentant le deuxième jumeau. Ils n'ont pas fini mais on va y aller, Jorge me verra dimanche de toute façon. Et puis, je pressens que la nuit va être longue donc autant se mettre en route.

Thomas hocha juste la tête, soudain pire qu'inquiet de savoir que le type sous sa protection avait aussi son instinct en alerte.

Le trajet se fit dans un silence confortable, juste coupé par les indications de direction de Newt qui connaissait sa ville comme sa poche, allant aux devants du GPS pour guider le jeune inspecteur. Thomas gara sa berline sur la place privatisée dans le sous-sol du petit immeuble de Newt. Dix minutes plus tard, l'écrivain ouvrait sa porte à son invité par nécessité.

Thomas entra dans le vaste appartement et de suite son esprit analytique se mit en marche. Dans le couloir, l'absence de caméra l'avait de suite interpellé, tout comme l'absence de lumière automatique capable de faire une bonne alarme. Pas de digicode en bas de l'immeuble ni à l'entrée de l'appartement du jeune blond, il estima de suite que le risque de se faire prendre sous un assaut était relativement élevé. Il s'approcha de la baie vitrée et jeta un regard sur la vue, ayant heureusement un vis-à-vis assez limité, l'immeuble avait une façade donnant sur un des grands parcs de la ville. Il ouvrit la porte fenêtre et son regard scanna la terrasse. Une arrivée par ce biais semblait impossible, pas d'escaliers de secours, pas d'autres balcons sur le palier. Il était tranquille de ce côté-là, mais l'entrée restait un réel problème.

Il en fit part à son hôte, essayant néanmoins de ne pas trop l'affoler.

- Ton entrée me pose soucis. La sécurité est plutôt mince de ce côté.

- Je sais. Répondit Newt en s'affairant dans la partie cuisine. Mais dès que je l'aurais trouvé, on aura un arrêt de porte. Il sera posé en quelques secondes.

- C'est pas sa place dans les tiroirs de ta cuisine. Commenta Thomas en pouffant tandis que Newt, très mature, lui tirait la langue tout en brandissant sa trouvaille.

En quelques minutes, l'objet regagna sa place initiale. La sécurité y avait gagné en confiance, jugea Thomas en essayant l'arrêtoir.

- Parfait. Je suis plus tranquille cette fois.

- Assez tranquille pour t'asseoir sur mon canapé et prendre un verre ? Questionna l'écrivain en sortant deux bières de son frigo.

- Oui. Dit l'inspecteur en gagnant la confortable assise et se laissant tomber dedans.

Newt, un sourire sur les lèvres, apporta en boitant légèrement la boisson à cet homme si séduisant. Il comptait bien mettre à profit les heures à venir pour apprendre à connaître ce beau spécimen de la gente masculine. Il s'assit à son tour, sortit le décapsuleur du tiroir de sa table basse, enleva le bouchon sur les deux bouteilles et tendit la sienne à son invité. Thomas la prit en souriant doucement, appréciant le contact de leurs deux mains se trouvant quelques secondes.

Le blond rougit légèrement sous la chaleur des mains du brun mais passa outre et attaqua son interrogatoire personnel.

- Thomas comment au fait ?

- O'Brien. Répondit le jeune homme en lui coulant un regard.

- Irlandais ?

- Oui, les ancêtres de mes grands-parents sont arrivés à New York à l'époque de Capone à Chicago. Et toi ? Mac Allistair sonne aussi très irlandais.

- Exact. Les ancêtres de mes parents sont arrivés par le Canada et se sont installés en Colombie Britannique il y a plus de 200 ans. Mon père est le seul installé à Seattle. Mes grands-parents et le reste de la famille sont restés au Canada et sont sur Vancouver. Nous y allons régulièrement, j'adore principalement le comté de Victoria. La nature sauvage me fascine.

Thomas le regarda intensément, buvant ses paroles. Son aisance et le son doux de sa voix invitait au voyage. Il le sentait passionné par son discours, se livrant doucement par le biais de ses mots.

Newt lui décocha un sourire, puis ayant fini sa bière, changea de position sur son canapé. Il se tourna pour voir Thomas de biais et ramena ses jambes sur son torse, accrochant ses bras autour de ses genoux.

- Et pourquoi la police ? Demanda-t-il pour poursuivre son petit interrogatoire.

- Mon père est capitaine d'une section de la NYPD, et je suppose que j'ai suivi ses traces.

- Mais Seattle ?

- Oui, le choix peut paraître étrange, mais mon père était un peu étouffant à New York. J'avais comme l'impression qu'on attendait de moi des miracles et que tout ce que je ferais ne serait pas assez. La situation a fini par me gaver alors j'ai décidé de partir. J'ai envoyé plusieurs candidatures à différents postes et c'est ma mère qui m'a poussé vers Seattle, ma tante habite ici. Elle m'a d'ailleurs hébergé les premiers mois. Expliqua le jeune brun en sirotant sa boisson.

- Très bon choix, monsieur l'inspecteur. Commenta l'écrivain en se faisant taquin. Et à New York, tu avais personne ?

- T'es bien curieux toi, dis donc ! Fit remarquer Thomas en souriant coquinement. Non, je suis célibataire et fier de l'être depuis un an. Policier n'est pas le métier parfait pour une relation amoureuse. Ça a tendance à faire fuir les gens, je dirais.

- Pas faux. Remarqua Newt. Et je ne suis pas curieux, juste un peu prudent. Je te connais pas et tu vas passer la nuit chez moi.

- Dit comme ça, ça fait assez ambigu, tu ne trouves pas ? Souffla Thomas, un sourire charmeur sur les lèvres.

Il se tourna vers Newt et lui fit un clin d'œil très suggestif, avant de pouffer devant la belle couleur tomate des joues de son adorable voisin.

- Hey ! Même pas en rêve que je te trouve assez séduisant pour te faire quitter mon canapé. Se moqua gentiment Newt en lorgnant sur les lèvres rosées du brun. Il n'était pas crédible une seconde.

Thomas fit semblant d'être outré par cette réflexion, et il sourit encore plus quand Newt lâcha dans l'air un rire cristallin. Il était sous le charme de ce lutin blond. Il lui trouvait le charme espiègle des petits êtres de légende, la candeur des enfants et la sensualité semblaient avoir élu domicile dans tous ces gestes. Il changea à son tour de position, se mettant à genoux sur le luxueux canapé, face à Newt. Il posa son coude sur le dossier et plongea son regard dans celui de son vis-à-vis.

- Même si tu ne m'autorises pas à passer dans une autre pièce, je vais te dire un secret, petit lutin. Je suis ensorcelé par ta magie. Avoua-t-il sans détour, souriant doucement en tendant sa main vers le genou du jeune blond, posant sa paume sur l'articulation.

Newt rougit instantanément, se transformant en solanacée bien mûre, réagissant de suite à la franchise de son invité.

- Pff... T'es du genre direct toi. Souffla-t-il tout bas. Mais j'aime ça. Je préfère qu'on me dise les choses plutôt que des mensonges. J'en ai trop entendu je crois. Rajouta-t-il presque malgré lui, ramenant l'ambiance légère à un sujet plus sérieux.

- Ta jambe ? demanda Thomas en la désignant du menton.

- Oui, entre autre. Répondit le blondinet. Mais pas que... J'ai passé deux mois dans l'ignorance du sort de Winston, Ben et Chuck après la fusillade. Personne ne me disait rien, parce que ça m'aurait « achevé ». C'était l'excuse de mes parents et de mes amis.

- Et tu as fini par le savoir et ce fut encore pire. Continua Thomas en le fixant, une lueur de profonde tristesse dans le regard.

Newt le regarda en fronçant les sourcils. Qu'avait subi comme perte le beau New-Yorkais pour avoir l'air soudain si mal ? Quel malheur obscurcissait son ciel ?

- Qui ? Demanda sans détour Newt. Mais ne répond que si tu veux. Rajouta-t-il en souriant doucement tout en posant sa main sur celle de Thomas qui n'avait pas quitté son genou.

- Mon grand-père paternel. J'ai passé toute mon enfance avec lui et mon cousin Mitch puis du jour au lendemain, il a disparu de ma vie. J'ai posé des milliards de questions et jamais reçu de réponses. J'étais juste certain d'une chose, c'est qu'il avait disparu. Et puis j'ai fini par entendre la discussion qu'il ne fallait pas. Il était l'un des disparus du World Trade Center. Ma mère ne voulait pas que je le sache, elle ne tenait pas à ce que je suive la voie de mon père. J'avais seulement 6 ans quand c'est arrivé, on m'a estimé trop jeune pour comprendre. Je lui en ai beaucoup voulu et j'ai fait exactement l'inverse de ses désirs, j'ai foncé tête baissée dans l'étude du droit, des armes et des lois. Un esprit de vengeance m'a habité pendant longtemps et c'est mon cousin qui a mis de la paix dans mon cœur.

- Il a l'air très important pour toi ?

- Oui, il arrive le mois prochain. On est très proches, tellement qu'il a demandé sa mutation sur la ville. Il est prof de Sport en université. Il intègre celle de Seattle à la prochaine rentrée.

- Hâte de faire sa connaissance. Souffla Newt en le regardant.

Il sous-entendait clairement que cette soirée aurait des suites. Et Thomas trouva cette idée géniale. Il serra entre ses doigts la main de son hôte. Pression que le jeune écrivain lui rendit de suite.

- Et toi ? Pourquoi écrivain ? Demanda l'inspecteur.

Newt ne put répondre que la sonnerie de son téléphone se fit entendre dans l'appartement. Il tendit le bras et récupéra son petit appareil sur la table derrière le canapé, souriant devant le nom de l'intrus s'immisçant dans son rendez-vous.

- Oui Gally ? Il y eu une question que Thomas devina très bien. Tout se passe à merveille, te tracasse pas. On est en sécurité dans l'appartement, j'ai remis le verrou à la porte d'entrée et Thomas a fait un tour pour vérifier l'appart. Nouveau silence puis Newt conclut. Oui, je te rappelle dans une heure mais t'inquiète pas et profite de ta soirée avec Harriet. Bisous à vous deux, je vous aime.

- Il est inquiet ? Demanda Thomas qui connaissait déjà la réponse.

- Oui, très... Pourquoi écrivain ? Enchaîna le jeune blond en souriant. Il allait évoquer des souvenirs certes douloureux mais aussi tellement apaisants. Quand je suis sorti du coma, j'avais la haine du monde, une haine terrible qui me faisait faire autant des crises d'angoisses que piquer des colères terribles. J'ai dit des choses atroces à mes parents, mes frères, ma sœur et mes amis. Je cassais tout dans ces moment-là, enfin tout ce que je pouvais atteindre vu que j'étais cloué au lit. Je prenais même plaisir à voir leurs larmes. Les miennes coulaient tout le temps. Puis Jorge est arrivé avec un cahier un matin, et m'a dit : « Ecris, Newt, raconte ta douleur ». Je ne voulais pas, j'ai fait une crise de colère terrible, lui lançant tout au visage, le traitant de tous les noms. Et lui, il ne bougeait pas, il me regardait de son regard neutre, attendant que je me calme. Quand la pression est retombée, il m'a tendu le cahier et je l'ai pris. Tout a commencé à ce moment-là.

Thomas serra doucement sa main, et lui adressa un regard tendre, compatissant. Newt avait du courage, beaucoup de courage pour se confier à un presque inconnu. Il admira ce courage et le lui fit savoir honnêtement en voulant lui faire comprendre que rien ne serait répété.

- Merci pour ta confiance, Newt.

Le susnommé lui adressa un sourire timide, n'aimant que peu ces souvenirs douloureux, malgré les belles choses qui en avaient résulté. Thomas lui volait son petit cœur d'artichaut, un peu plus à chaque seconde. Et lui ne luttait pas contre cette douce chaleur qui l'envahissait. Il voulait qu'elle dure, qu'elle prenne de l'ampleur et surtout qu'elle soit réciproque. Mais ce dernier point semblait bien parti s'il en jugeait le regard de Thomas sur lui.

La discussion se continua tranquillement passant d'un sujet à l'autre sans heurt, sans tumulte. La confiance naissante entre eux deux se voyait, se ressentait et se vivait à travers leurs sourires et leurs regards.

Pendant ce temps, au poste de la SPD...

Minho attendait Aris. Il venait de mettre un point final à son rapport d'entretien avec ses amis. Il avait passé un coup de fil pour prendre des nouvelles de Brenda, et son arme dans son holster était prête pour partir en planque à l'appartement de son petit frère de cœur.

Aris, les mèches brunes en désordre, arriva en courant et se stoppa juste à côté de son supérieur. Minho lui sourit, vérifia d'un regard qu'il ait bien son arme de service, son gilet pare-balle et ils se mirent en route vers le véhicule de fonction de l'asiatique. Il était temps d'y aller.

Sur la route du parking souterrain, le jeune inspecteur fit les dernières recommandations d'usage à son protégé.

- Je te rappelle les règles vite fait. Discrétion, attention et rapidité. Si soucis, je sors le premier. Tu suis scrupuleusement mes ordres, pas d'initiatives débiles. Thomas est dans l'appart avec Newt. On va planquer dans la rue derrière, l'issue de secours est là. Une équipe est en planque devant et en renfort, un escadron attend mon signal pour intervenir.

- Mais...

- Je sais, c'est beaucoup, mais l'instinct de Thomas est en éveil et la dernière fois que je ne l'ai pas écouté, on a tous failli y rester. Donc on prend nos précautions. Au pire, les gars auront les nerfs pour une nuit de garde à rien faire. On effacera ça avec une dédicace de Newt et une tournée. Compléta Minho en souriant.

Aris lui rendit son sourire et monta dans la voiture. Ils quittèrent le commissariat central.