MERCI ! A tous ceux qui ont mis ma fic en favori, en followers ou ont pris le temps de laisser un commentaire.
J'ai dépassé les 5O followers, rien que pour ça, je suis déjà trop contente !
Voilà donc le chapitre 6 qui devrait faire plaisir à beaucoup de monde je pense.
Bonne lecture.
Chapitre 6
La vie était revenue à la normale. Harry dormait bien en effet et était donc bien plus attentif en cours. Mais il n'en était pas si satisfait de ça. Alors oui il n'avait plus ses cauchemars, il ne craignait plus de s'endormir mais en contrepartie il n'avait plus rien à faire avec Snape. Là il n'était vraiment plus qu'un simple élève, un parmi tant d'autres. Et son professeur lui manquait terriblement. Le jeune sorcier n'arrivait pas à croire qu'il pensait ça pourtant c'était vrai. Comment avait-il pu en arriver là ? Il y avait de quoi se taper la tête contre les murs.
Le pire était pendant les cours de Potions, forcément. Une véritable catastrophe. Il plongeait le nez dans son chaudron, ne souhaitant surtout pas se laisser emporter dans sa contemplation ou ses pensées si peu chastes. Et il s'en sortait suffisamment avec ses diverses préparations pour ne pas avoir de retenues. Et avec tout ça Snape ne changeait pas. Restait le sarcasme et les points qui partaient à toute vitesse. Parfois Harry se demandait s'il n'avait pas tout simplement rêvé et qu'en fin de compte ce fût bien un connard graisseux.
Puis de manière plus générale marcher la nuit lui manquait. Ça faisait du bien, comme une pause, un moyen d'évacuer le stress et la passion. Une façon aussi de découvrir autrement ce lieu qu'il aimait tant.
Souvent maintenant il fixait la fiole le soir pendant de longues minutes, pesant le pour et le contre. S'il finissait par avaler le liquide violet c'était surtout par lassitude. Il aurait aussi pu ne rien prendre et continuer ses promenades nocturnes dans les couloirs mais la potion était une attention de Snape. Argument ridicule certes, il en convenait. Il se faisait presque l'effet d'une midinette. C'était pitoyable ! N'empêche qu'il continuait de prendre cette satanée potion. Ah oui, il était aussi content de ne plus avoir de cauchemars.
Noël arriva vite. Harry avait refusé de quitter le château où il se sentait si bien pour aller s'enterrer au Square Grimmaud. Il ne se voyait pas y retourner aussi tôt et surtout pendant que la maison serrait dans cet état. Et comme il avait eu la flemme de la faire rénover, son retour ne serait pas pour tout de suite. Il ne savait même pas ce qu'il voulait en faire précisément.
Ron rentrait au Terrier et avait forcé Hermione à le suivre pour qu'elle puisse se reposer un peu, puis ils passeraient la deuxième semaine des vacances en Espagne. Même si la jeune sorcière déplorait déjà l'absence de la bibliothèque. Le brun avait même plaisanté avec son ami en disant qu'il devrait sûrement l'attacher pour qu'elle ne touche pas à ses parchemins.
La neige s'était installée à Poudlard. Il était très dur de sortir maintenant pour aller en Botanique ou aux cours de Soins aux Créatures magiques. Et ce n'était que le début de l'hiver du coup les élèves redoutaient franchement la suite de la saison. Les boules de neige étaient maintenant enchantées et les batailles tournaient en règlement de compte. Les professeurs étaient débordés et certains finissaient même couvert de blanc. Flitwick s'était pris au jeu et s'était avéré un formidable adversaire. McGonagall avait fait plus dans la finesse et personne n'aurait pu remarquer d'où venait ses projectiles et encore moins que c'était elle qui les lançaient. C'était l'anarchie au moment des pauses, très vite recadrée, au grand désespoir de Dumbledore qui était sûrement le plus gamin de tous.
XXX
Il n'avait pas résisté. Première nuit des vacances et Harry était dans les couloirs au beau milieu de la nuit. Il faisait bien plus froid qu'en journée et le brun dut recourir aux sorts de chauffage. La magie était vraiment pratique.
Dehors la neige scintillait sous la lune, telle une mer de diamants. Et plus loin la Forêt Interdite. Magnifique et envoûtante comme toujours. Harry avait l'impression qu'une voix, portée par le vent, provenait de là-bas et l'incitait à y aller. Non en fait il sentait, il savait, qu'il devait y aller. C'était une véritable traction qui le prenait au cœur. Il y avait quelque chose ou quelqu'un pour lui là-bas, c'est ce que lui indiquait son rêve ! Il devait…
- Monsieur Potter ! Par Salazar, qu'est-ce que vous faites là ?
Le charme rompu Harry secoua la tête et il se rendit compte qu'il s'était penché à la fenêtre à la limite du dangereux. Il reposa ses pieds au sol et se tourna vers Snape, plutôt ravi.
- Bonsoir professeur.
- Répondez ! Qu'est-ce que vous faites dans les couloirs au beau milieu de la nuit ?
- Je me promène, tout simplement.
- Vous n'avez plus de potion ? demanda la terreur des cachots. J'avais pourtant dit une seule goutte !
- Si j'en ai toujours. Mais j'ai dû l'oublier, sourit Harry. Et là vous ne pouvez rien me dire, il n'y a plus de cours donc plus de risque que je fasse exploser votre classe ou vous dérange de quelque façon.
Snape grogna, preuve que l'élève avait eu raison. Celui-ci en profita pour rajouter :
- Et si je dors toute la nuit je ne pourrais plus me balader dans les couloirs avec vous.
Harry avait décidé d'attaquer un peu. Il voulait vite retrouver la « complicité », il n'avait pas d'autre mot qui convenait mieux, qu'il avait avec son professeur et aller plus loin. Snape détourna vivement la tête.
- Arrêtez de raconter des bêtises plus grosses que vous !
Le jeune sorcier ne fut pas dupe une seule seconde. Ça lui avait fait plaisir et il n'avait pas pu s'en cacher, pris au dépourvu. Harry changea donc de sujet de manière tout à fait naturelle, faisant croire ainsi que sa dernière phrase n'était pas importante, pour ne pas gêner son professeur plus que nécessaire. En revanche il ne le laissait pas s'éloigner de plus de quelques centimètres de lui.
Il se sentait bien là.
XXX
- Harry !
Cette voix. Il l'avait si peu entendue et pourtant il ne pouvait pas se tromper. Cette voix était gravée dans sa mémoire, indélébile. Surtout quand, comme maintenant, elle appelait de manière si désespérée. Et encore plus après l'avoir entendu à chaque passage de détraqueur. Mais pourquoi sa mère l'appelait ainsi ? Et surtout dans la Forêt Interdite ! Est-ce qu'elle était restée bloquée à cause de la pierre de Résurrection ? Dans ce cas c'était sa faute ! C'était toujours sa faute, quoi qu'il se passe. Si Harry n'avait pas fait revenir les morts, uniquement dans le but de se donner un peu de courage avant d'affronter Voldemort, l'esprit de Lily ne serait pas en train d'errer, seule et triste. Le jeune sorcier se couvrit le visage de ses mains et tenta de réprimer ses sanglots. Il faisait toujours tout de travers.
- Harry ! Aide-moi ! Viens mon chéri…
Il s'avança en direction de la voix. Celle-ci semblait si loin et si proche à la fois, venant de partout à la fois et le frôlant avant de s'éloigner, rebondissant sur les arbres, jouant avec lui. Harry accéléra le pas et finit par carrément courir. Il fonçait, volait au-dessus du sol. Il entendait sa mère l'appeler et rien d'autre n'avait d'importance. La forêt était si sombre qu'il ne voyait souvent les arbres qu'au dernier moment et n'arrivait à esquiver que grâce à ses bons réflexes acquis en tant qu'attrapeur et survivant. Il commençait à avoir du mal à respirer, ses poumons le brûlaient mais il continua, allant même jusqu'à accélérer. Il avait récolté un bon nombres de griffures sur les bras en les mettant devant lui pour se protéger des branches.
Le ton suppliant de sa mère allait finir par le rendre fou. Il se sentait impuissant. Incapable de lui venir en aide. Alors qu'elle-même s'était sacrifiée pour lui.
Enfin Harry la vit, au centre de la clairière. Elle était à genoux, tendant les deux bras vers lui, entièrement vêtue de noir. Des larmes avaient laissé des traces sur ses joues et ses yeux étaient rouges mais pétillaient de vie. Ses cheveux roux étaient ébouriffés, comme un halo de feu. Et du feu il y en avait. Trop absorbé par la contemplation de sa mère, jeune et belle comme avant, il n'avait pas senti la fournaise et n'avait pas vu les flammes qui dévoraient tout, se rapprochant dangereusement. Sa mère était juste devant le brasier et bien trop loin de lui pour qu'il puisse l'aider. Lily ne semblait pas pouvoir bouger et l'appelait au secours, inlassablement. Déjà les flammes l'enveloppaient et Harry n'avait pas eu le temps de bouger. Il se ressaisit au dernier moment, ouvrant la bouche pour lancer un cri qui ne sortit pas, se forçant à avancer, un pas après l'autre. Il tendit le bras pour tenter d'attraper la main de sa mère.
Sa main se referma dans le vide. Harry était à moitié dressé dans son lit, le corps couvert de sueur et le souffle difficile. Il repensa à son cauchemar, entendant encore la voix suppliante de sa mère. Elle était là ! Elle était prisonnière des flammes et il avait été incapable de l'aider. Il l'avait laissée mourir sans réagir, comme il l'avait fait pour tous les autres. Sa propre mère. Celle qui avait fait le plus beau des sacrifices pour lui et l'avait aidé tout au long de sa vie. Et il la remerciait en la laissant mourir de nouveau. Il était un fils tellement indigne !
Se précipitant hors de son lit, il prit à peine le temps de s'habiller, juste un tee-shirt et un pantalon décent, et dévala les marches du dortoir, surgissant dans le couloir. Dans sa précipitation il n'avait pris ni sa carte du Maraudeur ni sa baguette. Il ne pensait qu'à la voix de Lily alors qu'elle le suppliait de venir. Sans même regarder si quelqu'un était là il courut dans les couloirs, il se permit juste un coup d'œil par la fenêtre comme pour vérifier que le feu n'avait pas encore commencé dans la Forêt Interdite. Il avait encore un peu de temps alors. Il accéléra.
Enfin arrivé dans le grand Hall, Harry se jeta sur la grosse porte en bois. Mais, fébrile, il avait du mal à actionner les verrous et ne parvenait pas à sortir. Il se mit à paniquer de plus belle. Pendant qu'il s'acharnait, sa mère risquait de mourir à chaque instant. Il griffa alors le panneau en bois, s'écorchant contre les morceaux de fers qui décoraient le montant. Puis il tapait comme un dingue avant de s'agripper de nouveau à la lourde poignée et tentait de creuser le bois. En vain.
- Potter ! Qu'est-ce que vous essayez de faire ?
- Elle est dehors ! Elle va mourir ! Je dois y aller !
Snape regarda son élève sans comprendre. Il était en route pour aller se coucher après sa ronde quand il avait entendu du vacarme dans le hall. Il était donc allé voir se qui se passait, prêt à faire payer le malotru qui dérangeait tout le monde. Mais en voyant le jeune sorcier s'agripper à la lourde porte comme si sa vie en dépendait il se calma et repéra du premier coup d'œil que quelque chose n'allait pas. Déjà Potter était vêtu d'un simple tee-shirt alors que la température n'était pas élevée au sein du château et en plus de ça il transpirait. Ses gestes étaient saccadés et son regard quand il se retourna était celui de quelqu'un de perdu. Un instant il crut que le brun était sous l'emprise d'un sort.
Le professeur de potions se rapprocha et saisit Harry par les poignets pour l'immobiliser. Là il remarqua qu'il était s'était carrément entaillé les mains et avait quelques plaies qui semblaient peu profondes mais qui saignaient quand même assez.
- Calmez vous, ordonna t-il.
- Elle est là… Je l'ai vu et entendu ! Elle a besoin de moi. Le feu… Le feu va venir ! Elle… Elle ne peut pas bouger ! Je dois y aller ! Elle va mourir… Encore… Je dois… Je… Elle…
Harry avait l'air d'un fou. Il ne cessait de se débattre et se yeux s'agitaient dans tous les sens, cherchant une issue.
- Je ne comprends rien du tout, dit calmement Snape qui savait très bien que s'énerver n'apporterait rien. Qui a besoin d'aide ?
- Ma mère ! Lily !
- Elle est morte Harry ! Il y a des années.
- Non… Oui… Elle… Mais elle est là ! Dans la forêt, elle m'attend. Sinon le feu va arriver !
- Calme-toi Harry ! Ce n'était qu'un cauchemar !
Il avait crié plus fort qu'il ne le voulait. A ce moment Harry écarquilla les yeux et fixa Snape qui le tenait toujours comme s'il remarquait enfin qu'il était là. Oui ce n'était qu'un mauvais rêve. Et pourtant ça lui avait semblé si réel. Il avait bien entendu cette voix et même maintenant elle le poursuivait, résonnant comme un écho dans ses oreilles. Ça avait été réel pendant un instant. Lentement il reprit ses esprits et se mit à rougir de s'être montré ainsi devant Snape. Ce n'était pas très glorieux. Etonnant d'ailleurs que celui-ci n'ait pas fait de remarques désobligeantes. Est-ce qu'il s'améliorait avec le temps ?
La terreur des cachots sentit son élève s'effondrer et le rattrapa juste avant qu'il ne touche le sol. En se couvrant les yeux pour ne pas pleurer il s'étalait du sang sur le visage. Snape grogna un peu et tira Harry par le bras pour qu'il le suive.
- Où m'emmenez-vous ? sanglota Harry.
- Vous ne pouvez remonter comme ça. Je vous emmène dans mes appartements le temps que vous vous calmiez et pour soigner vos plaies.
Le jeune sorcier eut un moment d'incompréhension avant de se rendre compte de l'état de ses mains. Il se laissa alors entrainer sans dire un mot.
Ils traversèrent la salle de cours et quand Snape lança un mot de passe, Harry vit avec surprise une porte apparaitre sur le côté gauche, derrière le lourd bureau en bois. Sûrement que le maitre des lieux tenait à sa tranquillité et n'avait pas envie de voir débarquer tout le monde pour un oui ou un non. Combien de professeurs étaient d'ailleurs au courant de cet arrangement ?
En revanche les appartements étaient à l'image du propriétaire. Sobres, simples, assez austères en apparence mais qui se révélaient chaleureux. Harry laissa trainer son regard en entrant. Au centre trônait un immense canapé d'un vert émeraude plus qu'envoutant, entièrement cerclé d'un métal ressemblant à de l'argent pur et qui formait des arabesques sur les angles ainsi qu'un fauteuil du même acabit. Devant il y avait une petite table basse en bois qui pour le moment était recouverte par plusieurs grimoires dont certains ouverts révélaient ce qui semblait être des recettes de potions. Il y avait d'ailleurs une grande bibliothèque en chêne contre le mur de droite avec des livres qui semblaient plutôt vieux. Au fond de la pièce se dressait une grosse cheminée en pierres grises. Un feu s'était d'ailleurs allumé à leur arrivée et commençait à répandre une chaleur agréable dans ces cachots lugubres. A gauche de la cheminée il y avait une porte qui devait probablement mener à la chambre. Pas terre un grand tapis noir recouvrait un parquet en bois sombre. Il y avait peu de meubles et rien de vraiment personnel. Aucune photo, aucun souvenir d'un quelconque voyage, aucune trace du passé.
- Asseyez-vous, ordonna Snape alors qu'il disparaissait derrière la porte.
Harry se posa sur le canapé et eut le temps de voir un large lit à baldaquin aux draps verts avant que Snape ne revienne avec une petite mallette contenant des fioles diverses et des baumes qui sentaient bon. Il devait y avoir un accès à la salle de bain directement dans la chambre.
Le professeur s'agenouilla devant lui et commença par nettoyer le sang d'un sort puis appliqua une crème sur les mains fines de son élève, massant un peu. Harry se mordit la lèvre pour ne pas gémir. Ce massage était divin et les mains de Snape étaient vraiment douces, allant et venant doucement, comme une caresse. Heureusement que Snape gardait la tête basse et ne pouvait pas voir l'état du visage du jeune homme.
- Bien que je n'approuve pas du tout, pourquoi ne vous êtes vous pas servi de la magie pour ouvrir cette porte plutôt que vous acharnez au point de vous blesser ?
Harry ouvrit les yeux, se rendant alors compte qu'il les avait fermés et tenta de se ressaisir un peu. Même si la voix de Snape n'aidait en rien au vu des intonations graves qui correspondaient bien avec l'ambiance.
- Pas pris ma baguette, marmonna Harry.
- Je veux bien que les temps soient plus sûrs mais là c'est de l'inconscience ! Surtout pour aller dans la Forêt Interdite. Qu'est-ce qui vous a pris sérieusement ?
Le ton était accusateur et Harry ne pouvait s'y tromper. Snape se redressa en fermant le pot de baume qu'il avait encore dans ses mains et le remit dans sa boîte.
- J'ai… Mon cauchemar était si réel. J'ai encore la sensation du feu sur la peau. Et les cris de ma mère étaient assourdissants. Je n'ai pas réfléchi quand je me suis réveillé. Je devais y aller et l'aider
- Vous êtes bien un Gryffondor. Toujours à agir sous vos impulsions !
Harry s'attendait à d'autres remontrances mais Snape alla ranger ses médecines sans rien ajouter. Puis il revint et fit apparaître une bouilloire contenant du thé fumant sur la petite table basse, sans même se soucier d'enlever les grimoires dessous. Il en servit une tasse qu'il tendit à Harry et s'assit à côté de lui en croisant les bras et faisant passer une jambe par-dessus l'autre.
- Racontez-moi ce rêve !
Le ton ne laissait aucune place à la discussion. Harry songea un instant à mentir puis se décida pour la vérité. Il parla alors de la Forêt Interdite vide, de la voix qu'il avait commencé à entendre puis sa certitude sur la personne qui l'appelait. Enfin il expliqua le feu qui venait pour le délivrer et tout brûler et sa peur quand il avait vu sa mère prise dans les flammes. Il revivait son rêve au fil de son récit et les flammes de la cheminée devenaient celles de son rêve. Il ne s'arrêtait que pour avaler une gorgée de thé brulant qui lui fit beaucoup de bien, l'apaisant un peu plus à chaque fois. Snape n'avait rien dit ni même changé son expression. Une fois que son élève s'était tû il se pencha un peu vers lui.
- Ce ne sont que des rêves où s'exprime votre inconscient. Vous voulez retrouver votre famille, ce qui se conçoit et les flammes ne font que symboliser les guerres passées, tout ce que vous avez perdu à cause de Voldemort. Il n'y a personne qui vous attend dans cet endroit.
- Je le sais, répondit Harry un peu tristement. Mais j'ai envie d'y croire…
- Pourquoi avez vous arrêté de prendre la potion ?
- Vous aviez dit que je pouvais être dépendant ! inventa Harry.
- Pas à ce stade, expliqua Severus. Il faudrait que vous en buviez plus pour commencer à ressentir comme un manque. Là ça ne fera que vous aider à mieux dormir pour ensuite réussir à vous en passer, avec le même effet. Je ne peux que vous conseiller de continuer à la prendre tous les soirs.
- Bien…
Malgré cette aventure Harry n'avait aucune envie de prendre encore cette mixture. Car au vu de sa situation actuelle il était plutôt heureux d'avoir fait ce cauchemar. Il avait encore la sensation des mains de Severus sur les siennes. Si seulement la nuit pouvait durer et lui rester là.
Mais Snape ne semblait pas de cet avis et se releva, tendant la main à Harry pour l'aider.
- Venez, je vous ramène à votre dortoir. Vous êtes capable de faire une autre connerie en cours de route et vous blesser de nouveau.
- Vous serez là pour me soigner au cas où c'est ça ?
- N'en prenez pas l'habitude !
Ce devait être sa phrase fétiche. Harry ne put réprimer un petit rire. Il posa sa tasse, vide à présent, sur la table. Les mains dans les poches de son jean il quitta à regret les appartements de son professeur et tous deux se mirent à remonter les marches tranquillement.
C'était étonnant pour le jeune homme de se dire qu'il avait parcouru ses couloirs à peine une heure auparavant mais ne s'en souvenait absolument pas. Il essaya alors de se rappeler tout ce qui s'était réellement passé et quelque chose le frappa. Il se stoppa net dans le couloir, faisant se retourner Severus, surpris.
- Qu'y a t-il encore Potter ?
- Harry…
- Quoi ?
- Vous m'avez appelé « Harry » tout à l'heure, dit-il comme une évidence.
Snape ne cilla pas et s'appuya contre une des fenêtres de l'étage.
- En effet. Simplement pour vous faire réagir.
- Mais bien sûr !
Harry n'y croyait absolument pas. Il regarda son professeur qui conservait un visage impassible alors qu'il demandait :
- Pour quelle autre raison est-ce que j'aurais fait cela ?
- Par envie peut-être, chuchota Harry. Ou par inadvertance.
- Ne prenez pas vos rêves pour des réalités.
Et pourtant. Une idée commença à germer dans l'esprit du jeune sorcier mais c'était si surréaliste. Cependant… Non impossible… Et si Snape… avait les mêmes envies que lui et voulait aussi être avec lui ! Après tout… En y repensant…
Harry dévisagea Snape qui n'avait toujours pas bougé. La lueur de la lune lui faisait comme un halo autour de ses cheveux sombres et son corps fin. N'y tenant plus, Harry agit justement comme un vrai Gryffondor obéissant à ses impulsions, selon les propres termes de son professeur, et se posta juste devant lui. Il se pencha un peu et l'embrassa. Tant pis pour ses peurs et ses doutes, tant pis s'il détestait cet homme des années auparavant, tant pis s'il ne le méritait pas et tant pis s'il était repoussé. Là tout ce qu'il voulait c'était transmettre ce qu'il ressentait à cet homme qui prenait tellement d'importance dans sa vie.
Dire que Snape fut surpris est un doux euphémisme. Harry le sentit se tendre puis se relâcher. Enfin une langue taquine tenta de forcer le passage de ses lèvres et le jeune sorcier l'accueillit avec ravissement. Ils se battirent un instant et Harry finit par se laisser dominer durant l'échange. Les lèvres de Severus étaient aussi douces qu'il se l'était imaginé. Rien que ce baiser suffisait à le rendre chaud et totalement sans volonté alors il n'osait penser à la suite. A bout de souffle les deux hommes finirent par se séparer.
Harry plongea son regard dans les prunelles grises et pour une fois il put lire le sentiment de panique qui s'emparait de la chauve-souris des cachots.
- Il va fuir, songea t-il en un éclair.
Pour éviter ça il agrippa à pleines mains la lourde robe à boutons et se cala dans le cou de son aîné. Un court moment passa et enfin Severus se mit à le serrer contre lui.
- Tu es en train de faire une connerie, finit-il par lâcher, passant naturellement au tutoiement. Tu ne peux vraiment pas t'en empêcher !
- Pas grave, ce ne sera pas la première fois. Et j'assume totalement celle-ci.
Snape le serra un peu plus fort contre lui. Harry retrouva enfin la chaleur qu'il aimait tant, se rendant compte d'à quel point ça lui avait manqué.
- Stupide Gryffondor, marmonna Severus la tête perdue dans les cheveux du plus jeune.
- Je sais, tu le répètes assez comme ça.
- Alors fais-moi taire…
Harry fut surpris de ce commentaire, plutôt aguicheur et en totale contradiction avec le personnage de son professeur. Mais il ne se fit pas prier et l'embrassa de nouveau. Ses mains passèrent sous la cape noire et se mit à caresser le dos large. De son côté les mains de Snape s'égaraient dans la tignasse ébouriffée, la rendant encore plus sauvage. Harry était sûr de ne plus pouvoir se passer de cette sensation de bonheur. Il avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine s'il continuait à battre à ce rythme. Et il sentait que Severus n'était pas mieux.
Quand ils se séparèrent de nouveau, Harry ne put réprimer un frisson. Autant à cause de la température basse que son état de bonheur total. Cela n'échappa pas à Severus.
- Tu devrais remonter dans ton dortoir maintenant, tu risques de prendre froid sinon. Et tu as surtout besoin de te reposer.
- Pas envie, je suis bien là !
- S'il te plait, Harry, fais moi le plaisir d'obéir une seule fois dans ta vie !
- Mais ce sont les vacances, j'aurais le temps de me reposer plus tard !
- Tu as besoin de te remettre de ton cauchemar et tu es fatigué, ne le nie pas, ça se voit sur ton visage. Donc tu vas aller te coucher et prendre une goutte de potion comme je te l'ai déjà demandé.
Harry fit une petite moue triste mais rien n'y fit, Severus resta intransigeant. Il tint même à l'accompagner jusqu'au bout pour être certain qu'il retourne bien au dortoir et ne fasse pas un détour. Par contre il glissa sa main dans celle du jeune sorcier qui en sauta presque de joie.
Arrivé devant le portrait de la Grosse Dame ils échangèrent un nouveau baiser et Severus poussa Harry à travers le passage, attendant derrière que le tableau reprenne sa place avant de descendre dormir à son tour, l'esprit léger.
Harry monta dans le dortoir vide et s'enfouit sous les couvertures douillettes. Un elfe de maison avait mis une bouillotte ce que le jeune homme trouva très agréable. Il se réchauffa très vite.
Il regarda ses mains guéries, éclairées par la lueur de la lune qui filtrait par la fenêtre. Personne n'aurait pu deviner ce qui s'était passé. Severus faisait vraiment des merveilles avec ses potions et surtout avec ses mains. Harry se passa un doigt sur ses lèvres encore gonflées, se remémorant la sensation d'embrasser son professeur. Il se souvint alors de la potion. Il doutait en avoir besoin mais Severus y tenait alors il en but une gorgée. Il eut tout juste le temps de fermer les rideaux autour de son lit avant de s'effondrer dans son lit, un sourire aux lèvres.
XXX
Le lendemain en se réveillant il se sentait parfaitement serein, en total désaccord avec son état de la nuit. Il se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé tout ça. Peut-être… peut-être qu'il n'était jamais allé dans les couloirs et qu'il n'avait pas embrassé Snape. Non, ce devait être réel. Au moins ça.
Il sortit de son lit, passa rapidement sous la douche et s'habilla chaudement avant de sortir du dortoir au plus vite. Quand il pénétra dans la Grande Salle pour déjeuner il n'y avait que Dumbledore, Hagrid et McGonagall assis à la table des professeurs, en grande discussion d'ailleurs. Il se força à se poser un instant pour avaler quelque chose. Il avait promis à Hermione de ne pas se laisser aller quand elle ne serait pas là. Et elle était capable de tout vérifier.
A peine son petit-déjeuner fini il se rua aux cachots. Une fois dans la salle de classe de potions Harry resta interdit. Impossible de se rappeler le mot de passe pour faire apparaître la porte. Il se mit donc à crier.
- Seve… hésita t'-il un instant avant de se reprendre. Severus ! Tu es là ?
Il était juste devant l'emplacement de la porte. Il n'eut pas beaucoup de temps à attendre avant que Severus ne sorte, les cheveux encore mouillés et simplement vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon noir. Il devait sortir de la douche. Il fut surpris de voir Harry aussi agité.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu t'es reposé au moins ?
Le tutoiement et l'inquiétude évidente de Snape rassurèrent Harry dont les épaules s'affaissèrent. Severus haussa un sourcil, interrogateur.
- J'ai eu peur… J'ai cru que j'avais rêvé cette nuit et… et nous. J'ai cru que…
La terreur des cachots s'écarta pour laisser rentrer le plus jeune. Tout était exactement comme la nuit d'avant, ce qui finit de convaincre Harry qu'il n'avait rien imaginé.
- Stupide Gryffondor, marmonna Severus. On n'a pas idée de débarquer comme ça en gueulant ! Je ne tiens pas à ce que toute l'école soit au courant !
Harry le laissa parler puis se colla à son torse, l'emprisonnant de ses bras. Il lui vola un baiser, faisant fi des gouttes d'eau qui tombaient des longs cheveux noirs et venaient s'écraser sur son propre visage.
- Idiot, grogna l'ainé en restant néanmoins dans les bras d'Harry.
Ils restèrent quelques minutes ainsi et Severus finit par laisser Harry sur le canapé et retourna dans la salle de bain pour finir de s'habiller. Quand il revint il avait de nouveau sa robe à boutons et sa cape noire. Il trouva le jeune homme debout devant la bibliothèque, la tête de travers, en train de lire les titres des livres. Il se colla dans son dos, passant les bras sur son ventre pour le rapprocher de lui.
- Tu sais, commença t-il. Je tenais à t'en parler et ça me semble le bon moment mais je ne tiens vraiment pas à ébruiter ça. Déjà parce que je tiens à ma tranquillité et ensuite parce que, bien que tu sois majeur, tout le monde ne verra pas ça d'un très bon œil. D'abord tu dois te reconstruire totalement et ensuite… Nous verrons.
Ce qu'il ne disait pas c'est qu'il avait la conviction que Harry ne resterait pas avec lui. Déjà parce qu'il était bien plus vieux que lui, il avait l'âge qu'aurait son père aujourd'hui et ensuite parce qu'il se savait bien trop acariâtre pour être d'une compagnie agréable à plein temps. Il ne nierait pas vouloir garder Harry auprès de lui, depuis le temps qu'il le regardait passer dans les couloirs, qu'il se retenait de s'emparer de lui pour l'emmener dans un coin sombre, l'avoir maintenant était donc le plus beau des cadeaux. Mais il n'était pas prêt pour autant à se lier. Il ne ressentait qu'une simple attirance envers le jeune homme, rien d'important, il en était persuadé. Il ne tenait donc pas à ce que quelqu'un puisse savoir. Hors de question !
Toujours dans les bras de Severus, Harry se retourna. Il ne se doutait pas de tout ce qui passait dans la tête de son ainé. Mais lui-même n'était pas en reste de réflexions. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi c'était là qu'il se sentait aussi bien, pourquoi il aurait tout donné pour sentir de nouveau ses lèvres sur celles de son professeur. Il lui vola d'ailleurs un autre baiser à cet instant. Et il se dit qu'en fin de compte, peu importait le futur, il voulait juste profiter du moment présent.
Et son présent était avec Severus.
Voilà c'est fait (et ça ne va pas durer. Bah oui sinon ce n'est pas drôle)
Je vais les laisser profiter pour le moment ^^
Petite pensée pour tout ceux qui pensaient que nos deux héros préférés ne seraient pas ensemble avant la fin de la fic
Et je viens de percuter qu'on est arrivé à peu près au milieu de la fic (vu qu'il y a 11 chapitres c'est pas facile non plus ^^)
A dans 15 jours !
