[Défi 051 : F ; 500 mots minimum] Ecrivez quoi que ce soit du moment que vous y mettez le dialogue suivant : "C'est ça le colisée alors ? / - Oui. / - Oh. D'accord. ... J'imaginais ça plus... grand." Du Super 2000 de JustPaulInHere dans la gazette des bonbons aux citrons


Enfin le dernier lieu découvert par John Watson, le fut complètement par erreur. Il était assez rare que Sherlock se trahisse, néanmoins cela arrivait de plus en plus fréquemment, surtout après des années de vie commune. Le vétéran commençait à connaitre par cœur le détective, probablement même mieux que ce dernier se connaissait lui-même. Il savait déchiffrer la moindre de ses expressions, comprendre le sens qui se cachait derrière un regard, ou encore les interrogations qui se profilaient derrière un froncement de sourcil. En l'occurrence ce fut à Rome, la magnifique capitale italienne, que Sherlock commis l'un de ces impairs. Bien qu'ils n'étaient pas là pour du tourisme, mais pour une énième affaire sordide rapportée par Mycroft, John souhaitait en profiter un peu. Le lieu incontournable à visiter était forcément le colisée, en plein centre de la ville. Alors que lui-même s'extasiait devant la splendeur de l'édifice qui traversait tant bien que mal le temps, Sherlock se contenta d'un :

" C'est ça le colisée alors ?

- Oui

- Oh. D'accord. J'imaginais ça plus… grand."

Le silence qui suivit surprit John qui se retourna vers Sherlock. Il s'attendait à une moquerie de sa part concernant son engouement pour un édifice en ruine vieux de 2000 ans, mais rien. Ce dernier avait cette expression particulièrement concentrée sur le visage, une expression qui le trahissait toujours. John savait parfaitement déceler les signes et interpréter ce petit froncement de sourcils. Son colocataire et ami venait de se déconnecter de la réalité pour s'immerger complètement dans son palais mental. Cette information acquise, le vétéran ne mit pas longtemps à comprendre ce que Sherlock était en train de faire. Cela déclencha un fou rire chez lui presque incontrôlable. Le grand Sherlock Holmes ne cessait encore de le surprendre avec visiblement une nouvelle partie complètement insoupçonnée de son palais… Une partie qui souffrant de la comparaison avec l'originale, se devait d'être rapidement corrigée. En regardant à nouveau la structure de l'ancien amphithéâtre, le vétéran se demandant à quoi cet espace pouvait servir dans le palais mental… Puis naturellement, il repensa à tous les autres espaces prétendument « indispensables » à la réflexion de Sherlock…Il repensa au bureau de Mycroft, à la gare puis finalement à la morgue et à Molly. C'est à ce moment que John remarqua l'évidence. Si chaque lieu représentait bel et bien les différentes facettes de la personnalité de Sherlock, alors il manquait encore la plus importante de toutes. Il était de notoriété publique que l'intelligence du grand détective consultant Sherlock Holmes n'avait égal que son égo…Et quel meilleur moyen de représenter cela qu'un monument dressé à sa gloire dans son palais mental ? Il rit à nouveau en réalisant le double sens de ce que Sherlock avait dit plus tôt « J'imaginais ça plus…grand » Et effectivement John se demanda pourquoi son choix c'était portait sur ce « modeste » colisée… A l'évidence la muraille de chine aurait était un monument beaucoup plus représentatif de l'immense considération de Sherlock pour lui-même.