Bonjour, voici la suite de l'histoire. J'espère que ce chapitre vous plaira, il est plus court que les précédents, mais je me rattrape sur la suite ! Le prochain serait surement en milieu de semaine prochaine. Laissez-moi votre avis je veux savoir ce que vous en avez pensé !
Berenice : Merci ! Pour Harry et Ron il va falloir être patiente pour savoir (mouhaha, désolée :3)
Swangranger : Merci encooore une fois ton avis m'a fait super plaisir ! Je suis vraiment contente d'avoir réussi à te transporter de cette manière ! J'espère que la suite te plaira.
Alors Drago ne comprit plus rien, une tornade brune se déchaîna dans la pièce. Elle boitillait de droite à gauche puis de gauche à droite, écartant tout ce qui se trouvait sur son passage à coups de baguette. Elle se parlait à elle-même tout en récitant des formules incroyablement vite et les objets volaient autour d'elle à la même vitesse, ses paroles étant entrecoupé de cris hystériques. Les meubles raclaient le sol pour aller s'aligner le long des murs. Les livres s'envolaient d'un bout à l'autre de la pièce, en s'entrechoquant, pour aller s'empiler parfaitement dans des coins de la pièce. Les détecteurs de magie noire furent tous réduit à la taille d'un dé à coudre et rangé dans une boite tissée de paille. Le tout produisait un brouhaha qui lui donna mal à la tête, elle avait vraiment l'aire d'une folle en pleine crise à St Mangouste dans l'aile psychiatrique. Puis la table s'envola au centre de la pièce maintenant vide. La porte de la chambre d'Hermione s'ouvrit et une multitude d'objets en verre et d'autre qu'il ne connaissait pas vinrent se poser délicatement sur la table. Elle continuait de parler, crier, marmonner des choses trop aiguës pour être comprises par l'oreille humaine. Tout un matériel de potions suivit le mouvement. Puis de nombreux livres et encore plus de rouleaux de parchemins avec des plumes et de l'ancre, le livre noir étrange sur lequel il avait vu sa mère et enfin un siège apparut de nul part.
Toujours sur son tabouret, Drago l'observa. Elle semblait dans un monde parallèle et il avait l'impression de l'observer à travers une faille spatio-temporelle. Le décor était surnaturel. Des montagnes de livres, meubles, vêtements, objets, parchemins poussés contre les murs s'élevaient jusqu'au plafond formant un cercle presque parfait autour d'elle. Au centre de ce cercle, la table ronde qu'elle avait agrandit par magie dégageait maintenant des volutes de fumés de différentes couleurs, un feu bouillait sous un chaudron et d'autres objets de verre moldu. La nuit était tombée et la pièce, faiblement éclairée, s'illuminait sous des flashs colorés. Elle multiplia le livre noir et les écrans affichèrent des choses qu'il ne comprenait pas avec d'étranges images. Des petites fioles qu'elle agitait devant ses yeux changeaient de couleur quand elle ajoutait certaines choses dedans, comme… par magie ? Chacune leur tour, les petites fioles de verres s'envolaient pour aller se ranger sur un étrange présentoir qu'il n'avait jamais vu. Elle était sur une étrange chaise qui roulait et elle se déplaçait autour de la table prenant des notes sur des papiers qui se trouvaient à sa portée, se penchant pour mettre ses deux yeux au bout des tubes noirs dépassant d'un objet moldu. Elle jetait des sorts sur certaines choses et en prenait d'autres dans les mains. Elle se levait pour remuer la potion, ajouter des ingrédients le nez penché dans un livre. Elle prenait des notes sur un parchemin tout en regardant autre chose sur l'écran. Il était captivé par ses déplacements souples autour de la table, par ses manipulation doucement mais rapide de chaque chose qu'elle touchait. Il était presque ensorcelé par les mouvements trop naturels de son corps qui manipulait des objets qu'il n'avait jamais vu. Elle semblait dans son élément et lui se sentait presque de trop. L'intelligence, la force, la magie émanait de la scène autant que cette fille. Il avait presque l'impression de voir la magie autour d'elle, émaner d'elle. Elle était vraiment un mystère à elle seule.
Elle n'en était pas moi folle, cela devait faire maintenant une heure qu'il la regardait sans parler, sans bouger. Elle semblait avoir oublié la présence de Drago. Non pas qu'il s'en plaignait, car il pouvait continuer de l'observer. Elle avait attaché ses cheveux en un chignon d'où dépassaient plusieurs grosses boucles, rebondissant paresseusement derrière elle au rythme de ses gestes. Il voyait les tendons se contracter sous la peau blanche de sa nuque dégagée. Il la trouvait fascinante, ainsi absorbé dans son travail. Ses sourcils froncés de concentration, ses yeux surveillant, scrutant, chaque parcelle de la table incroyablement vite, ses lèvres remuant dans le vide sans produire aucuns sons. D'autres boucles avaient déserté le chignon pour tomber autour de son visage. Elle avait l'air d'une folle, et en même temps il la trouvait presque jolie comme ça. Il voyait son intelligence prendre forme, il la voyait réfléchir, il voyait dans ses yeux à quel point les idées fusaient dans sa tête, il voyait dans sa manière de se mordre la lèvre à quel point elle était immergée dans ce qu'elle faisait. Il voyait ses mains courir sur la feuille, comme si elle ne faisait pas vraiment partie d'elle et que quelqu'un d'autre écrivait à sa place. Elle se marmonnait des choses, et parfois poussait des exclamations de surprises, comme si ses propres paroles la surprenait. Et il avait pourtant le sentiment que tout ce quel faisait était naturel. Comme si chaque objets, à son contact, devenaient un prolongement d'elle-même.
Il était tellement intrigué par elle qu'il finit par se lever, curieux de ces objets, attiré par ces tubes de verres où circulaient des liquides et fumées blanches. Quand il fut assez près, il vit qu'elle découpait des minuscules lamelles de l'épine avec un sort pour les fixer entre deux plaques de verres qu'elle déposa au-dessus d'une lumière. C'était le même objet qui possédait les tubes noirs qui produisait la lumière. De nombreuses questions lui brûlaient les lèvres. Mais quand elle se pencha sur l'objet aux tubes noirs :
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda le blond en montrant le sujet de son interrogation n'arrivant pas à se retenir plus longtemps, bien qu'une moitié de lui, lui criait de la laisser seule et de s'enfuir le plus loin possible de cette folle et ses occupations probablement dangereuse.
-Un microscope, tu veux regarder ? Dit Hermione en reculant son siège pour lui laisser sa place.
-Je ne sais pas comment ça marche. Répliqua-t-il d'une voix dégagé, ne s'attendant pas à cette proposition.
-J'ai fait les réglages, c'est comme le télescope qu'on utilisait en cours d'Astronomie, mais c'est dans l'autre sens, c'est pour voir ce qui est tout petit, je l'ai juste un peu… amélioré par magie. Tu n'as qu'à regarder.
Il hésita quelques secondes, mais la curiosité fut plus forte. Comme un télescope, mais dans l'autre sens ? Il avait peur qu'elle lui tende un piège, peur de casser quelque chose, pourtant Drago avança vers l'objet et se pencha en avant, dans la même position qu'il l'avait vu, se sentant extrêmement vulnérable, son champ de vision incroyablement réduit. Mais ce qu'il vit de l'autre côté des tubes, le laissa sans voix. Il fut incapable de détourner le regard, attiré comme un aimant par cette chose sur laquelle il n'arrivait à mettre aucuns mots. Si, peut-être un : fou. Quelque chose semblable à un dessin fait de lignes, comme une mosaïque, ondulait doucement, comme poussé par une petite brise. Il regarda encore quelques secondes et constata quelque chose de bizarre. L'espèce de petit dessin qu'il avait devant les yeux se déforma, pour prendre une autre forme. Mais durant un court instant, il cessa d'onduler. Le phénomène lui donna chaud aux yeux et il se senti encore plus attiré par lui qu'avant. Il se releva, perplexe par ce qu'il venait de voir, et se retourna vers elle les sourcils froncés.
-Qu'est-ce qu'il y a ? S'étonna Hermione, d'une voix encore trop aiguë.
-Le truc, il a… Je ne sais pas, muté. Il bougeait un peu… au début mais après il s'est agité… plus vite, puis ça s'est arrêté… à peine une seconde, et le dessin était… différent… Ca faisait de la chaleur…
Il avait cherché tous ses mots et à chaque micro pause du garçon, ses yeux et sa bouche de son interlocutrice s'étaient ouverts un peu plus. Elle ferma la bouche et la rouvrit, elle répéta plusieurs fois ce mouvement avant qu'un son ne puisse sortir.
-C'est… Impossible… Les yeux toujours grands ouverts elle s'avança rapidement pour regarder à son tour.
Sa mâchoire tomba de nouveau. Puis soudain elle se leva pour aller remuer la potion, une main sur la joue, toujours cette expression de surprise sur le visage. Lui, comme presque tout le temps, ne comprenait pas ce qui lui prenait. Dingue, c'est une dingue, il faut arrêter de se demander pourquoi ! Seulement voilà, plus il restait avec elle, plus il avait envie d'en savoir plus. Cette fille était un aimant à question. Alors arrêter de se poser des questions, se révèlerait vite mission impossible. Excédé par ses propres constats, il la regarda remuer sa potion comme un robot. Elle tourna doucement la tête dans sa direction, son regard était vide, ses yeux tremblaient de nouveau, elle ne semblait même pas avoir remarqué que son corps venait de bouger.
-Granger, qu'est-ce qui t'arrives ? S'impatienta Drago d'une voix froide.
-Hein ? Fit l'intéressée d'une voix vague.
-Pourquoi tes yeux tremblent ?
-Qu'est-ce que tu racontes ? Répondit la brune, le regardant maintenant avec étonnement.
-Il y a quelque seconde, tu as tourné la tête et tes yeux tremblaient, et ce n'est pas la première fois que tu le fais ! Répliqua le blond sur un ton plus qu'exaspéré.
-Je ne le fais pas exprès… Articula la jeune fille. Attend, est-ce que… ? Et ses pupilles reprirent leurs courses folles.
-Là ! Tu recommences ! Il commençait à s'énerver, il avait l'impression qu'elle se moquait de lui et il en avait des envies de meurtres.
-Je lis ! S'exclama Hermione émerveillée par elle-même.
Non, mais vraiment, sa place était à St Mangouste. Comment Potter et Weasley n'avaient pas pu s'en rendre compte ? C'était pourtant une évidence !
-Tu lis ? Questionna Drago en détachant bien les deux mots, roulant des yeux pour quelle comprenne l'absurdité de ses propos.
-Tout ce que j'apprends, ce que je lis, ce que j'entends, ce que je vois, ce que je fais, je le stocke là-dedans, dans ma bibliothèque. Elle pointa un doigt en direction de sa tête. Je recrée des livres, dans lesquels je garde tout. Comme ça, quand je veux me souvenir de quelque chose, je n'ai qu'à ouvrir le livre et le relire, il y a aussi des images et des schémas. Même si la plupart du temps je me souviens de tout quand je cherche quelque chose de précis il suffit que je relise. Je ne savais pas que cela se voyait !
Il écarquilla les yeux, et hésita à lui demander de répéter, n'étant pas sûr d'avoir bien entendu. Avait-elle vraiment traité son cerveau de bibliothèque ? Ecrire des livres dans sa tête ? D'où sortait-elle ? On ne pouvait pas écrire des livres dans sa tête et les consulter comme une réserve, elle avait un véritable problème pour croire ce genre de chose. La possibilité que tout ceci soit un rêve lui revient en mémoire. Il se pinça discrètement le dos de la main et la douleur lui confirma que ce qu'elle venait de dire était bien réel. Sa folie était donc pire qu'il ne l'imaginait. Qui faisait ce genre de chose ? A part les fous ? Ou peut-être était-il passé dans une autre dimension ? Après tout, il avait lu de la poésie moldu. Non. Il n'était pas assez crédule pour croire à ce genre de chose. Il fut surpris lui-même d'avoir autant d'imagination. Il ressentit, un court instant, une chaleur dans la paume des mains et comme avant pour le cœur, il douta même de l'avoir vraiment senti. Surtout que dans sa tête, Malefoy murmurait à son oreille de l'étrangler alors le symptôme devait venir de là. Définitivement fou.
-T'as-t-on déjà dit, que tu étais folle ? Dit Drago en glissant les mains dans les poches de son pantalon pour résister à toutes tentations.
-Hélas, folie et génie vont souvent de pair, répliqua la brune avec un clin d'œil et son cœur rata un battement.
Il décida qu'il était préférable de ne pas se demander pourquoi maintenant.
-Bon alors, qu'est-ce que c'est le truc que j'ai vu ? Il esquissa un mouvement de tête vers l'objet.
-De la magie pure, ses yeux brillèrent de nouveau, ce que tu as décrit, c'est exactement ce que je ressens quand je me transforme et... Et ce que j'ai vu, c'est ce que j'ai déjà observé dans mon sang et ma peau.
-Excuse-moi ? Lâcha Drago, surpris.
Mais elle ne répondit pas et se dirigea de nouveau vers un petit chaudron pour prélever un flacon, puis elle lança un sort qu'il ne connaissait pas et le chaudron se vida. Il voulut lui demander quel était ce sort mais il n'osa pas, Malefoy profondément heurté dans sa fierté de ne pas le connaitre. Elle l'énervait, Merlin seul sait à quel point. Il comprit qu'il n'aurait pas de réponses. Elle était déjà de retour à ses occupations, l'ignorant magnifiquement. Il soupira de désespoir mais ne rajouta rien, se contentant de la regarder faire.
Elle découpa un autre morceau de l'épine, puis versa la potion dessus. Il se passa quelque chose de bizarre qui attira toute son attention : la potion fit fondre l'épine et les deux s'unir pour former une sorte gros cube ayant la même consistance que la gelée, d'un jaune tirant sur le vert. Hermione la découpa avec sa baguette en petit cube puis elle attrapa une boite qu'elle ouvrit par magie. D'autres petits flacons s'élevèrent pour venir verser chacun une goutte sur un cube. La plupart ne réagirent pas, mais deux des cubes se ratatinèrent sur eux même et prirent feu, une horrible odeur se rependit dans la pièce, il fronça le nez. Tous les flacons, sauf deux qui stagnèrent dans le vide, retournèrent dans leur boite. Hermione les attrapa et les porta au niveau de ses yeux. Puisqu'elle ne faisait rien contre l'odeur nauséabonde, il lança lui-même le sort pour la faire partir.
-C'est un mélange de Tantacula Vénéneuse et de Filet du Diable. Elle est sensible aux UV et à l'Essence de Dictame. Murmura-t-elle pour elle-même.
Quel est le mot plus fort qu'agacé ? Exaspéré ? Exacerbé ? Non, toujours pas assez fort pour définir le sentiment qui l'asseyait quand elle marmonnait des trucs dans sa barbe qu'il ne comprenait pas. Alors par pure provocation il se balança doucement d'avant en arrière et commença à murmurer des paroles sans aucun sens.
-Pardon ? Dit Hermione en papillonnant des yeux, émergeant de sa rêverie.
-Je croyais que c'était comme ça que l'on communiquait avec toi ! S'exclama-t-il l'air faussement puis sincèrement étonné quand il réalisa à quel point il avait l'air immature.
-T'es vraiment un abruti fini quand tu t'y mets ! S'offusqua faussement la brune à son tour en croisant les bras et redressant le menton d'une manière exagérée.
Il voulut retenir un sourire, mais n'y arriva pas très bien et il fit une espèce de grimace indescriptible. Elle ouvrit grand les yeux. Il comprit qu'il venait de lui offrir une expression faciale encore inconnue à la race humaine. Elle eut juste l'aire curieuse et un peu amusée, le cou tendu elle l'observa en quelques secondes puis elle tourna la tête avant de pousser un cri aigu qui le fit sursauter.
-Quoi ? S'écria Drago.
-Il est trois heures du matin ! Cria Hermione.
-Pas la peine de crier ! Cria-t-il à son tour, ça me fait penser que j'ai faim. Ajouta le blond plus calmement.
-Moi aussi. Répliqua-t-elle tout aussi calme.
Il rigola intérieurement de leur changement d'humeur, car il les trouva aussi délirant l'un que l'autre. Mais il resta inexpressif, car Malefoy étant totalement d'accord avec Drago sur l'aspect délirant de la chose, le força à garder ce qu'il considérait comme sa dignité. Il l'aida pourtant à marcher jusqu'au bar où elle s'assit sur un tabouret. Il décida de faire à manger, mais il n'avait jamais fait à manger. Il avait toujours eu un elfe de maison, une mère, une bonne pour le faire à sa place ou le banquet de Poudlard. Alors il resta immobile au milieu de la cuisine. Ne sachant quoi faire, où regarder, quoi prendre, dans quel ordre. Il l'entendit pouffer, il tourna la tête, agacé.
-Qu'est-ce que je fais à manger ? Dit-il froidement.
-Laisse, je vais le faire, continua de pouffer la brune insensible à son agressivité.
Elle attrapa sa baguette et les ustensiles s'agitèrent pour préparer le repas. Il retourna donc s'assoir à côté d'elle, moitié reconnaissant, moitié énervé par ce qu'elle venait de faire. Il n'osait pas la regarder, il savait qu'elle souriait, mais ne voulait pas en savoir plus. Il ne voulait pas avoir l'air… Intéressé. De plus, elle venait de se moquer indirectement de lui, et il n'appréciait pas du tout. Surtout que s'il avait pris la décision de cuisiner, c'était parce qu'elle n'allait pas très bien. Alors il se sentait plutôt vexé qu'elle le prenne de cette manière. Il commençait également à ne plus se supporter. Il ne supportait plus d'être aussi sensible à tout. D'être aussi attentif à tout et que cela le touche. Il n'avait pas l'habitude, et les sentiments provoquaient chez lui un des tourments dont il ne connaissait même pas l'existence. Ils restèrent ainsi, plusieurs minutes, silencieux avant qu'il ne lui demande :
-Du coup, qu'est-ce qu'elle avait ma Magie Pure tout à l'heure ?
Elle tourna brusquement la tête en arrêtant de sourire.
-Je l'ai… Elle fronça les sourcils, sentie.
-Qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ? Soupira le blond en s'interrogeant déjà pour savoir à quel point sa réponse sera anormale.
-Je ne saurais pas t'expliquer ! Je t'ai dit l'avoir découvert en moi, je n'ai jamais ressenti ça avant. Ses joues prirent une teinte rosé quand il haussa un sourcil avec un regard appuyé et elle rajouta : ce que je veux dire, c'est que je n'ai jamais ressenti de la Magie Pure chez quelqu'un d'autre que moi, c'est la première fois, c'était étrange. C'est aussi surprenant pour toi que pour moi !
Il haussa les sourcils en entrouvrant la bouche face à la stupidité de ce qu'elle venait de dire, il ferma les yeux et se mordit la langue pour retenir une réplique cinglante de Malefoy. Drago prit une grande inspiration avant de les ouvrir à nouveau et de dire d'une voix la plus neutre possible :
-Je n'ai découvert l'existence de cette magie qu'aujourd'hui, j'ai appris que tu avais un coffre qui contenais un objet en rapport avec moi et le retour de Voldemort, j'ai ensuite fais la merveilleuse découverte qu'elle te permettait de devenir un animal sauvage. Après tout ça, j'ai appris, Merlin sait comment, qu'elle se trouvait aussi dans la plante qui garde le fameux objet me concernant, alors que tu m'avais dit que c'était la magie des sorciers. Et là tu me dis avoir sentie cette magie en moi, et tu prétends malgré être aussi surprise que moi ? Est-ce que tu réalises combien ce que tu viens de dire est, profondément, idiot ?
Le visage de la brune se décomposa doucement. Son regard devient vague petit à petit, son sourire se fana au ralenti. Voilà, c'était le mot, elle semblait marcher au ralenti. Puis une lueur s'alluma dans son regard, et comme un automate son bras bougea, elle lança quelque sort dans la cuisine et deux assiettes de pommes de terre au four et des escalopes de poulets se posèrent devant eux. Des couverts, des verres et une carafe arrivèrent à leur tour. Mais elle ne sembla pas avoir eu conscience de faire ça car son expression laissait clairement voir quelle était perdu dans ses pensées. Elle était très loin. Le bras toujours dirigé vers la cuisine, la tête toujours tournée vers lui, elle le regardait sans le voir. Ses pupilles se mirent à bouger de droite à gauche, gauche à droite, de haut en bas, en diagonales, elle avait l'aire complètement folle. Il eut peur quelque secondes qu'elle fasse une crise de quelque chose, peut-être un relent du poison de la plante ? Alors qu'il allait la secouer par les épaules, Merlin sait pourquoi, ses yeux cessèrent de bouger. Elle tourna la tête, toujours au ralenti, avant de commencer à couper sa viande avec les mêmes gestes lents, fixant droit devant elle, son regard se perdit de nouveau dans le vide.
Il était en pleins combat interne pour ne pas la frapper. Son comportement le rendait fou. Elle lui donnait la constante impression d'être stupide et de ne rien comprendre. Et Malefoy se voyait refuser ses envies de meurtres, marchandant malgré tout avec lui-même pour une gifle ou un coup de boules. Drago mourrait pourtant d'envie de lui poser pleins de questions. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Qu'est-ce qu'il avait dit ? A quoi avait-elle pensé ? Pourquoi ses yeux avait fait ces mouvements étranges, différent des tremblements ? Et enfin, pourquoi agissait-elle toujours comme une folle ? Pourquoi ne répondait-elle jamais à ses questions comme une personne normale ? Ah oui… La folie… Il se tourna vers son assiette, faisant tous les efforts du monde pour se taire, rester assit, manger, calmement, sans crier. Il serait tellement fort la mâchoire qu'il mit plusieurs secondes à ouvrir la bouche quand la fourchette se trouva à son niveau. Il resserra aussitôt les dents, broyant la nourriture, et encore une fois il dut lutter pour les desserrer et mâcher. Il eut autant de mal à avaler, tant sa gorge était serrée, et chaque bouchées fut aussi difficile.
Quand il eut fini son assiette, il prit plusieurs grandes inspirations. Il était encore à bout de nerfs et il avait d'un côté envie de lui parler, de l'autre il voulait s'en aller le plus loin possible. Il tenta, tant bien que mal, de contenir son besoin maladif de l'étrangler. Il tenta de refouler sa colère, son irritation avant d'entreprendre la moindre chose la concernant. Il se concentra de nouveau sur sa respiration, il fallait qu'il reste calme et relativement poli s'il souhaitait avoir une explication. Il tourna la tête pour la regarder. Les yeux toujours dans le vague, elle était dans la même position, le même état que lorsqu'il avait arrêté de la regarder. Manger avait été pour lui un tel combat qu'il n'avait absolument pas fait attention à elle. Sa fourchette plantée dans son premier morceau de viande, à quelques centimètres au-dessus des autres, elle n'avait pas touché à son assiette. Il eut envie de l'insulter, et de lui demander qu'est-ce qui lui prenait. Il claqua sa langue contre son palais, n'osant pas ouvrir la bouche pour faire autre chose car il était capable de dire n'importe quoi et elle sursauta.
-Excuses-moi, tu as dit quelque chose ? Dit-elle en le regardant l'air désolé.
-Oui, il y a maintenant une demi-heure, et justement, j'attends une réponse ! Répliqua-t-il avec difficulté, luttant à s'en briser les os pour ne pas lui sauter à la gorge.
Elle haussa les sourcils.
-Je suis désolée, vraiment, j'étais dans mes pensées et je n'arrivais pas à en sortir.
Il fut tellement choqué de sa réponse qu'il ne trouva rien à répondre. Il comprenait tellement ce qu'elle voulait dire qu'il n'arrivait pas à lui en vouloir, enfin si, mais pas complètement. Il ne savait pas ce qui lui occupait la tête, mais ce sentiment d'impuissance face à son esprit, il le connaissait. D'un autre côté il avait envie de lui mettre une claque pour qu'elle prenne conscience combien elle avait un comportement de dingue, le reste du temps. Elle fronça les sourcils un instant avant de dire :
-Je ne m'étais pas rendu compte de tout ce que j'avais pu t'apprendre en te parlant de ça. Mais tu as dit un mot qui m'a fait penser à quelque chose, et après j'étais... Non je n'ai pas d'excuse, tu as raison, je ne suis surement pas aussi étonnée que toi, j'ai parlé sans réfléchir. Je m'excuse, je ne voulais pas t'énerver ou t'ignorer, ça n'a rien à voir avec toi.
Il ne répondit pas et se contenta de la fixer dans les yeux. Il arrivait, non sans difficulté, à garder un visage impassible. Elle lui souriait d'un petit sourire timide, les yeux brillants d'excuses. Il lutta encore plus fort pour rester immobile et inexpressif. Parce qu'elle avait beau avoir un comportement de folle, ses yeux et son sourire étaient les plus sain, les plus naturels, et s'il osait le dire, des plus beau. Sa beauté pouvait occulter et peut-être égaler sa folie. Elle était vraiment étrange, son comportement le fascinait, même si la moitié de lui le, et la, détestait pour ça. Tout ce qu'elle disait lui donnait envie de demander pourquoi et s'en était insupportable. Parce qu'il n'aurait jamais toutes les réponses. Il serra les dents. Elle perdit son sourire. Ils restèrent à se regarder un moment avant qu'il ne rompe le silence sur un coup de tête :
-Montre-moi.
-Pardon ? Et pour la première fois, c'est elle qui eut l'air de ne pas comprendre et ça le calma.
-Transforme-toi.
-Pour quoi faire ?
-Je veux voir. Répondit-il le visage de marbre.
Elle se leva. Elle le regarda dans les yeux, et le sourire aux lèvres elle fit un mouvement théâtral du bras qui tenait sa baguette :
-Abracadabra !
Il aurait pu sourire, mais il ne le fit pas. Il savait pourtant que c'est ce qu'elle attendait en faisant ceci : elle aussi voulait détendre l'atmosphère. La même chaleur qu'il avait ressentie quand elle s'était retransformée plus tôt dans la journée émana alors d'elle. Et comme la première fois, il eut chaud à son tour. Les contours de son corps devinrent flous comme si sa peau ondulait sous la chaleur. Cette dernière cessa brusquement et son corps muta, elle devient plus petite, mais plus large et ses yeux s'agrandirent, des poils poussèrent brusquement à la place de ses vêtements et de sa peau, un museau se forma, puis des pattes, une queue, des oreilles et une moustache. Une lionne se tenait maintenant devant lui. La mutation avait été rapide et belle à regarder. Il était impressionné mais ne laissa rien paraitre. L'une de ses patte en revanche était étrange, enfin plutôt l'une des griffes. Elle était marron et arrondie au bout. Il fronça les sourcils et la regarda dans les yeux. Il y retrouva les petites tâches marron et durant une seconde il fut gêné par se regard si sage. Elle reprit sa forme normale et retourna s'assoir.
A son tour son esprit se perdit dans les questions : qu'est-ce que c'était que cette griffe marron ? La plante l'avait empoisonné pour toujours ? Une autre blessure qu'il n'avait pas vue ? Un des bleus qu'il lui avait fait ? Si rien de tout ça, alors quoi ? Dans l'angle de son champ de vision Hermione se dandinait sur sa chaise il la voyait lui jetait des coups d'œil qu'elle pensait surement discret. Il soupira.
-Quoi ? Fini par demander Drago.
-Pourquoi tu as fait cette tête ? Elle avait une expression de totale incompréhension et il en fut ravi.
-Une de tes griffes était marron et ronde.
-Oh, elle sembla soudainement soulagée et il lui lança un regard interrogateur. C'est ma baguette.
-Ta baguette ? Encore une fois il détacha bien les deux mots en les articulant exagérément car ce qu'elle venait de dire était encore plus absurde que lorsqu'elle lui avait dit qu'elle lisait.
-Oui, quand je me transforme je prends en compte mes vêtements, ce que j'ai dans les poches et je laisse la fin de ma baguette dans sa forme initiale pour pouvoir continuer de jeter des sorts.
Il lutta tellement fort contre l'envie d'ouvrir grand les yeux et la bouche qu'il en eut mal à la mâchoire et aux paupières. Il n'en croyait pas ses oreilles. Combien de secrets de la magie avait-elle percés ? Etait-il seulement possible de faire ce qu'elle faisait ? Comment cela était-il possible ? La théorie du rêve venait de gagner une preuve de plus. Drago se dit qu'elle était peut être folle, mais elle était surtout douée et il comprit brusquement comment Potter et Weasley avaient pu s'en sortir toute ces années. Elle n'était pas uniquement excellente pour les devoirs et répondre aux questions, elle maniait la pratique aussi bien que la théorie. Il avait grandi dans le monde de la magie, ses parents connaissaient beaucoup de sorciers puissant, mais là, elle battait des records. Dans sa tête, Drago et Malefoy hurlait tellement fort qu'une violente douleur à la tête le frappa comme une massue avant de cesser aussi brusquement quand il eut la sensation de se donner lui-même un coup de poing. Pourtant il n'avait pas bougé. Il tourna la tête pour essuyer une goutte de sang qu'il sentait couler dans son nez. Il devenait vraiment fou, et il commençait à être inquiet de son propre état mental. Il avait vraiment ressenti la sensation d'un coup de poing dans le visage, mais dans sa tête. Le temps d'un instant il se dit qu'il devrait arrêter de la juger sur sa santé psychologique quand il en arrivait à se faire saigner du nez.
Mais d'un autre côté, il était trop intrigué par ce qu'elle avait dit alors il décida de remettre à ce soir le l'évaluation de sa santé mentale. Un animagus qui peut se servir de sa baguette en pleine métamorphose ? Lancer des sorts dans un langage animal ? Le prendrait-elle pour un idiot ? Il la regarda à nouveau, elle le fixait de ses yeux jaunes d'un regard curieux, brillant. Il ressenti une brûlure dans le creux du ventre, qui disparut tout aussi vite que les précédentes.
-Ce n'est pas possible. Fini par dire Drago.
-Pourtant je le fais. Dit-elle en haussant les épaules.
-Non, Granger, ce n'est pas normale.
-C'est peut-être ça le truc : je ne suis pas normale. Répondit-elle après plusieurs secondes, les yeux rivés sur ses mains.
Il ne sut quoi répondre alors il tourna à son tour le regard. Il laissa ses yeux courir sur la pièce et il rencontra une horloge. Quatre heures et demie. Bientôt vingt-quatre heure qu'il était debout. Quand il y pensa, la fatigue tomba sur lui d'un coup. Il bailla.
-Je crois qu'on devrait aller se coucher, déclara Hermione en évitant son regard quand il cacha un troisième bâillement.
Il hocha la tête et ils se levèrent en silence. Elle envoya leur assiette se laver, elle n'avait toujours pas touché à la sienne. Il ne lui fit aucune remarque, après tout, ce n'était pas son problème, ça la regardait elle. Avant qu'ils n'entrent dans leur chambre, il l'interpela malgré tout. Il mourrait d'envie de lui dire depuis qu'elle avait repris connaissance, elle le regarda avec ce qu'il crut être de la tristesse, mais il se dit que finalement, il n'était pas la meilleure personne dans le domaine de l'identification des émotions alors il l'ignora.
-Hé, Granger, tu sais que tu n'aurais jamais pu faire plus gros cliché : une lionne ? Sérieusement ?
Il réalisa qu'il avait parlé d'une manière un peu trop provocante, mais un immense sourire se plaqua sur ses lèvres et ses yeux se pétillèrent à nouveau :
-Tu n'aurais jamais pu me faire plus beau compliment !
Elle disparut précipitamment derrière sa porte, une fois encore, il ne comprit pas ce qui lui prenait. Il rentra à son tour dans la sienne. Il se changea et se glissa sous les couvertures, après avoir posé sa baguette sur la table de nuit. Les mains derrière la tête, il repensa à sa journée. Elle avait commencé comme toutes les autres, pourtant elle s'était révélée plus qu'anormale. Il ne réalisait pas tout ce qu'il avait appris. Sur son enlèvement, sur Voldemort, sur la magie en elle-même, sur les sorciers et bizarrement, sur elle aussi.
Et le coup de poing lui revient en mémoire. Comment cela avait été possible ? On ne pouvait pas saigner d'un coup de poing imaginaire ? Ou alors la prison l'avait tellement atteint que sa place était maintenant à St Mangouste ? Il avait de nouveau mal à la tête. Il en pouvait plus de tout le temps de poser des questions, il avait besoin de réponses. Parce qu'en plus du reste, maintenant, il se demandait s'il n'avait pas un important et grave problème mental pour pouvoir se mettre des coups de poing mentaux en en saigner réellement. Il repensa à son cœur quand elle lui avait fait un clin d'œil. Que lui était-il arrivé ? Etait-ce sa folie ? Son problème mental qui s'élargissait au reste du corps ? Parce que ça ne pouvait pas être juste elle. Il ne voulait pas que ce soit, juste elle. Et comment avait-elle pu sentir sa Magie Pure ? Et pourquoi était-elle TOUJOURS aussi mystérieuse et bizarre ? Pourquoi avait-il envie d'en savoir plus, et pas uniquement sur ce qui le concernait ?
Il repensa à sa mère. Il comprenait ce qu'elle voulait dire par « j'en ai appris tous les jours avec elle » : cette fille était un mystère à elle seule. Et quand on cherchait à comprendre quelque chose, on était assaillit par un flot d'informations continue. Et l'on finissait avec plus de questions qu'au départ. Elle était fascinante et bien plus intelligente qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Il comprenait à quel point il avait été stupide de la sous-estimer autrefois, parce que ses origines n'avaient en aucun cas affectés ses capacités magiques, tout au contraire. Puis sans savoir comment, il prit une décision : il allait l'aider avec cette plante pour ouvrir le coffre. Déjà parce que sa curiosité le poussait à en savoir plus sur cet objet en rapport avec lui, et aussi, même si Malefoy n'appréciait pas, parce que les connaissances magiques de cette fille le fascinait. Il voulait en apprendre plus, en savoir plus sur la magie, sa magie à lui, sur ce qu'elle avait pu découvrir d'autre. Et il prit une seconde décision, lui aussi allait apprendre à maitriser cette magie qu'il avait en lui, il voulait devenir un animagus, c'était un rêve de l'enfant qu'il avait été. Non. Ce n'était pas uniquement pour ça, il devait devenir plus fort. Il devait pouvoir battre son père.
Drago n'arrivait pas à dormir, il n'arrivait pas à s'arrêter de penser. Et Malefoy fit savoir, par une subtile comparaison d'un souvenir incluant Pansy, des toilettes et Mimi-Geignarde, ce qu'il pensait de cette soudaine vénération pour Hermione Granger et sa place dans tout ça. Il y eut plusieurs insultes, avant que Drago ne reprenne le contrôle de lui-même. Il se dit, que peut-être, dans les placards de la salle de bain il trouverait de la Potion de Sommeil Sans Rêves. C'est l'esprit déterminer à devenir un animagus, à devenir un sorcier plus fort que ne le serait jamais son père, à découvrir quel objet se trouvait dans ce coffre et son rôle dans tout ça qu'il s'endormit. Sans se douter que de l'autre côté du mur, une lionne se posait tout autant de question sur un serpent qu'il n'était plus celui qu'elle avait connu.
