Helloo-o !

J'avais prévu de poster dans la soirée, mais LAurore m'a gentiment demandé de poster plus tôt pour qu'elle puisse le lire avant de partir. De ce fait, me voilà avec le chapitre 6 ! =)

Puisque personne n'a émis d'objection, les chapitres resteront tels qu'ils sont. =)

Mon éternel reconnaissance à Pasca, janeandteresa, ShunKickShunKers, Sweetylove30, Gavroche31, leelou09, LAurore et filament-de-lune ! =D

Calypsoh: Ne t'en fais point, des reviews comme celle-ci, ça me va très bien aussi ! :) Tu pourras plus facilement te procurer Bouh qu'un Patrick Jane ! ^^ Je suis contente que tu apprécies le début de l'enquête, je me suis vraiment amusée à écrire celle-ci. Pour ce qui est du lapsus, tu verras dans ce chapitre ce qui en résulte :) Et merci surtout pour ta super review ! =D

NOTSOnewreaderhere: Ah bon tu sais qui l'a fait ? :) J'ai encore beaucoup ri à la lecture de ta review, c'est génial merci beaucoup ! ^^

paffi: Je suis contente que tu ais aimé cette scène en particulier. :) J'espère ne pas te décevoir et merci !

Enjoy: Contente que ça t'ait plu tout d'abord. :) J'ai beaucoup aimé ton rêve au fait, moi aussi il m'a bien fait rire ! ^^ Pour ce qui est du Shakespeare, c'est ma faute si tu es induite en erreur. Je suis raide dingue de Willy, et donc il y a du Shakespeare un peu partout, un peu comme une toile de fond. ^^' J'espère que la suite sera à la hauteur ! :) Et merci surtout !


Chapitre 6: Collect the Stars – Linke [Collectionne les étoiles]

« Rarement le sommeil visite le chagrin ; quand il daigne le faire, c'est un consolateur tout-puissant. »
Shakespeare - La tempête.

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Jane avait été absent tout l'après-midi. Lisbon le savait au CBI, elle avait vu sa DS toujours garée en bas du bâtiment, mais il ne s'était pas montré. Il avait juste pris le temps de lui dire que Kya ne lui avait rien appris de crucial puis il avait disparu.

Les premiers résultats la maintinrent cependant concentrée sur l'enquête et elle renonça à le chercher. Il reviendrait quand il l'aurait décidé.

Les finances de Gary Jr étaient aussi saines qu'on le leur avait dit, aucun versement suspect n'était à signaler. Cependant lorsque Rigsby et Cho revinrent au CBI avec un carton rempli des lettres de menaces et d'enregistrements de messages vocaux, Lisbon commença à se dire que l'affaire se compliquait sérieusement. Comment était-il possible de s'attirer l'antipathie d'autant de personnes alors même qu'on rendait justice ? Elle se força à ne pas penser à Jane mais songea que sa question devenait obsolète si on considérait le nombre de gens que le consultant s'était mis à dos.

-Boss ? l'interpela VanPelt en entrant dans son bureau en fin d'après-midi. L'assistante de Gary Jr, mademoiselle Lauren Cliff, est arrivée.

-J'arrive, je veux assister à l'interrogatoire. Faites-moi des recherches sur elle, qu'on s'assure d'entrée de jeu qu'elle est clean.

-D'accord boss. Oh, et Rigsby a comptabilisé cent trente quatre lettres de menace et quarante-six messages enregistrés, il a commencé à tout éplucher en détail.

Tout en l'écoutant, Lisbon s'était levée pour sortir, accompagnée de son agent.

-Bien, vous l'aiderez quand vous en aurez fini avec l'assistante. Quelle salle ?

-Cho a préféré ne pas le faire en salle d'interrogatoire puisqu'elle est venue de son plein gré pour nous aider.

Lisbon acquiesça, sachant dès lors où elle trouverait son agent et l'assistante. Elle allait s'éloigner lorsqu'elle se souvint d'un détail.

-La scientifique s'est occupée du local des Robin ? s'enquit-elle.

-Oh oui j'allais oublier. Le sang appartient bien à l'agent de sécurité, ils ont lancé des recherches sur le domaine et dans la maison.

-D'accord, prévenez-moi dès qu'il y a du nouveau.

-Ça marche.

Lisbon rejoignit Cho et l'assistante dès que VanPelt eut tourné les talons.

Elle entra et se présenta brièvement avant de s'asseoir à côté de Cho. Il chercha un signe de sa part indiquant si elle voulait conduire l'interrogatoire mais elle le laissa faire d'un hochement de tête.

Lauren Cliff paraissait effondrée par la mort de son patron, elle luttait sans arrêt contre des larmes et son maquillage avait subi des dégâts. Lisbon ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était jolie malgré tout, un peu ronde, son visage exprimait une douceur qui s'accordait avec ses cheveux roux gentiment désordonnés.

-Miss Cliff, vous êtes sûre qu'il n'y a rien qui ait été en possession de votre patron et qui ait pu représenter une menace pour sa sécurité ? insista Cho.

-Non, il ne ramenait rien chez lui depuis la tentative de vol, il s'était arrangé pour tout laisser au bureau et il l'avait fait savoir afin que quiconque l'espionnant sache qu'il ne gardait rien chez lui.

-Y avait-il une affaire particulièrement sensible en ce moment ?

-Je n'ai pas fini d'éplucher les dossiers, j'ai pas mal de paperasses en retard. Ma mère est un peu malade en ce moment alors je me suis absentée, du coup j'ai pris du retard. Je ne sais pas vraiment où il en était, mais peut-être que son associé pourra vous dire les dossiers en cours.

-Il avait un associé ? releva Cho.

-Oui, Brendan Hood. Gary avait la fâcheuse habitude de prendre plusieurs affaires en même temps, pour s'y retrouver il a engagé un vieil ami de fac. Brendan tenait les dossiers en cours pour que Gary soit plus efficace en jonglant entre les affaires.

-Y avait-il des procès contre votre patron ?

-Oh non, pas de procès, sourit tristement mademoiselle Cliff. Tout le monde connaît le procureur Robin, et tout le monde sait que même à la retraite, il a toujours des relations haut placées. S'en prendre à Gary, c'était prendre de trop gros risques.

-Quand vous avez appris que votre patron était mort, à qui avez-vous pensé en premier ? s'enquit Lisbon alors que Cho prenait des notes.

Elle songea que c'était une question digne de Jane puis se concentra sur sa réponse.

-Eh bien… Je ne dis pas qu'elle l'a tué hein ? Mais… Carrie Fletcher, la maîtresse de monsieur Robin, était très en colère contre Gary.

-Le procureur Robin avait une affaire ? s'étonna Lisbon.

-Gary y a mis fin. Il a dit que ce n'était pas correct que son père fasse ça à madame Ella et qu'on devait profiter de la femme qu'on a épousé quand on a encore la chance de l'avoir. Alors il a forcé monsieur Robin à ne plus revoir Carrie.

-Et il l'a fait ?

-Oui, il y a un mois, il lui a donné de l'argent. Je le sais parce que c'est moi qui ai fait la transaction pour lui. Depuis, Carrie n'arrêtait pas de venir au bureau pour s'en prendre à Gary. Elle était vraiment, vraiment très en colère contre lui.

-Et où pouvons-nous trouver cette Carie Fletcher ? s'enquit Lisbon alors que Cho se préparait à écrire.

-Je ne sais pas son adresse, mais vous la trouverez sûrement chez Berner & Hooke.

-Berner & Hooke ? releva la jeune femme tout en s'assurant que son collègue notait l'information.

-Ce sont des notaires, ils ont une étude à Sacramento, Carrie est leur secrétaire.

-Merci pour votre coopération mademoiselle. Une dernière question cependant, sauriez-vous où nous pourrions trouver Brendan Hood, l'associé de votre patron ?

La jeune femme se tordit sur sa chaise, gênée.

-C'est-à-dire que non, marmotta-t-elle.

-Non ?

-Brendan n'a pas de maison fixe, il vit dans des hôtels. Seul Gary savait comment le contacter, moi je n'ai qu'une adresse mail.

-Vous pourriez l'écrire ? demanda Cho en lui tendant une feuille de son calepin.

Cliff accepta et prit le stylo pour inscrire l'adresse.

-Je pense que vous ne le trouverez pas, dit-elle cependant, après avoir rendu la feuille et le stylo à Cho.

-Pourquoi ça ? s'étonna Lisbon.

-Eh bien, si Gary a choisi Brendan pour associé, c'est parce que Brendan s'y connait en détournement de lois et autres astuces pour arriver à ses fins. Il était aussi chargé du côté illégal des enquêtes de Gary. De ce fait, Brendan voyage beaucoup et reste loin des flics.

Cho et Lisbon échangèrent un regard, puis la brune se leva en remerciant Cliff de sa coopération une fois de plus. Elle laissa le reste à son agent.

Deux suspects dans une même conversation, voilà qui au moins les occuperait pour un temps. Une petite amie en colère et un escroc professionnel vivant caché, Jane allait adorer.

En songeant à son consultant, elle se souvint qu'elle ne l'avait plus vu de la journée. Elle s'avança dans les bureaux mais il n'était pas sur son divan.

-Je crois qu'il est dans le grenier, lui dit Rigsby en levant le nez de sa feuille.

-Je l'ai vu monter, confirma Grace.

La brune acquiesça puis s'approcha d'eux.

-Du nouveau ?

-Ce type recevait des menaces de mort à tous les repas, soupira Rigsby. Difficile de démêler ce qui est sérieux de ce qui relève de la simple impulsion colérique.

-Epluchez tout et n'hésitez pas à faire appel à l'assistante de Gary Junior, elle a apparemment décidé de se montrer très coopérative.

-D'accord boss, répondirent ses deux agents plus ou moins en chœur.

Lisbon retourna dans son bureau faire un peu de paperasse mais ne dépassa pas dix-neuf heures, épuisée.

Ce n'était pas dans ses habitudes de décrocher si tôt, mais elle était émotionnellement bonne à rien dernièrement. Depuis l'incident, elle avait senti ses limites, et elle doutait d'elle-même. Sa maison, auparavant un simple endroit où dormir, était devenu l'endroit auquel elle aspirait le plus au monde, un refuge. Elle aimait y retrouver Bouh et se laisser aller, elle avait pris goût à la détente, elle avait pris peur du monde entier.

Elle rangea ses affaires, éteignit son ordinateur, puis attrapa sa veste et son téléphone pour sortir. Elle entendit ses clefs de voiture tinter dans sa poche et se souvint qu'elle devait un double des clefs de sa maison à Jane. Elle soupira et déverrouilla son tiroir de bureau pour le fouiller. Elle trouva le trousseau qu'elle cherchait, le glissa dans une enveloppe où elle inscrivit le nom de Jane et referma le tiroir avant de quitter son bureau.

Son équipe travaillait toujours lorsqu'elle s'approcha du bureau de son consultant.

-Ne travaillez pas trop tard, leur conseilla-t-elle, vous serez plus efficace à tête reposée.

Ils approuvèrent avec un sourire reconnaissant mais insistèrent tous pour finir au moins ce qu'ils avaient entamé. Lisbon leur sourit puis posa l'enveloppe sur le bureau de Jane.

-Si Jane redescend et que vous êtes encore là, vous pouvez lui dire que j'ai posé une enveloppe pour lui ?

Ils lui firent signe que oui, puis elle leur souhaita une bonne nuit et disparut. Elle n'aimait pas partir avant son équipe, elle s'en sentit faible.

Elle colla sa tête contre la paroi de l'ascenseur qu'elle prit seule et ferma les yeux. Elle avait l'impression que la douleur était toujours aussi intacte, que les images de violence et de mort ne la laisseraient jamais en paix. Bien sûr, pendant un temps Bouh, et même Jane, les avaient écartées, mais elles étaient toujours là, prêtes à l'étouffer, à lui rappeler son échec, ses échecs.

Elle aurait voulu sauver Kelly du sort que John LeRouge lui avait réservé, elle n'avait pas voulu qu'elle meure. Kelly était triste, Kelly était un peu folle aussi, mais Kelly n'avait pas mérité de mourir, elle aurait pu guérir si on lui avait laissé sa chance. Et si elle avait pu sauver la jeune femme, elle aurait pu sauver Jane, il n'aurait jamais eu besoin d'elle. Elle connaissait la colère qui allait suivre, cette rage contre ce tueur sans pitié, ce tourmenteur d'esprits à la dérive. Il voulait jouer avec elle, avec Jane, les tirailler entre leurs désirs les plus profonds et leurs croyances, leurs buts originels. Il voulait les perdre au détour d'une attirance inexplicable, les torturer jusqu'à ce qu'ils se déchirent.

Tout aurait été plus simple si elle avait su sauver Kelly, mais elle avait échoué, Kelly avait perdu la vie et c'était un peu de Jane qui était parti. Elle n'aurait su dire s'il l'avait vraiment aimée, mais assurément il avait eu une immense tendresse pour elle, la perdre l'avait anéanti un peu plus.

Une fois en voiture, elle continua le cheminement de ses pensées sombres sans pouvoir s'en empêcher. Elle aurait tant voulu échapper aux souvenirs encore un peu. Elle songea amèrement qu'elle était toujours faible psychologiquement et elle s'en voulut. Ça n'était pas elle, Teresa Lisbon se battait et travaillait la tête froide, sans faillir. Où était-elle passée ? S'était-elle perdue quelque part dans la douleur ?

Sans doute.


Le film se termina sans qu'elle ait suivi. Elle mit le générique en sourdine et soupira, se recroquevillant sous la couverture, étendue sur son canapé. Elle n'avait pas eu le courage d'aller se coucher, elle savait que des cauchemars l'attendaient et elle n'avait plus de somnifères. Bouh poussa un soupir depuis son panier et Lisbon approuva mentalement, elle n'aurait pas dit mieux elle-même.

Elle fut sortie de sa léthargie par le bruit d'une clef qu'on tournait dans la serrure. Elle jeta un coup d'œil sur la table basse où était posée son arme mais ne bougea pas. Elle se doutait que c'était Jane, elle avait juste eu un vieux réflexe. Le fait qu'il ait les clefs de chez elle et donc le pouvoir de venir ici autant qu'il voulait lui laissa un sentiment étrange, entre l'appréhension et le soulagement de ne pas être seule pour la nuit.

Elle le vit poser un sac à côté de la porte et la verrouiller derrière lui avant d'approcher du canapé où elle était étendue. Bouh vint lui faire la fête un instant, puis après quelques caresses, repartit dans son panier.

-Film intéressant ? s'enquit finalement Jane.

-Je n'ai pas vraiment regardé, avoua-t-elle en restant couchée.

Il acquiesça, comme s'il savait déjà qu'elle avait été rattrapée par de vieux démons.

-Vous me laissez une place ?

Elle se redressa pour qu'il puisse s'asseoir à côté d'elle.

-Les autres m'ont dit que vous étiez partie tôt et que vous n'aviez pas l'air bien, dit-il finalement.

-Je n'ai pas envie d'en parler Jane, soupira-t-elle.

-… Vous voulez regarder un autre film avant d'aller vous coucher ? suggéra-t-il en abandonnant la lutte avant même qu'elle ne se présente à eux.

Elle acquiesça et remit un peu du son de la télé avant de zapper. Elle s'arrêta sur la diffusion d'un Star Wars, de toute façon elle n'écouterait même pas. Elle observa Jane attraper un coussin pour le poser contre sa jambe droite puis il lui fit signe qu'elle pouvait s'allonger.

Elle fut réticente tout d'abord, puis elle estima que le coussin était une barrière suffisante entre leurs deux corps et elle s'allongea, se positionnant sur le flanc face à la télé pour feindre de s'intéresser au film.

Elle retrouva avec étonnement la même sensation que la soirée qu'elle avait passée avec lui et où leurs mains s'étaient cherchées avant de se lier. Le noir lui donnait envie de retrouver son contact, pour s'assurer qu'il était là et son odeur, agréable, n'arrangeait pas les choses.

Mais sa frustration disparut lorsque la main de Jane vint chatouiller sa taille pour s'y poser délicatement. Elle hésita, déstabilisée, puis elle glissa sa main jusqu'à la sienne et emmêla ses doigts aux siens. Elle trouva étrangement le contact plus réconfortant que la première fois. La première fois avait été une impulsion, sans justification, cette fois, elle comblait une nécessité, celle de le savoir présent avec elle.

Elle bougea pour se remettre sur le dos, oubliant de faire semblant de regarder le film. La main de Jane suivit le mouvement, se posant sur son ventre et elle retrouva ses doigts avec une facilité déconcertante. Elle rejoignit leurs doigts liés de sa main libre et dessina des formes sans but sur le dos de sa main, distraite par des pensées à des milliers de kilomètres de son salon… Et peut-être était-elle maintenant un peu curieuse de savoir pourquoi il était là, comprendre ce qu'il y avait en elle qui lui fasse tant de bien.

Jane l'observait de temps à autre, se faisant violence pour retourner au film et ne pas passer sa soirée à la regarder. Assurément elle aurait trouvé la situation gênante et se serait dérobée. Il n'y avait pas vraiment de voyeurisme dans son envie de la contempler, juste un irrésistible besoin de savoir à quoi elle pensait. Mais il devait lutter contre ce besoin, parce qu'il savait qu'elle lui en voudrait s'il la poussait dans ses retranchements. Il avait gagné le droit d'entrer dans sa vie, sa vie entière, et il n'avait pas l'intention de perdre ce droit de sitôt.

Plusieurs fois dans la journée il avait songé que le soir où il était allé voir Lisbon à l'hôpital peu après la mort de Kelly, il avait fait une erreur. Son plan avait été de l'éviter pour son bien, mais ça avait été plus fort que lui et il avait eu besoin de s'assurer qu'elle allait bien, qu'elle était en vie. Et au final, il avait trouvé du réconfort plus qu'autre chose. Il se souvenait de la douceur de sa main dans la sienne, de la pression qu'elle lui avait rendue en lui faisant promettre d'être là… Et il avait songé un instant qu'il pourrait le faire, qu'il pourrait être là pour elle, ne plus la quitter, la laisser le guérir de tout, et oublier la douleur… Puis il était revenu à la réalité à l'enterrement de Kelly. Il allait la blesser, la tuer, s'il s'immisçait dans sa vie. Il avait voulu disparaître, il avait voulu oublier. Mais ça avait été impossible, au moment même où il l'avait revue, il avait su qu'il ne partirait plus. Elle ne le guérissait pas, mais elle soulageait la douleur. Puis d'un simple soulagement, elle était devenue son plus grand besoin. Et leurs mains s'épousaient parfaitement.

Il posa une fois de plus le regard sur elle et vit qu'elle s'était endormie. Il sourit doucement et attrapa la télécommande pour éteindre la télé. Il n'eut aucun mal à libérer sa main, elle s'était détendue en s'endormant.

Il hésita un moment, pesant le pour et le contre quant au geste qu'il allait faire, puis il songea qu'au point où il en était, un contact de plus ne nuirait à personne. Il se leva du canapé, glissa un bras sous les genoux de la jeune femme, l'autre dans son dos, puis il la souleva du canapé.

Il fut surpris de constater sa légèreté. Certes Lisbon était petite et pas très épaisse, mais il n'était pas non plus dans une forme physique exceptionnelle. Il laissa là ses pensées puis se dirigea vers les escaliers.

-Reposez-moi, gémit Lisbon sans ouvrir les yeux.

-Vous allez tomber si je vous repose, sourit-il en entamant la montée des marches.

-Je peux le faire toute seule, vous devez me poser, protesta-t-elle de sa voix endormie.

Ce disant, elle passa ses bras autour de son cou et cala sa tête sous son menton. Il ne put s'empêcher de rire silencieusement, pour quelqu'un qui voulait être posée, elle n'était pas vraiment motivée. Mais il lui accordait son état de fatigue, elle divaguait sans doute. Il la déposa dans le grand lit et la couvrit. Elle marmonna un merci à peine audible puis replongea dans son sommeil.

Il ne résista pas à la tentation de glisser avec légèreté le bout de ses doigts sur son épaule dénudée. Après un sourire un peu amer, il se détourna et quitta la chambre. Il constata que Bouh s'était installé dans le panier à côté de la porte de la chambre de sa maîtresse et caressa le chiot, amusé. Il redescendit finalement et se coucha sur le canapé.

Enivré par l'odeur de la jeune femme encore sur l'oreiller, il ne parvint pas à apaiser le désordre d'émotions contradictoires qui bataillaient dans sa tête.


Lisbon fut réveillée par son téléphone aux alentours de deux heures et demie du matin. Elle grogna de mécontentement et attrapa le cellulaire pour le porter jusqu'à son oreille.

-L'sbon ?

-C'est VanPelt boss, deux agents en patrouille ont trouvé un corps et ils pensent que c'est l'agent de sécurité qu'on recherchait.

Lisbon soupira et demanda l'adresse tout en se levant.

-Ok, le temps de réveiller Jane et j'arrive, répondit-elle.

-Pardon ? ne put s'empêcher de s'étonner la rousse.

-Rien, à tout à l'heure VanPelt, marmotta la brunette tout en fouillant son armoire pour trouver de quoi s'habiller.

Quelques minutes plus tard, les cheveux dans un chignon et ayant trouvé des vêtements, elle descendit les escaliers. Elle constata que Jane ne dormait pas, allongé sur le canapé dans le noir, songeur.

Elle alluma la lumière et il protesta vivement en fermant les yeux, aveuglé.

-Debout, on a peut-être retrouvé le corps de l'agent de sécurité des Robin, il faut identifier le corps.

-Ça ne peut pas attendre ? se plaignit-il en se redressant.

-Je ne réponds pas à ça, vous voulez un thé avant de partir ?

-Non merci, marmonna-t-il en remettant son veston et sa veste.

-Allez dépêchez-vous, on y va, le pressa-t-elle en attrapant son arme, sa plaque et sa veste.

Jane roula des yeux mais obéit. Il se figea dès lors qu'il eut enfin vraiment regardé Lisbon.

-Je veux bien y aller, mais je crois qu'il serait mieux que vous finissiez de vous habiller d'abord Lisbon, lui fit-il remarquer en pointant du doigt son chemisier.

Il détourna le regard, gêné, et se mordit la lèvre alors qu'elle constatait qu'elle avait à moitié boutonné son chemisier. Elle rougit légèrement et s'affaira immédiatement à attacher presque entièrement le vêtement. Elle préféra ne rien dire et sortit d'un pas raide.

-Je mettrai ça sur le compte de votre manque de sommeil, commenta-t-il.

-La ferme, marmotta-t-elle en montant en voiture.

Il rit et fit le tour de la voiture pour monter avec elle.


Le voyage fut silencieux jusqu'à la scène de crime. VanPelt et Cho étaient présents, ils parlaient avec les policiers de patrouille alors que quelques scientifiques s'affairaient autour du corps.

-Alors ? s'enquit Lisbon.

-C'est bien lui, confirma Cho. Une balle dans l'abdomen, une autre dans la tête. La légiste dit que la mort remonte à plus de vingt-quatre heures.

-Le jour du double-meurtre donc.

-On a trouvé l'arme du crime sur lui, intervint VanPelt.

-Et on a aussi trouvé des bijoux, reprit Cho. Il a dû les voler avec un complice, ils se sont faits prendre sur le fait alors ils ont tué Gary Jr puis son fils et se sont enfuis. Après ça comme toujours y en a un qui veut une plus grosse part, ils se disputent et le complice le tue.

Lisbon acquiesça vaguement tout en vérifiant les notes que lui tendaient VanPelt.

-Joliment raisonné mais archifaux, déclara Jane en fourrant les mains dans sa poche.

-Ah ouais ? fit Cho en le fixant, immuable.

-Ce type n'a pas le profil du voleur, et puis son complice aurait pris les bijoux après l'avoir tué.

-Qu'est-ce que vous voulez dire par « pas le profil du voleur » ? s'enquit Lisbon.

-Il a un costume impeccable, des chaussures cirées, une coiffure qui je suppose était impeccable aussi et sent l'après-rasage à plein nez. Ce type est monsieur parfait, il se tuait pour bien faire son boulot, jamais il n'aurait basculé du mauvais côté.

-Tout ça d'après son apparence ? Ça ne prouve rien Jane. Qui vous dit qu'il n'a rien à voir avec cette histoire ?

-Pourquoi on aurait trouvé son sang dans le local ? insista Jane. Il s'est pris une première balle là-bas et le vrai coupable a jugé qu'il serait peut-être utile de le faire passer pour le tueur alors il a gardé le corps pour plus tard. Il a tout mis en scène pour que ce pauvre homme ressemble au fautif et il l'a exécuté froidement. Le tueur est toujours dans la nature, ce type est une victime.

Lisbon soupira et reporta son attention sur VanPelt.

-Bien, faute de mieux, on va considérer qu'il est une victime et qu'un tueur court toujours, soupira-t-elle. Je veux tout savoir sur cet homme. Mais vous pouvez attendre demain matin.

-D'accord patron, approuva Grace.

Lisbon s'éloigna avec Cho pour aller parler avec la scientifique et savoir qui ils pouvaient contacter pour annoncer le décès de l'homme.

Grace fit mine d'aller à sa voiture mais bifurqua au dernier moment et s'approcha de Jane qui attendait Lisbon, appuyé contre la portière du SUV. Il ne put retenir un léger sourire en la voyant arriver.

-Laisse-moi deviner, dit-il, tu te demandes comment ça se fait que je sois arrivé avec Lisbon.

Elle sourit et croisa les bras en s'appuyant contre la voiture à côté de lui.

-Elle m'a dit au téléphone qu'elle allait te réveiller avant de venir, répondit-elle. Alors je sais pourquoi tu es arrivé avec elle… Tu étais chez elle.

-Sur le canapé, précisa-t-il.

-Ça compte toujours, sourit-elle.

-Ça compte comme quoi ?

-Tu dors souvent chez elle ?

-Ça te concerne ? rétorqua-t-il.

Elle roula des yeux et regarda droit devant elle, laissant le silence s'installer.

-Elle te va bien, déclara finalement la rousse sans se tourner vers lui.

-Pardon ? s'étonna-t-il, perdu.

-Lisbon te va bien, répondit-elle en haussant les épaules.

-Et… ça veut dire quoi ?

Elle lui adressa un sourire alors qu'il haussait un sourcil, toujours un peu embrouillé par le raisonnement de son amie. Il comprit cependant qu'elle ne lui répondrait pas. Il reporta son attention droit devant lui et vit Cho et Lisbon revenir vers eux.

-La famille de la victime sera prévenue par d'autres agents, on ira les voir dans la matinée, déclara Lisbon. En attendant je veux que vous rentriez chez vous finir votre nuit, on n'avancera pas plus si on dort debout. VanPelt, je suppose que Rigsby est retourné au bureau, appelez-le et dîtes-lui qu'il peut rentrer se coucher.

VanPelt acquiesça puis partit avec Cho après quelques échanges de bonne fin de nuit. Jane se décolla de la portière et alla s'asseoir côté passager sans rien dire.

Les mots de Grace résonnaient encore.


Et voilàààà ! Avez-vous aimé ? =D

Et votre aperçu du chapitre 7, THE chapitre que je redoute (sinon c'est pas drôle pour mes nerfs voyons..!) :

-[…] vendredi soir cette chère Madame Mawson organise sa soirée « entre voisins ». […] je ne peux pas dire non cette fois.

-Je crois qu'en effet il est de votre devoir d'y aller, sourit Jane, un peu moqueur.

-Vous devez m'accompagner.

-Hors de question que j'aille m'ennuyer dans ce genre de trucs.

-Vous n'aviez qu'à y penser avant de dire à madame Mawson que vous étiez mon petit ami Jane. Je suis invitée « avec mon compagnon ».

En ligne dimanche.

Oh, et avant de retourner à ma montagne de révision, pour l'anecdote, je me suis prêtée à l'interview de l'hypnoweb du Mentalist, j'ai trouvé ça plutôt amusant à faire, si vous voulez voir le résultat le lien est sur mon profil. =)