Bonjour chers lecteurs !

Merci lh42, StephAliC, Vera Bennett, estrella'zz pour vos reviews. Je suis contente que la fiction vous plaise et que Drago et Hermione correspondent toujours aux personnes d'origine pour le moment (ce n'est pas facile lol). Vos reviews me donnent envie de poster plus vite quand je vois votre impatience !

En espérant que ce chapitre vous satisfasse,

Bonne lecture !


If only you can see me now

What I became without you


Drago s'était rendu compte, de mauvaise grâce, qu'elle avait raison. Au départ, cela lui avait procuré une rage sans limite. Il avait frappé dans le fauteuil de sa salle commune qui était devenu, depuis quelques temps, son souffre douleur. Son obsession pour elle l'envahissait à un tel point qu'il était aveuglé par la colère. Il avait mis plusieurs jours à se calmer et avait prit de nombreuses douches froides pour retrouver un semblant d'apaisement.

Il la détestait, c'était certain. Mais, pour la première fois, il avait l'intime conviction qu'elle ne se trompait pas. Que ses mots étaient plus vrais que n'importe quel acte jusqu'à présent. C'est vrai. La guerre ne sert à rien. Ça lui faisait extrêmement mal de l'admettre, mais il ne pouvait pas faire autrement. Même en essayant de renier l'évidence, il ne cessait d'entendre leur conversation qui passait et repassait sans cesse dans sa tête. C'est dans ses yeux à elle qu'il avait vu la seule vérité qu'il pourrait jamais admettre. Il savait de toute façon qu'elle serait toujours la seule qui pourrait lui faire entendre raison et le faire changer d'avis. Et c'est pour cela que malgré le fait qu'il ferait la guerre qui ne sert à rien, que même s'il haïssait Hermione du plus profond de ses entrailles, même s'il l'aimait à en avoir mal, à lui en faire mal, il ferait un effort pour lui épargner leur guerre.


.

.

.


Poudlard, Bibliothèque, Rayon défenses contre les forces du mal.

Hermione soupira et reposa sa plume d'une main tremblante. Ses yeux vitreux restèrent fixés un instant sur la fenêtre qui lui faisait face, puis elle détourna le regard pour se focaliser sur la plume noire qu'elle tenait dans sa main quelques secondes plus tôt. Elle était trouble dans les yeux de la jeune fille. Elle s'était levée avec une migraine puissante ce matin là et avait peu dormi. Elle faisait des cauchemars depuis quelques jours et des rêves étranges dans lesquels un garçon dont elle ne voyait pas le visage ne cessait de lui répéter « Je ne peux pas arrêter de t'aimer. »

.

Une semaine s'était écoulée depuis que Drago l'avait appelée par son prénom, et elle n'avait pas cessé d'y penser et de tourner et retourner leur conversation dans sa tête. Elle essayait de comprendre dans quelle mesure et comment, par quel bout prendre les choses et pourquoi. Son cerveau était quelque chose qu'Hermione détestait parfois. Elle souhaitait souvent ne plus réfléchir autant et simplement pouvoir se reposer. Seulement, quand on est aussi intelligent qu'Hermione, on a un cerveau branché 24 heures sur 24.

.

Elle était horriblement triste aussi. Elle était passée voir Lavande à l'infirmerie avec Harry et Ron, -qui ne voulait toujours pas lui adresser la parole. Elle ne connaissait pas beaucoup Lavande, c'est vrai. Mais lorsqu'elle avait vu à quel point elle était blanche, mais surtout qu'elle était dans un coma profond, elle avait fondu en larmes dans les bras d'Harry.

Elle se sentait extrêmement coupable. Elle se souvenait de l'avoir vu plus d'une fois, d'avoir discuté avec elle ces derniers temps. Et si c'était de sa faute à elle si Lavande était couchée dans ces draps blancs ? Et si elle l'avait rendu malade en passant du temps avec elle, en lui parlant ? A cause de son sang, de ses origines, à cause de cette épidémie qui n'en finissait pas ? Elle avait passé des heures à pleurer. Et quand ses larmes s'étaient enfin taries, elle avait sentit dans son ventre la culpabilité grandir jusqu'à prendre une place démesurée dans son corps.

.

Elle en avait assez d'être malade. Seulement, elle avait fait de nombreuses recherches elle aussi. Elle avait demandé une autorisation spéciale au professeur Mc Gonagall pour aller faire des investigations dans la réserve. Le professeur la lui avait donné sans grande conviction, mais elle connaissait l'ardeur et la persévérance de son élève. Hermione avait parcouru des livres de magie noire dans lesquels elle avait découvert des maladies auxquelles elle souhaitait ne jamais être confrontée. Cependant, elle n'avait trouvé aucune trace de l'épidémie dont elle était victime et soupçonnait Voldemort d'être derrière tout ça.

Elle ignorait par quel moyen il avait réussit à créer une telle maladie, comment elle était entrée dans le château, et pourquoi les personnes extérieures à l'établissement ne la contractaient pas. Elle ne savait pas non plus pourquoi il avait fait ça puisque seuls ceux qui étaient de lignée entièrement sorcière mourraient lorsqu'ils étaient touchés, pour l'instant. Cela lui était complètement incompréhensible, et malgré son intelligence, malheureusement, elle n'avait pas encore compris que cette maladie allait devenir un enfer. Son enfer.

.

.

Repoussant la chaise en arrière avec ses pieds, la jeune fille prit sa tête dans ses mains et gémit doucement. Elle tentait de calmer la douleur lancinante qui battait contre ses tempes sans y parvenir le moins du monde. Elle aurait aimé qu'Harry vienne travailler avec elle, mais il avait un entraînement de Quidditch. Elle soupçonnait également le regard meurtrier que Ron lui avait lancé lorsqu'il avait émis l'hypothèse de la rejoindre après l'entraînement d'y être pour quelque chose.

Elle avait vraiment beaucoup de travail à faire et n'avait pas envie de prendre du retard dans ses cours. Elle avait l'intention de n'en manquer aucun, surtout que la septième année était de loin la plus importante à ses yeux. Elle savait qu'il était sans doute plus sage qu'elle reste étendue dans son lit et qu'elle dorme, mais elle ne supportait pas l'idée de l'échec, de sa chaise vide en classe ou de sa déception de ne pas avoir obtenu un Optimal. Cependant, dans l'état actuel des choses, elle était en train de se demander si elle allait pouvoir simplement se lever, quitter la bibliothèque et retourner dans son dortoir.

Elle trouvait sa maladie vraiment étrange et imprévisible. Parfois, elle avait l'impression que son état s'améliorait. D'autres fois, elle sentait que tout empirait et son corps devenait lourd et difficile à porter.

.

Elle prit finalement la décision de continuer à travailler et d'ignorer son mal de tête. Elle se leva doucement, prenant appui sur ses faibles mains et, chancelante, se dirigea vers le rayon botanique. Ce dernier lui paru à des kilomètres pendant qu'elle parcourait la distance qui l'en séparait.

.

Lorsqu'elle arriva finalement devant les rangées de livres, calmes et inoccupées, elle ne fut pas mécontente et se félicita intérieurement d'avoir fait un tel effort. Puis, prenant son courage à deux mains, elle s'absorba dans la contemplation des ouvrages, faisant courir ses doigts sur les reliures craquelées. Elle cherchait un livre dans la catégorie des créatures marines, quand sa respiration sifflante se coupa. Elle sentit un vide l'envahir et son corps partir en arrière. Elle faisait un malaise. Hermione essaya tant bien que mal de se retenir au rayonnage en bois, mais sa main glissa comme si elle ne voulait plus obéir à sa propriétaire et tomba mollement le long du corps de la jeune fille.

Ne sachant plus trop ce qui se passait, Hermione sentit le sol tanguer dangereusement sous ses pieds, et des points noirs apparurent devant ses yeux. Elle ferma ces derniers, espérant que la désagréable sensation passerait d'elle-même. Cependant, son espoir fut de courte durée quand elle sentit qu'elle ne maîtrisait plus son corps et qu'elle allait s'étaler par terre de tout son long.

Elle tomba sur le dos, et sentit le choc remonter dans son cou. Elle étouffa un gémissement de douleur. Un frisson remonta son corps tandis qu'elle appliquait sa joue contre le sol froid de la bibliothèque.

.

Il n'y avait personne dans le rayon, mais elle était persuadée d'avoir entendu quelqu'un parler dans celui qui attenait au sien. Elle savait que tous les élèves de Poudlard avaient peur de tomber malade, mais elle ne savait pas que leur effroi était d'une telle intensité. Ils n'avaient même pas le courage de venir l'aider. Cette idée lui donna envie de botter les fesses de ces élèves tout en pleurant. Et puis, finalement, elle se résigna. Elle décida de rester couchée par terre et d'attendre. Peut-être que le livre allait tombé tout seul du rayonnage, qu'il atterrirait près d'elle et qu'elle pourrait le lire en restant couchée.

.

« Qu'est ce que tu fous Granger ? »

La voix rauque lui fit ouvrir les yeux brusquement, et elle rencontra, comme elle le redoutait, les prunelles grises et moqueuses de Drago Malefoy. Elle rougit de honte, se rendant compte de la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle était tout à coup consciente de sa jupe qui s'était légèrement relevée, mettant à nu sa peau blafarde et ses jambes fines. Ses cheveux masquaient une partie de son visage et ses yeux marron étaient brillants et rougis par la fatigue. Elle se redressa doucement sur son coude, grimaçant de douleur et essaya de garder contenance, continuant de rougir intensément.

« Rien… Rien du tout je cherchais quelque chose par terre ! »Bredouilla-t- elle en étouffant un cri de douleur.

« Arrêtes tu te donnes du mal pour rien. »

Drago avait un rictus moqueur sur son visage. Hermione voulu répondre quelque chose de cinglant avant qu'il ne lui dise quelque chose de déplaisant, mais elle n'avait pas encore ouvert la bouche que le Serpentard tirait la main d'Hermione avec la sienne, pourvue de gants de taupe. Il l'aida à se redresser. Elle resta debout sur ses jambes tremblantes, bouche bée, tandis que les yeux du jeune homme s'attardait sur son visage rouge de honte.

« J'essaye de faire un effort Granger ! Grinça froidement Drago entre ses dents, la regardant d'un air méprisant. Alors reste pas là à me fixer avec ton regard de poisson… Ça va m'énerver et je vais avoir envie de t'insulter.

Oh…. Euh… » Hermione le regarda, les yeux toujours ronds et n'ajouta pas un mot de plus. Son comportement lui échappait à un tel point qu'elle continua de le fixer et ne fit pas un mouvement, se contentant de chercher dans son esprit fatigué pour quelle étrange raison il l'avait aidée à se remettre sur pieds. C'était pour elle un vrai mystère. Quelques semaines seulement auparavant il l'avait jetée avec une telle force par terre qu'elle en avait saigné, et maintenant il la relevait et ne lui avait pas encore fait l'une de ses remarques désagréables dont il avait le secret.

« Laisse tomber San…. Granger. » Dit Drago d'un air impatient tandis qu'elle clignait doucement des paupières. Il lui jeta un dernier regard, le visage crispé, insondable, puis tourna les talons.

.

Hermione resta un instant debout, essayant tant bien que mal de se stabiliser et de faire taire de vertige qui menaçait de revenir. Elle était encore sous le choc de la prestation de Drago et ne parvenait pas à enregistrer correctement le peu de mots qu'ils avaient échangés. A mesure que les informations cheminaient jusqu'à son cortex, elle se rendit compte avec surprise qu'elle avait une occasion étrange qui se présentait à elle. Une chance de cesser l'un des nombreux conflits qui empoisonnaient son existence.

Elle savait aussi que Drago avait sans doute une patience des plus limitées et que le mieux qu'elle puisse faire était de saisir ce moment qui ne se reproduirait peut-être jamais.

En bonne Gryffondor pleine de volonté et d'entrain, elle décida de prendre son courage à deux mains et d'utiliser le peu de forces qui lui restaient pour partir à la recherche de Drago Malefoy dans la bibliothèque, espérant qu'il ne serait pas parti.

Malheureusement pour elle, un second malaise eu raison de sa persévérance. Elle avait à peine fait quelques pas qu'elle tangua à nouveau. Une quinte de toux s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Elle se rendit compte qu'une nouvelle rencontre avec le sol allait survenir et qu'elle serait tout aussi violente et douloureuse que la première.

.

.

C'est Neville qui trouva la jeune fille allongée par terre, inconsciente, et c'est lui qui la prit dans ses bras, tant bien que mal, pour la ramener dans la salle commune des Gryffondor. Il jeta un regard noir au groupe de Serpentard ricanant qui le regardèrent passer avec la jeune femme inerte dans ses bras. Il les détestaient tous pour ce qu'ils leurs avaient fait subir.


.

.

.


Poudlard, couloirs.

Ce soir là, une ombre parcouru souplement le château glacial. De brèves lueurs faisaient leur apparition au travers des fenêtres avant que la demi-lune ne soit masquée par des nuages gris qui se rassemblaient devant elle. Réprimant un frisson et resserrant sa cape autour de lui, Lucius Malefoy déambulait dans les couloirs à la recherche de la salle commune des Serpentard. Arrivant devant le grand escalier, il sursauta lorsqu'un bruit de pas feutrés se fit entendre derrière lui. Il se retourna vivement puis jeta un regard mauvais à Miss Teigne qui le fixait d'un air sournois.

« Dégage le chat ! » ordonna-t-il en faisant mine de lui donner un coup de pied. L'animal sembla hésiter un instant puis feula et disparu dans l'obscurité.

Arrivé en bas des marches, l'homme marcha rapidement et silencieusement vers la grande salle, ses pas étouffés par le tapis qui couvrait le sol. Lucius ne tarda pas à retrouver le chemin qui menait aux cachots et plongea dans le couloir sombre.

.

Il fallait absolument qu'il parle à son fils et qu'il le mette au courant de certaines choses.

Malheureusement pour lui, lorsqu'il arriva devant le tableau qui le séparait de son précieux rejeton, il constata qu'il ne connaissait pas le mot de passe qui permettait de l'ouvrir et que, par conséquent, il ne pouvait pas entrer dans la salle commune.

.

Un tic nerveux agita sa joue, tandis qu'il rebroussait chemin d'une démarche colérique. Il ne pouvait pas se permettre d'attendre devant la porte que l'un des stupides camarades de son fils daigne entrer ou sortir, surtout à cette heure tardive. Il doutait que l'une de ces chères têtes blondes (ou pas) se risquent à mettre un pied en dehors de son lit pas les temps qui courraient. Il se résigna, à regret, à envoyer un hibou à son fils dans les plus brefs délais pour lui demander de le rejoindre dans son bureau le lendemain.


.

.

.


Poudlard, bibliothèque, rayon histoire de la magie.

Hermione savait que Drago avait fait un effort en venant la voir la veille et que lui avoir avoué cela devait lui avoir causé des difficultés. Malgré tout, il l'avait fait. Et pour cette raison, uniquement pour cette raison, elle savait qu'elle devait à son tour essayer d'instaurer quelque chose. Elle se disait que c'était peut-être une chance, leur chance de cesser cette petite guerre inutile qui tournait uniquement autour de la pureté du sang et d'une fierté mal placée (« Surtout Drago ! Non mais j'en reviens pas, traiter une femme de cette façon ! » pestait Hermione)

Aussi, même si elle se sentait passablement mal ce matin là, -tout autant que la veille si ce n'était plus- elle décida qu'elle devait, coûte que coûte, trouver le Serpentard avant qu'il ne change d'avis. Elle avait pris soin d'indiquer à Harry et Ron (qui faisait mine de ne pas l'entendre) qu'elle allait travailler sur un sujet d'arithmancie et qu'elle avait besoin de calme et de concentration. Elle avait insisté sur ces derniers mots avec un sérieux irréprochable et avait affiché un air qui était sans équivoque sur son sous-entendu : elle voulait être seule. Elle ne pouvait pas prendre le risque qu'ils décident de venir réviser avec elle et qu'ils la voient avec Drago. Elle ressentait une certaine honte à l'idée de ce qu'elle allait faire, et n'osa pas regarder son meilleur ami dans les yeux quand elle parti. Elle espérait ne pas faire une énorme erreur. Elle savait que ce qu'elle allait faire risquait de lui couter définitivement l'amitié de Ron et peut-être temporairement la confiance d'Harry.

C'est ainsi qu'elle parcouru, tremblante et hésitante, chaque rayon de la bibliothèque avec minutie, aux alentours de seize heures. Elle n'avait jamais aperçu le jeune homme travailler le matin et supposait donc qu'il venait exclusivement l'après-midi. (« Non mais quel paresseux ! »)

.

C'est de cette manière que, rouge écarlate et moite de fièvre, elle le vit en pleine lecture d'un livre au détour d'un rayonnage particulièrement poussiéreux. Son sérieux la fit sourire. Il paraissait moins agressif et moqueur qu'à l'ordinaire, complètement plongé, -et il lui sembla- fasciné par les mots qui passaient devant ses yeux. Les traits de son visage étaient détendus et aucun rictus ne faisait son apparition sur ses lèvres fines. Elle fut étonnée de voir à quel point il avait l'air angélique et inoffensif lorsqu'il n'était pas sur ses gardes.

Poussée par sa légendaire curiosité, Hermione essaya de lire le titre de l'ouvrage qui accaparait l'attention de Drago depuis le fond du couloir, en plissant les yeux. Néanmoins, elle ne réussit qu'à faire battre le sang encore plus vite dans sa tête et sa vision se troubla. Drago n'était plus à présent qu'un vague point blanc, vert et noir. Elle s'approcha doucement du rayon le plus proche et s'appuya dessus en reprenant son souffle.

.

Ayant entendu du bruit, Drago leva un regard glacial dénué d'émotion de son livre et fut surpris de voir Hermione, bien qu'il n'y laissa rien paraître. Son cœur se mit à battre dans sa poitrine, lui rappelant ses douloureux sentiments et il déglutit difficilement, faisant de son mieux pour garder son calme olympien et légendaire et son masque d'impassibilité.

.

« Qu'est ce que tu fais? Pourquoi t'es là ? T'es pas avec la belette et Saint Potter ? Ils sont morts j'espère ! » Il leva un sourcil interrogateur. Hermione tourna aussitôt la tête dans sa direction, ce qui décupla son mal de crâne. Elle plissa les sourcils et fit de son mieux pour détailler le visage de Drago qui lui apparaissait tout de même moins flou. Son regard était perçant et glacial et le questionnement se lisait sur son visage. Elle se dit qu'il valait mieux être sincère avec lui. Après tout, il avait semblé l'être lorsqu'il lui avait parlé la veille. Hermione avala donc sa salive avec difficulté et, la langue pâteuse, s'exprima.

« Je me disais que ça pourrait être bien que moi aussi… Je vienne te voir comme tu l'as fait hier. Enfin d'après ce que j'ai cru comprendre t'as fait un effort et… Enfin tu vois, moi aussi je voulais…» Hermione baissa les yeux. Finalement, elle venait de changer d'avis. Elle ne pouvait pas dire quelque chose d'aussi dérangeant ni d'aussi personnel à Drago. D'autant plus qu'il avait fait une remarque plus que désobligeante sur ses amis et qu'elle avait envie de lui envoyer un bon coup de pied dans les mollets. Elle sentait que ses joues prenaient une délicate teinte pivoine encore plus soutenue qu'auparavant et ressentait une envie débordante de rebrousser chemin en courant. Le petit rire que laissa échapper Drago lui fit relever les yeux avec résignation. Elle se préparait à recevoir ses insultes dont l'indélicatesse était à prévoir.

« Tu es venue ici alors que tu es malade comme un niffleur qui aurait mangé un doxy, juste pour éviter un énième conflit… T'es vraiment une chiante de Gryffondor ! »

.

Ce qui surprit le plus Hermione, c'est qu'il n'y avait aucune animosité dans sa voix. Seulement un sourire narquois qui barrait son visage mais qui n'avait rien de méchant. Et ses yeux… Elle cru y déceler pendant quelques instant quelque chose qui n'avait rien avoir avec leur froideur habituelle et qui faisait plus penser à une lueur d'amusement. Alors elle respira un grand coup et s'avança en titubant jusqu'à sa table pour s'asseoir à coté de lui en prenant soin de ne pas le toucher. Aussitôt installée, elle ne perdit pas contenance et fouilla dans son sac dont elle sortit un livre à la couverture marron et épaisse. Drago soupira et un nouveau sourire de moquerie prit place sur son visage.

« Granger… Tu peux pas t'en empêcher pas vrai ? T'es vraiment un rat de bibliothèque…

-Tout à fait ! Répondit Hermione d'un air grave. Elle fronçait les sourcils et regardait Drago, les lèvres pincées. C'est important ! Et puis je sais que tu es nul en botanique. Hier j'ai vu que tu t'étais fait mordre par une mandragore. C'est amusant cette forme quadrillée que peuvent prendre les morsures de ces créatures ! Une fois j'ai lu…

- C'est bon Granger, ouvre le ton foutu bouquin et montre moi à quel point t'es intello. Je vais essayer de t'écouter, mais je te promets rien, t'es trop ennuyeuse… » Grimaça Drago en posant ses coudes sur la table. Hermione fit volontairement tomber son livre sur le pied droit de Drago, puis, lui décochant un sourire éclatant devant son regard menaçant, elle tourna les pages du volume et lui fit signe pour qu'il commence à lire le chapitre.


.

.

.


Poudlard, salle commune des Gryffondor.

Ron était assis dans un coin de la salle commune, l'air bougon. Il avait tiré un siège près de la fenêtre et regardait le ciel dans lequel s'amoncelaient quelques nuages qui ne présageaient rien de bon. Le ciel lui paraissait représenter parfaitement son état d'esprit. Encombré, en mauvaises conditions, pluvieux, orageux...

.

Il réfléchissait à ce qu'Hermione avait fait, et à sa réaction à lui. Il était terriblement en colère contre elle. Son poing trembla légèrement lorsqu'il se remémora la scène en détails et il se mordit la langue jusqu'au sang. Il la trouvait égoïste. Elle n'avait pensé qu'à elle, n'avait pas songé un seul instant à sa santé, au fait qu'elle pouvait le rendre tellement malade qu'il pourrait en mourir. Elle ne tenait aucunement à lui, elle n'avait pas envie de l'avoir à ses cotés toute sa vie. Il plissa les yeux et donna un coup de pied dans la table basse qui se trouvait devant lui, faisant sursauter Harry qui lui lança un regard désolé avant de retourner à son parchemin.

Harry savait qu'il ne pouvait pas aider Ron. Il était dans un tel état de colère et de tristesse qu'il ne l'écoutait même pas parler lorsqu'il venait le voir. Et puis, Harry se dit que Ron venait sûrement de se rendre compte de ce qu'il niait depuis quelques temps déjà. Il venait de comprendre qu'Hermione ne l'aimait pas.


.

.

.


Poudlard, bibliothèque, rayon histoire de la magie.

Hermione éclata de rire et sentit un violent vertige l'envahir. Elle savait bien qu'elle ne devrait pas se trouver dans cette bibliothèque, ni être dans cet état, mais elle ne pouvait plus se retenir après quelque chose d'aussi drôle. Drago la regardait, impassible. Il esquissa un demi sourire, qui disparu à l' instant où Hermione tourna le regard vers lui et se transforma en masque de froideur.

« Attend, il a vraiment fait ça ? C'est pas possible ! » Le rire d'Hermione, franc et chaleureux fit frissonner le jeune homme tandis que ses grands yeux marrons se plongeaient dans les siens pour ensuite se refermer.

Drago profita de son inattention pour laisser son regard s'attarder un instant sur les dents blanches qu'elle lui dévoilait, sur sa poitrine qui se secouait au rythme de son rire, sur ses yeux fermés, sur ses cheveux broussailleux, emmêlés, qui encadraient son visage blafard, sur ses lèvres rouge sang, entrouvertes. Puis il regarda ses mains aux longs doigts fins qui se crispaient sur le papier du livre, froissant l'une des pages, sa jupe trop longue et mal repassée, sa cravate à moitié défaite.

Et il sentit encore une fois, son cœur battre avec force. Il la trouvait tellement désirable… Une vague de colère s'insinua en lui. Elle avait l'air tellement innocent que s'en était douloureux. Ses yeux… Son sourire… Il avait envie que cette torture cesse, qu'Hermione s'éloigne, qu'elle retourne dans son dortoir, qu'elle aille se terrer n'importe où sauf dans son champ de vision. Il sera avec force son poing sous la table, puis, avant de perdre plus contenance devant elle, se leva.

« Il faut que j'y aille Granger. J'ai d'autres choses à faire. » Lui dit-il d'un air dur en plongeant son regard acier dans les yeux de la jeune fille.

Elle le regarda d'un air surpris et s'arrêta de rire, mais ne fit pas de commentaire sur son départ. Sans doute estimait-elle qu'il avait déjà passé un certain temps avec elle. Elle lui sourit et le regarda d'un air malicieux.

« D'accord. Alors au revoir… Drago.

Je ne t'ai pas autorisé à t'appeler par mon prénom Granger ! » Grogna le jeune homme d'un air menaçant. Il regarda Hermione d'un air glacial et hautain et fit de son mieux pour ne pas rajouter une insulte à la fin de sa phrase. Elle l'exaspérait au plus haut point, toujours à faire tout de ce qu'elle voulait, à prendre ses aises, à rentrer dans sa vie, à faire tomber toutes les barrières qu'il mettait en place. Toujours à le faire la haïr un peu plus, la désirer…

La jeune fille s'était levée à son tour et avait terminé de ranger ses affaires. Ils marchaient doucement vers la porte, au rythme d'Hermione, et s'apprêtaient à sortir de la bibliothèque. C'est alors que la Gryffondor esquissa un large sourire en ouvrant la porte avec difficultés. Elle réprima un frisson qui remontait dans sa colonne vertébrale et toussa. Elle ferma la porte au nez de Drago, qui resta immobile, complètement plongé dans ses pensées. Avant de passer cette porte et de lui refermer tranquillement devant le visage, elle lui avait dit, d'un air moqueur :

« Je n'ai pas besoin de ton autorisation pour t'appeler comme ça, Drago. »


.

.

.


Poudlard, Chambre de Lucius Malefoy.

« Drago, assied-toi » Lucius tourna un regard emplit de froideur vers son fils unique, qui venait de prendre place dans un fauteuil en face de lui. Le seul fauteuil de sa petite chambre à vrai dire. Les murs nus de la pièce renvoyaient parfaitement l'image de l'homme qui y dormait dont aucun sentiment ne transparaissait jamais. Il fit un geste impatient de la main en direction du feu de cheminée qui ronfla de plus belle, bien qu'il ne réchauffa que partiellement la pièce.

Drago leva un regard empreint de soupçons vers son père. Il savait qu'il était tout aussi insondable que lui lorsqu'il le souhaitait. Il se demandait ce qui avait pu pousser son géniteur à le convoquer dans sa chambre. Avant de venir au château, il avait demandé à son fils de ne pas venir l'importuner, sauf en cas d'urgence. Et pour Lucius Malefoy, urgence voulait plutôt dire blessure mortelle ou contamination intempestive.

Lucius eu un rictus lorsqu'il se rendit compte des pensées et de l'embarras de son fils. Il jeta un sort d'insonorisation sur la porte puis il tira vers lui la chaise en bois de son bureau et s'installa dessus du mieux qu'il pu. Son sourire légèrement sadique s'élargit et il prit la parole.

« Mon fils… Il va se passer des événements à Poudlard dès demain. C'est très important que tu quittes cette école de sang de bourbe rapidement. Tu sais que j'y suis pour quelque chose dans cette épidémie et je commence à savoir pas mal de chose. Je pense que tu n'aimeras pas être là quand ces choses se produiront, d'autant plus que tu peux être contaminé au même titre que les autres. Je vais rester, bien sûr, mais je ne pourrais pas être là pour t'aider tout le temps. Si jamais tu as un problème, je ne sais pas si je pourrais y remédier avec efficacité. Tu vas rentrer au manoir dans les plus brefs délais. J'ai prévenu ta mère par hibou hier. Elle a déjà préparé ta chambre et les elfes de maison sont prêts pour ton retour. »

Drago soupira et leva un regard dédaigneux vers son père. « Non. Je ne vais pas rentrer au manoir. Je n'en ai pas envie. Je vais rester ici. Quoi qu'il se passe, je veux le voir. Il me semble que pour rentrer dans les rangs du seigneur il faut savoir être confronté à l'adversité et je ne pense pas que c'est en fuyant que je pourrais faire mes preuves. » Il se leva silencieusement de son siège sans un regard en arrière et sortit de la pièce, tandis que son père, interdit, fixait la porte qu'il venait de refermer.

.

.

Il se maudissait d'avoir été contre l'avis son père et espérait que son argumentation l'avait convaincu. Il ne voulait pas qu'il se pose des questions, qu'il découvre des choses. S'il faisait son enquête il finirait probablement par s'apercevoir que certains changements avaient eu lieu. Mais c'était plus fort que lui. Il n'avait jamais vraiment su ou était sa place, dans le bien ou dans le mal. Il ignorait s'il voulait vraiment rejoindre le mage noir, bien qu'il se sentait foncièrement et totalement mauvais à l'intérieur. Il pensait aussi que faire des efforts pour rester dans ses rangs ne pourrait être que récompensé au cas où il choisirait de rejoindre le coté obscur de la magie. Ce qu'il savait, en revanche, c'est qu'il ne voulait pas la laisser affronter ça toute seule, tandis qu'il entendait encore sa voix prononcer encore et encore son prénom.


.

.

.


Poudlard, infirmerie.

Dumbledore poussa la porte de l'infirmerie qui s'ouvrit dans un grincement sonore. Il avait un air las planté sur son visage. Les rides au coin de ses yeux avaient perdu leur coté rieur et son regard était plus fatigué que jamais. Un doux rayon de soleil matinal filtrait à travers la vitre, comme pour nier l'horreur de la situation dans laquelle ils étaient en train de s'embourber. Madame Pomfresh, assise devant son bureau immaculé, se leva d'un bond lorsqu'elle vit Dumbledore entrer et marcha d'un pas souple vers lui, sa blouse d'infirmière médicomage flottant derrière elle à la manière d'un drapeau. Le froncement de sourcils qu'elle arborait montrait qu'elle avait remarqué l'air soucieux du directeur. Elle s'arrêta devant lui et lui serra brièvement la main. Ils se saluèrent, puis Dumbledore prit la parole, fixant sa collègue dans les yeux par-dessus ses lunettes en demi-lune.

« Comment va Miss Brown, Pom-Pom?" Demanda-t-il. Madame Pomfresh fut surprise par le ton qu'il avait employé, même si elle savait qu'il était conscient de l'état critique de la jeune fille. Il avait prononcé cette phrase comme s'il connaissait déjà sa réponse. Son ton était las et sans équivoque sur le devenir de la jeune Gryffondor.

« Elle… »Madame Pomfresh baissa les yeux. Elle aimait beaucoup le directeur de Poudlard et avait des difficultés à admettre qu'il ne pourrait pas tout résoudre cette fois ci.

« Elle ne répond plus au traitement que les médicomages lui administrent. Quant-à moi, je lui ai donné les meilleurs potions d'antidouleur que j'ai en stock. Mais… Elle ne parle plus, elle n'a plus de reflexes. Je pensais appeler ses parents cet après-midi. Ils… Ils pourraient peut-être venir. Enfin, c'est ce que je voulais faire. » Elle marqua une pause. Elle aura voulu ne pas être celle qui allait annoncer au directeur à quel point les événements qui se profilaient étaient de mauvais augure. Mais elle savait que c'était son rôle et qu'elle devait lui expliquer ce qui était en train de se tramer.

« Mais… Disons que j'en ai parlé à Monsieur Malefoy qui était là ce matin, comme toutes les décisions passent par lui. Je n'avais pas le choix, je devais m'adresser à lui en premier… Sinon je vous en aurait parlé… Enfin…Et… Il préfère que ses parents ne viennent pas. En fait… Ils pourraient être soumis au régime particulier qu'il a demandé au ministère, au même titre que les élèves et les professeurs de l'école. »

Dumbledore sembla retrouver un semblant d'énergie et écarquilla ses yeux derrière ses lunettes en demi-lune.

« Quel régime ? » Questionna-t-il avec empressement.

.

Madame Pomfresh hésita. Elle savait que la situation n'avait jamais été très glorieuse, que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom était de retour, qu'il menaçait le monde. Mais elle n'avait jamais pensé à la manière dont elle vivrait le moment où elle annoncerait au directeur que certaines choses ne seraient plus jamais les mêmes. Malgré toute la sévérité dont elle savait faire preuve, pour une fois, elle eu envie de pleurer.

« La mise en quarantaine. »