Rating : M pour finir en beauté. Et en guimauve.
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Septembre démarra en douceur, le temps était encore doux et agréable. Gilbert avait réussit à passer les examens de rattrapage fin juillet et avait été admis dans la filière qu'il souhaitait. Alice s'était installée chez lui de manière définitive, Madeline et Bella l'avaient aidé à déménager. Ludwig allait revenir vivre avec lui, avec eux, très bientôt. Tout allait pour le mieux si ce n'est que les relations avec son paternel restaient au point mort. Il avait autorisé son petit frère à voir leur père autant de fois qu'il en aurait envie mais lui-même déclinait les invitations à partager ces moments familiaux. Il ne se sentait pas prêt, pas encore. Pour le moment le jeune homme se contentait de suivre ses cours qui avaient commencé en début de semaine ainsi que de respecter consciencieusement son traitement. Adieu les soirées, vin, tequila, bière avec ses deux compères.
Tant pis, la santé avant les loisirs comme disait sa belle. D'ailleurs, elle devait déjà être rentrée chez eux. Décidant de faire une surprise à sa chérie, il rentra le plus silencieusement possible puis chercha sa « victime » des yeux. Elle était dans le petit salon, Gilbert continua son approche silencieuse avant de brusquement la prendre dans ses bras et la soulever du sol. « Kyyaaahhhh ! » la jolie blonde s'agrippa à l'homme pour ne pas tomber avant de le regarder, les sourcils froncés. « Stupid Gilbert ! You scared me !» Cela l'amusait toujours de voir que sa belle repassait instinctivement à sa langue natale dès qu'une émotion pointait le bout de son nez. Mais si lui comprenait parfaitement le langage de sa britannique personnel, elle ne pouvait pas en dire autant. Alice était accoutumée aux mots de base mais pas aux longues phrases allemandes. Tant pis, ça viendra peut-être un jour qui sait. Gilbert s'assit sur le canapé, gardant sa compagne sur ses genoux et après un soupir celle-ci se cala contre lui.
« Ta journée ?
- Bien, comme d'habitude. J'avais oublié l'ambiance scolaire même si l'université c'est quand même plus cool que le lycée.
- Normal. Roderich a appelé tout à l'heure, il dit que Ludwig devient intenable et qu'il se demande où est passé le gamin si calme et adorable qu'il a accueillit l'année dernière.
- Mon petit Lutz est toujours calme et adorable. Il est juste joyeux de revenir ici.
- Tu as un brother-complex Gil ~ »
Bon, d'accord c'est vrai qu'il adore son petit frère et qu'il est peut-être un peu trop protecteur et pas très objectif mais delà à dire qu'il a un brother-complex... Peut-être. Et puis on s'en fiche, c'est pas un sujet important. Oui Gilbert est très chatouilleux sur la question, autant ne pas trop s'y attardé... Il fut tirer de ses pensées par une très agréable sensation : des baisers dans son cou. Il s'aperçut alors que sa compagne l'avait allongé sur le canapé et avait entrepris de lui laisser un suçon bien visible. Possessive comme toujours. Pas que ça le dérange lui aussi l'était. Il sourit en sentant les mains de sa belle sous sa chemise avant de l'attirer plus près pour l'embrasser langoureusement. Ses devoirs attendraient une heure ou deux finalement.
Ils profitèrent du week-end pour se promener, la vie de couple avait du bon. Chacun étant de nature solitaire, ils découvraient les joies de vivre avec une personne à aimer et qui nous aime en retour. Alice n'avait jamais présenté Gilbert à sa famille et n'en parlait presque pas, à la mort de leurs parents elle s'était disputée avec ses frères et depuis ils ne s'adressaient plus la parole. A peine une carte pour les anniversaires et les fêtes, rien de plus. Sans doute que c'était pour ça qu'elle était si heureuse lorsqu'il lui disait qu'elle était partie intégrante de son cercle familial.
Ludwig allait revenir chez son frère dans quelques jours, il adorait sa copine mais ne savait pas trop comment la considérer. Le petit blond n'avait jamais eu de maman mais Alice était la compagne de son frère, pas de son père. Il ne pouvait donc pas l'appeler « Mutti » peut-être qu'elle serait d'accord pour qu'il l'appelle grande sœur ou juste « Schwester ».
Tout en marchant, Alice posa sa tête contre le bras de Gilbert et se perdit dans ses pensées. Tant de choses étaient arrivées ces derniers mois. De bon souvenirs mêlés à certains plus difficiles. Gilbert répétait sans cesse qu'elle l'avait sauver, sans doute était-ce vrai, sa devise étant « Tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir » exactement comme disait sa mère et la jeune femme y croyait dur comme fer. Seulement, s'occuper de Gilbert l'avait sans doute sauvé elle aussi. Non pas que la belle anglaise était malade, mais elle était devenue froide, distante et renfermée. Elle avait déménagé loin de sa famille et avait fermé son cœur ne s'autorisant que peu d'amis et pas d'amoureux. Pourtant, d'une façon ou d'une autre elle était tomber amoureuse de cet homme, un homme malade et qu'elle aurait pu perdre à n'importe quel instant. Mais c'était cet homme là justement qui lui avait redonné envie de vivre et de se battre pour une cause.
Une fois Antonio lui avait dit qu'ils étaient essentiels l'un à l'autre, complémentaires finalement. Alice avait rit en disant que c'était niais et sans doute faux. Peut-être que c'était vrai en fait. Il avait cette force de caractère qui lui manquait parfois, une stabilité qui lui permettait de déraper un peu, lui ne changerai pas de cap. Elle, elle lui apportait la douceur qu'il n'arrivait pas toujours à exprimer, des émotions toujours fortes mais moins violentes. Chacun tempérait l'autre. Ils s'étaient finalement apprivoiser après de nombreuses scènes de ménages et des réconciliations pour le moins... torrides. La belle anglaise se mit à rougir rien qu'en y repensant. Vraiment, parfois c'était loin de l'expression « faire l'amour » c'était... autre chose. Mais toujours avec des sentiments, c'est là l'essentiel finalement. « Liebe ? Oï, Liebe ! » Surprise, elle leva ses beaux yeux émeraudes et croisa le rubis de son compagnon, manifestement il essayait d'attirer son attention depuis un moment déjà.
« Excuse-moi. Tu disais ?
- On est arrivé Liebe et c'est toi qui a les clés. »
Les clés ? Elle tourna la tête et vit leur porte d'entrée, ses joues rosirent tandis qu'elle sortait lesdites clés de son sac à main et déverrouillait la serrure. Il fallait vraiment qu'elle arrête de se perdre dans ses pensées, c'était terriblement embarrassant...
Ludwig arriva avec tous ses bagages, dont le fameux canari Gilbird, très tôt le samedi matin suivant. Roderich l'avait accompagné, une fois encore et se séparer de l'enfant de manière plus ou moins définitive lui serrait le cœur, il s'était attaché à lui. Gilbert discuta quelques minutes avec son cousin pendant que le petit blond se réappropriait sa chambre avec bonheur, bien sûr il avait été bien traité et entouré chez Rody et Eliza mais son Bruder lui avait manqué. Il adorait vivre avec ce grand frère si fort et si gentil qui lui servait de modèle. Et puis il y avait Alice maintenant, ça serait comme une famille avec un papa et une maman ! Sauf que c'était ein Bruder et eine Schwester. Mais ça ne comptait pas vraiment pour le petit garçon, l'important était qu'il soit de retour chez lui. Une fois l'autrichien parti, Lutz sauta dans les bras de son frère bien décidé à ne pas le lâcher de sitôt. Gilbert ria de bon cœur et s'installa sur le canapé pour discuter et câliner à sa guise son petit rayon de soleil. Lorsque Alice rentra, elle les rejoignit et naturellement ils se collèrent les uns aux autres, regardant un quelconque dessin animé en se câlinant. Une famille heureuse avec le bonheur le plus simple : être ensemble.
Après le dîner Ludwig demanda à ce que ça soit Alice qui lui lise son histoire du soir, l'infirmière avait fait des progrès pour lire l'allemand même si elle ne saisissait pas toujours le sens des mots. Une fois le petit garçon couché, son ours en peluche serré contre lui, il la fixa de ses grands yeux bleus. Elle s'assit donc sur le lit et caressa les courtes mèches blondes.
« Quelque chose ne va pas Ludwig ?
- Je me pose une question depuis longtemps Alice.
- Oh. Et je peux t'aider ?
- Ja. Je t'aime bien et Bruder est amoureux de toi. Tu vas rester avec nous pas vrai ?
- Oui, nous allons habiter ici tout les trois pendant encore quelques années je crois.
- Seulement quelques années... ?
- Je veux dire que nous vivons ici pour le moment mais peut-être que nous pourrons déménager dans un appartement plus grand ou une petite maison, qui sait.
- Une maison avec un jardin ? On pourra avoir un chien ?
- Euh... Peut-être. Il faudra demander à ton frère à ce moment là. C'était ça qui te faisait du souci ?
- Oui mais j'ai une autre question. Je peux... t'appeler grande sœur ? »
Le gamin était vraiment craquant avec ses joues rougies et ses yeux suppliant, Alice se sentit fondre un peu plus pour le petit bonhomme. Elle l'embrassa sur le front puis sourit.
« Of course ~ J'en serais ravie Ludwig.
- Danke ! »
Après encore quelques câlineries et bisous, le petit garçon s'endormie avec le sourire aux lèvres et le coeur léger. Alice se leva puis sortit de la chambre sur la pointe des pieds et referma la porte en douceur. Les choses s'annonçaient bien, savoir que le frère chéri de son compagnon l'aimait et voulait l'appeler « grande sœur » lui réchauffait le cœur et apaisait l'esprit. Parce que la belle blonde savait au fond que si le petit garçon ne l'aimait pas, cela allait forcément l'éloigner de l'aîné des Beilschmidt. Mais heureusement tout allait bien, oh, il fallait encore qu'ils prennent leurs marques ensemble ils ne sont pas encore habituer à vivre tous les trois mais ça devrait aller. Elle avait confiance en leur avenir commun.
Après un passage à la salle de bain pour enfiler sa tenue de nuit, la belle partit rejoindre son amant dans leur chambre. Celui-ci était étalé de tout son long sur le lit en train de causer au téléphone et puisqu'elle pouvait entendre son rire si bizarre, vous savez le fameux « Kesesesese ~», c'était sûrement Francis ou Antonio au bout du fil. D'humeur soudainement coquine, Alice posa ses lunettes sur la table de nuit avant de faire le tour du lit et de s'arrêter devant Gilbert qui ne lui prêta pas attention. Grave erreur. Elle sentit ses joues chauffées tandis qu'elle se baissait. L'anglaise n'étant pas vraiment du genre entreprenant habituellement. Tout doucement elle remonta le t-shirt ample de Gilbert si bien qu'il n'y fit pas attention, continuant sur sa lancée elle descendit le pantalon, déjà bas sur les hanches. Elle sentit Gilbert sursauter au moment où elle posa sa bouche sur sa peau. Il tenta de se redresser mais elle posa ses mains à plat sur son torse avant de lui chuchoter à l'oreille « Pas bouger, c'est moi qui fait ~». Le jeune homme acquiesça. La blonde sourit puis redescendit, elle déposa des myriades de baisers sur les hanches, le ventre, les côtes, sentant son amant frissonner sous ses attentions. Elle l'entendit marmonner quelque chose avant de raccrocher et sourit.
Alice le fit se redresser pour lui enlever le t-shirt qui valsa quelque part dans la pièce, elle l'embrassa et le mordilla dans le cou, descendant sa main bien plus bas. Gilbert eu un accroc dans sa respiration lorsque les doigts de sa belle le frôla à cet endroit, il expira puis l'attira à lui d'un coup sec pour l'embrasser. Le baiser s'intensifia à mesure que le plaisir et le désir prenaient place dans leurs veines. Bien vite il ressentit le besoin de la toucher, la nuisette turquoise glissa sur la peau de la jeune femme. Sa main se referma sur le sein de sa douce qui gémit contre ses lèvres avant de passer ses bras autour de son cou, se rapprochant de lui le plus possible.
Gilbert passa ses doigts sous la soie bleu-vert, caressant la peau chaude de son aimée qui laissa échappé un couinement surpris lorsque cette grande main froide et légèrement calleuse se saisit de son popotin. Elle sentit le sourire de son amant contre son cou avant qu'il ne fasse tomber sans peine la fine barrière de coton blanc. Alice se sentit rougir d'autant plus que dans cette position elle sentait parfaitement l'excitation de son compagnon. Excitation qu'elle ressentait aussi. Son amant lui avait enlevé sa nuisette et son propre vêtement sans qu'elle ne rende compte et il ne cessait maintenant d'embrasser, lécher, mordiller et caresser sensuellement tout son corps. Elle gémit doucement avant de s'accrocher à son cou alors qu'il l'allongeait sur le matelas. La jolie blonde laissa échapper un soupire avant de le rapprocher « Gil ~ Kiss me now ~» Gilbert accéda avec plaisir à cette requête, embrassant avec passion sa chère anglaise tandis qu'il s'installait entre ses jambes.
La fin du baiser la laissa haletante, ses joues rougies, ses yeux verts rendus brumeux par le désir. Pour le jeune homme cette seule vision était d'un érotisme intense. Très vite il se mit en devoir de lui donner encore plus de plaisir, jouant de tous les points sensible de sa belle pour en tirer de merveilleux sons, il la faisait soupirer, gémir et réclamer plus que ces simples caresses si agréables soient-elles. Alice attira son amant plus près d'elle, griffant le haut de son dos et ses épaules alors qu'elle croisait ses jambes sur les reins de l'autre. Ses mains s'accrochèrent aux mèches blanches alors qu'elle ne cessait de lui chuchoter à l'oreille des merveilles. Gilbert n'étant qu'un homme après tout céda bien vite à cette délicieuse tentation qu'était la femme étendue sur ses draps.
Il plaqua sa bouche sur la sienne pour étouffer le léger cri d'Alice alors qu'il prenait place en elle. Leurs mains s'enlacèrent, leurs regards ne quittant jamais celui de l'autre plus de quelques secondes « Alice... » Un soupire suivit d'un léger sourire lui répondit. Ils firent l'amour longuement, avec une chaleureuse passion et pourtant tout en douceur. Pour ne pas réveiller Ludwig qui dormait dans la chambre d'a côté mais aussi et surtout pour profiter du corps, de l'odeur, de la présence de l'autre. Des mois de manque qu'ils leur fallaient combler. Gilbert mis toute son endurance au service de sa belle infirmière et ce n'est que tard dans la nuit qu'ils s'endormirent heureux et repus de leurs ébats.
Alice s'éveilla à l'aube, elle n'avait que peu dormit finalement mais en voyant les rayons du soleil filtrer à travers le store, elle eut une idée. La jolie blonde s'allongea sur son compagnon toujours plongé dans les bras de Morphée, croisant les siens sur le torse de Gilbert avant de se pencher et de l'embrasser. Elle taquina sa lèvre inférieure des siennes, la tirant doucement entre ses dents, sans faire mal. Son compagnon grogna un peu puis ouvrit les yeux, distinguant à peine Alice dans la pâle lumière du matin. Celle-ci lui sourit avant de murmurer contre sa bouche.
« Good morning ~
- ...Hallo meine Liebe. L'est quelle heure?
- Très, très tôt.
- Pourquoi tu es réveillée alors?
- Aujourd'hui est le premier jour de notre nouvelle vie à trois. »
Gilbert sourit puis l'entoura de ses bras pour la câliner à son aise.
« Et donc c'est notre premier baiser n'est-ce pas ?
- Yes ~ Le baiser de l'aurore. »
Fin !
Stupid Gilbert! You scared me = Stupide Gilbert! Tu m'as fait peur
Brother complex = Quand l'un des frères aime l'autre plus que de raison, sur-protecteur envers l'autre et le plaçant sur un piédestal. Ca ne dépasse pas les limites de la fraternité cela dit.
Mutti/Schwester = Maman/Soeur
Liebe = au sens de "mon amour" ici
Bruder = Frère
Of course/Danke = Bien sûr/Merci
Kiss me now = Embrasse moi maintenant
Good morning / Hallo = Bonjour
Ohhh ~ Je suis contente et triste à la fois que cette histoire soit finie mais j'espère que vous l'avez apprécié autant que moi. La prochaine histoire sera juste un OS.
