Auteur : Chirurine

Disclaimer : Les personnages, lieux et termes se rapportant au monde de Twilight ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Stephenie Meyer. Seule l'intrigue m'ait propre. Le titre quant à lui, est un 'remake' d'une phrase de Oscar Wilde : « Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder ».

Genre : Romance

Note de l'auteur : C'est la première fois que je décide d'écrire sur Twilight. J'avoue avoir un peu été dégoûtée de ce livre suite au tapage médiatique qui a été fait autour du film. Cette fiction, m'a en quelque sorte redonné goût au livre, puisqu'elle m'a permit de me replonger un petit peu dedans. Cependant, elle ne représente en rien quelque chose d'extrêmement travaillé. Je suis navrée de d'annoncer ça, mais elle n'est qu'un simple passe-temps. L'avantage est que j'écris avec beaucoup de plaisir, sans trop me prendre la tête.
J'ai lu les livres, il y a quelques temps, et parfois mes souvenirs ne sont plus exacts. Ayant prêté les deux premiers à des amies, je ne peux m'en servir pour me remémorer l'histoire, il se peut donc qu'il y ait quelques incohérences par rapport à l'histoire. Je vous demande évidemment, de m'en excuser. Je les reprendrais peut-être, lorsque je les aurais récupérés.

Rating du chapitre : T

Note de début de chapitre : Je vous présente à tous et à toutes mes plus plates excuses. Plus d'un an d'abscence. Je vous demande pardon. Je remercie ceux et celles (en majorité) qui ont commencé ma fic il y a peu, car c'est en lisant vos rewiews que je me suis rappelée que j'affectionnais cette fic. Ce chapitre était au trois quart écrits, mais je le voulais absolument plus long. A cette heure-ci, je n'y ai rien changé, mais je pense encore rajouter quelque chose.

Encore merci à ceux qui restent malgré tout fidèle, j'espère ne pas vous décevoir.

Chapitre VI :

Une semaine, une semaine que Jasper m'évitait. Au début, je lui en avais voulu. Puis... j'avais compris qu'il aimait Alice, toujours, et que ça ne changerait pas. J'avais compris que nous étions aller trop loin, que nous avions dépasser une barrière interdite. Je pouvais concevoir l'idée qu'il avait besoin de réfléchir pour mieux revenir. Seulement il ne revenait pas. Il ne me donnait aucune nouvelle. Et chaque fois que je parvenais à me rendre chez les Cullen – chose qui était rare puisque Emmett qui avait été promu au rang de 'chaperon de Bella' m'en empêchait la plupart du temps, trouvant toujours de bonnes excuses, il arrivait cependant que quelque fois ces excuses ne soient pas suffisamment bonnes pour m'empêcher de m'y rendre – Jasper trouvait un quelconque moyen pour être absent.

Sa famille était évidemment de son côté, et je ne pouvais ignorer les sourires satisfaits de Rosalie. Emmett quant à lui semblait partagé entre l'envie de me revoir sourire – sans doute pour s'amuser, heureuse j'étais plus prompte à mes petits accidents habituels, malheureuse, au plus grand damne du grand vampire, je semblais immunisée contre toutes choses embarrassantes – et le devoir d'aider son frère. Car il s'agissait bien de cela, tous assuraient la couverture de Jasper. C'était normal, il faisait parti de leur famille. Toutefois, je ne pouvais m'empêcher de me sentir blessée. Je pensais qu'Esmé réfuterait un tel comportement, pourtant elle plus que tout autre s'empêchait de me parler de lui.

Le retour de Charlie fut un nouveau coup à encaisser. J'étais évidemment heureuse de retrouver mon père, mais cela me rappelait que la rentrée était proche. Une rentrée sans lui, sans Alice, et sans Jasper. Ce dernier avait fini par se creuser une place dans mon pauvre cœur meurtri. Il fallait bien le reconnaître, Jasper était devenu une sorte de bouée de secours, celle qui m'empêchait de sombrer dans l'océan de tristesse et de désespoir dans lequel je semblais me noyer.

Alors je tentais de sourire, de rire, pour ne pas montrer à mon père à quel point j'étais malheureuse. Je ne voulais pas qu'il se rendre compte que j'étais au bord d'un précipice qui ne cessait de m'attirer depuis sa mort. J'avais bien eu quelques distractions qui m'en avait détournée, mais toutes avaient fini par s'éloigner de moi. Je me retrouvais alors une nouvelle fois irrévocablement attirée par le gouffre qui semblait n'attendre que moi. Et la mort me semblait être une bien tendre option comparée à ce que je vivais en ce moment. La sensation d'être abandonnée par tous ceux qui devenaient un tant soit peu important à ma vie, pour ne pas dire indispensables. La conviction que j'étais un poids lourd que les uns et les autres portaient quelques temps avec difficulté, avant de l'abandonner. Je n'apportais que des problèmes aux autres, et ma simple existence était devenue trop dure à supporter non seulement pour mon entourage, mais en plus pour moi. Ironique, n'est-ce pas ?

Je tenais, cependant, pensant à mon père qui avait besoin de moi à ses côtés. Ou peut-être étais-je une éternelle positive qui espérait sans cesse, me confinant dans un monde parallèle imperméable à la réalité. Oui... sans doute était-ce cela. Au fond de moi j'espérais que Jasper me reviendrait. Peut-être avait-il besoin de plus de temps que je ne le pensais.

C'est pour cela, que le jour de la rentrée scolaire, je me rendis directement auprès de mon ancien groupe d'ami, tentant de ne pas remarquer l'absence de ma famille préférée, et leur proposais une sortie.

Mike s'en réjouit et nous incitait déjà à choisir la plage de La Push. Je tressaillis au nom de cette plage que j'avais tant fréquentée aux côtés de Jacob. Jacob qui m'ignorait violemment depuis mon retour d'Italie où j'avais assisté à la plus misérable scène de ma pauvre existence de mortelle. Douleur. Après tout ce temps, je n'avais donc même pas appris à me protéger de mes propres pensées ?

Jessica et Lauren pincèrent les lèvres, peu ravies de mon subit retour. Angela, quant à elle, me sourit gentiment, ses petits yeux noirs illuminés d'une lueur semblable à la joie.

« Alors... tu es bien de retour ? » demanda Éric qui fut accueilli par un silence gêné, orné par les haussements de sourcils de Jessica et Lauren, et accompagnés de coups d'œil entre les différents membres du groupe.

« Eh bien... si cela ne vous gêne pas, j'imagine que oui. »

Mike me fit un sourire ravi et passa son bras par-dessus mon épaule. Jessica fulminait.

« Et lorsque ton merveilleux Edward reviendra, tu nous abandonneras, une nouvelle fois! » cracha-t-elle.

À force de ne traîner qu'avec des personnes au courant de sa mort, j'avais fini par oublier que personne à part les Cullen et moi, connaissait la vérité sur sa disparition, son décès. J'eus un pincement au cœur, ma tête me tournait et je me sentais tout à coup nauséeuse. Je me nourrissais peu depuis quelques temps, voire pas du tout. Et je crois que finalement, j'aurais dû avaler quelque chose ce matin-là. Tout se mit à tourner autour de moi et je fermais les yeux pour ne plus être confrontée à une telle sensation. Je sentais que tout le monde s'agitait autours de moi, mais je n'entendais rien. J'avais envie de pleurer, de vomir, de mourir. Je sentis quelque chose de frais se poser sur mon bras, et je sombrais.

Lorsque je me réveillais, tout mon corps semblait engourdi, ma tête me faisait affreusement mal. L'infirmière s'agitait autour de moi, m'incitant à avaler toute sorte de médicaments amers. J'obtempérais, un peu agacée tout de même. Puis, elle s'assit à mes côtés, me prit la main et me fixa avec un regard compatissant que je n'appréciais guère.

« Mon enfant... » murmura-t-elle voulant paraître tendre, certainement. « Si tu as des soucis, il ne faut pas le garder pour toi. Tu peux m'en parler. »

« Je n'ai aucun soucis. » répondis-je, ma voix tremblant. Je me sentais mal, tellement faible, à croire que je n'avais plus aucune force.

« L'anorexie est chose courante chez les jeunes de ton âge... »

« Je ne suis pas anorexique! » répliquai-je. Bien sûr que non je ne l'étais pas, je perdais simplement l'appétit en même temps que l'envie de vivre. « Je me suis levée en retard, et je n'ai pas eu le temps de déjeuner, ce n'est rien de plus. Pas la peine d'en faire tout un plat, non ? »

« Pour cette fois, non, mais si cela venait à se reproduire, sache que je préviendrais aussitôt l'un de tes parents. » me dit-elle, résignée.

Je hochais la tête, et soudain, mon regard fut attiré par une silhouette dans l'encadrement de la porte. Mon cœur manqua un battement et mon corps se figea. Jasper était là, m'observant la tête légèrement inclinée. Il affichait une expression impassible, et je crois que je n'avais jamais été aussi heureuse de la voir sur lui. L'infirmière se retourna et elle sembla tout aussi fascinée par son être que je l'étais. Quoiqu'il me paraissait impossible que quelqu'un puisse l'être autant que moi.

« Et bien, Mr Cullen, entrez donc! » dit-elle, ses paroles ressemblant plus à gloussement qu'à autre chose. L'effet des Cullen était incorruptible et universel – en ce qui concerne l'humanité, toutefois.

Il s'approcha doucement et posa ses prunelles délicates sur moi. Sa présence m'avait tant manquée que le simple fait de le savoir là faisait en sorte que j'allais mieux. J'avais même recouvré l'envie de manger, à croire que je punissais mon corps pour le manque de lui que j'éprouvais perpétuellement.

J'étais tombée sous le charme de ce vampire, à tel point que j'étais désormais incapable de me passer de lui. Il était celui qui m'avait permis de remonter la pente, et je ne pourrais jamais assez l'en remercier. Seulement maintenant, je me retrouvais dans de beaux draps, accrochée désespérément à ce qu'il était. Il était sans aucun doute ma dernière chance de survie, et s'il venait à disparaître réellement, pas comme cette semaine d'absence totale, je ne pourrais pas m'en remettre. J'avais certainement besoin d'être sevrée de sa présence, et peut-être était-ce qu'il avait voulu mettre au point en s'éloignant de moi. C'est que j'espérais, car cela voudrait dire qu'il avait un minimum d'estime pour moi, et ce malgré ce qui s'était passé.

L'infirmière nous regarda, et nous annonça qu'elle prenait sa pause. Elle sortit et Jasper se rapprocha de nouveau.

« Tu as l'air d'aller mieux... » me dit-il, doucement. Ses yeux étaient froids et cela me fit frissonner.

« Ça va... » soufflais-je tentant d'empêcher les tremblement de ma voix. « Alors tu ne m'ignores plus ? »

Il me fixa, hésitant. Il déposa sa main sur mon front et sa fraîcheur apaisa mes maux de tête.

« Merci... » murmurais-je en fermant les yeux.

« Je ne t'ignorais pas. » soupira-t-il. « Pas vraiment, du moins. »

Je souris. Qu'importe, tout cela m'était désormais égale. Il était de retour, et c'était tout ce qui comptait.

« Je suis contente que tu ne m'ignores plus. » dis-je puis j'ajoutai, malicieuse malgré mon état de faiblesse. « Plus vraiment, du moins. »

La fraîcheur sur mon front disparut et j'entendis un bruit de chaise. J'ouvris les yeux et le vit s'installer près de mon lit. Il reposa sa main à l'endroit initial et me fit son petit sourire en coin, si séduisant.

« Tu ne devrais pas manger quelque chose ? » me demanda-t-il.

« Pas maintenant... Est-ce que tu peux rester, juste comme cela? » et je ne parlais pas seulement de cet instant. C'était une promesse que je lui demandais, la promesse qu'il serait là, encore pour longtemps. Que nos relations resteraient ainsi. Car je n'avais besoin que de sa présence.

« Pour quelques temps. » acquiesça-t-il, et cela m'allait. Un peu. Puis je m'endormis, son odeur et le bruit de sa respiration régulière me berçant doucement.

Lorsque je me réveillais, il faisait nuit. J'étais chez moi, emmitouflée dans mes couvertures, et il était assis sur le rocking-chair, fixant la lune qui illuminait son visage doux. Il était pensif, et j'aurais tant donné pour savoir à quoi il pensait. Pensait-il à moi ? Ou bien... à Alice. Je ne pouvais comprendre ce sentiment en moi qui me donnait l'envie d'être à la place de mon amie. Ce n'était pas de la jalousie. Non. Je ne pouvais me résoudre à éprouver cela envers ma meilleure amie. Peu importe si elle était là ou pas, elle restait pour moi ma meilleure amie.

Il se retourna, sans doute avait-il senti mon regard, à moins qu'il n'ait perçu le changement des battements de mon cœur. Quoiqu'il en soit, je sentis une bouffée de bonheur me parcourir lorsqu'il me fit son sourire en coin. Ce merveilleux sourire qui creusait une délicieuse fossette près de ses deux délicates lèvres.

« Tu as meilleur mine. » Il me fixait, comme attendri.

Je hochais la tête. Que pouvais-je faire d'autre ? Je ne comptais pas sur ma voix. J'étais certaine d'être incapable de faire quoique ce soit d'autre qu'un malheureux petit signe de tête. Il m'éblouissait, pas de la même façon que lui, mais c'était tout aussi efficace. De plus, je soupçonnais Jasper de n'avoir aucune, mais vraiment aucune idée de ses charmes pourtant si puissants.

Jasper était un être profondément blessé. J'avais longtemps négligé cette partie de lui, me reposant sur ses larges épaules, ne faisant attention qu'à ma propre détresse. Alors même que je savais qu'il était un homme avec un lourd passé. Un être qui n'avait aucune estime de lui, quelqu'un qui souffrait constamment sans même tenter d'y remédier. A croire qu'il avait abandonné. Et c'était sans doute cela, il avait tant souffert qu'il avait abandonné l'idée d'amoindrir cette douleur. Et je trouvais cela tellement dommage. Je voulais lui redonner l'envie de persévérer, car Jasper Hale méritait le bonheur au même titre que n'importe qui. Et peut-être même plus que certains.

« A quoi penses-tu ? » Il avait commencé sa phrase assis sur le rocking-chair, se balançant nonchalamment, et il se retrouvait désormais sur mon lit à quelque centimètres de moi. Son visage incliné sur le côté m'observait, tentant de deviner mes pensées, certainement.

« A toi... » avouais-je.

Je posais ma main sur son visage, caressant sa peau. Il soupira et ferma les yeux.

« Bella... » murmura-t-il, réprobateur. Pourtant, il ne bougea pas.

Je savais que ce n'était pas ce qu'il fallait faire. Je savais parfaitement que je risquais de tout gâcher, une nouvelle fois. Mais qui pouvais-je si j'étais une humaine dictée par mes envies ?

Ma main descendit le long de son cou, caressant le tissu de sa peau. Elle se fraya un chemin sous sa chemise blanche dont les premiers boutons étaient déjà détachés. Je caressai la courbe de ses muscles. Ses deux pectoraux si bien dessinés. Sa respiration se faisait plus bruyante, plus rapide. Il gardait délibérément les paupières fermées. Son expression était indéchiffrable. Un mélange de plaisir et de souffrance. Une contradiction qui ne me suffisait pas pour m'inciter à arrêter. Bien au contraire.

Je déboutonnais sa chemise, ouvrant les deux pans du vêtements, et ma main parcourut son torse imberbe. Il était si parfait. Même ses nombreuses cicatrices l'étaient. Je me rappelais de ce soir où nous avions dépassé les limites du raisonnable – étions-nous en train de les dépasser, en ce moment-même ? Je l'ignorais, et cela m'était égale – et le rouge me monta aux joues. Mon rythme cardiaque s'accéléra doucement et j'eus envie de recommencer comme l'autre soir. Mais je ne fis rien de tel. Le simple fait qu'il me laisse le toucher était... il n'y avait pas de mots pour exprimer à quel point c'était important et inattendu.

J'allais doucement, effrayée à l'idée de lui faire peur. Je savais qu'au moindre faux pas, il s'éloignerait et prendrait ses jambes à son cou. J'étais en contact avec un animal sauvage peu habitué à la présence humaine. Je devais l'en accommoder, lui montrer que nous étions capables. … Capables de quoi ? Mais à quoi pensais-je ? Est-ce que je m'imaginais plus proche encore ? Plus proche au point de finir ce que nous avions commencé précédemment, il y avait maintenant une semaine ? Le désirais-je donc ? Oui. Certainement. Sans aucun doute, même. Mais... au point de vouloir... Oh. Je ne pouvais penser cela. C'était inacceptable. Et pourtant si tentant...

J'arrivais à son nombril. Je savais qu'il n'accepterait jamais que j'aille plus loins. Et je n'osais même pas détacher la ceinture. Il dut sentir ma gêne car il attrapa ma main et la porta à son visage, humant mon odeur. Et enfin ses paupières me laissèrent apercevoir ses deux orbes... dorées. Aucune ombre à l'horizon. Sa soif n'était pas titillée, et je m'en sentais soulagée. Pas que j'ai peur pour ma vie, la seule chose qui m'effrayais était son inconfort face à notre proximité.

« Tu sens si bon, Bella... » il lécha la paume de ma main. « Hmm... Ta peau à elle seule est plus délicieuse que n'importe quel sang qu'il m'ait été donné de boire. » mon cœur s'accéléra. Il avait léché ma peau,et cette fois-ci, il ne s'agissait nullement d'un jeu. « N'aies crainte, Bella, je n'ai pas soif. » me dit-il, interprétant mal l'accélération de mon rythme cardiaque.

« Je n'ai pas peur de toi. Pas tant que tes yeux sont ainsi. » J'attrapai son visage en coupe, me redressai et déposai mes lèvres sur les siennes.

Il souffla et se rapprocha de moi. Il posa ses mains dans mon dos et resta immobile. Je voulais approfondir le baiser mais il s'éloigna de moi lorsqu'il comprit mes intentions.

« Je crois que tu ne comprends pas. Je ne peux pas, vraiment. »

« Quand on veut, on peut. » dis-je, acerbe.

Il fronça les sourcils, et me jeta un regard de reproche.

« Tu n'es pas à ma place. »

Non. Non, je n'y étais pas. Mais savait-il à quel point j'enviais sa condition ? J'avais longtemps cru que je voulais devenir comme eux pour lui, et pourtant, désormais cette idée demeurait intact dans mon esprit.

« J'aimerais y être, Jasper! » répliquai-je.

Il se figea et fixa mes yeux. Sa bouche était entrouverte dans une expression d'étonnement.

« Que veux-tu dire par là, Bella ? »

« Je veux que tu me mordes. »

« Je ne suis pas Edward ! » gronda-t-il, ses sourcils se fronçant. « Comment peux-tu encore désirer une telle vie après sa mort. »

J'avais mal, le simple fait qu'il prononce son prénom était douloureux, mais si en plus il l'associait à la mort.

« Je ne supporte plus cette vie, Jasper. J'ai besoin de changement. »

« Je suis un substitut, c'est ça? »

Un instant, je crus voir l'ombre de la tristesse dans son regard.

« Tu te trompes. J'ai vraiment besoin de toi. Je ne te prends pas pour lui. Vous êtes diamétralement opposés. »

« Je suis vampire. »

« Au même titre qu'Emmett et Carlisle. »

« Je n'accèderait pas à ta demande, tu en es consciente. »

« Oui. Mais, s'il te plait, reste. »

Il hocha la tête, embrassa furtivement mes lèvres et m'ordonna de me couvrir. Je m'emmitouflai dans les couvertures et il se colla à moi, serrant mon corps contre le siens. A travers les diverses couches de tissus, je ne sentais pas la fraicheur de sa peau. C'était sans doute un avantage, du point de vue pratique, pourtant je ne pouvais m'empêcher de le regretter. Je me pelotonnai contre lui, il respira profondément et passa une main dans mes cheveux.

« Dors... » murmura-t-il.

« Tu vas rester ? » demandais-je.

« Oui, jusqu'à ce que Charlie se réveille. »

Je souris et m'endormis à ses côtés.

Le lendemain, j'étais sur lui, je profitais pleinement de ses mains posées sur mes hanches. Sa respiration était douce, et lente. On aurait dit qu'il dormait. Je déposai un baiser sur sa gorge et il frissonna. Il me serra contre lui et enfouit son nez dans ma chevelure. Mes lèvres s'étirèrent en un large sourire. Je soupirai.

« Quelle heure est-il ? » questionnai-je alors qu'il caressait mon dos, m'envoyant d'innombrable décharges électriques.

« 11h » 11h ? Me répétais-je, et mes cours ? Je me redressai subitement. « Non, ne t'inquiète pas. Charlie t'a laissé un mot pour te dire de te reposer aujourd'hui, il a déjà appelé le lycée. »

Je me décontractai et me reposai contre son torse. Il enroula ses bras autour de ma taille et déposa un baiser sur le sommet de mon crâne. Un nouveau soupir s'échappa de mes lèvres. Je me sentais si bien en cet instant. Pourtant, il relâcha son étreinte, je relevais la tête, l'interrogeant du regard.

« Il faut que tu manges, Bella... » me dit-il, ses lèvres s'étirèrent en ce si sexy sourire en coin que j'adorais tant.

Je me levais et le priais de sortir pour que je m'habille. Il sourit, ironique, et je me rappelai subitement qu'il m'avait déjà vue à moitié nue. Il émit un petit rire et je lui claquais la porte au nez, les joues en feu.

Lorsque je sortis, il n'était plus là, je le rejoignis donc dans la cuisine et me préparai un large bol de céréale. Après ces journées de jeûne, je me sentais affamée. Je portais la cuillère à ma bouche lorsque je vis Jasper se figer.

« Qu'y a-t-il ? » demandais-je, surprise.

« Un léger... problème. Bella, je reviendrais te voir dans quelques temps, d'accord ? Ne t'inquiète pas, je te promets de revenir. » Il ouvrit la fenêtre de la cuisine, s'apprêtant à disparaître, puis il se ravisa, s'approcha de moi et – mon cœur manqua un battement – embrassa doucement mes lèvres.

Il s'était éloigné de moi durant toute une semaine. Et désormais... désormais il agissait avec moi comme... un petit ami ? Bon sang! Mais à quoi pensais-je ? Comment pouvais-je imagine un tel rapprochement entre nous deux ? C'était... Il fallait penser à Alice et à... lui. Mon cœur se serra à cette pensée, j'avais quelque part l'impression de le tromper.

Des coups retentirent, et je secouais la tête pour me sortir de ces pensées néfastes. J'allais ouvrir et me figeais.

« Salut, Bella. Ça fait un petit moment, pas vrai? »

Jacob se trouvait en face de moi. Il était plus grand que dans mes souvenirs, et ses cheveux avaient poussés depuis la dernière fois où je l'avais vu. Il était toujours aussi... beau, il fallait l'avouer.

Pourtant... de multiples contusions durcissaient les traits de son visage qui m'était apparue si doux autrefois. Son torse musclé, qu'un petit veston couvrait à peine, était parsemé de nombreuse cicatrices effrayantes dont une qui ressemblait à une morsure... de vampire ?

« Jacob? Mais que t'ait-il arrivé ? »

Nous étions désormais assis à table, sirotant un verre de jus de fruit. Nous parlions, de lui, bien que je le priais d'abandonner le sujet, de Jasper. Et de son escapade dans les bois lorsque Jasper rentrait chez lui. Jacob ne désirait que parler, mais Jasper lui avait sauté dessus, et forcément le loup était sorti et une bagarre avait éclaté, jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux trop amochés pour continuer. Je savais bien que mon ami exagérait. Cependant je ne pouvais m'empêcher d'en vouloir à Jasper, face à un loup solitaire, il était évident qu'il aurait gagné.

« Au fait Bella, tu empestes le Sang Froid. J'aimerais bien savoir ce que tu fabriques avec ce blondinet. »

« Il m'aide à remonter la pente. J'ai envisagé quelques idioties, depuis... enfin tu sais. Et il m'en a empêché. Jasper est adorable avec moi, tu sais. Parfois j'ai l'impression qu'il te ressemble un peu. »

« Ne me compare pas à ces suceurs de sang! » s'écria-t-il, en donnant un coup sur la table qui trembla.

« Okay, Jacob, calme-toi. »

« Je te demande pardon, je suis... sur les nerfs depuis quelques jours. Je ne suis venue que pour te voir, et te protéger. Tu dois le savoir. Il faut que tu sois au courant de certaines choses. »

Mon coeur accéléra sa cadence. Jacob savait quelque chose, et ce ne pouvait être qu'important pour qu'il vienne m'en parler directement après tout ce qui s'était passé.

« La meute s'agrandit de jour en jour, et il ne peut y avoir qu'une seule et unique raison. D'autres vampires s'installent dans le coin. Et nous sommes incapable de savoir s'ils sont aussi inoffensifs que les Cullen peuvent prétendre l'être. »