Chapitre 6
- Ce sont des pilules d'avortement.
- Si tu comptes me les faire avaler de force...
- Tu en as déjà avalé, mon cher Koro.
Je me fige à ses mots. Tout mon monde s'écroule autour de moi. Je tente de rester impassible et le regarde froidement.
- Tu n'es qu'une ordure. Ne compte pas sur moi pour t'appartenir si elles ont de l'effet.
Un rictus se dessine sur ses lèvres.
- Mais elles ont de l'effet. Tu es à moi et c'est tout ! Tu peux retourner dans ta chambre.
- Si tu as condamné mon enfant à mourir, pourquoi je devrais t'obéir ?
Je sens que ma voix se brise. Petit à petit. Pas assez pour qu'il le remarque en tout cas. Il fait un pas vers moi et je reprends :
- Tu m'avais promis que je pouvais le garder.
- Je n'ai pas précisé combien de temps.
Il a osé jouer sur le temps ?! Je vais le buter. Il le faut, mais...
Je lui porte trop de respect en tant que professeur.
- Ma requête était de le mettre au monde et de l'élever. Pas le tuer. Tu n'as pas respecté ma requête, alors considère que je suis mort avec lui.
Karma... Je suis désolé... Tellement désolé que tout cela soit arrivé...
Il tend la main vers l'étagère et prend un livre. Il me montre la couverture.
- Tu vois ce livre ?
Je regarde le livre. Il n'y a rien de particulier. C'est juste un livre de médecine que j'ai déjà lu. Il lève rapidement le bras et m'envoie un coup sur la tête avec.
- J'espère que tu l'as bien vu de près.
Il reste quand même plutôt calme. Je me masse la tête après m'être reçu le coup, et je le regarde froidement.
- Va te faire foutre.
Il tend une main vers ma tête que je n'ai pas le temps de repousser. Il agrippe mes cheveux et me traîne jusqu'à la chambre, ou il me jette sans retenue.
- Réfléchis bien à tes actes.
Il claque la porte et j'entends le verrou. Je suis enfermé.
- Tu peux crever pour que je t'obéisse après ça, crachai-je.
Dans quoi pouvait être ce foutu cachet ?!
"Tu n'as pas bu ton jus de fruits."
Je me suis fait avoir comme un débutant !
Je cours à la salle de bain pour me faire vomir, espérant que le cachet ressorte. Je vomis de l'eau quelques fois avant d'entendre la fenêtre.
Karma... ?!
Je retourne dans la chambre en vitesse et vois Gakushû, qui essaye d'ouvrir la fenêtre depuis l'extérieur. Je vais vers lui et lui ouvre. Il descend de la fenêtre.
- Est-ce que ça va ? Me demande t-il, visiblement un peu inquiet.
- Pas vraiment, non... Ce connard m'a fait avaler des pilules pour avorter en les dissimulant dans un jus de fruit... J'espérais que me faire vomir l'en empêcherait.
Gakushû fouille dans sa poche et en sort une boîte de comprimés.
- Comme Karma s'entend bien avec Okuda, et que j'ai surpris mon père avec sa boîte de comprimés en venant chercher un truc, elle a confectionné ces anti-avortement. Elle est forte pour avoir fait ça en quelques heures. Prends une pilule et ça fera effet.
Il se tourne vers la fenêtre après m'avoir posé la boîte dans les mains.
- Karma, Nagisa, montez !
Je sors une pilule et la regarde.
Merci, Okuda. Non, merci Gakushû. Si il n'avait pas surpris son connard de père, je n'aurais jamais eu ces pilules.
J'avale ma pilule en vitesse et aide Karma et Nagisa à monter. Karma, arrivé le second, me serre contre lui. Je me cale dans ses bras et couche ma tête dans son cou.
- Ca va aller...
- Poussin...
- Gakushû, franchement ça me fait mal de te le dire, mais t'as été génial sur ce coup.
Celui-ci prend une mine blazé. On dirait qu'il n'est pas content.
- De rien, pour la quatre-centième fois.
Ah, là, je comprends mieux...
- Tout va bien, sensei, la police va arriver, me dit Nagisa, tentant de me rassurer alors que je vois bien qu'il est stressé, lui aussi.
- Vous avez trouvé un moyen de l'enfermer ?
Gakushû sourit sadiquement et croise les bras.
- Il va comprendre que je suis bien son fils.
- Koro ?
Je me crispe à l'entente de la voix de Gakuhô et m'agrippe à Karma. La porte s'ouvre.
- Tu es encore en vie, toi ?! S'écrie Gakuhô en voyant Karma.
Il tourne la tête vers Gakushû, qui ne sourit plus.
- C'est pas de chance, mais il va rester enceint.
Je sens que Karma me resserre un peu plus.
- La prochaine fois, demande à Hojo de mieux viser.
Je commence à trembler légèrement.
- Poussin, emmène-moi loin de ce fou, je ne le supporte plus... Je vais finir par le tuer.
Je ne peux pas le tuer, même maintenant...
- Vous n'irez nulle part, lâche Gakuhô.
- ça, c'est ce que tu crois, réplique Karma, comme s'il cherchait à gagner du temps.
Je me tourne vers la fenêtre, ou Nagisa trifouille quelque chose.
- C'est pour notre fuite, me murmure t-il.
Je regarde Gakuhô du coin de l'oeil, qui s'avance vers Karma.
- Cette fois, je vais te-
Il n'a pas le temps de terminer sa phrase que mon roux lui a envoyé un coup de poing, l'envoyant contre la porte.
- T'as de la chance que Gakushû ait entendu que tu comptais faire avorter Koro de force. Parce que si tu l'avais vraiment fait, tu serais mort.
Je prends sa main pour l'empêcher de frapper. Il a toujours les yeux rivés sur Gakuhô.
- Je ne veux pas que tu te salisses les mains, Karma... Laisse-moi faire ce genre de choses.
- Je ne le tuerai pas.
Son regard est déterminé. Je sais qu'il ne le fera pas.
- Ils arrivent, lâche Gakushû, parlant sûrement de la police.
- Vous quatre... je vais vous tuer... !
Je m'approche de Gakuhô après avoir embrassé Karma sur la joue, et souris. Comme Nagisa et Takaoka. J'esquive sa tentative de me frapper au visage et frappe mes mains entre elles pour le déstabiliser avant de le frapper au ventre.
- ça, c'est pour le coup du livre et des pilules.
Je vais avoir une bosse, c'est malin !
J'entends applaudir derrière moi.
- C'est pas le moment, vous trois ! M'exclamai-je.
J'en profite qu'il soit sonné pour l'attacher au lit. Je tourne la tête vers Karma et souris.
- Une petite séance de torture comme tu faisais avant, ça te dit ?
- On a combien de temps, Gakushû ?
- 5 minutes à tout casser, répond l'intéressé.
- Nickel.
- Il doit y avoir ce qu'il faut en cuisine.
- Pas la peine.
Karma sort des tubes de moutarde, de wasabi, et sa petite panoplie.
- Karma, c'est à moi ça ! S'écrie Nagisa.
Apparemment, il s'en moque.
- Je m'occupe de prendre des photos. Tu me prêtes ton appareil, Karma ?
Il me tend son appareil en torturant Gakuhô. Je prends des photos en souriant.
- Ne pas céder, ne pas céder, ne pas... oh et puis zut ! Je peux lui détruire les jambes avec une masse ? Demande Gakushû.
- Non, Gakushû, répond Nagisa.
- Tu fais la droite, je fais la gauche, réplique Karma.
- KARMA ! Crie Nagisa.
- J'ai une meilleure torture, dis-je. Karma, embrasse-moi devant lui.
Oui, parce qu'il ouvre à peine les yeux. Karma m'attrape par la taille et pose ses lèvres sur les miennes. Comme ça m'avait manqué...
Je souris contre ses lèvres et réponds à son baiser en posant mes mains sur son torse. Son torse chaud, sa chaleur si rassurante. Je me sens si bien avec lui...
J'entends Gakushû prendre quelques photos, mais ça ne me dérange pas.
- Ils sont là, dit Nagisa.
POLICE ! MONSIEUR GAKUHÔ ASANO SORTEZ LES MAINS EN L'AIR !
Karma finit par rompre le baiser, trop court à mon goût.
- On va devoir le lâcher et partir.
J'embrasse sa joue et lui demande si on le détache.
- Oui ! Répond Nagisa en me tendant un baudrier.
Ah, une tyrolienne. C'est original.
Gakushû va détacher son père tandis que j'enfile mon baudrier. Nagisa descend le premier.
- Tu sors, ordonne Gakushû à son père.
Celui-ci ne répond rien. Karma se place derrière moi, m'invitant à descendre à mon tour. Je jette un dernier coup d'œil à Gakuhô avant de suivre Nagisa. Et je vois rapidement Gakuhô qui se jette sur Karma, le visage rempli de haine.
De un : oui, oui, poussin. Si ça vous plaît pas tant pis, je me suis attaché à ce surnom, j'ai pas eu la force de le changer -~-
De deux : j'aime vous laisser dans ce suspens.
De trois : ... le prochain chapitre sera en PDV Karma ! (c'est quand même sympa le PDV Koro :)
Bon, le chapitre sortira le plus vite possible. Nagisa, la technique yoyo prédit quoi pour la suite ?
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