Chapitre 7

Il avait l'impression que ça faisait des semaines—des mois, qu'il était couché dans ces draps en soie. Izar savait que le Seigneur des Ténèbres ne les préférait pas spécialement mais il avait dû décider que c'était ceux qui seraient les plus frais et confortables contre la peau fiévreuse d'Izar. D'après les aperçus rapides qu'il avait eus de la pièce sous son état délirant, il avait remarqué que les draps n'étaient pas seulement en soie, mais aussi blancs.

Un souvenir lointain lui rappela le ravissement du Seigneur des Ténèbres de le voir en blanc. Et maintenant l'homme avait le plaisir de le voir vulnérable et allongé sur cette couleur.

Sale connard.

Et il restait toujours proche. La présence de Voldemort était semblable à une flamme éclairant son monde obscur et trouble. Plus Voldemort était près, plus la douleur diminuait. Cependant, Izar ne l'admettrait jamais à l'homme. Le Seigneur des Ténèbres était déjà trop arrogant pour son propre bien.

Pendant les brèves périodes où Voldemort était absent, la douleur était toujours à son apogée. Son sang bouillonnait, sa peau brûlait et sa gorge devenait sèche et rêche. Quand Cygnus avait possédé Izar, cela avait été douloureux, mais ceci était réel... pas mental. Alors qu'il encaissait chaque tremblement violent de son corps, il s'était souvenu que tout ça, c'était pour l'éternité; cette douleur était ce qui allait le faire rester à l'âge de seize ans pour toujours. Et ça rendait la transformation encore plus dure à supporter.

Il aurait aimé que la douleur soit la seule chose dont il était conscient. Sauf qu'il y avait plus à sa transformation que la douleur et la souffrance. De par son état fiévreux, Izar se sentait étrangement vide. Ces longues heures de calvaire avait apporté une terrible conclusion.

Il n'était plus magico-sensible. La magie ne chatouillait plus sa peau et ne le rassurait plus en lui murmurant que tout irait bien. Ainsi partie, elle en était devenue insipide, trop calme.

Quand Izar l'avait compris, il avait pleuré sa perte. Sa poitrine s'était resserrée et il avait lutté pour se réveiller de ce cauchemar. Voldemort l'avait veillé, le poids de sa main reposant sur son front. Izar s'était débattu pour rester hors de portée de l'homme, fulminant de rage et avait mentalement maudit le Seigneur des Ténèbres pendant des heures.

La magie était tout pour lui. Tout. Il ne l'avait jamais prise pour acquise et avait toujours admiré sa beauté, même quand elle était pure et non entachée par les Ténèbres. La réalisation effroyable qu'il ne pourra plus sentir la magie l'accompagner lui vint sous la forme d'un coup dévastateur. Comment pourra-t-il connaître les émotions du Seigneur des Ténèbres s'il ne pouvait plus voir son aura ? Comment fera-t-il pour voir si un adversaire potentiel était effectivement un diamant brut ?

Cette prise de conscience avait de toute évidence repoussé son rétablissement de quelques jours. Il s'était jeté dans les profondeurs de l'inconscience et avait essayé de résister au venin dans son corps. Il avait été suicidaire, l'idée de continuer sans sentir et savourer sa magie l'avait rendu pitoyablement faible.

Malheureusement, le venin avait non seulement tué son corps mais arrêté son pouls. Néanmoins, il l'avait rendu plus fort... plus résistant. Sa fièvre avait disparu et il ne ressentait plus que le voile brumeux qui enveloppait son esprit. Une partie de lui savait qu'il devait faire face à tout ça, faire face à Voldemort, mais il continuait de fermer les yeux.

Jusqu'à ce qu'il sente la main.

"Je sais que tu es réveillé," souffla une voix au dessus de lui. "Ta transformation s'est terminée hier. Là, tu es juste paresseux."

Paresseux ? Paresseux ?

Izar feignit le sommeil et essaya d'ignorer la main posée sur son torse nu. De longs ongles caressèrent sa peau et voyagèrent vers son bras gauche. Les doigts chauds s'enroulèrent autour de son avant-bras, ce qui le surpris. Le toucher du Seigneur des Ténèbres avait toujours été froid, semblable à un mort, mais maintenant qu'Izar était de la même espèce que lui, son contact était aussi chaud que le sien.

"Nous avons beaucoup de choses à discuter," Voldemort poursuivit la conversation à sens unique sans aucun effort. L'intonation de sa voix oscillait entre l'énervement et la plaisanterie. "Comment tu es parvenu à modifier ta Marque…" la main se resserra douloureusement autour de son avant-bras et Izar fut fier de ne pas tressaillir. "Les conséquences de ta petite escapade de quatre mois. Cette... merveilleuse idée de te marier... ce que je trouve, par ailleurs, très amusant."

Les ongles qui couraient le long de son bras le chatouillaient énormément, mais Izar garda une expression impassible dans son 'sommeil'.

"Bien sûr, il y a beaucoup d'autres problèmes que je pourrais évoquer, mais je crains que je ne possède ni l'énergie ni la patience pour les énumérer tous."

La poitrine d'Izar brûla de colère. L'homme agissait comme si tout était conforme et prémédité. A priori, de son point de vue, cela devait être le cas. Le Seigneur des Ténèbres avait prévu de le rendre immortel depuis longtemps déjà. Cet incident avec Cygnus lui avait juste donné l'occasion de le faire plus tôt. L'homme en savait peu sur le fait qu'Izar était loin d'être enchanté par cet arrangement. Il avait perdu sa magico-sensibilité et était condamné à rester dans le corps d'un garçon de seize ans pour toujours.

Devra-t-il utiliser un glamour comme Jedusor ? La pensée d'en porter un pour le reste de sa vie l'épuisait.

"Je sais combien tu détestes que l'on profite de toi," insista l'homme. "Je me demande juste si secrètement, tu aimes ça. Autrement, tu ne serais pas allongé là et aussi... délicieusement vulnérable." La main descendit soudainement et dépassa la taille d'Izar pour se déplacer plus bas... vers son bassin.

Ses yeux s'ouvrirent immédiatement quand il se rendit compte qu'il était nu. D'une main ferme, il saisit vivement le poignet de l'homme avant qu'il ne puisse aller plus loin.

Les yeux cramoisis s'élargirent de contentement devant cette brusque réaction. D'un geste rapide, comme pour défier Izar, Voldemort enroula sa main autour de son cou. Tirant d'un coup sec, le Seigneur des Ténèbres le releva dans une position assise. Rougissant contre le torse mince de l'homme, Izar ne pouvait rien faire d'autre que rencontrer les lèvres exigeantes. Le baiser fut tout aussi possessif et dominant que la prise autour de son cou. Izar voyait des étoiles alors qu'il fermait les yeux, se détestant actuellement pour le plaisir qu'il ressentait dans cet acte brutal.

Soudain, Voldemort lâcha son cou et le repoussa sur le matelas.

L'homme se retira du lit, tournant le dos à son corps exposé. Izar n'avait pas besoin d'être sensible à la magie pour savoir que l'homme était douloureusement excité.

L'héritier Black le fusilla du regard tandis qu'il tirait les draps blancs autour de son corps. Il s'assit, jetant un œil critique au dos de l'homme. "Qu'est-ce que tu es ?" demanda-t-il calmement. Voldemort avait retiré son glamour pour lui, il le savait. Car il était le genre de sorcier à être répugné par son statut de créature.

"Tu veux dire... Qu'est-ce que nous sommes ?" suggéra vaguement Voldemort alors qu'il observait Izar par dessus son épaule.

Ce dernier ferma les poings sur ses draps, remarquant pour la première fois à quel point... il se sentait normal. Il respirait toujours, comme s'il s'agissait d'une seconde nature pour lui, or il savait qu'il n'avait pas besoin d'oxygène. Sa vue s'était aiguisée, tout comme son audition. Et les battements dans sa poitrine étaient devenus silencieux, ne tapant plus contre sa cage thoracique. Malgré ces petits changements, Izar se sentait relativement normal. Il avait la légère sensation d'être plus puissant, plus invincible mais sinon, il se sentait aussi humain qu'auparavant.

Il aurait cru qu'il aurait été avide de sang.

Mais sa soif était absente. Sa gorge était sèche, mais c'était supportable.

Qu'est-ce que Voldemort avait fait ? Est-ce que l'homme... avait créé cette créature ? Izar n'en serait même pas étonné. L'homme s'efforçait toujours d'être le meilleur en tout.

"Que sommes-nous ?" tenta de nouveau Izar, le timbre de sa voix empli de ressentiment. "Non pas que j'ai eu le choix de toute façon."

Voldemort ne prêta aucune attention à son commentaire alors qu'il se retournait complètement vers lui. Pour la première fois, Izar vit la créature de ses propres yeux. La chemise noire de l'homme était déboutonnée, révélant les zones vulnérables de son cou et de ses poignets. L'épiderme était recouvert d'écailles onyx brillantes. Izar était persuadé qu'elles s'étendaient davantage sous son haut, mais il essaya de ne pas penser trop longtemps aux endroits où il pourrait y en avoir.

L'homme avait la bouche fermée mais Izar distinguait parfaitement les crocs courbés que Voldemort possédait à la place de ses incisives. Puis, comme pour le taquiner, le Seigneur des Ténèbres lécha ses lèvres, attirant l'attention du plus jeune sur sa langue fourchue.

Pâlissant, Izar toucha rapidement sa propre langue avec ses ongles anormalement longs. Il lâcha un soupir étonné quand il sentit une langue arrondie, contrairement à celle du Seigneur des Ténèbres.

"Nous sommes différents," reconnut-il avec hésitation. Il constata également que ses crocs étaient beaucoup plus courts et droits que les siens. Il chercha ensuite des écailles autour de son cou mais n'en trouva aucune.

"Tes poignets," lui indiqua l'homme.

Izar baissa les yeux et examina les toutes petites écailles sur l'intérieur desdits poignets. Elles n'étaient pas noires comme celles de Voldemort, mais grises. Il les effleura, à la fois intrigué et dégoûté. Ce sale bâtard avait probablement dû assister à ses modifications corporelles pendant qu'il était inconscient.

Il plissa des yeux face à la longue silhouette du Seigneur des Ténèbres et fit cliqueter ses ongles durant sa contemplation. Izar décida qu'il attendrait avant de l'agresser verbalement sur le fait qu'il l'ait transformé, car il fallait avant tout qu'il sache ce qu'il était. Alors qu'Izar étudiait l'homme, ses oreilles attirèrent son attention. Elles seraient considérées comme pointues par certains, mais elle l'étaient vraiment peu.

L'effroi tordit son estomac alors qu'il se dépêchait de porter une main aux siennes. Et à sa plus grande horreur, ses oreilles étaient beaucoup plus pointues que celles du Seigneur des Ténèbres.

Izar poussa un sifflement étrange et attrapa le miroir portatif qui reposait sur sa table de chevet. L'approchant rapidement de son visage pour débuter son inspection, il verrouilla finalement son regard sur son reflet. Adieu ses iris gris-vert. A leur place, des yeux verts à la pupille fendue le regardaient en retour. Les iris verts étaient, de manière peu naturelle, incroyablement claires.

"Je n'ai pas influencé sur quelle espèce dominerait les autres concernant ton apparence," souffla doucement Voldemort. "J'ai, cependant, influé sur ton équilibre chimique. Cela devrait être le même que le mien. Je porte le venin que je me suis moi-même injecté, il y a de nombreuses années. Toi, par contre, il se pourrait que tu ne portes pas le même. Il faudrait que j'examine ce qui sort de ta morsure."

Ignorant complètement les indices qu'on lui tendait, Izar ne put que continuer à se détailler. "Je suis une putain de fée," gronda-t-il en jetant le miroir. Il braqua ses yeux ardents sur l'homme. "Comme c'est commode que tu ressembles à un serpent et moi, à une putain de fée. Je suis sûr que tu as contrôlé mon apparence. Tu as fait ça pour m'agacer, n'est-ce pas ?"

Voldemort, peu impressionné, haussa simplement un sourcil.

Izar se força à regagner son sang-froid, se rendant compte qu'il ressemblait à un enfant en pleine crise. S'il avait réfléchi d'une manière plus rationnelle, il aurait vu qu'il n'y avait pas vraiment de changement radical comparé à avant. Ses oreilles étaient pointues, oui, ses yeux ressemblaient à ceux d'un serpent et il avait des crocs mais sinon, il ne s'était pas transformé en quelque chose de méconnaissable.

Il était toujours le même. Seulement... seulement immortel avec quelques caractéristiques uniques à sa personne.

"Cela te va bien," poursuivit Voldemort de façon décontractée. "La taille de tes crocs et tes oreilles pointues sont directement liées aux elfes ou, comme ils préfèrent s'appeler, des Fae. Ils se sentiraient plutôt insultés s'ils savaient que tu les étiquetais de fées."

Izar savait ça, bien sûr. Il se repositionna sur le lit et ajusta le cocon sécurisé que formait ses draps autour de lui. C'était le choc qui l'avait amené à parler avec mépris. Sa nouvelle apparence le complétait et, c'était peut-être inutile, mais le rendait encore plus beau. Il paraissait mystérieux, calme et puissant. Les ondulations de ses cheveux étaient devenues plus bouclées et ses traits fins, plus aristocrates. Il avait l'air de faire plus âgé que seize ans, mais pourtant une allure innocente subsistait chez lui.

Izar trouvait que c'était assez ironique. Il était loin d'être innocent; cependant, cette méprise valait aussi pour les Fae. C'étaient de magnifiques créatures au premier abord, et leurs ennemis les sous-estimaient à cause de ça. D'apparence, elles semblaient sereines et paisibles, mais elles s'avéraient toutes aussi cruelles et sadiques que n'importe quel sorcier Noir.

Voldemort avait raison. Cela lui convenait bien. Mais cela ne changeait pas le fait qu'il était immortel, figé à l'âge de seize ans et qu'il avait perdu sa magico-sensibilité.

"Tu es un hybride comme Cygnus l'avait cru," murmura Izar alors qu'il se contenait. Pour l'instant. "Serpent ou Fae ?"

Il leva les yeux vers le Seigneur des Ténèbres, remarquant que l'homme le surveillait attentivement. "Un tri-hybride," corrigea-t-il, peu enclin à expliquer tous les types de créatures qui avaient fusionnées entre elles, mais Izar était suffisamment intelligent pour deviner seul.

Vampire, Fae et serpent ? Basilic ? Leurs trois venins étaient extrêmement toxiques et mortels. Izar savait que des chercheurs avaient testé un ou plusieurs venins ensemble, à des fins médicales. Leur objectif était d'aider les malades en phase terminale et d'essayer de reconstituer les cellules détruites grâce au venin. Les expériences ne furent pas très fructueuses et ils durent rapidement abandonner le projet.

"Vas-tu me dire pourquoi tu as choisi la créature comme moyen d'immortalité ?" Izar déguisa sa demande en un intérêt éducatif. Il n'était pas habitué à demander quoi que ce soit au Seigneur des Ténèbres. "Je présume que tu as créé cette créature ? Tu as dit que tu t'étais injecté du venin, pas que tu as été transformé par quelqu'un d'autre."

Voldemort tourna une fois de plus le dos à Izar, puis serpenta à travers la pièce jusqu'au fauteuil en cuir. Avec la grâce que seule une créature pouvait posséder, Voldemort s'assit et croisa les jambes. Un silence plana entre eux et ce dernier détailla Izar. L'expression du Seigneur des Ténèbres était impénétrable mais ses yeux semblèrent flamboyer tout au long de son inspection du jeune sorcier, qui se trouvait de l'autre côté de la pièce.

Izar redressa le menton et essaya de cacher combien son regard l'affectait. Il faisait clair dans la chambre, pourtant, des ombres paraissaient étreindre le Seigneur des Ténèbres, de manière presque possessive. Son regard était inquiétant et vigilant, ce qui faisait se resserrer les nœuds dans l'estomac d'Izar.

Il ne prononça pas un mot. Il laisserait l'homme parler en premier. Il savait que Voldemort était en train de le juger silencieusement, considérant s'il devait lui divulguer ou non quelque chose d'aussi personnel. Et Izar ne voulait pas lui forcer la main. Il savait qu'il n'avait rien fait pour mériter une telle confiance, mais il se sentait disposé à écouter son passé seulement parce que ça le concernait aussi.

"J'avais presque dépassé la fleur de l'âge quand j'ai compris que je manquais de temps concernant mon immortalité," commença Voldemort. Il s'enfonça davantage dans son fauteuil, ses yeux ne quittant jamais Izar. "Avoir un Horcruxe était, sur tous les plans, le moyen le plus simple d'atteindre l'immortalité. Je n'ai aucun scrupule à tuer de sang-froid et perdre mes émotions semblait être une bonne perspective. Elles n'existent que pour les faibles."

Izar rompit le contact visuel et regarda pensivement les draps. Il se rappelait parfaitement de Lily.

"Après en être venu à ça, j'ai décidé d'en créer un pour commencer," poursuivit Voldemort. Izar dirigea de nouveau son regard vers lui. Les yeux cramoisis exigeaient son attention absolue. "J'ai pris temporairement congé du Ministère et j'ai voyagé en Amérique du Sud. C'est là que j'ai choisi de ne pas passer par la création d'un Horcruxe et à la place, j'ai commencé mes recherches avec différents venins de plusieurs créatures."

Izar leva un sourcil. "Et ?" incita-t-il doucement. "Qu'est-ce qui t'a amené à ne plus vouloir d'Horcruxe ?"

Les lèvres de Voldemort s'amincirent et ses ongles battirent la mesure contre l'accoudoir en cuir. L'homme haussa les épaules. "J'ai juste changé d'idée."

C'était un mensonge. Izar dut serrer les poings sur ses draps pour ne rien laisser transparaître. Cela n'aurait pas dû être une surprise pour lui que le Seigneur des Ténèbres n'ait pas envie de se dévoiler. Sans doute que Voldemort n'avait pas l'habitude de parler avec quelqu'un à niveau égal. Cela demanderait du temps et de la confiance pour qu'il s'ouvre à lui.

Mais la confiance n'était jamais donnée facilement. Voldemort était un homme qui aimait jeter des œillades sarcastiques tout en abattant ses cartes, mais il ne montrerait jamais à personne le mécanisme en marche derrière. Pourra-t-il même un jour tenir Izar en haute considération ?

"Quand je suis arrivé à la conclusion que je deviendrai immortel par cette méthode, j'ai étudié de plus en plus minutieusement la vaste gamme de venins existants." Voldemort croisa les mains sur ses genoux. Un rictus dégoûté retroussa ses lèvres alors qu'il dévisageait Izar. "Je trouve la plupart des créatures faibles et pathétiques, contrôlées par des besoins primitifs. Si je devais me soumettre et devenir une créature pour acquérir l'immortalité, il fallait que je sois celle qui les surpasse toutes. Je ne me serais pas contenté de moins."

La bouche d'Izar trembla, mais il resta silencieux.

"Mon but était de façonner une créature qui serait très semblable à l'esprit humain. Bien que les Fae ont une durée de vie incroyable, ils ne sont pas immortels, les Basilics non plus. Je voulais l'immortalité du vampire sans leur soif de sang. Je voulais l'intelligence des Fae sans leur dépendance pour leurs clans. Je voulais la frappe rapide du Basilic sans sa pensée unique. Le plus grand obstacle que j'ai dû franchir était de combiner les trois venins sans qu'il ne détruise l'inhibiteur."

Izar hocha la tête, intrigué. Tout semblait être repoussé au fond de son esprit en faveur d'apprendre quelque chose de nouveau. "J'ai lu que la plupart des types de venins sont trop concentrés pour coexister les uns avec les autres. Comment as-tu fait ?"

L'expression de Voldemort s'adoucit et un véritable sourire s'installa sur ses lèvres. "J'ai procédé par tâtonnement."

Izar s'assortit à son sourire. "Et combien de rats de laboratoire sont morts avant tu n'y parviennes ?" Rats de laboratoire, également connus sous le nom de cobayes humains. Il avait dû en falloir un certain nombre sur lesquels expérimenter le venin. Voldemort avait dû chercher le pourcentage correct des trois venins pour qu'ils puissent s'accorder ensemble. Après quoi, il avait dû ajuster les quantités pour que cela corresponde à la créature qu'il voulait prédominante et aux caractéristiques qu'il voulait effacer de chaque espèce.

Peut-être qu'un jour, le Seigneur des Ténèbres autoriserait Izar à lire ses notes sur ses expériences. Maintenant qu'il avait... une éternité à vivre, il pourrait s'atteler à toutes les expérimentations qu'il avait imaginées mener à bien. Et cela incluait reproduire celles déjà consignées. Juste pour voir si elles avaient été réalisées correctement et ce qu'il pourrait possiblement élaborer pour les améliorer.

Le Seigneur des Ténèbres se tenait gracieusement dans son fauteuil. Son pantalon et sa chemise noirs accentuaient sa grandeur. "Qui a dit que je n'avais pas réussi du premier coup, mon enfant ?"

L'enthousiasme d'Izar s'éteignit complètement, et à la place, une ambiance sombre s'installa. "Ne m'appelle pas comme ça. Plus jamais."

Voldemort haussa un sourcil calculateur, essayant probablement d'identifier le problème qu'avait Izar avec ce surnom qu'il utilisait pourtant depuis qu'ils se connaissaient. Il ne fallut pas longtemps à son cerveau pour déterminer sa source. "Ah," souffla-t-il. "Ton intérêt pour ma quête d'immortalité a été remplacé par ta colère d'avoir été gelé dans le temps."

"Colère ?" murmura Izar, le ton douloureusement glacial. Il eut un sourire amer, ses ongles traçant des lignes sur ses draps blancs. "Tu as sous-estimé ce que je ressens à propos de cette situation."

"Ta colère est injustifiée," déclara Voldemort tout aussi froidement.

"Injustifiée ?" se moqua-t-il, se tournant vers le Seigneur des Ténèbres. Il savait qu'il s'engageait sur une pente dangereuse. "Tu m'as transformé à l'âge de seize ans ! Comment pourrais-je un jour avoir confiance en moi si je suis coincé dans ce... ce corps à peine pubère ! Tu n'as même pas idée d'à quel point je suis en colère. Ce n'est certainement pas injustifié."

Voldemort glissa ses longs doigts sous le menton d'Izar, s'assurant ainsi qu'il ne puisse pas se dérober à son regard furieux. "La seule personne qui trouve qu'il y a quelque chose de mal avec ton corps est toi-même. Je ne vois aucun problème."

"Tu n'es pas sérieux," grogna-t-il vivement. "Si j'étais toi, je serais certainement embarrassé d'être vu avec un adolescent pour l'éternité."

Voldemort resta silencieux pendant un long moment, ses yeux carmins virant lentement au brun foncé. Les écailles sur son cou et ses poignets se résorbèrent, tout comme ses crocs. Ses longs cheveux noirs se raccourcirent et des mèches grises apparurent. La seule preuve qui indiquait que Jedusor était une créature résidait dans ses ongles.

L'homme entailla profondément son menton avant de se retirer. "Alors tu sous-estimes la considération que j'ai pour toi," répondit-il calmement alors qu'il se retournait, revêtant complètement l'apparence de Jedusor. "Tu prétends que tu ne pourras jamais te sentir confiant à cause de ton corps ? Je trouve ça plutôt pitoyable. Peut-être que je devrais baisser mon respect pour toi, pour que cela corresponde à ta propre image. Après ça, je suis sûr que je serai embarrassé d'être vu avec toi."

Izar rougit. Que ce soit de colère, de gêne ou les deux, il ne savait pas.

Il regarda Jedusor enfiler sa cape, l'attachant sous son menton. L'homme jeta à peine un regard à Izar avant de se diriger vers la porte de la chambre. "Je vais au Ministère. La Grande-Bretagne votera ce soir pour leur nouveau Ministre. J'attends de toi que tu restes dans la maison. Habituellement, nous n'avons pas besoin de sang, mais comme tu es un nouveau-né, je te suggère de boire la coupe dans le réfrigérateur."

Izar se rassit, sentant quelque chose de mauvais se tordre dans sa poitrine alors qu'il voyait le Seigneur des Ténèbres le laisser derrière lui. Le mettre de côté.

Presque comme s'il avait senti son tourment intérieur, Jedusor fit une pause devant la porte. L'homme observa Izar par dessus son épaule. "Veux-tu m'accompagner en tant qu'héritier politique de Tom Jedusor ?"

Izar cligna des yeux et les baissa sur sa main gauche. La première chose qu'il remarqua fut qu'il ne portait plus sa mitaine, révélant ainsi l'anneau Celtique noir qui le liait à l'homme devant lui. Mais ce n'est pas ça qui l'interpella.

Ses yeux écarquillés se posèrent sur son bras gauche, plus particulièrement son avant-bras.

Le tatouage de la femme dénudée n'existait plus, remplacé par la Marque des Ténèbres.

Une rage profonde, aiguisée comme une lame de rasoir obstrua sa vision, alors qu'il se tournait en direction du Seigneur des Ténèbres. Son corps trembla d'une énergie contenue, le surprenant lui-même par son intensité. Un bruit sec s'échappa de sa bouche avant qu'il ne saisisse le miroir sur son lit et ne le jette à travers la pièce, vers la silhouette élancée. Il hurla de colère, haïssant l'homme plus que jamais.

"Va te faire foutre !"

Le miroir se brisa juste au dessus de l'épaule du Seigneur des Ténèbres. Izar s'attendait à ce que l'homme secoue la tête et ferme calmement la porte derrière lui. Au lieu de ça, une lueur peu naturelle éclaira ses traits et il s'approcha d'une démarche saccadée, mais étrangement gracieuse... inquiétante.

Sur la défensive, Izar crispa les épaules et ses griffes s'allongèrent en réponse. D'après son expression, il était allé trop loin. Et aussitôt la distance réduite entre eux, Jedusor fondit sur lui, les draps en soie s'enroulant autour de ses hanches.

Il agrippa ses poignets avec une force surprenante et cloua Izar au lit. L'homme le surplomba et écrasa son corps de tout son poids. Jedusor respirait lourdement comme s'il allait avoir une nouvelle impulsion frénétique, mais ils en savaient tous deux autrement.

D'une prise douloureuse sur ses poignets, il plaqua davantage Izar contre le matelas, les vagues de sa colère presque tangibles. Rapprochant son visage de lui, l'homme souffla, "Une simple mitaine et un tatouage ne te définissent pas !"

Izar fut tempéré par les mots enflammés du Seigneur des Ténèbres. Jamais il n'avait parlé auparavant avec autant de passion et de colère.

"Quand vas-tu laisser tomber ces objets insignifiants et commencer à te définir par tes actions ? Tu vaux mieux que ça, Izar. Commence par agir comme tel." Jedusor le pressa plus fort sur le lit avant de se retirer. L'homme avança rapidement jusqu'à la porte, sa fureur toujours palpable. "Je veux un sorcier à mes côtés qui ne compte pas sur des objets pour lui donner de la force."

Et alors, la porte claqua violemment, laissant Izar allongé sur le lit.

{Death of Today}

Il lui fallut un long moment avant qu'il ne se décide à bouger.

Et un temps encore plus long pour qu'il se mette à réfléchir.

Izar appuya son avant-bras contre la grande fenêtre du salon et observa la cour intérieure. Ce n'était pas tant une cour qu'un jardin. Izar avait été surpris quand il avait visité la maison de Voldemort. L'intérieur était lumineux, la plupart des murs comportaient de larges baies vitrées qui permettaient au soleil de passer. C'était une maison plain-pied, construite au milieu d'un terrain. Au centre se trouvait une piscine entourée d'une végétation luxuriante. Aucune fleur, mais Izar ne s'attendait pas à ce que Voldemort en ait.

Cela devait être la maison où il avait voulu l'amener après le Tournoi des Trois Sorciers l'année dernière. Près de la plage, avait-il dit. C'était isolé et selon lui, personne ne savait où elle se trouvait.

Izar prit une gorgée de la coupe avec son autre main et posa une fois de plus son front contre son avant-bras relevé. A travers ses paupières mi-closes, il regarda l'eau onduler dans la piscine en marbre. La lumière du soleil inondait l'intérieur de la pièce, répandant une chaleur agréable sur sa peau. Après avoir pris une douche, Izar rétrécit magiquement un pantalon noir de Voldemort et laissa son torse nu. La lumière du soleil baignant ainsi son corps faisait des miracles.

Il se demanda s'il s'agissait d'un effet secondaire de la créature qui coulait dans ses veines. Les serpents aimaient la chaleur. Les vampires la méprisaient.

Les lèvres d'Izar s'amincirent alors qu'il examinait sa coupe. Il fit tournoyer paresseusement le liquide rouge et une goutte s'échappa du bord pour aller éclabousser le parquet sous ses pieds. Était-il écœuré de boire la source de vie de quelqu'un d'autre ?

Curieusement, il ne ressentit aucun dégoût ni culpabilité. La gêne dans sa gorge et sa poitrine était apaisée, lui procurant ainsi du réconfort. Le sang ne le contrôlait pas non plus, c'était lui qui le contrôlait. Cela lui suffisait amplement de le savourer par simple plaisir. Il ne ressentait aucun besoin de descendre la coupe en une gorgée et de se ruer sur sa prochaine victime.

Il aurait pu être transformé en quelque chose de bien pire. Voldemort... avait fait un travail incroyable en équilibrant l'essence des créatures de telle sorte que cela concorde à son souhait.

Izar couvrit ses yeux avec son avant-bras. Il se sentait finalement en paix. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas paru aussi détendu. Même cet été, quand il était parti en cavale avec Regulus et Sirius, il s'était toujours senti... acculé, tendu et coupable.

Debout dans la maison privée de Voldemort, Izar réalisa que tout ceci n'était que l'interlude de sa vie. Son combat pour gagner en maturité, sa connaissance de la Malédiction de Cygnus, le mystère autour de Voldemort, le Tournoi des Trois Sorciers... ils appartenaient tous au passé désormais. Il avait beaucoup mûri au cours de l'été. Seulement, depuis son retour en Grande-Bretagne, les choses étaient passées trop vite pour qu'il puisse prouver à Voldemort qu'il avait grandi, changé.

La possession de Cygnus l'avait fait paraître faible et vulnérable aux yeux de Voldemort.

Être devenu une créature ainsi qu'immortel avait été un choc pour Izar. Et à cause de cela, il avait perdu son sang-froid, ce qui l'avait rendu désespéré et pitoyable selon l'homme. Mais Izar trouvait qu'il n'y avait aucun mal dans la manière dont il avait agi. C'était compréhensible qu'il soit affligé par le fait de rester à l'âge de seize ans pour toujours. Et c'était compréhensible qu'il soit furieux et choqué. C'était cependant malheureux que Voldemort ait été témoin de sa première réaction face à ce désastre.

Oui, il avait toujours une légère rancune contre lui pour l'avoir transformé aussi brusquement. Mais encore une fois, le Seigneur des Ténèbres avait fait ce qu'il pensait être juste pour le sauver de Cygnus. Il n'avait eu aucune idée qu'un fragment de l'âme de sa mère était en lui, prêt à se sacrifier...

Non.

Il ne voulait pas penser à Lily pour le moment.

Izar laissa glisser son bras de la fenêtre et sirota sa coupe, contemplatif. Ce que Voldemort avait dit plus tôt au sujet de sa mitaine et sa Marque l'avait... affecté plus qu'il ne l'avait espéré. Il n'avait jamais vu ces objets comme une force vitale. Mais maintenant qu'il y songeait, il les avait utilisés pour se définir. Il avait cru que, parce qu'il portait une mitaine en cuir, cela le rendait indépendant. Il avait cru que s'il modifiait la Marque, cela signifiait qu'il était libre.

Il pouvait être ces deux choses sans posséder des objets matériels. Et Voldemort le savait aussi.

Cela effrayait Izar de constater à quel point Voldemort voyait clair en lui. Mais cette profonde connaissance de l'autre valait aussi pour lui. Plusieurs fois, Izar avait déclaré qu'il ne comprenait pas le Seigneur des Ténèbres, mais il en savait plus sur lui que la plupart de ses serviteurs. Eux deux étaient très semblables.

Peut-être qu'Izar se sentait juste un peu décontenancé d'être impliqué romantiquement avec un sorcier aussi puissant. Leur... relation ne serait jamais tendre ni facile. Ils progressaient tous deux en se défiant mutuellement et étaient toujours désireux de souligner les faiblesses chez l'autre.

Il manquait parfois d'assurance, craignant qu'il ne serait jamais suffisamment bien pour garder l'attention de Voldemort. Mais la déclaration de l'homme aujourd'hui dans la chambre avait fait comprendre à Izar que son intérêt pour lui s'étendait au delà de son apparence.

Et il y avait aussi…

Izar pencha la tête sur le côté, plissant les yeux sous le soleil.

Les Basilics n'avaient pas de compagnons. Les Fae non plus. Les vampires en avaient, mais nullement les deux autres.

Ce qui signifiait que Voldemort avait délibérément choisi de conserver cette caractéristique pour sa créature. C'était incontestablement absurde de penser que Voldemort voulait un partenaire. Il n'aurait jamais permis une telle faiblesse. Mais Izar était certain que les serpents et les Fae n'avaient pas de compagnons de vie, à l'inverse des vampires. Il ne parlerait jamais de sa connaissance du sujet, mais la raison pour laquelle un Seigneur des Ténèbres convoiterait une personne si proche de lui l'intriguait.

La meilleure justification qu'il pouvait élaborer serait que Voldemort voulait quelqu'un sur qui compter parmi tous les autres. Pas forcément au point de faire confiance mais quelqu'un sur qui il pourrait s'appuyer et qui appliquerait les ordres qu'on lui donne. Ou peut-être était-ce plus que ça, et Izar ne voulait même pas penser au fait que Voldemort voulait un compagnon. Ce n'était pas inconcevable mais c'était irréaliste. L'homme voulait quelqu'un près de lui pour le défier, pour le rappeler à l'ordre quand il faisait un faux pas.

Voilà pourquoi il en voulait un. Tous ses autres partisans seraient tués ou torturés s'ils lui témoignaient une once d'irrespect.

Mais l'attraction qui les rattachait était très ténue. Izar pouvait le sentir maintenant qu'il était une créature. Il se sentait plus à l'aise avec Voldemort qu'autrefois, presque comme si l'homme lui était familier. Il y avait toujours eu cette attirance sexuelle entre eux, mais elle s'était légèrement intensifiée depuis sa transformation. Cependant, c'était suffisamment léger pour qu'il y résiste. C'était facile. Izar n'était pas prêt à autoriser Voldemort à le dominer ainsi pour l'instant.

Il conclut que leur attraction était faible parce que Voldemort l'avait conçue de cette façon. Si son compagnon s'avérait être quelqu'un qui n'en valait pas la peine, le Seigneur des Ténèbres aurait juste à lui tourner le dos et l'ignorer.

Izar se rendit compte que cela lui donnait une responsabilité. Voldemort pensait qu'il était suffisamment digne pour ce rôle. Et il voulait être ce sorcier qui le ferait marcher droit, le sorcier qui lui rappellerait ses frontières et ses limites. Et Izar voulait plus que tout être le sorcier qui défierait le Seigneur des Ténèbres.

Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres. Oui, il pouvait faire ça.

Il croisa les bras sur sa poitrine quand il entendit le son facilement reconnaissable de quelqu'un transplanant à l'extérieur de la porte d'entrée. Voldemort était revenu vite. Peut-être que l'homme était réticent à l'idée de laisser Izar seul. Est-ce qu'il le sous-estimait et croyait qu'il aurait quitté la maison dans un accès de rage enfantine ? Ou qu'il aurait saccagé sa propriété ?

Ils avaient encore tous deux beaucoup de choses à discuter, mais Izar était satisfait pour le moment.

Étiré dans une pose décontractée, il regarda l'homme entrer dans la maison à travers le reflet de la fenêtre. Il pouvait voir l'hésitation chez le Seigneur des Ténèbres, qui se trouvait maintenant à côté de la fenêtre.

"Je vois que tu es toujours en un seul morceau," constata-t-il avant de fermer la porte.

Izar cacha son sourire derrière sa coupe alors qu'il finissait de boire le sang. Léchant ses lèvres, il se retourna. "Pas besoin de vous inquiéter pour moi, Mon Seigneur," déclara malicieusement Izar. Après tout, il connaissait finalement un secret sur lui que l'homme ne suspectait pas qu'il possédait. C'était enivrant.

Les yeux de Jedusor se rétrécirent de manière suspicieuse. "Qu'est-ce que tu manigances derrière ces magnifiques yeux, mon enfant ?"

Izar détourna le regard et posa la coupe sur la table. Lentement, il s'approcha d'une démarche féline de Voldemort, parfaitement conscient de son attention dirigée sur son pantalon qui descendait sur ses hanches. Il s'arrêta à quelques centimètres de lui, le corps détendu. Les yeux de l'homme dansèrent sur ses hanches et son torse nu, avant de se focaliser sur la Marque des Ténèbres qui contrastait avec sa peau de porcelaine. Une lueur possessive naquit dans les yeux de Jedusor alors qu'il contemplait sa Marque sur Izar, puis rencontra finalement le regard de ce dernier.

Laisse-le voir, laisse-le languir.

Izar pouvait à peine retenir son sourire mutin alors qu'il posait une main sur la tenue noire de l'homme. "J'étais en train de penser…" Il s'approcha davantage et fit courir son ongle le long de la mâchoire saillante de Jedusor. Elle se raffermit sous son toucher, ce qui l'électrisa. "Plutôt, je me demandais…" il se pencha et leurs lèvres se frôlèrent presque. "Quand est-ce que tu vas me donner les leçons d'Occlumancie dont nous avions convenu."

Sur ce, Izar éloigna sa main et se détourna du Seigneur des Ténèbres, un sourire coupable sur les lèvres.

Un sifflement menaçant le suivit alors qu'il s'enfuyait de la pièce.

Jouer avec le Seigneur des Ténèbres serait toujours son préféré et plus dangereux passe-temps...