En enfer,

Le cuisinier est anglais

Le policier est allemand

L'ingénieur est français

L'amoureux est suisse

Et le banquier est italien.

En enfer, dans cette fanfiction

Le professeur est américain

Le serveur est autrichien

Le directeur est russe

Le pompier est grec

Et la psychologue est biélorusse

Ludwig se réveilla installé dans un bureau qui n'était pas le sien. Etrange, son ange n'avait pas eu le temps de le ramener au lit. Il s'étira puis il se redressa en attendant une respiration régulière autre que la sienne.

Le banquier dormait sur un banc dans son bureau. Il alla lui secouer l'épaule pour le remettre d'aplomb. L'italien ouvrit difficilement les yeux pour les plonger dans ceux de Ludwig. Il eut un sourire craquant.

« Hum… Monsieur le banquier, vous devriez retourner à votre poste.

- Oh, oui… »

Feliciano battit l'air de la main comme si reprendre son travail était bien le dernier cadet de ses soucis.

« Il est temps de bosser, feignasse », hurla Ludwig dans ses oreilles.

Et voilà, l'italien était de nouveau en pleurs à gémir et à se lamenter sur la brutalité allemande. Gêné d'une telle démonstration de faiblesse parfaitement pitoyable, Ludwig détourna le regard. Il fronça les sourcils en s'apercevant qu'une lettre dépassait de la chemise de l'italien. Conscient d'être un peu trop fouineur, il attrapa le bout de papier pour y jeter un coup d'œil.

« Qu'est-ce que c'est, demanda l'italien, ça doit être à mon ange… »

Ludwig se mordit les lèvres en s'apercevant que l'adresse du destinataire qui n'est autre que celle du Maire était écrite grâce à des lettres de journal. Arthur Kirkland l'avait averti que des lettres anonymes de menaces avaient été envoyées au Maire, et c'était peut-être le moment de prendre sa revanche contre son homologue de jour.

Il l'ouvrit pour la lire alors que l'italien s'était calmé et paraissait plus curieux qu'autre chose.

« Nous savons ce que vous faîtes, la résistance vous vaincra. A mort, Rome ! »

L'italien ouvrit grand la bouche de surprise avant de tenter par tous les moyens de se justifier à grands renforts de larmes.

« Feliciano, tu t'arrêtes immédiatement de pleurer ! J'ai bien conscience que c'est sûrement ton ange à l'origine de cette lettre de menaces ! Je ferais suivre pour que le policier de jour te coince. Je dois faire une perquisition chez toi…

- Ludwig, non, je n'ai pas le temps. Je dois aller à la banque !

- Tu peux aller à ton travail. Pendant ce temps, je vais réunir des preuves contre toi. As-tu au moins une idée de ce qu'est la résistance et du pourquoi ton ange en veut au Maire ?

- Je n'en sais rien, Rome est mon grand-père, je l'aime Ludwig !

- Ce n'est apparemment pas le cas de ton ange. Les lettres proviennent du journal d'Eden, donc c'est forcément ton ange… Allez, va travailler ! »

Ludwig laissa l'italien partir pour se rendre à l'appartement de celui-ci.

Il croisa le glacier sur le chemin, il lui demanda de nouveau ses papiers, il était encore en règle. C'était beaucoup trop anormal. Il ne faisait vraiment pas démoniaque.

Il coffra de nouveau Toris et Feliks pour tenue indécente, il ramassa encore le suisse et son autrichien. Il arrêta l'hongroise pour violence, il empêcha le cubain de tabasser le glacier, il arrêta l'américain pour l'interroger plus tard...

Enfin bref, après avoir arrêté un tas de monde qui roupillait à présent en cellule, il arriva enfin au domicile de Feliciano.

A son grand désarroi, il trouva énormément de preuves pour inculper Feliciano. Il y avait une flopée d'armes dans une cachette secrète, des journaux avec des lettres manquantes dans les poubelles dehors. Il y avait également tout un tas de papier dans un dossier qui traînait avec des lettres d'échangées avec un certain Kiku Honda à propos de flacons d'élixirs à faire passer en douce pour une validation par l'ingénieur de jour. Cette correspondance était signée du bordereau de la poste des anges ce qui désignait le côté angélique comme le responsable d'une guérilla contre le Maire. Il y avait tout un tas de documents secrets de la Mairie également bien cachés dans un recoin.

Ludwig appela son frère à la rescousse pour prendre toutes les preuves disponibles contre Feliciano et les ramener au poste de police pour éplucher tout ceci.

Gilbert était très mal à l'aise depuis que son frère l'avait appelé au sujet de Feliciano. L'italien avait complètement craqué, et il avait bien peur que la tentative de soulèvement de la résistance ne devienne un échec monumental. Il garda la tête froide en épluchant tous les documents ramenés par Ludwig, et il fit son rapport comme s'il n'était pas un résistant. Le glacier lui avait bien fait comprendre qu'en absence d'instructions claires, il fallait se comporter comme le démon ou comme l'ange que l'on était censé être. Les grands plans de la résistance n'étaient connus que de très peu de personnes pour éviter les fuites. Et chacun avait une tâche assignée transmise par lettre codée, par les rendez-vous à la banque, par le glacier ou par les visites des italiens pour réussir l'exploit de se délivrer de la ville d'Eden/Inferno. Le cerveau de l'opération était inconnu au bataillon bien que tous soupçonnait fortement Feliciano de l'être avec toutes les instructions qu'il donnait.

Ce n'était pas vrai. Kiku allait aussi tomber dans cette histoire. Et peut-être bien que Ludwig aussi… Non, il ne tomberait pas… Une lettre de Kiku l'innocentait puisqu'il y racontait que c'était trop facile de berner l'ingénieur de jour avec de faux résultats d'analyse. Gilbert savait que les élixirs étaient primordiaux pour la réussite de leurs plans. Tout comme la crème glacée… Apparemment, Kiku n'en faisait jamais mention, donc ça allait. Gilbert priait pour que tout se passe comme il faut.

Ludwig, après avoir confié à Gilbert le soin d'éplucher le dossier, écouta les messages de Kirkland. Et il fut surpris d'entendre la voix désagréable de l'américain.

« Allo, ici le pompier angélique, Alfred F. Jones. Arthur a fait un malaise aujourd'hui, et son mari a été retrouvé assommé, il a donc pris un jour de repos. Quoi dire… Hum… Bon, ça ne me fait pas très plaisir mais il semblerait que mon démon soit bien impliqué dans le trafic d'armes. J'ai laissé une preuve dans le dossier. Arthur n'a pas eu le temps de faire la perquisition de mon domicile. Apparemment, je laisserais des menaces un peu partout pour le directeur russe chez moi. Un peu naïvement, je croyais que c'était mon démon qui me menaçait moi. Hé, hé… Donc, vous devez m'arrêter monsieur l'agent.

- Bon, ça c'est déjà fait. Allez, interrogatoire. »

Ludwig sortit de son bureau, il croisa Gilbert qui faisait des photocopies de certaines preuves. Il le mit au courant, il fut un peu surpris de le voir pâlir à vue d'œil.

« Quelque chose ne va pas, Gil ?

- En fait, ça fait beaucoup d'affaires graves en une soirée. Je ne m'y attendais pas. En plus, ça me fout les jetons de tous les voir dormir en cellules…

- Ils n'ont rien d'autres à faire, laisse-les.

- Compris, chef ! Et l'italien, on l'arrête maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- As-tu des preuves contre le démon ?

- Non.

- Alors, c'est l'équipe de jour qui se chargera de lui. »

Gil hocha la tête. Ludwig sortit pour perquisitionner le domicile de l'américain, il ne trouva pas grand-chose à part le journal intime du professeur d'histoire-géographie où il indiquait clairement sa haine pour son directeur d'établissement ainsi que toutes ses tentatives de meurtre avortées contre sa personne. Il dénicha un fusil, et ce fut tout. Il n'y avait rien qui puisse incriminer Jones comme le marchand d'armes de la ville.

Il revint au poste de police en coffrant tous ceux qui ne respectait pas les règles à la lettre puis il alla interroger Jones. Il n'apprit pas grand-chose de plus le concernant.

Fatigué d'avoir couru partout, Ludwig laissa un message à son homologue de jour comme quoi il fallait arrêter Feliciano dans les plus brefs délais.